Les filles dans les gangs de rue et la prostitution

Réservez votre Sac à Surprises!

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution

Marie-Hélène Proulx        Dossier Gang de rueProstitution et Sexualité.

jeunes-filles-sous-influence-gang-de-rue-prostitution-michel-dorais Pas facile de rencontrer une jeune fille qui a participé à la vie d’une gang de rue! Non seulement sont-elles rares mais les centres doivent respecter les lois sur la protection de la jeunesse qui visent à préserver leur anonymat jusqu’à l’âge de 18 ans. Malgré tout, j’ai la chance aujourd’hui de rencontrer Océane (nom fictif), qui m’impressionne par son calme. Dans ce lieu où l’on veille sur elle, Océane manifeste un grand besoin de confier son expérience et espère que cela permettra à d’autres jeunes filles de bien se protéger.

Les gens qui l’entourent semblent reconnaître ses forces. La directrice m’a même avoué l’admirer «pour le chemin qu’elle a fait». Malgré tout, on ne peut s’empêcher de remarquer l’épaisseur des murs qui la protègent. Mais pourquoi toutes ces lois et ces précautions? D’un côté, il faut éviter les représailles, de l’autre, éviter de dévoiler trop brutalement un passé de violence et de prostitution qui peut être difficile à assumer pour une jeune fille de 15 ans.

Marie-Hélène Proulx: Comment la gang de rue t’a approchée?

Océane: Lorsque j’avais treize ans, mon père est entré en prison. Ma mère s’est faitgang-investigations-gangs-de-rue-fille-prostitution un nouveau chum qui m’a fourni de la cocaïne. Ensuite, j’ai rencontré un garçon qui faisait partie d’une gang de rue. Il avait 17 ans, il prenait soin de moi et me fournissait de la drogue.

J’ai commencé à passer de la drogue pour lui et sa gang à l’école. Au début, c’était facile. Je me foutais des conséquences. Je pense que j’aimais ça le trouble. Je me suis mise à consommer toujours plus. Deux mois après avoir connu mon chum, j’ai dû quitter l’école parce que ça n’allait plus du tout.

MHP: Avec ta mère, comment cela se passait?

O: Avant, elle me voyait comme une petite fille modèle. Même si ce n’était pas facile pour nous, j’étudiais et je passais dans toutes les matières à l’école. Puis elle a trouvé de la drogue dans ma chambre. On a commencé à se chicaner. Un intervenant est venu pour nous réconcilier mais cela n’a pas marché. J’ai commencé à faire des fugues.

MHP: Comment la gang de rue t’a-elle accueillie?

O: Au début, j’étais la petite préférée. Il y avait beaucoup de garçons. J’avais besoin d’une présence masculine. Et puis, ces gars-là savent se donner un air intéressant. On n’exigeait rien en retour. J’ai su montrer que j’étais une dure.

J’allais battre les filles qui ne payaient pas leur drogue. Sur le coup, je considérais que ces filles-là le méritait. Pourtant j’haïs ça la violence. Je me battais parce qu’on me le demandait. Je me droguais pour en être capable.

Je me sentais obligée de le faire parce qu’on me le disait. Je savais que dans un gang de rue, c’est très important d’être fidèle au groupe, pour que les autres sachent que tu ne les trahis pas. Parfois, il y a même des gars qui sont obligés de tuer pour la gang.

MHP: De quoi vivais-tu avec la gang de rue?

O: Il y en a qui se contente de vendre de la drogue. Moi, je consommais trop pour cela. Mon chum m’a proposé de me prostituer. Il me répétait aussi qu’il m’aimait quand même. J’ai cru que cela pourrait être un travail comme un autre. Et puis, je ne faisais cela qu’avec des gars du gang de rue. Ils étaient jeunes. Cela me paraissait bien moins pire qu’avec des vieux.

MHP: Qu’est-ce qui t’a motivée à sortir du gang de rue?

O: Je me faisais de moins en moins respecter. Dans un gang de rue, c’est la règle. Au début, il ne faut pas toucher aux nouvelles blondes, que ce soit pour les battre ou pour coucher avec. Ils agissent comme cela le temps que la fille sente qu’elle doit rendre ce qu’elle a reçu.

Je devais parfois coucher avec trois ou quatre gars à la fois et ils ne faisaient pas toujours attention pour les maladies. Si je voulais arrêter, ils me battaient. Ils n’auraient pas dû me traiter comme ça. Après tout, j’étais une prostituée, pas une pute…

MHP: C’est quoi la différence entre une prostituée et une pute?

O: Une prostituée, c’est organisé, elle a un appartement et elle fait partie d’une gang de rue alors qu’une pute c’est dans la rue et ça le fait avec n’importe qui. Avec le temps j’ai réalisé que c’est peut-être la même chose, au fond…

MHP: Comment as-tu sortie du gang de rue?

O: Les Centres jeunesse m’ont pris en charge à cause de mes problèmes de drogue à 14 ans. Je crois que c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver, même si des amis de mon chum m’ont fait des menaces. Cela ne m’a pas empêchée de quitter le Centre pour aller les retrouver.

MHP: Comment s’est passé ton retour?

O: En revenant, j’ai commencé à m’occuper d’organiser la prostitution, dans un réseau de filles à part. Les garçons nous fournissaient encore des filles mais moi aussi, j’ai trouvé des fugueuses auxquelles j’ai proposé mon aide. Elles ne voulaient pas se retrouver toutes seules.

MHP: Lorsque les filles s’organisent entre elles pour la prostitution, est-ce que les choses se passent différemment?

O: Oui, on prend soin les unes des autres, on est moins violentes. Plutôt que de battre les filles, je leur donnais moins d’argent si elles ne travaillaient pas bien. Je crois que des gangs de rue composés de filles comme ça, il y en aura de plus en plus, parce qu’elles ont besoin de groupes où elles se sentent reconnues et où on fait attention à elles.

MHP: Et pourquoi as-tu décidé de sortir de la prostitution?

O: Au début, je pensais que j’étais entourée de gens qui m’aimaient, mais finalement ce n’était que des rencontres. Je crois que si mon chum m’avait vraiment aimée, il ne m’aurait pas demandé de me prostituer. Un jour, je me suis battue avec une fille de mon gang et je suis partie.

MHP: Quels sont maintenant tes projets?

O: J’ai repris l’école. J’aimerais devenir intervenante en toxicomanie et je voudrais avoir ma maison en Amérique du Sud. Il faudra que je travaille fort … Je trouve ça difficile parce qu’à l’école je suis seule avec mon secret. Autour de moi, il y a des jeunes qui font les durs avec leur look de gangster et qui ne savent même pas ce que ça signifie et où cela peut les mener. S’ils savaient…

Merci Océane, pour tous ces secrets que tu acceptes de nous offrir.  Il ne me reste plus qu’à te souhaiter que, le temps faisant son œuvre, tu pourras de nouveau te balader librement dans les rues de Montréal ou d’un pays lointain sans ne plus jamais craindre de représailles.

Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

Autres textes Prostitution et Sexualité.

Michel Dorais, sociologue a publié un livre sur les filles dans les gangs de rue avec l’Université McGill: Gangs and girls. Il avait déjà publié le livre: Jeunes filles sous influence: prostitution juvénile et gangs de rue.

PUBLICITÉ

vidéo show breakdance event spectacle Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres vidéos pouvant vous intéresser.

Pour votre T-shirt promotionnel avec votre logo: Café-Graffiti:  (514) 259-6900.

Vincent et Clément, fans de Michael Jackson

Vincent et Clément, fans de Michael Jackson

Raymond Viger            Dossier Culture

clement-fan-de-michael-jackson Un billet spécial. Très spécial. À la demande de Ruiz, un Français de 17 ans, j’ai écrit un premier billet sur la mort de Michael Jackson. Il y avait un besoin des fans de Michael Jackson d’en parler. Une façon de faire le deuil. 225 commentaires et j’en reçoit encore.

Dans le débat, s’en suit un débat sur la popularité de Michael Jackson, 2Pac et Elvis Presley. Je décide d’en faire un autre billet pour ne rendre confus le débat. Le débat n’est pas encore terminé avec 550 commentaires!

Dans le débat, apparaît Jacqueline Jeanson. Jacqueline nous explique que Vincent,vincent-fan-de-michael-jackson son petit-fils de 7 ans est un fan de Michael Jackson et qu’il est bien heureux d’avoir trouvé ce billet sur Michael Jackson. Un grand bonhomme qui imite Michael Jackson régulièrement. La famille demeure en Nouvelle-Calédonie, à l’autre bout du monde par rapport au Québec.

Dans nos différentes communications, Jacqueline m’a fait parvenir la photo de Vincent ainsi que de son grand frère de 13 ans et demi, Clément.

PUBLICITÉshow_image

L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre, au coût de 19,95$ est disponible.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Genèse des gangs de rue

Genèse des gangs de rue

Dominic Desmarais     Dossier Gang de rue

Le phénomène des gangs de rue s’amplifie à Montréal, touchant 10% des jeunes. Apparus dans les années 1980, ces groupes partent désormais à la conquête de la province. Ils attirent des jeunes rêvant de pouvoir et de richesse.

Le visage fraîchement rasé, les cheveux coupés courts, la chemise soigneusement repassée, l’inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montréal, ressemble au bon père de famille typique. Seule la présence d’une attachée de presse dans son bureau rappelle la délicatesse du sujet. Le phénomène des gangs de rue, c’est du sérieux. De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: «Dans les années 1980, c’était des ados. C’était des batailles en dehors des écoles, dans les parcs. Il n’y avait pas d’activités criminelles. Si je fais un parallèle, dans les années 1960–1970, les francophones se battaient contre les anglophones.»

Prévention gang de rue dans les écoles

Alain Clément est également policier. Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend à l’école secondaire Henri-Bourrassa pour prévenir les élèves de secondaire I des méfaits d’adhérer aux gangs de rue. «Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures. Ils ne faisaient pas d’argent. Ils se sont rendus compte qu’il y avait de l’argent à faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.» Mais voilà, ces jeunes de la première génération ont vieilli, se sont endurcis. Ils ont emprunté la voie de la criminalité, offrant de nouveaux modèles pour les jeunes frères, les cousins. «Maintenant, tu peux faire carrière dans les gangs de rue. Il y a des modèles. Les plus jeunes regardent ça et se disent “wow, je peux faire comme eux!’’, explique l’inspecteur Baraby. Les jeunes se réunissaient par besoin de valorisation, par désir de constituer une famille. Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d’affection. Les choses ont évolué, le roi dollar a pointé le bout de son nez. «La valeur, aujourd’hui, c’est l’argent. Le jeune a tout ce qu’il veut dans la vie. Il est millionnaire. Il a les filles, la drogue. Comment dire au jeune qu’il est un mauvais modèle?», explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti depuis 13 ans. L’homme en connaît un rayon. Il s’occupe d’un projet de patrouilleurs de rue composé de jeunes dont certains ont flirté avec des gangs. Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel à Montréal.

M. Delva reconnaît qu’il est aujourd’hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin. «Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas nécessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes. Ils ont encouragé nombre de jeunes ayant envie d’adhérer à un gang. Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M. Delva. En voyant des jeunes qui ont réussi, les gangs se sont dit qu’ils pouvaient y arriver.»

Les jeunes à risque d’adhérer à un gang de rue

Quel jeune éprouve le besoin de s’intégrer à un gang? À en croire l’inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d’être recrutés. Chantal Fredette, criminologue et spécialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montréal, apporte des précisions. Les plus à risque viennent de familles dont l’un des membres fait déjà partie d’un gang. Une très grande majorité des jeunes qui ont déjà des problèmes y trouvent leur niche, explique la chercheure. «Le défi, c’est d’identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 à 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont très criminalisés. Un des facteurs, c’est la précocité. Celui qui fréquente tôt les gangs, par exemple à neuf ans, va être plus à risque. Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu’il y a deux côtés: les gagnants et les perdants. Pour gagner, il faut imposer», s’exclame la jeune femme tout en gesticulant. «Pour une minorité de jeunes au Québec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose», constate la criminologue qui a rencontré une trentaine de ces jeunes pour rédiger un rapport sur le sujet.

Violence extrême et gang de rue

L’univers des gangs est extrêmement violent, a observé Chantal Fredette dans ses recherches. Il faut être tolérant à la violence pour supporter ce climat. Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tolérance», note-t-elle.

Dans ses visites à la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Clément a senti lui aussi l’apparition de ce problème: «Depuis les 5 dernières années, je constate autant d’événements, mais ils sont de plus en plus violents.» L’accès facile aux armes expliquerait l’intensité des altercations. «C’est plus facile pour eux d’acheter une arme qu’un paquet de cigarettes», dit Harry Delva d’un ton détaché de celui qui a tout vu. Les jeunes ont les moyens de s’outiller. D’autant plus qu’ils ont un réseau de drogue, de prostitution, d’extorsion à protéger.

«Ça ressemble au temps d’Al Capone. Ce qu’on voit, ce sont des règlements de compte entre gangs pour un territoire. Maintenant, ils sont partout. Parce que les motards ont libéré certains secteurs, les gangs de rue décident d’occuper et d’agrandir leurs territoires. Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus», décrit M. Delva.  Accroupi, les coudes sur les genoux, il se relève, esquissant une mimique d’impuissance. Attirés par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires délaissés par les motards, affaiblis à la suite de l’opération policière Printemps 2002 qui a permis de mettre derrière les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.

Gang de rue en région: Gaspésie, Lac St-Jean, Sherbrooke…

Libérés de cette concurrence, les gangs s’exportent. «Ce qu’on constate, c’est que les membres de gangs s’installent en périphérie de Montréal et vont faire des activités plus éloignées comme le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile. On en a retrouvé en Gaspésie, au Lac St-Jean, en Outaouais et à Sherbrooke. Ils ne sont pas encore rendus à s’y installer», avoue l’inspecteur Baraby, qui rajoute du même souffle la mise sur pied d’une escouade de choc. Pour contrer cette expansion, la Police de Montréal, de Laval, la Sécurité du Québec et la GRC ont uni leurs forces.

Cette nouvelle union policière sera-t-elle suffisante pour contrer le phénomène? Probablement pas, de l’aveu de l’inspecteur. «Tant qu’il y aura l’appât du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s’y intéresser. On a pas la prétention de penser qu’on va enrayer le problème. Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l’empêcher.» Réaliste, le coordonnateur de la Maison d’Haïti n’en pense pas moins. «C’est un phénomène qui est là pour rester, croit-il. Autour, on a la vente de drogues, la prostitution. C’est de l’argent facile. Ça fait partie de notre société. Mais on peut baisser ça, prévenir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.»

Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Prostitution: témoignages de 3 prostituées

Réservez votre Sac à surprises 2014

Prostitution: témoignages de 3 prostituées

prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues Claudette   Dossier Prostitution

Quand une fille a été abusée durant son enfance, le pimp n’a pas grand-chose à faire pour que la fille fasse de la prostitution. Moi, c’est le père de mes enfants qui me disait avec qui il fallait que j’aille. J’avais 16 ans. On faisait partie du milieu des motards.

J’ai consommé de tout. J’ai fait désintox sur désintox. J’ai eu beaucoup de rechutes. La dernière fois que je suis retournée sur la rue c’est parce que j’avais reconsommé.

Y’a des commerces où les filles achètent. On habite ce quartier, on est leurs clientes. Les propriétaires de logements acceptent le cash de la piaule mais ne veulent pas de la fille qui est devant le logement! Pourtant c’est lié.

Prendre une tasse de café, entre 5h et 8h le soir, quand il fait froid, j’aurais bien aimé ça. Il faudrait une place avec des intervenants, du café, un peu de grignotage, juste pour les femmes qui font la prostitution. Tu peux rester au calme, au chaud. Tu peux parler avec les intervenants. Ils te réfèrent à des thérapies.

Ce qu’il faudrait c’est apprendre au monde à respecter son corps, ses sentiments. Mes parents m’ont rien appris de ça, bien au contraire. J’ai maintenant 35 ans et j’ai appris par moi-même à m’en sortir. Dans les écoles ça serait la meilleure place pour parler des conséquences aux jeunes.

Cindy

Mes parents, ma famille sont tout ce qu’il y a de plus normaux. C’est moi qui ne me sentais pas aimé, pas à ma place, différente. J’avais toujours besoin de l’avis des autres. J’ai été gâtée, peut-être trop. J’étais une solitaire. Toujours le même coin de rue, dans des rues différentes à des périodes différentes. J’allais chez nous avec le client et je ne me mêlais pas aux autres prostituées.

Je me suis prostituée pour consommer. Je vivais avec un drogué alcoolique. Il s’est suicidé. J’ai dû me débrouiller toute seule pour me procurer ma drogue. La prostitution ce n’est pas un choix, c’est pour la drogue que j’en ai fait. Sinon, jamais je n’aurai fait la rue pour payer un compte. Dans la prostitution, y’a rien de bon.

Quand j’avais besoin de ma drogue, j’avais pas peur du client. J’avais des craintes mais j’avais besoin de son argent. Le plus dur sur la rue, c’est le regard des enfants. Ça nous fait mal. On se débrouille pour être sur la rue quand ils n’y sont pas. Les résidents eux, nous insultent.

Pour se faire aider et que ça marche, il faut être prête. Il faut apprendre à se connaître. Moi, j’avais besoin de douceur, de tendresse. Toutes les thérapies que j’ai faites ne m’ont servi à rien tant que je n’étais pas prête. Aujourd’hui, j’y crois. Ceux qui m’entourent, y croient aussi. J’ai maintenant 40 ans et je suis heureuse de m’en être sortie.

Chantale

J’étais en centre d’accueil. J’en suis partie mais je ne savais pas où aller. Ma famille ne voulait plus de moi. J’avais faim. Une fille du centre m’a dit comment faire de la prostitution. Je suis allée sur St-Laurent.

La première fois, c’était facile. Je gagnais beaucoup d’argent. Peu de temps après, je me suis fait violer par un client. J’ai eu très peur. J’y suis retournée quand même.

J’étais tombée en amour avec un gars. C’était un pimp mais je ne le savais pas. Il avait des maîtresses qu’il faisait travailler. Il m’a mis enceinte pour mieux m’attacher à lui. Il était très violent. Il me prenait tout mon argent. J’avais même pas de quoi acheter une pinte de lait pour mon enfant. Et pourtant, j’en ai fait de l’argent. J’ai fait escorte, mais je n’aimais pas parce que l’agence me prenait la moitié. Remarque mon pimp me prenait tout, mais lui c’était pas pareil, je l’aimais! Danseuse, tu es toute seule et tout le monde te regarde. J’aimais pas. Ce que j’ai fait ces derniers temps, c’est de mettre des annonces dans la presse. Tu reçois chez toi et y’a moins de risque avec la police.

Même si on n’est pas devant chez eux, y’a des commerçants qui nous crient après: «Va faire des clients ailleurs, tu nuis à ma clientèle» Y’en a un qui descendait de ses bureaux pour me dire ça. Je me mettais au coin de la rue ou à un arrêt de bus et je ne gênais personne. À une époque, je me suis fait courir. C’était chaud! J’ai changé de quartier, ce n’est pas pareil. Ici, c’est comme la campagne mais en ville. Tout le monde se connaît, se parle. Le monde s’entraide même s’il est pauvre. C’est comme une grande famille.

Il faut aider les filles et aider les familles. Le gouvernement devrait faire plus pour les familles pauvres. Avec l’aide sociale, tu existes mais tu ne vis pas. Les mères seules, elles descendent sur la rue et elles font quelques clients. J’appelle ça de la prostitution de survie. Il faut aller dans les écoles et parler des conséquences de la prostitution aux enfants. Il faut les prévenir de ce que ça fait. J’ai 40 ans et, malheureusement, j’y retourne encore.

Les noms ont été changés pour préserver leur anonymat.

Dossier prostitution.

PUBLICITÉ

Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres de croissance personnelle et cheminement:

Autres livres pouvant vous intéresser:

Biographie de l’auteur

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 1 783 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :