Décès de Nelly Arcan, suicide et détresse d’une personnalité publique: impacts et conséquences

Décès de Nelly Arcan, suicide et détresse d’une personnalité publique: impacts et conséquences

Raymond Viger                     Dossier Suicidenelly-arcan-suicide-mort-décès

Les médias rapportent le suicide de Nelly Arcan. Une autre personnalité connue qui disparaît par suicide. Le suicide dérange, bouscule l’entourage qui doit faire un deuil pénible. Quand on parle d’une personne publique, cela peut aussi affecter ses fans, ceux qui lisaient ses livres, ses chroniques ou encore qui voyait Nelly Arcan à la télévision.

Impacts et conséquences du suicide de Nelly Arcan

Il ne faut pas prendre à la légère l’impact que ces suicides peuvent avoir sur la population. Consciemment ou inconsciemment, certains se diront si le suicide est envisageable pour Nelly Arcan, pourquoi ne le serait-il pas pour moi?

Programme d’aide pour les endeuillés par suicide

Quand il y a un suicide dans une école ou dans un milieu de travail, il existe des programmes de postvention où l’on aide les proches à évacuer leurs émotions et à les exprimer. C’est facile d’identifier les proches dans un milieu tel qu’une école ou une entreprise. Mais qu’en est-il d’une personne publique telle que Nelly Arcan. Le milieu d’influence de Nelly Arcan est partout. Les lecteurs de ses livres, ceux qui se sont peut-être identifiés à un personnage ou même à l’auteur. Pas facile de les retracer et de pouvoir prendre un peu de temps avec eux.

Regardez autour de vous et n’hésitez pas à questionner. Vous êtes un parent, vous savez que votre enfant lisait les chroniques de Nelly Arcan. Demandez à votre enfant comment il vit ce suicide, ce qu’il ressent. Que ce soit votre voisine, un collègue de travail… n’hésitez pas à entreprendre cette démarche.

Si vous avez le moindre doute, ne restez pas seul. Il y a des ressources qui peuvent vous aider et vous soutenir. Les lignes d’écoute ne sont pas que pour les personnes suicidaires et en crise. Les ressources sont aussi disponibles pour les proches qui se questionnent.

Suicide de Nelly Arcan: un deuil collectif

Il y a un deuil collectif à faire. N’hésitez pas à utiliser les moyens en place pour faire votre deuil, en parler et exprimer ce que vous ressentez.

Mise à jour:

2 ans après le suicide de Nelly Arcan, un site Internet et un livre.

Nelly Arcan attaque Guy A. Lepage 2 ans après son suicide

Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide:

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Le défi des gangs de rue

Le défi des gangs de rue

Dominic Desmarais  vol.1               Dossier Gang de rue

Des jeunes patrouillent les parcs, une polyvalente engage un ancien policier comme médiateur… des solutions se mettent en place pour affronter les gangs de rue. Mais les moyens sont dérisoires. «Si c’était si simple, ça ne ferait pas 20 ans qu’on y réfléchirait. On est pas arrivé à une solution.» Le verdict tombe comme un coup de massue. De la part d’un poids lourd de la lutte contre le phénomène des gangs de rue, l’impact fait mal.

Chantal Fredette, Centre jeunesse et gang de rue

Chantal Fredette est criminologue au Centre jeunesse de Montréal. Avec 3 collègues, elle a rédigé en 1998 un rapport sur les gangs de rue, commandé par la police de Montréal. Les chercheurs ont découvert que les jeunes solidement attachés à leurs parents, à leur école, à des amis et à leur communauté risquent moins d’adhérer à un gang de rue. D’où la nécessité d’impliquer tous les acteurs de la région concernée, police, écoles, familles, ville, gouvernement, milieu judiciaire, milieu communautaire, CLSC. Ensemble, ils peuvent combler les besoins d’appartenance, de valorisation et de protection que certains vont chercher dans les gangs de rue. «La solution aux gangs de rue, ce n’est pas juste la responsabilité de la police mais de tout le monde. Du citoyen au premier ministre du Québec», plaide Mme Fredette.

Harry Delva, Maison d’Haïti et gang de rue

«Pour l’instant, chacun rame de son côté. On est pas encore rendu à la perfection, mais c’est en train de s’améliorer. Il y a 6 ou 7 ans, c’était n’importe quoi», note Harry Delva, coordonnateur de la Maison d’Haïti, un organisme communautaire offrant des activités aux jeunes. M. Delva constate une ouverture récente des différents acteurs. «Les écoles et les CLSC acceptent le partenariat. On se dit que oui, c’est vrai, on intervient avec le même jeune.»

Les gangs de rue touchent 10% des jeunes

La criminologue Chantal Fredette n’est pas aussi optimiste. «On a pas encore trouvé une façon de travailler ensemble. On a pas les moyens de nos ambitions. On tire partout. On fait n’importe quoi. Ça m’inquiète, s’emporte-t-elle. Les gangs de rue, ça touche 10% des jeunes. Il faut aborder la pauvreté, pas juste les gangs de rue.»

Chantale Fredette propose de contrer l’attrait des gangs de rue en prenant de front plusieurs problèmes sociaux. «Ce qui marche pour les gangs de rue va marcher pour le taxage, la drogue, la violence, le décrochage scolaire, la prostitution. Pourquoi alors financer des problématiques plutôt qu’un programme dirigé sur le jeune?», demande-t-elle, dénonçant cette pensée à court terme. «On est dans la mode. C’est tendance de parler gangs de rue. Mais l’an prochain, on ne va parler que d’hypersexualisation. Pas de gangs de rue. Et on ne fera pas de liens entre les autres problématiques comme la faible estime de soi et la prostitution…», déplore Mme Fredette, découragée. Mais son enthousiasme ressurgit aussitôt. La battante refait surface. «Ce qui me réconcilie, c’est que je suis en contact avec des intervenants extraordinaires qui ont la volonté de changer les choses.»

Jean Baraby, police de Montréal et gang de rue

Une approche concentrée sur le jeune? Harry Delva n’est pas tout à fait contre. «C’est sûr que ce serait intéressant de pouvoir l’axer sur le jeune. Mais qui dit jeune dit famille. Il faut un projet qui peut aider le jeune dans la famille.» L’inspecteur Jean Baraby, de la police de Montréal, interpelle les parents, facteur le plus susceptible d’empêcher le jeune d’adhérer à un gang de rue. «Intéressez-vous à vos enfants. Dites-leur: t’es important pour moi. Valorisez les études!»

Bien qu’il ne veuille pas minimiser le phénomène des gangs de rue, l’inspecteur Baraby tient à rappeler que, malgré la visibilité des gangs de rue dans les médias, il ne faut pas voir derrière tout jeune un membre de gang de rue. «On a des énergies à mettre dans la lutte contre les gangs de rue, mais il y a toujours bien 99% des jeunes qui fonctionnent bien.»

Et malgré le bon vouloir de tous, du citoyen au premier ministre du Québec, le jeune a un gros mot à dire. «Tant que le jeune n’a pas décidé par lui-même de quitter le gang de rue, il n’arrivera rien», observe Harry Delva. Un argument de plus pour concentrer les ressources sur le jeune?

Introduction Histoire des gangs de rue

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