Service de cartes Desjardins

Nouvel environnement

Quand les Caisses Desjardins veulent marcher

Hélène Lefebvre   Dossiers Art mural, Murale, Graffiti

desjardins-caisse-federation-alphonse-desjardins-carte-credit Désireux de créer un environnement agréable pour leurs employés et favoriser l’utilisation des escaliers plutôt que celle des ascenceurs, les Services de cartes Desjardins (SCD) ont fait appel à une armada d’artistes du Café-Graffiti pour embellir les lieux.

Imaginez une fresque murale s’étalant sur plus de 10 étages… Eh bien c’est l’exploit qu’ont réussi les 14 artistes du Café Graffiti en mettant à profit leurs talents et leur créativité afin de donner vie aux murs longeant les escaliers de l’immeuble des SCD. Tout ça, dans un délai record de… 4 jours! Une œuvre grandiose tant par la richesse de ses illustrations et de ses couleurs que par les thèmes qui y sont représentés: la mission et les valeurs du Mouvement Desjardins.

Pour André Chatelain, vice-président des SCD, «la fresque murale est une initiative gagnante à bien des égards. Ce projet a permis d’offrir aux employés un environnement agréable et stimulant tout en faisant vivre les valeurs de Desjardins, dont la solidarité avec le milieu, en s’associant avec le Café Graffiti».

desjardins-caisse-federation-alphonse-desjardins-carte-credit Julie Racette, conseillère en relations avec la clientèle «L’entreprise a compris que l’exercice pouvait être bénéfique. Depuis 8 ans, nous avons un programme santé : des cours pour favoriser la santé, des ateliers nutrition et 60 espaces à vélo uniquement pour les employés, du coup il y a moins d’arrêts de travail, les travailleurs restent car l’on prend soin d’eux», constate la chargée de communication interne.

Frédéric, directeur principal du recouvrement «C’est génial! Désormais je prends bien plus souvent l’escalier pour faire mes 8 étages. J’aime beaucoup les maisons vertes et le personnage d’Alphonse Desjardins.»

Mélanie, formatrice «Lorsque j’ai découvert les peintures, j’ai adoré! L’environnement change à chaque étage, c’est très intéressant. Je prends maintenant plus souvent l’escalier pour faire les courts trajets. On peut se divertir, c’est agréable.»

Serge, analyste programmateur «C’est très impressionnant, surtout que ca a été fait en un week-end! Je prenais déjà l’escalier mais désormais, le chemin est plus agréable!»

Suzanna, conseillère en formation «Je trouve ce projet très bien. Je prenais déjà l’escalier mais cela m’incite à le prendre encore plus souvent. A chaque fois, je découvre de nouvelles choses. J’aime beaucoup le personnage qui fait du yoga, ça me donne envie d’en faire!»

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Photos supplémentaires du projet Desjardins.

Pour contacter les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

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Rencontre avec les Amérindiens

Autochtone

Opitciwan dans les tripes

J’avais oublié à quel point les Amérindiens aiment rigoler. C’est la première pensée qui me traverse l’esprit en reparlant à Mariette, la secrétaire du département d’éducation d’Opitciwan.

Nathalie Girard     Dossier Autochtone

opitciwan autochtones premières nations indiensPourquoi contacter, après 12 ans de silence, cette communauté où j’ai débuté ma carrière d’enseignante spécialisée en troubles graves du comportement ? Je ne sais plus trop. Peut-être parce que j’ai décidé de changer de profession, de raccrocher mes patins. En contactant les gens avec qui j’avais commencé ce chapitre de ma vie, j’espérais peut-être refermer la boucle, clore le sujet.

Mon aventure a commencé avec une valise et l’espoir d’inspirer des vies. J’étais ravie d’inaugurer ma carrière au cœur de la forêt québécoise en compagnie d’un peuple qui m’avait fascinée depuis mon enfance. Je ne pouvais me douter de ce qui m’attendait…

Rencontre avec Opitciwan

Arrivée au village, j’avais l’impression d’avoir été téléportée dans un autre pays à une autre époque. Des chemins sablonneux et déserts encadrent un amas de maisons désordonné. Le magasin général dispose, la majorité du temps, des denrées essentielles, pain, patates, œufs, tous à des prix dérisoires. Le courrier arrive par hydravion le mardi et le jeudi, si la météo le permet. Pas de télévision, pas toujours l’eau courante.

Ma classe était constituée de 12 adolescents, 2 filles et 10 garçons de 15-16 ans, tous plus «poqués» les uns que les autres. Syndrome alcoolique fœtal, abus physique et verbal, inceste et drogues fortes empoisonnaient quotidiennement leurs vies. Leurs comportements étaient imprévisibles, la violence sans provocation, surtout chez lesopitciwan réserves indiennes autochtones premières nations garçons.

Par exemple, un jeune pouvait dessiner tranquillement, et, soudainement, se lever et attaquer un voisin avec son pupitre. Les filles étaient plutôt effacées, évitant à tout prix le contact avec les garçons. Certains ne savaient pas lire. Les plus avancés étaient de niveau académique 3e année.

Mal de vivre

J’ai découvert cette année-là un niveau de souffrance et de violence que je n’aurais jamais cru possible. Un mal de vivre commun qui, comme une odeur nauséabonde, enveloppe et déforme toute expérience sur son passage. J’ai été agressée physiquement à tous les jours ; les garçons me prenaient par la gorge pour me projeter sur un mur. Un élève particulièrement perturbé a tenté de me dévêtir en classe; il m’a également mis un couteau à la gorge. On a tenté de me violer dans le bois. Et pourtant, malgré la peur et les larmes, je suis restée. Je voulais leur montrer, ne serait-ce qu’un instant, que la vie pouvait aopitciwan premières nations réserves indiens autochtonesussi être belle, qu’il y avait une lumière au bout du tunnel.

Contre toute attente, j’ai réussi, à force de persévérance, à calmer partiellement le mal qui les habitait. La violence physique avait considérablement diminué dès janvier. J’ai trouvé une place parmi eux. Une complicité s’est établit entre nous. Ils m’ont laissée entrevoir la fleur fragile qu’ils défendaient si férocement. Nous allions souvent dans le bois en après-midi. Cela les calmait énormément et ils adoraient m’enseigner tout ce qu’ils connaissaient. D’eux, j’ai appris à pêcher, à chasser le lièvre, et surtout qu’il y a une partie indestructible en chacun de nous. De moi, ils ont appris un peu de français, de mathématiques et surtout qu’une relation humaine peut être autre que violente.

Mais aujourd’hui, où en est Opitciwan? Mariette s’est fait un plaisir de me donner des nouvelles du village. Un de mes amis amérindiens s’était marié; un prof de Shawinigan avec qui j’avais travaillé était toujours sur la réserve ; la bibliothécaire avait été promue «agente de réussite». D’entendre parler de tous ces gens qui ont joué un rôle plus ou moins important dans ma vie, m’a replongée dans mes souvenirs. Je revivais du coup les bons moments, mais aussi la souffrance. J’ai appris qu’une fillette de 8 ans s’était suicidée, ne pouvant plus supporter l’abus sexuel de son grand frère, un jeune que je connaissais bien. Ouf! Mis à part les routes pavées, le câble et la poste ouverte trois fois par semaine, rien ne semble avoir vraiment changer sur la réserve. Le mal de vivre y règne toujours.

Et mes premiers élèves? Aujourd’hui, ils ont 27 ans, ou du moins ceux qui restent. Mariette m’a appris que beaucoup d’entre eux s’étaient suicidés.

Un instant de répit

Pendant les 12 ans où j’enseignais à travers le monde, eux, ils sont restés dans leur enfer. Cela me rend triste. C’est la seule porte de sortie qu’ils ont trouvée afin de se délivrer du mal qui les assaillait. J’ai la consolation d’avoir donné un instant de répit à ces enfants, mais aussi la culpabilité de les avoir abandonnés. Je regrette de n’être pas retournée à temps pour leur dire à quel point ils ont été importants pour moi.

Heureusement, certains d’entre eux demeurent. Dave travaille maintenant à la scierie ; la petite Tina est mariée et a 3 enfants. Une partie de moi aimerait bien les retrouver, leur parler, les féliciter d’être restés forts malgré tout. Je suis tellement fière d’eux. Mais se rappellent-ils seulement de moi? Ai-je eu le même impact qu’ils ont eu sur moi? Que valent mes félicitations puisque je ne suis pas restée?

Je n’ai pas encore décidé si un jour j’y retournerai. Mais, ai-je vraiment complètement quitter? Peu importe où j’irai dans le monde, j’aurai toujours Opitciwan dans les tripes. Mon année là-bas m’a marquée à jamais. Elle a grandement contribué à forger qui je suis aujourd’hui. Je serai toujours reconnaissante à ces jeunes de m’avoir ouvert leurs cœurs et leurs vies et d’avoir ainsi transformé la mienne.

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