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Suicide et intervention de crise en France

L’organisme, Le Journal de la Rue, possède 2 sites Internet et plusieurs blogues. Cela permet de faciliter la navigation des Internautes selon leurs besoins et leurs goûts.

Nous avons donc un site artistique et culturel pour le Café-Graffiti. www.cafegraffiti.net. Nous avons le site général de l’organisme, www.journaldelarue.com. Nous sommes à finaliser un nouveau site, spécifiquement pour le magazine, www.refletdesociete.com.

Nous gérons plusieurs blogues. Les 2 principaux sont ceux des archives de Reflet de Société. www.journaldelarue.wordpress.com et le blogue du rédacteur en chef, www.raymondviger.wordpress.com.

Cela nous amène un trafic différent mais aussi de provenances différentes pour chacun de ces sites et blogues. Les 2 sites Internet génèrent un trafic 100% canadien. Selon les statistiques d’Alexa, le Café-Graffiti se retrouve pour le Canada à la 20 254e place, tandis que le site pour Reflet de Société arrive à la 40 663e place. Seulement à titre de référence pour mieux comprendre ces statistiques, le site de L’actualité génère 63% de trafic canadien et il obtient ainsi la 17455e place pour le Canada.

Ce qui m’a surpris, c’est le trafic généré par les 2 blogues. Le blogue du rédacteur en chef génère un trafic à 56% de France et 11% provenant du Canada. Celui de la revue en a 39% de France et 18% du Canada. En France, ces blogues arrivent en 104 929e place et 95 719e place. Celui de L’actualité arrivant à la 132 221e place. 

Quels sont les textes qui génèrent un si grand trafic provenant de la France? Les textes sur le suicide. En plus de générer beaucoup de visites, les textes reliés au suicide génèrent beaucoup de commentaires, surtout provenant de gens habitant la France.

Lors de ma tournée de conférence en France en avril dernier, j’avais remarqué que le suicide est une problématique ou les intervenants n’osent pas prendre leur place, ne laissant que les services spécialisés telle la psychiatrie intervenir. Malgré l’expérience de plusieurs, lorsque j’ai donné une formation sur l’intervention auprès de personnes suicidaires, pour plusieurs des intervenants français, c’était une révélation d’apprendre qu’ils pouvaient et qu’ils se devaient d’intervenir. 

À partir des commentaires reçus d’Internautes français vivant des difficultés, j’ai eu l’occasion d’établir une relation thérapeutique par mail. Le manque de ressources pouvant intervenir en France est flagrant et évident. Cela isole encore plus les personnes en crise.

Le Québec demeure encore un endroit privilégié pour ses ressources communautaires et son implication auprès des personnes plus démunies, que ce soit physiquement, financièrement ou émotivement.

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Sylvain Larocque humoriste, les prostituées, les prisonniers et la France

Une légende urbaine persiste depuis fort longtemps. Le Québec aurait été colonisé par des prisonniers et des prostituées que la France nous envoyait. Cette légende urbaine est totalement fausse. Une grande découverte que j’avais faite lors de ma série de conférence en France au printemps dernier. Je vous avais écrit un billet sur le sujet et même un éditorial dans Reflet de société.

En écoutant Sylvain Larocque lors du Festival Juste pour rire, en tandem avec une humoriste française, il lance l’idée que nous avons été colonisés par les Français à partir de leurs prisonniers et leurs prostituées. Je ne sais pas si Sylvain Larocque connaît la réalité de la colonisation du Québec. Peut-être connaît-il la vérité mais que la “joke” était trop facile. Mais pour combien de citoyens cela va-t-il confirmer cette légende urbaine que nous avons été colonisés par des prostituées et des prisonniers? L’humour doit nous faire rire. Mais l’humour ne peut renforcer des légendes urbaines. En ce sens, la “joke” de Sylvain Larocque devient inacceptable à mes yeux.

Le graffiti: France - Pérou avec Mélan de l’association Zomeka

Lors de mon voyage en France au printemps 2007, j’ai rencontré Mélan, fondatrice de l’association Zomeka. Mélan préparait un voyage au Pérou et planifiait de les recevoir par la suite en France. Nous avons échangé sur les pratiques de tels échanges. Le voyage s’est réalisé, Mélan m’a fait parvenir quelques informations lors de son passage en Espagne avec ses Péruviens. Ils avaient au préalable participé à la convention Kosmopolite en France.

Le voyage s’est bien déroulé. Au lieu de toute vous conter l’histoire de Mélan et de ses Péruviens, je vous laisse son site Internet. Vous pourrez voir les photos des murales graffitis réalisées et lire les différentes anecdotes. Une photo que vous ne devez pas manquer. Un cheval se fait graffiter!

http://www.zomeka.com/index2.htm

http://raymondviger.wordpress.com/2007/04/22/les-graffiteurs-du-perou/

Textes sur le Hip Hop et le graffiti.

Pourquoi la France a brûlé?

Des jeunes me soulignent qu’ils sont régulièrement sujet d’abus de pouvoir exercé par les policiers. Ceux-ci, sans aucune raison, se permettent d’enquêter des jeunes. Cela veut dire se retrouver les mains au mur, les jambes écartées tels de véritables criminels. Fouillés, des claques en arrière de la tête, un discours provocateur des policiers qui tentent de faire monter la pression.

Des jeunes battus, commentaires peut-être pas crédible. On peut se dire qu’ils l’ont cherché, qu’ils ont sûrement dû faire quelque chose de répréhensible. Des intervenants d’organisme communautaire (association), me confirment que le scénario est véridique et constant. Deux de ces intervenants se sont fait battre par la police et emprisonnés. Eux aussi ont dû le chercher. Après tout un intervenant jeunesse, un adulte qui prend la défense de jeunes marginaux, c’est sûrement un fouteur de trouble, un socialiste, communiste ou autre.

Le premier se retrouve dans le local de son organisme avec des jeunes. Il assiste, impuissant à la vérification par la police de deux jeunes. Ceux-ci se retrouvent les mains dans la fenêtre du local. Les policiers les poussent constamment. L’intervenant a peur que la fenêtre se brise sous le choc de ces jeunes qui se font pousser par les policiers. Il sort et avise les policiers que la fenêtre n’est pas solide et qu’elle risque de se briser et de blesser quelqu’un. Il se fait engueuler et provoquer par les policiers. Il ne répond pas. Pas question d’embarquer dans le jeu de ceux-ci. Ils repartent pendant que l’intervenant retourne à son groupe de jeunes.

Trente minutes plus tard, une vingtaine de policiers entrent en trombe dans le local. Un des policiers présent au moment de la fouille des jeunes montre du doigt l’intervenant en disant : «C’est lui». Les policiers lui demandent de s’identifier. Il se lève en mentionnant qu’il doit aller chercher ses papiers dans le vestiaire. Au même moment, les policiers lui sautent dessus et le plaquent au sol, la matraque sur la gorge comme s’il était pour se sauver ou sortir une arme. Il a de la difficulté à respirer. Il commence à devenir bleu et va bientôt tomber dans les pommes. Une des administratrices de l’organisme, une grand-mère de 75 ans me dit qu’elle a dû intervenir pour que les policiers diminuent la pression sur l’intervenant. Elle avait peur qu’il l’étouffe. L’intervenant se retrouvera en prison et se fera tabasser quelque peu.

Un autre intervenant c’est aussi fait arrêter et tabasser par la police. Vous me direz qui lui, il l’avait cherché. Il existe une expression en France pour désigner les policiers : «Les Sarko-cops ». Sarko comme dans Sarkozy et cops pour policier. Sarkozy a été le responsable des pouvoirs policiers. Celui qui demande à devenir président de la République française! Les jeunes qui se font tabasser ont créé cette expression. Pas très poli, mais bon, ce sont des jeunes. Qu’un intervenant endosse l’expression et l’utilise, c’est criminel et cela mérite bien d’être battu par les policiers et de passer 24 heures en prison. Au moment de le relâcher, le gardien lui ouvre la première porte de la prison, mais pas la deuxième. Pris dans le sas, ils l’ont fait attendre 3 heures avant de lui ouvrir la deuxième porte lui permettant de sortir. « Excuse-nous, on t’avait oublié. » Un autre de répondre : « On ne t’avait pas vu! » Quelle ironie!

Des parents me racontent que lorsqu’ils voient un jeune se faire enquêter, même s’ils ne connaissent pas le jeune, ils s’arrêtent et observent la scène. Parce que les policiers français sont moins brusques avec les jeunes quand il y a un témoin qui les observent. Pour que les parents en soient rendu là, il y a sûrement matière à réflexion.

On peut comprendre qu’il existe une tension énorme entre les jeunes marginalisés et les institutions policières. Ces jeunes marginalisés se retrouvent en très grande partie dans les cités, ces habitations souvent délabrées et mal entretenues dans lesquelles la société française entassent les gens à faible revenu et les immigrants.

En France, un policier ne va pas dans une cité pour le plaisir d’y aller. Ce sont les équipes spécialisées, les CRS qui y vont, ce que nous appelons en Amérique de Nord les S.W.A.T.. Ce ne sont pas des policiers communautaires chargés de rétablir la communication avec les jeunes.

Un jour des policiers poursuivent deux gamins. 10 et 12 ans. Ceux-ci sont effrayés et ne veulent pas être pris par la police. Ils se sauvent. La première cachette qu’ils trouvent est un local ou ils n’auraient pas dû entrer. Des équipements sous haute-tension s’y trouvent. Les deux gamins meurent électrocutés.

C’est la consternation et le deuil pour les jeunes de la cité. Ils s’attendent à ce que Sarkozy se prononcent, fassent quelque chose. Sarkozy va visiter une cité. Il dit à une citoyenne qu’il va nettoyer la place de la racaille qui s’y trouve. Les jeunes attendent la suite, que Sarkozy se rétracte, fasse des excuses.

Après 2 jours, toujours rien. Une première automobile flambe. Toujours rien de la part de Sarkozy. Le feu se propage.

Qui est responsable de cette flambée de violence en France? Un gouvernement qui n’écoute pas ou des jeunes qui veulent être entendu?

http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/01/sarkozy-des-graffitis-et-vandalisme-a-montreal/

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

Sarkozy, des graffitis et vandalisme à Montréal

Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin que le local montréalais de Nicolas Sarkozy a été vandalisé. Des graffitis plein la vitrine, des affiches collées un peu partout avec des mentions telles que: ” Sarkozy, sacre ton camp d’ici ” ou encore “Lutte sans frontière contre le facisme “. Selon Mme Khadija Doukali, la directrice de campagne de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), cela serait la deuxième fois que les partisans de Sarkozy sont victimes de vandalisme depuis le début de la campagne présidentielle.

Malik Dussaud, secrétaire de la section du Parti socialiste de Montréal se dissocie du vandalisme et trouve regrettable les événements.

Personnellement, je ne suis pas surpris de la tournure des événements. Je suis revenus de France le 23 avril dernier. À mon retour, des jeunes que j’accompagne à Montréal me font part de l’arrogance des gens qui travaillent pour Nicolas Sarkozy à Montréal. Par hasard, ils étaient près de l’ambassade de France et des gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy tentaient d’empêcher des gens de passer des tracts qui dénoncaient les agissements de Nicolas Sarkozy et de ne pas voter pour lui. La police a dû intervenir et mentionner aux gens de Nicolas Sarkozy, qu’au Québec, les gens ont le droit de faire cabale contre un candidat politique et qu’elle ne pouvait pas empêcher les gens de s’exprimer.

Les gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy étaient furieux et arrogants. Les jeunes de Montréal ont été surpris de leurs agissements et de leur façon de faire, comme s’ils étaient les seuls maîtres à bord, que la démocratie leur appartenait et qu’ils pouvaient contrôler les faits et gestes de tout le monde.

D’une part, l’équipe de Nicolas Sarkozy n’a pas été apprécié. Ni dans cette altercation près de l’ambassade, ni pour ses agissements dans les événements incendiaires dans les cités. D’autre part, depuis la venue d’Internet, les jeunes marginalisés sont en contact ensemble à travers le monde. Ils voyagent plus aussi. Quand les jeunes se sentent persécutés et opprimés en France, ce sont tous les jeunes à travers le monde qui se questionnent et qui sont prêts à riposter.

La France est un pays beaucoup plus rigide que le Québec. Sarkozy, tel que vous le verrez dans mon blogue de demain, n’y a pas été de main morte avec les jeunes et les cités. Je suis contre toute forme de violence. Mais nous devons nous questionner à savoir si Sarkozy est en train de récolter ce qu’il a semé? La violence attire la violence.

Après avoir séjourné 15 jours en France, après avoir rencontré des intervenants, des jeunes et avoir visité les cités, je fais des prières pour que Nicolas Sarkozy ne soit pas élu président de la république.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/02/pourquoi-la-france-a-brule/

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

Ma dernière chronique de France

Conférence en France no 35

Je me retrouve à l’aéroport Charles de Gaulle. Ma deuxième expérience d’écriture avec un ordinateur portatif en public. La première fois j’avais une certaine gêne. J’avais l’impression que tout le monde comptait le nombre de mots minutes que je faisais. Maintenant c’est encore pire. Pendant la dernière quinzaine, j’ai écrit avec un clavier français. Les lettres étaient toutes mélangées. Je dois maintenant me réhabituer à un clavier américain.

Qu’est-ce que je retiens de ce voyage en France? C’est sûr que je ne peux oublier les petites rues et les petites autos de la France. À ma première expérience de conduite, Christine me mentionnait que c’était comme les autos tamponneuses dans les parcs d’attraction! Les virages en tête d’épingle! Toutes les intersections et les choix qu’un conducteur
a à chaque coin de rue!

Les organismes communautaires (associations) et leur dépendances aux subventions, tout le travail qui est institutionnalisé. Un brevet pour çi… Un brevet pour ça… Un code du travail qui ne favorise pas les essais, les initiatives… Tout devient coulé dans le ciment dès le départ.

Le rêve français de venir travailler au Québec. Le Québec, terre de liberté et des initiatives. Les jeunes des cités, marginalisés et qui demandent à être entendu et respecté par l’autorité. Des témoignagnes de jeunes qui, sans autres raisons que d’être contrôlé se retrouvent menottes aux mains et battus! Des parents qui me confirment que lorsqu’ils voient un jeune se faire contrôler attendent pour être témoin et éviter les abus policiers. Deux intervenants qui se sont faits eux-même battre sans raison par des policiers. Une répression et des abus policiers qui ont augmenté durant les cinq dernières années où Sarkozy a été responsable de la police en France. Celui-là même qui se retrouve en tête devant Ségolène Royal au premier tour pour la présidence!

Petite anecdote sur la démocratie et la liberté de presse en France. On me raconte que la femme de Sarkozy a été photographié avec un autre homme. La photo est publiée dans le Paris Match. Peu de temps après, le rédacteur en chef du Paris-Match, malgré son ancienneté, se voit contraint de démissionner. Malgré les éditoriaux des journalistes, cela n’a pas empêché Sarcozy de menacer les journalistes au début des présidentielles. Et que dire d’un magazine culturelle qui se retrouve en cour avec une action de 250 000 euros (375 000$) pour incitation au vandalisme parce qu’il a présenté des photos de graffitis!

Il y a beaucoup de travail à faire en France. Bertrand Swchartz avait réussi à mettre sur pied un bon système d’intervention dans les années 1980. Une intervention globale qui traite l’être humain comme un citoyen qui a des besoins. Le système a eu finalement raison de lui. Les subventions exigeant des chiffres, de réinsérer des jeunes comme si on parlait d’animaux qui vont à l’abattoir.

J’ai adoré mon voyage en France. Tout cela me stimule à y retourner et à rencontrer d’autres intervenants qui travaillent pour soutenir la jeunesse française. Vous me demander pourquoi un intervenant de Montréal est si solidaire de la jeunesse française? Parce qu’avec la mondialisation, la planète n’a plus de frontières. Les jeunes voyagent par Internet. Des jeunes de France viennent au Québec et les jeunes du Québec vont en France. Quand ça brûle en France, ça réchauffe les jeunes de Montréal. Quand la France a de la difficulté avec son immigration et que certains deviennent des sans-papiers, des gens à Hérouxville ont peur et réagissent.

Les régions du Québec, les centres urbains du Québec, les villes à travers le monde font parti de notre jardin. Cultivons ensemble de belles fleurs, apprenons-nous à nous connaître et à travailler ensemble.

Histoire du Québec vu par la France

Conférence en France no 34

Il faut bien faire un voyage en France pour apprendre son histoire du Québec. J’ai étudié l’histoire du Québec. Les voyages de Jacques Cartier, Samuel de Champlain, Dollar des Ormeaux, Wolf, Montcalm, les pères Lallemand et compagnie. Mais certains apprentissage seraient des légendes urbaines.

J’ai toujours été convaincu que le Québec avait été colonisé par des hommes au passé pas toujours parfait, à qui on avait envoyé les “filles du Roi”, c’est-à-dire des prostituées. Voilà mes ancêtres, tel que j’en avais souvenir. Christine m’a présenté une toute nouvelle histoire.

Pour coloniser la Nouvelle-France, des hommes pouvaient y aller pour travailler sur un chantier pour une période de 3, 5 ou 7 ans. Un peu comme certains ont parti pour la Baie-James, mais pour moins longtemps. Certains ont aimé le pays et revendu leur billet de retour pour s’installer au Québec.

Il y avait aussi ceux qui partaient dans le but de coloniser la Nouvelle-France. Ceux-ci partaient avec quelques outils, des semences et parfois même quelques bêtes. Le besoin de découvrir pour certains, de s’installer pour d’autres. Il faut comprendre qu’en France, le père de famille qui avait une petite terre, ne pouvait pas nécessairement la séparer entre ses 15 enfants. Chaque petit bout n’aurais pas suffit à faire vivre une nouvelle famille. Plusieurs enfants quittaient ainsi la France dans l’espoir de posséder une terre et d’élever une famille.

En France, seul le seigneur des terres avaient le droit de chasse. Pour la Nouvelle-France, les privilèges féodaux n’existaient pas. Tout le monde pouvait chasser! Cela a pemis aussi la traite des peaux et toutes nos recettes ancestrales à base de viande de gibiers.

Pour différentes raisons, lorsqu’une fille ne pouvait être marié par sa famille, elle était envoyé au couvent, une sorte d’orphelinat. Ces femmes, de bonne famille, apprenaient des religieuses les travaux de base et y recevaient leur éducation. Le roi Louis XIV, le Roi Soleil, a décidé d’offrir une opportunié à ces dames. Si elles étaient prêtes à s’embarquer pour le Nouveau-Monde, le roi leur donnait une dote pour qu’elle puisse s’y marier.

Il y avait 4 à 5 hommes pour une femme. Les religieuses telles Marguerite Bourgeoys recevaient les hommes pour les éduquer sur l’art de séduire une femme. Elles organisaient des fêtes pour que les hommes et les femmes puissent apprendre à se connaître et former des couples.

Chers Québécois et Québécoises, pour tous ceux qui ont vécu, comme moi, dans la honte de leurs racines depuis des décennies, relevé le menton vers le ciel et soyez maintenant fier de vos origines. Une nouvelle ère s’ouvre à nous.

Cela met-il fin à cette chronique sur mes anecdotes et les informations que j’ai obtenu lors de mon voyage? Oui et non. Pour l’instant, le voyage est terminé. Mais les contacts qui ont été fait vont revivre dans les mois et les années qui vont suivre. Les jeunes de la Maison de la solidarité, des Commun’Arts, de Récit vont passer au Café-Graffiti au mois de juin. Je vais vous tenir au courant des échanges que nous ferons. Qu’arrivera-t-il de nos échanges avec les graffiteurs et artistes de la bombe tel que MEIK, LEK, KATH et Mélanie que nous avons rencontré ou encore Psychose et Jonone que nous avons manqué de peu?

Cette chronique restera en veilleuse dans mon blogue. Mais tel un phoenix qui renaîtra de ses cendres, le moindre souffle provenant de France la réveillera et je vous tiendrais au courant sans hésiter.

Au plaisir de vous donner une continuité.

Guedelon, construction d’un château-fort en France

Conférence en France no 33

La France est reconnu pour ses nombreux châteaux. Christine et Denis, nos hôtes de France, ne pouvaient me laisser repartir à Montréal sans que je visite un château. La grande question est de savoir lequel je visiterais. Christine va chercher une encyclopédie sur les châteaux de France! Ce n’est vraiment pas le choix qui manque.

Après avoir regardé des tonnes de photos et de descriptions de châteaux, il est convenu que nous visiterons un château-fort en construction! Eh oui! Un château-fort en construction. Il y a 10 ans, un homme eu un éclair de génie: “pourquoi ne pas construire un château médiéval avec les même outils et les même méthodes de construction qu’au 13e Siècle”. Oh! Wow! Tout le monde se lève le matin et décide de construire un château.

C’est un chantier qui va durer 25 ans. Chaque corps de métier qui travaillaient à l’époque est présent. Les ouvriers travaillent de la même façon qu’au 13e Siècle. Chaque pierre est taillé à la main. Un forgeron est sur place pour fabriquer des outils et les réparer, un cordelier fabrique les cordes nécessaires aux travaux, une autre fqbrique et cuit chaque tuile qui nécessiteront d’être cuite pendant une semaine!

Pendant que tous et chacun s’affaire à leurs travaux du moyen-âge, les touristes se promènent en toute liberté sur les lieux pour leur visite. Les employés sont en habit d’èpoque. Une visite très originale qui permet non seulement la visite d’un château, mais aussi d’en comprendre son architecture et les méthodes de construction. Je vous laisse les coordonnés de leur site ainsi qu’une description du projet.

http://www.guedelon.com/
http://www.futura-sciences.com/comprendre/d/dossier464-1.php

Le graffiti en France

Conférence en France no 32

Mélanie et Adrien m’invite à une petite tournée graffiti. Le tout va se dérouler dans le 93, un quartier chaud de Paris.

On débute par la visite des murs du Kosmopolite à Montreuil. Sur ce mur, ainsi que des murs avoisinants, se déroule, une fois l’an, la plus grosse convention graffiti en France. On ne peut manquer un graffiteur hyper-réaliste tel que FAST. J’ai eu la chance de voir le graff que Zeck avait fait. Il y avait signé comme crew JKR et 156, sa nouvelle appartenance française. J’ai pu aussi voir des yeux et des visages réalisés par Marco, le graffiteur qui a inspiré Monke-1 de Montréal.

Pour ceux qui ne sont pas de la culture Hip Hop, je viens possiblement de parler chinois et vous avez le goût de décrocher. Petite traduction synthèse. Il y a le nom de l’artiste qui est souvent une série de lettres qui ne ressemblent en rien à ce que vous connaissez. Il y a le nom des crew, c’est-à-dire des équipes de graffiteurs qui travaillent ensemble. Prêt à continuer? Merci.

Nous nous sommes rendu ensuite au 115. C’est une sorte de centre d’artiste auto-géré. Nous voulions y rencontrer Psychose et Jonone ainsi que visiter les lieux des différents artistes présents. Psychose est à New-York. Il revient en France, la journée où je part pour Montréal! Ce n’est que partie remise. Jonone n’est pas rejoignable. Ces deux graffiteurs font parti du 156, crew dans lequel Zeck de Montréal a adhéré l’an dernier lors de son passage au Cosmopolite. Zeck avait profité de son passage en France pour inclure Montréal dans la convention internationale “Meeting of styles” qui a eu lieu en septembre dernier.

Nous nous retrouvons ensuite au “frigo”. Un immense bâtiment qui servait d’entrepôt frigorifique au début du siècle dernier. Vers la fin des années 1970, les punks ont skaté ce bâtiment industriel pour en faire une salle de spectacle. Le graffiti de l’époque y a trouvé sa place. Encore pleins de grafs et de tags, les lieux sont maintenant devenus un centre d’artistes auto-gérés. Sur le haut, près du toit, on peut y apercevoir le tag de NME de Montréal.

Nous nous sommes ensuite dirigé au CAES, un centre d’artiste où se cotôyent plus de 80 personnes. Nous y faisons la connaissance des graffiteurs Meik et LEK du crew P19.

Quelque chose va germer de ces rencontres. Histoire à suivre…

Textes sur le graffiti et le Hip Hop.

Le Journal de la Rue représenté par la Librairie du Québec

Conférence en France no 31

Je ne pouvais pas être en France sans faire un saut à la Librairie du Québec. La Librairie du Québec représente des auteurs et des maisons d’éditions du Québec en Europe. A partir d’une vitrine permanente près des Jardins du Luxembourg en plein coeur du Quartier Latin de Paris, la Librairie du Québec rend disponible les livres québécois non seulement aux lecteurs Européens, mais aussi aux librairies. Les livres se retrouvent répertoriés dans les principaux sites de vente Internet.

C’est évident que le travail de promotion et de se faire connaître est notre responsabilité. Mais nous avons l’opportunité de rendre accessible nos écrits aux Européens. Notre présence auprès de certains organismes, les ateliers et conférences auxquels nous participons permettre d’annoncer aux gens que nous sommes disponibles sur leur territoire. Il ne faut pas sous-estimer les spécificités d’Internet. Notre lectorat électronique est composé de 25% de Français et de 9% de Belge!

Ce partenariat avec la Librairie du Québec nous a permis de prendre une entente pour les envoies en Europe de notre magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société.

Un travail qui complète bien les rencontres que j’ai faites dans les dernières semaines avec les différentes associations et intervenants.

Profession banlieu

Conférence en France No 30

Cette association a pour mission de faciliter les échanges et la réflexion entre les différents acteurs de l’intervention (éducateurs de rue, chercheurs, décideurs politiques, Santé publique…) sur les réalités sociales. Colloque, journée de formation ou encore de réflexion, groupe de travail, plusieurs moyens sont mis en place pour atteindre l’objectif. Il y a même eu une journée où des journalistes avaient été invité à discuter avec les éducateurs de rue pour faciliter la connaissance du milieu et de l’impact des journalistes sur les réalités sociales.

L’organisme est situé à St-Denis La Seine dans le 93, un quartier chaud et défavorisé. Il existe des postes de travail pour des médecins scolaires dans toutes les régions de France. Pourtant, aucun médecin scolaire ne veut travailler dans le 93 et les postes demeurent vacants. Plus de la moitié des enseignants ont moins de 2 ans d’expérience. Dès que le nombre d’année leur permet ils demandent à être transféré dans d’autres lieux.

La personne responsable, Bénédicte, me présente certains projets qui ont déjà eu leurs heures de gloire. Les femmes-relais, médiatrice. Une femme d’expérience dans une communauté est autorisé à accompagner une voisine vis-à-vis ses démarches légales et administratives. Cela permettait à l’occasion de faire la traduction pour certains membres de communauté culturelle qui ne parlait pas le français d’être représenté par une personne de confiance.

Il y a aussi des réalités telles que la difficulté des membres de la communauté chinoise à demander de l’aide. Surtout qu’en France, plusieurs services passent par la mairie. En Chine, la mairie c’est l’armée rouge, la répression… Dans le 3e arrondissement, les Chinois représentent maintenant 35% de la population.

Il y a aussi ce qu’ils appellent “les gens du voyage”. Ce ne sont pas que des Roms et des Roumains. Des gens qui se déplacent d’un pays à l’autre, d’un lieu à l’autre.

Ensuite les problèmes de logement. Il peut arriver que 3 familles partagent le même logement. Lorsqu’il y a expulsion pour des rénovations ou des changements de vocations du logement, seulement la famille initialement sur le bail est relocalisé. Aucune aide pour les autres qui “n’existent pas”.

Après avoir présenté notre organisme et notre méthode d’intervention, Bénédicte m’interrompt. Elle me mentionne que ce sont les mêmes principes qu’avaient utilisés Bertrand Schwartz en 1982 avec les “missions locales”. Une intervention globale avec la personne rencontrée. Le projet n’a malheureusement pas pu tenir la route à cause du financement. Une intervention globale implique de recevoir moins de jeunes, mais de faire une intervention plus coûteuse et plus longue. Les financements de l’Etat étaient calculé au prorata du nombre de jeunes rencontrés, l’organisme a dû se réorienter. C’est pourquoi notre organisme a réussi à évoluer avec cette méthodologie: notre capacité à autofinancer nos projets.

Pour des projets de médiateurs sociaux, Bénédicte me parle des jeunes qui travaillent dans les métro et les bus. Ils réussissent souvent là où la police ne échouent. Pour retrouver le calme dans certains instants assez chauds, ils n’hésitent pas à prendre le micro pour faire chanter les gens. Ce qui n’est pas facilement accepté ou compris par les institutions conventionnelles qui ont parfois de la difficulté à accepter l’innovation et les méthodes d’intervention originales.

Réseau d’école à la citoyenneté (Récit)

Conférence en France no 29

Le réseau d’école à la Citoyenneté organise des rencontres où les gens débattent sur différents sujets reliés à la citoyenneté. Il existe une trentaine de lieux à travers la France où les jeunes participent à ces débats.

L’organisateur qui nous reçoit à Roubaix, Samir, est un jeune qui a participé à une activité sur la citoyenneté organisé par l’Université Concordia à Montréal l’an dernier. Durant mon séjour en France, j’aurais rencontré plus d’une trentaine de jeunes qui vont participer à cet événement cette année. Des jeunes de partout à travers le monde sont invités à y participer. Depuis l’an dernier, j’entends parler de cet événement par des Français qui profitaient de ce voyage pour venir visiter notre organisme. Maintenant ce sont les Français qui vont participer à l’événement et qui vont passer chez nous en juin prochain. Curieux qu’à Montréal personne ne nous parle de cet événément.

Le débat organisé par Samir porte sur la discrimination. Samir va préparer une synthèse du débat. Une phrase qui m’a marqué pour lutter contre la discrimination est “la valorisation des singularités”.

Maison de quartier Hommelet à Roubaix

Conférence en France no 28

Dynamique et intense, je suis accueilli par Bruno à la maison de quartier Hommelet à Roubaix. Il me présente les réalisations de la maison de quartier et de ses implications. Du moins un survol rapide. Les réalisations ont été nombreuses.

Soulignons tout de même le “Hestival”. Pendant 5 années, la maison de quartier a organisé un festival de 4 jours pour les cultures urbaines. Des groupes tels que I’am ou encore Arsenic ont fait leur début ici. La dernière année, c’est plus de 20 000 jeunes qui venaient participer au festival! Trop de jeunes à la même place pour les politiciens, ils ont dû cesser leurs activités!

Des activités de quartier, exemple une fête de 3 jours où une rue a été fermé à la circulation. Du gazon a été posé dans la rue et sur les trottoirs. Les gens du quartier ont profité de ce week-end nature pour apprendre à mieux se connaître. A la fin de la fête, le gazon devait être récupéré pour être installé dans un parc. Les citoyens ne l’ont pas entendu comme cela. Tous et chacun sont reparti avec leur coin de verdure.

J’ai été surpris de l’accueil reçu. Bruno avait fait des annonces conventionnelles pour inviter les gens à me rencontrer pour cette soirée échange. En plus, il avait placé l’information sur son blogue tout en visitant le mien. J’ai reçu des commentaires sur ma perception de la France. Les nouvelles technologies sont intéressantes. Je ne suis même pas revenu à Montréal, que déjà mes notes de voyage sont lues et j’en reçois des commentaires. Bruno et moi avons échangé des commentaires sur nos blogues respectifs. Le blogue aura été ici une façon d’aider les échanges et la connaissance de l’autre.

Bruno en a profité pour me passer en entrevue. Il fait aussi du vidéo-blogue. Les gens qui passent par la Maison de quartier se font interviewer et se retrouvent sur le blogue. Une belle façon de partager l’information avec tout le monde et d’en garder des traces. Bruno me semblent bien connaissant sur la gestion des blogues. Il réussit quelques trucs de présentation que je ne réussis pas. Je vais lui demander de me partager son savoir pour augmenter la qualité visuelle de mon blogue.

J’ai bien aimé son idée du vidéo-blogue. Je vais la présenter à nos jeunes et voir leur intérêt. Je vous laisse les coordonnés du blogue de la Maison de quartier Hommelet à Roubaix.
http://leblog2roubaix.wordpress.com/

L’organisme éprouve certaines difficultés avec leur local qu’ils partagent avec d’autres association. Trop de monde et trop de projets au pouce carré. Ils n’ont pas reçu encore l’assurance qu’ils pourraient rester sur place. Ils devront peut-être déménagé, encore une fois, de ces locaux trop petit.

Le mouvement du nid à Lille

Conférence en France no 27

Une rencontre avec un homme très sensible à la prostitution et expérimenté. Bernard Lemestre a même déjà reçu la Légion d’honneur pour son implication communautaire, ce qui serait un fait assez rarrissime.

Le mouvement du nid est une organisation fédérée que l’on retrouve dans 33 régions de la France. Un accueil pour les prostituées où elles peuvent parler, socialiser, rencontrer des gens pour l’aider dans ses différentes démarches. Le mouvement du nid, c’est aussi des ateliers artistiques pour s’exprimer et apprendre à se découvrir.

Le mouvement du Nid fait beaucoup de prévention pour sensibiliser le public aux méfaits de la prostitution. Des affiches, des slogans, des études, des recherches et une quantité très impressionnantes de livres pour sensibiliser et informer. De quoi rendre jaloux un éditeur communautaire comme moi. Même des bandes dessinées grand luxe sur la problématique réalisées par Dérib, un bédéiste reconnu de France!

Plusieurs livres ont été publié par une maison d’édition qui traite régulièrement des thèmes sociaux, “les essentiels Milan” ou encore aux Presses de la Renaissance avec des chercheurs tels que Saïd Bouamama et Claudine Legardinier.

Toutes ces publications, même si elles sont disponibles à travers les organisations locales de la France sont le fruit du travail de Bernard Lemestre.

Le mouvement du nid profite de ces installations pour recevoir plusieurs stagiaires dans des programmes aussi varié que le travail social que des avocats. Ces stagiaires ont la chance de s’initier qux différentes facettes et réalités de la prostitution.

Merci Bernard pour ton implication et le travail réalisé.

Nous invitons Bernard au restaurant. Bon encore une anecdote de restaurant. Semble que je doive maintenir et soutenir mes quelques kilos en trop. Encore une anecdote sur le menu. Absorbé par la discussion, je remarque une description plus longue que les autres. Elle fait un paragraphe de 5 lignes! Avec une poésie alimentaire, on y décrit toutes sortes de légumes et de sauce avec de la viande. Bon y va pour cela. Je commande distraitement. Un hambourgeois à la Ste-Catherine. Christine est déçu que je n’ai pas essayé un plat local. La description me semblait pourtant très exotique. Ce n’est qu’à son arrivée que je me suis rendu compte que je venais de commander un hamburger!

Si vous pensez que mes anecdotes sont terminés pour ce repas. Bîn non! Désolé, j’ai dû faire honte à tous les Québécois. Le serveur voulait connaître la cuisson de ma viande. Je tente de lui faire comprendre que je le veux médium/bien cuit. Le serveur me regarde comme si je lui parlais chinois. Il me répond avec son accent du nord. “Monsieur veut sa viande à point”. Je suis tout aussi surpris que lui et lui demande: “A point ça veut dire bien cuit ou médium?” Il n’a jamais été capable de répondre à ma question et moi de comprendre ce qu’il voulait dire. J’abandonne et lui dit qu’à point, ça sera bîn correct comme ça. Après la réception de ce hambourgeois poétique je peux supposer que la cuisson “à point” c’est la traduction de médium et que de faire des cuissons intermédiaires tel que médium/bien cuit, en France, on oublier ça.

La ligue de l’enseignement, le droit du travail et la France

Conférence en France No 26

Rencontre très accueillante et chaleureuse avec les dirigeants de la ligue de l’enseignement de Lille. Cette association nationale gère plus de 12 000 animateurs en loisirs à travers la France! Le président me fait une petite synthèse de la création et de la mission de l’organisme. Il me parle des années 70. Il mentionne ensuite Napoléon! Je viens de réaliser qu’il parlait de 1870 et non pas de 1970.

Les subventions jouent un rôle important dans le systême français. Les lois et règlements encadrant l’intervention sont aussi nombreuses et complexes. Une personne ne peut agir bénévolement auprès de jeunes de moins de 18 ans sans avoir le brevet requis.

Autre normes difficiles; le droit du travail. Si un organisme engage un intervenant, il est obligé de le garder et ce, même si l’employé ne performe pas, qu’il fasse des délits ou encore qu’il sabote son travail. Pour le congédier, l’employeur a le fardeau de prouver les délits de son employé. Ce droit du travail a amené les avocats à s’américaniser. Plusieurs personnes congédiées utilisent les services des avocats pour actionner leur ancien employeur et exiger des indemnités.

Tous ces frais et ces conditions obligent les associations à dépendre des subventions pour faire leur travail. Et les subventions proviennent des politiciens donc restons gentils vis-à-vis ceux-ci. Les subventions sont souvent gérés par les différentes mairies qui vont prioriser localement leurs besoins.

La ligue de l’enseignement, comme plusieurs autres associations travaillent avec des organisations locales, mais sont aussi fédérés pour regrouper l’ensemble de ces organisations à travers la France.

Lorsque ce fût le tour de présenter le Journal de la Rue, j’ai insisté sur l’année de fondation, 1992. Pas 1892!

Nous avons été invité à terminer la rencontre au restaurant. Situé près de la Grande Place et de l’Opéra de Lille, le restaurant avait le chic de son environnement. Discuter et échanger en regardant le menu peut causer certaines surprises. Regardant rapidement le menu, je commande un steack tartare. Ce n’est pas un steack avec de la sauce tartare, c’est du steack cru! Heureusement que j’ai la capacité d’assumer mes distractions. Je ne suis pas naturellement attiré vers de la viande crue. Mais bon, le tout était bien épicé et avec la bière locale, le 3 Monts des Flandres, le tout a très bien passé.

Bon OK, je vais aussi vous partager l’anecdote du menu pour le dessert. Je n’avais pas mes lunettes avec moi. Habituellement, je réussis à me débrouiller pour quelques mots. Je commande une crêpe vanille. La serveuse et tout le monde reste stupéfait et bouche bée comme si je déparlais. La serveuse essaye de corriger le tir en me parlant de crême vanille. Ce n’est de la crême glacée que je veux, mais une crêpe. Après quelques infructueux échanges, je reprends le menu. En forçant qu maximum mes yeux, je suis dans l’obligation d’avouer que la première ligne parle de crêpe suzette tandis que la deuxième de crême vanille. La crêpe vanille n’existe pas encore! Je vais devoir considérer transporter mes lunettes partout maintenant! Moi qui n’est pas encore accepté l’idée que ma vue ait baissé.

Tourisme d’état et tourisme citoyen

Conférence en France no 24.

Pour ceux qui nous lisent régulièrement, vous vous souvenez de ma chronique avec Dédé de Bourgogne. La soirée passé avec ce viticulteur de Bourgogne a été un événement de tourisme citoyen. Avec simplicité, pour le plaisir de recevoir les touristes, nous apprenons à découvrir un lieu, une famille et une histoire.

Ce même Dédé nous a parlé d’un nouveau projet touristique au Pont de Milau. Sous ce pont spectaculaire, l’équivalent de l’Office du tourisme s’est installé en dessous avec des cartes postales en vente à 10 euros (15$). Dédé, ce brave Français, est révolté de ce genre de projet sans âme et sans vie. “Une carte postale à 10 Euros! C’est vrai qu’il faut le voir ce pont, mais il n’y a pas que ça en France. C’est plein d’activités, de gens à rencontrer et à connaître. Bientôt ils vont nous vendre le pont en souvenir plastique comme la tour Eiffel!”

Alimentation et vin

Conférence en France no 23

Bon écoutez, j’avais encore quelques petites choses à vous dire en ce qui concerne le vin. Mais j’ai préféré sortir de la chronique qui parlait du Bourgogne. Pour ceux qui viennent d’arriver et qui ne savent pas de quoi je parle, allez dans la catégorie “conférence en France” et lisez la chronique qui précède celle-ci.

Christine et son mari Denis, ainsi que leurs enfants Adrien et Caroline, m’invitent au restaurant, pour une pizza. J’ai l’impression que tout Paris sait que j’ai un petit faible pour la pizza. Chaque association où nous étions invité à manger s’excusait de ne pas avoir eu de la pizza! Pour me faire plaisir, nous nous retrouvons dans un restaurant spécialisé dans mon plat préféré.

Christine choisit le vin. Un vin italien. Le Ambrosco. Son originalité en fait un excellent vin. Il est pétillant. Vous comprenez maintenant pourquoi je ne voulais pas en parler devant Dédé. Une petite note que Dédé vous envoie que j’ai oublié de vous mentionner. Il nous dit que le vin rouge est encore meilleur lorsqu’on le débouche 12 heures avant de servir. On peut le “carafer” ce qui veut dire mettre le vin dans un carafon pour le conserver et le faire aérer. Lorsqu’on est pressé à servir, on verse la bouteille d’un coup sec en direction du carafon. Cela brasse le vin et le fait respirer.

En me retrouvant dans une épicerie, j’ai été étonné de voir des vins vraiment pas cher par rapport aux prix de Montréal. Même du vrai champagne à moitié de notre prix québécois vendu en épicerie!

Puisque je suis présentement à l’épicerie avec vous, regardez-moi ces poireaux! Des poireaux géants! Ceux que j’ai vu à Montréal ressemble à des échalottes! Pour les fruits et légumes, chaque client pèse et met le prix sur ce qu’il veut acheter. Spécial. Mais pas autant que les prix qui eux, ne sont pas vraiment en spécial. A part le vin et les fromages, tout le reste est beaucoup plus dispendieux qu’à Montréal.

Côté technique de l’alimentation, les super-marchés ne fournissent plus de sacs gratuits. Vous amenez vos sacs ou vous aurez vos aliments directement dans le panier. Conscience planétaire pour sauver la planète. Félicitations!

Petite anecdote. Je me suis amusé comme un petit fou avec leurs carosses d’épicerie (appelez caddy en France). Des carosses multi-directionelle! Les 4 roues sont mobiles! On peut faire toutes sortes de pirouettes avec leurs carosses. Je ne sais pas si je suis le seul touriste à avoir joué au go-kart avec leur carosse.

Bonne appétit tout le monde!

La région de Bourgogne a maintenant un visage

Conférence en France no 22

Je suis toujours dans ma petite pause entre deux rencontres d’organismes communautaires. Je suis présentement à Bourgogne. De retour de notre balade sur le chemin de halage, Christine et Ginette décident de m’inviter chez le voisin. D’une part, si vous ne connaissez pas Christine et Ginette ou si vous n’avez pas entendu parler de notre balade sur le chemin de halage, référez-vous à la chronique 21 de mon voyage en France. Bon OK, je vous laisse les références: http://raymondviger.wordpress.com/2007/04/20/tour-de-france-en-peniche/

Si vous ne lisez pas tous mes blogues je ne m’en offusquent pas, mais il ne faudrait tout de même pas me demander de me répéter. Il y a beaucoup de gens qui me lisent à tous les jours. Il ne faudrait pas les pénaliser parce que vous venez de vous joindre à nous.

Bon maintenant que vous savez d’où j’arrive, regardons où je m’en vais. Nous arrivons donc chez les voisins de Christine. André et Ginette Thomas. Ca ne vous dit rien. Le domaine de lq Chappe. Non plus! Ils font du vin et nous sommes à Bourgogne. André (Dédé pour les intimes) vend son bourgogne à la Société des Alcools, à des restaurants à Montréal ainsi qu’au Japon. Maintenant que vous connaissez mieux le bourgogne de Dédé, vous pouvez m’accompagner pour une dégustation.

Après m’avoir fait goûter toutes sortes de blanc, de rouge et un rosée, on me montre un petit pot dans lequel on peut jeter le restant du vin après l’avoir goûté. Pas nécessaire de tout finir son verre! Vous auriez dû me le dire avant que je sente ma machoire du bas devenir plus pesante! Avec chaque verre, Dédé nous conte l’histoire qui va avec la bouteille. 2001, il a trop mouillé, trop d’eau, le vin n’est pas encore vendable (ni buvable je suppose). 2003, il n’a pas assez mouillé, le raisin était très fort et on a eu de la difficulté à rester dans les normes (taux d’alcool). Le vin est succulent cependant.

J’ai même eu l’opportunité de goûter la cuvée de Julien. C’est le premier essai de son garçon.

Maintenant que j’ai vu les vignes de France et que j’ai passé une soirée avec Dédé et Ginette, le bourgogne a maintenant un visage. Ce ne sont pas que des marques commerciales. C’est une histoire artisanale entre un humain, ses vignes et sa région.

Chin-chin! Un dernier toast en l’honneur du bourgogne.

Tour de France en péniche

Conférence en France no 21

Une petite pause touristique avant de reprendre les ateliers et les visites d’association. Notre hôte, Christine et Ginette, la soeur d’une ancienne présidente du Journal de la Rue, m’accompagne pour une petite marche sur le chemin de halage qui borde les canaux.

Ne vous inquiétez pas, je ne savais pas ce que tout cela voulait dire. Sans aucune prétention, je me permets de vous expliquer. Au Moyen-Âge pour transporter les pierres et les matériaux pour la construction des châteaux ainsi que pour le transport en général, des chevaux tiraient une péniche qui naviguait sur les canaux. Toute une série d’écluses permettaient de naviguer malgré les dénivellations. Les chevaux accomplissaient leur travail à partir d’un petit chemin qui suivait le canal. Ce chemin s’appelle le chemin de halage.

Bon maintenant que nous savons ce qui s’est passé avec tout cela il y a plus de 800 ans, qu’est-il arrivé de ces équipements. D’une part, les canaux servent encore à de petits bateaux pour voyager à travers la France. Vous pouvez même louer de petites péniches sans permis pour vous promener. Sur ces péniches vous pouvez autant faire la cuisine que d’y dormir. Des péniches toutes équipées. Vous pouvez vous arrêter dans différentes marinas pour y passer la nuit dans votre péniche.

Pas de frais pour l’hôtel ou les restaurants, vous pouvez transporter votre vélo pour visiter à l’intérieur des terres. Le long des canaux, vous avez une vue arrière sur les cours et les jardins des gens. Un désavantage qu’il faut tenir compte: une péniche n’avance pas vraiment vite. Il ne faut pas s’attendre à faire 23 fois le tour de la France dans vos 15 jours de vacances.

Et le chemin de halage maintenant. Et bien ils en ont fait une piste cyclables. Les piétons tel que je suis présentement sont aussi invité. Une piste cyclable naturel à travers toute la France. C’est pas du synthétique asphalté. Une piste cyclable qui a de l’histoire. Sur celle où je me trouve, les percherons (les gros chevaux puissants et musclés pour le travail) y ont transporté les pierres pour le Château de Versailles. Pas la place Versailles, le Château de Versailles.

Nous retournons sur nos pas. Je ne suis pas choqué. Je viens d’apprendre qu’il y a des vipères en France. Une vipère c’est pas vraiment une couleuvre. C’est un serpent vénéneux et qui peut tuer son homme rapidement. Pressons le pas, je crois avoir entendu bouger dans le sous-bois.

Les Commun’Arts

Conférence en France no 20

Proche de la Maison de développement solidaire (MDS), son directeur Omer est aussi impliqué avec les Commun’Arts. Sous la gouverne de deux plasticiens, de jeunes graffiteurs peuvent y trouver des occasions de s’exprimer et d’utiliser les espaces urbains en créant des manifestations culturelles et publiques.

Au dire de ses dirigeants, le graffiti se vit, ou plutôt meurt, différemment en France qu’à Montréal. Ils considèrent qu’en France les graffiteurs ne réalisent pas qu’ils peuvent gagner leur vie avec leur art. Quand le jeune veut se marier ou faire quelque chose dans la vie, il abandonnerait les bombes aérosols pour devenir un employé et un citoyen conventionnel. Les opportunités de faire commerce avec son art en France seraient beaucoup moins grande qu’à Montréal, toujours au dire des dirigeants de Commun’Arts. Les contrats que nous avons réalisés au Café-Graffiti semblent utopique pour les gens du Commun’Arts.

Cette prise de position ne fait cependant pas l’unanimité chez plusieurs graffiteurs rencontrés. Plusieurs ont décidé de faire du graffiti une carrière professionnelle. Un beau débat à suivre sur l’avenir du graffiti en France.

La maison pour un développement solidaire

Conférence en France no 19

J’avais déjà rencontré Omer, le directeur de la maison pour un développement solidaire (MDS) à l’été 2006 au Café-Graffiti. Omer était venu à Montréal pour participer à l’institut de développement communautaire à l’Université Concordia. Il en avait profité pour nous rencontrer et mieux connaître nos méthodes d’intervention.

J’ai plusieurs rencontre directement dans les locaux de MDS. D’une part, j’ai pu y rencontrer Audrey qui fait du Slam. Omer m’ a prêté l’un de ses bureaux pour faire cette rencontre. Merci Omer.

Amed, un des jeunes de MDS a pris quelques instants pour m’interroger. C’est lui qui va animer le débat ce soir. Il a déjà lu une partie du livre Opération Graffiti qui présente la création du Café-Graffiti. Il avait sa liste de questions pour mieux me connaître et me présenter. Un vrai travail de professionnel, autant dans la préparation que dans l’animation.

Omer va revenir à Montréal du 7 au 20 juin prochain avec 10 jeunes. Le Café-Graffiti va leur servir de guide touristique pour une visite guidée des murales graffiti et les mettre en contact avec les artistes Hip Hop de Montréal.

En soirée, j’ai participé avec une vingtaine de jeunes du Club Tchatche à un débat sur le graffiti comme forme d’art. Un débat qui s’est animé à quelques reprises. Je me sentais en pays de connaissance. J’avais l’impression d’être au Café-Graffiti. Sur ce genre de soirée, pas de grandes différences entre Français et Québécois. Et quand je voyais Omer intervenir et revenir sur des points d’ordre avec quelques jeunes, j’avais l’impression de me voir avec mes jeunes.

Omer et moi allons continuer de rester en contact pour d’éventuels projets d’échange avec les jeunes. Nos organismes ont beaucoup d’affinité ensemble. Certains de ces jeunes pourraient bénéficier de notre réseau de diffusion et de notre galerie. De son côté, l’un de ses partenaires est le musée du Louvres. Pas à dédaigner pour nos jeunes non plus.

A suivre en juin lors de leur séjour à Montréal.

La France et ses régions

Conférence en France no 18

Lors de tous mes voyagements, je ne peux rester indifférents aux habitations qui s’offrent à moi tout au long du parcours. Christine me mentionne que chaque région de la France a ses caractéristiques. On construit pas ce que l’on veut et n’importe comment. Le choix des matériaux, leurs couleurs et leurs styles sont règlementés pour chaque région. Simplement en regardant la couleur des briques un oeil averti peut savoir dans quelle région de la France il se retrouve.

C’est comme pour les plaques des automobiles. Les 2 derniers chiffres représentent le département. Et que dire de l’appartenance d’un Français à sa région qui représente un vin ou encore un fromage!

Autant les Français sont très communautaires par leur appartenance à un quartier, autant leur intervention sociale est très institutionnalisé!

En ce qui concerne les plaques minéralogiques, les Français ont commencé à en faire leur deuil. L’Union Européenne va maintenant avoir une nouvelle plaque pour tous ses pays. Au mieux un chiffre va représenter le pays mais on perdra l’identification aux régions.

Travail social ou animation socio-culturelle?

Conférence en France no 17

Une journée complète de formation à donner. Cela peut sembler énorme. Mais je dois couvrir le travail de rue en milieu fermé, l’apport de l’animation culturelle en intervention et Christine va s’occuper de traiter de la prostitution. Finalement, nous n’avons qu’une journée pour couvrir tout cela.

Dans cette école, se cotôye des éducateurs-spécialisés et des animateurs socio-culturelle. J’en ai 65 devant moi dans un amphithéâtre. Une majorite d’éducateurs-spécialisés, une majorité de femmes.

La formation sur le travail de rue les enflamme. L’intervention artistique et culturelle du Café-Graffiti les passionne. Mais cela va devenir une grande découverte pour eux que l’un ne va pas sans l’autre. J’ai été 100% travailleur de rue de 1992 à 1997. En travaillant auprès des jeunes marginaux et en répondant à leurs besoins, on ne peut pas faire autrement que de devenir des animateurs culturels pour ces jeunes. Et en tant qu’animateur culturel, on ne peut pas faire autrement que de recevoir des confidences des jeunes et d’avoir des opportunités d’intervenir auprès d’eux. Après avoir abordé les différentes techniques d’infiltration dans des milieux fermés et marginalisés, nous avons pu toucher à cette bipolarité qui doit être nôtre et devenir un animateur socio-culturel. Nous ne faisons pas que du travail social ou de l’animation culturelle, les 2 polarités ne font qu’une.

Je les ai sensibilisé à l’importance de ne jamais travailler seul sur le terrain. Même si l’on est physiquement seul il faut que nous soyons encadré par un travailleur sénior d’expérience. Il nous faut aussi un soutien psychologique personnel. Trop de travailleurs sociaux doivent changer de métier dû à un épuisement professionnel.

Encore une fois, j’ai touché à un point très sensible. L’intervention auprès de personnes suicidaires. Ces étudiants n’ont reçu aucune formation sur l’intervention de crise. Leur volonté de connaître leurs limites et de savoir ce qu’ils peuvent faire pour éviter un suicide est très grande. Mais cette formation à elle seule aurait nécessité 2 jours!

Plusieurs étudiants ont montré un intérêt très grand pour faire un stage au Québec. Je n’étais pas conscient que le Québec était aussi attrayant pour le travail social.

Après la formation, le directeur a montré un intérêt pour que nous donnions une continuité à ce travail. Nous étudierons différentes possibilités dans les mois à venir. Je vous ferais part des prochains développements.

Rap VS Slam

Conférence en France no 16

Une étudiante et artiste, Audrey, avait fait la demande de me rencontrer. Elle n’est pas la seule, quelques autres rendez-vous ont été ainsi fixé pour la semaine prochaine. Des gens qui veulent mieux connaître le Café-Graffiti, d’autres nos techniques d’intervention ou encore ceux qui veulent faire des stages au Québec.

Audrey fait du SLAM. Elle viendra au Québec pendant un mois cet été. Je vais l’aider à prendre contact avec les artistes Hip Hop de Montréal et la tenir au courant des événements qui se dérouleront pendant son séjour. Le Slam est une poésie urbaine mais accapella, contrairement au RAP; qui est aussi une poésie urbaine mais chanté avec une musique.

Le Slam est foncièrement européen. Mais depuis l’an dernier, les différents échanges entre les jeunes ont permis de faire connaître et apprécié le Slam. J’ai eu l’occasion d’entendre Monk-e1, un artiste montréalais, faire maintenant du Slam, en plus du Rap et du graffiti où il excelle. Le Slam a l’avantage d’être plus compréhensible et plus universel pour un public plus large.

Aider Audrey dans sa visite artistique à Montréal n’est pas une première pour le Café-Graffiti. Nous sommes devenu une agence touristique pour des jeunes provenant de plusieurs pays et qui veulent prendre contact avec nos jeunes. Cela a permis des échanges très fructueux et brise l’isolement des artistes.

Textes sur le Hip Hop et le graffiti.

Fontaine O Livres

Conférence en France no 15

Je me retrouve maintenant au coeur du 13e arrondissement de Paris. J’y rencontre Marie, la directrice de Fontaine O livres. Le 13e arrondissement regorge d’écrivains et de petites maisons d’édition de livres. En plus d’offrir des activités de lecture et de prêt de livres pour les plus jeunes, l’association espère soutenir et dynamiser ces petites maisons d’édition qui n’ont pas les même moyens que les grandes. Ils ont maintenant un kiosque au Salon du livre de Paris et l’ensemble de leurs membres y ont accès.

Notre organisme est aussi une petite maison d’édition. Pouvons-nous les aider à être représenté et diffusé au Québec? Peuvent-ils aider nos jeunes à prendre une place sur le marché français? Plusieurs idées ont été lancé de part et d’autres. Nous resterons en contact et nous vous tiendrons au courant des possibilités.

La maison Emmaüs de l’Abbé Pierre

Conference en France no 14

L’Abbé Pierre est une personne connu internationalement pour le soutien qu’il a apporté aux pauvres et aux sans-papiers en France. C’est mon premier arrêt en France. Je vais y rencontrer une vingtaine de sans-papier qui utilise les services de la maison Emmaüs. Christine a déjà travaillé pour la maison Emmaüs mais dans un autre arrondissement. Elle a créé un programme pour les gens qui fréquentent l’un de ces refuges. Elle a eu l’occasion de s’entretenir avec la responsable de ce programme pour le refuge que nous visitons.

On sort les chaises à l’extérieur pour une rencontre informelle et amicale. Dès le début, je suis pris d’assaut par la même question: comment peut-on faire pour immigrer au Canada. On vient de me faire découvrir la réalité des sans-papiers en France. Ces gens proviennent d’Algérie, Roumanie, Maroc… Ils sont venu avec un visa qui est maintenant expiré. Ils ne peuvent immigrer directement dans un autre pays comme le Canada. Ils doivent retourner dans leur pays et en faire la demande à l’ambassade canadienne. Cela nécessite de l’argent. Ils sont pris en France, sans argent, sans avoir le droit de travailler. La France ne peut les reconnaître et régulariser leur situation. Cela en ramènerait encore plus!

Pour l’instant, des associations telles la maison Emmaüs leur offre des services de survie. Les politiciens ne savent pas trop comment intervenir avec cette réalité. Un problème qui marque et trouble la France. Nous n’avons rien de similaire au Québec.

Après la rencontre avec les sans-papiers, j’ai rencontré quelques intervenants de la maison Emmaüs. La discussion a tourné sur la légalité des interventions. Jusqu’où pouvons-nous aller pour faire notre intervention? Le déchirement et la différence entre ce qui est légal et moral de faire. Une discussion fort intéressante.

Le métro de Paris

Conférence en France no 13

J’ai eu la chance de me voyager avec le métro de New-York. Je trouvais le système bien développé en comparaison avec celui de Montréal. Mais que dire en comparaison avec celui de Paris. Il y a tellement de voies différentes et de possibilités qu’il faut s’arrêter 10 minutes devant la carte pour déterminer le meilleur itinéraire pour se rendre. Et les choix sont multiples!

Parfois les itinéraires sont un peu bizaroïdes. Les lieux sont proches mais nous devons faire de grands détours pour y arriver. Parfois il serait peut-être plus simple d’y aller à pied.

Il y a des contrôles réguliers dans les métros de Paris. Ne perdez surtout pas votre ticket! Un contrôleur peut vous le demander sur le quai d’embarquement, vous devez le présenter pour sortir de la station…

Dans les métros, on y retrouve des gens qui vont quêter, d’autres qui jouent de la musique. Pas dans les corridors du métro comme à Montréal, mais dans les wagons. Certains vont crier leurs discours à un bout du wagon pour que tout le monde les entendent, ensuite ils se promènent d’un siège à l’autre en espérant obtenir quelques euros.

Plusieurs villes françaises possèdent leurs métros. Celui de Lille, même s’il est beaucoup plus petit que celui de Paris, compte tout de même plus de 60 stations. Sa spécificité est de n’avoir que 2 wagons pouvant contenir jusqu’à 120 personnes et de ne pas avoir de conducteurs. Un peu comme New-York, une partie du parcours peut être sous-terrain et ensuite sortir de terre pour quelques instants. Parfois on utilise les portes de sortie d’un côté, ensuite on utilise celle de l’autre.

C’est bîn beau tout ça, mais je dois être honnête et vous conter quelques anecdotes. Comme le métro de New-York vous pouvez prendre un métro à gauche ou un autre dans la voix de droite. Pour chacune de ces voix, 2 métros qui vont dans 2 directions différentes utilisent les mêmes voix. Des panneaux illuminent les stations qui seront couvertes par le métro qui entre en gare. Ca fonctionne presque tout le temps. Mais quand les petites lumières ne s’allument pas pantoute, t’as l’air fou. Je me ferme les yeux et décide de prendre la voix de droite. En voyant que j’attendais pour entrer dans le wagon, un passenger qui en descendait m’avise que c’est le terminus pour celui-ci et que je ne peux pas y embarquer. Bîn merci monsieur, il ne me reste que 3 autres possibilités pour me rendre à destination.

Un train arrive maintenant sur l’autre voix. Au lieu de me fermer les yeux pour prendre la décision, je demande à un passager si ce train va bel et bien à Creuil. Il me fait signe que oui. Excellent, je ne me rends pas jusqu’à Creuil, ma station est à mi-chemin.

Evidemment, si les fameuses lumières avaient faient leur travail, j’aurais pu remarquer que ma station n’était pas allumé. Parce que la bonne direction ne va pas nécessairement à la bonne place. Je l’ai compris quand le métro a passé devant ma station sans s’arrêter. Je ne suis pas sûr s’ils appellent cela un Express ou encore un “direct en gare”, mais je ne me suis pas rendu à destination du premier coup.

Il faut être très vigilant quand on voyage dans le métro de Paris. D’une part, vous pouvez avoir un papier qui vous dit de descendre à la “Gare du Nord” pour vous apercevoir que la station est en réalité identifié “Paris Nord”. Et si vous pensez que les petites différentes ne sont pas toujours importantes, vous pouvez avoir 3 stations en ligne qui comporte des noms similaires, mais pas identique. Exemple “Porte de Bagnolet” et “Parc de Bagnolet”

Petit avis qui peut vous éviter de manquer une station ou d’avoir l’air d’un parfait touriste. Il y a une petite poignée ou un bouton sur chaque porte du métro, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est pour ouvrir la porte. Elles ne s’ouvrent pas d’office comme à Montréal.

La personne qui m’a vendu les billets le matin a eu beaucoup de difficultés à comprendre quel billet me vendre. Parce que lorsque vous voyagez dans la région de Paris, vous avez des tarifs pour chaque station que vous prenez. Elles sont identifiés sur votre billet. Un lecteur optique lit les informations pour s’assurer que vous avez payé suffisamment pour votre voyage.

Vous avez compris qu’on ne m’a pas vendu les bons billets. Cela veut donc dire que lorsque je veux sortir et que je met mon billet dans le lecture optique, il n’ouvre pas la porte et une lumière rouge avec un bruit particulier avise la sécurité que vous êtes en faute. Je suis chanceux, ce sont 2 jolies demoiselles bien polies qui viennent me gronder. Après m’avoir dit que j’avais un bel accent (parce que j’ai un accent moi!), elles ont tenté de me sécuriser et elles m’ont indiqué comment faire pour sortir.

Mais ce n’est pas terminé. Si le billet ne fonctionnait pas pour la sortie, j’aurais dû penser que le billet de retour ne fonctionnerait pas plus pour le départ après mes rendez-vous. Mais quand la lumière rouge s’est allumé avec le petit bruit spécifique, je n’ai pas eu la chance de revoir mes 2 jolies demoiselles. C’était un maître-chien avec un gros toutou avec de grosses dents. J’ai l’impression que Fido n’aime pas le bruit que fait les mauvais tickets. Parce qu’il me regardait avec un air pas très très compréhensif. Je me dirige donc vers le comptoir pour tenter d’expliquer mon problème à quelqu’un avant que Fido ne se décide à me faire la peau.

Evidemment, il faut attendre sont tour et que les 8 personnes devant moi terminent leurs transactions. J’avais beau tenter d’expliquer mon problême au préposé j’ai l’impression qu’il attendait que je me fatigue et que je finisse par lui demander combien coûtait un nouveau billet pour la bonne direction. Ce que je finis par faire.

Ces quelques mésaventures me mettent légèrement en retard. Je décide d’appeler Adrien sur son cellulaire pour qu’il ne s’inquiète pas trop. Bon en France, on ne peut pas mettre de pièces dans le téléphone. Il faut une carte de téléphone ou une carte de crédit. Bon il ne prenne pas Américain Express. Pas grave, j’ai aussi une master card. Elle est capricieuse. Certains lecteurs ont de la difficulté à lire son code magnétique. Aucun des 3 téléphones de cette station n’est capable de lire ma carte. Malgré mes cartes de crédit et l’argent comptant que j’ai, je ne peux faire l’appel. Me voici donc un SCF: un Sans Cellulaire Fixe. Je vais devoir quêter à l’entrée et demander aux gens: “Tu me prête ton cellulaire pour une minute?” Ayoye! Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour gagner sa vie!

Le lendemain, il m’est arrivé, encore une fois que mon billet de sortie ne fonctionne pas. Christine m’a donné la consigne: Passe par-dessus ou passe par-dessous, mais grouille avant que la sécurité n’arrive.

La vie parisienne

Conférence en France no 12

Malgré tout le stress que peut représenter la conduite automobile, j’ai trouvé que les gens étaient très polis au volant. La rage au volant du Québec n’est pas présente ici. Du moins je n’ai rien vu. On me dit pourtant que plusieurs conducteurs sont impolis en France. J’avais peut-être les yeux fermés trop souvent.

Une autre réalité m’a complètement traumatisé. Mon poids. Au Québec, je suis dans la moyenne. Un peu rond, mais sans plus. A Paris j’ai l’impression d’être un lutteur Japonais de Sumo. C’a m’a pris 4 jours avant de trouver un Français de mon poids. Et encore, il a fallu que je le trouve dans les campagnes de Bourgogne. Les Français ont une meilleure alimentation que les Québécois et cela paraît sur leur poids. Fruits, légumes et moins de fast-foods. La recette est facile. De plus, avec les difficultés de stationnement, les Français marchent plus, utilisent plus le vélo et le métro. Pas besoin de vous écrire un livre à 24,95$ qui va vous prendre 4 heures à lire, je vous ai résumé l’essentiel en 30 secondes. Je suis encore sous le choc de me sentir maintenant obèse.

Il y a des habitudes, des rituels qui ont ici leur importance. Chaque Français a sa boulangerie. Il y achète un pain de qualité tous les jours, à chaque jour. Petite anecdote sur ce point. Notre ami Kalunda se retrouvait en visite à Paris. Pour être gentil, il achète pour son hôte le pain pour éviter qu’il ait à sortir le lendemain matin pour aller le chercher. C’a n’a pas passé. Pantoute! L’hôte a gentiment jeté le pain à la poubelle en expliquant à Kalunda que le pain devait être frais du matin même et il est retourné en acheté un autre!

Les rues parisiennes

Conférence en France no 11

Je suis completement dépaysé. Un décallage horaire de 6 heures. Un vol de 7 heures dans un étau. Avec déjà près de 24 heures sans dormir, voilà que je me retrouve à 10:00 heures le matin et qu’une autre journée va commencer! Heureusement que le sommeil est une denrée que je peux jouer avec sans trop de difficulté.

Christine Burtin, une travailleuse sociale qui est venu travaillé 4 ans au Québec, est venue me cueillir à l’aéroport. C’est elle qui a planifié et préparé ce voyage.

J’ai été estomaqué de ne voir que de petites voitures. Le prix de l’essence (plus de 2$ le litre) et le manque d’espace de stationnement ont facilement sensibilisé les Français que les grosses bagnoles n’ont pas leur place ici. Les gens stationnent sur le trottoir! Et pas question de perdre un pouce de stationnement: pare-choc à pare-choc. Lorsque les autorités veulent empêcher ces petites Renault et Fiat de se garer sur le trottoir, des poteaux ont été installés pour les en empêcher! C’est plein de poteau partout, ce qui laisse supposer que les Français veulent se stationner partout. Même les camions de livraison ont leur modèles réduits. J’en ai vu un que je qualifierais de Smart station wagon! Amélie, qui a une Volvo, se fait traiter de grosse bagnole par Adrien. Amélie cherche régulièrement de l’espace pour stationner et ne peut entrer dans les “places de nain” disponibles.

Il n’y a pas que les autos qui sont petites. Les rues aussi! Malgré que les voitures soient stationnées sur le trottoir, une roue demeure dans la rue. Lorsque vous devez passer entre 2 voitures stationnées, impossible de rencontrer une autre voiture en sens inverse. Il faut, à tout instant deviner qui va prendre la priorité de passer.

Les intersections sont serrées avec des rues qui ne sont pas larges. Je ne réussis pas à décrire les acrobaties que les conducteurs doivent faire pour tourner dans les rues, mais ça ne ressemble en rien à ce que nous connaissons au Québec. Et tout le monde chauffe vite, cherche à se faufiler. Parfois nous nous retrouvons à 3 véhicules sur une intersection où il en est prévu que 2. Cela aurait pu s’arranger si nous n’avions pas eu 4 motocyclettes qui viennent s’intercaler dans tout ce beau monde. En face de nous c’est sensiblement le même décompte. Nous sommes donc au total 14 véhicules qui vont devoir se frayer un chemin dans un espace prévu pour 4!!! La lumière est encore rouge. Je prends ma dernière respiration avant le feu vert. Ouf! Je n’ai rien vu. Je n’ai rien compris. Mais ils ont tous réussit à passer sans se toucher.

Je n’ai pas encore compris comment certaines rues sont agencées. 4 voies. La première et la troisième voies sont en direction nord, la deuxième et la quatrième sont en direction sud! De la première voie, si tu veux tourner à gauche, il faut premièrement éviter les véhicules en sens inverse de la deuxième voie tout en tentant de se trouver un espace dans la 3e voie. Ensuite il faut éviter les voitures de la 4e voie pour tourner sans hésiter dans la bonne rue, sans frapper les piétons qui la traversent et se trouver un espace avec les voitures qui sortent de cette rue et qui veulent tourner à gauche et à droite! J’ai eu l’occasion de chauffer aux USA dans des conditions de traffic denses et je n’ai eu aucun problème. Pour conduire à Paris, j’ai cependant un problème majeur. Je ne réussis pas à garder les yeux ouverts pendant toutes ces manoeuvres. Possiblement un réflexe de survie. J’ai réussit à me contenir et ne pas crier mon désarroi.

En ce qui concerne le nom des rues, même à pied, arrêté sur le coin de la rue, je les cherche et je ne réussis pas à les trouver. Imaginez au volant d’une voiture, les yeux fermés avec tout le monde qui se faufile autour de moi! Je fais le deuil de conduire à Paris. Ce n’est pas pour moi. Vraiment pas. Mais ça vaut la peine de chercher. Quand on trouve le nom de la rue, on peut aussi y lire la signification. Par exemple, pour la rue Georges-Washington, on peut y lire qu’on fait référence à un président des USA. La relation des Français avec l’histoire est très grande.

Toutes ces petites rues sont bordées de maison 7 étages toutes collées les unes sur les autres. Et pour les ruelles, oubliez-ça d’y aller en voiture. Un piéton de mon gabarit se frotte les épaules de chaque côté des murs.

J’ai eu le réflexe de me fermer régulièrement les yeux. Christine et son mari Denis, qui m’a gentiment fait visiter Paris, ont réussi à se faufiler partout sans rien n’accrocher. Félicitations! Vous êtes tous meilleurs conducteurs que moi. Et je ne veux même pas tenter de prouver le contraire.

Lorsque nous sortons de Paris, nous pénétrons dans le monde des carrefours giratoires. En exagérant à peine, je dirais qu’à tous les 1 000 pieds, nous nous retrouvons dans un rond-point. Il faut penser vite. Pas seulement pour s’y faufiler, mais pour y retrouver rapidement quelles sorties nous devons prendre. Nous sommes toujours à nous demander où nous nous dirigeons et par quel chemin nous allons passer! Un peu essoufflant de naviguer sur les routes françaises.

Les bandes pointillées se retrouvent en bordure des routes au lieu d’être au milieu comme au Québec. Non seulement les limites de vitesse sont beaucoup plus hautes que nous (130 km/hr), mais le jeu de dépassement est encore plus terrible. Quand arrive l’instant où les automobiles peuvent dépasser, les 2 directions peuvent le faire. Et quand une courbe arrive, de grosses flèches vous signalent que le côté visé doit retourner dans sa voie!

Quand tu entres dans une ville elle est annoncée. Cela est assez standard un peu partout à travers le monde. Mais quand tu quittes la ville, tu revoies une affiche avec le nom de la ville avec une grosse bande rouge en diagonale. La ville n’existe plus après notre passage.

Autre avantage ou désavantage des nouvelles technologies. Parce que j’ai écrit ce blogue, eh bien oui, Christine l’a vu. Je dois donc passer le test et conduire à Paris! Presque tout le monde a des automobiles à vitesse (standard pour les familiers). Seuls les gens du 3e âges qui ont de la difficulté à conduire ont des voitures automatiques.

Avec mon test routier, je comprends un peu plus ce que je ne comprenais pas. A chaque intersection, il y a une fourche avec au moins 2 choix. Un peu à gauche ou un peu à droite. Quand Christine me dit tout droit, je dois aller vers quel tout droit? Tout droit un peu à gauche ou tout droit un peu à droite? Parce que tout droit en face n’existe pas.

Quand votre instructeur de conduite français vous dit “à gauche toute”, cela veut dire que vous tournez à gauche mais que vous ne prenez pas la route à gauche qui est à 90 degrés, la deuxième route à gauche qui est à 135 degrés. Et quand elle dit à droite, une courbe en épingle à cheveux, cela veut dire que vous aurez à faire une virage de 180 degrés, tout en évitant l’auto qui sort de cette même rue mais en vous dépenchant pour ne pas perdre la priorité devant les automobiles qui arrivent par votre gauche et en évitant les 3 motocyclettes qui se faufilent devant tout le monde!

Je reprends tranquillement mon souffle avant de revenir ce soir pour faire ce parcour en sens inverse.

En direction de la France

Conférence en France no 10

Pendant le vol, une pensée m’a traversé l’esprit. Malgré toutes les belles consignes de sécurité qu’ils nous ont aimablement présenté, s’il doit y avoir un accident, je suis cloué à mon siège. Je ne m’en fait pas avec cela. Si nous avons à faire un atterrissage forcé dans la mer, j’ai accepté l’idée que je ne pourrais jamais sortir de mon siège avant que l’eau n’envahisse l’avion. Ils ont dit qu’il y avait une veste de flottaison sous chaque siège. J’ai glissé ma main pour tenter d’y toucher. Je suis tellement comprimé de partout que ma main ne peut même pas s’y rendre. S’il fallait en plus qu’un de mes 2 compagnons de voyage qui occupe les bancs d’à côté soit blessé et incapable d’évacuer son siège, je n’ai pas l’espace requis pour le sortir.

Le voyage va bientôt se terminer. Il reste 612 secondes encore à jouer à la sardine. Nous avons passé au dessus de l’Angleterre. Du moins c’est ce que le capitaine nous a dit. Malgré que j’ai choisi la cellule près du hublot pour voir un peu dehors, tout le vol s’est déroulé au-dessus des nuages et je n’ai rien pu voir.

Nous avons déjà entrepris notre descente depuis un certain temps. Nous nous retrouvons à 4 000 pieds lorsque je peux enfin voir le paysage. Les villes et villages sont beaucoup plus denses qu’au Québec. Les champs ne sont pas rectangulaire non plus. Il y en a dans toutes les directions et sont beaucoup plus grand que chez nous.

On peut voir un réseau routier beaucoup plus complexe qu’au Québec. On ne se contente pas d’une route qui va d’un village à l’autre. Chaque route est régulièrement entrecoupé d’intersections qui mènent à d’autres villages. Une sorte d’immenses toiles d’araîgnées qui permet de choisir de multiples itinéraires pour arriver à autant de destinations. Le Québec s’est développé selon certains axes comme des cours d’eau ou quelques autoroutes. La France s’est développée dans toutes les directions.

Le vol se termine enfin. Je n’ai pas eu à actualiser cette idée de mourrir cloué dans mon siège.

Bienvenue en France. Une nouvelle vie s’offre maintenant à moi.

Le Airbus A-320 d’Air Transat

Conférence en France no 9

Un avion récent. Etant habitué de voler sur des avions qui ont presque mon âge, j’avais hâte de voir le confort que cet avion avait à m’offrir.

Grande déception. Avec le coût de l’essence et la rationalisation des opérateurs pour être compétitif, je viens de réaliser que cette guerre de marché vient de couper dans le confort des passagers. Les sièges sont tassés. Je dirais comprimés. Autant en largeur qu’avec le banc devant moi. J’ai l’impression d’être dans un sous-marin. Vais-je être capable de demeurer sans bouger pendant è heures! En plus que j’ai choisi d’être près du hublot! J’ai deux passagers à faire sortir pour me libérer de mon étau. Je viens de mettre 5 minutes pour m’installer et réussir à boucler ma ceinture!

Pour réussir à me limiter à l’espace offert, j’ai dû sacrifier la présence de ma valise. C’était elle ou moi. Les deux à la même place, mission impossible. Pire, j’ai eu à me départir de mon portatif. Lui aussi ne pouvait entrer dans ce qu’il restait d’espace. Je dois faire le deuil de tout le travail que j’espérais terminer pendant ce vol.

Les 2 genoux accotés “bîn” raide dans le siège avant, la souffrance débute. J’essaye de me trouver des pensées positives pour me remonter le moral et m’aider à passer le temps. La première pensée est pour les prisonniers qui se retrouvent au trou. Ils y restent plus longtemps que moi et dans des conditions possiblement pire. La deuxième pensée de réconfort est pour les gens qui ont passés dans les camps de concentration. Ils avaient possiblement plus d’espace, mais les conditions devaient sûrement être plus souffrante que la mienne. J’ai aussi l’avantage de savoir que mon calvaire va se terminer dans 7 heures. Eux n’avaient aucune idée s’ils s’en sortiraient et dans combien de temps.

Avec ces quelques exemples encourageant cela m’aide à me préparer à survivre aux 25 200 secondes que vont durer ce vol. Pour le retour je vais vérifier pour payer la surcharge pour les espaces près des portes de sortie. L’espace y est beaucoup plus adéquat.

L’embarquement

Conférence en France no 8

Et voilà qu’ils annoncent l’embarquement pour Paris. Désolé, je n’ai pas terminé d’écrire mon texte. Vous ne pourriez pas attendre encore quelque peu? Bon d’accord. Je fais une dernière sauvagarde et j’arrive.

Et voilà que le fond d’écran de l’ordinateur fait des clin d’œil. Est-ce déjà la fin de la pile qui a besoin d’être rechargé? Pourtant l’indicateur montre qu’il y a encore 50% d’autonomie. Je regarde ma montre, cela fait déjà 1:20 minutes que j’écris sur mon portatif. J’ai complété cinq pages. Une moyenne de 16 minutes par page. Ma gêne d’écrire en public a dû disparaître. Je me lève les yeux, c’est plein de monde partout que je n’ai pas vu arriver!

Internet me manque déjà. J’aurais bien aimé pouvoir écrire mon blogue directement en ligne. Pour l’instant, je dois me contenter d’écrire mon texte dans l’ordinateur et à la première occasion que j’ai pour le mettre en ligne, ça sera fait.

J’arrive à mon siège avec ma valise qui contient le portatif pour travailler dans l’avion. J’essaye de prendre place. C’est infiniement trop serré. J’ai les genoux accôtés dans le banc d’en avant. Je fais des prières pour que la personne ne penche pas son banc. Impossible de mettre mon ordinateur. Je dois me contenter de laisser mon équipement dans les compartiments au-dessus des bancs.

Un vol qui ne se déroulera pas dans le grand luxe. J’ai pris l’avion à plusieurs reprises. J’aimais je n’avais rencontré de version aussi économique. Nous sommes tous entassés les uns sur les autres. Impossible de bouger pour les sept prochaines heures. Je dois faire le deuil du travail que je voulais avancer dans l’avion et me contenter de lire quelques magazines.

Un ordinateur portatif

Conférence en France no 7

C’est la première fois que j’utilise un ordinateur portatif. D’une part, j’ai peur que la pile tombe à plat et que je perde tout ce que j’ai écrit. Vous avez compris que je fais des sauvegardes très régulièrement. Très, très régulièrement. Je sais qu’il doit exister une façon de le faire automatiquement. Mais il ne faut pas trop m’en demander. J’ai un tempérament préhistorique vis-à-vis les nouvelles technologies. De toute façon, même en mode automatique, le risque de perdre les dernières donnés est trop grand pour que je ne développe pas cette nouvelle manie de sauvegarder à toutes les minutes.

D’autre part, le clavier est légèrement différent. Autant pour l’emplacement de certaines touches que pour la distance entre les touches. Je commence à m’y habituer, mais cela à ralentit ma vitesse. Certaines touches ne s’impriment que difficilement dans ma mémoire automatique et je ne cesse de faire des erreurs! Tout ça devant des centaines de témoins qui m’observent!

Finalement, je ne peux pas mettre trop de pression sur le boîtier. Il se passe des choses bizarres et le curseur se déplace. De plus, avec l’ordinateur sur mes genoux, l’écran se retrouve beaucoup plus bas que sur mon bureau. Au moins six pouces. Cela me donne une position pour le cou qui n’est pas des plus confortables.

Bon, je viens de découvrir qu’il y a un ajustement pour l’intensité de l’écran. Je peux donc ajuster l’intensité en fonction de l’éclairage ambiant. Parce qu’écrire avec un ordianateur portatif ne se fait pas des milieux spécifiques à un ordinateur. Je commence maintenant à taper un peu partout, peu importe l’éclairage. Bon, j’ai fait cinq années dans l’aviation à voler sur toutes sortes de coucou. Chacun de ses avions avaient sa personnalité, ses petits caprices. Je devrais bien pouvoir m’habituer à ce nouveau clavier et aux contraintes que le portatif m’inflige. Le traumatisme devrait être moins grand que lorsque j’ai délaissé la plume pour le clavie ou encore lorsque j’a