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Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, journaliste

Dimanche le 11 mai, finalement, Danielle et moi avons réussi, avec plus d’un mois de retard, à pouvoir rencontrer Jean-Pierre Bellemare à la prison de Cowansville.

Cet événement mérite une entrée en matière. Pendant près de 2 années, Danielle et moi avons été bénévole à l’institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Nous y avons fait plusieurs rencontres, dont celle de Jean-Pierre.

Jean-Pierre a régulièrement envoyé des lettres à des médias. Si elles ont été publié, ça n’a été que dans de rares occasions. En apprenant que nous étions aussi impliqué dans le magazine Reflet de Société, Jean-Pierre nous présente quelques textes déjà écrit. J’ai dû refuser les textes présentés.

J’ai encouragé Jean-Pierre a continué d’écrire. J’ai aussi refusé ceux qu’il a écrit pendant les premiers mois qui ont suivi. Jean-Pierre écoutait les nouvelles télévisées, lisaient plusieurs quotidiens… Il était saturé d’informations de toutes sortes. Son opinion sur la guerre en Afghanistan n’était pas crédible et n’apportait rien de nouveau dans le débat.

Au printemps 2006, j’assiste à une journée de remerciement pour les bénévoles. J’ai l’occasion de manger à la cafétéria avec les autres prisonniers et de passer une journée complète avec eux. J’ai pu ainsi rencontrer les prisonniers responsables des différentes activités. Pour l’occasion, plusieurs d’entre-eux avaient écrit des textes de remerciement pour les bénévoles. Les textes de Pascal, Éric, Pat, Benoît, Jean-Pierre et d’un 2e Éric étaient affichés sur un grand carton.

J’avais été touché par cette reconnaissance que les prisonniers ont témoigné envers les bénévoles qui viennent les visiter. Dans nos vies tumultueuses, la visite d’un ami peut facilement être prise pour acquise. Dans une prison fédérale, quand quelqu’un vient te visiter, même un étranger que tu ne connais pas encore, tu apprécies son geste, le temps qu’il t’offre. Un instant de relation, une parole d’encouragement prennent un sens magique.

Lors de ma rencontre suivantee, Jean-Pierre me remet le grand carton avec tous ces textes de remerciement. Celui-ci est encore installé dans mon bureau. En août 2006, avec l’autorisation de Jean-Pierre et de ses collègues, je publie dans Reflet de Société les textes qu’ils ont écrit. En remettant des exemplaires de ce numéro aux différents prisonniers, une flamme illumine leur regard. Quelqu’un leur a fait confiance pour les publier. Ils voient leurs noms au bas de leur texte. Ils vont être lu par près de 500 000 lecteurs à travers tout le Québec!

Suite à cette expérience, nous avons réussi à publier plusieurs textes de détenus. Danielle et moi leur proposons d’écrire sur ce qu’ils connaîssent: la prison et leur criminalité. En parlant, non pas comme des spécialistes ou des techniciens, mais au JE, avec leur coeur, leur raison et leur passion.

Quelques chroniques se publient avec plusieurs auteurs différents. Un seul continue avec persévérance. Après sa première publication, Jean-Pierre m’a regardé droit dans les yeux pour me dire: “j’ai compris ce que tu veux. Attends de voir mon prochain texte. À partir d’octobre 2006, Jean-Pierre a débuté sa chronique en solo et n’a pas arrêté depuis.

En 2007, Jean-Pierre se fait transférer à la prison de Cowansville. Notre relation va continuer dans l’écrit. Jean-Pierre continue de m’envoyer ses textes et des lettres personnelles. Je lui retourne des exemplaires avec des mots de Danielle et moi.

En janvier 2008, l’équipe journalistique de Reflet de Société se réunit pour choisir les textes qui seront présentés à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ) et pour l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM). Dans la catégorie “Meilleure chronique”, à l’unanimité nous présentons la chronique de Jean-Pierre.

Début avril, j’envoie une lettre à Jean-Pierre lui annonçant qu’il est finaliste pour les Grands Prix de journalisme de l’AQEM. Je lui fait parvenir des copies couleurs de tous les documents qui font mention des résultats. Je commence les démarches pour le rencontrer à la prison de Cowansville. Le 25 avril, ouverture du congrès de l’AMECQ. Nous apprenons que Jean-Pierre y est aussi finaliste. Le lendemain nous apprenons qu’il remporte le premier prix de l’AMECQ pour sa chronique. Le 30 avril, lors de la journée des magazines, j’apprends que Jean-Pierre n’a pas remporté le prix de l’AQEM.

L’enthousiasme est à son comble parmi l’équipe de Reflet de Société et de ses collaborateurs. Nous avons reçu plusieurs mots d’encouragements des autres éditeurs, tout aussi content que nous que Jean-Pierre se soit aussi bien classé.

Les démarches pour visiter Jean-Pierre auront été longues et ardues. Je reçois des formulaires que je remplis. Après quelques semaines d’attente, j’apprends qu’on ne m’a pas fait parvenir les bons formulaires, je dois recommencer les procédures. Prises de photos, enquête… Danielle et moi sommes finalement accepté pour la prison de Cowansville. C’est la 6e prison qui m’accepte. Mais ils n’ont aucun système centralisé, il faut recommencer les enquêtes et les procédures à chaque fois. Pendant tout ce temps, aucune lettre de Jean-Pierre sur ses impressions. Cela m’inquiète un peu.

Nous mettons près d’une heure trente minute pour parcourir les 116 kilomètres qui nous séparent de la prison de Cowansville. Presque le même temps nous sera nécessaire pour franchir les 116 pieds séparant le stationnement de la salle pour rencontrer Jean-Pierre. C’était la fête des mères. Il n’y avait presque personne. À l’heure où nous sommes arrivés, nous étions les seuls à vouloir passer les contrôles de la sécurité.

Jean-Pierre se présente finalement. Il se confond en excuse. Une barbe de plusieurs jours le gêne. Quand je le rencontrais à l’institut Leclerc, il connaissait mes soirées de présence. Il arrivait toujours bien rasé, bien parfumé et bien habillé. Aujourd’hui, malgré son habillement, la joie de nous revoir, la fierté de nous parler de ce qu’il ressent nous font oublier tout le reste.

Jean-Pierre m’avait envoyé une lettre qui ne s’est jamais rendu. Il m’en avait envoyé une 2e le vendredi. Je viens tout juste de la recevoir. À vrai dire, j’attendais cette lettre avant d’écrire mon billet. Nous nous permettons de partager avec vous ces quelques lignes:

Un magnifique bonjour.

Est-il nécessaire de vous décrire à quel point vous m’avez surpris avec votre dernier envoi. Mon égo et surtout ma fierté m’ont fait franchir un nouveau stade dans mon développement personnel. J’étais un homme relativement content. Maintenant, je deviens un être accompli. La reconnaissance par ses pairs est la sensation la plus agréable… après le sexe.

Un gros merci encore une fois de votre confiance et de vos encouragements. J’ai su qu’un journaliste voulait me rencontrer. J’ai accepté de le rencontrer.

Je vous envoie mes salutations. Passez un bel été fleuri. J’ai quelques textes en préparation.

Jean-Pierre Bellemare.

Jean-Pierre a été surpris du nombre de personnes qui sont venu le féliciter pour le travail qu’il a fait. D’autres détenus, des gardiens, des bénévoles, des gens de la chapelle… J’ai voulu lui remettre le trophée que Jean-Pierre avait gagné. La sécurité n’avait pas autorisé que je lui amène. Même pas pour lui montrer. J’ai mis le trophée sur le “scanner” et lui ai amené des photocopies couleurs grandeurs natures. Elles vont orner sa cellule.

Ces retrouvailles à la prison de Cowansville me motive à parcourir de nouveau les 116 kilomètres qui nous séparent. Je vais bousculer mon agenda pour trouver les 5 heures nécessaires pour cette visite d’une heure. Mais je ne dois pas aviser. Parce que Jean-Pierre m’a avisé. Trop de visites rend difficile le retour à la cellule. Cela revigore les souvenirs qu’il y a une vie après la prison et, qu’un jour, ce sera son tour à reprendre une vie de citoyen.

Au plaisir de la prochaine rencontre Jean-Pierre.

Amitiés,

Danielle et Raymond.

L’entrevue de Nathalie Simard devant Jean-Luc Mongrain vu par Richard Martineau

La chronique de Richard Martineau dans le Journal de Montréal du 13 mai nous parle de l’entrevue que Nathalie Simard a accordé à Jean-Luc Mongrain à TQS. J’utilise la chronique de Richard Martineau, parce que je n’ai pas vu l’entrevue que Nathalie Simard a donné.

Même si j’en avais parlé dans un billet du 14 avril dernier intitulé Les adieux de Nathalie Simard, un extrait de Richard Martineau, provenant fort probablement de l’entrevue, m’amène à revenir sur le poids et le fardeau de soutenir une mission.

Richard Martineau mentionne: “C’est déjà assez dur de briser le silence. Vous imaginez comment ça doit être pénible de répéter son histoire jour après jour après jour, devant des classes de jeunes, des salles bondées, des organismes d’aide. Ça doit être l’enfer.”

Comme je le disais dans mon billet, même si conter son histoire est libérateur au début, j’ai vu trop de victimes vouloir sauver le monde et faire des burn out et même, se suicider, sous le fardeau et le poids des responsabilités.

Je suis moi-même une victime, un survivant. J’ai quitté l’entreprise privée pour me consacrer au travail de rue, à l’intervention de crise auprès de personnes suicidaires, au communautaire… Jamais, au grand jamais, je me suis senti obligé de conter jour après jour mon histoire de la même façon. En 16 ans de vie communautaire, après avoir rencontré des milliers et des milliers de personnes, l’histoire de vie que je conte, que je partage s’actualise selon le cheminement que j’ai fait. J’ai vécu des événements tragiques. J’ai eu besoin d’en parler et de les conter. Mais jamais je me suis senti obligé d’arrêter d’évoluer pour me limiter à ne parler que d’un événement à une période précise de ma vie.

Pour moi, partager son vécu, si je veux le faire avec ce que je vis et ressents aujourd’hui doit s’actualiser. Je ne peux en faire un discours que je présenterai toujours de la même façon. Parce que si je veux continuer à être pertinent pour les gens que je rencontre, je ne peux pas être une cassette qui joue toujours la même rangaine.

C’est pour cela qu’après 16 ans, je me sens encore heureux et reconnaissant de pouvoir faire ce que je fais. C’est pour cela aussi qu’après 16 ans, je peux encore écrire sur des thèmes sociaux sans avoir l’impression de me répéter et que cela m’énergise encore et encore. Quand je partage mon vécu, ce n’est pas pour livrer aux gens ce qu’ils s’attendent de recevoir. Je leur livre ce que j’ai besoin de partager. Et c’est ce qui me permet de me connaître toujours un peu plus à chaque jour. Et plus je le fais pour m’aider, et plus cela en rejoint d’autres.

Je me souviens d’un enseignant qui me demandait de rencontrer ses classes d’étudiants en début d’année. Il me disait que cela stimulait ces étudiants pour la balance de l’année. Je l’ai fait jusqu’à sa retraite. Il assistait à chaque fois à ma présentation. Je lui ai demandé s’il n’était pas tanné de toujours m’entendre. Il m’avais répondu que non. Parce que mes présentations étaient différentes d’une fois à l’autre, il en profitait pour mieux me connaître et d’en apprendre un peu plus.

Responsabilité de Julie Snyder, Paul Arcand et Bruny Surin dans la fondation Nathalie Simard

Bon je ne devais pas vouloir me faire d’autres amis aujourd’hui. Mais bon, fallait que je le dise. Suite au billet du 14 avril que j’ai écris sur la fin de la carrière publique de Nathalie Simard, beaucoup d’encres et de nouvelles informations ont coulé.

On a appris dans plusieurs médias que des boîtes de dons pour la fondation ont disparu. Plusieurs poursuites contre Nathalie Simard vont se faire entendre devant monsieur le juge. On apprend aussi que les administrateurs qui ont participé à la création de la fondation Nathalie Simard ne seraient plus administrateurs. Ils seraient parti, sans tambour, ni trompette.

Je suis choqué de cette situation. Je dirais même insulté. Lorsque des gens tels que Julie Snyder et Paul Arcand participent à la création d’une fondation qui a fait un tel tapage médiatique, on s’attend à ce que leur présence soit gage de sérieux et de crédible. Il ne faut pas oublier que Paul Arcand avait été l’animateur vedette qui avait eu l’exclusivité de la première entrevue de Nathalie Simard. On ne peut pas faire abstraction que Julie Snyder est la conjointe du propriétaire des médias qui a bénéficié des entrevues exclusives de Nathalie Simard. C’était payant et intéressant pour tout ce monde de coller leurs noms à la création de la fondation Nathalie Simard.

Mais quand tout va mal, on apprend que les administrateurs avaient disparu en douce sans en aviser le public. J’ai un gros malaise. Parce que le départ des administrateurs auraient dû se faire avec le même tapage médiatique que leur arrivée. Il fallait permettre aux citoyens de se poser la question. Si les administrateurs quittent la fondation Nathalie Simard est-elle encore crédible? Les donations sont-elles encore sécures?

Le public aurait dû le savoir. C’était d’intérêt public. Cela questionnait déjà le devenir de la fondation Nathalie Simard. On ne peut pas bénéficier du tapage médiatique quand ça fait notre affaire et disparaître par la porte d’en arrière quand cela ne nous plaît plus. Être administrateur est une responsabilité: gardien de la mission et gardien des avoirs.

Fait curieux, Michel Vastel affirme dans son article du 3 mai que Nathalie Simard était “devenue seule maîtresse à bord”. Pourtant le registraire des entreprises, en date du 9 mai 2008 présente encore vos noms comme administrateurs. Est-ce que Julie Snyder, Paul Arcand et Bruny Surin sont encore administrateurs de la Fondation Nathalie Simard? Jusqu’où les administrateurs sont responsables pour des fraudes possibles dans la Fondation Nathalie Simard?

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

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DJ et graffiteur professionel: Naes

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

Naes a fait partie d’une école spécialisée en musique. Il a pratiqué, pendant 6 années, de la musique classique au violon, violoncelle, percussion et contrebasse! Il abandonne tout pour jouer de la basse dans un groupe instrumental! Il commence des études en Art au collégial, il abandonne encore une fois et devient un graffiteur. Il troque par la suite sa guitare pour des tables tournantes Hip Hop. Son bonheur il le trouve en apprenant par lui-même à faire partie de la culture Hip Hop.

Ton cheminement contredit cette rumeur qui veut que la musique de les cultures Punk ou Hip-Hop appartiennent à des jeunes qui n’ont pas le talent d’apprendre la musique conventionnelle

Dj Naes: En général c’est vrai, oui et non. Aux États-Unis, certains rappeurs ont fait le Fine Arts University (équivalent des Beaux-Arts) et se donnent, malgré tout, une image de gros gangsters. Je me demande si ces Américains ne content pas des histoires. C’est peut-être juste un «show off» commercial comme la lutte. Ce qui est malheureux c’est que beaucoup de jeunes pensent que c’est vrai et ils essayent de jouer au «bad boy» pour percer.

Pour en revenir à la culture musicale, il en faudrait encore plus dans notre milieu. Pour moi, c’est une chance que j’ai eue et ça me permet d’aller plus loin. Tout le monde peut faire des «beats» mais ils deviennent vite limités. En essayant par soi-même, certains peuvent se débrouiller mais il y a un risque de se répéter.

C’est plus facile si tu écoutes différentes sortes de musique, que tu en cherches à travers toutes les cultures. Tu crées et tu élargis ta culture en prenant de petits éléments un peu partout.

La musique Hip Hop provient des ghettos américains. On jouait du «beat-box» (bruits musicaux fait avec la bouche), on rappait et on dansait sur un carton dans la ruelle. Est-ce encore une culture qui se pratique à peu de frais?

Dj Naes: Aujourd’hui ça te prend 15 000 $ d’équipement (vinyles, tables, mixer…) pour être un DJ. Tu dois avoir ton équipement disponible avec toi, autant pour te pratiquer que pour faire des spectacles. Même chose pour le graffiti, j’ai mis tout l’argent que j’avais là-dessus: crayons, peinture, magazines… J’en mangeais 24 heures sur 24.

Dirais-tu que c’était une obsession ou une passion?

Dj Naes: Une passion obsessive peut-être. C’est comme avec une fille, au début tu veux toujours être avec elle.

Au cégep en arts plastiques tu as eu de la difficulté à t’intéresser à ce que tu avais à apprendre, comment as-tu réussi à être autodidacte dans une culture alternative?

Dj Naes: C’est curieux, mais à l’école je me battais avec mes pinceaux. Il fallait faire toutes sortes de travaux pratiques, des études de couleurs, des cercles chromatiques. Je n’étais pas prêt et je voulais faire du dessin. J’ai commencé à comprendre comment ça marchait quand j’ai pu expérimenter par moi-même. Tu dois être très discipliné, il faut bûcher jusqu’à ce que tu arrives à ce que tu veux.

Quelle que soit ta culture, pour réussir, il faut que tu pratiques à tous les jours, plusieurs heures par jour. Quand je suis 4 jours sans jouer, ça me prend une soirée juste pour reprendre ma forme et commencer à pouvoir évoluer. Je préfère apprendre en jouant avec des gens plus expérimentés que moi.

Malgré tout, je tiens à le répéter, les études que j’ai faites m’ont été d’une grande aide et je me considère chanceux d’avoir eu ce cheminement, cette base derrière moi. C’est peut-être ce qui m’a permis de pouvoir bien maîtriser et de découvrir d’autres cultures.

Au cégep en Art, c’était une petite gang et je ne «fitais» pas dans le décor. Le cégep préconisait l’art abstrait, moi je voulais faire des bandes dessinées. La transition entre le secondaire et le cégep a été difficile. La charge de travail est très différente et je ne me sentais pas bon. Pourtant, dès que j’ai laissé l’école je suis devenu muraliste.

Tu as eu beaucoup de courage de vouloir jouer avec des gens beaucoup plus fort que toi en musique.

Dj Naes: J’ai toujours voulu jouer avec des gens meilleurs que moi. Même si je me plante ou que je parais moins bon que l’autre, c’est la seule façon d’apprendre, de devenir meilleur et de me dépasser.

Que ce soit quand j’ai commencé à être graffiteur ou DJ, il n’y avait pas de techniques, je ne savais pas comment «mixer». C’est par l’exemple que j’ai appris et développer mon art.

Je n’avais même pas réalisé à cette époque que graffiteur et DJ faisait partie de la même culture. C’est en cours de route que je l’ai compris.

Est-ce que les autres membres de ton groupe de musique Traumaturges ont un cheminement artistique semblable au tien?

Dj Naes: 2 de pique a un DEC en guitare classique tandis que Kiro est en intervention auprès des jeunes. En plus d’études très différentes, on n’a pas le même style de vie, on n’a pas la même opinion. Mais c’est la musique qui nous rejoint et nous rallie. De plus, notre groupe est très multi-ethnique.

Les critiques ont décrit votre musique comme étant sombre, très sombre, des «beats» lents et caverneux.

Dj Naes: Nous avons été les premiers à Montréal de dénoncer le rap à la française. Nous sommes de Montréal, il faut donc prendre les couleurs de notre milieu. Nous n’avons pas à copier ou imiter, ni la France, ni aucune autre culture. C’est correct de se faire influencer par les autres cultures, mais tu dois développer la tienne. Nous avons notre propre langage et c’est notre culture que nous devons promouvoir.

Dans nos textes, il y a beaucoup de dénonciations sociales telles que les abus de pouvoir, les problèmes de racisme et d’immigration. Même après 5 ans, nos textes sont encore bons et d’actualité.

Vous avez déjà un CD sur le marché qui s’appelle Suce mon index. C’est pas vulgaire comme titre, quel message vouliez-vous lancer avec ça?

Dj Naes: Ça veut dire absorbe le contenu. On fait référence ici à l’index d’un livre. Dans le Hip Hop il ne faut pas s’attarder à la première impression que nous avons. Il faut écouter et réécouter les textes, chercher à comprendre. Le Hip Hop est très allégorique. Il ne faut jamais juger ce que l’on pense comprendre. Mieux vaut vérifier auparavant.

Maintenant que votre premier CD est en réimpression pour une troisième fois et que vous avez déjà deux vidéoclip à votre actif, à quand le deuxième CD?

Dj Naes: Nous y travaillons depuis deux ans déjà. Il sera disponible à la fin de l’été 2002. Il s’intitulera La guerre des tuques, la famille élargie de Traumaturges. Douze artistes très représentatifs de la culture internationale. Même si le Québec est notre dénominateur commun, nous y retrouvons des pays d’origines comme Haïti, Franco-libanais-palestinien, Égypte, Trinidad, France et Italie

Je remarque aussi que vous avez tous des formations très variées.

Dj Naes: Oui, très variées: sciences pures, sciences humaines, intervention en délinquance, enseignement, arts plastiques, informatique, graphisme, électronique, communication, théâtre, conceptions sonores… Ce n’est pas si exceptionnel que cela. Dans les années 90, MC Solaar de France avait fait de grosses études en philosophie avant de commencer à rapper. C’est sûrement ce qui a influencé les Français à avoir un vocabulaire plus recherché dans leurs textes. Remarque qu’ils ont aussi un système d’éducation scolaire beaucoup plus rigoureux qu’au Québec. Il y a de la place pour du rap intelligent, même si aux États-Unis et en France le rap de gangster semble fonctionner un peu plus.

As-tu l’impression que le Hip Hop au Québec a atteint son apogée?

Dj Naes: On ne peut pas comparer. Ici, il n’y a pas grand chose de fait encore. La culture boite. On n’a pas beaucoup de choix. Je suis DJ et quand je travaille dans un club je n’ai pas assez de matériel provenant du Québec pour faire un «set» complet. Je ne sais pas quand la culture Hip Hop du Québec aura atteint sa maturité.

Merci Julien pour ta présence et ton implication. Comme plusieurs autres graffiteurs, Julien fait partie d’une équipe pouvant faire des murales autant intérieures qu’extérieures. Pour plus d’informations, contactez le Café-Graffiti (514) 259-6900. Julien est un des DJ présent sur le CD Ill Légal disponible par la poste auprès du Journal de la Rue. Une autre façon originale et dynamique de supporter notre travail auprès des jeunes.

Autres textes sur le Hip Hop

Articles sur les artistes: Phast, C-Drick.

Les livres de Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont

Avec la sortie du livre de Pauline Marois, chaque chef de parti en poste à Québec a maintenant son livre. Cette rapidité avec laquelle on se met à écrire des livres, avant même que l’histoire ne soit terminée, me dérange quelque peu.

Je n’ai aucun problèmes à ce que d’anciens politiciens comme Jean Chrétien ou Brian Mulroney publient leurs mémoires. Au contraire, cela nous permet d’avoir des traces de leur passage dans la vie publique. Leurs activités et leurs présences sociales sont terminées. Ils peuvent nous faire part de leur état d’âme, leur grief, leur testament… avec tout le recul qu’ils peuvent nous offrir.

Mais quand des gens encore en poste et actifs en politique comme Jean Charest, Pauline Marois et Mario Dumont nous font état de leurs vies… désolé, je décroche.

Dans une biographie, je m’attends à entendre parler d’une histoire complète. Pour un politicien qui cherche à se faire élire, ai-je droit à une histoire vraie ou à des promesses de politiciens en quête de vote? Si l’histoire n’est pas encore terminée, comment l’auteur peut-il avoir le recul nécessaire pour nous livrer une histoire intéressante. Si l’un de ces chefs de parti devient le prochain Premier ministre, est-ce à dire que je devrais relire une nouvelle biographie pour être à jour?

Lorsqu’un Premier ministre ou un chef de parti va se déplacer à travers le Québec, le fait-il en tant que chef de parti ou pour faire la promotion de son livre? Y a-t-il confusion dans les genres?

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Les blogues ont maintenant leur gala

Découverte ce matin. En vérifiant les statistiques de mon blogue, je remarque que j’ai un trafic provenant d’un blogue nommé exivrogne. Curieux, je clique pour savoir qui me fait une référence et pourquoi.

Intitulé Blogu’or 2008, j’y découvre 18 catégories où des blogues sont mis en nominations. Mon blogue l’est dans la catégorie Meilleur blogueur sérieux… très sérieux. J’y découvre aussi que le blogue du Journal de la Rue est aussi nominé dans la catégorie Meilleure blogueuse sérieuse… très sérieuse.

Je ne connaissais pas ce gala. Je ne savais pas que je me retrouverais en nomination. C’est plaisant d’apprendre que dans la blogosphère, quelqu’un trouvait nos blogues suffisant intéressant pour les proposer à ce gala.

Je reconnaîs plusieurs blogueurs dans les différentes catégories. Martin Petit, Dominic Arpin, Richard Martineau, Renart L’éveillé, le maire Stéphane Gendron, Mario Asselin, Folliculaire, Nicolas Langelier, Un taxi la nuit, Patrick Dion, Carl Charest…

Une belle occasion pour visiter ces différents blogues et apprendre à les connaître. Je remercie les blogueurs qui ont mis mon blogue et celui du Journal de la Rue en nomination.

Je remercie aussi les Internautes qui vont aller voter pour nos blogues. Vous avez jusqu’au 16 mai pour faire vos choix. Le Gala aura lieu le 24 mai prochain.

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

Les Grands Prix du journalisme magazine de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM)

Mercredi le 30 avril. Une journée spéciale pour le journalisme magazine. Qu’ils soient éditeurs, rédacteurs en chef, journalistes, photographes ou autres, tous se réunissent pour une journée d’échange. Cet événement annuel de l’Association des éditeurs de magazine (AQEM) se termine par une remise des Grands Prix de journalisme magazine pour souligner le travail de ses artisans.

L’équipe de Reflet de Société était très fier de voir Jean-Pierre Bellemare se retrouver finaliste dans la catégorie Chronique. Je profite de cette occasion pour remercier les membres du jury et l’AQEM de reconnaître et d’accepter le travail parfois différent et original de notre magazine.

Le prix du bénévole de l’année a été remis à M. Félix Maltais. Pendant plus de 15 ans M. Maltais a siégé sur le conseil d’administration de l’AQEM. Il a fait partie de plusieurs débats et il est très impliqué dans le journalisme magazine et scientifique. M. Maltais travaille pour Bayard qui publie les magazines Pomme d’Api, J’aime Lire, Les Explorateurs et Les débrouillards. Merci M. Maltais pour votre implication.

Un journaliste m’a touché tout particulièrement lors de cette remise des Grands Prix. M. Daniel Chrétien de L’actualité. M. Chrétien a commencé par remporter le prix Article pratique ou de service. Le dernier prix de la soirée est le prix Jean Paré nommé en l’honneur du fondateur du magazine L’actualité. Ce prix couronne le journaliste de l’année et récompense la constance dans la qualité, l’originalité du traitement, la qualité de la langue et la pertinence des sujets. Félicitations M. Chrétien pour ce prix que vous méritez largement.

J’ai été très fier et heureux de voir M. Chrétien gagné ce prix. J’ai été ému par son allocution. Il remerçiait sa rédactrice en chef, Carole Beaulieu, pour avoir été difficile avec lui, l’avoir fait travailler et retravailler pour en arriver à sortir le meilleur de lui-même. Je le trouvais chanceux d’avoir un tel environnement de travail.

Personnellement, je suis un ancien perfectionniste qui est devenu un généraliste. Je dû m’adapter à faire 12 000 choses en même temps. Je n’ai souvent même pas le temps de relire mes textes! Intervenant, journaliste, blogueur, rédacteur, écrivain, mise en marché, gérant d’artiste, organisateur de spectacles, conférences… Il m’arrive de plus en plus souvent à rêver de ne faire qu’une chose et de pouvoir la perfectionner, d’aller au bout de l’idée, du projet.

Je pensais à l’article sur la transformation extrême de la Mission Bon Accueil organisée par le Groupe Aldo. Cet article va paraître dans notre édition de juin. Même si j’ai fait 6 entrevues et dégagé un photographe pour une journée complète, j’aurais aimé pouvoir amener l’article encore un peu plus loin. M’assurer de pouvoir bien représenter les bénévoles mobilisés dans l’événement, les organismes qui en ont bénéficiés, mais surtout les gens à qui profitent cette action communautaire. Nos textes doivent bien représenter les gens derrière ces événements.

Est-ce le fait qu’un sondage vient de paraître soulignant que notre magazine est maintenant lu par 7% de la population du Québec qui crée cette pression à en faire plus? À cela, nos sites Internet et nos blogues génèrent plus de 6 000 visites par jour. Ça commence à faire beaucoup de monde qui nous lisent. En plus, Internet donnent une permanence à nos textes. J’ai reçu aujourd’hui des commentaires sur des textes que j’ai écrits il y a plusieurs années.

Il y a une pression à toujours faire mieux. En contre-partie, nous avons des limites financières, mais surtout humaine. Je travaille déjà 7 jours, près de 100 heures par semaine. Je mets tout mon coeur dans mes textes. J’aimerais pouvoir y ajouter un peu plus de temps.

Je me remémore tous les sujets que j’aurai voulu faire et qui n’ont jamais trouvé leur espace. Je vis leur absence comme un deuil.

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

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Congrès de l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ)

Le 27e Congrès des médias écrits communautaires du Québec vient de se terminer. Un week-end qui s’est déroulé à l’hôtel Mont Gabriel à Ste-Adèle. Cette rencontre entre les artisans de la presse communautaire est une occasion pour des retrouvailles, quelques formations et pour reconnaître le travail journalistique de tous ces gens impliqués, souvent bénévolement, pour servir leur communauté.

Personnellement, j’ai assisté à un atelier sur le Web avec Benoît Munger du journal Le Devoir et L’art du portrait avec l’excellent André Ducharme du magazine L’actualité. M. Munger nous a fait découvrir plusieurs fonctions et outils du Web que, malgré le nombre d’heures que je passe devant celui-ci, m’avait encore échappé. M. Munger réussi à rendre intéressante la formation et capter notre attention malgré que la matière soit un peu aride.

J’avais déjà eu l’occasion d’écouter l’atelier d’André Ducharme. Mais on ne peut se tanner d’écouter un journaliste d’expérience comme lui. On en apprend encore et encore. La passion d’André Ducharme pour le portrait le rend attrayant et intéressant à écouter.

Pendant ce temps, Danielle, co-directrice de l’organisme et spécialiste des équipements et logiciels s’est amusé dans les ateliers de conception graphique, autant pour les magazines que pour les tabloids. Elle a pris des notes qui vont être discutés avec l’équipe et qui devraient amener quelques changements dans le magazine.

Pour la remise des prix, je profite de cette occasion pour souligner les prix remportés par l’équipe de Reflet de Société. Dans la catégorie entrevue, Annie Mathieu pour son texte Le SIDA tue encore avec le docteur Réjean Thomas. Dans la catégorie chronique, Jean-Pierre Bellemare, notre chroniqueur de la prison de Cowansville pour son texte Pas banale la vie carcérale. Et finalement, une deuxième place pour Dominic Desmarais dans la catégorie reportage pour Le vin québécois fait son chemin.

Avec ces 3 prix, cela a permis à Reflet de Société d’être 3e pour le média communautaire de l’année, devancé par Graffici de Gaspésie et le Mouton Noir du bas du fleuve. Nous profitons de l’occasion pour les féliciter pour leur travail et cette reconnaissance de leurs pairs.

Le congrès s’est terminé avec une conférence de Laurence Poole de Sherbrooke. Cette conférence de motivation et de leadership a été une vraie révélation pour notre équipe. Je reviendrais sous peu pour vous en faire part avec plus de détails.

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville, gagnant du prix du chroniqueur de l’année de l’AMECQ

Ste-Adèle, 26 avril 2008. Lors de la remise des prix pour le 27e Congrès de l’Association des médias écrits communautaire du Québec (AMECQ), dans la catégorie meilleure chronique, le gagnant est le chroniqueur du magazine Reflet de Société M. Jean-Pierre Bellemare.

M. Jean-Pierre Bellemare est un prisonnier purgeant une sentence à vie à la prison de Cowansville. Son texte, ” Pas banale la vie carcérale” lui a valu les honneurs dans la catégorie chronique.

M. Bellemare est aussi finaliste, toujours dans la catégorie chronique, pour les Grands Prix de journalisme de l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM). Les gagnants des prix de l’AQEM seront dévoilés mercredi le 30 avril prochain.

Pour lire la chronique complète de Jean-Pierre Bellemare.

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

Dominic Arpin et Martin Petit… Vous m’inspirez!!!

Merci à toi Dominic. Merci à toi Martin.

Depuis quelques jours, je me questionne sur l’avenir des médias au Québec. En tout cas, au moins celui de Reflet de Société et de l’organisme qui le chapeaute, le Journal de la Rue et son projet Café-Graffiti. Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis le directeur de l’organisme, le rédacteur en chef du magazine et le fondateur du Café-Graffiti.

Les abonnements à notre magazine Reflet de Société permettent de soutenir des projets pour les jeunes tels que le Café-Graffiti. Mais voilà que le prix du papier augmente de 6% au printemps, on prévoit une autre augmentation de 6% à l’automne, le timbre poste a augmenté de 5 sous en janvier dernier, le prix de l’essence qui continue de battre des records… On prévoit des baisses et peut-être même la disparition des subventions à l’aide journalistique. Même chose pour la subvention pour les frais d’envois postaux.

Juste de demeurer un média, sans avoir à financer un projet communautaire commence à être du sport. En passant, pour ceux qui pensent que je me plaint pour rien avec mon augmentation de 5 sous par envoie, il faut savoir que nous diffusons près de 500 000 exemplaires de notre magazine par année. Chaque 5 sous d’augmentation finissent par coûter cher.

Cela explique pourquoi depuis un certain temps, je travaille à diversifier nos sources de revenus. J’ai engagé plusieurs consultants pour nous aider dans cet objectif, mais ils ont fait choux blancs. Cela a occasionné des dépenses, mais aucun revenu.

Pour la vente de publicité, il y a transfert des budgets vers l’Internet. Les médias conventionnels attirent moins de publicité que l’Internet réussit à faire. J’ai donc décidé d’appeler quelques régies publicitaires pour nous représenter et vendre de la publicité sur nos blogues et nos sites Internet. Après tout, avec plus de 6 000 visiteurs par jour, on devrait être capable d’attirer quelques publicités.

La première régie publicitaire est spécialisé dans le monde des affaires. On en “fitte” pas dans leur décor. Peut-être à l’automne ou au printemps l’an prochain. On repassera, je n’ai pas le temps d’attendre. Une deuxième régie publicitaire me rappelle, prends quelques informations et ne me rappelle pas! Faut pas me laisser sans nouvelles trop longtemps. J’ai sûrement un profil un peu maniaque. Faut que ça bouge. Ma devise, quand tu fais du surplace, tu recules. Parce que les événements eux continuent d’avancer et à te rentrer dedans. La troisième régie publicitaire ne m’a pas encore retourné mon appel.

Bon! J’ai compris, on ne veut pas de mes 6 000 visiteurs par jour. Tant pis pour eux, quand ils se réveilleront, ils courreront après. Après tout, je ne suis pas intéressé à la publicité Google qui ne donne pas grand chose mais qui pollue les blogues et les sites. De plus, en tant qu’organisme communautaire, nous sommes très difficile sur qui pourrait s’annoncer avec nous. On en refuse plus qu’on peut en prendre.

C’est à ce stade que les constellations se sont enlignés. Je me suis souvenu de l’entrevue que Martin Petit m’avait donné. Il me disait avoir rempli une salle de spectacle avec seulement ses contacts Internet. Ensuite j’ai pensé à Dominic Arpin. Lors d’une conférence devant les relationnistes du Québec, Dominic mentionnait qu’il a décidé de faire cavalier seul et d’avoir son propre blogue, indépendant d’un média. Se vendre lui-même plûtot que de laisser le média le vendre et tout empocher.

Suite à mon délire d’hier soir sur l’avenir de la presse écrite, plus pour faire sourire les gens, j’ai fait un Internet-o-thon en présentant les abonnements du magazine. C’était un gag, une satire, la fin de mon délire, rien de plus. Mais aujourd’hui, je me ravise. Mon fort intérieur était plutôt visionnaire et il m’avait lancé un message pourtant clair, net et précis.

Pourquoi me casser la tête avec une régie publicitaire qui ne semble pas apprécier notre potentiel ou, encore pire, qui ne saurait pas comment nous vendre et à qui nous vendre. Nous n’avons qu’à faire comme Martin Petit et Dominic Arpin. Nous vendre nous-même. Pas vendre la publicité des autres, mais vendre nos propres produits sur nos sites et nos blogues.

Pour un organisme tel le nôtre, de vendre des abonnements à un magazine de réflexion sociale, vendre des documentaires sur l’implication bénévole, vendre des CD de musique des jeunes que nous accompagnons, des livres de cheminement personnel, des guides d’intervention auprès de personnes suicidaires, de joueurs compulsifs et même notre T-shirt à l’effigie du Café-Graffiti, rien de plus naturel. Pour les Internautes qui nous lisent et qui aiment ce que nous écrivons, ce n’est pas de la pollution publicitaire, c’est d’encourager un organisme communautaire dans son orientation en économie sociale et d’offrir des produits et services qui sont la continuité de ce que nous faisons.

Malgré que dans WordPress nous soyons limité dans l’affichage des publicités, nous avions déjà réussi à placer une bannière dans le haut des blogues. Cette bannière annonce les 4 sites de l’organisme. J’ai ensuite fait rajouter une publicité sur chaque côté. Présentement nous y annonçons 2 livres. Nous alternerons régulièrement les publicités pour y présenter l’ensemble de tout ce que nous faisons.

Et voilà ma dernière trouvaille d’hier. À la fin de mes billets apparaîtra une publicité. Elle sera annoncé en caractère gras: PUBLICITÉ. Celui qui ne voudra pas la lire n’aura qu’à arrêter de lire. Mais celui qui aura aimé nos textes, pourra y découvrir les produits et services que nous offrons.

Nous voilà donc dans notre auto-publicité. Nous sommes convaincu que cela sera beaucoup plus pertinent et rentable que les quelques sous qu’on offre pour les “clics” sur des annonces de n’importe quoi. Parce que même si les budgets commencent à se diriger vers l’Internet, les prix offerts pour tout le travail qu’on y fait est encore dérisoire.

Au plaisir de continuer à vous écrire. Au plaisir de vous présenter quelques publicités pertinentes.

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2e journée de notre Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

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Y a-t-il un avenir pour la presse écrite au Québec?

C’est en lisant un billet de Jeff Mignon, un professionnel de l’industrie médiatique que cette question sur l’avenir des médias écrits est venu me hanter une fois de plus.

La position de Jeff Mignon se résume simplement. La presse écrite livre une information de plus en plus superficielle, bourrée de texte d’agence de presse qui se répète d’un média à l’autre. Le journalisme d’enquête est en baisse.

Sur le site de Intruders TV, nous pouvons entendre une entrevue de Philippe Le Roux, président de VDL2 qui actualise chaque année les tendances Internet. M. Le Roux n’est pas tendre envers la presse écrite. Il mentionne que 30 à 50% des nouvelles proviennent d’une dépêche d’un service de presse! Le nombre d’exemplaire vendu par les quotidiens est en chute libre, même en comptant l’arrivée des gratuits! Un baisse qui se chiffre tout près des 10%. Ce qui pourrait faire la différence entre être rentable ou fermer les portes pour certains médias. M. Le Roux mentionne aussi que les budgets de publicités se transfèrent graduellement vers l’Internet, rendant la tâche d’être rentable encore plus difficile.

À tout cela je rajouterais que 2008 est une année assez sombre, pour ne pas dire moyennâgeuse. Le prix du timbre poste ne cesse d’augmenter d’année en année, rendant la distribution aux abonnés de plus en plus difficiles. Patrimoine Canada qui subventionnait une partie de ses frais d’envoies diminue sa participation d’année en année. Il y a même une possibilité pour que la subvention disparaisse au complet!

Le CRTC va appliquer une nouvelle loi sur le télémarketing pour le 1er octobre, rendant cette opération pour aller chercher de nouveaux abonnés plus difficile et plus honéreuse. Notre imprimeur nous annonce une augmentation de 6% du coût du papier pour le printemps avec une autre augmentation de 6% à l’automne! Je n’ai pas besoin de vous parler du prix de l’essence.

Même la subvention du Fond canadien du magazine pour aider les médias à augmenter la qualité de son contenu risque de disparaître. Si messieurs Mignon et Le Roux pensent que l’information est de mauvaise qualité présentement, attendez de voir l’an prochain!

Nous en sommes rendu à imaginer de nouvelles formes de financement pour les médias. Un radioton, un téléton, un quotidienoton et un magazineton. Pas pour financer un organisme communautaire. Pour financer les médias qui risquent d’éprouver des difficultés majeures dans les années à venir.

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Les blogueurs quittent leur écran d’ordinateur

Suite à l’atelier que j’ai suivi avec Dominic Arpin et Patrick Lagacé, j’ai appris qu’il y avait des lieux de rencontres pour les blogueurs de Montréal.

Je n’étais pas au courant de ce type de rencontre et cela pique ma curiosité. Qui va y être? De quoi va-t-on parler? En attendant de pouvoir vous présenter mes commentaires suite à ces rencontres, vous pouvez visiter leur blogue! Yulblog.org organise des rencontres tous les premiers mercredi du mois à la Quincaillerie sur Rachel.

Il y a aussi Yulbiz.org qui organise des rencontres à Montréal, Québec, Paris et Bruxelles. La prochaine rencontre est le 29 avril prochain au Café Méliès sur St-Laurent.

J’ai bien hâte d’assister à ces rencontres. J’aurai possiblement l’occasion de mettre un visage sur certains blogues que je lis ou rencontre dans la blogosphère.

Et si jamais la tenue de mon blogue devient une drogue trop forte, les gens que je rencontrerais pourront m’aider à créer des rencontres Blogueurs Anonymes!!!

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Dominic Arpin et Patrick Lagacé devant les relationnistes

En janvier dernier, j’avais assisté à un déjeûner-conférence de La Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP), l’ancienne Société des relationnistes. Ils ont créé une série d’ateliers sur l’utilisation des blogues comme outil de marketing.

En tant que journaliste/blogueur, j’étais curieux de voir comment les relationnistes voulaient utiliser les blogues pour faire de la publicité, du branding… Suite au premier atelier, ils avaient annoncé la tenue d’une rencontre avec Dominic Arpin dans les mois qui suivraient.

Dominic Arpin, le Patrouilleur du net, est un blogueur qui méritait que je mette à mon agenda cet atelier. La SQPRP a dû remettre à plus tard la tenue de l’atelier. Ils cherchaient un 2e journaliste/blogueur pour accompagner Dominic Arpin. L’atelier a finalement eu lieu le 17 avril avec la présence de Patrick Lagacé, ancien blogueur pour Canoe, maintenant pour Cyberpresse.

Puisque messieurs Arpin et Lagacé parlaient d’un sujet qui me passionne, le blogue, l’atelier, même si je n’ai rien appris de nouveau a été intéressant. Pas stimulant. Le blogue est une drogue. Elle m’auto-stimule. Je n’ai pas besoin d’être stimulé pour atterrir plusieurs heures par jour pour noircir quelques pages de mon carnet électronique.

En tant que directeur d’un organisme communautaire qui a régulièrement engagé des professionnels pour exécuter des mandats, entre-autre, de mise en marché, cet atelier et la réaction des relationnistes me fait peur et m’inquiète.

On a parlé de plusieurs anecdotes pendant l’atelier. Une publicité virale de Sony qui avait fourni des appareils photos et vidéos pour permettre à des blogueurs d’assister au making-off d’une de leur publicité. Les blogueurs ont donc parlé de la publicité dans leurs carnets. La publicité était attendu de tous et elle a fait un malheur à sa sortie. Ou encore des vidéos de la compagnie Nike qui se sont retrouvés sur You Tube et qui ont fait le tour du monde et d’être vu par des millions d’Internautes. Et tout le monde de crier “WOW! Et toute cette visibilité qui n’a rien coûté!

Je voyais déjà les lueurs dans les yeux des relationnistes qui se préparaient déjà à vendre l’idée à leur client d’investir dans ce genre de publicité virale. Et c’est là que j’ai commencé à avoir peur. Dominic Arpin et Patrick Lagacé connaissent tout le temps que l’on doit passer devant un ordinateur pour avoir un contenu, être vu, devenir crédible. Je ne suis pas convaincu que les relationnistes ont compris dans quoi ils s’embarquent. Ou plutôt dans quoi ils vont embarquer leur client pendant qu’eux vont facturer à l’heure tout l’investissement qu’il y aura à faire.

Quand on dit qu’une publicité virale ne coûte rien, je répondrais que c’est absolument faux. Si je paye une publicité conventionnelle, je sais quand elle va être en onde, je peux estimer combien de personnes vont la voir et je peux faire une évaluation de l’impact qu’elle aura. Pour une publicité virale, c’est le hasard qui va jouer en faveur ou en défaveur de notre publicité. Parce qu’on ne contrôle pas les Internautes et leurs réactions.

Quand Sony a fait sa campagne avec les blogueurs, ils ont payé des gens pour contacter des blogueurs, les intéresser au projet, leur fournir des équipements Sony, les déplacer, leur donner accès à la création de la publicité… Ça coûté de l’argent tout ça. Dans ce cas-là, le résultat a été bon. Mais le tout aurait pu être un flop total. Il n’y avait aucune garantie de réussite.

Et n’oublions pas que nous sommes aux États-Unis, en version anglophone dans un marché mondial. C’est rentable pour Sony d’être vu autant aux États-Unis, qu’en Angleterre qu’au Canada. Reprenons l’exercice pour un marché comme le Québec. Je suis chef d’une entreprise québécoise et je veux faire connaître mon produit. Un relationniste me propose une campage virale avec des blogueurs. Parce que le “temps d’antenne” est gratis, ça devrait être bon pour la compagnie.

1- Il faut trouver suffisamment de bons blogueurs crédibles prêt à faire la promotion du produit et ayant suffisamment de trafic pour que ça vaille la peine. Gros mandat. Je vois mal un gars comme Patrick Lagacé commencer à verser dans l’info-pub!

2- Le montage visuel ou le travail des blogueurs demeurent en compétition avec les publicités internationales. Si un jeune derrière son écran sur You Tube a le choix entre une vidéo de Nikes qui font toutes sortes d’aventures rocambolesques ou un vidéo sur un aspirateur québécois, votre aspirateur est mieux de savoir sauter haut pour concurrencer Nikes et être vu.

3- La visibilité d’un site ne donne pas la réalité de la visibilité d’une publicité. Exemple, les sites et blogues que je gère génère plus de 6 000 visites par jour. Je ne suis pas dans la catégorie de Patrick Lagacé qui en génère de 10 000 à 25 000 par jour, mais c’est tout de même respectable pour le Québec. Une publicité sur nos sites ne seraient pas vu par les 6 000 visiteurs que nous avons. Parce que j’ai beaucoup de trafic qui viennent dans un but particulier, entre autre, lire ou commenter des textes sur le suicide ou la prévention du jeu compulsif. La publicité pour une balayeuse passerait inaperçu sur mon blogue. Il faut donc trouver les blogueurs qui sont pertinents pour le produit qu’on représente. Et au Québec, je ne pense pas qu’on ait suffisamment de choix pour espérer réussir dans ce genre de mandat.

4- Les blogueurs sont capables d’être très critiques. Cela peut être positif pour une bonne campagne, mais mortel pour un produit qui n’était pas bien préparé pour affronter le cyber-marché.

Je suis suffisamment renseigné sur les blogues et sur l’Internet pour comprendre que si un relationniste me propose une campagne virale pour faire connaître notre organisme, je ne l’engagerai pas. Mais qu’arrivera-t-il aux chefs d’entreprise qui vont faire confiance à un relationniste qui ne connaît pas l’ampleur du travail et des préalables pour soutenir une campagne Internet? Il risque de payer pour l’incompétence du relationniste qui lui, va facturer à l’heure pour apprendre.

Autres textes sur les médias et commentaires du rédacteur sur les médias.

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Le Café-Graffiti “ride again”

Cela fait un certain temps que je ne vous ai pas parlé des jeunes du Café-Graffiti. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas des nouveautés à vous annoncer. C’est qu’il y en a trop, je ne sais plus par où commencer.

Animé par une culture urbaine et underground, le Hip Hop, les artistes du Café-Graffiti sont devenus des professionnels dans leur art. Entreprises, agences de communication, festivals internationaux, cinéma… tout le monde fait appel au Café-Graffiti pour avoir accès à des professionnels du Hip Hop.

Dans sa mission de création d’emploi et de réinsertion, le Café-Graffiti représente ces artistes maintenant devenus des professionnels, mais encadrent et soutient la relève, ceux qui seront les artistes de demain.

Que ce soit les vitrines des magasins Simon’s, l’Hôtel alt quartier Dix-30 à Brossard ou encore celui de Québec, l’aréna des Olympiques de Gatineau, les Francofolies, un décor de 10 000 pieds carré pour le Bal en Blanc, les magasins Oakley, la promotion de Volkswagon au Mont St-Anne ou encore celle au Lac Louise en Alberta, je ne réussis même pas à mettre bout-à-bout la liste de tous les contrats où les artistes urbains ont performés.

Vous pouvez voir plusieurs de leurs réalisations sur le site mis-à-jour du Café-Graffiti. J’en profite pour mentionner que l’organisme n’est pas subventionné. C’est à partir des abonnements à la revue Reflet de Société que nous pouvons continuer notre soutien aux jeunes. Pour la venue du printemps, le Café-Graffiti vous offre aussi un souvenir pour montrer votre soutien à la cause.

Au Québec, les magazines people en baisse de vitesse

Le Print Mesurement Bureau (PMB) est une firme qui certifie le lectorat des magazines membres. Selon leur dernier rapport, présenté par Cyberpresse, seul Star Système et Famous Québec ont réussi à maintenir leur lectorat (augmentation de 1%) tandis que tous les autres magazines à potin en ont perdu.

Échos Vedettes et Dernière Heure ont perdu respectivement 16 % et 29 % de leur lectorat. La Semaine, 7 Jours, Star inc. et le Lundi ont eux aussi connu une baisse de leur lectorat.

75 % des magazines québécois ont une perte de lectorat. Selon le président de PMB le nombre grandissant de publications et la popularité de l’internet justifierait les diminutions.

Claude J. Charron a lancé plusieurs magazines people qu’il revendait par la suite. Avec la conjoncture actuelle que les magazines people, nous pouvons supposer que M. Claude “bonne semaine” Charron ne trouvera pas d’acheteur pour ses magazines.

Les adieux de Nathalie Simard

Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.

Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.

À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.

Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.

Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.

Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.

J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.

Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.

Merci Mme Simard de prendre soin de vous.

Autres textes sur la sexualité et commentaires du rédacteur sur la sexualité.

Autres textes sur le suicide et commentaires du rédacteur sur le suicide.

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Journaliste en prison avec une sentence à vie, finaliste aux Grands Prix 2008 des éditeurs de magazines

Le magazine Reflet de Société, spécialisé dans les sujets sociaux, publie depuis quelques années une chronique d’un prisonnier, Jean-Pierre Bellemare. J’ai connu Jean-Pierre lors de mes années de bénévolat à l’Institut Leclerc, une prison fédérale à sécurité médium. Par la suite, Jean-Pierre a été transféré à la prison de Cowansville. Nous sommes resté en contact par la poste et Jean-Pierre a continué sa chronique dans notre magazine.

À chaque année, l’Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM), organise un concours pour souligner les meilleurs journalistes dans différentes catégories. Pour les Grands Prix 2007, la gagnante dans la catégorie “Chronique d’humeur, billet” a été Geneviève St-Germain de Châtelaine. Les finalistes avaient été Richard Martineau d’Elle Québec ainsi que Bernard Arcan et Serge Bouchard pour Québec Science.

Pour les Grands Prix 2008, les finalistes sont Jean-Pierre Bellemare de Reflet de Société. Les 3 billets présentés étaient:

- Pas banale la vie carcérale.
- Traitement de faveur pour délateurs.
- La sexualité au pénitencier.

Les 2 autres finalistes dans cette catégorie sont Émilie Dubreuil de Urbania et André Marois d’Info Presse.

La remise des prix aura lieu le 30 avril. Une demande de sortie spéciale est demandé à la prison de Cowansville pour permettre à M. Bellemare d’être présent lors de la remise des prix. Si la permission spéciale est refusée, à titre de rédacteur, je serais présent pour le représenter.

Toute l’équipe de Reflet de Société est extrêmement fière de la reconnaissance qui est ici offerte à M. Jean-Pierre Bellemare.

Nous avons envoyé l’information à M. Bellemare par la poste et attendons ses réactions. Nous vous tiendrons au courant de ses commentaires dès qu’ils nous parviendrons.

Voir la chronique de Jean-Pierre Bellemare.

Voter pour ce texte sur Cent Papiers.

Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

Constance Rozon, la soeur de Gilbert Rozon, est la personne en charge de dépister et d’engager les artistes du Hip Hop, autant de la scène locale de Montréal que les artistes internationaux. 

Nous avons rencontré Constance Rozon, responsable de l’introduction de la culture Hip Hop sur les scènes du Festival Juste pour Rire elle a répondu à nos questions.

L’avenir du Hip Hop au Festival Juste pour Rire

Je ne suis pas une personne du milieu Hip Hop. J’ai commencé à faire du repérage de spectacle, notamment pour le théâtre. Par hasard, à New York, j’ai eu la chance de voir un spectacle underground de breakdance. J’ai été charmée. Pendant des années j’ai voulu introduire le breakdance dans le Festival Juste pour rire.

En 2002, le Festival a fait un test et en 2003 on a introduit le Hip Hop à la scène. On tripe et on est content quand on amène un nouveau spectacle, même s’il n’est pas dans la lignée des spectacles d’humour. Gilbert Rozon aime les nouvelles choses. Si on peut aider une culture, quelque chose de nouveau, on va le faire. Ce n’est même pas une question d’argent. Quand on produit les choses que l’on aime, cela fait le succès de l’événement.

Je ne sais pas encore si le Festival Juste pour Rire va décider de conserver le Hip Hop pour 2004. C’est peut-être réservé à une élite. Doit-on investir autant de temps sur une culture qui ne semble pas avoir assez de public? Pourquoi le public n’a pas été présent tout le long des onze jours de programmation pour soutenir les 150 artistes Hip Hop que l’on a présentés?

Les difficultés

Il n’est pas évident de savoir d’où vient le problème. Est-ce moi? Je ne sais pas. Certains artistes sont très sympathiques et fonctionnent bien. Pour d’autres, il m’est arrivé d’avoir à laisser jusqu’à 20 messages avant d’avoir un retour d’appel! Où est la nécessité d’avoir à courir après les artistes du Hip Hop pour leur offrir nos scènes? Je n’ai pas à être une mère pour tout le monde.

On a eu d’autres incidents tels que des rappeurs qui ne se présentent pas pour les sound check, d’autres qui arrivent en retard pour des entrevues avec les médias malgré une confirmation faite la veille.

Quoique dans leur contrat il soit clairement spécifié que personne d’autre que les artistes ne doit être présent dans le back stage, tous leurs amis s’y sont retrouvés (coulisses réservées aux artistes qui se préparent à entrer ou qui viennent de sortir de scène). Il y a eu beaucoup de vol, même que la police a dû intervenir.

Nous avons demandé de voir une pratique pour évaluer leur potentiel avant de confirmer leur présence au Festival. Pour certains groupes, il a fallu attendre de décembre jusqu’à mai! C’est frustrant; moi, ça me vide. Dans le cas d’un certain groupe, nous avions rendez-vous un samedi pour assister à leur pratique. J’ai déplacé quatre personnes du Festival. Sur les 12 artistes prévus, un seul s’est présenté! Ils ont demandé de remettre le tout au dimanche. Le Festival n’est pas habitué de travailler comme cela et a décidé d’annuler la prestation de ce groupe.

Quand je tente de leur ramener cette réalité, je passe pour la mauvaise femme, celle qui fait la morale. Et pendant tout le Festival, les techniciens me mettaient de la pression pour s’assurer que tout baignerait dans l’huile. J’ai vécu un vrai cauchemar. Ça prend beaucoup d’énergie.

Le Hip Hop international

Avec les Européens et les Américains, c’est très différent. Ils ne sont pas en retard aux rendez-vous, au contraire, ils sont d’avance, ils me fournissent rapidement leur matériel, ils sont polis, ne prennent jamais d’alcool pendant les prestations.

Mais on ne peut se comparer avec les Américains. Le bassin de population n’est pas comparable. Là-bas, tout est gros. Une pièce de théâtre qui pourrait tenir l’affiche deux semaines à Montréal, tiendrait l’affiche deux ans à New York. Ici le Hip Hop est une culture underground, à New York, c’est main stream, un comptable va écouter du Rap.

Mon appartement à New York est près des ghettos. Pourtant les gens là-bas ne manquent pas de discipline. Aux États-Unis, les loyers sont tellement chers et il n’y a pas d’assurance comme ici. Peut-être que cela t’oblige à être plus discipliné.

Les artistes étrangers pratiquent beaucoup plus. J’en ai vu se pratiquer à tous les jours, sept jours sur sept, sans même savoir si nous les prenions officiellement. Peut-être parce que les possibilités y sont plus grandes, que cela donne plus d’espoir. En France il y a des festivals partout, les artistes sont mieux payés. Ils prennent cela très au sérieux.

Les solutions

Les artistes de Montréal ne veulent pas avoir un autre travail pour se garder disponible pour un spectacle par mois. Pourtant, avoir un travail te permet d’acquérir une discipline, de te donner une structure, d’établir une relation avec l’autorité, de t’aider dans tes finances… Le travail c’est un enseignement pour travailler avec le monde, pour avoir un équilibre dans ta vie. S’il le faut, prend une journée de congé à ton travail si tu as un spectacle à donner. Quand tu auras à prendre trop de congés, tu pourras laisser ton travail, ton cheminement artistique te permettra de vraiment vivre de ton art.

C’est peut-être à nous les dirigeants de festivals, à faire des échanges pour les supporter, appeler d’autres festivals pour les faire connaître, que le gouvernement leur donne des bourses pour les soutenir. Commencer à créer une raison d’être, à leur donner de l’espoir.

Il va falloir que quelqu’un les aide à s’organiser. Je ne parle pas de gérants d’artistes. Je préfère parler directement avec les artistes. J’ai déjà négocié avec un gérant dont son artiste avait manqué un rendez-vous. Il m’a dit: « Faut vous habituer, c’est ça le Hip Hop. » Non, je ne m’habituerai pas. Tout le monde a des échéanciers à respecter.

Est-ce que je vais pouvoir faire une différence? Est-ce que les scènes vont se remplir? Il y a eu des spectacles comme Kardinal Offishall, un gros nom de Toronto. Il n’y a eu que 300 à 400 personnes. Est-ce que le Hip Hop est un spectacle pour une élite? Est-ce accessible pour un public plus large? Il n’y a rien ici qui centralise l’information et qui peut l’apporter au public. On doit pouvoir faire une différence, les aider, parce que ce sont des artistes de chez nous.

Opinion des représentants de la culture Hip Hop

J’ai fait relire cette entrevue à des membres impliqués et reconnus dans la culture Hip Hop: le producteur d’événement, DJ MiniRodz, le producteur de beat Chilly D, le rapper MGM et à DJ Naes. Après avoir eu ce commentaire: «Ça fait mal, parce qu’elle a raison sur presque toute la ligne», ils décident de mettre sur pied un comité de réflexion sur l’avenir du Hip Hop au Québec. Les artistes arrivaient en retard aux réunions et manquaient visiblement de discipline. Ce qui confirme les dires de Constance Rozon.

Johnny Skywalker mentionne: «C’est vrai que les rappeurs se permettent d’arriver en retard, mais ce n’est pas le cas de tous les artistes du Hip Hop.»

Autres textes sur le Hip Hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/la-place-du-hip-hop-aux-francofolies/

La place du Hip Hop aux Francofolies

Reportage réalisé pour Reflet de Société

Laurent Saulnier est le vice-président à la programmation pour les Francofolies. Le Journal de la Rue l’a rencontré pour mieux faire connaître son point de vue et mettre en perspective la difficulté des jeunes artistes de se faire accepter par cette institution.

Vision du Hip Hop

Personnellement, je dois l’avouer, je suis un fan du Hip Hop. Je ne suis pas un fan du gangster rap*. Je suis plus subtil. Les artistes du Hip Hop sont intelligents, extrêmement bright avec toutes les qualités et les défauts que cela implique. La qualité d’une intelligence vive, rapide d’esprit, avec le défaut d’être rusés, sournois.

Difficultés de la culture

Cependant, je suis un peu triste que la culture Hip Hop tourne en rond depuis un à deux ans. Pas juste à Montréal, mais aussi aux États-Unis et en France. J’ai hâte que quelque chose de nouveau brasse la cage, que le Hip Hop retrouve ses lettres de noblesse.

Il faut de la nouveauté, quelque chose pour nous essouffler. La dernière grande claque a été Saïn Supa Crew. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de groupes Hip Hop qui m’ont impressionné.

Les solutions

Je n’ai pas idée de ce que pourrait être ce changement à venir, sinon je serais millionnaire! Mais je reproche aux gens du milieu Hip Hop québécois de communiquer en circuit fermé. Et ce problème s’accentue. Malgré l’effort d’ouverture il y a 5 ou 6 ans, cela demeure un milieu où il est difficile d’y pénétrer.

À cette époque, les gens du milieu semblaient croire que leur musique pouvait rejoindre tout le monde. Cela a possiblement créé une désillusion totale. Nous sommes tous très contents quand un album Hip Hop se vend à 20 000 copies. Le milieu espérait en vendre 50 ou 100 000! Est-ce que cette désillusion a créé un refoulement? Au lieu d’être plus ouvert, le milieu se retrouve plus refermé sur lui-même.

Des groupes tels que Muzion, malgré qu’ils aient signé avec une grosse boîte comme Vik recording BMG Canada, n’ont pas été soutenus suffisamment par leur maison de disques. Je n’ai pas entendu parler d’un deuxième single pour l’album.

Perception des artistes

Ce n’est pas toujours facile de négocier avec le milieu Hip Hop. Tout découle du nombrilisme du milieu: les artistes se parlent entre eux. Je n’ai pas 22 ans, j’en ai 40. En 1982, j’écoutais Grand Master Flash. Je n’ai pas le même langage que le milieu Hip Hop d’aujourd’hui.

Relation de Laurent Saulnier avec l’underground

Je n’ai pas de difficulté à entrer dans un show Hip Hop. Je ne tiens pas à être ami des gens du milieu Hip Hop ou de n’importe quel autre milieu. Mon travail c’est de faire travailler tout ce monde.

On me considère main stream, comme l’ennemi à abattre. Pourtant, je ne vois rien dans le Hip Hop qui pourrait remplir le Spectrum présentement. Pas un seul groupe Hip Hop, même provenant de la France. Certains me parlent d’un sombre rappeur marseillais. Les gens sont déconnectés de la valeur de certains artistes. Souvent les CD de ces artistes ne sont même pas distribués! Il y a un manque de réalisme.

Relation des Francofolies avec le milieu Hip Hop

Aux Francofolies, on conserve des scènes extérieures gratuites parce que c’est important de leur donner une vitrine. On devrait continuer à les soutenir de cette façon. Nous traitons tous les artistes, locaux ou internationaux sur un pied d’égalité. Il n’y a aucun privilège spécial pour les artistes internationaux. Il n’y a aucune discrimination de sexe, de couleur ou de culture musicale.

Chez nous, il y a toujours des contrats écrits, des ententes claires. Tout le monde a le droit à son contrat qui respecte les engagements envers l’Union des Artistes.

Les solutions

Le message que je pourrais lancer au milieu Hip Hop c’est de faire le «basic» que beaucoup d’artistes ne font même pas. Pourquoi suis-je obligé d’appeler les gérants d’artistes? Ça serait le fun qu’ils m’envoient leur CD et leur matériel. C’est la base. Faites au moins le minimum. On écoute tout ce que l’on reçoit. Je ne demande rien de mieux.

Je crois que le Hip Hop doit trouver la façon d’être une musique de masse, populaire. Les artistes refusent cette ouverture qui leur serait pourtant profitable, pas juste financièrement, mais aussi émotivement.

Autres textes sur le Hip hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/le-hip-hop-et-le-festival-juste-pour-rire-entrevue-avec-constance-rozon/

Rien ne va plus dans le monde du graffiti

Éditorial écrit pour Reflet de Société

Le monde du graffiti vit une période de transition qui risque de faire mal à beaucoup de monde. Certains graffiteurs ont choisi la voie artistique, d’autres, trop souvent, celle du vandalisme. Une tension de plus en plus palpable se fait sentir dans nos milieux.

Un marchand du centre-ville en a attrapé un sur son toit en train de graffiter. Il l’a suspendu par les pieds au-dessus du troisième étage et lui a dit: “Si je te laisse tomber, tout le monde va penser que t’as manqué le pied en faisant ton barbouillage”. Heureusement il l’a redéposé sans passer à l’acte. L’impuissance, la frustration ou la colère de certains commerçants ne légitiment pas cette violence. Nous cherchons comment éviter cette escalade.

Depuis presque sept ans, notre organisme travaille avec les graffiteurs et la culture Hip Hop. Le dossier spécial que nous présentons dans ce numéro nous a permis de réfléchir à l’évolution des dernières années en matière de graffiti. Nous avons rencontré des parents de graffiteurs, des graffiteurs reconnus par leur milieu, les plus jeunes qui les ont pris en exemple, des policiers, des marchands. C’est une histoire qui est loin d’être terminée.

Début des années 80, un artiste, Zïlon, se bute aux portes fermées des galeries. Il décide de graffiter sa créativité sur les murs de la ville. Début des années 90, la culture Hip Hop fait son entrée à Montréal avec les Timer, Flow, Seaz, Stack…La culture Hip Hop apporte ses règles, son éthique et le respect: on ne graffite pas sur les églises ni les oeuvres d’un autre artiste. Il y a une hiérarchie à respecter et des consignes pas nécessairement faciles à comprendre: on peut faire du bombing sur un tag, du graffiti sur un bombing… On ne passe par-dessus un graffiteur qui est plus fort ou plus connu que soi. On ne graffe pas un petit commerçant qui tente de gagner sa vie… Les règles de l’art sont enseignées par les plus anciens aux nouveaux qui forment la relève.

Après 1997, on espère, on fantasme, on rêve de pouvoir canaliser tous ces artistes dans un cheminement artistique et culturel. Le Café-Graffiti va s’y investir. Avec la Ville de Montréal, on dispose de murs autorisés pour permettre la libre expression des jeunes. C’est l’ère des projets novateurs, sous-financés, qui tentent de survivre malgré tout et d’être significatifs. Un certain nombre de graffiteurs deviennent des artistes connus et respectés.

À partir de 1998, nous assistons à une explosion de jeunes qui se disent graffiteurs, sans connaître la culture du milieu. Confus, les anciens se disent: “Ce sont des graffiteurs, il faut les soutenir”. Cependant, ces jeunes ne suivent pas les règles de l’art. Pour plusieurs, ils ne les ont même pas apprises. Trop de nouveaux qui sont dénoncés par plusieurs graffiteurs. Rebelles parmi les rebelles, certains adoptent le vandalisme. Est-ce vraiment de l’art? Le graffiti dérive vers le scratchfiti (graffignage des vitres) et vers l’acide dans les vitres, des moyens de plus en plus destructeurs. Le graffiti, qui se voulait un art urbain pour donner de nouvelles couleurs à des lieux délabrés, passe maintenant à la destruction des lieux. 

Nous constatons les conséquences. Pendant que les marchands demandent plus de répression et accumulent les plaintes, les parents sont dépassés et certains ont tout simplement renié leur progéniture. Certains de ces pseudo-graffiteurs sont recherchés par toutes sortes de personnes, même par d’autres graffiteurs. Des jeunes deviendront peut-être les victimes de gens qui veulent se faire justice eux-mêmes. Gardons notre calme, l’heure est au dialogue.

Parce que la violence attire la violence et que le vandalisme est une forme de violence, nous voulons partager nos préoccupations. Ce dossier graffiti est une occasion d’ouvrir la discussion. Dossier à suivre, qui continuera dans le prochain numéro avec vos commentaires.

Autres textes sur le Hip Hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/le-vandalisme-dans-les-transports-en-commun/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/vandalisme-au-metro-sherbrooke-un-graffiteur-reagit/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/08/quebec-et-gatineau-en-mettent-plein-les-murs/

Lettre ouverte à René Angelil
Le doctorat honoris causa de l’Université Laval remis à Céline Dion

Je vous écris M. Angelil en toute modestie. Je viens d’apprendre que Mme Dion a été proposé et accepté pour recevoir les honneurs d’un doctorat honoris causa de l’Université Laval.

Je suis totalement en accord avec cette reconnaissance pour Mme Dion. Mme Dion est une citoyenne du monde qui a fait rayonner le Québec partout ou elle a passé. Elle est une fierté pour tous et un exemple remarquable.

Ce qui me dérange cependant dans cette remise, ce sont les motivations de l’Université Laval dans le choix de ses candidats et la façon que les candidatures se sont déroulées. Selon le reportage de Louis Philibert-Morissette du journal étudiant de l’Université Laval Impact Campus

Les membres du Conseil Universitaire ont eu peu de temps pour se préparer à débattre de la valeur des aspirants, juge l’étudiant Jean-François Bergeron, qui siège sur le Conseil Universitaire: “Le 4 février à 16h57, j’ai reçu un courriel de l’Université Laval m’annonçant qu’il y avait un dossier à l’ordre du jour concernant les doctorats honoris causa. Ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour étudier les candidatures. La réunion se tenait le 5 février!

Nous apprenions aussi que: 

De l’aveu même du président du comité des doctorats honoris causa, les honneurs donnés par l’Université Laval s’inscrivent dans une stratégie de la ville de Québec, qui souhaiterait les strong>appâter et faciliter ainsi leur visite dans la capitale cet été.

1- On parle d’une stratégie de la ville de Québec !!!

2- On parle du besoin d’avoir d’avoir de gros noms pour le 400e de Québec.

3- On présente le doctorat honoris causa comme un “appât”.

J’ai l’impression que tout cela n’est devenu qu’une mascarade commerciale. On ne veut pas reconnaître le talent des personnalités, on veut bénéficier de leur présence et de leur visibilité.

Désolé, mais je suis obligé de questionner ces motivations.

- Est-ce qu’il y a prostitution de la mission des doctorats honoris causa au profit des Fêtes du 400e?.

- Est-ce vraiment un honneur pour Mme Dion ou une façon de se servir de sa visibilité pour pas cher (lire cheap labor) ?

M. Angelil, j’ai totalement confiance dans votre capacité à négocier pour Mme Dion. Il est évident que je ne serais pas choqué d’apprendre que Mme Dion est prête à accepter son doctorat honoris causa… après les fêtes du 400e. Question de s’assurer que l’Université Laval veut vraiment lui faire honneur et non pas se servir de sa réputation !

http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/21/j-k-rowling-harry-potter-et-un-doctorat-honoris-causa/

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TQS, Remstar et Lucien Rémillard

Lucien Rémillard est le président-fondateur de Remstar, la firme qui a fait l’acquisition de TQS. Remstar est aussi le propriétaire du prestigieux hôtel St-James de Montréal.

Les fils, Julien et Maxime Rémillard auront le mandat de rentabiliser TQS. La Presse Canadienne présente l’orientation que le père donne à ses enfants: “Ne pas chercher inutilement à battre TVA. Allez chercher votre part de marché, sans essayer de dépasser TVA dans une guerre coûteuse et inutile”.

Cette vision et ce mandat que demande Lucien Rémillard m’inspire confiance et rejoint mes convictions les plus profondes. Cela représente tout ce que je peux avoir dit sur les compétitions et les guerres entre médias et entreprises.

Bonne chance au nouveau départ de TQS. Félicitations à Lucien Rémillard pour sa vision du commerce.