You are currently browsing the category archive for the 'international' category.

Être mulâtre, le meilleur des deux mondes?

Reportage écrit pour Reflet de Société

Si j’avais été Blanc ou Noir, je n’aurais pas pu vivre toutes les expériences que j’ai vécues. Au Québec, on me considérait comme un Noir et j’y ai vécu du racisme. Quand j’ai été en Guinée, le pays de mon père, on m’a traité comme si j’étais un Blanc et j’y ai vécu de la ségrégation.

Né à Montréal, d’une mère Française et d’un père Guinéen, je possède trois cultures. Aujourd’hui je peux dire que cela m’a enrichi. Ayant résidé dans un quartier multiculturel et ayant fait mon primaire dans une école consistant en une majorité d’immigrants, je n’ai pas eu de problèmes à cet âge. J’ai été perçu comme un latino. Mes amis latinos voulaient même m’apprendre l’espagnol.

J’ai vécu mes premières expériences de racisme vers l’âge de 7 ans dans un camp de vacances. Parce que ces camps coûtent cher, j’étais, à ce que je me souvienne, le seul mulâtre et le seul Noir. Me faire traiter de nègre par les autres enfants, me faire dire qu’un Noir ne peut coucher à certains endroits, que je ne pouvais pas avoir de chips ou de friandises, que tout cela est réservé aux Blancs…Je ne comprenais pas la discrimination. Moi qui ne faisais pas de différence dans les couleurs de notre peau.. J’ai voulu quitter ce camp de vacances qui était devenu une sorte de prison. Je suis resté et j’ai tenté de m’intégrer. J’ai réussi en me tenant avec les plus délinquants du groupe, en montrant que je pouvais être uni avec eux contre l’autorité et que j’avais les mêmes intérêts qu’eux.

Au secondaire, j’ai été dans une école privée. Il n’y avait pas beaucoup d’ethnies présentes et j’y ai encore vécu du racisme. Malgré que ce soit une école privée, il y avait quelques skinheads très racistes. Pour mieux se cacher tout en s’identifiant,comme uniforme, certains portaient des lacets de couleur. Je n’étais plus juste un nègre, mais j’étais rendu un ostie de nègre… Je n’acceptais pas la situation. Je les ai confrontés. Cette période a été plus agressive.

Même avec certains de mes amis, il y avait beaucoup de blagues sur la couleur de ma peau. Cela n’était pas fait méchamment, mais ça me gossait. Je ne comprenais pas pourquoi on faisait tant de cas avec la couleur de ma peau, surtout de la part de mes amis. J’ai fini par moins y porter attention. J’ai développé de la patience, de la tolérance. Ça m’a permis de m’identifier comme Noir. J’ai pris le temps de rencontrer ces gens, de leur dire ce que je n’aimais pas. Tranquillement j’ai gagné le respect que je méritais.

Plus tard, j’ai revu des gens qui ont été avec moi dans le camp de vacances. Je crois que j’ai réussi à changer leur perception. Naturellement, avec le temps. L’amitié crée des liens qui nous aident à passer par-dessus nos différences. Par la suite, j’ai fait un voyage de plusieurs mois dans la famille de mon père en Guinée. J’ai été traité de Blanc. Cette expérience a raffermi mon côté blanc. Cela m’a fait découvrir le Blanc qui dormait en moi. Cela m’a fait réaliser que la perception des gens autour de moi variait selon leur degré d’ignorance ou de compréhension. Après un moment, j’ai donc accepté que l’on me traite de Blanc. Ce qui n’était pas complétement faux et vice versa. J’ai pu y découvrir mes deux polarités et développer une fierté d’avoir ces deux cultures en moi.

Je n’ai pu changer la situation en Guinée. J’étais le seul mulâtre. Pour eux, c’était nouveau. Quand tu es un Blanc, tu as de l’argent. Tu paies plus cher au marché. Il y a un prix pour les Blancs et un prix pour les Noirs. En réalité, il y a un prix pour les étrangers et un autre pour les habitants de la place. Même pour ma famille, j’étais considéré comme un riche Blanc et j’en ai payé le prix. Plusieurs ont apprécié mon retour dans le pays de mes origines, mais je ne pouvais avoir confiance qu’à quelques personnes de ma famille.

Je n’ai pas souffert de ces expériences. J’ai pris le temps de réfléchir sur la condition humaine, d’en parler avec mon père et quelques amis de confiance. Malgré la frustration qui m’habitait, j’ai développé une meilleure compréhension. Après tout, ce n’est pas de leur faute, ils n’ont pas vu autre chose. Pour les Guinéens, un Occidental c’est quelqu’un qui peut avoir de l’argent comme il veut. Tu peux tout avoir. Des jobs, il y en a à la tonne. Tu es perçu comme une personne ayant eu la vie facile et que tout lui est accessible.

Aujourd’hui je viens de commencer un travail comme intervenant de rue auprès de jeunes marginalisés. Si dans une rencontre, il y avait un mulâtre qui se faisait taquiner par un Blanc, je questionnerais ce jeune. Pourquoi dis-tu cela? J’essayerais de lui faire vivre la situation contraire. Si tu étais le seul Blanc avec 8 mulâtres, aimerais-tu te faire traiter de Blanc, qu’on insiste sur ta différence? Je tenterais de lui faire réaliser, de lui faire vivre l’expérience. Je tenterais aussi de cerner l’origine de ses propos. Ma blonde m’a laissé pour un Noir…Ce n’est pas après les Noirs que tu en as, mais après un homme qui a volé ta blonde. Il aurait pu être blanc, noir, jaune ou mauve. Tu es triste d’avoir perdu ta blonde. Cette souffrance tu la retournes envers tous les Noirs.

En ce qui concerne le mulâtre qui a subi ce racisme, dans le non verbal, je resterais disponible à lui. Une ouverture d’esprit, une présence qui lui permettra de m’en parler quand il sera prêt. Une ouverture dans l’attitude. Je n’ai pas à le victimiser plus qu’il ne l’est déjà.

Au Québec, le racisme est plus caché que dans certains pays d’Europe ou d’Afrique. Je dirais que le racisme est moins évident, mais plus hypocrite. Ce n’est pas tout le monde qui le réalise, mais même tes amis peuvent l’être, parfois sans s’en rendre compte.

En me voyant, j’ai vu des gens changer leur sacoche de côté. Ils avaient peur que je les vole. D’autres me dévisageait ou tournait le regard… Certaines régions du Québec m’ont fait vivre des situations de racisme plus fortes qu’à Montréal. Même pendant la St-Jean Baptiste. Peut-être ne comprenaient-ils pas qu’un ostie de Nègre pouvait fêter la St-Jean Baptiste comme un Québécois pur laine?

Je suis né à Montréal. Je suis très Québécois. Un Québécois pur laine. Une mère Française et catholique, un père Guinéen et musulman. Je suis un Québécois, avec son accent très québécois, un Québécois mulâtre et fier de l’être.

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

Le Hip Hop et le Festival Juste pour rire. Entrevue avec Constance Rozon

Entrevue réalisée pour Reflet de Société

Constance Rozon, la soeur de Gilbert Rozon, est la personne en charge de dépister et d’engager les artistes du Hip Hop, autant de la scène locale de Montréal que les artistes internationaux. 

Nous avons rencontré Constance Rozon, responsable de l’introduction de la culture Hip Hop sur les scènes du Festival Juste pour Rire elle a répondu à nos questions.

L’avenir du Hip Hop au Festival Juste pour Rire

Je ne suis pas une personne du milieu Hip Hop. J’ai commencé à faire du repérage de spectacle, notamment pour le théâtre. Par hasard, à New York, j’ai eu la chance de voir un spectacle underground de breakdance. J’ai été charmée. Pendant des années j’ai voulu introduire le breakdance dans le Festival Juste pour rire.

En 2002, le Festival a fait un test et en 2003 on a introduit le Hip Hop à la scène. On tripe et on est content quand on amène un nouveau spectacle, même s’il n’est pas dans la lignée des spectacles d’humour. Gilbert Rozon aime les nouvelles choses. Si on peut aider une culture, quelque chose de nouveau, on va le faire. Ce n’est même pas une question d’argent. Quand on produit les choses que l’on aime, cela fait le succès de l’événement.

Je ne sais pas encore si le Festival Juste pour Rire va décider de conserver le Hip Hop pour 2004. C’est peut-être réservé à une élite. Doit-on investir autant de temps sur une culture qui ne semble pas avoir assez de public? Pourquoi le public n’a pas été présent tout le long des onze jours de programmation pour soutenir les 150 artistes Hip Hop que l’on a présentés?

Les difficultés

Il n’est pas évident de savoir d’où vient le problème. Est-ce moi? Je ne sais pas. Certains artistes sont très sympathiques et fonctionnent bien. Pour d’autres, il m’est arrivé d’avoir à laisser jusqu’à 20 messages avant d’avoir un retour d’appel! Où est la nécessité d’avoir à courir après les artistes du Hip Hop pour leur offrir nos scènes? Je n’ai pas à être une mère pour tout le monde.

On a eu d’autres incidents tels que des rappeurs qui ne se présentent pas pour les sound check, d’autres qui arrivent en retard pour des entrevues avec les médias malgré une confirmation faite la veille.

Quoique dans leur contrat il soit clairement spécifié que personne d’autre que les artistes ne doit être présent dans le back stage, tous leurs amis s’y sont retrouvés (coulisses réservées aux artistes qui se préparent à entrer ou qui viennent de sortir de scène). Il y a eu beaucoup de vol, même que la police a dû intervenir.

Nous avons demandé de voir une pratique pour évaluer leur potentiel avant de confirmer leur présence au Festival. Pour certains groupes, il a fallu attendre de décembre jusqu’à mai! C’est frustrant; moi, ça me vide. Dans le cas d’un certain groupe, nous avions rendez-vous un samedi pour assister à leur pratique. J’ai déplacé quatre personnes du Festival. Sur les 12 artistes prévus, un seul s’est présenté! Ils ont demandé de remettre le tout au dimanche. Le Festival n’est pas habitué de travailler comme cela et a décidé d’annuler la prestation de ce groupe.

Quand je tente de leur ramener cette réalité, je passe pour la mauvaise femme, celle qui fait la morale. Et pendant tout le Festival, les techniciens me mettaient de la pression pour s’assurer que tout baignerait dans l’huile. J’ai vécu un vrai cauchemar. Ça prend beaucoup d’énergie.

Le Hip Hop international

Avec les Européens et les Américains, c’est très différent. Ils ne sont pas en retard aux rendez-vous, au contraire, ils sont d’avance, ils me fournissent rapidement leur matériel, ils sont polis, ne prennent jamais d’alcool pendant les prestations.

Mais on ne peut se comparer avec les Américains. Le bassin de population n’est pas comparable. Là-bas, tout est gros. Une pièce de théâtre qui pourrait tenir l’affiche deux semaines à Montréal, tiendrait l’affiche deux ans à New York. Ici le Hip Hop est une culture underground, à New York, c’est main stream, un comptable va écouter du Rap.

Mon appartement à New York est près des ghettos. Pourtant les gens là-bas ne manquent pas de discipline. Aux États-Unis, les loyers sont tellement chers et il n’y a pas d’assurance comme ici. Peut-être que cela t’oblige à être plus discipliné.

Les artistes étrangers pratiquent beaucoup plus. J’en ai vu se pratiquer à tous les jours, sept jours sur sept, sans même savoir si nous les prenions officiellement. Peut-être parce que les possibilités y sont plus grandes, que cela donne plus d’espoir. En France il y a des festivals partout, les artistes sont mieux payés. Ils prennent cela très au sérieux.

Les solutions

Les artistes de Montréal ne veulent pas avoir un autre travail pour se garder disponible pour un spectacle par mois. Pourtant, avoir un travail te permet d’acquérir une discipline, de te donner une structure, d’établir une relation avec l’autorité, de t’aider dans tes finances… Le travail c’est un enseignement pour travailler avec le monde, pour avoir un équilibre dans ta vie. S’il le faut, prend une journée de congé à ton travail si tu as un spectacle à donner. Quand tu auras à prendre trop de congés, tu pourras laisser ton travail, ton cheminement artistique te permettra de vraiment vivre de ton art.

C’est peut-être à nous les dirigeants de festivals, à faire des échanges pour les supporter, appeler d’autres festivals pour les faire connaître, que le gouvernement leur donne des bourses pour les soutenir. Commencer à créer une raison d’être, à leur donner de l’espoir.

Il va falloir que quelqu’un les aide à s’organiser. Je ne parle pas de gérants d’artistes. Je préfère parler directement avec les artistes. J’ai déjà négocié avec un gérant dont son artiste avait manqué un rendez-vous. Il m’a dit: « Faut vous habituer, c’est ça le Hip Hop. » Non, je ne m’habituerai pas. Tout le monde a des échéanciers à respecter.

Est-ce que je vais pouvoir faire une différence? Est-ce que les scènes vont se remplir? Il y a eu des spectacles comme Kardinal Offishall, un gros nom de Toronto. Il n’y a eu que 300 à 400 personnes. Est-ce que le Hip Hop est un spectacle pour une élite? Est-ce accessible pour un public plus large? Il n’y a rien ici qui centralise l’information et qui peut l’apporter au public. On doit pouvoir faire une différence, les aider, parce que ce sont des artistes de chez nous.

Opinion des représentants de la culture Hip Hop

J’ai fait relire cette entrevue à des membres impliqués et reconnus dans la culture Hip Hop: le producteur d’événement, DJ MiniRodz, le producteur de beat Chilly D, le rapper MGM et à DJ Naes. Après avoir eu ce commentaire: «Ça fait mal, parce qu’elle a raison sur presque toute la ligne», ils décident de mettre sur pied un comité de réflexion sur l’avenir du Hip Hop au Québec. Les artistes arrivaient en retard aux réunions et manquaient visiblement de discipline. Ce qui confirme les dires de Constance Rozon.

Johnny Skywalker mentionne: «C’est vrai que les rappeurs se permettent d’arriver en retard, mais ce n’est pas le cas de tous les artistes du Hip Hop.»

Autres textes sur le Hip Hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/la-place-du-hip-hop-aux-francofolies/

La place du Hip Hop aux Francofolies

Reportage réalisé pour Reflet de Société

Laurent Saulnier est le vice-président à la programmation pour les Francofolies. Le Journal de la Rue l’a rencontré pour mieux faire connaître son point de vue et mettre en perspective la difficulté des jeunes artistes de se faire accepter par cette institution.

Vision du Hip Hop

Personnellement, je dois l’avouer, je suis un fan du Hip Hop. Je ne suis pas un fan du gangster rap*. Je suis plus subtil. Les artistes du Hip Hop sont intelligents, extrêmement bright avec toutes les qualités et les défauts que cela implique. La qualité d’une intelligence vive, rapide d’esprit, avec le défaut d’être rusés, sournois.

Difficultés de la culture

Cependant, je suis un peu triste que la culture Hip Hop tourne en rond depuis un à deux ans. Pas juste à Montréal, mais aussi aux États-Unis et en France. J’ai hâte que quelque chose de nouveau brasse la cage, que le Hip Hop retrouve ses lettres de noblesse.

Il faut de la nouveauté, quelque chose pour nous essouffler. La dernière grande claque a été Saïn Supa Crew. Depuis ce temps, il n’y a pas eu de groupes Hip Hop qui m’ont impressionné.

Les solutions

Je n’ai pas idée de ce que pourrait être ce changement à venir, sinon je serais millionnaire! Mais je reproche aux gens du milieu Hip Hop québécois de communiquer en circuit fermé. Et ce problème s’accentue. Malgré l’effort d’ouverture il y a 5 ou 6 ans, cela demeure un milieu où il est difficile d’y pénétrer.

À cette époque, les gens du milieu semblaient croire que leur musique pouvait rejoindre tout le monde. Cela a possiblement créé une désillusion totale. Nous sommes tous très contents quand un album Hip Hop se vend à 20 000 copies. Le milieu espérait en vendre 50 ou 100 000! Est-ce que cette désillusion a créé un refoulement? Au lieu d’être plus ouvert, le milieu se retrouve plus refermé sur lui-même.

Des groupes tels que Muzion, malgré qu’ils aient signé avec une grosse boîte comme Vik recording BMG Canada, n’ont pas été soutenus suffisamment par leur maison de disques. Je n’ai pas entendu parler d’un deuxième single pour l’album.

Perception des artistes

Ce n’est pas toujours facile de négocier avec le milieu Hip Hop. Tout découle du nombrilisme du milieu: les artistes se parlent entre eux. Je n’ai pas 22 ans, j’en ai 40. En 1982, j’écoutais Grand Master Flash. Je n’ai pas le même langage que le milieu Hip Hop d’aujourd’hui.

Relation de Laurent Saulnier avec l’underground

Je n’ai pas de difficulté à entrer dans un show Hip Hop. Je ne tiens pas à être ami des gens du milieu Hip Hop ou de n’importe quel autre milieu. Mon travail c’est de faire travailler tout ce monde.

On me considère main stream, comme l’ennemi à abattre. Pourtant, je ne vois rien dans le Hip Hop qui pourrait remplir le Spectrum présentement. Pas un seul groupe Hip Hop, même provenant de la France. Certains me parlent d’un sombre rappeur marseillais. Les gens sont déconnectés de la valeur de certains artistes. Souvent les CD de ces artistes ne sont même pas distribués! Il y a un manque de réalisme.

Relation des Francofolies avec le milieu Hip Hop

Aux Francofolies, on conserve des scènes extérieures gratuites parce que c’est important de leur donner une vitrine. On devrait continuer à les soutenir de cette façon. Nous traitons tous les artistes, locaux ou internationaux sur un pied d’égalité. Il n’y a aucun privilège spécial pour les artistes internationaux. Il n’y a aucune discrimination de sexe, de couleur ou de culture musicale.

Chez nous, il y a toujours des contrats écrits, des ententes claires. Tout le monde a le droit à son contrat qui respecte les engagements envers l’Union des Artistes.

Les solutions

Le message que je pourrais lancer au milieu Hip Hop c’est de faire le «basic» que beaucoup d’artistes ne font même pas. Pourquoi suis-je obligé d’appeler les gérants d’artistes? Ça serait le fun qu’ils m’envoient leur CD et leur matériel. C’est la base. Faites au moins le minimum. On écoute tout ce que l’on reçoit. Je ne demande rien de mieux.

Je crois que le Hip Hop doit trouver la façon d’être une musique de masse, populaire. Les artistes refusent cette ouverture qui leur serait pourtant profitable, pas juste financièrement, mais aussi émotivement.

Autres textes sur le Hip hop:

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/04/le-hip-hop-et-le-festival-juste-pour-rire-entrevue-avec-constance-rozon/

Note2be: outil à proscrire ou outil de démocratisation? 

Suite à la publication de mon billet Le Web 2.0 devant la justice. Est-ce la fin du Web 2.0? sur Cent Papiers, Pierre R. m’a lancé cette question :

J’aimerais connaître votre avis sur cette expérience qui a tourné court en France : la notation en ligne des professeurs. Note2be, un site Internet qui proposait aux élèves d’évaluer leurs enseignants, n’a plus le droit de mettre en ligne le nom des professeurs concernés. Ses créateurs ont fait appel de cette décision, qui devrait faire jurisprudence. Ce cas précis fait appel la justice pour en interdire une notation ad hominem pour protéger les droits des professeurs. En opposition, il y a la liberté pour le citoyen de noter ce professeur au nom d’une information publique. Droit individuel vs droit collectif.

J’ai dû prendre quelques temps avant de répondre à cette épineuse question sur la notation des enseignants par leurs élèves. D’une part, j’ai un emploi du temps épouvantable qui me tient en haleine. D’autre part, parce que je suis déchiré dans la réponse que je vais donner. La réponse étant trop longue pour me limiter à en faire un simple commentaire. J’ai donc décidé d’en faire un billet que je présente à tous. Certains des enseignants qui ont eu la lourde tâche de m’éduquer et de parfaire mes connaissances ont été d’excellents mentor. D’autres ne méritent aucune référence. Dès mon primaire, je me suis retrouvé régulièrement devant le bureau du directeur pour dénoncer l’incompétence de certains enseignants dont je proposais le congédiement. Ce cirque m’a suivi pendant mes 22 années de scolarité! Ce n’est qu’à l’université que j’ai réussi à faire congédier quelques professeurs dont leur enseignement était archaique.Je n’ai jamais eu l’impression qu’on m’ait pris au sérieux dans ma demande de congédiement de certains enseignants. J’aurais bien aimé avoir accès à un tel classement quand j’étais étudiant. Le plus honnêtement possible, j’aurais pu reconnaître les grandes qualités de mes mentors, mais aussi y dénoncer quelques enseignants et certaines lacunes de notre système d’éducation. Cela m’aurait permis de débattre avec d’autres étudiants et peut-être d’adoucir certaines de mes opinions très tranchées que j’avais à l’époque. Et l’inverse aurait été aussi vrai.Tout outil de travail que nous nous donnons a malheureusement ses limites. Il y aurait dérapage. Les mêmes cancres auraient possiblement pris le contrôle de cet outil et nous aurions fini avec un derby de démolition. Mais peut-être aussi qu’avec une bonne modération nous aurions pu conserver un endroit de discussion et de réflexion. Je pense que oui.

En parallèle, je pense au répertoire des écoles du Québec que L’actualité nous présente à chaque année. Répertoire que j’ai questionné pour 2 raisons importantes. D’une part, j’ai vu des directeurs d’école changer leur système de notation pour mieux réussir dans le classement. Leur remontée n’était pas dû à une amélioration des résultats des étudiants, mais à la façon de les présenter. Une école qui était faible en anglais avait divisé leurs étudiants en 2. Les cours d’anglais se donnaient sur la moitié de l’année au lieu de toute l’année. Les moins bons héritaient de la session septembre à décembre, tandis que les meilleurs, ceux qui seraient notés dans le répertoire de L’actualité se retrouvaient avec la session janvier à juin. Belle remontée symbolique.

D’autre part, avec le Père André Durand, nous nous retrouvions à intervenir auprès de plusieurs écoles avec des jeunes qui vivaient des difficultés importantes avec un taux de détresse majeure. L’une de ces écoles figurait bonne dernière du classement tandis qu’une autre figurait toute première. Le classement ne tient pas compte du taux de détresse de ses étudiants. Et cela m’a toujours dérangé énormément. J’imagine un parent bien intentionné et qui décide de tout sacrifier pour envoyer son enfant dans LA meilleure école et qu’en bout de ligne je doive intervenir avec ce jeune pour éviter qu’il ne se suicide. Le choix de LA meilleure école aura-t-il été LA meilleure chose?

Pour conclure ma réflexion, je ne pense pas qu’un outil tel que le Note2be soit problématique. C’est la façon qu’on l’utilise qui pourrait l’être. Et comme certains disent pour l’alcool : La modération a bien meilleure goût.

Voter pour ce texte sur Cent Papiers.

Rap VS Slam

Conférence en France no 16

Une étudiante et artiste, Audrey, avait fait la demande de me rencontrer. Elle n’est pas la seule, quelques autres rendez-vous ont été ainsi fixé pour la semaine prochaine. Des gens qui veulent mieux connaître le Café-Graffiti, d’autres nos techniques d’intervention ou encore ceux qui veulent faire des stages au Québec.

Audrey fait du SLAM. Elle viendra au Québec pendant un mois cet été. Je vais l’aider à prendre contact avec les artistes Hip Hop de Montréal et la tenir au courant des événements qui se dérouleront pendant son séjour. Le Slam est une poésie urbaine mais accapella, contrairement au RAP; qui est aussi une poésie urbaine mais chanté avec une musique.

Le Slam est foncièrement européen. Mais depuis l’an dernier, les différents échanges entre les jeunes ont permis de faire connaître et apprécié le Slam. J’ai eu l’occasion d’entendre Monk-e1, un artiste montréalais, faire maintenant du Slam, en plus du Rap et du graffiti où il excelle. Le Slam a l’avantage d’être plus compréhensible et plus universel pour un public plus large.

Aider Audrey dans sa visite artistique à Montréal n’est pas une première pour le Café-Graffiti. Nous sommes devenu une agence touristique pour des jeunes provenant de plusieurs pays et qui veulent prendre contact avec nos jeunes. Cela a permis des échanges très fructueux et brise l’isolement des artistes.

Textes sur le Hip Hop et le graffiti.

Le microcrédit à la rescousse de Haiti

Les médias nous font part que pour aider les petits commerces à créer de l’emploi et les familles défavorisées dans différentes régions du monde, des organismes d’aide internationale ont créé un concept de microcrédit. En leur donnant accès à un peu de crédit, cela permet à des gens de créer leur emploi.

C’est bien. J’ai hâte maintenant que l’on puisse implanter un tel système au Québec. Quand les banques exigent des prêts qui dépassent les besoins des  jeunes. Quand les jeunes ont de la difficulté à avoir accès à un compte de banque. Avec le refus des banques de gérer des comptes qui sont moins rentables, il n’est pas surprenant de voir que nous poussons nos jeunes vers les pawn shop, le prêt usuraire et le monde illicite.

Si ça fonctionne pour Haiti d’offrir un microcrédit, pourquoi ça ne fonctionnerait pas pour nos jeunes du Québec? Jusqu’où devons-nous les marginaliser et les exclure pour qu’on leur offre des services adaptés à leur besoin?

Les aînés du Japon et les vieux du Québec

Je viens de terminer la lecture d’un article d’Emmanuelle Garnaud dans L’actualité du 1er novembre. Oui, je sais, je suis en retard sur mes lectures. Le salon du livre de Montréal suivi du congrès des journalistes a ralentit ma production des dernières semaines.

Cet article, l’eldorado des têtes grises, nous présente la vision japonaise du vieillissement de la population. Malgré que le Japon soit le pays développé qui vieillit le plus vite, cela semble être vécu très positivement par les Japonais. Il faut dire que les Japonais se prépare au vieillissement de la population depuis 1970!

Leur vision et la réalité est intéressante. Les personnes âgées sont vues comme étant des gens qui ont payés leur maison, terminé leurs engagements financiers envers leurs enfants, qui ont du temps et de l’énergie à investir dans leur société. L’entreprise s’est préparé ont offrant des gammes de produits adaptés au vieillissement de la population. Tout le monde y trouve son compte et est heureux.

Très différent de ce que l’on vit au Québec. On ne cesse de lire dans les médias qu’à cause du vieillissement de la population, on va avoir des problèmes de santé, des problèmes à équilibrer nos budgets… À cause des vieux ça va devenir la fin du monde.

Trois possibilités. Soit que les Japonais ont pris le temps de planifier le vieillissement de leur population pour qu’il se vive dans l’harmonie et la sérénité et qu’au Québec, notre vision court terme nous ait fait manquer le bâteau. Soit que certains médias, avec leur tendance à vendre des mauvaises nouvelles pour conserver et augmenter leur part de marché s’amusent à amplifier les risques de difficultés d’intégration de nos aînés. Finalement, soit que le vieillissement de la population soit devenu le bouc émissaire des politiciens pour cacher leurs erreurs et leurs incompétences. Dans ce choix de réponses, il n’y a pas une bonne réponse. La réalité est souvent un mix de plusieurs réponses.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/31/lucien-bouchard-et-le-travail/

Rédacteur en chef de Reflet de Société/Journal de la Rue

Blogue sur l'actualité sociale et communautaire. Consultez aussi le site du Journal de la Rue pour la liste des activités et des textes de Reflet de Société www.refletdesociete.com Soutenez notre travail d'intervention auprès des jeunes en vous abonnant au magazine Reflet de Société sur WWW.REFLETDESOCIETE.COM (514) 256-9000 journal@journaldelarue.ca

Raymond Viger, écrivain

Raymond Viger, écrivain sur WWW.EDITIONSTNT.COM

Des Honneurs

Café-Graffiti

Café-Graffiti, milieu de vie pour les jeunes. Pour les activités et une visite de la galerie Internet: WWW.CAFEGRAFFITI.NET
Top Blogues CentPapiers - média citoyen