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Les adieux de Nathalie Simard
Plusieurs médias ont annoncé la retraite de Nathalie Simard dans l’industrie du Show Business.
Après un long silence, un silence qui tue, en 2003 Mme Simard fait son coming out et dénonce les abus sexuels qu’elle a subi de la part de son gérant et pédophile Guy Cloutier. S’en suit un procès éprouvant. Il ne faut vraiment pas banaliser la charge émotive d’un tel procès médiatisé pour une victime d’abus sexuel.
À la fin du procès, s’enchaînera à un rythme d’enfer: entrevues médiatiques, lancement d’un livre, création de la Fondation Nathalie Simard, séries de conférences sur les abus sexuels à travers le Québec, une chicane familiale… Un retour à la vie publique dès plus essoufflants.
Ensuite Nathalie Simard planifie son retour à la chanson, sa carrière, sa raison d’être professionnelle. Épuisement, fatique, panique… Les détenteurs de billets pour une tournée trop “booké” pourront se faire rembourser. Nathalie Simard quitte la vie publique, se retire.
Cela n’est pas sans me rappeler plusieurs histoires qui ont certaines similitudes. Un parent qui a perdu en enfant par suicide, une femme qui perd sa soeur dans une tuerie, un père qui a perdu sa fille au main d’un meurtrier, un père dont son fils s’est suicidé à cause du jeu compulsif, un joueur compulsif qui a survécu a une tentative de suicide, un homme séropositif… Lise Mondor, Heidi Rathjen, Pierre-Hugues Boisvenu, Sol Boxenbaum, Did Tafari Bélizaire, François Blais… Et j’aurais pu mettre une quantité énorme de noms.
Lorsque nous traversons des événements qui nous sont pénibles, il n’est pas rare d’observer qu’une des réactions est de vouloir sauver le monde et tous les autres qui passent par les mêmes souffrances que nous. Nous devenons hypersensibles. La cause prend le dessus. Au départ, la mission que l’on se donne peut être une forme de thérapie. Elle peut aussi rapidement devenir un fardeau lourd à porter. Très lourd.
J’ai vu des gens vouloir partir des fondations et des organismes d’intervention. Des gens qui ont fait un burn out, d’autres qui se sont suicidés. Par respect pour les survivants, je ne mettrais pas de noms sur ces victimes qui sont devenues leurs propres bourreaux.
Je suis content d’apprendre que Nathalie Simard a su se respecter et mettre des limites. Question de se respecter. Question de respecter toutes les victimes d’abus sexuels qui se sont reconnues en elle et qui n’auraient pas pu survivre à un burn out qui aurait pu amener à son suicide.
Merci Mme Simard de prendre soin de vous.
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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.
Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.
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Merci à Loto-Québec de nous avoir ruiné rencontre avec Lisa
Propos recueilli par Raymond Viger pour Reflet de Société
Je suis la conjointe d’un joueur compulsif. La première règle pour aider un joueur qui est près de nous est de ne jamais financer ses dettes de jeu. Le joueur doit faire face à la musique. C’est la seule façon de l’aider dans son cheminement. Un accueil inconditionnel, une ouverture d’esprit dans les discussions, ne pas l’accuser ou crier après, mais ne jamais lui avancer de l’argent pour aller jouer.
Je remercie Loto-Québec d’avoir rudement mis à l’épreuve notre couple. Aujourd’hui nous sommes complètement ruinés. Nous en avons pour des années à remonter la pente. Ces difficultés nous ont permis de connaître Gamblers Anonymes pour mon conjoint qui est un joueur compulsif et Gam-anon, pour les proches des joueurs tel que moi. C’est dans ces groupes d’aide que nous avons pu changer notre mode de vie et être beaucoup plus heureux dans notre nouveau cheminement qu’avant.
Avant de tout perdre, nos enfants trouvaient normal que le garde-manger soit plein. Aujourd’hui, après avoir manqué de beaucoup de choses, ils réalisent quelles ne sont pas acquises. Cela se gagne. Les beaux moments que nous pouvons aujourd’hui vivre en couple et en famille, sont possibles parce que nous avons assumé et accepté les difficultés que nous avons rencontrées. C’est en ce sens que je remercie Loto-Québec de nous avoir ruinés. Nous avons eu à passer par là pour découvrir un nouveau mode de vie, réapprendre à goûter aux différents plaisirs de la vie et de la relation.
Je ne souhaite à personne de passer à travers toutes les difficultés que nous avons vécu. Mais je vous souhaite d’avoir la chance d’apprécier un mode de vie qui vous permet de goûter à la magie des relations humaines.
textes sur le gambling.
Autres textes sur Gamblers Anonymes et commentaires du rédacteur sur gamblers anonymes.
Vivre avec un joueur compulsif
Entrevue réalisée pour Reflet de Société
Anne, une belle grande dame qui part de loin. Son conjoint, un joueur compulsif, lui en a fait vivre de toutes les couleurs. Elle partage son cheminement.
Mon conjoint a débuté ses meetings de Gamblers Anonymes. Je me disais que c’est lui qui a un problème, c’est à lui de s’y présenter. Mais il y a une différence entre arrêter de jouer et réapprendre à vivre.
Le jeu de mon conjoint a eu des effets sur ma vie; honte, problèmes d’argent, créanciers, mensonges, double vie de mon conjoint… Je n’osais pas en parler autour de moi, je gardais tout ça secret. J’étais au bout du rouleau. Gam-anon m’a accueilli à bras ouverts. C’est un regroupement de personnes affectées par le jeu de leurs proches. Ça m’a fait du bien de voir que d’autres personnes vivent la même chose que moi. J’ai pu en parler. Ça a fait WOW, je suis à ma place! J’y ai trouvé des outils pour m’aider, regagner mon estime et apprendre comment «dealer» avec le jeu de mon conjoint. J’ai trouvé ça réconfortant de faire mon premier meeting. Je me suis sentie comprise.
Face à ses problèmes de jeux, l’important pour moi a été d’arrêter de vouloir sauver l’autre. J’ai appris à lâcher prise. Je dois commencer par sauver ma peau. Si tu le fais pour l’autre, ça ne marchera pas, tu ne «tofferas» pas la «run». Tu apprends à reconnaître le problème, à comprendre les conséquences. Tu travailles sur toi. Tu n’es pas responsable de la maladie de l’autre.
Quand j’ai commencé Gam-anon, nous sommes arrivés à pouvoir parler le même langage, à nous parler. J’y ai appris qu’il ne fallait pas harceler le joueur, apprendre à vivre et laisser vivre, à rétablir une confiance mutuelle. J’ai compris que je ne peux rien faire pour empêcher un joueur compulsif de jouer. Je suis responsable de moi. J’ai travaillé mon côté impulsif, à pogner moins les nerfs et à retrouver une forme de spiritualité. Je me suis impliquée dans le mouvement pour m’aider.
Quand tu vis avec un joueur, c’est normal de s’inquiéter et de poser des questions. Mais il y a une façon de les poser. Quand je criais après, il se refermait dans sa bulle. Maintenant, pour éviter d’exploser, j’appelle ma marraine et je lui demande de m’écouter. Un parrain ou une marraine, ce sont des bénévoles d’expérience qui t’écoutent et te soutiennent. J’avais tendance à tout dramatiser. Les téléphones avec ma marraine sont un temps de répit pour éviter d’exploser. Après, c’est plus facile de parler avec mon conjoint.
J’ai touché à la culpabilité qui m’habite et à la honte qui m’envahit. En y faisant un peu de place, j’ai appris à recevoir l’amour que je méritais. Je ne vois plus les gens de la même manière et ça se reflète dans toutes les sphères de ma vie. Je peux voir la souffrance des autres et avoir de la compassion au lieu de les juger.
J’ai commencé par reprendre les finances de notre couple. Mon conjoint a dû regagner ma confiance, faire ses preuves. J’ai un compte de banque à moi et je m’assure que les besoins essentiels sont comblés. J’ai rencontré un comité d’allégement financier pour faire un budget, connaître les ententes qui peuvent être prises avec les créanciers… Ce n’est pas à moi d’avoir un deuxième travail pour payer les dettes du joueur. C’est sa responsabilité de rencontrer ses créanciers, de payer ses dettes et de faire face aux conséquences de ses gestes.
L’écriture m’aide beaucoup à me libérer. Je fais mon inventaire quotidien de mes états d’âme, autant positifs que négatifs. Cela me permet de voir comment je vais et de pouvoir agir sur ce qui m’envahit.
J’ai été en thérapie pour moi et aussi en thérapie de couple. J’ai fait ce que j’ai pu pour sauver ma relation et me prendre en main. Il y a de l’espoir pour une vie meilleure. Je me suis donné un mode de vie pour rencontrer de nouveaux amis, avoir de nouvelles activités et solidifier un réseau d’entraide autour de moi. Quand un joueur arrête de jouer, il doit changer ses activités et en trouver d’autres. C’est une belle occasion pour le couple et la famille de se retrouver. À Gam-anon, il y a des meetings, un congrès, mais aussi des soupers, du bowling, des cabanes à sucre…
Un nouveau mode de vie, ça déteint sur toute la famille. Ma fille m’a accompagnée dans certains meetings. Elle aide ses amis à l’école. Si les parents ont des problèmes de jeux, d’alcool ou de drogue, il existe des ressources pour aider les jeunes. Il ne faut pas rester seul, demande de l’aide.
Avec les meetings, face à ma souffrance, je trouve toujours un mot, une parole, un geste pour me toucher et comprendre que je ne suis pas seule. Parfois un seul regard est suffisant.
Le congrès est une belle occasion pour voir comment ça marche. Il y a des ateliers et des formations sur différents sujets qui nous touchent. Des gens de partout viennent partager leur vécu. Si tu doutes que quelqu’un dans ton entourage a des problèmes de jeux, tu n’es pas obligé d’attendre que le joueur arrête de jouer pour venir nous rencontrer. Fais-le pour toi, viens trouver l’aide et le soutien pour passer à travers cette épreuve.
Textes sur le jeu compulsif:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/
Rapports de Loto-Québec: au moins 2 suicides dans les casinos
C’est ce que souligne la Presse Canadienne en se fiant aux documents, finalement obtenus de Loto-Québec par Bill Clennett.
Est-ce que Loto-Québec tente de minimiser la détresse humaine relié au jeu compulsif? Je suis intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Peu de temps après l’ouverture du casino, nous avons eu à intervenir avec de grandes quantités de personnes qui avaient tout perdu au Casino de Montréal et qui voulait en finir avec la vie.
Le Casino de Montréal avait été rencontré. Nous voulions intervenir plus près de la détresse des joueurs, c’est-à-dire, directement dans le Casino. Ce qui m’avais choqué c’était que les dirigeants du Casino nous garantissait qu’il n’y avait pas de problème et qu’il n’y avait pas de matière à intervenir.
Pourtant, les histoires d’horreur n’ont pas cessé de se multiplier. Pourtant, en Suisse, pour qu’un casino puisse opérer, il doit y avoir un intervenant de crise sur place, près à intervenir.
Deux suicides reliés aux casinos nous dit Loto-Québec. Désolé, avec l’expérience que j’ai eu de leur capacité à jouer à l’autruche, je serais porter à dire: “Deux suicides reliés aux casinos que Loto-Québec ne réussit pas à s’en laver les mains”.
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Textes sur le gambling et commentaires sur le jeu compulsif.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
2$; le prix à payer pour devenir un joueur compulsif
Rencontre avec Michel, propos recueillis pour Reflet de Société
Je suis dans un dépanneur et j’attends que le téléphone public se libère. J’entends un bruit de machine. Un homme hystérique vient de gagner un montant d’argent. Je m’avance et lui demande comment ça marche: «C’est pas compliqué. Assieds-toi à côté, prends l’autre machine et je t’explique.» J’ai mis 2$. J’ai gagné 25$. Deux jours après je suis revenu au dépanneur en espérant que le téléphone soit encore occupé pour jouer un peu en attendant. Ce fut le début de ma descente aux enfers.
J’ai été lancé dans un monde de rêve. J’espérais travailler de temps en temps et jouer à plein temps. Quand j’ai été tanné de me conter des menteries, que j’ai voulu arrêter de souffrir, j’ai fait le premier pas vers Gamblers Anonymes. Je pensais qu’ils m’aideraient financièrement, qu’ils me prêteraient de l’argent pour payer mes dettes. Je pensais que j’avais un problème d’argent, pas de jeu. Ils m’ont remis une enveloppe avec les outils nécessaires pour m’aider.
Ce qui m’a frappé le plus à mon premier meeting a été de voir que je n’étais pas seul à souffrir. Je pensais que j’étais seul à être fou. D’autres aussi ont souffert et ils s’en sont sortis. Quand j’ai commencé dans Gamblers anonymes, je voyais des gens qui avaient réussi à arrêter 3 ou 4 ans et je ne les croyais pas.
Je n’avais pas encore touché à mon mal de l’âme. C’est là que j’ai rencontré ma spiritualité. Ce n’est pas une question de religion. C’est quelque chose entre la tête et le cœur. Une petite voix intérieure que j’ai trop longtemps enterrée sous la grosse voix du jeu.
Quand les gens faisaient leur partage, j’étais convaincu qu’ils parlaient de moi, que ma femme les avait appelés pour leur dire ce que j’avais fait. J’y ai appris à m’aimer. Il faut persévérer, revenir. Si tu es gêné, viens avec un ami. Tu n’es pas obligé de t’identifier.
En 1990, il n’y avait que trois meetings Gamblers anonymes par semaine. Aujourd’hui, après l’arrivée des casinos et des vidéo-poker, il y en a plus d’une centaine! L’expansion astronomique de la maladie du jeu a été difficile à suivre. On ne savait pas trop où on s’en allait. Avec leurs expériences, des joueurs provenant des autres fraternités telles Alcooliques Anonymes nous ont aidé à nous structurer. Nous avons travaillé aussi à faire traduire toute la littérature de Gamblers anonymes.
Gamblers anonymes a été important pour m’aider et j’ai aussi utilisé d’autres outils tels la thérapie et surtout l’écriture. Je n’avais jamais écrit sur moi auparavant. J’ai eu mal au poignet tellement j’ai écrit pendant un intensif. C’est une expérience très enrichissante. Une fin de semaine juste avec des joueurs en cheminement, pour se centrer sur soi-même et briser l’isolement. Tu te retrouves dans un climat de sécurité qui te permet d’aller en profondeur dans ce que tu vis, pas juste d’effleurer la surface. Quand je suis sorti de mon premier intensif, je flottais dans les airs. C’est quand tu sors de thérapie ou d’un intensif que la vraie thérapie commence, que tu fais face à la réalité de la vie.
Même si j’ai arrêté de jouer depuis longtemps et que je n’ai plus les obsessions que j’avais au début, j’ai besoin de continuer à m’impliquer, de donner au nouveau ce que j’ai reçu.
La réalité n’est pas toujours facile; créanciers, famille… Tu as l’impression que toute ta vie s’écroule. La honte aussi. Pourquoi moi j’en suis rendu là? Je suis un être intelligent. Gamblers anonymes c’est pas une pilule ou une piqûre magique qui guérit tout instantanément. C’est un mode de vie que je partage avec ma famille et mes nouveaux amis. Mes parents m’ont encouragé. Ils me demandent parfois si j’ai fait un meeting dernièrement. Ils demeurent avec cette peur que je rechute. Ils m’accompagnent dans les meetings quand il y a une occasion spéciale comme fêter une année d’abstinence. Ils viennent aussi au Congrès annuel et rencontrent les nouveaux qui prennent conscience qu’ils doivent arrêter de jouer avant «de se faire la peau». Ils leurs donnent des paroles de réconfort comme ils l’ont fait pour moi: «C’est beau. Lâche pas. T’es capable.»
Avant j’avais le goût de mourir, aujourd’hui j’attrape une grippe et je m’inquiète. Je suis camionneur. Je viens de passer par le New Jersey. Il y avait un tirage pour un gros lot de plusieurs centaines de millions. Je n’ai pas acheté de billet. Mon bonheur intérieur n’a pas de prix.
Je suis heureux de m’être retrouvé. C’est quand tu penses que tu es guéri et que tes finances commencent à remonter que le risque de rechute est le plus grand. On m’a déjà appelé en plein milieu de la nuit pour aider un joueur sur le pont Jacques-Cartier qui voulait sauter. Si tu es vraiment tanné de souffrir, de te conter des menteries, attends pas, viens cogner à notre porte. Nous t’aimerons et t’accepterons tel que tu es. Et si tu viens au Congrès de Terrebonne en juillet prochain, je vais te présenter mes parents: «Lâche pas. T’es capable.»
Textes sur le gambling:
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/08/quand-le-casino-mene-au-pont-jacques-cartier/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
Intervenir auprès des joueurs compulsifs
Entrevue réalisée pour Reflet de Société
Un grand bonhomme bien bâti. Les pommettes rouges. Malgré le grand sourire sympathique qu’il affiche, Martin Alary revient de l’enfer. Pendant la dernière année, l’intervenant a côtoyé la souffrance des joueurs compulsifs dans les bars du Plateau Mont-Royal.
Le projet m’a profondément touché et ému. J’avais à couvrir 20 bars en même temps. Parce que les appareils de loterie vidéo, il y en a partout. Peu importe où tu te trouves, tu es toujours à quelques pas d’un de ces appareils.
J’ai rencontré les propriétaires de bar pour faire accepter ma présence. Je devais respecter une condition: ne pas déranger les joueurs. J’ai commencé par les observer. Leur comportement, leur façon de jouer. Il y a ceux qui jouent, ceux qui observent. Qui attendent LEUR machine. Celle qui va payer.
Je n’ai vu que de la tristesse, de l’isolement. Même si je suis un intervenant d’expérience, je n’ai pu m’empêcher d’être touché par toute cette détresse. Je suis obligé de me questionner.
La déchéance discrète
Un alcoolique va finir par être obligé d’arrêter de boire et vomir tout ce qu’il a ingurgité. Un joueur devant sa machine peut perdre sa chemise et personne ne va le savoir. Il va rentrer chez lui. Souper avec sa femme et ses enfants. Personne ne saura qu’il a perdu l’argent du loyer et de l’épicerie.
C’est un jeune qui me l’a fait réaliser. Il est venu me voir pour me conter comment des huissiers avaient mis un cadenas sur leur logement et que sa famille avait dû trouver un endroit pour dormir. Du jour au lendemain, sans que personne ne se doute de rien, le père de famille, le pourvoyeur, était devenu un joueur en pleine déchéance.
Discrètement, j’ai rencontré des joueurs compulsifs pour tenter de les aider. Pour certains, c’était le déni total. D’autres ne comprenaient pas pourquoi quelqu’un était prêt à les écouter dans leur souffrance.
Comment se fait-il qu’en tant que société nous continuons à stimuler les joueurs en rendant accessible autant de machines? Au restaurant, au bar du coin, on ne prend même plus le temps de les cacher. Si Loto-Québec nous parle de rêves, d’illusions et du plaisir de jouer, moi, je n’ai rien vu de cela face aux machines de vidéo-poker. Souffrance, tristesse, désespoir, isolement, mais surtout de la honte. Une honte qui vous ronge l’intérieur jusqu’à vouloir en mourir.
Des illusions, j’en ai entendues de toutes sortes. Des gens qui étaient convaincus qu’en utilisant toujours la même machine, elle finirait par le savoir, le sentir. Des gens qui embrassent leur machine et qui ont peut-être oublié d’embrasser leur enfant. Des gens qui parlent avec elle, qui n’ont plus personne d’autre pour jaser. Une femme d’un certain âge qui venait de perdre son mari faisait des signes de croix pour attirer des gains!
Le fils d’un joueur qui avait de graves problèmes de jeu a demandé à la serveuse du bar de faire quelque chose pour les aider. Elle leur a dit qu’elle ne pouvait rien faire. J’ai tenté de prendre contact avec ce joueur, mais je n’ai rien pu faire.
Impuissant devant Loto-Québec
Devant toute cette tristesse, cette honte pour la majorité, je suis demeuré impuissant. J’en ai aidé un certain nombre. Après avoir fait une thérapie ou être allé à Gamblers Anonymes, quelques-uns ont pu arrêter de jouer. Mais que puis-je faire, seul, face aux moyens monstrueux dont dispose Loto-Québec pour attirer les joueurs? J’ai l’impression d’aller à la guerre avec un cure-dent ou des punaises.
La majorité des joueurs sait que les machines sont programmées pour toujours vous faire perdre votre argent. Ils savent que seul Loto-Québec est le grand gagnant. Pourtant, on les retrouve anéantis et ils demandent: «pourquoi je suis là-dedans? Pourquoi?» Je n’ai pas trouvé de formule miracle. Je continue de les rencontrer du mieux que je peux. Je passe quelques cartes d’affaires. Je pose quelques affiches, noyées à travers les publicités et l’attrait des machines.
En tant que citoyen, je continue de me questionner. Pourquoi le gouvernement laisse aller tant de souffrances? Pourquoi Loto-Québec ne se responsabilise pas? Pourquoi? Suis-je le seul à voir la réalité de ce qui se passe devant les appareils de loteries-vidéos? Les gens de Loto-Québec descendent-ils de leur tour d’ivoire de temps à autre?
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
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http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

À Loto-Québec de qui se moque-t-on?
Écrit par Raymond Viger pour Reflet de Société
Depuis quelque temps, des documentaires et des reportages publiés dans plusieurs médias traitent des effets pervers du jeu compulsif. Non seulement la souffrance et la détresse des joueurs et de leurs proches y sont soulignées, mais plusieurs journalistes ont questionné fortement l’intégrité et la conscience de Loto-Québec.
Voyant son image ternie par les «méchants» journalistes, les dirigeants de Loto-Québec lancent une campagne de publicité pour redorer leur image corporative et démontrer que Loto-Québec agit en bon père de famille corporatif.
L’intérêt public
Quand les journalistes questionnent les agissements de Loto-Québec, ils font leur travail. C’est d’intérêt public et le citoyen est mieux informé. Leurs médias, eux, vendent des pleines pages de publicité où Loto-Québec vante ses mérites. N’est-ce pas contraire à l’intérêt public? Peut-on décrier dans nos éditoriaux des choses et accepter de passer de la publicité qui va à l’encontre de ce que l’on dénonce? Il y a ici un illogisme flagrant et un manque de respect pour le travail des journalistes et pour les lecteurs.
La vraie mission de Loto-Québec
Les profits de Loto-Québec doivent, dit-on, servir à baisser nos impôts, à soutenir les arts et la culture, faire de la prévention et de l’intervention auprès des joueurs compulsifs. Peut-on accepter que Loto-Québec utilise ces profits pour redorer son image publique? En bon père de famille, Loto-Québec aurait dû accepter la critique et prendre le temps de se remettre en question.
Pourquoi ne pas avoir investi ce budget en prévention? Les prestigieuses commandites de Loto-Québec leur donnent déjà suffisamment une belle image.
Boycott de Loto-Québec
Loto-Québec nous a proposé cette publicité où ils se décrivent comme «une institution consciencieuse qui assure un équilibre entre sa mission économique et sa responsabilité sociale».
Nos principes, nos valeurs et le respect que nous portons à nos lecteurs et aux journalistes nous obligent à la refuser. Nous leur avons demandé de la remplacer par une page de publicité sur la prévention face au jeu compulsif. Malgré qu’ils investissent des sommes importantes pour redorer leur image corporative, ils n’avaient pas de budget pour faire de la prévention! La directrice des communications corporative, Mme Carole Villeneuve, comprenant la spécificité de notre magazine, ne peut rien faire d’autre que d’envoyer une note à la fondation Mise sur toi pour qu’ils pensent à notre magazine lors de leur prochaine campagne. Compte tenu de l’indépendance de la fondation envers Loto-Québec, Mme Villeneuve ne peut cependant rien garantir.
Rien de disponible en prévention
Les publicités de la fondation Mise sur toi ne font pas de prévention. Ils font de la publicité pour offrir des services aux joueurs déjà pris dans les engrenages du jeu compulsif. De plus, la fondation Mise sur toi n’a pas de budget de publicité disponible pour nous pour l’instant.
Personne ne pouvant nous offrir une publicité en prévention, nous avons dû refuser l’offre de Loto-Québec. Financièrement, cela nous fait mal. Très mal (3 350$). Mais nous gardons la tête haute et cela n’a pas de prix.
Finalement, nous avons réussi à obtenir une publicité en prévention de la part du Ministère de la Santé. Est-ce la responsabilité de ce Ministère de prévenir les effets pervers de Loto-Québec et de remplacer la fondation Mise sur toi en ce qui concerne la prévention du gambling?
Nous attendons impatiemment vos commentaires.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy
Entrevue réalisé pour Reflet de Société
Loto-Québec a retiré le contrôle du jeu des mains du crime organisé. Pourtant, la descente aux enfers des joueurs compulsifs s’aggrave. L’ex-croupière Éléonore Mainguy lève le voile sur les stratégies douteuses de Loto-Québec.
Historiquement, le gouvernement a créé Loto-Québec pour supprimer la mainmise des groupes criminalisés sur les jeux de hasard. Le gouvernement de l’époque réagissait à la loterie du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui commençait à faire de l’argent pour financer Terre des hommes (Expo 1967) et le métro. Il y avait de l’argent à faire, pas question de laisser les municipalités en prendre le contrôle. Mais notre société amorçait un dérapage qui nous fera perdre la maîtrise de la gestion du jeu. Même si peu de machines ont été saisies, on évalue que les groupes criminalisés avaient placé un maximum de 25 000 machines de jeu au Québec, Serge Chevalier, sociologue à la Direction de santé publique de Montréal. Loto-Québec les a remplacées par 14 000 appareils de loterie-vidéo dans les bars et 6 000 machines à sous dans les casinos. Mais gare aux apparences: Loto-Québec a augmenté l’accessibilité et le rendement du jeu.
Lorsque les machines sont devenues légales et disponibles partout, plusieurs catégories de personnes sont devenues des joueurs compulsifs alors qu’elles ne l’auraient jamais été avec les machines du crime. Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les revenus d’une machine illégale tournaient autour de 40 000$ par année. Selon le rapport annuel 2004 de Loto-Québec, les appareils de loterie vidéo rapportent en moyenne 78 979$ chacune. Le double du crime organisé!
Loto-Québec a créé un département de marketing pour nous vendre l’illusion et le rêve. Publicité, promotion du jeu, techniques de fidélisation des joueurs, contrôle de l’environnement pour garder le joueur le plus longtemps possible, voyages organisés pour les groupes, spectacles, pressions sur les détaillants pour qu’ils atteignent des quotas de vente de loteries (s’ils veulent, par exemple, une machine pour valider les billets de certains tirages), accessibilité démesurée du jeu partout où l’on va… Tout est mis en œuvre pour répondre à la gourmandise du ministère des Finances.
Nous ne sommes plus à vouloir tasser les groupes criminalisés. Nous sommes à vouloir gagner le plus grand bénéfice possible. Loto-Québec, une société d’État, est devenue une grosse machine qui s’emballe et dont nous avons perdu les rênes. Cela fait contraste avec le crime organisé. Avez-vous déjà vu une pub de criminels pour attirer les joueurs? Loto-Québec ne s’en gêne pas…
Des chercheurs nous montrent des chiffres qui devraient nous alarmer. Des joueurs partagent leur calvaire dans les méandres des jeux gérés par Loto-Québec. De nouveaux témoins se lèvent et révèlent un côté obscur de Loto-Québec. Des gens entraînés pour détrousser des joueurs craquent et témoignent. Des employés de cette «vénérable» institution dénoncent leur employeur. Éléonore Mainguy a été croupière pendant près de quatre années au Casino de Charlevoix. Elle partage avec nous la sombre réalité des casinos mis en place par notre gouvernement. «J’ai été entraînée à identifier les besoins du joueur pour le mettre en confiance, lui donner l’illusion qu’il contrôle le jeu. A-t-il besoin que je lui parle? Que je passe les cartes plus lentement? Quand je change l’argent, est-ce qu’il a besoin de petites coupures pour jouer plus longtemps ou de grosses pour s’emballer?… », relate Éléonore Mainguy.
«Il y avait un lexique de mots que nous ne pouvions pas utiliser: “je vous reviendrai plus tard — je ne peux pas — je ne sais pas…”. Tout devait être fait instantanément pour satisfaire le joueur. C’était une prise en charge complète de ses besoins», explique la jeune femme de 25 ans.
Complice du joueur
Mme Mainguy travaillait à Charlevoix, une petite communauté où tout le monde se connaît et se parle. «J’ai eu à participer aux menteries que les joueurs contaient à leur famille. À l’épicerie, quand je croisais la femme d’un de nos bons joueurs, je restais vague sur mes réponses ou je devais carrément être complice du joueur: “non madame, je ne me rappelle pas avoir vu votre mari… Je ne saurais vous dire s’il a perdu…” On nous entraîne à être des “dignes’’ représentants du Casino 24 heures sur 24.»
«Cette illusion que nous vendons, nous la subissons nous-mêmes dans nos vies et notre quotidien.» Cette représentation va beaucoup plus loin que de simples sourires, décrit Mme Mainguy. Les employés doivent subir la violence des joueurs sans broncher et sans faire réagir les joueurs. «À force de se faire traiter de “petite garce” ou de “petite cr…”, ça finit par te peser sur les épaules, dit-elle. Un joueur régulier passe par toutes sortes d’émotions que nous devons subir sans nous plaindre, sans pouvoir mettre nos limites. Des joueurs deviennent agressifs, frustrés, envahis par des émotions intenses et extrêmes. Nous ne pouvions pas leur dire de se calmer. Il nous fallait subir ces agressions avec le sourire, même quand le joueur est malheureux et dépasse ses limites de jeu — des agressions verbales, psychologiques, presque physiques à l’occasion.»
«Les barmaids dans les clubs ont la responsabilité de refuser de servir de l’alcool à quelqu’un qui dépasse ses limites. Au Casino, en aucun temps, un croupier ne peut suggérer d’arrêter de jouer!», dénonce Mme Mainguy. Juste avant le suicide. S’il y a intervention, elle ne se fera qu’à la toute dernière limite, juste avant que le joueur craque, raconte-t-elle. «À la limite de la dépression et de la folie, on laisse le joueur s’en retourner.» À Montréal, par exemple, certains se sont suicidés dans le stationnement du casino, d’autres ont marché jusqu’au pont Jacques-Cartier, situé tout près.
«Des croupiers auront été les dernières personnes à parler à ces gens avant leur suicide. Sachant le désarroi et la détresse qui habitent une personne dans les instants précédant son suicide, même inconsciemment, cette énergie peut devenir un boulet à traîner pour le personnel du casino», se rappelle l’ex-croupière, encore troublée par son expérience.
Ligne 1-800 bidon
Face à tout cela, avec un service à la clientèle qui se veut hors pair pour faciliter le jeu, on peut supposer que le Casino traite aux petits oignons ses employés se trouvant aux premières lignes. «Non, tranche la jeune femme, il n’existe pas vraiment de service d’aide aux employés, sauf une ligne 1-800 bidon. Même si j’ai travaillé près de 4 ans au Casino, je n’avais pas le droit de l’utiliser, car j’étais considérée comme une employée occasionnelle. Seulement ceux qui ont un statut de temps plein et régulier y avaient droit.»
«Nous avions des cours conçus par des psychologues pour reconnaître les pulsions des joueurs, afin de profiter d’eux, mais rien pour nous aider à passer à travers tout le stress que nous vivions.»
«Quand un joueur a tout perdu à ta table, il te fait sentir coupable. Loto-Québec fait de même: tout est comptabilisé et tu es toujours espionné. Si tu donnes plus de gain à ta table que la moyenne, tes patrons te font sentir que ce n’est pas normal. “Une chance que tu ne paies pas comme ça tous les jours!”, te disent-ils. Si, comme le prétend Loto-Québec, le jeu est un hasard, pourquoi nous culpabiliser quand des joueurs gagnent? Ils savent que le facteur humain peut être contrôlé et ils mettent tout en place pour y arriver.» Aux casinos, il n’y a aucune horloge: on fait perdre aux joueurs la notion du temps…
Croupiers compulsifs
Mme Mainguy a observé que plusieurs croupiers développent eux aussi des problèmes de jeux. «En tant qu’employé de Loto-Québec, tu n’as pas le droit de jouer au Québec. C’est pourquoi nous retrouvons des employés qui s’installent des tables de jeu chez eux.» «D’autres ont des problèmes d’alcool ou encore de cocaïne. Beaucoup pleurent et ont des signes physiques du stress que nous subissons. La durée de vie des croupiers avant de craquer est de 3 à 4 ans en moyenne.» En bout de ligne, tout le monde y perd et nous sommes tous victimes: le joueur, sa famille et son entourage, le croupier. La société aura plus tard à ramasser les pots cassés.
L’argent amassé par Loto-Québec n’est qu’illusion, croit l’ancienne croupière. Aurons-nous les moyens de payer les effets pervers de cet argent pompé sur le dos des joueurs, des familles et des employés de Loto-Québec? demande-t-elle.
Milliards de profits et 20 millions pour le jeu compulsif…
Sur les milliards et milliards de profits, est-ce responsable de redistribuer seulement 20 millions par année en intervention et en prévention auprès des joueurs compulsifs? Éléonore Mainguy partage un de ses rêves. «Je refuse d’endosser les patterns préétablis par nos gouvernements sous prétexte qu’ils existent depuis déjà longtemps», affirme-t-elle. Oui, on est là pour changer ce monde qui se ternit au rythme des aberrations de notre système.»
«Loto-Québec doit arrêter de faire l’autruche et de miser sur la faiblesse des gens. Qu’ils s’assument et qu’ils arrêtent de mentir à la population!», conclut la jeune femme, déterminée à poursuivre son combat sur toutes les tribunes.
NDLR: Pour contacter Éléonore Mainguy.
L’adresse que nous avions publiée pour rejoindre Éléonore Mainguy n’est plus en activation. Nous avons une autre adresse pour la rejoindre. Nous attendons son autorisation pour la publier. En attendant, vous pouvez nous envoyer vos demandes et nous lui acheminerons: journal@journaldelarue.ca
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Anne Panasuk transforme la société
Entrevue que j’ai réalisée pour Reflet de Société.
L’émission Enjeux, de Radio-Canada, pilotée par Anne Panasuk, nous offrait, en 2005, un premier documentaire sur la triste réalité de la présence abusive de Loto-Québec à Schefferville. Un an plus tard, Mme Panasuk retourne à Schefferville pour constater que Loto-Québec n’a apporté aucun des changements promis.
Je me retrouve devant la grande entrée de Radio-Canada. Anne Panasuk me rejoint, toute souriante et désarmante de simplicité. Pour l’occasion, elle a réservé une banquette, dans la «section des riches», à la cafétéria de Radio-Canada, pour y être plus tranquille. Mme Panasuk est une femme ouverte et chaleureuse. Il est facile d’être en relation avec elle.
Il a été très plaisant de rencontrer cette grande dame sensible aux valeurs humaines et sociales. On la sent épanouie dans son travail, heureuse de l’équipe qui l’entoure et soutenue par ses patrons. Des conditions essentielles pour de bons reportages.
Les débuts
Son histoire commence à la Basse Côte-Nord.«Je travaillais avec les Montagnais à titre d’anthropologue (étude de l’espèce humaine, des cultures des différentes collectivités, institutions, structures familiales, croyances, etc.). J’avais à retracer les preuves d’utilisation du territoire, qui serviront aux négociations entre les Montagnais et le gouvernement. J’y ai passé plus de 5 années, à tisser des liens privilégiés avec les Innus. J’ai aussi milité pour la ligue des droits de l’homme.
En 1982, Radio-Canada ouvre une station de télévision et de radio à Sept-Iles. Bien que sans formation journalistique, sa connaissance du milieu la favorise pour l’obtention d’un poste.
«Toute une entrée! La première nouvelle que j’ai eue à préparer a été la fermeture de la ville de Schefferville!» nous raconte-t-elle, encore sous l’effet du choc. L’expérience qu’elle acquiert à Sept-Îles lui permettra de se tailler une place dans les grands reportages pour les émissions Zone libre et Enjeux.
Anne se remémore les événements qui ont précédé ses reportages sur les appareils de loterie-vidéo de Loto-Québec. «Il était prévu qu’un reportage soit fait sur la crise suicidaire qui sévit à Schefferville. Un sujet pas très vendeur. Ça fait 10 ans qu’on parle des difficultés des autochtones. Qu’est-ce qu’on pourrait dire de plus ou de nouveau? J’ai tenté de faire le bilan de la crise suicidaire à travers les portraits complices d’une travailleuse blanche et d’une travailleuse sociale Innue», raconte-t-elle, insatisfaite du résultat.
Les yeux d’Anne s’illuminent. «C’est le sens de l’humour des Montagnais. Malgré la crise, un rire qui dédramatise, une façon de se moquer de soi-même. Je n’ai pas réussi à le montrer à l’écran», nous raconte-t-elle encore sous le charme de ce peuple.
Le scandale
De retour à Montréal, intriguée par ce qu’elle a vu, Anne appelle Loto-Québec pour se renseigner sur les machines installées à Schefferville. «Un communiqué de Loto-Québec mentionne qu’il y a un programme de retrait de ces machines pour les communautés pauvres. En apprenant qu’il y en a plus que la moyenne nationale, j’en conclus que Loto-Québec va les retirer. Loto-Québec est catégorique. «Non.» Le programme de retrait vise les bars qui ont de 1 à 4 machines. À Schefferville, chacun des deux bars en a cinq!» résume-t-elle, dépassée par l’aberration de la situation. Elle rencontre son patron, Jean Pelletier, qui crie au scandale. «On fait un reportage là-dessus, on y retourne», lui a-t-il dit en gesticulant.
Loto-Québec, muet comme une carpe
Anne commence son enquête. «Loto-Québec ne m’a fourni aucune aide, aucune information, même en passant par la loi d’accès à l’information. J’ai dû appeler chaque établissement un par un, dans plusieurs régions, vérifier le nombre de machines…»
«Les appareils ne sont pas accessibles dans les communautés autochtones. On les retrouve dans les villages avoisinants. Juste à traverser la rue, et le conseil de bande n’a plus de juridiction. Il est impuissant face aux réglementations des blancs.»
«Les deux propriétaires des bars de Schefferville voient le mal que les machines occasionnent. Mais avec des revenus de 4 millions par année, leur procurant près d’un million de ristournes, difficile de dire «non merci.» Quant aux employés de ces bars, ils ne reçoivent pas de pourboire pour échanger tous les tickets qui sortent de ces machines, ni un salaire décent pour gérer la colère de ceux qui perdent leur revenu mensuel», nous décrit-elle, découragée de la situation.
Qui est responsable?
«La fondation Mise sur toi et la Régie régionale de la santé sont catégoriques: les communautés autochtones sont de juridiction fédérale. Il n’y a rien à faire. Au fédéral, il n’y a aucun programme pour le jeu compulsif, fait remarquer Anne, incrédule. On se lance les dés d’une juridiction à l’autre. Des autochtones, de juridiction fédérale, perdent des millions dans des machines de juridiction provinciale. Les profits s’en vont aux deux propriétaires de bars et rien ne revient à la communauté pour contrer les effets pervers du jeu».
Les jeunes sont écoeurés
«Pendant ce temps, le bingo retentit à la radio communautaire six soirs par semaine. Le bingo peut même se faire en quatre langues, ce qui augmente le temps de jeu. Même si on perd beaucoup moins d’argent avec le bingo qu’avec les machines, ce sont les jeunes qui souffrent de ne pas avoir de relations avec leurs parents, prisonniers de ce bingo tous les soirs», a-t-elle remarqué. «Les jeunes sont écoeurés de perdre leurs parents dans les salles de bingo ou devant les machines. Ils veulent les ranger et les serrer au loin».
Une communauté qui se prend en main
«Suite au premier reportage, l’Institut culturel éducatif Montagnais (ICEM) est consterné par ce qui se passe à Schefferville. Il embauche un intervenant et fait rouvrir la maison des jeunes. Celui-ci organise des activités pour les jeunes, répare et rouvre l’aréna. Le directeur de l’école ouvre un club des petits déjeuners. Ni Loto-Québec, ni la Fondation Mise sur toi, ni la Régie régionale de la santé n’ont participé à cet effort pour soutenir les jeunes. Seule la communauté Innue s’est impliquée. Une mobilisation pour réparer les pots cassés par les autres».
L’aide de Loto-Québec, un festival d’humour
«Le directeur général de Loto-Québec, Alain Cousineau, a promis, en conférence de presse, de l’aide pour plusieurs endroits, notamment Schefferville. Mes nombreux appels pour connaître les détails de cette aide demeurent sans réponse. Je venais d’arriver à Schefferville pour préparer mon deuxième reportage, lorsque la fondation Mise sur toi a appelé». Elle me décrit cette scène avec le sourire, presque jouissif, d’un enfant qui vient de prendre quelqu’un en défaut. «La fondation Mise sur toi veut sensibiliser les propriétaires de bar et leurs employés à reconnaître les signes d’un joueur compulsif et comment le référer à une ressource appropriée. Seul hic: il n’y a pas de ressources. De plus, les ressources dans les autres villes doivent être capables de recevoir des gens qui parlent Montagnais ou encore Naskai! Il n’y a même pas un intervenant sur place! Heureusement que les Montagnais ont le sens de l’humour».
«Les deux propriétaires connaissent tout le monde. Ils savent déjà qui a un problème de jeu», affirme-t-elle, découragée. Cette sensibilisation a eu lieu le 27 avril 2006, plus d’une année après le premier reportage d’Anne Panasuk et son équipe.
Loto-Québec veut-il détruire notre société?
«Malgré mes deux reportages, je ne pense pas que Loto-Québec veuille détruire sciemment la société. La société d’État ne réfléchit pas. Elle ne fait que répondre à un mandat du ministère des Finances et agit en conséquence. Il faut poser plus de questions à nos élus. Le jeu représente 4 milliards de revenus par an. C’est 3 centres hospitaliers universitaires par année!» décrit-elle, insultée par la situation.
Retrait des machines
«De retour à Montréal, après mon 2e reportage, un cadre de Loto-Québec, M. Vincent Trudel, me contacte pour m’aviser de la décision de Loto-Québec de retirer 2 des 10 machines de Schefferville et diminuer les heures de disponibilité des machines restantes. Cet événement démontre que Loto-Québec peut faire des changements. Pour y arriver, faut-il leur tordre un bras et les acculer au pied du mur?»
Quelques semaines après l’entrevue, Mme Panasuk apprenait que l’un des propriétaires de bar a sorti les machines de Loto-Québec et va fermer son bar. Le conseil de bande a voté une résolution en ce sens.
Félicitations à Mme Anne Panasuk
Je profite de cette occasion pour féliciter Mme Anne Panasuk et son équipe pour la réalisation de ces deux reportages. Les gains obtenus à Schefferville auront été ardus. Ils ont été réalisés grâce à la ténacité, la persévérance et à la qualité du travail journalistique de Mme Panasuk. Son sens de l’observation l’a menée à remettre en question le nombre de machines de Loto-Québec à Schefferville. Cette sensibilité fait d’elle une excellente journaliste. Un journalisme qui fait changer les choses et la société.
Le Journal de la Rue dénonce Loto-Québec depuis 1994. Nous sommes heureux de voir que d’autres médias prennent la relève et questionnent cette société d’État.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Gamblers, toxicomanes ou alcooliques?
Lors d’une visite sur le blogue de Toxico Québec, quelques statistiques attirent mon attention: “Au Québec, le pourcentage de toxicomanes du jeu (joueurs compulsifs), se situe, selon les études, entre 2,1 et 5% alors qu’il n’y a que 0.9% de toxicomanes (drogues illicites) et 1.9% d’alcooliques”.
Des chiffres qui peuvent faire réfléchir sur les conséquences que le jeu peut avoir sur les Québécois.
Toxico Québec a mis en ligne un blogue sur les différentes addictions: drogues, alcool et jeu compulsif. Même si le site Toxico Québec existe depuis de nombreuses années, le blogue semble être tout nouveau, quelques semaines seulement.
Il n’y a pas de commentaires sur les textes publiés, mais le trafic généré par le site semble indiquer que beaucoup d’Internautes se questionnent sur ces problématiques.
Textes sur le gambling, commentaires sur le jeu compulsif.
Cigarettes et loterie dans les dépanneurs
Dans le Journal de Montréal du 7 décembre, Yvon Laprade souligne que Québec s’apprête à dicter aux détaillants comment “cacher” les produits du tabac à la vue des consommateurs.
Selon Wikipédia, auQuébec, 5% de la population admet avoir un problème de jeu compulsif. Les problèmes de jeu d’un joueur compulsif touchent une dizaine de personnes (conjoint, enfants, amis, employeurs…). C’est donc dire que près de 50% de la population est affecté par le jeu compulsif.
Toujours selon Wikipédia, chercheurs, intervenants, gouvernement et Loto-Québec s’entendent pour dire (à des degrés différents) que l’accessibilité est un facteur déterminant dans le développement du jeu compulsif.
Si nous considérons que les produits du tabac sont nocifs et que pour en réduire les méfaits il faut éviter d’en faire la publicité et éviter de montrer le produit, ne devrions-nous pas étendre ce principe aussi aux loteries? Le gouvernement est-il incohérent dans sa volonté de nous garder en santé?
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/18/richard-martineau-et-le-tabac-au-cinema/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/02/medecin-chercheurs-et-les-cigarettes/
Textes sur le gambling, commentaires sur le jeu compulsif.
Suicide, Bill Clennett, Loto-Québec et le jeu compulsif
L’an dernier, j’avais félicité Bill Clennett pour son implication contre Loto-Québec. Bill Clennett tentait de connaître la vérité sur le nombre de suicides reliés au jeu compulsif dans les casinos du Québec. Loto-Québec tentait, par tous les moyens, d’éviter d’avoir à présenter la réalité du suicide dans ses casinos.
Radio-Canada nous annonçait que M. Bill Clennett avait réussi à gagner en cour d’appel contre Loto-Québec. Loto-Québec devra nous parler “honnêtement” de ce qu’il se passe dans les casinos.
Étrange que l’on doit aller en cour contre une société d’État pour tenter de connaître la vérité. Étrange que cette même société d’État, après avoir perdu une première fois, ait été en appel pour éviter de nous présenter la vérité. Une société d’État n’est-elle pas censée être au service de sa société?
Textes sur le gambling et le suicide. Commentaires du rédacteur sur Loto-Québec et le suicide.
Guide d’intervention sur le suicide et les endeuillés du suicide.
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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.
Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.
Le livre, au coût de 4,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4
Le banquier, la religion et le gambling: Dieu n’est pas un joueur
Dimanche soir. Je reviens du travail avec ma conjointe Danielle. Nous n’avons pas encore soupé. Une émission que Danielle regarde de temps à autre débute. Le banquier avec Julie Snyder. Nous décidons de souper dans le salon en même temps que l’émission. Une façon de se déconnecter du boulôt pendant quelques instants.
C’était la première fois que je regardais cette émission. Un diacre tente sa chance pour rénover son église. Pendant toute l’émission, ce religieux ne cesse de dire que c’est Dieu qui a mené ce projet, qu’il est convaincu de repartir avec le gros lot… Rien ne peut l’arrêter. Avec ses fidèles, ils se mettent à prier Dieu pour de meilleurs résultats.
Avec une foi inébranlable, il ira jusqu’au bout, convaincu que Dieu le soutient. Après avoir eu une offre de 182 000$ qu’il refusera, il s’en retournera réparer son église avec 500$.
J’ai rencontré beaucoup de gens avec des dépendances de toutes sortes. Toxicomanes, alcooliques, dépendants affectifs, gamblers… Les joueurs compulsifs prient Dieu pour gagner, lui fait toutes sortes de promesses… Les gamblers sont supertitieux et ont toutes sortes de rituels.
Je suis navré pour cet homme d’église qui est retourné bredouille dans son quartier avec 500$ après avoir reçu une offre de 182 000$ qu’il a refusé. Mais il aurait fait un grand tort aux citoyens si sa foi en Dieu avait été récompensé et avait gagné le gros lot.
Son échec de gagner le gros lot va peut-être aidé des joueurs prisonniers de leurs machines à sous. L’exemple est maintenant donné que vous pouvez arrêter de prier Dieu pour gagner à la loterie. Dieu n’est pas un joueur. Votre spiritualité ne pourra pas se vivre derrière une “slot machine”.
Pour ceux qui auront été ébranlé par l’expérience de cet homme d’église, c’est maintenant l’heure d’appeler les ressources d’aide pour joueurs compulsifs:
Gamblers Anonymes: Groupe de soutien. Pour le Québec: 1-866-484-6664, États-Unis: 212-386-8789
- CASA . Centre de traitement de dépendance pour toxicomanes et joueurs compulsifs, c’est le «le premier centre de thérapie certifié au Québec».
Premier entre spécialisé au Québec dans la prévention et le traitement de la codépendance et des multiples dépendances : affective, émotive, dépendance au jeu, au sexe, à la nourriture, au travail, à la drogue, à l’alcool, etc.
Textes sur le gambling, commentaires sur le jeu compulsif.
Voter pour ce texte.
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Si tu as joué récemment. Si tu te sens coupable après avoir joué. Si tu trouves que tu joues plus longtemps que tu ne l’avais prévu. Si tu joues plus d’argent que tu n’aurais voulu. Si le gambling ne représente plus un jeu. Il est peut-être temps de regarder pour des ressources pour t’aider. Parles-en. Ne reste pas seul avec ce que tu vis. Tu n’es pas seul à vivre des difficultés dans la gestion de ton jeu.
Si ton jeu te fait mal. Tu cherches comment arrêter de jouer. Je te laisse quelques références, des lignes d’écoute, des sites Internet, des centres de traitement et de thérapie pour t’aider dans ta démarche. Ne reste pas seul. Appelle et mise sur toi.
Gamblers Anonymes: Groupe de soutien. Pour le Québec: 1-866-484-6664, États-Unis: 212-386-8789
- CASA . Centre de traitement de dépendance pour toxicomanes et joueurs compulsifs, c’est le «le premier centre de thérapie certifié au Québec».
- Centre Dollard-Cormier. (514) 385-0046
- Maison Jean Lapointe. (514) 288-2611
- Pavillon Foster (Anglais et Chinois) (514) 486-1304
- Orientation Praxis (514) 723-2585
- Centre de prévention et de traitement de la codépendance et des multiples dépendances (CAFAT) .
Premier entre spécialisé au Québec dans la prévention et le traitement de la codépendance et des multiples dépendances : affective, émotive, dépendance au jeu, au sexe, à la nourriture, au travail, à la drogue, à l’alcool, etc. - Gambling Research and Treatment Center . University of Connecticut.
- Gambling Research Unit . University of Sydney (Australie).
- Jeu : aide et référence . Québec (514) 527-0140
- National Center for Responsible Gaming . Kansas City.
- National Council on Problem Gambling . Site américain.
- PAF rétablissement financier O.S.B.L.F .
Organisme sans but lucratif situé à Montréal et offrant un service de fiducie pour les joueurs excessifs. C’est un service unique en son genre, fort utile pour le joueur qui désire se rétablir.
- Responsible Gambling Council (Ontario) .
- S.O.S. Joueurs .
Association française venant en aide aux joueurs compulsifs et à l’entourage de ceux-ci. Elle offre, en autre, des services de référence; d’aide et de traitement.
Textes sur le gambling, commentaires sur le jeu compulsif.
Les 50 ans de Gamblers Anonymes
Même si les problèmes de jeu compulsif sont plus récents au Québec, Gamblers Anonymes existent depuis maintenant 50 ans à travers le monde. Pour souligner cet événement, dans le numéro d’août de Reflet de Société, un témoignage touchant est présenté par un joueur qui a connu autant de grandes heures de gloire qu’une déchéance des plus terribles.
Le témoignage est accompagné d’encadré situant la problématique du jeu compulsif au Québec.
Pour plus d’informations sur les événement entourant le 50e anniversaire de Gamblers anonymes ou si encore si le jeu vous fait souffrir, appelez Gamblers Anonymes au (514) 484-6666 ou 1-866-484-6664.
Textes sur le gambling.
Les élections américaines, le sexe et les loteries
Les élections américaines attirent de moins en moins d’électeurs aux urnes. L’Agence France-presse nous rapporte que les sénateurs et gouverneurs américains ont opté pour une campagne publicitaire sexy!
Comment peut-on demander à ces autorités de légiférer sur l’hypersexualisation des jeunes et de tempérer les ardeurs publicitaires d’entreprises privées qui utilisent des messages sexistes s’ils sont, eux-mêmes, dans le même bateau de l’érotisme?
Une autre idée est à l’étude: le tirage au sort d’un prix d’un million pour favoriser le retour aux urnes des électeurs américains!
Ces deux idées sont complètement absurdes et ridicules. Il est important que les citoyens remplissent leur rôle et aillent voter. Il est important d’éduquer la population en ce sens. Mais il est ridicule de se servir du fast-food publicitaire avec des incitatifs sexuels, sexistes, érotiques ou encore financier pour que les gens se déplacent et exerce leur responsabilité citoyenne. L’objectif n’est pas d’attirer n’importe qui n’importe comment et qui vont se déplacer que pour avoir une chance de gagner le million. Ce sont des citoyens responsables qui ont pris le temps de se questionner sur leur geste démocratique. Qui ont décidé de voter pour un parti ou pour un autre.
Et si malgré l’éducation et la sensibilisation, les gens ne se déplacent pas pour aller voter, ce sont les politiciens qui doivent se questionner. Comment se fait-il que leurs citoyens ne croient plus en leur travail? Comment se fait-il que les citoyens considèrent que ça ne vaut plus la peine de voter? Est-ce parce que les dés sont pipés et que les politiciens n’en font qu’à leur tête?
Qui est le vrai responsable de ce désistement démocratique?
Autres textes sur la sexualité et commentaires du rédacteur sur la sexualité.
Loto-Québec sexiste, 2 à 0 pour Radio-Canada
Nous venons d’apprendre aux nouvelles de Radio-Canada que Loto-Québec vient de retirer sa publicité sexiste pour attirer les jeunes adultes de Boston au Casino de Montréal via une annonce Internet, «matchplay.com». La fermeture de ce site sexiste nous montrant de pulpeuses et juteuses filles décoltées s’est fait une heure après que Radio-Canada ait rapporté les événements. Une publicité de mauvais goût.
Dans mon blogue du 5 avril dernier, je félicitais Mme Anne Panasuk de Radio-Canada pour son reportage sur les machines vidéos à Shefferville. Suite à son reportage, Loto-Québec avait retiré des machines et diminué les heures d’accessibilité de ses appareils loteries-vidéos.
Nous en sommes donc à au moins deux reportages de Radio-Canada qui oblige Loto-Québec à se raviser et à changer son fusil d’épaule. Je n’aurais jamais été aussi fier d’avoir une télévision d’état qui fait un excellent travail de journalisme.
Mais revenons à cet événement qui me donne la nausée. Loto-Québec fait de la publicité en faisant passer les filles du Québec pour des filles faciles! Loto-Québec ne mousse pas son casino, il mousse les seins et les poitrines de nos filles! Épouvantable. Et qu’est-ce que leur porte-parole, Jean-Pierre Roy a à nous répondre sur cette publicité: «C’est vrai que c’était une approche risquée… nous ne voulions pas dénigrer les femmes… Nous nous excusons si cela a pu choquer des gens… et bla bla bla…»
Est-ce que Loto-Québec en serait rendu à vouloir légaliser la prostitution pour permettre de faire une meilleure promotion de son casino? Nous ne cessons de parler de l’importance de l’égalité et du respect des femmes dans notre société. Et voilà qu’une société d’État s’amuse à «miser» sur les attributs sexistes pour attirer les touristes!
Impardonnable. Il me semble que des têtes ont déjà roulé pour moins que ça. Doit-on congédier les gens qui s’occupent du marketing chez Loto-Québec ou ceux qui ont donné le mandat de faire passer une telle publicité qui n’a pas sa raison d’être?
Merci aux journalistes de Radio-Canada. Vous avez fait plus qu’un reportage. Encore une fois, vous avez été notre conscience sociale.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/05/anne-panasuck-loto-quebec-et-shefferville/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/09/loto-quebec-le-journal-de-montreal-et-lacces-a-linformation/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Textes sur le jeu compulsif.
Gam-Anon, les proches des joueurs compulsifs et Gamblers anonymes
Il y a plus d’une centaine de meetings Gamblers Anonymes à travers le Québec. Ces rencontres gratuites permettent à des joueurs compulsifs de se retrouver ensemble pour se soutenir face à leur volonté d’arrêter de jouer.
Il existe une autre fraternité d’entraide proche de Gamblers Anonymes mais moins connu; Gam-Anon. Cette fraternité regroupe les conjoints, les enfants et tous les proches du joueur compulsif pour les aider à s’assumer face aux gamblers.
Un joueur compulsif trouble et dérange plus d’une dizaine de personnes autour de lui. Nous pourrions supposer qu’il y aurait 10 fois plus de meetings Gam-Anon. Pourtant non. Gam-Anon a de la difficulté à remplir ses salles de rencontres et il n’existe qu’une dizaine de meetings à travers le Québec.
Il y a pourtant un principe de base en intervention. Si tu veux aider quelqu’un, tu dois aussi accepter d’être aidé. Si je veux aider un gambler à découvrir un nouveau mode de vie, il faut que j’accepte que j’ai aussi des choses à travailler sur moi. D’où l’importance de cette fraternité Gam-Anon. Pour les Alcooliques Anonymes, il existe l’équivalent, Alanon. Pour Narcotiques Anonymes, il existe Nar-Anon… Même pour les adolescents, il y a Alateen, une fraternité spécialisée dans l’entraide auprès des adolescents vivant près d’une personne alcoolique.
Les ressources pour nous aider à intervenir auprès d’un proche qui vit des difficultés sont là. N’hésitez pas à les utiliser.
Gamblers Anonymes et Gam-Anon (514) 484-6664 ou 1-800-484-6664
Narcotiques Anonymes (514) 249-0555 ou 1-800-463-0162
Nar-Anon (514) 725-9284
Alcooliques Anonymes (514) 376-9230
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
Textes sur le gambling.
Loto-Québec, les gracieusetés et les joueurs compulsifs
Je prépare un reportage sur un joueur compulsif. L’article va paraître dans le numéro de décembre du magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société. Ce joueur compulsif, maintenant membre de Gamblers Anonymes et abstinent du jeu depuis plusieurs années, m’a fait des révélations surprenantes qui devraient intéresser les hautes sphères de Loto-Québec.
Pour situer le contexte, ce joueur compulsif a été un gros joueur. Quand je dis un gros joueur, il a été vraiment un gros joueur. À un point tel que Loto-Québec ne lui refusait rien. Monsieur était tanné de souper dans les restaurants du Casino de Montréal. Pas de problème, la limousine l’attendait pour lui payer un souper en ville. Spectacles, voyages, golf et toutes les gratuités que vous pouvez imaginer et même plus…
Vous me direz que c’est normal qu’une entreprise telle Loto-Québec soigne aux petits oignons ses meilleurs clients. Un pourcentage des profits de Loto-Québec sert à payer toutes ses gâteries aux gros joueurs. Nous pouvons tous penser, y compris les gros salariés de Loto-Québec du département de marketing, qu’avec ces cadeaux, cela permet de fidéliser les gros joueurs et de les revoir plus souvent au Casino.
Et bien détrompez-vous. Ce joueur admet dans son entrevue qu’il n’allait pas au Casino de Montréal parce qu’il recevait des gratuités et que ses moindres caprices étaient assouvis. Il allait au Casino de Montréal parce qu’il était un joueur compulsif, un malade, pour qui le jeu était une obsession. Même sans aucun cadeau, il se serait retrouvé au Casino à jouer les mêmes montants.
C’est donc dire que Loto-Québec dépense inutilement ses cadeaux pour les gros joueurs. C’est aussi dire que Loto-Québec dépense mal nos taxes en investissant sur ces joueurs qui, de toutes façons, n’ont pas besoin des encouragements de Loto-Québec pour jouer. Ces argents, au lieu de payer toutes ces gratuités inutiles pour les gros joueurs auraient pu retourner dans les coffres de l’état et baisser nos dettes et nos impôts.
Un petit cadeau pour monsieur-et-madame-tout-le-monde, peut-être que ça ramène des gens au Casino. Les gros cadeaux dispendieux pour les gros clients, complètement inutiles! Remarquez que les gens de Loto-Québec ne seront pas contents d’apprendre cette nouvelle. D’une part, cela veut dire moins d’employés de Loto-Québec qui vont partir en voyage pour accompagner les gros joueurs dans toutes sortes de voyages. Cela veut aussi dire moins de travail pour le département de marketing qui pourra couper quelques postes de travail de créateur qui veulent nous vendre l’idée de jouer. Et si Loto-Québec ne veut pas admettre cette réalité, j’espère que le Ministre des Finances l’entendra et récupérera les sommes qui nous sont dûs pour baisser nos impôts.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/09/loto-quebec-le-journal-de-montreal-et-lacces-a-linformation/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Textes sur le jeu compulsif.
La Fondation Mise sur toi, le Ministère de la Santé et la publicité
La Fondation Mise sur toi, financé à même les fonds de Loto-Québec, a une mission d’aider les joueurs compulsifs à se prendre en main et d’éviter la propagation de cette maladie qu’est le gambling.
Notre magazine, Reflet de Société, a eu la chance d’avoir en même temps, dans le même numéro, une publicité de La Fondation Mise sur toi ainsi que du Ministère de la Santé. Les deux publicités mettaient l’emphase sur la prévention du jeu compulsif.
