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Musique, décrochage et théâtre avec Sans Pression

Les membres du groupe Hip Hop Sans Pression, forts populaires auprès des jeunes, sont les invités spéciaux et les porte-parole d’une pièce au Théâtre Denise-Pelletier. Quel genre de pièce de théâtre peut toucher et intéresser un rappeur comme Sans Pression.? Une pièce touchant aux effets pervers du décrochage et de la violence dans les relations des jeunes couples. Présentée dans le cadre du projet Décrocher… Puis Après? Par des habitués du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal, la pièce exprime l’expérience vécue de jeunes adultes face à ces problèmes.

Pour Annie, Éric, Jayme, Léma, Nathalie et Sheila, les jeunes du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal, décrocher, c’est comme tomber dans un trou noir, où la drogue, l’incertitude et le manque d’estime prennent souvent trop d’espace. Le décrochage, Sans Pression connaît bien. «Tout le monde près de moi a décroché, moi le premier. Certains sont revenus, mais pour cela, il faut se raccrocher à quelque chose, avoir un but, vouloir faire quelque chose. On dit qu’un jeune du secondaire sur trois quitte l’école. C’est beaucoup. J’ai un fils de trois ans, Andy, et j’espère qu’il ira longtemps à l’école. Ça t’ouvre les portes, ça te donne plus de chance dans la vie.»

Sans Pression est venu rencontrer les comédiens en herbe et assister à leur représentation. «J’ai parlé aux jeunes. Juste d’être présent, ça leur a fait de l’effet. Pour moi, ça vaut plus qu’un million d’albums vendus. Je communique bien avec les jeunes.»

Le chanteur Hip Hop n’a que des éloges à leur offrir. «C’est du jamais vu. Ces jeunes ne sont pas des acteurs, ils viennent de la rue. La pièce m’a touché et le sujet est profond. Ça se passe partout, il faut en parler. Certains pensent qu’on exagère, mais j’ai vu des jeunes qui n’avaient même pas 20 ans et qui se piquaient à l’héroïne. Ça me dépasse.»

Malgré tout, Sans Pression garde espoir. «Il y a quelque chose à faire. Il faut leur parler avant qu’il ne soit trop tard. Parce qu’il n’est jamais trop tard. Tout le monde fait des gaffes. Même moi, souvent j’ai voulu tout lâcher, j’ai fait une dépression, plus rien ne marchait. Je ne suis pas Superman, je ne suis pas différent d’eux. Je vivais dans un appartement, on était 15 gars à y rester. Je traînais, foutais de la merde. On se disait: «Yo, qu’est-ce que tu fais?» On achetait une bière et on «chillait» ensemble. Il fallait qu’on me sorte de ce milieu. Je faisais du surplace. J’ai été à Tremplin, un centre de thérapie. Il a fallu que je lâche un paquet de monde. Si j’étais resté dans le milieu, je ne serais pas dans la musique. Elle m’a permis de raccrocher. Beaucoup ont choisi la bonne voie. Il faut savoir ce que tu aimes, aller droit vers son but, savoir ce que tu veux faire. Il faut prendre les choses au sérieux.»

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. «Depuis que j’ai Andy, mon garçon, je le comprends mieux. Depuis que je me lève le matin, je découvre qu’il y a plein de choses à faire, c’est motivant. C’est important de se lever avec le soleil, tu deviens plus actif, plus productif et plus créatif.»

Le rappeur n’est pas tendre envers ceux qui font la promotion de la violence dans la culture Hip Hop. «J’ai été dégoûté en voyant les albums des groupes «50 cents»ou encore «Eminem». Des photos de violence gratuite, de drogue, de gens qui se tirent dessus… On n’a pas à faire la promotion de la violence et du gangster rap, raconte le chanteur qui se dit sensible à la violence suite au suicide de son frère. Avec notre musique, on influence la masse. Ce sont les jeunes qui achètent ce qu’on produit.»

Au Québec, on a la chance de voir le mouvement Hip Hop qui grossit. «Il y a tout le talent pour que ça marche. Il faut continuer. Je suis fier de ce que je fais et de ce que je vois chez les jeunes. Je le vois dans leurs yeux. Je suis un jeune de la rue. Les problèmes des jeunes, si je ne les ai pas vécus, quelqu’un dans mon entourage les a vécus. Je n’ai pas les gros mots savants de certains, mais par le regard on se parle, on se comprend. I’m just like you.»

Pour compléter l’entrevue, Sans Pression m’a dirigé vers Léma, touché par sa prestation. Sentiment réciproque chez le jeune homme qui estime avoir donné le meilleur de lui-même dans la pièce de théâtre. «Les chansons de S.P. parlent de drogue, de violence de la rue, de femmes battues… Une de ses chansons rejoint mon sketch. Ce sont des gars qui veulent s’en sortir.»

Léma a apprécié l’implication du chanteur et de son groupe Hip Hop dans le projet du Foyer des jeunes travailleurs de Montréal. «C’est bon ce qu’ils font. Sans Pression touche les jeunes qui se cherchent. On a créé de bons liens rapidement avec eux.»

La pièce aura permis de faire des prises de conscience importantes pour Léma. «Dans la vie, il n’y a rien de parfait. Moi aussi j’ai décroché. Mais peu importe quel problème tu rencontres, il faut en parler. C’est en discutant qu’on trouve des solutions pour s’en sortir. Peu importe les temps difficiles, il faut persévérer et toujours continuer. Ce n’est pas facile de se lever le matin, mais c’est pas une raison suffisante pour abandonner.»

Des raisons pour abandonner, Léma aurait pu en trouver facilement. À ses dires, le projet n’a pas été un camp de vacances. «Être neuf à travailler ensemble dans un petit local, ce n’est pas évident. Il a fallu sortir le meilleur de nous dans les instants de chicane. Il a fallu travailler pour créer une chimie de groupe, se motiver et avoir la discipline nécessaire pour atteindre nos objectifs. Si tu veux rester dans le groupe, tu dois travailler, t’investir. Il y en a trois qui n’ont pu terminer le projet. C’est dur de voir quelqu’un qui quitte le projet.»

Pour Léma, le décrochage n’était qu’un mot sans trop de signification. Son implication lui a permis de réaliser que le décrochage n’est pas juste une question d’école. «Ça touche nos relations familiales, notre rôle de citoyen, notre vie de couple… Le projet a provoqué une réflexion sur le sens à donner à sa vie, au chemin qu’il veut emprunter pour sa continuité.»

Son chemin, Léma l’a trouvé. Le jeune homme a profité du projet pour tenter certaines expériences dont une formation en informatique qui a suscité son intérêt. Il veut poursuivre dans cette direction.

Le coordonnateur du projet qui a pris en charge le groupe dans une période difficile à traverser, M. Germain Bouleau, est fier du travail accompli par son groupe. «Plusieurs de ces jeunes n’ont jamais appris de leçons par cœur. Au théâtre, tu dois connaître ton texte, il y a une rigueur, une discipline, une attitude et un lâcher-prise que le groupe doit suivre. Si tu ne connais pas ton texte, tu ne peux pas jouer ton rôle. Et il faut être au moins deux pour jouer. Tu renvoies à l’autre une émotion qu’il doit saisir. Chacun doit être présent dans son rôle. Cela exige un effort moral et physique, mais surtout, une remise en question.»

«La créativité des jeunes est essentielle. En bas âge, un enfant saute, dessine, chante… Dès qu’il entre en maternelle, nous perdons notre ouverture d’esprit face au développement de la créativité du jeune. Il faut maintenant réhabiliter une expression qui passe par la parole et le corps. Le théâtre est un art qui permet des applaudissements après chaque représentation. L’appréciation du public est un juste retour du travail accompli», raconte M. Bouleau. »Quand le groupe commence à jouer sur scène, c’est une occasion unique de s’amuser et de partager ses émotions avec son public.»

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/09/le-decrochage-histoire-de-sexe-3/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-multiples-facettes-du-decrochage/

Sexe, drogue et école

Sous la plume de Pierre St-Arnaud, nous pouvions lire dans le Journal de Montréal du 27 novembre dernier que Médecins du monde va donner un cours d’éducation sexuelle et une sensibilisation à la réalité du VIH-Sida à une dizaine d’écoles de Montréal.

En 2005, la réforme de l’éducation fait sauter les cours de Formation Professionnelle et sociale (FPS) ou l’on parlait, non seulement de sexualité, mais aussi de la consommation de drogue. Le taux d’infection des maladies transmises sexuellement (MTS) est en hausse chez les jeunes. C’est ce qui a motivé Médecins du monde à revenir à la charge avec les cours de sexualité dans certaines écoles de Montréal.

On parle ici d’un cours de 2 heures. Cela est peut-être suffisant pour que des jeunes reçoivent l’information de base. Mais est-ce suffisamment? Est-ce que des cours sur la sexualité se limitent aux connaissances reliées au Sida et aux MTS? En tant que travailleur de rue, les 2 sujets que je devais discuter le plus souvent avec les jeunes que je croisais étaient la sexualité et la spiritualité. Ce sont les sujets que les jeunes avaient besoin de parler, de discuter, de partager entre eux et avec des adultes. Que reste-t-il dans les écoles pour nourrir la réflexion de nos jeunes?

Toutes les réformes scolaires que j’ai vu passer semblent oublier l’essentiel. Le besoin des jeunes de s’exprimer et de mieux comprendre la société dans laquelle ils évoluent. Ces instants de réflexion et de débats forment la jeunesse. C’est une gymnastique intellectuelle qui permet d’éviter l’obésité mentale.

Qui doit faire cette réflexion avec les jeunes? Un travailleur de rue lorsque le jeune a décroché, le chef de gang, le pimp du coin… Et si c’était votre enfant qui avait besoin de forger sa réflexion, avec quelles sortes d’adultes voulez-vous qu’il s’initie?

 Autres textes sur la sexualité et commentaires du rédacteur sur la sexualité.

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/lhypersexualisation-pas-juste-une-mode/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/le-sexe-banalise/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/hypersexualisation-le-quebec-abandonne-t-il-ses-enfants/

Pourquoi la France a brûlé?

Des jeunes me soulignent qu’ils sont régulièrement sujet d’abus de pouvoir exercé par les policiers. Ceux-ci, sans aucune raison, se permettent d’enquêter des jeunes. Cela veut dire se retrouver les mains au mur, les jambes écartées tels de véritables criminels. Fouillés, des claques en arrière de la tête, un discours provocateur des policiers qui tentent de faire monter la pression.

Des jeunes battus, commentaires peut-être pas crédible. On peut se dire qu’ils l’ont cherché, qu’ils ont sûrement dû faire quelque chose de répréhensible. Des intervenants d’organisme communautaire (association), me confirment que le scénario est véridique et constant. Deux de ces intervenants se sont fait battre par la police et emprisonnés. Eux aussi ont dû le chercher. Après tout un intervenant jeunesse, un adulte qui prend la défense de jeunes marginaux, c’est sûrement un fouteur de trouble, un socialiste, communiste ou autre.

Le premier se retrouve dans le local de son organisme avec des jeunes. Il assiste, impuissant à la vérification par la police de deux jeunes. Ceux-ci se retrouvent les mains dans la fenêtre du local. Les policiers les poussent constamment. L’intervenant a peur que la fenêtre se brise sous le choc de ces jeunes qui se font pousser par les policiers. Il sort et avise les policiers que la fenêtre n’est pas solide et qu’elle risque de se briser et de blesser quelqu’un. Il se fait engueuler et provoquer par les policiers. Il ne répond pas. Pas question d’embarquer dans le jeu de ceux-ci. Ils repartent pendant que l’intervenant retourne à son groupe de jeunes.

Trente minutes plus tard, une vingtaine de policiers entrent en trombe dans le local. Un des policiers présent au moment de la fouille des jeunes montre du doigt l’intervenant en disant : «C’est lui». Les policiers lui demandent de s’identifier. Il se lève en mentionnant qu’il doit aller chercher ses papiers dans le vestiaire. Au même moment, les policiers lui sautent dessus et le plaquent au sol, la matraque sur la gorge comme s’il était pour se sauver ou sortir une arme. Il a de la difficulté à respirer. Il commence à devenir bleu et va bientôt tomber dans les pommes. Une des administratrices de l’organisme, une grand-mère de 75 ans me dit qu’elle a dû intervenir pour que les policiers diminuent la pression sur l’intervenant. Elle avait peur qu’il l’étouffe. L’intervenant se retrouvera en prison et se fera tabasser quelque peu.

Un autre intervenant c’est aussi fait arrêter et tabasser par la police. Vous me direz qui lui, il l’avait cherché. Il existe une expression en France pour désigner les policiers : «Les Sarko-cops ». Sarko comme dans Sarkozy et cops pour policier. Sarkozy a été le responsable des pouvoirs policiers. Celui qui demande à devenir président de la République française! Les jeunes qui se font tabasser ont créé cette expression. Pas très poli, mais bon, ce sont des jeunes. Qu’un intervenant endosse l’expression et l’utilise, c’est criminel et cela mérite bien d’être battu par les policiers et de passer 24 heures en prison. Au moment de le relâcher, le gardien lui ouvre la première porte de la prison, mais pas la deuxième. Pris dans le sas, ils l’ont fait attendre 3 heures avant de lui ouvrir la deuxième porte lui permettant de sortir. « Excuse-nous, on t’avait oublié. » Un autre de répondre : « On ne t’avait pas vu! » Quelle ironie!

Des parents me racontent que lorsqu’ils voient un jeune se faire enquêter, même s’ils ne connaissent pas le jeune, ils s’arrêtent et observent la scène. Parce que les policiers français sont moins brusques avec les jeunes quand il y a un témoin qui les observent. Pour que les parents en soient rendu là, il y a sûrement matière à réflexion.

On peut comprendre qu’il existe une tension énorme entre les jeunes marginalisés et les institutions policières. Ces jeunes marginalisés se retrouvent en très grande partie dans les cités, ces habitations souvent délabrées et mal entretenues dans lesquelles la société française entassent les gens à faible revenu et les immigrants.

En France, un policier ne va pas dans une cité pour le plaisir d’y aller. Ce sont les équipes spécialisées, les CRS qui y vont, ce que nous appelons en Amérique de Nord les S.W.A.T.. Ce ne sont pas des policiers communautaires chargés de rétablir la communication avec les jeunes.

Un jour des policiers poursuivent deux gamins. 10 et 12 ans. Ceux-ci sont effrayés et ne veulent pas être pris par la police. Ils se sauvent. La première cachette qu’ils trouvent est un local ou ils n’auraient pas dû entrer. Des équipements sous haute-tension s’y trouvent. Les deux gamins meurent électrocutés.

C’est la consternation et le deuil pour les jeunes de la cité. Ils s’attendent à ce que Sarkozy se prononcent, fassent quelque chose. Sarkozy va visiter une cité. Il dit à une citoyenne qu’il va nettoyer la place de la racaille qui s’y trouve. Les jeunes attendent la suite, que Sarkozy se rétracte, fasse des excuses.

Après 2 jours, toujours rien. Une première automobile flambe. Toujours rien de la part de Sarkozy. Le feu se propage.

Qui est responsable de cette flambée de violence en France? Un gouvernement qui n’écoute pas ou des jeunes qui veulent être entendu?

http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/01/sarkozy-des-graffitis-et-vandalisme-a-montreal/

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

Sarkozy, des graffitis et vandalisme à Montréal

Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin que le local montréalais de Nicolas Sarkozy a été vandalisé. Des graffitis plein la vitrine, des affiches collées un peu partout avec des mentions telles que: ” Sarkozy, sacre ton camp d’ici ” ou encore “Lutte sans frontière contre le facisme “. Selon Mme Khadija Doukali, la directrice de campagne de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), cela serait la deuxième fois que les partisans de Sarkozy sont victimes de vandalisme depuis le début de la campagne présidentielle.

Malik Dussaud, secrétaire de la section du Parti socialiste de Montréal se dissocie du vandalisme et trouve regrettable les événements.

Personnellement, je ne suis pas surpris de la tournure des événements. Je suis revenus de France le 23 avril dernier. À mon retour, des jeunes que j’accompagne à Montréal me font part de l’arrogance des gens qui travaillent pour Nicolas Sarkozy à Montréal. Par hasard, ils étaient près de l’ambassade de France et des gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy tentaient d’empêcher des gens de passer des tracts qui dénoncaient les agissements de Nicolas Sarkozy et de ne pas voter pour lui. La police a dû intervenir et mentionner aux gens de Nicolas Sarkozy, qu’au Québec, les gens ont le droit de faire cabale contre un candidat politique et qu’elle ne pouvait pas empêcher les gens de s’exprimer.

Les gens de l’équipe de Nicolas Sarkozy étaient furieux et arrogants. Les jeunes de Montréal ont été surpris de leurs agissements et de leur façon de faire, comme s’ils étaient les seuls maîtres à bord, que la démocratie leur appartenait et qu’ils pouvaient contrôler les faits et gestes de tout le monde.

D’une part, l’équipe de Nicolas Sarkozy n’a pas été apprécié. Ni dans cette altercation près de l’ambassade, ni pour ses agissements dans les événements incendiaires dans les cités. D’autre part, depuis la venue d’Internet, les jeunes marginalisés sont en contact ensemble à travers le monde. Ils voyagent plus aussi. Quand les jeunes se sentent persécutés et opprimés en France, ce sont tous les jeunes à travers le monde qui se questionnent et qui sont prêts à riposter.

La France est un pays beaucoup plus rigide que le Québec. Sarkozy, tel que vous le verrez dans mon blogue de demain, n’y a pas été de main morte avec les jeunes et les cités. Je suis contre toute forme de violence. Mais nous devons nous questionner à savoir si Sarkozy est en train de récolter ce qu’il a semé? La violence attire la violence.

Après avoir séjourné 15 jours en France, après avoir rencontré des intervenants, des jeunes et avoir visité les cités, je fais des prières pour que Nicolas Sarkozy ne soit pas élu président de la république.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/05/02/pourquoi-la-france-a-brule/

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Les régions, une nouvelle vie pour les jeunes marginalisés

Au Journal de la Rue ainsi qu’au Café-Graffiti, nous accompagnons des jeunes marginalisés. Leur vécu est très varié; décrocheur, trouble de comportement, violence, difficulté avec l’autorité, alcoolique, toxicomane et j’en passe.

Suite à leur passage chez nous, plusieurs restent en contact, viennent nous donner des nouvelles, saluer les anciens encore chez nous ou dire bonjour aux nouveaux qui arrivent. Nous avons eu des nouvelles d’un de nos anciens. Il est maintenant en Gaspésie, ils étudient à l’université en environnement. Il a cessé de consommer. L’exil en Gaspésie aura été important pour lui, pour recommencer à zéro. Sortir du milieu.

Et ce n’est pas le premier qui réussit cet exploit en passant par les régions. Le stress des centres urbains, le mode de vie qu’ils ont développés est devenu infernal pour plusieurs. Leur planche de salut passe par un nouvel environnement, une vie plus calme et sereine, un rapprochement de la nature. Nous avons maintenant des anciens qui se sont ainsi rétablit dans plusieurs régions du Québec. Plusieurs s’impliquent auprès des jeunes de leur région adoptive.

Il est venu nous saluer au Café-Graffiti. Il est reparti avec plusieurs copies du magazine Reflet de Société en nous disant: “Il y a plusieurs jeunes là-bas qui en ont besoin”. Ç’a fait chaud au coeur de voir un ancien sensible à la cause des plus jeunes.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/08/les-marginaux-les-regions-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/11/06/les-gangs-de-rue-sexportent-en-region/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/refugie-au-saguenay/

http://journaldelarue.wordpress.com/2006/12/18/exode-ou-migration-labitibi-ramene-ses-enfants-au-bercail/

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Autres textes sur l’environnement et commentaires du rédacteur sur l’environnement.

Textes sur alcool et drogue.

Recours collectif des sans-abri contre le gouvernement du Québec?

Nathalie Collard dans sa chronique du 11 février nous présente quelques chiffres intéressants. Québec ne donne que 5$ par jour, par lit pour les principaux refuges de Montréal. Québec ne s’est jamais vraiment intéressé aux sans-abri parce qu’il fût une époque, comme le souligne Nathalie Collard, où les communautés religieuses le faisaient bénévolement. Ensuite, les refuges obtiennent des dons privés.

Les communautés religieuses ont été très présentes au Québec. Nous voulons aujourd’hui une société laique. Mais il y a un prix à payer pour cela. Et ça commence par un financement juste et équitable pour les organismes qui prennent la relève des communautés religieuses.

Devrions-nous organiser un recours collectif des sans-abri et des itinérants contre Québec pour les forcer à pourvoir à ses obligations envers tous ses citoyens?

http://journaldelarue.wordpress.com/2007/02/08/france-labelle-et-dan-bigras-du-refuge-des-jeunes-et-une-recherche-de-christian-levac-sur-les-jeunes-de-la-rue/

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

France Labelle  et Dan Bigras du Refuge des jeunes et une recherche de Christian Levac sur les jeunes de la rue

Dans le Journal le Plateau du 28 janvier dernier, nous pouvions lire un article sur le lancement de la recherche de Christian Levac, co-écrit avec France Labelle, directrice du Refuge des jeunes, un organisme qui offre soutient aux jeunes de la rue.

Une statistique qui en dit long, 86% des jeunes de la rue rencontrés lors de cette recherche ont été placés par les services sociaux et se retrouvent à la rue! De quoi questionner le soutien offert aux jeunes en difficultés par notre société.

Dan Bigras y questionne le comportement de la Ville de Montréal. “Alors que les ressources pour les jeunes se trouvent au centre-ville, la Ville de Montréal sort un règlement qui évince les jeunes des parcs et des lieux publics. On a demandé une commission parlementaire sur l’itinérance et ç’a été refusé par Québec.”

Là où je dois apporter un grain de sel est l’interprétation que nous pourrions faire des trois constats du chercheur Christian Levac: les jeunes ont vécu dans des familles instables, ils ont été stigmatisés à l’école ou ont vécu de la violence.

Dan Bigras est l’enfant de deux psychiatres, j’ai personnellement rencontré des enfants de riches commerçants, de professionnels… Et pourtant ces jeunes se retrouvent à la rue.

Dans les trois constats de Christian Levac et de France Labelle, se retrouve un mot très important “ou”. Il ne faut pas généraliser et considérer que les trois constats s’appliquent à tous les jeunes de la rue. Un seul suffit. Reste ensuite la définition que l’on donne à ces constats. Quel est le sens de famille instable? Que s’imagine-t-on quand on lance un tel constat?

On peut être pauvre et très stable. Et l’inverse est aussi vrai. Deux parents professionnels et riches à craquer, de bonne éducation peuvent se garocher des assiettes, se chicaner sans cesse et faire vivre une instabilité émotive à l’enfant.

Être stigmatisés à l’école peut se définir comme un élève en trouble d’apprentissage. Mais cela peut aussi être un élève placé dans une grosse école privée à qui l’on en demande trop. Celui-ci aurait bien réussir dans une école conventionnelle, mais être stigmatisé par une grosse école pour génie à l’autre bout du monde.

Reste maintenant la violence. Un batteur de femmes ou d’enfants est-il nécessairement quelqu’un de pauvre dans un quartier défavorisé? La violence verbale peut aussi se vivre dans différent milieu. J’ai eu l’occasion de rencontrer des enfants élevés dans une violence autant physique que verbale et qui provenait d’une famille très aisée.

Les constats de Christian Levac et France Labelle ne sont pas faux. Mais il faut prendre le temps de les décoder ou de les interpréter comme il se doit. Le jeune artiste, enfant de professionnel peut se retrouver dans la rue si les parents essaient d’en faire un avocat ou un comptable. Il a peut-être juste le goût de jouer quelques notes sur sa guitare. Il y a des jeunes qui vont prendre leur place à partir d’une famille humble d’un quartier défavorisé parce qu’ils sont aimés et acceptés tels qu’ils sont. Il y a des jeunes qui vont se retrouver à la rue même si leur famille vit l’opulence dans de gros quartiers cossus.

Il est trop facile de s’imaginer que c’a arrive juste chez le voisin. L’itinérance, tout comme l’ensemble des phénomènes sociaux, ça nous concerne tous.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/13/recours-collectif-des-sans-abri-contre-le-gouvernement-du-quebec/

Le Journal de la Rue fête ses 15 ans

En 1992, deux travailleurs de rue bénévoles unissent leurs efforts et soutiennent la mission du Journal de la Rue. Le père André Durand et moi-même. Fondé initialement sur l’implication bénévole de ses 2 travailleurs de rue, l’organisme n’a cessé de se diversifier.

En 1997, création du Café-Graffiti, un milieu de vie pour les jeunes. En 2000, virage en économie sociale pour soutenir les activités d’intervention et du Café-Graffiti. En 2004, le magazine Journal de la Rue change de nom et devient le magazine Reflet de Société. 

Le tirage du magazine d’information et de sensibilisation a passé de 5 000 exemplaires, 24 pages en noir et blanc à 80 000 exemplaires, 32 pages avec couvertures glacées. Des sondages des firmes Crop ainsi que Léger et Léger nous donnent plus de 470 000 lecteurs à travers le Québec.

La mission du Journal de la Rue a évolué et s’est précisée avec les années. Même si les moyens pour atteindre notre mission ont changé, les jeunes sont demeurés et demeureront au centre de notre intervention.

C’est dans le numéro d’octobre 2007 que nous fêterons les 15 ans de l’organisme. Soyez des nôtres et continuez de nous lire. Merci de votre soutien et de votre présence. Vos commentaires ont enrichi nos réflexions et notre travail auprès des jeunes.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/05/les-10-ans-du-cafe-graffiti/

Les marginaux, les régions et les ressources

Début des années 90, avec notre travail de rue, nous évaluons que 60% des jeunes de la rue dans le centre-ville de Montréal proviennent des régions.

Ces jeunes veulent vivre leur marginalité. C’est dans le centre-ville de Montréal que l’on peut retrouver l’anonymat ainsi que les ressources pour les accueillir.

En 2006, changement dans les donnés. Les régions commencent à s’organiser avec des travailleurs de rue et des ressources adaptées à la marginalité.

Les jeunes marginaux ont-ils moins tendances à venir à Montréal pour vivre leur marginalité? Est-ce que les ressources pour les jeunes marginaux, si elles se contentent de n’offrir que des services à ces jeunes ne font que les regrouper? Comment aider ces jeunes à vivre cette étape comme une transition et non pas une finalité?

Voilà maintenant les défis qui attendent les régions.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/09/08/sante-mentale-litinerance-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/07/faux-itinerants-et-detournement-de-fonds/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/09/06/ville-de-montreal-et-ses-itinerants/

Santé mentale, l’itinérance et les ressources

À titre de travailleur de rue, j’accompagne une personne qui a plusieurs problématiques; maniaco-dépressif, alcoolique, toxicomane et suicidaire. Je réussis à amener la personne à accepter une évaluation psychiâtrique à Louis H. Lafontaine. On refuse de suivre la personne. Elle est alcoolique et toxicomane. Qu’elle règle ces deux problèmes avec l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et on verra ensuite pour le suivi psychiâtrique. À l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, ils ne peuvent rien faire. Il faut commencer par Louis H. Lafontaine pour régler ses problèmes de santé mentale! J’ai fait la navette entre ces deux institutions pendant 6 mois avec une personne suicidaire que personne ne voulait. Elle a finalement été admise à Louis H. Lafontaine après qu’elle ait fait une tentative de suicide en passant à travers une fenêtre du deuxième étage!

Un jeune adolescent fait une tentative de suicide. Il se retrouve à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Dès que les symptomes physiques sont sous contrôles, on le laisse partir. Sans aucun suivi ou encadrement. Il pourra voir un psychiâtre dans 6 à 9 mois! Pourtant les risques d’une deuxième tentative sont très grands à court terme.

Ce ne sont que deux exemples de ce que j’ai pu vivre vis-à-vis les institutions pouvant nous aider à accompagner des jeunes. En tant qu’intervenant, notre impuissance ne se vit pas seulement auprès de la personne que nous accompagnons, mais aussi avec les institutions qui devraient nous aider et appuyer notre démarche.

Mon expérience terrain m’amène à questionner notre système de santé. Nous avons trop de spécialistes et pas assez de généralistes. Un bon accompagnement commence par un généraliste, près du terrain, pouvant établir une relation avec la personne. Après avoir identifié les besoins et les ressources pouvant intervenir, ce généraliste doit pouvoir avoir ses portes d’entrée dans les différentes institutions. Les spécialistes ne devraient jamais être en charge de l’intervention, mais être un outil de soutien à ce généraliste. Le généraliste, souvent nommé travailleur de rue, devrait pouvoir accès à l’information concernant la personne aidée et faire parti d’un plan de suivi et d’encadrement.

Trop souvent j’ai fait admettre une personne dans une ressource et, sous le couvert du secret professionnel, on ne me donnait aucune information. Il est arrivé que je laisse mes coordonnés pour que je sois appelé si la personne quittait pour que je puisse l’acceuillir à sa sortie. Malheureusement, on la laissait sortir sans me prévenir avec des conséquences et des effets pervers qui ont mis ces gens en danger.

Notre système de santé a des ratés. Impersonnel, trop de procédures, pas assez de connaissance de la personne qu’on aide… Combien de fois j’aurais pu sauver de l’argent et du temps à tout le monde si l’expérience et la relation que j’avais de la personne suivi était écouté et tenu en compte.

Ce n’est pas un problème d’argent, c’est un problème de vision. Arrêtons de ne voir qu’un problème qui doit être soigné, mais tentons de voir un être humain qui a besoin d’un accompagnement global dans sa vie.

La santé, ça nous concerne tous et nous devrions tous pouvoir faire partie d’une solution globale.

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/08/les-marginaux-les-regions-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/09/06/ville-de-montreal-et-ses-itinerants/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/07/faux-itinerants-et-detournement-de-fonds/

Autres textes sur le suicide.

Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Ville de Montréal et ses itinérants

Une société doit être capable de vivre avec tous ses extrêmes. Elle peut compter sur un pourcentage de jeunes plus récalcitrants, un autre pourcentage de personnes handicapées, un autre avec des problèmes de santé mentale, avec des itinérants, des prostituées

Mais comment réagi la Ville de Montréal face aux extrêmes. Dernièrement, Marcel Tremblay descendait à Québec pour demander qu’on refuse le droit de vendre des canettes aux jeunes. Maintenant, l’arrondissement Ville-Marie vient de fermer l’accès à quinze lieu public aux itinérants et leur donne des contraventions. Pense-t-il vraiment que ces itinérants vont payer les contraventions? Espère-t-il envoyer les itinérants en prison pour non-paiement de contraventions?

Est-ce que les contraventions et la répression sont les seuls moyens que disposent la Ville de Montréal pour aider ses citoyens les plus démunis? Est-ce que de balayer dans les autres quartiers nos citoyens les plus vulnérables permet de régler le problème?

Tout le monde sait que rien ne peut se régler avec la seule application d’un règlement. Pourtant quelques politiciens pensent encore réussir de cette façon. Un changement prend du temps. Aider des gens prend des ressources. Face à leurs nids de poules, les politiciens nous demandent d’être patient, que ça va prendre des années à résorber le problème. Face à l’itinérance, ces mêmes personnages voudraient tout faire disparaître rapidement.

Deux poids, deux mesures. Le changement social est un travail d’équipe. Cela concerne toutes les personnes et les organismes qui sont en contact avec ce qui est considéré comme un «problème». Il existe plusieurs organismes d’intervention. Mais Ville de Montréal en n’arrive à faire qu’à sa tête. Sans cohésion. Sans vision long terme. Sans partenariat. Les réactions de Ville de Montréal et ses positions draconniennes vont souvent à l’encontre de toutes les interventions que les organismes communautaires tentent de faire sur le terrain.

Si on balaie à l’extérieur du quartier les itinérants, les prostituées, les junkies, les graffiteurs… que fait-on avec les organismes qui les accompagnent? On les balaie eux aussi dans d’autres quartiers. Un organisme communautaire devra-t-il devenir un organisme itinérant pour poursuivre sa mission?

http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/08/les-marginaux-les-regions-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2006/09/08/sante-mentale-litinerance-et-les-ressources/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/07/faux-itinerants-et-detournement-de-fonds/

Jean-Simon Brisebois, Renaissance et les Éditions TNT

Jean-Simon est un jeune qui a fréquenté le Café-Graffiti dès les premières années de son ouverture en 1997. Remarquant qu’il y avait un magazine d’information et de sensibilisation, le Journal de la Rue (qui devînt Reflet de Société), il voulût y écrire. Quelques textes de positions, quelques poèmes ont été publiés. Jean-Simon prît goût à l’écriture.

Jean-Simon remarque que dans les projets du Journal de la Rue, il y avait les Éditions TNT. Ce projet, permettant à des jeunes de publier des CD de musique, des vidéos, des cartes postales et autres. Il décide qu’il voulait que sa poésie soit publiée et présentée au grand public. Il voulait être un auteur des Éditions TNT.

Avec courage, ténacité et persévérance, après presque 10 ans, le livre de poésie urbaine, Renaissance, voit le jour. C’est avec beaucoup de fierté que j’ai assisté Jean-Simon dans son cheminement pour réaliser son rêve.

Le livre de poésie urbaine Renaissance est disponible auprès du Journal de la Rue au coût de 5$. Il est même disponible en librairie. Même si je dois mettre souvent mes limites face à Jean-Simon, je dois souligner son courage et sa détermination. Avec fierté, il se promène dans les rues de Montréal et offre son recueil à tous et chacun. Il fait partie de ceux qui ont l’adrénaline de leurs rêves.

Bravo Jean-Simon. Il prépare l’écriture de son deuxième recueils de poésie. Je serais encore présent pour la continuité.

L’aide juridique et les jeunes marginaux.

Je me retrouve souvent à témoigner pour des jeunes de leur cheminement devant la justice. Dernièrement, j’ai accompagné un jeune au tribunal. Compte tenu de sa situation financière précaire, il se fait représenter par l’aide juridique.

Il décide de plaider non coupable. L’avocat de l’aide juridique décide de l’abandonner et de ne plus le représenter. La cause est reportée et le jeune doit se trouver un autre avocat. Plaider coupable et de négocier la sentence est rapide et ne demande pas beaucoup de préparation. Plaider non coupable, trop dur et trop compliqué pour l’aide juridique. Et si au lieu d’un jeune marginalisé, nous aurions eu affaire à un Hells Angels, nous aurions augmenté le salaire de l’avocat de l’aide juridique pour que ce criminel de grandes envergures aient accès à une justice pleine et entière.

Et comment fait-on pour qu’un jeune marginalisé ait droit à une justice pleine et entière?

Rédacteur en chef de Reflet de Société/Journal de la Rue

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