Wardah Hafidz et les tsunami

Wardah Hafidz

Défenderesse des survivants du tsunami

Wardah Hafidz, «la Mère Teresa de l’Indonésie», fait de la reconstruction un combat pour la démocratie

Patrick Alleyn et Benoit Aquin   Dossier International

La veille du 1er anniversaire du tsunami, Wardah Hafidz et des survivants avaient installé 200 banderoles partout dans la ville de Banda Aceh, sur le passage du président indonésien venu commémorer la catastrophe.

«La reconstruction d’Aceh doit être dirigée par les gens eux-mêmes», est-il écrit sur les banderoles que l’armée n’apprécie pas du tout. Durant la nuit, les soldats arrachent les bannières et menacent Mme Hafidz d’arrestation.

«Les officiers ont vu nos bannières comme une insulte, un appel à se rebeller contre l’autorité gouvernementale», pense Mme Hafidz, l’infatigable défenderesse des pauvres en Indonésie. «Nous voulions rappeler aux institutions, aux organismes humanitaires et au gouvernement que les victimes du tsunami doivent participer à la reconstruction de leur village et de leur quartier. La reconstruction doit être démocratique», insiste-t-elle.

Fondatrice du réseau Uplink, Wardah Hafidz défend les habitants des bidonvilles en Indonésie. Elle s’est rendue célèbre en 1999 lorsqu’elle a révélé une vaste corruption autour d’un fonds de 800 M $US d’aide sociale ayant servi à acheter les votes de fermiers et de petits entrepreneurs. «C’est notre Mère Teresa», lance notre chauffeur de taxi, en route vers le bureau de la militante à Banda Aceh.

Hiroshima?

Le deuxième jour suivant le tsunami, elle quittait Jakarta pour débarquer dans la province d’Aceh avec ses collègues pour participer aux secours et aider les gens à rebâtir leurs maisons.

Aceh, province de l’île de Sumatra en Indonésie, est la région d’Asie du Sud la plus durement touchée par l’immense raz-de-marée du 26 décembre 2004 causé par un tremblement de terre. «Hiroshima! C’est Hiroshima!» s’est exclamé un réalisateur japonais, en débarquant à Aceh. Dans la ville bombardée par la bombe atomique, «on pouvait voir des édifices debout à 1km, mais ici, on ne voit rien même à 3km!», compare le japonnais.

À Banda Aceh, la capitale régionale, Wardah Hafidz mobilise les rescapés contre les lenteurs de la reconstruction. «Avec des millions de dollars de dons et plus de 200 organisations internationales sur le terrain, je refuse que des milliers d’habitants d’Aceh vivent encore sous la tente un an après le tsunami», dénonce-t-elle.

L’œuvre de reconstruction est immense. La vague a pénétré jusqu’à 6 km à l’intérieur des terres. L’ONG catholique canadienne Développement et paix a alloué 2 millions au projet d’Uplink pour bâtir 3200 maisons et relancer l’activité économique dans 25 villages. Le gouvernement canadien y contribue aussi, à hauteur de 5,9 millions, et l’ONG catholique allemande Misereor, pour 19 millions.

Expulsion des rescapés

«Certaines ONG internationales remettent la reconstruction entre les mains des entrepreneurs sans que les habitants aient pratiquement un mot à dire», réprouve Wardah Hafidz. Elle décrit son plan: «Dans ces villages, le tsunami a tué la moitié des habitants. L’eau potable, les égouts, la santé publique, les rues et les maisons, nous travaillons à tous les niveaux avec les survivants. Mais notre objectif, à travers la reconstruction, c’est de créer des communautés organisées, capables de défendre leurs droits», rappelle la militante.

En janvier, un mois après le séisme, le gouvernement a décrété l’interdiction de construire dans une zone de sécurité de deux kilomètres de large le long de la côte. Mme Hafidz est replongée dans son premier combat: nombre d’habitants refusaient de quitter leurs terres. Elle devait les défendre comme elle a l’habitude de le faire pour les familles squattant les bidonvilles.

La militante et son équipe d’Uplink ont développé un plan de rechange avec les villageois, dans l’espoir de le voir adopter par le gouvernement. «On assurerait plutôt la sécurité par des protections naturelles comme des plantations de mangroves et en aménageant des montagnes artificielles où les gens pourraient courir se réfugier», explique-t-elle.

Cette idée insensée de zone tampon a été abandonnée en mars, on a obtenu gain de cause, mais cela nous a fait perdre beaucoup de temps», déplore Mme Hafidz.

La province d’Aceh était en guerre avant le tsunami. La catastrophe a poussé le gouvernement indonésien et la guérilla du GAM (Mouvement pour une Aceh libre) à signer un accord de paix après une guerre de 29 ans. Mais il s’agit là d’une trêve fragile, que menace notamment la corruption. Rappelant l’épisode des bannières arrachées par les militaires, Wardah Hafidz souligne que les droits des gens d’Aceh ne sont pas encore respectés.

Mais ne me comparez pas à Mère Térésa, je ne suis pas à la hauteur», termine la femme de 53 ans, qui a choisi une vie sans enfants pour se consacrer totalement à sa cause.

 

Autres textes sur International

Enfants-soldats; de la guerre à la rue

Les anges de la guerre

Les enfants de la rue en Amérique Centrale…

Étudiants étrangers en Gaspésie

Intégration d’un Arménien au Québec

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
Renaissance est un recueil de pensées et de poèmes parlant autant de son amour de la vie que d’espoir. 4,95$

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Complexité de la traite des humains

Complexité de la traite des humains

Dominic Desmarais                      Dossier Prostitution et sexualité.

Je commence à peine à découvrir la problématique du trafic des êtres humains. C’est beaucoup plus complexe que je ne m’y attendais. Et ce n’est pas parce que je pensais que c’était simple… C’est tout dire.

Les gens trafiqués n’ont pas de nom. On ne connaît pas leur existence la plupart duprostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-1 temps. Ceux qui ont été trafiqués à des fins sexuelles ne veulent pas rentrer chez eux une fois sortis du réseau. Ils sont ostracisés par leur communauté, qui les rejette. Ceux exploités économiquement à l’extérieur de leur pays n’ont pas les moyens de revenir à la maison. Ils sont maintenus dans des endroits isolés, de sorte que personne ne sache qu’ils existent. Ils n’ont aucun droit. D’autres, des enfants, remplissent les rangs de ces jeunes qui mendient dans les endroits touristiques. On leur enseigne comment soutirer le plus d’argent. Ils apprennent à pleurer, s’habillent en loques… Pour remettre leurs gains à un patron qui n’a rien d’un mendiant.

Petit espoir, les pays de la région commencent à s’impliquer, à travailler ensemble. Mais ils commencent… Beaucoup de retard sur les trafiquants.

Dossier Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?
Doit-on légaliser la prostitution?
Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.
Les clients de la prostitution.
Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.
Prostitution de luxe d’une escorte.
Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Définition et historique de la prostitution

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 1  481 followers

%d bloggers like this: