Chihuly, du verre soufflé aux beaux-arts (MBAM)

Musée des beaux-arts de Montréal

Le verre soufflé élevé au niveau d’un grand art

Cette fois, on ne va pas reprocher au Musée des beaux-arts de Montréal d’être trop sérieux et inaccessible. En effet, avec l’exposition «Chihuly, un univers à couper le souffle», il nous offre une explosion de couleurs aussi pures et sans arrière-pensées que celles des enfants. Ce qui domine ici, cette fois, c’est le bonheur simple de la créativité et de l’énergie exprimée par les formes, le mouvement et la lumière.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Culture

Pour les enfants de tous âges

débats société réflexions sociales communautéLes enfants sont nombreux parmi les visiteurs aujourd’hui, et je vois l’émerveillement spontané dans le visage d’un jeune garçon à côté de moi. Comme eux, je suis frappé par la grandeur des œuvres et par l’effet de la lumière sur le verre.

Chihuly, l’artiste au cœur de cette exposition, est comme un enfant auquel on aurait donné de grands moyens et qui les utilise sans barrières, sans théories et sans avoir besoin d’expliquer son travail de manière conceptuelle.

Au lieu d’une feuille et d’une boîte de crayons, il a à sa disposition du verre à souffler de toutes les couleurs, de grands fours et tout un étage de musée pour exposer ses œuvres. Chihuly est passionné par son travail et son enthousiasme est communicatif. Les enfants sont les premiers à le ressentir.

Dès l’entrée, en gravissant l’escalier de marbre de l’ancien édifice, les couleurs solaires du verre nous éclairent. Sur le palier, de hautes tiges bleues font contraste. Dans la plupart des salles, la lumière qui éclaire le verre est mise en valeur par les murs noirs.

«À couper le souffle»

Chihuly art culture musée beaux arts montréalLa première salle où j’entre me jette à terre, comme dit l’expression. Elle compte 28 grands vases, installés à diverses hauteurs, et porte le titre général de «Forêt de Macchia». Ces vases font penser à de grandes fleurs, plissées de manière irrégulière et naturelle. Chacun nous offre des couleurs différentes, dont les nuances n’envient rien aux meilleurs tableaux. Je pourrais rêver longtemps devant un seul de ces vases.

L’expression «à couper le souffle» qu’on a utilisée dans la publicité est parfaitement appropriée et on ne saurait trop souligner la virtuosité, la variété, la beauté des formes, des couleurs et des installations.

Féérique

plafond persan musée beaux arts montréal art cultureUne autre salle, nommée «Plafond persan», nous réserve une belle surprise par son plafond transparent sur lequel on a empilé des vases et des objets de verre aux couleurs variées (une centaine), éclairés par le haut. La lumière traverse les différentes couches de verre coloré, puis descend sur les murs blancs et sur nous de manière totalement féérique. On peut d’ailleurs se coucher par terre pour admirer, puisque l’on a disposé quelques larges coussins pour le faire. Cela nous fait penser à une sieste sous un arbre dont le feuillage est traversé par le soleil d’été.

Chihuly est né en 1941 à Tacona, dans l’État de Washington. Il a étudié le design d’intérieur, la sculpture, la céramique et le verre soufflé qu’il a élevé au sommet des beaux-arts, comme le montre cette exposition. Par les formes il est un fameux sculpteur, mais par son utilisation de la couleur il est un grand peintre. Il écrit d’ailleurs :

Je suis obsédé par la couleur – je n’en ai jamais vu que je n’aimais pas.

On trouvera à la fin de l’exposition l’habituelle boutique de souvenirs : des livres, des cartes, des calendriers pour tous… mais aussi, pour les amateurs sérieux, de véritables vases du studio Chihuly, plus petits que ceux de l’exposition, avec des prix sur l’étiquette dans les trois ou cinq mille dollars.

Expositions permanentes : beauté durable

Le Musée présente aussi plusieurs expositions permanentes gratuites. On peut y voir des tableaux anciens qui ont toujours quelque chose à nous apprendre : que ce soit par leur composition, la touche du pinceau, le dessin ou le jeu de la lumière et de l’ombre. Et peu importe que le tableau soit figuratif ou abstrait.

McGill_College_art culture musée beaux arts montréal

«Devoir de mémoire»

À quelques rues de là, sur l’avenue McGill College, le Musée McCord, en collaboration avec la Commission vérité et réconciliation du Canada, présente une exposition en plein air de photos anciennes sur le thème des pensionnats autochtones. C’est à voir. Nous avons déjà beaucoup écrit sur ce thème dans le magazine Reflet de Société et sur le Web, mais le titre «Devoir de mémoire» est très éloquent : il faut se souvenir des erreurs du passé pour en tirer des leçons et ne pas les répéter.

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Chihuly, un univers à couper le souffle, au MBAM du 8 juin au 20 octobre 2013. Entrée : 12 $ pour les 13-30 ans, 20 $ pour les 31 ans et plus (10 $ le mercredi soir). MBAM

Devoir de mémoire – Les pensionnats autochtones du Canada, Musée McCord, sur l’avenue McGill College à Montréal, du 19 juin au 20 octobre 2013.

Autres textes sur Culture

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Julie s’expose à la Boîte à Lunch

Quoi voir pendant les vacances de la construction

Toxic-Art, vernissage et exposition

Raymond Viger Dossier IllustrationT-Shirt

julie toxic-art street art urbain undergroundJulie, connu sous le nom d’artiste Toxic-Art, nous a invité à son vernissage mercredi dernier à la Boîte à Lunch situé au 5648 Hochelaga est. L’exposition demeurera en place tout le mois de juillet et une partie du mois d’août.

Une exposition simple mais efficace représentant bien l’artiste: chaleureuse et sans artifice inutile.

Vous pouvez acheter l’une de ces toiles pour encourager l’artiste ou encore visite sa page Internet qui présente les produits dérivés de ses œuvres: T-shirt, cartes de vœux, affiches… Une façon originale de garder un souvenir de Julie et de son art.

Pour visiter la page Internet de Julie Toxic Art.

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Musée de la civilisation à Québec: Michel Tremblay

Musée de la civilisation à Québec

L’Univers de Michel Tremblay

Jusqu’au 18 août 2013

reflet de société débat reflexion socialeDans la chronique précédente, il était question de notre visite au Musée de la Civilisation de Québec, et du fait qu’il est impossible de voir toutes les expositions que le musée offre en une seule journée. J’avais alors parlé de celle consacrée aux Premières Nations. Voici maintenant la deuxième exposition que nous avons visitée, et qui nous a beaucoup enthousiasmés.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Culture

Dans une autre grande salle, on présente l’exposition «L’Univers de Michel Tremblay», préparée dans le cadre du 50e anniversaire du ministère des Affaires culturelles.

michel_tremblay_signatureQue peut-on nous apprendre de plus sur l’œuvre de Michel Tremblay, l’auteur le plus célèbre et le plus célébré du Québec ? Beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire.

Cette exposition nous donne un nouveau regard sur ses écrits. Mais surtout une nouvelle écoute, puisque l’aspect auditif y est encore plus important que le visuel, grâce aux audioguides qu’on nous offre à l’entrée.

Grâce à ces écouteurs, la voix des comédiens nous suit dans notre parcours à travers les divers éléments du décor. Des voix qui s’accordent aux projections très bien faites, sur fond de murs de brique, de tôle rouillée et de ruelle.

Les textes de Tremblay prennent vie, lorsque lus par les comédiens. Marie-Évelyne Baribeau,  Normand D’Amour dans le rôle du père qui veut impressionner son petit garçon, le pressier qui détient le secret du rouge Campbell…

Guylaine Tremblay

Mais c’est le jeu de la comédienne Guylaine Tremblay qui nous touche le plus. Par sa proximité, pourrions-nous dire. Par sa sincérité, son naturel et sa simplicité, qui s’adaptent parfaitement au contenu des textes.

Une des trois petites pièces installées au centre de la salle présente un décor de cuisine des années 1950, avec sa table chromée, le dessus en arborite, sur laquelle est projeté un film en noir et blanc sur le thème des Belles-Sœurs.

Deux murs sont recouverts d’un papier-peint au motif de timbres Gold Star. Le plancher, par une courtepointe de vieux prélarts parfaitement authentiques.

Il y a donc beaucoup de choses à écouter et à découvrir dans cette salle, si on en prend le temps et qu’on porte attention aux détails. Nous y avons passé une bonne heure, je crois, même si nous n’avons pas regardé nos montres.

Et puis en sortant, je me suis tout de suite acheté un livre de Tremblay à la boutique du musée, Le premier quartier de la lune, qui m’a plu dès la première phrase. Une phrase que j’entendais, en la lisant, non pas avec ma voix mais avec celle de Guylaine Tremblay. Magie du théâtre, même filmé, qui nous suit comme un écho, lorsqu’on en sort.

Musée de la civilisation à Québec
85, rue Dalhousie, Québec QC  G1K 8R2
418 643-2158 – www.mcq.org

Autres textes sur Culture

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Musée de la civilisation à Québec: Premières Nations et autochtones

Musée de la civilisation à Québec

Nous, les Premières Nations

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Autochtone, Environnement,

chronique sociale société communauté socialLe Musée de la Civilisation est situé dans le Vieux-Québec et dans la Basse-Ville, avec vue sur le fleuve et sur les glaces flottantes en cette première semaine de mars où nous l’avons visité.

Il s’agit d’un grand musée, au hall spacieux et vitré, qui offre plusieurs expositions en même temps. Impossible, en général, de toutes les visiter en une seule journée, car il y a trop de choses à voir et à entendre.

premières nations autochtones indien réserves indiennes autochtoneNous allions surtout visiter «Nous, les Premières Nations», une exposition permanente que nous avions vue annoncée de l’extérieur, de notre chambre dans une auberge de la rue Saint-Pierre, à l’arrière de l’édifice.

Nous n’avons pas été déçus. Comme c’est souvent le cas dans les musées actuels, en plus des objets exposés – comme un énorme canot d’écorce atikamekw –, on peut écouter plusieurs courts documentaires qui nous aident à mieux comprendre. Et aussi à briser certains préjugés.

Comme celui des Amérindiens qui se laissent vivre de l’aide sociale. Il faut comprendre qu’ils n’ont pas choisi cette situation qui leur a été imposée par les administrations gouvernementales. Les peuples nomades vivaient plutôt bien sur leurs larges territoires de chasse, de pêche, de cueillette et de trappe.

Ils ont été sédentarisés de force et contre leur gré. De plus, l’accès à leurs territoires de chasse a été entravé ou même empêché par les agents territoriaux et par la coupe de bois intensive qui ne respectaient pas leur mode de vie.

Ajoutons à cela la tutelle du ministère des Affaires indiennes, les règlements, la gouvernance ne correspondant pas à leurs cultures, les chefs de bande et les pensionnats imposés par le gouvernement… Et nous avons tout à coup une autre vision des responsabilités respectives, dans l’état actuel de la vie des réserves.

Nos anciens livres d’histoire nous présentaient aussi une image de Sauvages naïfs que les premiers Blancs pouvaient facilement rouler avec leur pacotille. C’était complètement faux, nous dit-on maintenant dans cette exposition. Car les autochtones avaient, depuis toujours, l’habitude du commerce entre leurs nations, et ils pouvaient être de fins marchandeurs. Ils se servaient aussi habilement de la concurrence entre les Blancs pour la tourner à leur avantage.

Le temps est venu de rejeter toutes les fausses notions, les préjugés. En même temps que nous prenons conscience des dégâts causés par l’exploitation des ressources naturelles, dans cette grande Nature que l’on croyait jusqu’alors, naïvement, encore sauvage et inépuisable.

Musée de la civilisation à Québec
85, rue Dalhousie, Québec, QC  G1K 8R2
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Boutique des jeunes artistes

fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation Trois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversité et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une partie de son oeuvre chez vous.

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Portraits inuits de Mance Lanctôt

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Maison de la culture de Longueuil

Les portraits inuits de Mance Lanctôt

débats societe réflexions socialesL’exposition « Rencontre_Nunavik » de l’artiste-peintre Mance Lanctôt se tient à la Maison de la culture de Longueuil, dans l’ancien édifice de l’hôtel de ville, rue Saint-Charles, jusqu’au 7 avril. Les nombreux tableaux de bonne taille sont accrochés dans trois salles claires du rez-de-chaussée.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossier Culture, Autochtones

Toumance lanctot peinture inuit maison de la culture grand nordtes les œuvres sont peintes à l’acrylique sur toile de lin. Dans une des salles en particulier, la toile écrue est laissée telle quelle, derrière les personnages. Les matériaux bruts conviennent parfaitement au sujet.

La toile écrue nous fait penser au tissu des tentes et des anciens équipements. L’ajout de poudres minérales – de graphite, d’acier, de cuivre, d’aluminium, de mica – dans les tableaux renvoie à la présence des minéraux convoités dans le Grand Nord.

Les traits des visages aux ombres bien marquées et les larges touches du pinceau ajoutent au côté brut du paysage et à la lumière intense des lieux. Cela correspond bien aussi aux personnages.

Dans plusieurs portraits, les gens ont le regard légèrement détourné. Ils ne nous regardent pas directement. Les Inuits partagent-ils, avec certains Amérindiens, la politesse de ne pas regarder directement dans les yeux ? Ou éprouvent-ils une certaine gêne à servir de modèles ?

Une bonne surprise, parmi une série de portraits inuits de même taille : l’autoportrait de l’artiste qui nous regarde bien directement dans les yeux, comme si elle était maison culture longueuil exposition vernissage toiles peinture mance lanctôtprésente pour nous accueillir et qu’elle observait nos réactions, l’attention que l’on porte à ses œuvres.

En conclusion, une exposition généreuse, satisfaisante – ce n’est pas toujours le cas, dans les galeries et les musées –, trois salles pleines, dans un style très cohérent. Quoique, de manière personnelle, je préfère la série de portraits de même format sur fond écru, les plus expressifs, me semble-t-il.

Maison de la culture : 300, rue Saint-Charles Ouest, Longueuil. Mance Lanctôt

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Vernissage au CCA, un portrait de Montréal

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Vernissage au CCA

Centre canadien d’architecture à Montréal: un portrait de la ville

Le 31 janvier dernier avait lieu le vernissage d’une exposition au Centre canadien d’architecture (CCA), rue Baile dans l’ouest de Montréal. Il s’agit de la deuxième phase d’une exposition nommée « ABC : MTL », une œuvre collective et changeante qui se veut être un portrait composite de la ville qui se terminera le 31 mars prochain.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossiers Ville de Montréal, Culture

débats société réflexions socialesLe CCA a été fondé en 1979 par Phyllis Lambert, elle-même architecte, à partir de sa fortune personnelle. Il comprend un centre de recherche et un musée. Le bâtiment actuel, conçu en 1989, est un chef-d’œuvre d’architecture où chaque détail est parfaitement conçu et entretenu, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. On trouve rarement un aménagement paysager si bien entretenu dans un lieu public, du moins à Montréal. Mme Lambert a incarné dans ce lieu tout son amour pour l’architecture, et ce centre est devenu son legs à notre société.

Née à Montréal en 1927, Phyllis Lambert est la fille de Samuel Bronfman. Dans les années 1960, elle conçoit le Centre des arts Saidye Bronfman qui porte le nom de sa mère. Elle contribue aussi à la fondation de l’organisme de protection du patrimoine Héritage Montréal puis au projet de revitalisation du Canal Lachine. À 85 ans, elle s’indigne encore contre le développement anarchique de la ville et continue de militer pour la protection du patrimoine architectural montréalais.

L’exposition

ville de montréal vitrines rue saint-laurent 19e siècleL’exposition « Par les rues » regroupe des photos, presque toutes en noir et blanc, tirées de la collection du CCA et d’un projet nommé « Les bâtiments en pierres grises de Montréal : Une mission photographique ». Une pierre grise très caractéristique des façades montréalaises, construites vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle, de l’est à l’ouest de la ville. Les photos des vitrines de la rue Saint-Laurent témoignent aussi de l’apport international à cette rue, avec des noms comme Boucherie hongroise, Librairie espagnole et L. Bergson & Fils, monuments funéraires.

Un peu plus loin, dans les salles d’exposition principales, nous arrivons au cœur de l’exposition nommée « ABC : MTL », deuxième phase. Il s’agit d’une œuvre collective et changeante qui se veut un portrait composite de la ville, comprenant des photos, des plans, des maquettes, des films, etc.

ABC comme abécédaire et, effectivement, tous les événements qui entourent l’exposition reflètent ce thème. Ainsi, l’un d’eux, destiné aux enfants, ne nomme « B comme bédé ». Un autre titre d’événement, « R comme raboutage », me fait penser à une des salles où l’on expose, entre autres, quatre courtepointes ou patchworks qui symbolisent parfaitement la notion de raboutage inhérente au développement d’une ville.

La ville raboutée, la ville courtepointe

Dans les courtepointes d’autrefois, on récupérait des bouts de tissu d’origines diverses dont chacun portait son histoire. Ainsi, la mère pouvait dire à son garçon, en le bordant le soir : ce morceau-là vient du manteau de ton grand-père, celui-là de ton oncle Léon et ainsi de suite. L’enfant était alors enveloppé d’histoire et comme protégé par ses ancêtres.

La ville aussi est un patchwork riche d’histoire. Et ces vieilles façades de pierres grises – entretenues, rénovées et même recyclées – apportent à la ville une beauté, une richesse et une profondeur que des bâtiments temporaires et jetables, au gré des modes, ne peuvent lui apporter.

Un vernissage ouvert à tous

centre canadien architecture cca phyllis lambert urbanismeLe vernissage du 31 janvier était ouvert à tous, gratuitement, y compris le cocktail. Ce qui me semble très peu habituel. J’ai apprécié cette ouverture. Mais je me suis dit que ce « portrait de la ville » est probablement trop abstrait pour la majorité de ses citoyens, incluant ceux des milieux populaires.

Je me souviens d’avoir assisté à un vernissage, il y a peut-être une dizaine d’années, alors que Mme Lambert animait encore personnellement ce genre d’événements. Malgré sa position sociale, elle était probablement la personne la moins snob de l’assistance.

Elle allait vers chacun, vers des inconnus comme moi, pour leur demander leur avis et écouter leurs réactions. Quoiqu’anglophone, elle commençait ses discours en français avant de passer à l’anglais. Elle s’était aussi adressée à moi en français.

Ceux qui la remplaçaient maintenant, le soir du 31 janvier, n’avaient pas le même respect pour la priorité du français au Québec. Les discours ont été faits d’abord en anglais, et ensuite seulement en français, comme par obligation et sans grand enthousiasme.

Je n’ai pas aimé ce changement, qui me ramenait dans les années 60, alors que Montréal était scindée en deux villes, plus ou moins, l’ouest anglais (centre des affaires et quartiers riches) et ville française à l’est (surtout ouvrière). Un retour en arrière regrettable qui ne reflète pas du tout la volonté et la manière d’être que l’on a connu de la fondatrice et philanthrope, Mme Phyllis Lambert.

Cette exposition se termine le 31 mars 2013.

Centre Canadien d’Architecture
 
1920, rue Baile — Montréal (Québec)
 H3H 2S6

514 939 7026
http://www.cca.qc.ca/fr/a-propos

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Impressionnisme au MBAM

Musée des Beaux-Arts de Montréal

L’impressionnisme, une contre-culture fin 19e siècle ?

Une exposition qui nous permet de retrouver la fraîcheur d’un art dont on oublie qu’il fut hors norme en son temps.

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossier Culture

reflet de société débat reflexion socialeUne collection exceptionnelle de tableaux impressionnistes fait le tour du monde, en ce moment, pendant que l’on agrandit les locaux du Sterling and Francine Clark Institute du Massachusetts. Et son seul arrêt au Canada se fait au Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013. En tout, 74 tableaux dont 21 de Renoir.

L’exposition occupe quatre salles de l’ancien édifice dont l’ancienneté lui convient parfaitement. Dès le départ, avouons notre préférence pour les œuvres de Renoir, ainsi que pour quelques Monet et Pissarro.

1. Les précurseurs

La première salle est réservée aux précurseurs, les peintres paysagistes Millet et Corot. On est aussi content de voir une petite toile bien vivante d’Honoré Daumier, dont on connaît surtout les gravures, les illustrations de livres qui se rapprochent de la caricature.

Mais ce que l’on peut retenir de la première salle, ce sont deux natures mortes de Renoir : « Oignons » (1881), des oignons rosés sur fond d’azur, des couleurs modulées comme on lui connaît. Et « Pivoines » (1880) qui est superbe de vie, de spontanéité, de fraîcheur, de naturel.

Renoir_Pivoines art culture peinture artistes

Renoir, «Pivoines»

2. Peindre dehors

Dans la deuxième salle, un merveilleux Monet de 1874, « Les oies dans le ruisseau ». On y trouve déjà les petites touches familières, mais en couleurs automnales, discrètes, sauf pour l’orangé citrouille du toit de la maison.

Un Pissarro surprenant, « La maison de Piette à Montfoucault » (1874). Un paysage de neige gris, vert-de-gris et blanc bleuté, des couleurs ternes en principe. Pourtant, l’effet général est frais et vivant. Beau défi de peindre dehors en hiver. La rapidité d’exécution a donné beaucoup de vie au tableau, avec un coup de pinceau qui va à l’essentiel.

Un autre tableau de Pissarro, un paysage fait de couleurs primaires, cette fois, « Saint-Charles, Éragny » (1875). La belle lumière de l’été, vive mais douce, comme si la petite brume du matin venait juste de disparaître.

Frédéric Back, dans L’homme qui plantait des arbres, a repris un peu ce style – et avec bonheur. Soit dit en passant, on a exposé les œuvres de Frédéric Back dans des musées japonais où on lui a rendu honneur, mais jamais chez nous. Bien sûr, c’est un autre sujet sur lequel il faudrait revenir plus tard. Mais ce n’est pas inutile de le souligner au passage.

Sur les murs des salles, on a écrit des citations de Renoir, qui n’aimait pas se mêler de théorie. En voici une : « La seule récompense que l’on devrait offrir à un artiste, c’est de lui acheter ses œuvres. »

Un autre paysage : « Les falaises à Étretat » (1885). Du grand Monet, mature. Bel équilibre de couleurs, des bleus superbes ravivés par un rose orangé que l’on désespère de reproduire. Outre les couleurs, la composition est remarquable. Des rochers solides, verticaux, par opposition à l’horizontalité des strates rocheuses, de l’eau, des vagues, du ciel. Un tableau à la composition plus forte que d’autres paysages de Monet.

monet falaises artiste peintre art culture

Monet, «Falaises…»

3. Les couleurs magiques de Renoir

Dans la troisième salle, il y a foule. C’est là que se trouvent les portraits bien connus : du Renoir à son meilleur. Le bleu rêveur qui lui est unique, des bleus magiques relevés de violet, de vert. Renoir est à son sommet lorsqu’il peint des portraits féminins et des fleurs. Chez lui, les deux se confondent.

D’accord, on a trop vu ces tableaux en reproduction. Mais en « personne », quelle différence ! On n’en revient pas. Rien, absolument aucune reproduction ne peut rendre la vie de ce genre de tableau. Leurs couleurs, leurs textures, les interactions entre les couches superposées, agissant l’une sur l’autre. Des tableaux qui ont même une sorte d’aura.

4. Du sang neuf en art, hier et aujourd’hui

Dans la quatrième salle, on expose des tableaux non impressionnistes de l’époque pour nous mettre en situation. Des tableaux de Gérôme, par exemple, plein de mélodrames et de mises en scène. Rien de naturel, mais c’est ce que l’on croyait être du grand art, en ce temps-là.

Que l’art puisse se servir de sujets modestes et réalistes, qu’il puisse peindre la vraie vie, tout en prenant des libertés, voilà qui était nouveau dans les milieux artistiques et littéraires. Et c’est ce que les « avant-gardes » allaient changer graduellement, à la fin du 19e siècle et au début du 20e, autant en peinture qu’en poésie et dans tous les arts.

Quel lien peut-on établir avec cette exposition impressionniste et l’art actuel ? L’impressionnisme fut d’abord rejeté par les écoles, les académies, les acheteurs et le public de l’époque. On riait de cet art considéré comme naïf et maladroit, et l’expression « impressionnisme » fut d’abord une insulte inventée par un critique.

De la même manière, l’art urbain ne vient pas des écoles et des académies, mais de la rue. Tout n’est pas de valeur égale, mais en définitive, il faut constater que les arts populaires ont toujours apporté du sang neuf aux différentes cultures et qu’il faut en tenir compte.

  • Exposition « Il était une fois l’impressionnisme » au Musée des Beaux-Arts de Montréal, du 13 octobre 2012 au 20 janvier 2013. L’entrée est de 20 $. (À ce prix, ce n’est pas à la portée de tous. Dommage.)

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