La traite humaine

Prostitution, trafic d’organes et travail forcé

Le cas de la Moldavie

La Moldavie fait peu les manchettes. Quand c’est le cas, le thème de la traite humaine revient souvent: des cas de prostitution, mais aussi de trafic d’organes et de travail forcé. Sortir du pays à tout prix? C’est le risque encouru par bien des jeunes femmes moldaves, parfois au péril de leur vie. Mais qu’est-ce qui les pousse au bord du gouffre? Notre journaliste a enquêté.

Marie-Josée Richard. Dossier Prostitution

Une piste d’atterrissage d’asphalte sur fond de gazon, le tout entouré de collines verdoyantes, c’est ce qui frappe lorsque l’on atterrit à Chisinau, la capitale. Puis au centre-ville, le gris du béton domine, lui donnant un air morne et triste. Un autre contraste nous attend une fois sur Stefan cel Mare, le boulevard principal: des kiosques à journaux et de boissons jouxtent des boutiques Tommy Hilfinger, Adidas et bientôt un Apple Store. Sur la route, de vieux véhicules de l’ère soviétique, comme des Lada ou des trolleybus, côtoient des voitures de luxe.

Pour le voyageur averti, c’est le signe que les activités illicites prospèrent. «Avec un revenu moyen de 250$ à 300$ par mois, avoir une voiture tout court est déjà du luxe», m’explique Andrea, un Moldave résidant désormais à Montréal. «Je peux toucher jusqu’à 500$ par mois, me confie un chauffeur de taxi de Chisinau… à condition de travailler 6 à 7 jours par semaine.» Nouvellement papa, il a du mal à payer les couches de son bambin. Avec un taux de chômage endémique, il est conscient qu’il a de la chance d’avoir au moins un travail.

Dans un tel contexte, pas étonnant que la majorité des Moldaves rêve de travailler à l’étranger de façon temporaire ou immigrer: le quart de la population active travaille en dehors de ses frontières, le tiers quittant dans l’illégalité pour l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la France, la Grèce ou la Russie. Comme des milliers d’autres Moldaves, Valéa a voulu tenter sa chance.

La lune promise

En 2009, elle n’a que 20 ans lorsqu’une amie lui parle d’une offre de travail comme serveuse et danseuse dans un bar de Chypre, dans la section turque. Où elle habite, un village de 2000 âmes, situé dans l’État de Criuleni, à une trentaine de kilomètres à l’est de Chisinau, le travail se fait rare. Un homme venu d’une région voisine recrute: il promet 2000€ à 2500€ par mois (environ 3000$-3500$ canadiens), soit bien plus que le salaire moyen annuel. Quelques rencontres plus tard, séance de photos et formulaires complétés pour l’obtention du visa, on lui donne rendez-vous à l’aéroport. Ses billets d’avion, elle les remboursera à son employeur en travaillant.

Quand arrive le jour J, les douaniers interceptent la jeune brunette. «Comme je ne pouvais dire avec précision où je m’en allais et qui je devais rencontrer, on a trouvé ça suspect», dit-elle en jouant nerveusement avec l’une de ses boucles d’oreilles. L’avion a décollé sans elle. Selon toute vraisemblance, elle allait se jeter tout droit dans la gueule du loup: Valéa aurait été obligée de se prostituer. Or, la Turquie figure au premier rang des destinations les plus fréquentes pour le trafic humain en provenance de la Moldavie, avec près du tiers des victimes. Ceci aurait dû lui mettre la puce à l’oreille…
Même si Valéa avait déjà été mise en garde contre les méthodes de recrutement des trafiqueurs, elle ne s’en était pas préoccupée outre mesure. «Je pensais que ça ne pouvait arriver qu’aux autres», se confie-t-elle naïvement. Et avant de partir, elle avait rencontré des jeunes femmes de son village employées par cet établissement… mais elles lui avaient caché la vraie nature de leur travail.

Chose certaine, le cas de Valéa n’est pas exceptionnel. Comme la majorité des jeunes femmes tombant dans le panneau en Moldavie, elle s’est fait rouler par une connaissance, en qui un proche avait confiance. Elle tombe pile dans le profil type des victimes: elle est une femme de moins de 25 ans, sans emploi, résidente d’une zone rurale. Ce qui diffère de plusieurs autres destins: son histoire finit bien.

Si Valéa l’a échappé belle, c’est grâce à un contrôle douanier plus serré, mesure mise de l’avant il y a trois ans. Mais toutes les jeunes femmes n’ont pas cette chance. Valéa raconte que certaines de ses voisines, parties quelques mois plus tôt pour Chypre, en sont revenues invalides, peu après l’épisode de l’aéroport. «Handicapées, après avoir été sauvagement battues», m’explique mon traducteur, un ex-policier devenu homme d’affaires.

Mieux vaut prévenir…

«La situation est beaucoup plus contrôlée qu’il y a dix ans, notam-ment à cause de la prévention», affirme Irina Todorova, coordonnatrice prévention et protection de l’Organisation internationale de la migration (OIM) de Chisinau, un organisme intergouvernemental ayant pour mission de faire la promotion d’une saine migration. Ceci se traduit principalement par des ateliers d’informations, qui ont lieu à Chisinau et dans les différentes régions du pays.

Mais l’OIM ne peut agir seul. L’unité policière antitraite de Moldavie et différents OSBL au pays font partie de leurs proches collaborateurs. Une chose est certaine: pas de doublons! «On tient à ce que nos rôles soient complémentaires», insiste la coordonnatrice.

Quand les rêves s’écroulent

Alors qu’elles pensaient s’enrichir, ces jeunes femmes (prises dans les griffes d’un proxénète) en finissent par devenir l’esclave sexuelle d’une dizaine de clients par jour, battues et/ou violées à répétitions, séquestrées, parfois sous-alimentées et droguées… Certaines tourmentées par la honte d’avoir été trahies par leur petit ami, qui les aura vendues à leur insu lors d’un voyage qui se voulait romantique.

Vendre une jeune Moldave? Plusieurs sont tentés par l’’appât du gain: elle peut valoir 400$ au pays. Et sur le marché noir en Italie, la transaction peut grimper à environ 3500€, soit près de 5000$ canadiens, des chiffres avancés par le chercheur Siddirth Kara dans son livre Sex trafficking – Inside the business of modern slavery(2009)… une véritable mine d’or pour un Casanova sans scrupule.

Et le recrutement se déroule aussi sous le nez des autorités. Le Makler, un quotidien russophone distribué partout au pays, publie tous les jours des annonces d’agences promettant des emplois ou des opportunités d’études à l’étranger. «Mais plusieurs sont des pièges, commente Viorela Rusu, cofondatrice de la mission de La Strada – Chisinau, un centre d’aide pour les victimes et leurs proches. On doit se méfier de celles qui prétendent que l’on peut partir en moins de dix jours, ou celles qui promettent de verser une importante somme d’argent pour un travail ne demandant pas de qualifications particulières.»

L’organisme publie chaque jour sur Internet une liste des agences jugées sécuritaires, ayant fait l’objet d’une brève enquête.

Illusion du moindre mal

«Depuis deux ans et demi à trois ans, le défi est d’arriver à identifier les victimes», raconte Irina Todorova, cette femme aux longs cheveux noirs. Les trafiqueurs ont assoupli leurs méthodes, poursuit-elle. En donnant plus de liberté aux jeunes filles et en leur allouant des petites sommes d’argent, 100 à 200 $ par mois à envoyer à leur famille, ceci leur renvoie une fausse image de bien-être…»

«Ça n’est pas si mal, disent certaines, au moins ici, j’ai de quoi manger, déplore la coordonnatrice, dans un anglais bien maîtrisé. Le résultat est navrant: des jeunes femmes victimes d’abus sexuels, de prostitution ou encore de travail forcé en viennent à ne plus demander d’aide.

«La plupart des jeunes femmes se faisant enrôler dans les réseaux de traite étant aussi victimes de violence familiale, elles sont généralement plus tolérantes face aux mauvais traitements», explique Victoria Dochitcu, psychologue et responsable de la Hot Line à la Strada, une ligne d’urgence à la disposition de la population. «Certaines jeunes femmes en viennent même à défendre leur pimp … ou retournent sous sa gouverne quand on leur en donne l’occasion.» Ceci donne du fil à retordre aux différents intervenants, qui voient que les trafiqueurs sont passés maîtres dans l’art de la manipulation.

La Moldavie

Une nation à peine plus grande que la Belgique, la Moldavie est coincée entre la Roumanie et l’Ukraine. Mais elle est surtout connue pour être la nation la plus pauvre d’Europe; près de 65 % de ses 3,8 millions d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.

Classé au 117e rang sur 182 de l’indice de développement humain, tout juste avant le Vietnam et après la Guinée équatoriale, le pays a un PIB équivalent à celui du Soudan.

En devenant indépendante de l’URSS en 1991, la République de Moldavie fait face à une importante crise économique: sa monnaie, le leu moldave, plonge. La marche est haute pour qui passe d’une idéologie communiste à une idéologie capitaliste. Vingt ans plus tard, le pays peine toujours à remonter la pente. La majorité de ses revenus est siphonnée par le remboursement de ses dettes, laissant une maigre pitance aux employés de l’État… et ouvrant la voie à des abus de toutes sortes.

Ce reportage a été réalisé à l’été 2011 dans le cadre de la bourse Nord-Sud de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), grâce aux fonds de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Témoignages de Prostituées.

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Le sensationnalisme du Journal de Montréal et baisse de son lectorat

Le Conseil de presse

Blâme sévère contre le Journal de Montréal

L’info lettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec du 12 avril dernier attire notre attention sur le Conseil de presse qui donne un blâme sévère envers le Journal de Montréal: déformation sensationnaliste, information inexacte, exagération…

Raymond Viger Dossiers Média, Journal de Montréal

Dans une série de quatre reportages portant sur le travail des ambulanciers, la journaliste Héloïse Archambault du Journal de Montréal aborde la question des délais d’attente lors d’appels d’urgence.

Elle y laisse entendre, en prétendant se fonder sur des rapports du coroner, qu’une dizaine de cas de décès analysés par celui-ci aurait pu être évitée si les ambulanciers avaient pu se rendre plus tôt sur les lieux. En réalité, dans aucun de ces cas le coroner affirme que les décès sont attribuables à la lenteur des services ambulanciers juge le Conseil de presse suite à une plainte.

Étant donné que ces inexactitudes, à caractère sensationnaliste, ont grossièrement déformé la réalité, et que la rectification, très partielle, parue dans le Journal de Montréal, n’était pas de nature à rétablir les faits, le Conseil a choisi de retenir contre la journaliste et le média un blâme sévère.

La mise en cause concerne la journaliste Héloïse Archambault, le rédacteur en chef du Journal de Montréal M. Dany Doucet, le rédacteur en chef de Canoe Patrick White et le portail Canoe. Le Journal de Montréal et Canoe ont refusé de répondre au Conseil de presse leur valant le blâme du manque de collaboration.

Dans la même lettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec nous apprenons aussi que:

Le dernier sondage Newspaper Audience Databank (NADbank) sur le lectorat montre que l’annonce du décès des médias écrits est largement prématurée au Québec. Sur un an, voici les variations du tirage total:

  • La Presse +1%
  • Le Journal de Montréal -4%
  • Le Devoir -2%
  • The Gazette +2%
  • Métro +13%
  • 24 Heures +15%
  • Le Soleil -9%
  • Le Journal de Québec +10%
  • Le Droit +3%
  • En chiffres absolus, le Journal de Montréal reste le plus lu avec près de 1,2 million de lecteurs, mais ce chiffre inclut une forte proportion de journaux donnés, 25% selon La Presse.
    Globalement, le nombre de lecteurs de journaux dans la grande région de Montréal a progressé de 6 % l’an dernier, pour ainsi ajouter 250 000 lecteurs.

La question qui tue

Pendant que les médias écrits de la région de Montréal progresse de 6%, le Journal de Montréal en perd 4%! Est-ce à dire que les lecteurs ne veulent plus de ces articles sensationnalistes? Le sensationnalisme qui a fait la fortune de Pierre Péladeau va-t-il finir par tuer celle de Pierre-Karl Péladeau?

Autres textes sur Médias et Journal de Montréal

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Les jeunes, les médias et Internet

Une étude sur les habitudes des jeunes envers les médias

Les jeunes préfèrent les médias traditionnels

Rien de mieux qu’une étude pour connaître la réalité et éviter de se créer des légendes urbaines.

Raymond Viger Dossier Éducation, Médias

L’info-lettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) nous présente une nouvelle qui a de quoi surprendre. Les jeunes n’ont pas les habitudes qu’on auraient pu croire.

jeune internet jeunes média magazine réseaux sociaux lectureSuède: Les jeunes préfèrent les vieux médias

Une étude de l’Université Gothenburg révèle que 75% des jeunes de 9 à 14 ans préfèrent passer leur temps le nez dans les journaux, l’oreille tendue vers la radio et les yeux braqués sur de bons vieux livres en papier, plutôt que sur internet.

L’étude décèle chez ce groupe d’âge une tendance à prendre ses distances par rapport à internet.

Chez les 15-24, 60% ne mettent pas internet en tête de leurs médias préférés. Chez les plus jeunes, internet est utilisé surtout pour la musique, les vidéos et les réseaux sociaux.

On peut donc continuer à écrire des journaux, des livres et des magazines. N’aviez-vous pas remarqué que pour les blogues et Internet en général, on retrouve de plus en plus de retraités qui débutent leur blogue? Ils apprennent vite et s’impliquent beaucoup d’heures devant leurs écrans d’ordinateur.

Source originale relatant l’enquête sur les jeunes et les médias.

Autres textes sur Médias

L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

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Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

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Doit-on faire relire nos écrits avant publication?

Journalisme et écriture

Georges-Hébert Germain et Robert Bourassa

Le 19 février dernier, Georges-Hébert Germain était l’invité de Guy A. Lepage à l’émission Tout le monde en parle pour nous présenter sa nouvelle biographie: Robert Bourassa.

Raymond Viger Dossiers Médias et Publicité, Tout le monde en parle

Georges-Hébert Germain fait une grande confession lors de son passage à Tout le monde en parle.

Si j’avais fait relire mon manuscrit au moins cinq erreurs auraient été sauvé dans le livre sur Robert Bourassa.

Un livre peut être écrit en tant que journaliste ou comme auteur. Je ne m’attarderais pas ici à savoir quel chapeau Georges-Hébert Germain a utilisé pour écrire le livre Robert Bourassa. Je me limite ici à cette éternelle question à savoir s’il est acceptable de faire relire nos écrits en journalisme.

Le code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec est clair sur ce point:

5 c) Approbation par les sources
Les journalistes ne soumettent pas leurs reportages à leurs sources avant de les publier ou de les diffuser.

Et pourtant, plusieurs journalistes, en chuchotant et discrètement, avoue faire relire leurs reportages par les personnes concernées. Plusieurs raisons peuvent le justifier. En journalisme scientifique, lorsque vous passez en entrevue une personne qui possède 23 doctorats hyper spécialisés, il peut être intéressant de faire relire certains passages plus techniques question d’éviter de grossières erreurs qui discréditeraient l’ensemble du reportage ainsi qu’induire le public en erreur.

Pour obtenir une entrevue, certaines vedettes exigent de pouvoir relire le texte avant publication. Ici on peut se questionner à savoir s’il y a ingérence ou si c’est la recherche de vérité qui motive une telle demande. Je ne peux endosser que la personne passée en entrevue ait le pouvoir de décider ce qui est acceptable ou non de publier.

Comment interpréter le code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes?

Le mot clé est l’approbation par les sources. Dans notre magazine Reflet de Société, il est d’usage courant de faire relire les reportages, ou du moins certains passages avant publication. Nous travaillons souvent avec des personnes sensibles, fragiles et qui n’ont aucune expérience avec les médias.

En faisant relire le texte, nous voulons vérifier si la personne s’est bien exprimée, si ce que nous en avons compris représente bien la réalité. Il arrive qu’en se relisant, la personne nous rajoute un commentaire en disant qu’elle avait oublié un détail. Et ce détail amène parfois un nouvel éclairage intéressant au reportage.

Parfois c’est nous qui questionnons le sujet et lui présentons les conséquences possibles de l’entrevue. En se présentant sous son vrai nom et décrivant certains agressions, les gens de son entourage vont reconnaître certaines personnes. Pour sa propre protection, est-ce préférable d’avoir un pseudonyme?

Nous interprétons cette idée de faire relire un reportage non pas comme étant une demande d’autorisation mais plutôt comme un travail d’équipe avec la personne concernée. L’objectif demeure de présenter un texte le plus complet et le plus véridique possible.

La question qui tue

Georges-Hébert Germain n’a pas fait relire sa biographie de Robert Bourassa. Cinq erreurs ont été publiées qui auraient pu être corrigé s’il l’avait fait.

Pourquoi ne pas prendre avantage d’un travail d’équipe possible et de risquer de faire des erreurs? Si je fais relire, on me pointera du doigt sous prétexte que ce n’est pas “journalistiquement” acceptable. Si je fais des erreurs d’interprétation, on me pointera du doigt sur les erreurs qui se sont glissées.

Pendant ce temps, plusieurs journalistes font relire en cachette leurs textes. Presqu’honteusement.

À Reflet de Société, non seulement c’est d’usage courant, mais nous exigeons de nos journalistes qu’ils le fassent.

Autres textes sur Médias et Publicité

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Claude Legault, grève des étudiants, et incitation à la violence

Grève des étudiants pour les frais de scolarité

Claude Legault et la manifestation des étudiants

Suite aux déclarations de Claude Legault dans le Journal de Montréal, 23 étudiants sont blessés et 1 policier. Qui est responsable?

Raymond Viger Dossier Éducation, Médias

Claude Legault ne se cache d’avoir bel et bien dit au journaliste du Journal de Montréal Marc-André Lemieux:

Les étudiants ont le droit d’aller jusqu’au bout s’ils ne veulent pas payer plus. S’ils sont fâchés pis qu’ils ont envie de décâlisser des bagnoles à l’envers parce qu’on ne les écoute pas , eh bien qu’ils le fassent. Il faut arrêter d’être passif.

La police interroge Claude Legault sur le sens que celui-ci a donné à ses paroles. Claude Legault ne sera pas poursuivi pour incitation à la violence. Claude Legault en n’avait pas l’intention. Un cri du coeur, un cri de mobilisation… Mais y a-t-il quelqu’un qui est responsable de quelque chose dans les incidents qui ont suivi et qui en ont plusieurs à l’hôpital?

Un journaliste ne peut interpréter les paroles qu’on lui donne. Il a cependant la mission de rechercher la vérité et l’intérêt public. Que des artistes tels que Claude Legault appuie le mouvement de grève des étudiants peut être d’intérêt public. Mais où se trouve la vérité que le journaliste doit ramener dans son média?

Même si Claude Legault a bel et bien dit cela, la vérité est qu’il ne cherchait pas à inciter les étudiants à la violence. Le journaliste Marc-André Lemieux aurait dû le comprendre et questionner un peu plus Claude Legault au lieu de se limiter à cette citation et à la publier en gros caractère dans son média à sensation.

Qui est responsable d’incitation à la violence?

Le chef de pupitre et le rédacteur en chef aurait dû aussi questionner le journaliste et s’assurer que cette citation représentait bel et bien la position de Claude Legault. Ils devaient s’assurer que la citation représentait la vérité et non pas une citation qui ferait vendre de la copie et remplirait un bel encadré sensationnaliste.

Encore une fois, je suis obligé de me questionner sur la façon de travailler au Journal de Montréal. S’il y a un coupable d’incitation à la violence, j’amènerais le journaliste Marc-André Lemieux, le chef de pupitre et le rédacteur en chef Dany Doucet. Et pourquoi pas la présidente et éditrice Lyne Robitaille et le président et chef de la direction Pierre Karl Péladeau?

Je vous laisse quelques passages du code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Vous pourrez juger par vous-même si le Journal de Montréal aurait pu agir différemment dans cette triste histoire concernant Claude Legault et les manifestations des étudiants.

Code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Préambule

Le rôle essentiel des journalistes est de rapporter fidèlement, d’analyser et de commenter le cas échéant les faits qui permettent à leurs concitoyens de mieux connaître et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

2. Valeurs fondamentales du journalisme

Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout…

3. Vérité et rigueur

3 b) Les journalistes doivent situer dans leur contexte les faits et opinions dont ils font état de manière à ce qu’ils soient compréhensibles, sans en exagérer ou en diminuer la portée.

3 c) Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur.

3 f) Les journalistes doivent respecter fidèlement le sens des propos qu’ils rapportent.

Autres textes sur Médias

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Spectacle de breakdance 23 mars 2012

Vendredi, le 23 mars 2012 au Cégep Maisonneuve. Spectacle de financement pour soutenir l’intervention auprès des jeunes du Café-Graffiti.

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Merci de diffuser l’information sur le spectacle de breakdance sur vos blogues, Facebook, Twitter et tout autre moyen de communication.

Informations: cafegraffiti@cafegraffiti.net (514) 259-6900.

Le magazine des journalistes frappe un iceberg!

Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ)

Le magazine du journalisme -trente- en déficit

Brian Myles, journaliste au Devoir et président de la FPJQ signe dans le – trente – un billet sur la dure réalité des finances de la fédération des journalistes.

Raymond Viger  Dossier Médias

Suis-je choqué ou frustré de lire les commentaires de Brian Myles concernant les finances de la Fédération des journalistes? Un peu les deux.

Il y a 3 façons d’équilibrer un budget: on augmente les revenus, on diminue les dépenses ou encore on travaille sur les 2 fronts en même temps. Ça, tout le monde le sait. Ce qui peut surprendre, ce sont les choix de coupures qui peuvent être faites et la date à laquelle ont les fait.

Brian Myles nous dit que les coûts de production du magazine des journalistes ne cessent d’augmenter avec des revenus publicitaires qui ne cessent de chuter. Soit! Alors pourquoi le magazine du journalisme est publié sur un papier glacé hyper épais et dispendieux? Avec le peu d’utilisation qu’on en fait dans le magazine, pourquoi toutes les pages sont-elles en couleur?

Qu’est-ce qui est le plus important? Le contenant ou le contenu?

On n’a pas ici un magazine qui se bat en kiosque pour intéresser le grand public et qui doit rivaliser avec des tonnes de magazine à sensation. On a un magazine qui a une mission d’information et de débat auprès de ses membres.

Brian Myles nous dit qu’il a fallu couper temporairement dans le salaire de Claude Robillard, le secrétaire général. Shit de shit! Avant de couper dans les ressources humaines, ne pouvions-nous pas couper sur la qualité du papier du magazine?

Un bon gestionnaire d’entreprise doit prévoir la direction du vent et pouvoir s’adapter rapidement à tous ces changements qui viennent nous bousculer. Il faut anticiper les coups.

Pour l’année 2009-2010, la FPJQ accuse un déficit de 21 000$. Pour reprendre les mots de Brian Myles:

Il n’en a guère été question lors de la dernière assemblée générale annuelle, car nous espérions encore un providentiel redressement des revenus publicitaires du Trente et de bons résultats financiers du congrès.

Le capitaine du Titanic en voyant un iceberg a possiblement tenu un discours similaire. Les interventions providentielles font parties de la religion et n’ont rien à voir avec une réalité entrepreneuriale.

Brian Myles nous dit que le Trente a eu un déficit de 82 000$! Pourquoi n’avons-nous pas réagi en 2009 ou 2008, bien en avant de frapper cet iceberg? Que les revenus publicitaires soient en chute libre n’est pas une nouvelle très fraîche. Tout le monde le sait depuis longtemps que les revenus publicitaires pour les médias écrits sont en chute libre.

La panique totale

Finalement, 2011 arrive, c’est la panique, on met du monde dehors, on coupe le salaire de Claude Robillard et on coupe le nombre de parution du Trente! Les ressources humaines sont la chose la plus importante qu’une entreprise possède. Il est triste et malheureux de voir que ce sont les employés qui font les frais d’une mauvaise gestion et planification financière.

Quand on s’y prend à l’avance, de petits changements font de grandes choses. Quand on attend à la dernière minute, c’est la panique totale et les réactions doivent être plus drastiques.

Je demeure choqué et frustré de voir ce genre de situation. Est-ce que cela m’a fait du bien de vous le partager ici? Pas sûr. Ma pression artérielle est à la hausse.

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Le Globe, un nouveau webzine au Québec

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Fidèles au poste et Éric Salvail versent dans le ridicule

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On tue la une, V télé; un délire dénudé de sens

Patrick Lagacé traité de journaliste nombriliste

Anthony Kavanagh, Nous avons les images, une émission à ne pas revoir

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Place aux jeunes!

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Raymond VigerPhotoRaymond_editorial copie

L’industrie de la presse écrite subit une transformation extrême. Les annonces classées sont concurrencées par la gratuité de l’Internet. Les ventes de publicité   sont en baisse depuis 3 ans. Le prix du papier ne cesse d’augmenter…

Les conséquences sont dramatiques pour le journalisme écrit. Les entreprises médiatiques diminuent radicalement le nombre de leurs journalistes. Certains médias coupent dans le nombre de parutions. D’autres diminuent le nombre de pages publiées pendant que certains arrêtent carrément de paraître sur papier pour se limiter à des éditions en ligne.

Dans un contexte où plusieurs entreprises de presse ont aboli leurs stages et où les 300 finissants en journalisme de cette année et des années à venir risquent de ne jamais travailler dans leur domaine d’étude, Reflet de Société réitère son implication pour soutenir les jeunes journalistes à acquérir de l’expérience et à faire leur place.

Depuis maintenant 3 ans, Reflet de Société s’implique auprès des étudiants en journalisme du Cégep de Jonquière. Nous leur offrons un stage dans notre magazine et une expérience inédite sur l’écriture Web.

En plus, Reflet de Société a mis sur pied un stage en journalisme international d’un mois. Afin de développer l’autonomie des apprentis journalistes, ce stage n’est pas subventionné. Le groupe apprend à préparer un projet en se débrouillant seul pour en trouver le financement.

À la fin de ce stage, les participants ont l’occasion d’écrire leurs textes et de les voir publiés dans un numéro spécial hors-série de Reflet de Société. Ils doivent réaliser toutes les étapes de la production d’un magazine par eux-mêmes: rédaction, correction, infographie, illustration, photo, mise en page… Ils en sont les rédacteurs en chef et les artisans.

En 2008, le groupe avait choisi le Costa Rica. En plus de produire le magazine EN DIRECTion du Costa Rica, plusieurs journalistes ont eu l’occasion de publier leurs textes dans des éditions régulières de Reflet de Société.

Cette année, les jeunes journalistes ont opté pour le Vietnam. Un numéro spécial EN DIRECTion du Vietnam va être publié.

Ce stage a permis à Valérie Carrier de publier des textes sur le site Cyberpresse sous la bannière du journal Le Quotidien. Mélanie Bergeron a eu l’occasion de passer une entrevue pour Le Trente, le magazine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. S’ajoutent à ces réussites plusieurs conférences de presse et d’autres publications à venir.

Reflet de société au cégep

L’industrie médiatique est en pleine transformation. On ne peut plus faire abstraction de l’Internet comme véhicule pour offrir au public une information actualisée, constante et rapide. L’expertise développée sur le Web par Reflet de société nous amène maintenant à donner un cours au Cégep de Jonquière sur l’écriture Web, un outil dorénavant essentiel pour tout journaliste. Pour ne pas se limiter à un cours théorique, Reflet de Société va créer et soutenir un blogue spécifique aux étudiants en journalisme, leur permettant de développer une expérience qui saura intéresser leurs futurs employeurs.

Dans une période de morosité médiatique, Reflet de Société est fier de pouvoir soutenir les étudiants en journalisme du Cegep de Jonquière et de leur offrir des outils de travail pour expérimenter leur métier. Même si les médias coupent partout, nous sommes convaincus que l’originalité de l’expérience vécue par les journalistes du Cégep de Jonquière leur permettra de se tailler une place dans un monde en mutation.

Vous pouvez encourager ces journalistes que vous saurez reconnaître dans les années à venir. Vous pouvez lire leurs textes et les commenter dans la section Viêtnam du site http://www.refletdesociete.com. En commentant leurs textes et en leur offrant vos positions et réflexions, vous aurez la chance d’influencer le devenir de la prochaine vague de journalistes. En tant que lecteur, vous avez l’occasion de prendre contact avec les journalistes pendant leur formation et de les influencer sur ce qui vous touche et vous concerne.

Jamais le journalisme n’aura été aussi près de son lectorat. Nous ne sommes pas dans une période de marasme financier. Nous sommes dans une période de mutation.

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 4

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