Guerre du pétrole et l’environnement

Souvenir du ministère des Ressources naturelles

Colin McGregor – prison de Cowansville. Dossier Chronique d’un prisonnier

Pétrole Colin McGregor journalisteDes lampadaires géants, hauts de 30 mètres, transforment la nuit profonde de ce coin des Cantons de l’Est en un jour orangé perpétuel. Les parents du coin utilisent cet éclairage vif pour détourner leurs enfants du crime: «Qui voudrait vivre là?», disent-ils à leurs enfants apeurés en pointant du doigt la lueur à l’horizon, la lueur qui ne s’éteint jamais.

Ça doit demander beaucoup d’énergie pour éclairer une prison fédérale. Au Québec, le coût de l’énergie augmente, mais il demeure encore bas comparé à d’autres endroits où l’électricité accapare une bonne portion du budget des familles et des entreprises.

Je me dis qu’il n’y a pas de réponse facile. Entre protection de l’environnement, énergies nucléaire, solaire, gaz de schiste… Les voitures électriques semblent idéales, mais il faut produire de l’électricité pour les nourrir et dans la plupart des cas, elle doit être produite en brûlant du pétrole et du charbon. Quand les lumières me gardent éveillé, la nuit, et que je me souviens du temps où le Canada est allé en guerre pour onze barils de pétrole.

Nous sommes en 1990, et mon travail de journaliste pigiste ne suffit pas à payer les factures. Le Montreal Daily News ne m’appelle pas assez souvent. Je vais alors travailler à Ottawa au ministère des Ressources naturelles. J’ai beaucoup écrit à propos du pétrole et du gaz. On m’engage comme chargé de communications dans le dossier du pétrole et du gaz et je vais travailler pour le gouvernement du Canada. Je m’attends à joindre une grande équipe, peut-être même un étage complet de rédacteurs.

Mais je me retrouve dans un cubicule sans fenêtre, dans un édifice à bureaux surplombant le lac Dow à Ottawa. Et il n’y a que moi, je suis le seul et unique responsable des communications pétrole et gaz du gouvernement.

Et il n’y a même pas assez de travail pour occuper mes journées. Les prix du pétrole sont bas. Personne ne s’intéresse aux Albertains. J’écoute la radio et potine avec mes voisins de cubicule, qui écrivent à propos des mines et de l’énergie atomique. L’été s’étire lentement.

Un matin d’août, à la radio, on annonce que l’Iraq vient d’attaquer le Koweït. Saddam Hussein a lancé ses troupes à travers le désert pour envahir son voisin riche en pétrole. Comme ça, à l’improviste. Je suis le seul à écouter la radio dans l’édifice. On ne nous permet pas de regarder la télévision. Et Internet n’existe pas encore.

Je vais voir mon patron: «L’Iraq vient d’envahir le Koweït. C’est à la radio!»

Impossible, me dit-il, Saddam est notre meilleur allié au Moyen-Orient. Mais juste au cas, va raconter tes chimères au directeur de la politique pétrolière. Laisse-moi et va le déranger.

Je vais le déranger. Impossible, me répond-il. Après quelques autres bureaux, j’abandonne.

Deux heures plus tard, mon téléphone sonne. Maintenant, j’ai deux tâches:
1. Faire circuler une lettre du ministre adjoint que tous les chefs de service doivent signer, déclarant croire que l’Iraq a envahi le Koweït;
2. Découvrir combien de pétrole nous vient de ces deux pays.

La lettre circule. Chaque visage est rouge. Je vais voir la dame brusque et sarcastique qui dirige le bureau des statistiques. Son bureau est situé juste à côté de la salle des cartes où je prends mon repas et mes pauses. Nos magnifiques cartes en quatre couleurs du Moyen-Orient datent des années 1950. Les pays portent leurs noms coloniaux. Le Yémen se nomme «le Protectorat d’Aden».

La dame et moi fouillons parmi des tas de documents provenant de sociétés pétrolières nous informant de l’origine de leurs importations. C’est un système basé sur la «confiance». La plupart des sociétés mentent. Heureusement, celles qui prennent leur pétrole en Iraq et au Koweït sont parmi les rares à ne pas mentir.

Nous nous penchons sur des colonnes de chiffres. En 1989, le Canada a importé 10 barils de pétrole de l’Iraq. Personne ne sait au juste pourquoi. Du Koweït, nous avons importé un seul baril, d’un type rare de pétrole qu’on ne trouve que dans ce pays et qui sert à lubrifier les lentilles de télescopes hautement performants.

Je retourne chez moi par autobus, ce soir-là, en sueur, fatigué et en retard pour le souper.

Quelques jours plus tard, nous allons en guerre pour défendre les réserves mondiales d’énergie. Nous rejoignons une coalition pour chasser Saddam hors du Koweït. Pour la liberté et la démocratie. Et pour onze barils de pétrole.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Albert Camus, auteur et journaliste

Albert Camus et la Résistance

Tuer le juste ne suffisait pas, il fallait attaquer l’âme et l’esprit

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Culture, Journalisme

réflexions sociales débats sociaux sociétéLe nom d’Albert Camus (1913-1960) nous fait penser au roman L’Étranger, mais avant d’être romancier, Camus était journaliste. Il a beaucoup écrit pour Combat, un journal de la Résistance, alors que la France était sous occupation nazie, durant la Deuxième Guerre mondiale.

369px-A._CamusSes chroniques ont été regroupées sous le titre Actuelles et publiées chez Gallimard à partir de 1950. C’est du grand journalisme, une forme de journalisme qui n’a rien à voir avec des intérêts commerciaux ou le désir de paraître.

En août 1944, Paris vient d’être libérée lorsqu’il s’exprime sur la raison d’être de la torture, dont beaucoup de Résistants furent victimes, et qu’il l’explique ainsi :

« C’est qu’il s’agissait de tuer l’esprit et d’humilier les âmes. Quand on croit à la force, on connaît bien son ennemi. Mille fusils braqués sur lui n’empêcheront pas un homme de croire en lui-même à la justice d’une cause. Et s’il meurt, d’autres justes diront “non” jusqu’à ce que la force se lasse. Tuer le juste ne suffit donc pas, il faut tuer son esprit pour que l’exemple d’un juste renonçant à la dignité de l’homme décourage tous les justes ensemble et la justice elle-même. »

C’est cela qui explique les tortures, les prisons politiques, les camps de concentration et les goulags qui tentent de déshumaniser les victimes avant de les tuer.

Autres textes sur Journalisme

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Concert de piano

Pour une 5e année consécutive, Ginette Charest-Cyr et ses étudiants de piano ont dédié leur concert de fin d’année au financement de notre organisme, le Journal de la Rue. Félicitations à tous pour votre merveilleux travail. Merci pour cette invitation que vous nous faites à Danielle et moi.

Raymond Viger   Dossier Spectacle de financement.

piano-concert-ginette-cyr-charest-musique-art Voici le message que les jeunes aimeraient adresser aux Nations Unies:

Arnaud et Justine sont au primaire. Pour Arnaud, l’environnement et le respect des différences sont des plus importants. Il apprécie un projet à son école qui est affiliée à l’UNESCO. Justine aimerait que nous puissions empêcher la pauvreté.

Pour les étudiants du secondaire:
Noah voudrait qu’on fasse plus attention à la planète et prendre soin de l’environnement.

Laurence voudrait entreprendre des études collégiales en musique à l’école Vincent-D’Indy. Afin d’éviter les abus sur notre planète, elle souhaiterait une plus grande protection des forêts et de l’environnement.

Sylvestre travaille déjà pour Amnistie internationale. Liberté et égalité sont pour lui des valeurs importantes.

Noémie voudrait qu’on veille à ce qu’il n’y ait plus de pauvreté dans le monde.

Laurence souhaite que tout le monde puisse manger.

Élisabeth a comme objectif de contrer la violence sous toutes ses formes: en partant de la violence conjugale jusqu’aux guerres, au racisme…

Laurence souligne qu’on ne devrait pas attendre qu’il y ait des cataclysmes pour venir en aide aux pays que nous savons défavorisés.

Jeanne entre à l’école secondaire et souhaiterait que les grands de ce monde veillent ardemment à ce qu’il n’y ait pas de peuples qui souffrent de famine.

Marianne souhaiterait que les autorités de ce monde veillent à contrer la famine sur la planète.

Karyne est sensible à tout ce qui a trait à la justice.

Geneviève et Dylan font des études collégiales. Pour Geneviève, il serait important que tout être humain ait de l’eau potable. L’eau c’est la vie. Par ailleurs, tous les gestes d’entraide sont importants. Dylan, tant qu’à lui, nous dit qu’il faut moins de milliards pour nourrir l’humanité que tout ce qui est accordé à la technologie et à l’armement. Changer c’est d’abord à chacun d’y voir par soi-même.

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Au coeur du Tsunami

Témoignage de rescapés, Valarmathy: les enfants disparus

Au coeur du Tsunami

Par Patrick Alleyn    Dossier International

En pleine nuit, les enfants réveillaient tout le monde dans le camp. «Les vagues! Les vagues arrivent!», hurlaient-ils. Il y a eu jusqu’à douze vagues, qui ont ravagé les côtes de leurs villages. Quatre étaient des vagues géantes emportant tout sur leur passage, y compris leurs pères, leurs mères, leurs frères et leurs sœurs. Après, dans les dortoirs, les enfants terrorisés s’enfuyaient, la nuit, et leurs parents survivants, en pleurs, les rattrapaient dehors.

Je ne peux oublier ces nuits terribles, au Collège central de Batticaloa, avec les autres survivants, un mois après le tsunami, raconte Valarmathy. Un jour, alors que des coopérants japonais fumigeaient le refuge contre les moustiques, leurs vaporisateurs faisant le bruit d’une vague, une petite fille s’est évanouie.

Butterfly Peace Garden

Je suis en formation pour devenir animatrice au Butterfly Peace Garden (le Jardin de la paix). L’organisation va bientôt ouvrir un centre pour les enfants traumatisés vivant dans notre immense camp de rescapés, près de Batticaloa.

J’ai 27 ans. Je suis étudiante. Le tsunami a emporté ma mère et ma maison. Mon village, Navalady, n’existe plus. Je vis dans ce camp avec 5000 autres personnes. Les maisons temporaires, fabriquées par Oxfam, Vision Mondiale du Canada et les Tigres tamouls, sont minuscules. Les enfants y ont du mal à étudier. D’ailleurs, le Jardin de la paix veut y installer une salle d’études.

Nous ne savons rien de notre future maison. Ma sœur dit que le prochain raz-de-marée va venir détruire nos abris avant que les maisons permanentes ne soient construites. À Batticaloa, la construction vient à peine de commencer, un an après le tsunami, à cause de l’ampleur de la tâche – 100 000 maisons détruites -, des lenteurs bureaucratiques et de la difficulté à trouver des terrains constructibles loin de la mer.

Tsunami et guerre

Ici, en plus du tsunami, il y a la guerre, continue Valarmathy (le gouvernement et les Tigres tamouls ont signé un cessez-le-feu en 2002, mais des attentats ont lieu régulièrement). Dans le camp, un voisin a été assassiné parce qu’il livrait les journaux d’un parti politique avec son taxi à trois roues.

Les formateurs du Jardin de la paix nous apprennent à composer des chansons avec les enfants, à les guider dans la peinture imaginative. Paul Hogan, le Canadien, nous enseigne la méditation pour que nous nous sentions plus libres.

J’ai hâte de commencer à jouer avec les enfants, dit Valarmathy. Cinq enfants de ma famille sont morts, ceux de ma sœur et le petit dernier de mon frère. J’aimais m’en occuper. Nous ne faisons pas que leur fournir des jouets. Nous apprenons à développer une relation de confiance avec eux, et nous partageons leur peine.

Suthakaram: la colère contre le tsunami

Je lavais des colliers de fleurs dans le grand temple hindou de mon village Navalady, un village de pêcheurs, raconte de son côté Suthakaram, 24 ans, étudiant de philosophie et de culture hindoue. La terre s’est ouverte devant nous. L’eau est arrivée et j’ai grimpé sur le toit. Là-haut, j’ai vu la maison de ma sœur s’effondrer, comme au ralenti. Puis, la troisième vague, gigantesque, m’a emporté comme un oiseau jusque sous le pont de Kallady. On m’a retrouvé parmi les cadavres sur la plage.

Quarante-cinq de mes proches sont morts. Après le tsunami, j’étais dégoûté de tout. J’ai retrouvé ma confiance durant la formation d’animateur du Jardin de la paix (Butterfly Peace Garden). Pour les enfants, ce sera comme un médicament pour reprendre confiance eux aussi.

Nous en sommes à planifier les activités thérapeutiques pour les enfants, explique Suthakaram. Peut-être leur demanderons-nous de dessiner des vagues et des maisons pour les amener à parler de leur peine. D’autres organisations leur fournissent des ballons de football ou des bâtons de cricket. Mais nous, nous voulons toucher leurs émotions.

Je suis allé à la commémoration du tsunami, le 26 décembre. Dans les ruines de mon village, j’avais l’impression que le tsunami reviendrait pour tuer les survivants. Je n’irai plus à aucune commémoration. Avant la formation du Jardin de la paix, j’étais en colère contre le tsunami. Maintenant, je suis plus calme.

Dons et Contes du singe

Le Butterfly Peace Garden est en quête de partenaires financiers. L’organisme humanitaire hollandais HIVOS termine son engagement de dix ans avec le Jardin, en 2006. Une campagne de financement s’organise depuis Toronto. War child Canada y contribue. Le Jardin met sur pied le Centre des contes du singe pour l’art contemplatif et la narration, ouvert aux intervenants d’autres organismes, du Sri Lanka ou de l’étranger.

Pour les dons au Peace Garden, contactez Laurie Edwards au Stupid School studio à Toronto Courriel: ble@thestupidschool.ca Site Internet: thestupidschool.ca.

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Wardah Hafidz et les tsunami

Wardah Hafidz

Défenderesse des survivants du tsunami

Wardah Hafidz, «la Mère Teresa de l’Indonésie», fait de la reconstruction un combat pour la démocratie

Patrick Alleyn et Benoit Aquin   Dossier International

La veille du 1er anniversaire du tsunami, Wardah Hafidz et des survivants avaient installé 200 banderoles partout dans la ville de Banda Aceh, sur le passage du président indonésien venu commémorer la catastrophe.

«La reconstruction d’Aceh doit être dirigée par les gens eux-mêmes», est-il écrit sur les banderoles que l’armée n’apprécie pas du tout. Durant la nuit, les soldats arrachent les bannières et menacent Mme Hafidz d’arrestation.

«Les officiers ont vu nos bannières comme une insulte, un appel à se rebeller contre l’autorité gouvernementale», pense Mme Hafidz, l’infatigable défenderesse des pauvres en Indonésie. «Nous voulions rappeler aux institutions, aux organismes humanitaires et au gouvernement que les victimes du tsunami doivent participer à la reconstruction de leur village et de leur quartier. La reconstruction doit être démocratique», insiste-t-elle.

Fondatrice du réseau Uplink, Wardah Hafidz défend les habitants des bidonvilles en Indonésie. Elle s’est rendue célèbre en 1999 lorsqu’elle a révélé une vaste corruption autour d’un fonds de 800 M $US d’aide sociale ayant servi à acheter les votes de fermiers et de petits entrepreneurs. «C’est notre Mère Teresa», lance notre chauffeur de taxi, en route vers le bureau de la militante à Banda Aceh.

Hiroshima?

Le deuxième jour suivant le tsunami, elle quittait Jakarta pour débarquer dans la province d’Aceh avec ses collègues pour participer aux secours et aider les gens à rebâtir leurs maisons.

Aceh, province de l’île de Sumatra en Indonésie, est la région d’Asie du Sud la plus durement touchée par l’immense raz-de-marée du 26 décembre 2004 causé par un tremblement de terre. «Hiroshima! C’est Hiroshima!» s’est exclamé un réalisateur japonais, en débarquant à Aceh. Dans la ville bombardée par la bombe atomique, «on pouvait voir des édifices debout à 1km, mais ici, on ne voit rien même à 3km!», compare le japonnais.

À Banda Aceh, la capitale régionale, Wardah Hafidz mobilise les rescapés contre les lenteurs de la reconstruction. «Avec des millions de dollars de dons et plus de 200 organisations internationales sur le terrain, je refuse que des milliers d’habitants d’Aceh vivent encore sous la tente un an après le tsunami», dénonce-t-elle.

L’œuvre de reconstruction est immense. La vague a pénétré jusqu’à 6 km à l’intérieur des terres. L’ONG catholique canadienne Développement et paix a alloué 2 millions au projet d’Uplink pour bâtir 3200 maisons et relancer l’activité économique dans 25 villages. Le gouvernement canadien y contribue aussi, à hauteur de 5,9 millions, et l’ONG catholique allemande Misereor, pour 19 millions.

Expulsion des rescapés

«Certaines ONG internationales remettent la reconstruction entre les mains des entrepreneurs sans que les habitants aient pratiquement un mot à dire», réprouve Wardah Hafidz. Elle décrit son plan: «Dans ces villages, le tsunami a tué la moitié des habitants. L’eau potable, les égouts, la santé publique, les rues et les maisons, nous travaillons à tous les niveaux avec les survivants. Mais notre objectif, à travers la reconstruction, c’est de créer des communautés organisées, capables de défendre leurs droits», rappelle la militante.

En janvier, un mois après le séisme, le gouvernement a décrété l’interdiction de construire dans une zone de sécurité de deux kilomètres de large le long de la côte. Mme Hafidz est replongée dans son premier combat: nombre d’habitants refusaient de quitter leurs terres. Elle devait les défendre comme elle a l’habitude de le faire pour les familles squattant les bidonvilles.

La militante et son équipe d’Uplink ont développé un plan de rechange avec les villageois, dans l’espoir de le voir adopter par le gouvernement. «On assurerait plutôt la sécurité par des protections naturelles comme des plantations de mangroves et en aménageant des montagnes artificielles où les gens pourraient courir se réfugier», explique-t-elle.

Cette idée insensée de zone tampon a été abandonnée en mars, on a obtenu gain de cause, mais cela nous a fait perdre beaucoup de temps», déplore Mme Hafidz.

La province d’Aceh était en guerre avant le tsunami. La catastrophe a poussé le gouvernement indonésien et la guérilla du GAM (Mouvement pour une Aceh libre) à signer un accord de paix après une guerre de 29 ans. Mais il s’agit là d’une trêve fragile, que menace notamment la corruption. Rappelant l’épisode des bannières arrachées par les militaires, Wardah Hafidz souligne que les droits des gens d’Aceh ne sont pas encore respectés.

Mais ne me comparez pas à Mère Térésa, je ne suis pas à la hauteur», termine la femme de 53 ans, qui a choisi une vie sans enfants pour se consacrer totalement à sa cause.

 

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Enfants soldats et leurs victimes à la même école

Enfants-soldats Sierra Leone

Bourreaux et victimes à l’école

Kabala, Sierra Leone - Sunkarie a 16 ans. À la fin de la guerre, elle avait 12 ans. Lorsque les rebelles ont attaqué son village, ils l’ont pris avec sa mère. «Ma mère était enceinte. Ils lui ont ouvert le ventre brutalement pour connaître le sexe de l’enfant. J’ai vu ma mère mourir.» Elle a sept ou huit ans à l’époque. Elle vit encore sous le choc aujourd’hui. «Je vais toujours me souvenir de la mort de ma mère. La plupart du temps, quand je me rappelle comment je l’ai perdue, je pleure. Quand j’ai besoin d’aide, que je vis des moments tristes, je me sens seule. Je n’ai pas de famille», raconte-t-elle avant de rajouter que son frère a été tué pendant la guerre, que son père est mort et que sa belle-mère a perdu son bras à la suite à des bombardements.

Dominic Desmarais, Enfants-soldats, International

Sunkarie est devenue une enfant-esclave. Elle accomplissait les tâches que les rebelles lui assignaient, explique-t-elle laconiquement, avare d’explications. Difficile de savoir sienfants-soldats-enfants-de-la-rue-enfant-guerre elle a oublié cet épisode de sa vie ou si elle évite le sujet. Un regard sur son oreille gauche suffit pour comprendre qu’elle a vécu l’enfer. L’ouverture est bouchée par son lobe, recousu au centre de l’oreille. Elle a été poignardée. Sur les jambes, également, comme en témoignent ses vilaines cicatrices. Ses réponses sont brèves.

Trois ans passent avant qu’elle ne s’évade des rebelles. Malchanceuse, elle tombe entre les mains des soldats du gouvernement. Le cauchemar de Sunkarie se prolongera une autre année. «Les rebelles et les soldats du gouvernement, c’est du pareil au même», dit-elle à la dérobée. L’adolescente s’adresse à l’un de ses professeurs en créole, qui joue à l’interprète et au journaliste. Peu troublé par l’histoire de son élève, mille fois entendue, il la pousse à s’ouvrir. Sunkarie s’est portée volontaire, parmi la trentaine de jeunes filles de sa classe, pour témoigner de son vécu. Ses rares sourires sont provoqués par la gêne. Elle détourne rarement le regard de son interprète. Parfois, elle répond en anglais. Mais toujours cet air honteux.

L’école de la réintégration

Depuis octobre, la jeune fille est prise en charge par un centre de réintégration pour jeunes victimes de la guerre. Opéré par la Croix-Rouge, qui a quatre autres projets similaires à travers le pays, le centre de Kabala aide 150 jeunes de 10 à 18 ans. Comme Sunkarie, ils ont un passé douloureux. Mères-enfants que personne ne supporte, jeunes dont les parents ont tout perdu pendant la guerre et n’ont pas les moyens de les envoyer à l’école, victimes de la guerre (traumatismes), abusés sexuellement, enfants-soldats, enfants abandonnés pendant la guerre…

Le centre mélange enfants-soldats et autres victimes, filles et garçons. La Croix-Rouge évite toute stigmatisation. «À travers ces centres, on veut leur redonner une structure, un mode de vie normal. Beaucoup de ces enfants n’ont pas connu d’encadrement, une autorité plus ou moins présente», explique Philippe Stoll, agent de communication de l’organisme international. Philippe a délaissé le journalisme pour l’aide humanitaire. Il vit l’aventure d’une autre manière.

Les enfants sont divisés en fonction de leur âge. Les plus jeunes, les 10-13 ans, s’adaptent à leur nouvelle vie d’étudiant. Une première pour la grande majorité. «On leur donne une structure scolaire, dans le but qu’ils puissent, après un an, réintégrer le système régulier», raconte Philippe, convivial. Ils ont tout à apprendre, la guerre les ayant fait fuir des bancs d’école.

Les plus âgés, les 14-18 ans, reçoivent une éducation de base et apprennent un métier. Couture, cuisine, charpenterie, construction, agriculture, coiffure. Leur pratique profite au centre. La récolte du groupe en agriculture est utilisée par le groupe en cuisine pour faire le repas du midi. Les tables et les chaises sont fabriquées et réparées par les charpentiers. De nouveaux bâtiments servant de classes ont été construits par le groupe en construction. Sunkarie, elle, a choisi la couture. En sortant du centre, elle souhaite ouvrir un petit commerce. De quoi lui permettre, pense-t-elle, de gagner sa vie dans son village.

«L’idée, c’est que les gens qui ont appris un métier travaillent dans leur communauté. Qu’ils apprennent ensuite leur métier à des apprentis. De renégats, ils deviennent utiles et aident leur communauté», dit Philippe Stoll.

Le défi du recrutement

En ces temps difficiles, on se bouscule aux portes du centre de la Croix-Rouge. L’école est un mirage pour des milliers de jeunes de la province. Les enfants affectés par la guerre sont la norme. «Récemment, 715 personnes ont demandé une place. Plus de 80% étaient vulnérables. Mais le programme peut seulement supporter 150 enfants à la fois», raconte Amadu, le responsable du centre de réintégration de Kabala. Pour lui, est vulnérable tout enfant dont le passé correspond aux critères de sélection du centre. Ces filles déjà mères, ces anciens enfants-soldats, ces jeunes estropiés de la guerre, ces esclaves, ces filles-épouses de militaires…

Amadu et son équipe rencontrent un à un les enfants qui s’inscrivent. Ils passent des journées entières à écouter des histoires d’horreur. Comment choisir 150 enfants sur 715? «C’est tout un défi. Une décision difficile pour nous tous», affirme Amadu, à la fois sincère et lucide. «Pendant l’entrevue, on laisse le jeune parler de lui. Ce qu’il a vécu pendant la guerre. Certaines histoires sont si pathétiques qu’on a pas le choix de les prendre.» Comme l’histoire de Sunkarie, par exemple.

La fin des enfants soldats

Diplômé en agriculture, jadis enseignant au secondaire, Amadu ramène son stress à la maison. Son travail de responsable l’occupe à la semaine longue. Il a en mémoire les histoires de ses bénéficiaires, comme il appelle les jeunes du centre. Aujourd’hui, il a un poids de plus. La deuxième année du centre n’est pas encore achevée qu’il se demande comment éviter la fin du programme.

La quarantaine, l’homme cache mal sa lassitude. Sa fatigue l’emporte sur son enthousiasme. Les regards horrifiés par cette violence qui a volé la vie à des dizaines de milliers d’enfants se sont déplacés au gré des autres tragédies. La guerre est terminée depuis 2002. Quatre longues années suffisantes aux yeux des donateurs pour rétablir un pays et réhabiliter cinq millions de personnes. «On ne peut plus parler d’enfants-soldats aujourd’hui. La guerre est terminée depuis quatre ans, résume le superviseur, cynique. On veut cibler les jeunes. Ils n’ont rien à faire. Les enfants de la rue, la prochaine guerre, c’est eux qui la feront.»

Amadu craint l’abandon du programme par la Croix-Rouge d’ici un ou deux ans. «Je vais probablement regarder ailleurs pour trouver des fonds. Nous sommes chanceux d’avoir les bâtiments scolaires.» L’avenir du centre le hante. Les investisseurs ne courent pas les rues, dans son coin de pays.

Discrimination pour les femmes

Sur les 150 bénéficiaires de 2006, 112 sont des filles. «Traditionnellement, la femme ici est dépouillée de ses droits. Elle ne va pas à l’école. Ou sinon elle abandonne à mi-parcours. Elle tombe enceinte. Pas de mari. Pas de travail. Elle est seule. À la fin de la guerre, le programme de réintégration ne concernait que les hommes soldats. Ils ont oublié qu’il y avait des femmes soldats. Plusieurs garçons ont reçu tous les fonds. Alors, il y a plus de femmes vulnérables. Elles n’ont jamais participé au programme de réintégration. Maintenant c’est leur tour», explique Amadu.

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Enfants-soldats: traumatismes de guerre

Enfants-soldats

Traumatismes de guerre

Le suivi et l’aide psychologique, pour apaiser le traumatisme de la guerre chez les enfants du centre de réintégration de Kabala au Sierra Leone, vient des six enseignants et des quatre aides pédagogiques. En plus de leur fonction d’enseignant, ils suivent personnellement 15 jeunes chacun. Ils font un suivi journalier afin de savoir ce qui va ou non chez leurs protégés.

Dominic Desmarais, Dossier Enfants-soldats, International

sierra leone enfants rue enfant soldat jeunesLansana est agriculteur de formation. C’est justement le métier qu’il enseigne. Il parle devant un champs en labours, autour duquel travaillent ses dix étudiants. Cet homme a reçu une formation de deux semaines avant de travailler pour le centre. Insuffisant, concède le superviseur du centre. Lansana et ses collègues doivent intervenir auprès de jeunes qui sortent traumatisés de la guerre. Ils apprennent sur le terrain. Des intervenants sans formation, confrontés aux pires cas.

Comme cette fois, avec Fatmata, l’une des protégées de Lansana. Enlevée par les rebelles de 1994 à 2000, elle est devenue plus que soldat. Elle est tombée enceinte. «Elle a accouché dans la jungle prématurément, à 10-11 ans. Elle a accouché d’organes, de sang. Pas d’enfant», résume l’agriculteur.

Fatmata a eu des problèmes de santé. À la fin de la guerre, elle a reçu des soins avant sa réintégration à la vie civile. Les médecins lui conseillant de ne pas avoir de relation sexuelle pour les prochaines années.

«Elle était avec nous en 2004, notre première cuvée, se rappelle Amadu, responsable du centre. Elle était dépressive. Quand les jeunes s’amusaient, elle restait seule, déprimée. J’ai envoyé Lansana pour qu’il trouve ce qui n’allait pas. Pendant deux jours, rien. Je l’ai invité dans mon bureau. Elle était enciente de 2 mois. Elle venait de l’apprendre. À la fin de la guerre, quand le Docteur l’a réparée, il lui a dit de ne pas tomber enceinte pour les prochaines années en raison de l’opération. elle était terrifiée.»

Médecins sans frontières, alors présent dans la province, a écouté Amadu. Il leur a raconté toute l’histoire. « Un problème mineu pour eux. Elle a mis au monde un garçon en toute sécurité. » Le souvenir redresse Amadu. Sa fatigue se dissipe pour faire place à un enthousiasme renouvelé. C’est ainsi que fonctionne le centre de réintégration de Kabala. Le coeur compense le manque de formation.

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