Retour à la rue, aider pour mieux s’aider

Entrevue avec Alex Chassagne, alias Ace

Retour à la rue: Aider, pour mieux s’aider

Benson Deverze et Wendy Isson, Droit de Réplique

Dossier : Graffiti, Hip-Hop, Culture

Alex Chassagne, alias Ace, est un ancien participant du stage de La Réplique. Il est également DJ, MC, musicien et graffiteur, en plus de travailler pour les Pairs Aidants, au Bon Dieu dans la Rue. Comme si ce n’était pas suffisant, il est aussi un des organisateurs du Festival Expressions de la Rue, qui a lieu chaque année à Montréal, Place Pasteur, en plus d’en assurer l’animation. L’équipe Droit de Réplique rencontre Ace, un jeune impliqué socialement, artiste dans le milieu hip-hop, et pour qui la vie semble être un tourbillon de motivations.

Ace, t’es toujours impliqué dans un paquet de projets créatifs. Qu’est-ce qui se passe dans ta vie artistique?

Ace:Plein de bonnes choses! J’ai longtemps parlé de monter mon propre studio. C’est presque fini; j’ai mon ordinateur, ma console, etc… Je travaille sur un démo hip-hop avec un de mes amis. Je fais beaucoup d’art, des graffs surtout, ici dans le cadre de l’atelier d’art avec les jeunes du Bon Dieu dans la rue, où je suis Pair Aidant. J’ai aussi travaillé pour La Conscienza; j’ai créé un logo pour eux. Ils ont bien aimé et veulent me donner d’autres contrats. En plus, je suis DJ de temps en temps dans des bars au centre-ville.

Parle-nous un peu de ton travail avec les Pairs Aidants?

Ace: Le projet des Pairs aidants a commencé en 1996. On forme des anciens jeunes de la rue pour faire de l’intervention et de la sensibilisation auprès d’autres jeunes qui vivent présentement cette réalité. Dans le fond, il s’agit de faire le lien entre les services offerts par les organismes et les jeunes de la rue. C’est le CLSC des Faubourgs, dans Centre-Sud, qui a lancé l’initiative.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer auprès des jeunes de la rue?

Ace: Malgré les difficultés que je vivais moi-même, j’ai toujours essayé d’aider les autres. En me retrouvant dans la rue, j’ai été surpris de constater l’étendue des ressources disponibles pour les jeunes. La plupart des jeunes de la rue recherchent d’autres modèles à suivre que des intervenants. Ils cherchent quelqu’un qui a vécu ce qu’ils vivent, qui est passé par le même chemin qu’eux, et qui s’en est sorti.

Y a-t-il un lien entre ta vie créative et ton intervention communautaire?

Ace: Les deux vont super bien ensemble. Ma culture, c’est le hip-hop et j’ai toujours été quelqu’un qui rappait pour dénoncer. Vu que je baigne dans la pauvreté toute la journée, ça sert à m’inspirer et ça me donne des sujets à  développer pour ma musique. C’est la base du mouvement hip-hop: dénoncer la pauvreté et les injustices de la société; le fait qu’il y ait des gens coincés en bas et ceux au-dessus qui profitent d’eux. Aussi, pour être un artiste, il faut avoir l’esprit ouvert. D’être ainsi exposé à toutes sortes de monde: punks, gais, hippies, etc, ça m’amène à mieux les connaître et à faire tomber les préjugés… autant les leurs que les miens! Les jeunes que je rencontre sont eux aussi confrontés à mon style. On m’étiquette fresh, avec tous les préjugés qui viennent avec… En m’approchant, ils voient que j’ai une conscience, ça ouvre leur esprit au mouvement hip-hop. C’est ce que j’aime de mon travail. Ça ne s’arrête pas à de l’intervention, je peux aller plus loin que ça…c’est un partage.

Qu’est-ce que tu retires du contact avec les jeunes marginaux?

Ace: Ça amène à grandir, man… Ça m’ouvre les yeux sur la vie, sur d’autres vies. Ça m’amène à être reconnaissant, aussi, parce que j’ai passé par ce chemin-là, et je peux voir mon évolution à travers les autres. Certains des jeunes auprès de qui j’interviens étaient dans la rue quand j’étais moi-même dans la rue. Ça m’aide à voir où j’en suis et où je m’en vais. En connaissant mieux les autres, je me rends compte que peu importe quel style on a, on vit tous les mêmes problèmes!

C’est quoi ta première source de motivation dans la vie? Qu’est-ce qui te booste?

Ace: Ce qui me motive le plus, c’est de rencontrer du monde bien, faire de la musique avec des nouveaux musiciens, partager avec les autres. Si ma vie était basée sur une routine, toujours avec le même monde, je ne ferais même pas de musique, au fond.

Où tu espères être rendu dans une dizaine d’années?

Ace: J’espère pouvoir vivre de ma musique, de mon art, de mes peintures, de ce que j’aime faire. L’intervention, ça me pose des difficultés parce que je vis tout le temps avec les problèmes des autres. Je passe ma journée à donner de l’énergie. C’est bien, mais à la fin de la journée, si les autres sont boostés, moi, je suis vidé! Pour intervenir auprès du plus grand nombre possible, je dois le faire à travers la musique.

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Festival d’expression de la rue à Montréal: punks, hip-hop, jeunes de la rue, policiers

Festival d’expression de la rue à Montréal: punks, hip-hop, jeunes de la rue, policiers

François Richard   Dossiers Festival d’expression de la rue, Jeunes de la rue et Organismes communautaires

Rencontre avec Kim Heynemand, organisatrice du Festival d’expression de la rue (FER)

L’équipe organisatrice du FER a vécu son lot de difficultés cette année. Le Festival aurait bien pu ne pas avoir lieu suite au refus de l’Université du Québec à Montréal d’accueillir l’événement sur son terrain de la Place Pasteur (rue Saint-Denis). Depuis sa création il y a 12 ans, toutes les éditions du FER s’étaient déroulées à cet endroit. Le Festival aura finalement lieu au Parc de la Paix, rue Saint-Laurent, lors du dernier week-end du mois d’août et ses organisateurs peuvent enfin mettre de côté la recherche d’un terrain pour consacrer leurs énergies à la préparation de l’événement. Malgré les délais qui raccourcissent, l’une des organisatrice du FER, Kim Heynemand, a accepté de laisser de côté son travail quelques minutes afin de s’entretenir avec Reflet de Société. Elle nous parle de l’organisation du FER, du milieu des jeunes de la rue auquel il s’adresse et des difficultés de cohabitation entre marginaux et autres citoyens dans le centre de Montréal.

FER, Pairs Aidants, Jeunes de la rue à Montréal

Kim est une Pair Aidante. Les jeunes participant à ce programme ont tous un vécu marqué par la vie dans la rue. Ils sont jumelés avec un organisme communautaire du centre de Montréal et viennent en aide aux jeunes de la rue. Les Pairs Aidants doivent de plus organiser chaque année le FER, un événement mariant spectacles musicaux, projection de films et ateliers sur différentes problématiques telles les maladies transmises sexuellement et les drogues dures. Les organisateurs du FER ont consulté les jeunes de la rue au cours des dernières semaines afin de connaître leurs préférences quant au contenu de l’événement qui leur est consacré. Plusieurs des spectacles présentés au FER mettent d’ailleurs en vedette des jeunes de la rue.

Spectacles, prison, micro ouvert

‘Nous devons avoir une programmation assez souple, car nous sommes souvent confrontés aux imprévus, explique Kim Heynemand. Parfois des jeunes que nous avons embauché sont en prison ou trop éméchés pour jouer quand l’heure de leur spectacle arrive. Le contraire est aussi vrai: des jeunes dont nous n’avions plus de nouvelles refont surface à la dernière minute et veulent participer. C’est pourquoi nous privilégions les soirées de type micro ouvert, comme ça il est plus facile de déplacer des performances au cours d’une soirée.’ Elle précise toutefois qu’une partie importante de la programmation est fixe, notamment les activités de jours comme les kiosques d’information et de sensibilisation.

Hip-Hop, punks, jeunes de la rue

En plus des aléas des horaires de chacun, Kim doit composer avec une difficulté particulière: elle est en charge de l’organisation de la journée hip-hop. Et alors? ‘Bien, dans le comité organisateur, nous sommes tous des punks.’ Kim explique ensuite que de plus en plus de jeunes de la rue adhèrent à la mode hip-hop plutôt que punk. ‘Ça ne créé pas de conflit particulier, mais il y a de grandes différences dans la culture. Contrairement aux punks, les hip-hop ne tirent pas de fierté du fait de vivre dans la rue. Ils ont le même mode de vie, font appel aux mêmes ressources de soutien, mais ils n’en font pas un élément central de leur identité.’

Marqué au FER

La thématique de cette année est ‘Marqué au FER’, en référence à l’attention particulière de la part des policiers dont sont l’objet les jeunes de la rue. ‘Dans le cas des punks, ça m’a toujours semblé évident. Avec les cheveux colorés, les vêtements militaires et les grosses bottes, il est normal qu’ils soient aisément identifiables. J’ai par contre été surprise d’apprendre que les policiers du centre-ville connaissent tous les rappeurs de la rue par leur nom. Quand tu vis dans la rue, tu deviens une espèce de propriété publique. Des tas de gens te connaissent, mais vu le grand nombre de rencontres que tu fais dans une journée, tu ne peux pas te souvenir de tout le monde.’

Expulsion des jeunes, métro de Montréal, UQAM

Paradoxalement, une des raisons pour laquelle les jeunes de la rue deviennent une propriété publique, c’est qu’ils doivent de plus en plus ‘occuper des espaces semi-privés, explique Kim. Les jeunes sont systématiquement expulsés des parcs, ils doivent donc se rabattre sur les entrées de commerce et les institutions, comme l’UQAM ou les stations de métro. Ça exaspère les propriétaires et les utilisateurs, mais on ne peut pas pousser les jeunes dans le fleuve. Si on les bouge d’un lieu, ils en occuperont un autre.’ En ce sens, le déménagement du FER est conséquent. ‘Ça fait des années qu’il n’y a plus de jeunes de rue à la Place Pasteur, l’UQAM les chasse systématiquement de leurs propriétés.’

Jeunes marginaux, satisfaction

Le FER tente d’atténuer les tensions qui surviennent continuellement entre marginaux et autres habitants du quartier. Les résultats sont difficiles à évaluer, selon Kim. ‘Ça peut occasionner de belles rencontres. C’est sûr que pour un non-initié, la soirée punk vers 10-11 heures est peut-être à éviter, mais les activités hip-hop et les ateliers d’après-midi nous permettent de rejoindre un public d’horizons divers.’  Kim affirme que le FER fait un grand bien à des jeunes qui ont des histoires de vie souvent pénibles. ‘Ils peuvent passer trois jours dans un parc sans se faire tasser. Ça les valorise de participer, même si c’est simplement pour donner un coup de main à l’entretien. Ils en parlent encore des mois plus tard.’

                                                                                            ***

Le FER aura lieu les 26-27 et 28 août au Parc de la Paix, situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Nous publierons la programmation complète de l’événement lorsqu’elle sera disponible.

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Le Festival d’expression de la rue à la Place de la Paix les 26, 27 et 28 août

Le Festival d’expression de la rue à la Place de la Paix les 26-27 et 28 août

François Richard   Dossiers Festival d’expression de la rue et Communautaire

La treizième édition du Festival d’expression de la rue (FER) se déroulera à la Place de la Paix, un parc situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque, dans le centre-ville de Montréal, les 26, 27 et 28 août 2009. Cette nouvelle est tout un soulagement pour les organisateurs qui se retrouvaient sans lieu où tenir le FER suite au refus de l’UQAM de l’accueillir sur son terrain de la Place-Pasteur, rue Saint-Denis, où les éditions précédentes avaient eu lieu.

UQAM, Festival Juste pour rire, rentrée scolaire

La décision de l’UQAM de refuser au FER l’accès à son terrain avait d’ailleurs fait l’objet d’une polémique le mois dernier. Les organisateurs du Festival avaient à cette occasion publié une lettre ouverte dans les journaux montréalais et avaient accordés une entrevue à Reflet de Société. Les signataires de la lettre ouverte qualifiait de discriminatoire la décision de l’université sous prétexte que le Festival Juste pour rire pourrait utiliser le terrain dont l’accès leur était refusé. Le profil des participants au FER, soit les jeunes marginaux et itinérants du centre-ville de Montréal, aurait selon eux amené l’UQAM à vouloir se dissocier de l’événement.  La direction de l’université avait réfuté ces allégations lors d’un entretien avec Reflet de Société. L’institution avait plutôt justifié son refus par un simple conflit d’horaire entre la tenue du FER et les activités liées à la rentrée scolaire de septembre.

Arrondissement de Ville-Marie

Après beaucoup d’inquiétude et d’incertitude, la Place de la Paix sera donc prêtée au FER par l’arrondissement de Ville-Marie. Bien que l’arrondissement ne contribue pas financièrement à la tenue de l’événement, il fournit gratuitement un permis d’occupation du parc, dont le coût s’élève normalement à environ 2 500$. La contribution de l’arrondissement se traduit aussi par le prêt de matériel municipal: barrières, tables de pique-nique, fermeture de tronçons de rues, etc.

Gouvernement du Canada, Ville de Montréal et Cirque du Soleil

Si les organisateurs du FER sont soulagés par la confirmation de la possibilité de tenir l’événement au centre-ville de Montréal, toutes les difficultés ne sont pas chose du passé. En raison du retrait d’une subvention du gouvernement fédéral, le FER est toujours à la recherche de 5 000$ afin de boucler un budget total de 16 000$. La Ville de Montréal et le Cirque du Soleil ont fourni chacun 5 000$ sur les 11 000$ que possèdent actuellement les organisateurs du FER. La subvention du Cirque du Soleil est destinée directement aux artistes qui prendront part au FER, leur permettant de toucher un salaire, symbolique, pour leur engagement.

La programmation détaillée du FER sera publié sur ce site dès qu’elle sera publique, soit au cours des prochaines semaines.

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Festival d’expression de la rue: l’UQAM nie les accusations de discrimination

Festival d’expression de la rue: l’UQAM nie les accusations de discrimination

François Richard Dossier Communautaire et Festival d’expression de la rue

Les organisateurs du Festival d’expression de la rue (FER) ont publié une lettre ouverte au début du mois de juin. Les signataires y dénonçaient le refus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) de leur céder le terrain de la Place Pasteur pour la durée du festival. Les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées à la Place Pasteur. Les responsables du FER ont affirmé être victimes de discrimination de la part de l’UQAM en raison de la clientèle de leur événement: les jeunes marginaux du centre-ville de Montréal. Ils invoquaient le fait que le Festival Juste Pour Rire puisse utiliser ces mêmes terrains en juillet pour appuyer leurs accusations. Le directeur des communications de l’UQAM, Daniel Hébert, a réagi au contenu de cette lettre.

L’UQAM, le FER et l’arrondissement Ville-Marie

Selon la direction de l’Université, il n’y a pas de discrimination derrière la décision de l’UQAM de refuser au FER l’accès à ses terrains de la rue Saint-Denis. Daniel Hébert justifie la décision par la non-disponibilité du lieu en raison de la tenue d’événements soulignant le quarantième anniversaire de l’institution d’enseignement. Il indique que l’UQAM a d’ailleurs accompagné le FER dans ses démarches auprès de l’arrondissement de Ville-Marie afin de trouver un autre terrain où tenir le festival, soit la Place de la Paix, un parc situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Pourtant, en date du 30 juin, le FER n’avait toujours aucune confirmation de la part de l’arrondissement quant à la possibilité de tenir le FER à cet endroit.

Festival Juste pour rire et l’UQAM

Daniel Hébert rejette du revers de la main les accusations de discrimination. ‘Le Festival Juste pour rire a lieu en juillet, le FER a lieu en août. C’est la seule raison pour laquelle nous avons dit oui à un et non à l’autre.’ Il explique toutefois que s’il y a un problème spécifique lié à la tenue du FER sur les terrains de l’UQAM, ce n’est pas l’aspect ‘marginal’ des activités, mais plutôt le moment de l’année où ça se déroule. ‘La mi-août est la période de la rentrée pour le personnel de l’UQAM, le bruit et les animations perturbent donc grandement le travail de notre personnel.’

40è anniversaire de l’UQAM et avenir du Festival d’expression de la rue

Une fois les festivités du 40è anniversaire de l’UQAM passées, il est loin d’être certain que le FER puisse bénéficier à nouveau de l’hospitalité de l’université. Si Daniel Hébert précise que la porte n’est pas fermée, il insiste plutôt sur le souhait de l’UQAM d’utiliser la Place Pasteur pour y faire la promotion de différents projets de l’UQAM, ses étudiants et professeurs. Après ses désormais célèbres déboires immobiliers des dernières années, l’institution souhaite mettre en place un plan de relance incluant une présence plus marquée dans l’espace public. ‘Il est évident que l’UQAM va chercher à répondre à ses propres besoins et privilégier les projets qui émanent de sa communauté avant de répondre aux attentes de partenaires extérieurs’, explique Daniel Hébert.

Autre article sur le déménagement du FER

 

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L’UQAM rompt ses liens avec le Festival d’expression de la rue

L’UQAM rompt ses liens avec le Festival d’expression de la rue

François Richard  Dossiers Festival d’expression de la rueJeunes de la rue et Organismes communautaires

Le Festival d’expression de la rue (FER) se retrouve sans lieu où tenir sa treizième édition. L’Université du Québec à Montréal (UQAM) refuse de rendre disponible la Place Pasteur comme elle l’a fait au cours des douze dernières années.

L’événement est organisé par le Collectif d’intervention par les pairs. Il s’agit d’un groupe de jeunes intervenants qui ont déjà habité dans la rue et qui mettent aujourd’hui à profit cette expérience afin de venir en aide aux jeunes marginaux du centre-ville de Montréal.

Cette aide prend notamment la forme de l’organisation du FER, qui permet pendant quelques jours par année à des jeunes sans domicile fixe de présenter leurs créations artistiques. Des ateliers et des kiosques sur une foule de sujets, tels la prévention du VIH et la réduction des méfaits liés à la consommation de drogue sont aussi présentés. L’événement constitue une occasion d’établir des liens positifs entre les différents occupants du quartier: résidants, commerçants, institutions et jeunes de la rue.

Les organisateurs du Festival se disent surpris et déçus de la décision de l’UQAM, une institution avec laquelle ils ont entretenu de bons liens jusqu’à maintenait. La direction de l’Université explique son refus d’accueillir l’événement par la tenue de festivités en lien avec son quarantième anniversaire.

Victimes de discrimination? Le Festival Juste pour rire!

Les membres du collectif d’intervention par les pairs expriment des doutes sur la justesse de cette affirmation. Ils se questionnent quant au fait que ces mêmes festivités n’ont pas empêché l’UQAM de laisser le Festival Juste pour rire occuper la Place Pasteur, située sur le rue Saint-Denis entre les rues Sainte-Catherine et Maisonneuve.

Dans une lettre expliquant son refus, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, mentionne le souhait de l’université d’éviter d’être associée à des événements polémiques. Pourtant, les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées sans incident majeur. Le Collectif des pairs aidant dédommage l’UQAM pour les frais liés à l’occupation des lieux, notamment le salaire de gardiens de sécurité supplémentaires sur le campus. Les pairs croient maintenant que l’UQAM refuse simplement de s’associer à des jeunes marginaux par crainte des impacts négatifs que cela pourrait avoir sur l’image de l’Université.

Le Collectif a rédigé une lettre ouverte dénonçant la situation que nous publions ici. Nous vous invitons à en prendre connaissance et à réagir. Les pairs aidant sont présentement en discussions avec l’arrondissement de Ville-Marie et une des membres du comité, Évelyne Gauthier, dit être confiante que l’événement pourra avoir lieu dans un autre lieu, non confirmé pour l’instant.

Lettre ouverte

Festival d’expression de la rue (FER)

L’UQAM : « Oui, mais… pas dans ma cour »

Cette année, le seul festival montréalais qui peut se targuer de ne pas exclure personne de son territoire se fait lui-même expulser pour des raisons plutôt discutables. En effet, l’Université du Québec à Montréal refuse d’octroyer la Place Pasteur au Festival d’Expression de la Rue (FER) pour la tenue de sa 13e édition.

Or, pendant les douze dernières années, le FER s’est tenu, jusqu’à ce jour, à la Place Pasteur, située sur la rue St-Denis immédiatement à côté de la sortie de métro Berri-UQAM. Cette place, dont l’administration est aujourd’hui assurée par L’UQAM, car située sur son campus, fut léguée à la Ville de Montréal au XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau, qui lui décréta alors son statut d’espace public : c’est-à-dire accessible à tous. Cette place reçut ensuite son nom actuel au XXe siècle en l’honneur de Louis Pasteur, homme de science dévoué à l’amélioration des mesures socio-sanitaires et de la santé collective. L’histoire de ce site enchanteur lui confère donc une valeur particulièrement symbolique pour notre événement puisqu’elle s’est enracinée sous un statut d’espace public et qu’elle rejoint de surcroît la mission préventive et sanitaire du festival.

Et parlons-en de ce Festival. C’est le dernier de la saison estivale, celui qui s’impose depuis 1997 après les grands événements clôturés. Organisé par le Collectif d’intervention par les pairs, le Festival d’Expression de la Rue cible principalement les jeunes en situation de précarité et d’itinérance qui fréquentent le centre-ville de Montréal. En ouvrant un dialogue, le FER favorise la cohabitation harmonieuse de ces jeunes avec les résidents, commerçants et passants du quartier tout en démystifiant leur culture.

Fruit de la collaboration annuelle d’une cinquantaine de partenaires et d’organismes communautaires, le FER offre aussi une tribune importante pour les talents artistiques des plus variés. Parallèlement, cet événement sert de plateforme pour sensibiliser les jeunes à la prévention des maladies infectieuses et aux méfaits liés à l’utilisation de drogues, tout en favorisant un développement positif de leur estime de soi.

C’est après 12 ans d’une saine collaboration que l’UQAM refuse délibérément de prêter l’espace. Le Collectif d’intervention par les pairs a rencontré M. Claude Corbo, recteur de l’UQAM, en vue d’en arriver à un compromis, mais le recteur est demeuré inflexible. L’excuse officielle offerte repose entièrement sur la non-disponibilité du terrain de juin à octobre, en raison de la tenue des festivités entourant le 40e anniversaire de l’université. Pourtant, le festival Juste pour Rire nous a confirmé qu’il tiendra encore cette année, certaines de ses activités sur le site même de la Place Pasteur au courant du mois de juillet. Que cache donc l’excuse du quarantième de l’UQAM?

Dans une missive qui nous a été envoyée par le recteur le 25 février dernier, celui-ci indique ses motivations réelles pour refuser ledit terrain : « le rendez-vous festif et stratégique auquel nous sommes conviés en 2009, nous invite à des démarches plus sobres et moins enclines à des polémiques. »

On peut alors se demander : « mais, qu’est-ce qui est polémique? » Si l’image que projettent les jeunes de la rue peut sembler dérangeante pour certains, il faut savoir que l’un des principaux objectifs du festival est justement de favoriser une meilleure cohabitation et une compréhension réciproque entre les jeunes et le reste de la population! De plus, les 12 éditions sans embuche qu’ont connues le Festival ne peuvent que servir la réputation de l’université.

Enfin, pourrait-on penser que l’UQAM a abandonné son statut d’université du peuple, son ouverture et sa mission sociale en préférant que les jeunes marginalisés se retrouvent n’importe où, mais ailleurs que dans sa cour?

Dans les circonstances, il appartient à la Ville de Montréal, l’autre des responsables actuels de la place Pasteur, de trouver un lieu alternatif au FER, à moins que l’UQAM ne daigne sagement revenir sur sa décision. En effet, on est sur le point de démolir une institution communautaire et populaire favorisant l’inclusion de jeunes justement trop souvent victimes d’exclusion dans de multiples sphères de leur vie. Il n’y a pas à dire : Papineau doit très certainement être en train de se retourner dans sa tombe!

Le Collectif d’intervention par les pairs
Kim, Stéphanie, Marc, Marc-André, Bertrand, Isabelle, Marie-Noëlle, Catherine et Evelyne

pairs-aidants@cactusmontreal.org, (514) 847-0067, poste 301

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_image Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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