Jeunes socialistes: stéréotypes et erreurs

Portrait des homosexuels et violeurs

Socialistes français: la campagne de la honte

La France manifeste, pleure et crie depuis plusieurs mois. Le Mariage pour tous a entraîné la Manif pour tous… et les questions du genre, du sexe et des droits n’en finissent plus d’attiser les passions. Le 5 octobre dernier l’inconcevable est venu de Jeunes militants socialistes. Leur compagne contre la Manif pour tous se résume en un mot: l’insulte.

Delphine Caubet Dossiers Égalité Homme-FemmePolitiqueHomosexualité

Jeunes socialistes France campagne Manif pour tous honteHonnêtement, c’était ma résolution: arrêter de parler du genre et de tout ce qui le rejoint. J’ai l’impression que le sujet me colle à la peau sans vraiment l’avoir choisi. Homosexualité, théorie du genre… j’ai fait, au suivant!

Mais voila que l’actualité me rattrape et je suis incapable de respecter ma propre décision. Une vraie junkie. Il faut dire que la campagne des Jeunes socialistes met les nerfs de tout le monde à rude épreuve. Et moi qui pensais que seuls les réactionnaires pouvaient me mettre dans cet état.

Campagne choc

Pour ceux qui l’ignorent, il y a actuellement un mouvement en France qui s’appelle la Manif pour tous. Ce qui au départ était un mouvement contre la légalisation du mariage gay, prend maintenant la forme de manifestations contre l’homoparentalité, gestation pour autrui…

Pour galvaniser les troupes des pro-réformes, les Jeunes socialistes ont sorti une campagne choc le 5 octobre 2014: images d’un homme dépressif au bord de la voie ferrée, d’une femme au regard triste collée contre un mur par homme, enfin, une autre femme recluse dans un coin avec une main d’homme qui la menace…

Le tout souligné de slogans: «s’il avait appris à l’école qu’une femme n’est pas un objet, il ne l’aurait peut-être pas violée» ou «s’il avait pu être accompagné à l’école, il vivrait peut-être mieux son homosexualité».

Ignorance

Je ne sais pas par où commencer pour dire à quel point cette campagne est insultante: les femmes et les homosexuels y sont représentés comme des victimes (!!!). Ceux d’entre eux qui essaient de se relever d’un traumatisme apprécieront sûrement cette délicate attention des Jeunes socialistes.

Autre cliché : les violeurs et les batteurs de femmes sont idiots et ignorants. C’est le genre de stéréotypes qui est dangereux et erroné, tel que celui des pédophiles qui s’en prennent à des enfants inconnus (la majorité des agresseurs font partie de l’entourage proche de l’enfant). Pour battre ou violer une personne, il n’y a pas de culture ou de classe sociale. Je dis ça au passage…

Pour terminer en beauté, si tu es un homosexuel qui a des difficultés avec ta sexualité, n’oublie pas de t’arrêter sur une voie ferrée pour réfléchir à la vie, à la mort… Avec cette campagne, les socialistes envoient le message que le suicide est la finalité pour les jeunes en difficulté avec leur sexualité.Un désastre à un âge aussi influençable.

Enfin, je trouve même cette campagne insultante pour les hommes. Sérieusement, faut-il aller à l’école pour apprendre à ne pas violer ou agresser une personne? S’il est vrai que je peux reprocher beaucoup de choses aux conservateurs, je ne pense pas qu’ils soient davantage sociopathes que les autres.

Qui l’eut cru, mais pour la première fois, je me porte à la défense de l’extrême droite…. cette situation me bouleverse à tel point que je me retire pour réfléchir à la situation!

Et vous, êtes-vous aussi choqués que moi par cette campagne?

Lien vers les photos de la campagne des Jeunes sociales.

Autres textes sur Politique

 

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Hypersexualisation et viols en Inde

Le fléau du viol en Inde

Un mélange explosif d’hypersexualisation et d’indifférence envers le sort des femmes

Le viol collectif et le décès d’une jeune femme en Inde, en décembre dernier, ont mobilisé la population et donné lieu à des manifestations peu habituelles, principalement de la part de la classe moyenne.

drapeau-inde sexualité sexuel sexe sexy

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Hypersexualisation, Sexualité

Logo_chronique 2 (ajusté)Il en a résulté une sorte de deuil national spontané, pas du tout encouragé par les autorités politiques accusées d’indifférence, et un bon nombre de festivités prévues pour le Nouvel An 2013 ont été annulées.

À ce propos, Santosh Desai, un des plus importants chroniqueurs du pays (The Times of India) résume bien la situation. Selon lui, la solution aux nombreux problèmes de viols en Inde ne réside pas seulement dans une police plus efficace, mais aussi dans le changement d’attitude de la société envers la femme.

« Le problème ne peut être séparé de la culture dans laquelle nous vivons… des films que nous regardons, des célébrités que nous admirons, tout cela vibrant d’une électricité pornographique », écrit-il. « L’importance accordée au désir crée un climat qui justifie sa satisfaction par l’argent ou même par la force… La démocratisation du désir est accompagnée par la légitimation de la luxure… Les médias jouent un rôle aux deux extrémités du spectre, en créant d’un côté le climat de désir, tout en s’adonnant à une critique virulente après l’événement. »

Cela commence par le désir exacerbé, suivi de regards et de paroles obscènes, avant de passer violemment aux actes. Car les viols – suivis de meurtres pour ne pas laisser de traces, ou du suicide de la victime envahie par la honte et l’horreur – sont nombreux et fréquents.

Les autorités ont surtout blâmé les femmes plus libérées qui sortent sans chaperon, qui empruntent les transports publics et ainsi de suite. Pourtant, la jeune victime en question était bien accompagnée d’un homme, de son ami qui, malgré tous ses efforts, n’a pas pu la protéger des agresseurs qui l’ont jeté en dehors de l’autobus, après l’avoir battu à coup de barre de fer.

Lors d’un autre événement, un passant a été tué par les violeurs en défendant une mère de famille. Ailleurs, dans le nord de l’Inde, une femme a été agressée dans son domicile par un politicien. Dans son cas, heureusement, c’est le village au complet qui est venu à sa rescousse, en réponse à ses cris d’alarme.

Si le gouvernement et les autorités semblent insensibles ou résignés devant de telles horreurs, la classe moyenne, par contre, exprime clairement sa volonté de changement. Espérons que ce mouvement populaire prenne de l’ampleur et qu’il réussisse à secouer une complaisance aux conséquences insoutenables.

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Références 

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Agression sexuelle d’un enseignant sur une jeune

Pédophilie et agression sexuelle

Lettre à mon agresseur

À la demande de plusieurs lecteurs, je présente ici un texte touchant que nous avions publié en 2008 dans Reflet de Société et dont les gens voulaient avoir accès à une version électronique.

Maline                                Dossier Sexualité

LETTRE AGRESSEUR2

Huit années séparent la jeune femme que je suis de l’enfant que j’étais. Tu étais mon enseignant. Je n’ai pas eu la chance de te regarder dans les yeux pour te dire ce qui  suivra, mais je crois, que, par l’encre et le papier, j’arriverai à te faire ressentir toutes les larmes qui ont mouillé mes joues, toute la rage que j’ai eue au cœur pendant presqu’une décennie, et toute la peur que j’ai eue de parler et d’être. Parce qu’en tant qu’enfant, on peut éprouver un certain malaise dans une situation donnée. Moi j’ai su, j’ai oublié, puis je me suis souvenue.

C’était en août 2000. J’étais une grande de cinquième année. Il faisait encore chaud, ça sentait le début de l’année. J’adorais l’école, j’étais une curieuse de nature, une fouine. Je suis entrée dans la classe, un peu nerveuse à l’idée de tout recommencer, de voir qui seraient mes compagnons pour l’année à venir.

L’acuité des souvenirs que j’ai de cette première journée en ta compagnie est impressionnante. Je me souviens de tout, de l’emplacement des bureaux à l’ombrage que créaient les deux arbres derrière les fenêtres de la classe. J’étais assise face à ton gros bureau brun de professeur. Tu nous as dit bonjour, puis tu t’es présenté.

Provenant d’une grande famille de la région de Québec, croyant, pratiquant, un enseignant de 52 ans. Tu semblais très intéressant, voire attachant. Tu as parlé de beaucoup de choses, très longtemps. De ce que Dieu t’avais apporté, de ce qu’il t’avait fait découvrir, de la passion que tu avais pour l’enseignement…

Je dois avouer que la suite m’échappe un peu, mais tu en es venu à nous parler de pédophilie. Que ce n’était pas correct, mais que, de nos jours, c’était plutôt courant. Puis tu as dit: «Ça m’arrive souvent d’accrocher des p’tites filles dans les parties intimes, mais j’m’excuse toujours.» Tu as dit ça exactement comme ça. Pourquoi ça m’a marquée? Pourquoi je m’en suis sou-venu six ans plus tard dans un cours d’éthique et culture religieuse? Je ne sais pas.

Septembre a passé comme l’éclair. J’aimais la façon dont tu partageais ton savoir, le temps passait rapidement à l’école.

Tes parents sont décédés en octobre si je ne m’abuse. Tu as été absent pendant quelques semaines, pour revenir vers la fin du mois d’octobre. C’est à partir de là que je t’en ai voulu, que je t’en veux encore.

Aurais-je tort de prétendre que j’étais ta chouchou? J’avais un accès presqu’illimité à la classe, quand j’en avais envie. Tu m’offrais de rester aux récréations et sur l’heure du midi pour jouer à l’ordinateur. J’avais même le privilège suprême de laver le grand tableau à la fin de la journée. Tu me gardais toujours près de toi. Quand tu organisais des concours de dessins, je gagnais. À l’heure de l’improvisation, je gagnais. J’avais tout ce que tu voulais me donner. À un certain point, j’en étais profondément mal à l’aise. Peut-être, toutefois, avais-je réellement du talent, peut-être…

Souvenirs de l’agression

Puis, tu te souviens de novembre? Novembre est froid, pluvieux, triste. C’est ce que je retiens de novembre. Quand il arrive, je me terre dans un coin jusqu’en mars. Tu te rappelles de novembre? Moi oui.

J’étais au troisième étage, en direction de ta classe. Tu te souviens de ce corridor? Sur la gauche, il y avait cinq ou six casiers. À la droite, l’escalier menant au deuxième. C’était très étroit et sombre. Puis tu es apparu. Tu marchais dans ma direction. Tu veux savoir ce que j’ai vu de mes jeunes yeux? Tu veux savoir ce que mon petit corps a ressenti? Tu veux savoir ce qui s’est passé dans ma tête à ce moment-là? Je te l’offre.

Tu ne m’as pas saluée. Tu ne m’as pas regardée. Mais arrivé à ma hauteur, tu m’as attirée contre toi et tu as placé ta main entre mes cuisses. Entre les cuisses d’une enfant. Tu as pris deux de tes doigts que tu as forcés à travers mon pantalon. Tu voulais les entrer en moi, n’est-ce pas? Dans une enfant, c’est ça? Tu as forcé, forcé, jusqu’à ce que j’aie mal, parce que j’avais mal, oui. Tu t’es retiré et tu es parti. J’ai eu du mal à marcher. Je me suis arrêtée. «Il ne s’est pas excusé.»

J’ai fait le lien. Mais j’avais dix ans. J’ai osé penser que tu étais peut- être pédophile. C’était ça, non, la pédophilie? La définition que tu en avais donnée… Je me suis traitée de folle. J’avais dix ans, je me suis traitée de folle. Tu ne pouvais pas être pédophile, tout le monde t’adorait! Moi aussi, d’ailleurs. Sauf qu’à ce moment, j’ai commencé à angoisser vis-à-vis l’école. Tu ne m’as pas aidée, pour être franche. D’abord, il y a eu le clavardage sur l’heure du midi avec des étrangers sur internet. Tu trouvais ça bien drôle qu’un homme dans la trentaine face des avances sexuelles à une enfant. Tu te souviens des autres jeunes? K…, J…, D…, A… et J…. Tu nous avais inscrites sur un site de clavardage et tu nous regardais faire. Tu as poussé l’audace jusqu’à demander à ma mère de signer une lettre qui te donnais l’autorisation de me garder en classe sur l’heure du midi pour me faire travailler à l’ordinateur. Félicitations!

Cours de sexualité

Tu te souviens des cours de sexualité? Combien de fois tu nous les as présentés comme des cadeaux? «Si vous n’êtes pas sages, vous n’aurez pas de cours de sexualité. M’dérange pas, moi, j’enseigne pas à des bébés.» Tu nous as donné un papier, à chaque élève. Tu nous as obligé à poser des questions. Tu les lisais à l’avant, celles qui n’étaient pas assez explicites, tu les jetais. Je t’ai même dis: «J’en ai pas de questions, moi!» Tu m’as répondu, que tout le monde avait des questions et qu’on était obligés d’en poser une. Je n’avais pas besoin, à dix ans, de savoir ce qu’était une fellation.

Chaque fois que tu m’approchais, je me crispais toute entière. Quand tu passais tes mains sur mes épaules, dans mes cheveux, j’arrêtais de respirer, de parler, mon cœur faisait un bond. Le traumatisme de la victime face à son agresseur, c’est ça?

Les conséquences d’une agression sexuelle

Après le voyage de fin d’année à Québec, j’ai commencé à souffrir d’un trouble psychologique étrange. J’ai cherché, de l’âge de 10 à 15 ans, ce dont il pouvait s’agir. J’ai consulté un psychologue durant 7 ans (une rencontre chaque mois pour 70$ = 5880$) pour mettre le doigt sur mes problèmes, un à un. On m’a prescrit des anti-dépresseurs, que je prends depuis maintenant 2 ans (une bouteille de prozac par mois = 1000$). J’ai fait trois dépressions et une tentative de suicide. Tu veux savoir de quoi j’étais atteinte?

  • Trouble obsessif-compulsif s’étant déclenché suite à un traumatisme durant l’enfance.
  • Attaques de panique récurrentes.
  • Crises d’angoisses sévères.
  • Peur incontrôlable de l’école.

J’ai parlé pour la première fois en novembre 2007. J’ai réalisé le mal que tu m’avais fait lors d’une visite du C.A.L.A.C.S. (Centre d’Aide et de Lutte contre les Agressions à Caractère Sexuel). Je l’ai annoncé à ma mère. Je lui ai pleuré dans les bras pendant des heures. Je ne l’ai pas dit à mon père, je ne savais que trop bien qu’il serait parti à Québec en furie, et le mot est faible. Ma mère s’en est chargée et l’a retenu. Tu m’as fait pleurer. Tu as fait pleurer mes tantes, mes cousines, ma sœur. Tu t’en souviens, de ma sœur? Mon père t’aurais tué, mon frère te détestait. Ils t’ont tous fait confiance et tu en as profité. Ma famille entière m’appuyait. Et pourtant…

Porter plainte à la police

En février, j’hésitais toujours à porter plainte à la police. Mes parents nous ont offert des vacances. J’ai porté plainte la veille des vacances. J’ai passé une semaine de rêve, loin de ma tête. À mon retour, j’ai reçu un appel de l’enquêteur qui me disait que le procureur de la couronne avait rejeté ma requête et que l’entrevue que tu devais avoir avec lui était, du même coup, annulée. Tu as eu peur, n’est-ce pas?

Mon anxiété, je la sens dans ma tête à chaque minute. Je doute à chaque seconde. À l’école, j’ai un taux d’absentéisme assez impressionnant. Mais tu sais ce qui me rend fière? Je me sais intelligente. Malgré tout. J’ai toujours gardé une moyenne scolaire aux alentours de 85%, 98% en anglais, 92% en français, 90% en histoire de l’art. J’ai lu Freud, Socrate, Camus et Proust. J’ai étudié Le Bernin, Michel-Ange, Duchamp et Magritte. Mes professeurs me disent que j’ai du potentiel. Ils aiment mes dissertations, eux aussi. Je vais étudier à l’université en communication, branche publicité et relations publiques.

J’apprends tranquillement à vivre avec une nouvelle moi, qui vit chaque jour comme s’il s’agissait du dernier. J’ai appris à ne plus me censurer, à exprimer qui je suis et ce que je ressens, soit par l’art, l’écriture, le théâtre, et maintenant la parole…

Et moi qui n’a jamais été capable d’approcher un garçon, voilà maintenant que j’essaie de mon mieux de lui accorder toute la confiance qu’aucun homme n’a eu de moi. J’ai des passions et des buts. Je n’ai pas oublié.

Et chaque fois que j’entends parler d’un pédophile, je tends l’oreille. Quand j’entendrai parler de toi, je jure que je serai la première au front. Je sais qu’il y en a eu d’autres, j’attends. Et si elles n’arrivent jamais, ce n’est pas grave. Parce que toi, tu sais. Toi, tu vivras chaque jour dans la peur que l’une d’elles se manifeste, encore. Tu auras peur de perdre ton équilibre, de te faire sortir de force de cette jeune retraite. Je ne t’aurais pas souhaité la prison ou la mort. Ta tête est capable elle-même, de te faire justice.

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Viols et agressions sexuelles d’une prostituée

Prostitution

Viol et agression d’une prostituée

Britanny nous conte son histoire dans le monde de la prostitution. Une histoire qui se termine par le viol et l’agression sexuelle.

Dominic Desmarais  Dossier Sexualité, Prostitution

viol-abus-sexuel-agression-sexuelle-sexe-sexualiteLa journée de l’entrevue avait bien commencé pour Britanny. Elle était sereine à l’idée de raconter son expérience de la prostitution. Spontanée, articulée et enjouée, elle s’est ouverte sans pudeur  ni censure. Pratiques sexuelles, relations avec les clients et dépendance à l’argent, elle n’éprouve aucun regret.

Les seules fois où Britanny devenait soucieuse c’est en abordant le sujet de sa sécurité avec la police, car elle craignait d’être fichée comme prostituée et surtout avec les clients. Le stress qu’elle vivait à chaque nouvelle rencontre était au cœur de ses préoccupations. C’est ce nouveau client, potentiel agresseur, qui la poussait à consommer davantage et c’est pour éviter ces premiers contacts qu’elle consacrait beaucoup d’efforts à se créer une clientèle régulière. C’est pour éviter les hommes agressifs qu’elle préférait recevoir elle-même les appels afin d’accepter, ou non, un nouveau client.

Prostitution, agression sexuelle et viol

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostitueesDès ses débuts, sa plus grande peur était de se faire agresser. L’acte sexuel, contre rétribution, ne l’indignait pas. Elle n’a jamais culpabilisé d’avoir pratiqué la prostitution. Britanny a commencé dans la rue. Puis, elle a essayé l’agence d’escorte pour, finalement, recevoir les clients chez elle. Mais la rue, c’est le dernier sujet qu’elle a abordé. Car c’est dans la rue qu’elle a vécu le pire moment de sa vie. Un souvenir enfoui bien loin dans sa mémoire et qui, 13 ans plus tard, la chamboule encore.

C’était en août 1997. Alors âgée de 23 ans, Britanny se trouvait sur la rue Ontario. Ses annonces classées et l’agence d’escorte pour laquelle elle travaillait ne lui rapportaient pas suffisamment de clients. Ce n’était pas la première fois qu’elle vivait une accalmie, depuis ses débuts, 5 ans plus tôt et à chaque fois, elle retournait à la rue, son dernier recours.prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues

Prisonnier d’un prisonnier

Elle commence sa nuit de travail à 23h30. Très rapidement, un client en voiture l’aborde. «En ouvrant la portière, j’ai eu des doutes mas je n’ai pas écouté mon instinct. Il avait la fin trentaine, le regard mesquin, les bras pleins de tatouages. Je sentais qu’il avait fait de la prison mais j’avais déjà fréquenté des gars de pénitencier.»

Britanny cesse de respirer un moment. Elle revisite une scène qu’elle avait rayée de sa vie. Elle voit encore distinctement le visage de son agresseur,  revoit son viol avant même de le raconter. La jeune femme s’excuse de pleurer et reprend le fil de son histoire. «J’ai embarqué. Il a commencé à rouler. J’étais nerveuse. Ma main s’agrippait à la poignée. Quand il l’a remarqué, il s’est mis à accélérer», dit-elle la voix tremblotante.

L’homme l’emmène dans le stationnement d’un concessionnaire automobile, à l’abri des regards. Il avait accepté de payer 30 $ pour recevoir une fellation mais, une fois le véhicule immobilisé, il tend un billet de 20 $ à la jeune femme affirmant qu’elle n’aura pas un sou de plus. «Il m’a dit: tu vas faire tout ce que je veux sinon, ne pense même pas sortir vivante de mon char.» Britanny prend une autre pause. Elle s’excuse à nouveau. «Le pire, c’est qu’il m’a payée», dit-elle en sanglotant.

La panique du viol

Britanny est en état de panique. Elle a peur de mourir dans cette voiture. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal. En état de choc, elle se plie aux exigences de son bourreau. Elle est seule, sans défense, prise au piège dans un véhicule et personne pour les remarquer. Elle avait peur de fuir et d’être battue à mort. Elle ne se sentait pas de taille à lui tenir tête. «Il était très agressif. Il n’a pas eu besoin de sortir un couteau ou une arme à feu. Il m’a empoignée par les cheveux et les tirait pour me forcer à lui faire une fellation. Sans condom. J’étais affolée. J’ai pensé le mordre. Mais j’avais trop peur qu’il se déchaîne sur moi.»

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees-erotisme-danseuses-nuesÀ genoux, à se faire arracher les cheveux, Britanny se sent entre deux mondes. Sa peur prend toute la place. Elle ne réalise pas les gestes qu’elle pose tant elle est paniquée. «J’étais là mais j’étais absente», décrit-elle.

Un viol interminable

Britanny poursuit son cauchemar sans s’arrêter. Les images défilent dans sa tête. Des scènes crues, dures. Le bras de son agresseur qui passe au-dessus de sa tête pour atteindre la manette du siège pour l’abaisser et forcer ainsi la jeune femme à s’allonger. «Je savais ce qui s’en venait. Je l’ai supplié de mettre un condom. Il s’est étendu sur moi. Il m’a violé toute la nuit. Pendant 4 heures. C’était interminable», dit-elle encore ébranlée.

La jeune femme a réussi à se sauver alors que son violeur se retirait pour jouir. Elle s’est mise à courir, hystérique, au beau milieu de la rue, tout en se rhabillant. Des conducteurs, apeurés par son état, ont passé leur chemin. C’est un chauffeur de taxi qui a joué les bons samaritains. Il l’a reconduite jusqu’à sa porte gratuitement.

«Il a été très gentil. Il a essayé de me calmer. J’étais toujours en état de choc. Il m’a offert d’aller voir la police. Je ne pouvais pas. La police aurait alors su que je me prostituais. Et on m’aurait dit que rien ne serait arrivé si je n’avais pas fait la rue…»

Britanny sort de son cauchemar. La tension de ses souvenirs retombe. Elle se laisse aller à pleurer. Elle s’allume une rare cigarette pour se calmer. Puis elle replonge 13 ans en arrière.

L’après-viol

«J’ai pris des douches et des bains. Je me suis lavée, lavée. Pour enlever toute cette crasse. J’ai passé des tests pour savoir s’il m’avait refilé une maladie.» Les tests se révèlent négatifs. Mais l’attente de ces résultats s’ajoute au traumatisme d’avoir été sauvagement violée.

«J’ai été traumatisée pendant des mois. J’en faisais des cauchemars. Pendant au moins deux mois, peut-être plus, je ne me souviens plus, je ne recevais que mes clients réguliers. J’avais trop peur. Mais je devais payer mes comptes et mes habitués ne viennent pas me voir toutes les semaines», dit-elle d’une voix résignée.

Britanny ne voit pas d’autre solution. Elle retourne à la rue. «Je ne songeais pas à me trouver une autre occupation,  je ne pensais qu’à survivre.» Sur la rue, elle analyse sans cesse les clients potentiels qui l’abordent.  «J’avais peur des hommes. Même de mes clients réguliers. Je revivais mon viol avec eux. Dès qu’un client me prenait un peu vigoureusement, je l’arrêtais.»

Treize ans après le viol, Britanny reconnaîtrait facilement son agresseur. Mais avec le temps, ce visage ne revient plus la hanter. Elle est parvenue à l’oublier, à l’enfouir très loin. Pas complètement, mais assez pour vivre normalement. Sauf aujourd’hui. Le souvenir est frais. Comme si elle l’avait vécu hier. «Je ne veux plus y penser. C’était d’ailleurs mon dilemme, quand c’est arrivé. J’en parlais pour le faire sortir, mais ça me faisais trop mal car je le revivais.»

La journée de Britanny avait bien commencé. Mais son cauchemar a tout changé. Elle ira travailler dans quelques heures, un emploi légal, avec ces images sur le cœur. Puis, elle remisera ce visage au plus profond de sa mémoire. Jusqu’à la prochaine fois.

L’histoire de Britanny, 1ere partie: Une escorte se raconte

2e partie Agence d’escorte à domicile

3e partie Agence d’escorte et prostitution à domicile

Autres textes sur la Prostitution, Sexualité.

Les joies de la prostitution?

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

La sexualité des prisonniers

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Définition et historique de la prostitution

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

Illustration Marie-Gabrielle Dion et Zek

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Trafic d’êtres humains en Asie 2 de 2

Trafic d’êtres humains en Asie 2 de 2

Dominic Desmarais                    Dossier Prostitution et Sexualité.

La loi du silence

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-4 La lutte est inégale pour contrer le trafic des êtres humains. Rares sont les trafiquants inquiétés par des poursuites criminelles. La pauvreté des victimes, la mentalité de la société, le manque de connaissances et d’expérience des policiers, des procureurs et des juges ainsi que la corruption sont autant d’obstacles dans la lutte contre la traite.

Rien n’incite les victimes à porter plainte contre les trafiquants. Malgré l’appui des organisations et leurs efforts pour améliorer la justice, les trafiquants demeurent impunis. La pauvreté est un problème majeur qui influence grandement les décisions des victimes. Traditionnellement, elles sont indemnisées par une somme d’argent, sans passer par la justice.

Vichuta Ly, avocate canadienne d’origine cambodgienne, défend les droits des femmes et des enfants victimes de la traite. Peu de ses clients veulent poursuivre leur ancien employeur. « Elles préfèrent négocier hors cour pour obtenir une compensation, parce que tous les cas vont en appel, puis à la Cour suprême. Ça prend des années. Le coupable doit subir sa sentence avant d’offrir la compensation ».

L’homme avant la femme

Les Cambodgiens suivent un code de valeurs qui valorise les hommes. Femmes et filles doivent demeurer vierges avant le mariage. L’agression sexuelle est considérée comme un échec de la victime, qui devait protéger sa réputation. Les Cambodgiennes victimes de viol peuvent difficilement se marier. Elles gardent le silence ou se blâment pour l’agression. Élevées selon cette tradition, les femmes et filles forcées à la prostitution n’osent pas porter plainte, de peur de jeter la honte sur la famille.

Pour changer les mentalités, plusieurs organisations, dont Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), organisent des ateliers pour rencontrer les communautés. Les hommes et femmes, les autorités locales, les policiers, les directeurs d’écoles, sont sensibilisés aux notions d’égalité des sexes.

Système judiciaire incompétent

« C’est un système qu’on essaie d’implanter, continu M. Circo, qui confirme le peu de cas de trafic porté devant les tribunaux. Il y a beaucoup de cas de viols, pas de trafic. C’est difficile de déterminer si c’est du trafic, car les avocats et les juges ne comprennent pas ce qu’est le trafic. La définition est complexe. Ils ont donc besoin de toute la preuve, qui demande beaucoup d’informations. Ils n’ont pas le temps ou les connaissances pour enquêter. »

L’avocate Vichuta Ly utilise l’expression de corruption indirecte. « Ils ont payé pour devenir avocats, sans étudier se désole-t-elle. Ils ne savent pas comment plaider. Je travaille avec 8 avocats. Deux seulement sont bons. Les autres ne savent pas comment Julian Circo forme des policiers, des avocats et des juges pour améliorer leurs capacités à traiter des cas de trafic. Le manque d’éducation est flagrant, juge le coordonnateur à l’Organisation internationale pour la Migration (IOM). « Ils n’ont jamais été à l’école. Ceux qui ont de 30 à 50 ans n’ont pas reçu d’éducation, parce que le pays n’en donnait pas, dit-il, faisant référence à la guerre civile qui a tourné au génocide de 1975 à 1979. enquêter, ils oublient des éléments pour les dossiers, le juge renvoie le cas ». Pour mieux défendre les droits des femmes et des enfants, Vichuta Ly prend sous son aile de jeunes avocats et elle les forme.

Un système judiciaire corrompu

Les gens n’ont pas confiance en la justice. Ils rapportent peu les cas de trafic. Les accusés, souvent riches, peuvent acheter le verdict. « Les personnes haut placées, on ne peut pas les poursuivre, affirme Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation Précaire (AFESIP), une organisation qui aide les prostituées. Même si on parle de viol, de violence, les victimes ne peuvent pas et ne veulent pas porter plainte. Elles reçoivent de l’argent ou les propriétaires de bordels sont connectés avec police ou la justice. C’est arrivé qu’un inspecteur de police soit le financier d’un bordel ».

Pour Julian Circo, de l’OIM, le système est corrompu dans les deux sens. « Les poursuites sont occasionnelles, mais il y a rarement des sentences. Dépendamment de qui ils sont, certains s’en sortent facilement, alors que d’autres n’ont pas de procès équitable. Ils servent d’exemples pour montrer que le pays est sévère, qu’il trouve des coupables. »

Qu’est-ce que le trafic ?

Les Nations Unies définissent le trafic comme tout acte impliquant la capture, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou la réception d’une personne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales par la violence, la menace de violence, l’enlèvement, la fraude, la duperie ou toute autre forme de coercition, puis en donnant, ou recevant des paiements et bénéfices pour obtenir le consentement d’une personne qui exerce un contrôle sur une autre, dans un but d’exploitation.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?
Doit-on légaliser la prostitution?
Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.
Les clients de la prostitution.
Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.
Prostitution de luxe d’une escorte.
Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Définition et historique de la prostitution

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Trafic d’êtres humains en Asie 1 de 2

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Dominic Desmarais              Dossier Prostitution et Sexualité.

La loi du silence

prostitution-asiatique-prostitution-internationale-trafic-traite-femmes-3 La lutte est inégale pour contrer le trafic des êtres humains. Rares sont les trafiquants inquiétés par des poursuites criminelles. La pauvreté des victimes, la mentalité de la société, le manque de connaissances et d’expérience des policiers, des procureurs et des juges ainsi que la corruption sont autant d’obstacles dans la lutte contre la traite.

Rien n’incite les victimes à porter plainte contre les trafiquants. Malgré l’appui des organisations et leurs efforts pour améliorer la justice, les trafiquants demeurent impunis. La pauvreté est un problème majeur qui influence grandement les décisions des victimes. Traditionnellement, elles sont indemnisées par une somme d’argent, sans passer par la justice.

Vichuta Ly, avocate canadienne d’origine cambodgienne, défend les droits des femmes et des enfants victimes de la traite. Peu de ses clients veulent poursuivre leur ancien employeur. « Elles préfèrent négocier hors cour pour obtenir une compensation, parce que tous les cas vont en appel, puis à la Cour suprême. Ça prend des années. Le coupable doit subir sa sentence avant d’offrir la compensation ».

L’homme avant la femme

Les Cambodgiens suivent un code de valeurs qui valorise les hommes. Femmes et filles doivent demeurer vierges avant le mariage. L’agression sexuelle est considérée comme un échec de la victime, qui devait protéger sa réputation. Les Cambodgiennes victimes de viol peuvent difficilement se marier. Elles gardent le silence ou se blâment pour l’agression. Élevées selon cette tradition, les femmes et filles forcées à la prostitution n’osent pas porter plainte, de peur de jeter la honte sur la famille.

Pour changer les mentalités, plusieurs organisations, dont Cambodian Women’s Crisis Centre (CWCC), organisent des ateliers pour rencontrer les communautés. Les hommes et femmes, les autorités locales, les policiers, les directeurs d’écoles, sont sensibilisés aux notions d’égalité des sexes.

Système judiciaire incompétent

« C’est un système qu’on essaie d’implanter, continu M. Circo, qui confirme le peu de cas de trafic porté devant les tribunaux. Il y a beaucoup de cas de viols, pas de trafic. C’est difficile de déterminer si c’est du trafic, car les avocats et les juges ne comprennent pas ce qu’est le trafic. La définition est complexe. Ils ont donc besoin de toute la preuve, qui demande beaucoup d’informations. Ils n’ont pas le temps ou les connaissances pour enquêter. »

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Un système judiciaire corrompu

Les gens n’ont pas confiance en la justice. Ils rapportent peu les cas de trafic. Les accusés, souvent riches, peuvent acheter le verdict. « Les personnes haut placées, on ne peut pas les poursuivre, affirme Emmanuel Colineau, secrétaire général pour Agir pour les Femmes en Situation Précaire (AFESIP), une organisation qui aide les prostituées. Même si on parle de viol, de violence, les victimes ne peuvent pas et ne veulent pas porter plainte. Elles reçoivent de l’argent ou les propriétaires de bordels sont connectés avec police ou la justice. C’est arrivé qu’un inspecteur de police soit le financier d’un bordel ».

Pour Julian Circo, de l’OIM, le système est corrompu dans les deux sens. « Les poursuites sont occasionnelles, mais il y a rarement des sentences. Dépendamment de qui ils sont, certains s’en sortent facilement, alors que d’autres n’ont pas de procès équitable. Ils servent d’exemples pour montrer que le pays est sévère, qu’il trouve des coupables. »

Qu’est-ce que le trafic ?

Les Nations Unies définissent le trafic comme tout acte impliquant la capture, le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou la réception d’une personne à l’intérieur et à l’extérieur des frontières nationales par la violence, la menace de violence, l’enlèvement, la fraude, la duperie ou toute autre forme de coercition, puis en donnant, ou recevant des paiements et bénéfices pour obtenir le consentement d’une personne qui exerce un contrôle sur une autre, dans un but d’exploitation.

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Autres textes sur la Prostitution asiatique

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Du viol à la prostitution

Du viol à la prostitution

Christine Burtin, travailleuse sociale, Dossier Prostitution et Sexualité.

viol-prostitution-legalisation-prostitution-legalise-prostitution Valérie a été adoptée par une famille de médecins. Elle a toujours eu du mal à l’école et en famille. À 17 ans, ses parents divorcent. Secouée, elle décide de ne plus s’imposer de limites. Un an plus tard, Valérie tombe enceinte. Elle se sent incapable d’élever son enfant qu’elle confie à son père. Elle mène alors une vie de toxicomanie, de prostitution et de délinquance. Elle va en prison quelque temps et met au monde un autre enfant qu’elle élève, même si elle traîne encore dans un quartier réputé pour ses activités de prostitution.

Viol collectif

Valérie porte un lourd secret qu’elle n’a jamais partagé. Même ses parents ne sont pas au courant, raconte-t-elle. «À 11 ans, j’ai pris les clés de la camionnette de mon père pour y installer un copain qui s’était fait mettre dehors par sa mère. Un gars un peu plus vieux que je connaissais bien. Je lui ai rendu visite dans la camionnette. Il était avec un autre gars que je ne connaissais pas. Ils m’ont violée. Comme j’avais pris les clés, je me sentais coupable. Je me disais qu’encore une fois je m’étais mis dans de sales draps.»

«Le soir, mon père ne comprenait pas pourquoi je restais dans la baignoire sans vouloir en sortir. Je me sentais sale. Je ne pouvais en parler à personne. À partir de ce moment, je n’en avais plus rien à foutre de ce qui allait m’arriver. Ma mère biologique m’avait abandonnée à la naissance. Les gars m’avaient volé ma virginité. En plus, le seul rempart qui me restait est tombé lorsque mes parents se sont séparés. C’est à partir de là que tout a dérapé.»

Consommation de drogues

«Avec l’argent de poche que me donnait mon père et un peu de système D, j’achetais ce dont j’avais besoin: alcool, haschich, un peu de tout. Je fuguais, je n’allais plus au collège. Le jour de mes 18 ans, j’ai fêté ça royalement! Whisky, hasch et surtout, ce que je réclamais depuis longtemps à mon copain, de l’héroïne. J’ai été malade, mais j’ai eu envie d’y retourner. Avec l’héro, tu oublies tout, tu es hors de la réalité. C’est ce que je recherchais. C’était un cadeau empoisonné, mais c’est moi qui le voulais.»

À l’époque, Valérie ne voyait jamais sa mère. Les relations avec son père se limitaient à ce qu’il paie son loyer, qu’il remplisse son frigo et lui donne de l’argent de poche. De 18 à 21 ans, elle se débrouille: vol à la tire, vente de drogue, petits trafics. «J’allais chercher de l’héro en grande quantité et j’en revendais. Bien sûr, j’en consommais. Tout ce qui m’intéressait, c’était le fric et la drogue. Je consommais de 10 à 15 grammes d’héro par jour.»

À 18 ans, alors enceinte de sa fille, Valérie se fait arrêter. Elle est condamnée à 2 ans ferme, plus 2 ans de sursis et 5 ans de mise à l’épreuve. «Seule ma mère est venue me voir en prison. À ma sortie, je recommence à consommer et à vendre. Mais l’argent, ce n’est pas éternel! Dans l’hôtel où je vivais, j’avais repéré une fille qui semblait riche. Moi, j’avais besoin d’héro et d’argent. On a parlé et elle m’a tout appris sur la prostitution. Ma première journée, j’ai fait tous les clients que je pouvais. En rentrant à l’hôtel, je me suis arrêtée pour acheter ces éponges à vaisselle vertes qui grattent. Durant deux heures sous la douche, je me suis frottée jusqu’au sang. Je me sentais sale. Mais j’avais gagné beaucoup d’argent. Le lendemain, j’y suis retournée.»

Les séquelles de la prostitution

Valérie porte les marques de sa vie de galère. Son caractère, rebelle et batailleur, rappelle l’adolescente qu’elle était. Elle jette un regard critique sur son milieu. «Le monde de la prostitution, c’est abominable. Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. Y’a des clients qui te disent qu’ils veulent faire l’amour. Mais comment peux-tu appeler ça de l’amour? C’est tout sauf ça. C’est surtout un monde de violence. À chaque fois, j’avais peur. J’ai failli mourir plusieurs fois. Si je n’avais pas su me défendre, j’y serais passé. Je suis une grande gueule et ça m’a sauvé quelques fois.»

Depuis 3 ans, Valérie suit un programme de substitution à l’héro. Elle consomme encore de l’alcool et du cannabis. Elle vit avec un compagnon qui la rend heureuse, dit-elle. Ensemble, ils élèvent son dernier né. Françoise, sa mère, paie le loyer, l’électricité, remplit le frigo et les accueille à l’occasion. Valérie veut changer de vie. Elle voudrait ne pas avoir à se débattre avec l’assistance sociale et des perspectives professionnelles peu réjouissantes faute de formation professionnelle et de sa santé précaire. Elle songe parfois retourner se prostituer pour rapporter cet argent qui lui fait défaut. Mais les mauvais souvenirs et la peur de perdre son enfant la retiennent.

Dossier Prostitution et Sexualité.

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3D.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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