Déconfine tes pensées; Lecture avec David Goudreault et Kathia Rock

Dossier Santé mentale

L’auteur, poète et slameur québécois a rendu hommage à l’une des participantes, Gabrielle Major, décédée quelques jours plus tôt. David Goudreault avait d’ailleurs récité les paroles de la jeune femme lors de la première lecture, en septembre.

Le projet d’écriture jeunesse du Mouvement Santé Mentale Québec se poursuit jusqu’en juin prochain. Les jeunes sont invités à s’exprimer sur ce que la Covid-19 a comme impact dans leur vie. 

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Anxiété, quand tu nous tiens

Imaginez que votre cœur se mette soudainement à battre la chamade. Sans raison particulière. Impossible de le ramener à un rythme normal. Vous avez le souffle court. Les extrémités de vos doigts sont engourdies. Vous êtes convaincu de faire une crise cardiaque. Imaginez maintenant être prisonnier de cet état pendant des heures et des heures.

Un texte de Marie Bernier publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

Voilà comment Joanie Pietracupa, rédactrice en chef de Elle Québec et Véro, décrit l’attaque de panique qu’elle a vécue il y a trois ans. « Quelque chose s’est brisé à l’intérieur de moi. Ça m’a pris trois jours pour m’en remettre, comme si j’avais couru un marathon. Et après, je n’arrivais plus à vivre normalement, j’étais incapable d’avoir des pensées raisonnables. Je vivais dans la peur de refaire une attaque de panique. J’avais peur d’avoir peur », s’exclame-t-elle.

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Hommage à Gabrielle Major

Dossiers Santé mentale et Santé

La vie, quand la mort s’en mêle… En septembre, je lisais des textes dans le cadre du projet Déconfine tes pensées lorsque j’ai été particulièrement touché par un poème en prose, Claire de lune. Quelques jours plus tard, les proches de la jeune poète, dont sa mère, me contactent pour m’annoncer son décès, une semaine à peine avant cette lecture qu’elle espérait.

Arrachée à la vie, à 19 ans. La maladie, fulgurante et cruelle. Gabrielle rêvait de publier, d’être lue. En guise d’hommage et de salutation à Gabrielle Major, ma brillante collègue partie trop tôt, je vous invite à lire son texte… on salue ses proches, toutes nos sympathies.

David Goudreault

Auteur, poète et slameur

Claire de lune

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Je suis allongée je ne sais où, un vent inhabituel rejetant mes cheveux sur le côté. Je resterais bien ainsi, les yeux mi-clos et le corps sans douleur, mais une étrange boule de poils pousse la paume de ma main. Je me redresse aussitôt, découvrant un chat qui me fixe intensément.

C’est celui qui m’avait accompagnée durant 14 ans de ma vie, avant qu’il ne décède en novembre dernier. Mon visage se fend d’un sourire radieux quand je reconnais son doux pelage gris. Il me lèche les doigts: nous étions séparés depuis si longtemps!

C’est la nuit, là où je suis. On m’a étendue dans un lit de roses, dont je n’aperçois point les limites. Je lève les yeux, mais aucune étoile ne brille dans le ciel, même la lune a disparu. Nul criquet ne chante, c’est le silence complet.

Je tombe face à face avec une fontaine de marbre, décorée d’une statue ressemblant à mon chanteur favori. Des trous vides remplacent ses pupilles, je plonge le regard à l’intérieur. Un tunnel empli d’une vive lumière blanche s’étale derrière sa tête. J’entends des sanglots de l’autre côté: ce sont mes parents! Je voudrais aller les rejoindre, j’aimerais tant verser une larme pour eux, mais mes paupières restent sèches, il semblerait que j’aie perdu la capacité de pleurer.

Mon chat se met à miauler bruyamment, je perçois un bruit de pas. Je me tourne. Tu me rejoins. Tu es pareil à celui que tu étais lorsque nous nous sommes laissés. Je reste figée de stupeur, n’ayant pas vu ton visage depuis deux longues années.

Te trouvais-tu ici depuis tout ce temps? Tu me fais non de la tête.

-Pourquoi es-tu là?

-Parce que tu ne pourras jamais m’avoir.

Les cris de mes parents retentissent toujours dans la fontaine, mais ils se font loin, de plus en plus loin. Lorsqu’ils s’estompent, ma mémoire en fait de même. L’essentiel: tu es là, mon chat aussi et j’en suis comblée. Tu hausses un sourcil.

-Où veux-tu aller maintenant? C’est ton univers, après tout!

-Là où nous étions la dernière fois.

Nos doigts s’entrelacent et une fête foraine se matérialise devant nous. Notre fête foraine. En ligne pour le carrousel, sous ce firmament sans étoiles, tu poses tes lèvres sur les miennes.

Je crois que je me plais, ici.

Gabrielle Major, 19 ans, Sorel-Tracy.

RIP 2001-2020

Une étoile filante

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Comme une trainée de poudre, la Covid-19 s’est répandue partout sur le globe. Tuant des millions de personnes et rendant énormément de gens malades. Ce sont peut-être vos proches, votre famille, vos amis ou des connaissances. Personne n’est épargné.

Mais, après tout, ce n’est qu’une autre horreur sur la planète. Une horreur qui finira par disparaître comme les autres auparavant. Ça en devient même une tradition. Chaque année, quelque chose se passe. Quelque chose d’étrange qu’on n’avait jamais vu avant. Et au final, on s’y habitue; quelque chose d’anormal devienne alors normal. C’est la raison pour laquelle on baisse souvent les bras… trop vite.

Sans vous connaître, je sais que chacun d’entre vous est merveilleux. Soyez prudents, car un jour on pourra disparaître sans même avoir le temps de comprendre ce qui se passe. On est des âmes fragiles. On est des étoiles filantes.

Sarah-Lee, 16 ans, Chicoutimi.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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S’affranchir de sa mémoire

Les victimes d’agressions sexuelles sont toutes uniques. Si elles ne sont pas que des victimes, il est cependant impossible de nier l’importance du trauma et de ses conséquences dans leur vie. Reflet de Société a décidé de donner la parole à des survivants et des survivantes de violences sexuelles.

Un texte de Mélodie Nelson publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

Découvrez les témoignages de Judith*, Jean-Philippe*, Samira*, Éléonore*, Chanel*, Gisele* et Vanille*

« Mon père encourageait mon frère à me violer » – Judith*, 52 ans

« J’ai été agressé par la mère d’un ami » – Jean-Philippe*, 34 ans

« Mon mari ne sait pas, ma famille non plus. » –  Samira*, 31 ans

La suite du récit de Jade est disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes. * Prénoms fictif.

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        Biais9

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Funbusy

Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Elle s’est découvert une passion pour l’écriture dès son jeune âge, mais ce n’est que depuis 2001 qu’elle écrit sur une base régulière.

Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

Prix : 9,95$

Les bienfaits du sport pour la santé mentale

Dossier Santé mentale 

L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, briser l’isolement, redonner espoir et inciter les gens à demander de l’aide. L’organisme diffuse des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques diagnostiqués ou non. Voici celui de l’acteur Michel Charette.

J’ai grandi dans une maison où je baignais dans l’anxiété de mes parents. Ils n’ont jamais eu de diagnostic et ont gardé ça pour eux. À l’époque, c’était comme ça, on ne parlait pas de ces choses-là. Depuis quelques années, ma fille aussi fait son chemin avec une forme d’anxiété, et comme parent, ça m’interpelle. Quelle est ma place dans la santé mentale de mes proches? Si être un bon parent, une amie, un frère, une conjointe ou une patronne ne s’apprend pas dans les livres, personne ne sait non plus vraiment comment agir lorsqu’un problème de santé mentale frappe. Et pourtant, pour la personne qui le vit, l’entourage peut faire toute la différence.

De mon côté, c’est le sport qui m’a le plus aidé à gérer mon anxiété. J’ai consulté aussi. Un support psychologique peut faire toute la différence! Et surtout, ne pas avoir peur d’en parler à son entourage, sa famille, ses amis, ses enfants. Demander de l’aide, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de force. Sachant que c’est génétique, ma conjointe et moi, on essaie d’adoucir les choses pour notre fille qui montre aussi des traits anxieux. Ils sont brillants nos enfants. Ils sentent notre anxiété et ils se demandent si c’est leur faute. C’est tu moi ou c’est pas moi? On en parle beaucoup ensemble à la maison. Ce n’est aucunement tabou chez nous. Ma fille verbalise les choses. Je lui réponds : ‘‘j’te comprends, à ton âge, je vivais la même affaire, mais j’avais pas d’outils’’… Aujourd’hui, j’ai des outils qui me sont utiles quand j’en ai besoin. Et je suis content que ma fille puisse avoir ces outils-là le plus tôt possible et qu’elle s’en serve. C’est un bagage qui va la suivre toute sa vie.

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Le cerf-volant de ma vie

Un éditorial de Raymond Viger – Dossier Santé mentale

Je ne suis pas fou.

Je n’ai pas de problème de santé mentale.

Je suis juste différent.

Je ne pense pas comme toi.

Je n’apprends pas comme toi.

Je ne communique pas comme toi.

Mon cerveau ne réagit pas comme celui des autres.

Et c’est tant mieux.

C’est ce qui fait ce que je suis.

Ce qui explique le chemin parcouru.

Je suis différent et fier de l’être.

Quand tu commences à me parler et que je te dis arrête, je ne comprends pas.

Ou que je dois te poser une question pour mieux comprendre.

Ça ne te donne rien de continuer à essayer de me parler.

C’est totalement inutile de me crier après pour me dire que je ne t’écoute pas.

Prends le temps de m’écouter pour que je puisse rétablir la communication entre nous deux.

Pour que je comprenne mieux ce que tu essaies de me dire.

Parce que je deviens anxieux de ne pas avoir compris adéquatement.

Je dois reprendre ce que tu dis en te demandant : « Est-ce que tu veux dire…? », et te décrire les différentes interprétations que mon cerveau aura faites de ton discours.

Trop de chemins

Il m’est très difficile de lire un livre. Pour mieux comprendre les quelques bouquins que j’ai lus, je prenais des notes sur ce qu’il était important de retenir ou de comprendre de l’histoire. Un livre de 250 pages pouvait ainsi se résumer à une quarantaine. Cela me permettait par la suite de lire un condensé du livre sans que mon cerveau se perde dans toutes les distractions possibles.

 Je suis devenu un adepte des mots courts, des phrases courtes, des paragraphes courts… Des petites bouchées à apprécier une à la fois. Faut pas me donner le buffet au complet. Je m’y perds.

Dans mon cerveau il y a toutes sortes de ramifications. Jamais en ligne droite.

Ça lui arrive de devoir passer par la bande pour se rendre en avant.

Il faut que je respecte sa façon d’être et ce qu’il m’impose.

Apprendre un texte par cœur, ça se fait. Mais ça demande énormément de temps et d’énergie. Je dois mettre des images, des trucs mnémotechniques un peu partout. Ça fait un document lourd à porter. C’est pour ça que je ne peux vivre que par et pour l’improvisation.

Je suis aussi dyslexique. Non pas que j’inverse les lettres dans un mot, ça serait trop simple. C’est plutôt que je ne cesse de permuter les mots dans une phrase. Un sujet, un verbe, un complément, dit-on. C’est facile pour plusieurs, mais pas pour moi.

Le temps

La dyslexie est un monde à part. Je suis aussi dyslexique temporel. Je ne sais pas si c’est une différence reconnue en santé mentale, mais ça m’appartient. Je suis fait comme ça. Le lundi matin, je te donne une semaine pour remplir une mission. Je reviens en après-midi en te demandant si tu m’as oublié. Et c’est là que tu me réponds que nous sommes toujours la même journée et que la semaine prévue pour boucler le travail se termine… la semaine prochaine!

Le temps se bouscule dans ma tête. Ça ressemble à ces petites boules vitrées avec des flocons de neige dedans. On peut les brasser à l’infini et tout se mélange. Il y a des fois où j’ai l’impression que le bonhomme de neige dans le fond de sa cage, c’est moi. Un peu comme un phoque en Alaska pogné sur sa banquise. 

Je me considère du genre maniaco-dépressif. Je ne suis pas diagnostiqué, donc pas médicamenté. La médication peut être importante pour aider à stabiliser notre vie. Jusqu’à présent, j’ai eu la chance de pouvoir m’en passer. Ma vie est comme une montagne russe. Mais j’ai l’impression que je suis la plupart du temps dans une phase maniaque. J’ai aussi fait deux tentatives de suicide. Même si elle ne resurgit pas souvent, il doit y avoir une dépression latente, prête à refaire surface à tout moment.

Des drogues légales

C’est peut-être ce qui explique que je travaille 15 heures par jour, sept jours sur sept. Je ne pourrais même pas dire depuis combien d’années je n’ai pas pris de vacances. Genre sept ou huit ans. Je suis accro à l’adrénaline. Je n’ai pas le bonheur facile. Aucun photographe n’a réussi à immortaliser un de mes sourires.

C’est cette condition qui m’aura valu de compléter trois diplômes d’études collégiales dans trois écoles différentes. Ou, durant une autre période, d’être étudiant plein temps, travailleur plein temps et de m’occuper de ma mère et de ses traitements de chimiothérapie. Ou encore, pour m’acquitter de toutes mes responsabilités, de passer 148 heures sans dormir au moment de la naissance de mon garçon. Une époque où caféine et nicotine me tenaient éveillé et fonctionnel. Deux drogues légales, mais qui demeurent des drogues.

Quand tu consommes, chaque jour, une vingtaine de cafés et trois gros paquets de cigarettes, on peut dire que tu es dopé ben raide. J’étais malgré tout très vivable pour mon entourage… dans la mesure où ma drogue n’était pas loin. Quand je devais performer, ma drogue de choix était le café. Quand je devais ravaler mes émotions, je prenais une puff de cigarette. Pour demeurer viable dans ce monde, j’ai traversé 40 ans de ce régime, en ne dormant que quatre heures par jour et en passant une nuit blanche par semaine. Si vous n’avez pas encore pensé que j’ai un problème majeur entre les deux oreilles, sachez que je suis capable de me le dire tous les matins quand je me regarde dans le miroir.

Cerveau lent

Je pourrais me définir avec un peu de chaque maladie répertoriée en psychiatrie. Je dirais que, sans doute, ma principale différence réside dans la vitesse à laquelle certaines émotions ou certains échanges de communication se font dans mon cerveau. Étonnamment, en situation d’urgence, je peux réagir avec rapidité et froideur grâce aux particularités que me confère mon cerveau lent. Ne pas confondre avec un cerf-volant. Dopamine, sérotonine, adrénaline… La production de tout ce qui peut être in dans la vieet qui peut nous faire sourire ne s’effectue chez moi que lentement et difficilement.

Dans les parcs d’attractions, c’est à bord des manèges les plus intenses que je me sentais le plus vivant. Pendant que les autres criaient de peur à s’en déchirer les poumons, moi j’affichais calmement un sourire de complète béatitude. Les montagnes russes venaient de brasser mon petit bonhomme de neige intérieur et je voyais des flocons de neige partout.

Un cerveau lent peut s’avérer être une grande force. C’est dans l’aviation que je m’en suis rendu compte. Il y a près d’un demi-siècle, j’ai mené une carrière de pilote. La qualité des avions et la sécurité aérienne n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui. En vol, quand un de tes moteurs prenait feu, tu n’avais que quelques minutes pour poser ton avion. Tu te posais là où tu pouvais. Des événements beaucoup plus fréquents à l’époque qu’aujourd’hui. En cinq ans, j’ai enterré 10 de mes confrères.

Atterrissage forcé

Un jour, je me retrouve au réservoir Gouin. On y voit des lacs à perte de vue. Un endroit peu invitant pour effectuer un atterrissage d’urgence avec un avion sur roues. La seule option qui s’offre à nous est un chemin en friche dans un état lamentable. Un long moment après l’atterrissage, mes passagers sont encore en état de choc. Difficile pour moi de comprendre leur réaction. En sortant de sa torpeur, un homme du groupe m’interpelle : « Raymond, quand tu faisais atterrir l’avion, tu n’arrêtais pas de siffler… Tu arborais un large sourire d’allégresse, comme quand un homme vient de faire l’amour à une femme pour la première fois… » Je n’ai jamais su s’ils m’avaient trouvé étrange, si je leur avais fait peur ou si j’avais accompli une bonne job.

Malgré tout, j’ai un cerveau en montagnes russes. Un cerveau lent, mais qui peut aussi être hypersensible à un rien. Pas n’importe quel rien, mais certains riens. Je suis capable de m’asseoir pour regarder pousser le gazon. Je l’ai fait avec une plante que, tous les matins, je regardais quelques instants. Comme si mon cerveau prenait une photo chaque jour. Et quand une feuille avait poussé, il me renvoyait toutes ces images en même temps pour en faire un film. Ce genre d’expérience m’inquiète parfois. Parce qu’on dit qu’avant de mourir, on revoit sa vie défiler devant soi.

Ce que je suis n’est pas nécessairement reconnu en santé mentale. C’est normal. On est tous différents. À l’aide de quelques étiquettes, la science tente de nous catégoriser. Il serait illusoire de vouloir créer des noms pour toutes ces particularités qui font de nous des êtres uniques.

Je suis différent. Je suis fier de mes différences. J’ai besoin que l’on me respecte dans ce que je suis, mais, surtout, que l’on m’accepte tel que je suis.

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GUIDE D’INTERVENTION DE CRISE AUPRÈS DE PERSONNES SUICIDAIRES

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Une compétition provinciale pour Monk.e

Crédit photo : Patrick Maltais Verrette

Dossiers Culture et Cinéma et télévision

Le graffeur professionnel Monk.e figure parmi les candidats de la compétition La fin des faibles. Le concours pour dénicher le meilleur rappeur du Québec se mettra en branle le lundi 1er mars. Le volet francophone des « Olympiques du rap » End of the Weak sera diffusé sur Télé-Québec les lundis et les mercredis, du 1er au 24 mars à 20 h.

Monk.e est l’auteur du recueil de poésie pamphlétaire Couronne à double tranchant, publié aux Éditions TNT en 2018. L’artiste de 38 ans a fait le tour de la planète porté par sa musique. Il participe à La fin des faibles dans le but de reconquérir son public d’ici.

Nul n’est prophète en son pays

« Je sens que depuis plus d’une décennie je vis ce proverbe. J’accomplis des choses magiques en bondissant d’un pays à l’autre et ça, avec très peu d’ondes de choc au Québec. Mais je sais que l’onde de choc se rendra et qu’elle aura un impact unique », affirme le candidat. La fin des faibles sera peut-être un de ses éléments déclencheurs, l’avenir nous le dira !

Monk.e souhaite partager sa philosophie par la poésie à heure de grande écoute. Afin d’accroître sa popularité musicale au Québec, il mettra l’accent sur son authenticité, sa mission de vie, son intention, son intégrité et sa profondeur. « Mon don littéraire canalisé dans le rap est honoré tous les jours par la pratique assidue et par le refus de diluer mon intensité dans le but de plaire », souligne-t-il. 

« La créativité n’est pas seulement dans l’œuvre que l’artiste propose, mais bien dans l’ensemble du processus de conceptualisation, dans la réalisation et la présentation de celle-ci. Le pourquoi et le comment sont cruciaux dans l’identité même de celui ou celle qui choisit la voie des arts ». Il ouvrira la porte à cette créativité en contextualisant ses textes de manière unique.

Après avoir remporté le concours canadien End of the weak de 2012 à 2014 et avoir représenté le Canada à l’échelle planétaire à chacune de ses occasions, est-ce que Monk.e pourra séduire les juges Koriass, Sarahmée et Souldia ? Est-ce qu’il pourra ainsi décrocher le titre dans sa province natale ?  

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Tenir paroles

TENIR PAROLES présente le parcours singulier de l’auteur-compositeur-interprète Ian Fournier. Explorateur acharné, pourchasseur insatiable des mots et de leur sens, Ian Fournier a survolé les 30 dernières années armé d’un crayon et d’un bout de papier, toujours prêt à témoigner du monde en chanson.

Les 108 textes de TENIR PAROLES, regroupés en dix sections, montrent l’originalité de la démarche de l’auteur et témoignent de son enviable liberté: d’un album à l’autre, en tant qu’artiste-producteur, Ian Fournier a pu changer à sa guise de style musical, parfois même radicalement. C’est ainsi que les chansons colligées dans ce recueil, oscillant entre sonorités rock, poésie et histoire, lui confèrent un relief peu commun, miroir de la carrière de l’artiste.

Le livre est disponible au coût de 20,00$.

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