Lettre ouverte à Jean-François Lisée de L’actualité

Ré: Égalité pour les vices!, 15 novembre 2006

Raymond Viger | Dossiers Prostitution, Sexualité

M. Jean-François Lisée,

Globalement, je voudrais vous féliciter et vous remercier pour les positions que vous avez pris dans votre chronique. Majoritairement, nous soutenons et avons publié des positions similaires depuis fort longtemps. Je suis content de voir que d’autres journalistes en arrivent à soulever un débat qui doit se faire.

Légalisation de la prostitution et légalisation de la marijuana

Seule nuance que je voudrais souligner. Vous mettez sur le même pied la légalisation de la prostitution et celle de la marijuana. J’ai fait de même pendant une vingtaine d’années. En tant qu’intervenant en toxicomanie, je suis conscients des effets pervers de judiciariser le pot. Pendant longtemps, j’ai extrapolé qu’il en était de même pour la prostitution.

Avec le recul de toutes mes années d’intervention auprès de prostituées, j’en suis arrivé à nuancer ma position. En légalisant le pot, nous arrêtons de judiciariser la relation d’un consommateur avec sa drogue. Il n’y a qu’une personne d’impliquée, le consommateur de pot. Le produit que nous légalisons est un produit réel, sans âme et sans émotion.

En légalisant la prostitution, il y a une relation à plusieurs niveaux. Le produit que nous légalisons est un être humain. Cette personne qui devient un produit est en relation avec un client, mais doit aussi faire face à la pression de son entourage. Combien de fois ai-je entendu des parents, des proches et des conjoints mettre de la pression sur une fille? Se faire dire: “C’est normal pour une fille d’aller danser ou de se prostituer quand son chum est dans la merde” “T’as juste à te prostituer quelques temps pour te sortir du trou”… En légalisant la prostitution, la pression des proches sur certaines femmes va augmenter, avec l’approbation de la société qui va l’avoir légalisée.

Cette nuance dans ma réflexion m’amène aujourd’hui à être contre la légalisation de la prostitution. Je suis en faveur qu’on arrête de criminaliser la personne qui se prostitue. C’est une personne qui a besoin d’être aidé et soutenu, qui a besoin de services.

J’espère M. Lisée, que la nuance entre légaliser la prostitution et légaliser les drogue pourra susciter un débat et une réflexion pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux sociaux impliqués.

Autres textes sur la Légalisation de la prostitution

couverture.jpgVanessa, Voyage dans les Caraïbes

Un roman humoristique sur la sexualité

Un roman qui, je l’espère, pourra être lu autant par des jeunes qui s’éveillent à leur sexualité, qu’à des adultes qui veulent guérir des zones de grandes blessures.

Si vous avez peur que votre jeune ne soit pas encore assez vieux ou mature, accompagnez-le dans sa lecture. Soyez prêts à répondre à ses questions, à en discuter ouvertement avec lui.

Ce roman a été nourri par des années de travail de rue et de thérapie dans différents milieux. Des instants privilégiés qui auront permis de recevoir de grandes quantités de confidences sur un sujet, trop souvent tabou.

Bonne lecture et bon voyage dans les Caraïbes avec Vanessa.

9 Réponses

  1. Il est important dans les débats sur la légalisation de la prostitution de prendre connaissance de ce qui s’est passé dans les pays qui ont légalisés la prostitution.

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  2. une fille qui se vend . elle vend sa personne , elle vend sa jeunesse .
    légaliser la prostitution oui mais avant
    regardez se qui est d’actualité en suisse
    ( tous les macks envoi les filles se prostituer en toutes légalité en suisse vous en voulez des photos de connard qui se base aux terasse des café aux portes des salons ?? légaliser la prostitution serait synonyme légaliser le proxénetisme et la traite humaine qui va avec

    une foit j’ai fait une expérience j’ai mi des micros dans la salle de bains d’un salon oups c’est bizarre le bruit que fait une fille quand elle pleure
    et c’est légale . greeeee
    quand les hommes et femmes auront une vision juste des prostituées alors là on pourra aider et non exprimer dégout .

    j’ai une amie 20 ans il à quand meme fallut démonter la geule de son mec pour qu’ellearrete de se vendre soit elle se vend soit elle se fait battre ( vendre son cul pour que son mec jou au casino )
    ils on quoi dans la tete et les filles regardez deux foits avant de sortir avec un beaux parleur qui est pas capable de bosser . moi sa memet hors de mes gong .

    bonne soiré

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  3. Quand je vois une prostituée sur le coin de la rue qui a des problèmes psychiatriques, qui est en manque de drogues et qui n’a plus le contrôle de sa vie, est-ce que je peux appeler cela un travail comparable à un travail conventionnel?

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  4. Ce n’est pas sa personne que vend une prostituée, mais un service. Il en va de même de tous les travailleurs et de leur force de travail. L’individu devient par contre un produit ou une marchandise dans le cas de l’esclavage. Cela dit, on peut toujours distinguer la prostitution d’un autre type de travail salarié si l’on prête à la sexualité un caractère fondamentalement de toute autres pratiques humaines qui se prêtent sans trop d’état d’âme au salariat.

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  5. Mme Jollie.

    Vous avez encore beaucoup de confusion dans votre discours et c’est pour cela que j’ai beaucoup de difficultés à vous suivre.

    Vous arrivez ici en réclamant des conditions de travail, ce qui laisse supposer à tout le monde que vous vous légaliser la prostitution. Dans vos commentaires sur nos autres billets concernant la prostitution, vous ne voulez pas légaliser la prostitution, mais vous demandez une décriminalisation complète.

    Il y a dans vos demandes un problème de cohérence.

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  6. Oui on a besoin de bonne condition de travail. D’être reconnue… et non criminaliser, la police est là pour nous protéger ou pour nous incarcéré parce qu’on travail dans l’industrie du sexe?

    De toute évidence on ne vie pas dans le même monde… la prostitution est tellement mal vu… voir si on va demander à quelqu’un de faire ce métier.

    Le jour ou ça arrivera, l’opinion publique aura fait le saut dans une autre dimension… Bizarrement j’entends le discours inverse. Même des clients se questions, pourquoi une belle fille intelligente fait ce travail. Je serais bien mieux aux études et faire un autre travail.

    On est tellement conditionné, tellement convaincu que c’est terrible, qu’il faut être fou pour aimer ça.

    Et oui et je suis pas la seule folle sur la planète!

    Amélie Jolie

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  7. Il y a un dicton qui dit qu’une claque sur la gueule fait moins mal que le sarcasme et la violence des mots et du rejet. Le mal psychologique est plus discret, mais plus surnois.

    C’est la même chose qui se passe quand on compare drogue et prostitution. Vous avez parfaitement raison de dire que la drogue est un poison que l’on consomme. Mais, pour avoir rencontré dans mon travail des centaines et des centaines de prostituées à différentes périodes de leur vie, je peux vous garantir que les séquelles psychologiques sont tout aussi grave et parfois pire que la drogue.

    N’oubliez pas aussi que plusieurs prostituées vont s’adonner à la consommation pour oublier et enterrer la souffrance psychologique à travers laquelle elles sont confrontées. Deux souffrances pour le prix d’une seule!

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  8. Pas d’accord avec Jean-François Lisée de L’actualité, je pense exactement l’inverse. La drogue détruit la santé, c’est scientifique, on interdit la drogue pour les même raisons qu’on interdit l’amiante ou les produits toxiques dans l’alimentation, le produit est substantifiquement dangereux. M. Lisée, la raison est plus sanitaire que moral.

    Le fait d’avoir une relation sexuelle, tarifée ou pas, avec de multiples partenaires ou pas, etc. n’est pas considéré dangereux pour la santé physiquement parlant. L’interdiction ne peut être basée que pour un motif moral, de même que certaines sociétés interdisent l’adultère, l’homosexualité, etc. sous pretexte que c’est une forme de déchéance psychologico-morale que l’état devrait condamner.

    Ok M. Lisée, bien sûr pour aider les prostituées qui veulent changer de métier.

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