L’entrevue de Nathalie Simard devant Jean-Luc Mongrain vu par Richard Martineau

Raymond VigerDossiers Richard Martineau, Nathalie SimardJournal de Montréal

nathalie-simard-photo-photos-photographie La chronique de Richard Martineau dans le Journal de Montréal du 13 mai nous parle de l’entrevue que Nathalie Simard a accordé à Jean-Luc Mongrain à TQS. J’utilise la chronique de Richard Martineau, parce que je n’ai pas vu l’entrevue que Nathalie Simard a donné.

Même si j’en avais parlé dans un billet du 14 avril dernier intitulé Les adieux de Nathalie Simard, un extrait de Richard Martineau, provenant fort probablement de l’entrevue, m’amène à revenir sur le poids et le fardeau de soutenir une mission.

Richard Martineau mentionne: « C’est déjà assez dur de briser le silence. Vous imaginez comment ça doit être pénible de répéter son histoire jour après jour après jour, devant des classes de jeunes, des salles bondées, des organismes d’aide. Ça doit être l’enfer. »

Comme je le disais dans mon billet, même si conter son histoire est libérateur au début, j’ai vu trop de victimes vouloir sauver le monde et faire des burnout et même, se suicider, sous le fardeau et le poids des responsabilités.jean-luc-mongrain-photo-photos-photographie

Je suis moi-même une victime, un survivant. J’ai quitté l’entreprise privée pour me  consacrer au travail de rue, à l’intervention de crise auprès de personnes suicidaires, au communautaire… Jamais, au grand jamais, je me suis senti obligé de conter jour après jour mon histoire de la même façon. En 16 ans de vie communautaire, après avoir rencontré des milliers et des milliers de personnes, l’histoire de vie que je conte, que je partage s’actualise selon le cheminement que j’ai fait. J’ai vécu des événements tragiques. J’ai eu besoin d’en parler et de les conter. Mais jamais je me suis senti obligé d’arrêter d’évoluer pour me limiter à ne parler que d’un événement à une période précise de ma vie.

Pour moi, partager son vécu, si je veux le faire avec ce que je vis et ressent aujourd’hui doit s’actualiser. Je ne peux en faire un discours que je présenterai toujours de la même façon. Parce que si je veux continuer à être pertinent pour les gens que je rencontre, je ne peux pas être une cassette qui joue toujours la même rengaine.

C’est pour cela qu’après 16 ans, je me sens encore heureux et reconnaissant de pouvoir faire ce que je fais. C’est pour cela aussi qu’après 16 ans, je peux encore écrire sur des thèmes sociaux sans avoir l’impression de me répéter et que cela m’énergise encore et encore. Quand je partage mon vécu, ce n’est pas pour livrer aux gens ce qu’ils s’attendent de recevoir. Je leur livre ce que j’ai besoin de partager. Et c’est ce qui me permet de me connaître toujours un peu plus à chaque jour. Et plus je le fais pour m’aider, et plus cela en rejoint d’autres.

Je me souviens d’un enseignant qui me demandait de rencontrer ses classes d’étudiants en début d’année. Il me disait que cela stimulait ces étudiants pour la balance de l’année. Je l’ai fait jusqu’à sa retraite. Il assistait à chaque fois à ma présentation. Je lui ai demandé s’il n’était pas tanné de toujours m’entendre. Il m’avais répondu que non. Parce que mes présentations étaient différentes d’une fois à l’autre, il en profitait pour mieux me connaître et d’en apprendre un peu plus.

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9 Réponses

  1. Bonjour Marielle Arsenault.

    Nous sentons tout le sarcasme de votre commentaire.

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  2. Pauvre Nathalie, maintenant pour elle il faut gagner sa vie. Elle ne peux plus s »attendre qu’en claquant des doitgs elle doit avoir le 100,000 et 200,000$ gratuitement – Elle devra faire comme tout le monde se lever tôt et aller travailler

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  3. Savoir apprécier le silence démontre que vous avez fait un bon bout de chemin par rapport à votre histoire de vie. Je vous en félicite.

    En ce qui concerne les questions que l’on se fait poser, il faut en arriver à trouver les mots qui nous respectent et qui respectent la curiosité de l’auditoire. Exemple je me suis souvent fait poser la question par quel moyen j’ai tenté de me suicider. Je n’ai jamais publiquement répondu à la question. Je mentionnais que le moyen utilisé pour vouloir mourrir n’était pas important. Les émotions qui m’ont amener à souffrir pour vouloir mourrir le sont et c’est cela que j’acceptais de partager.

    Les gens sont parfois insistant. Il m’est arrivé en direct à la télévision de me faire poser 3 fois la même question par le journaliste. Il avait de la difficulté à respecter les limites que je mettais.

    L’équilibre entre le partage et le silence n’est pas facile. Je me souviens de Jocelyne Cazan qui avait passé une entrevue avec Julie Snyder suite au suicide de son collègue Gaétan Girouard. L’expérience de Mme Cazan avait permis de mettre ses limites et de les faire respecter vis-à-vis les questions de Julie Snyder.

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  4. Je suis absolument d’accord avec votre point de vue: partager son vécu ad nauseam n’est peut-être pas l’outil parfait de sensibilisation. Et en effet, se sentir devenir une cassette peut être assez déplaisant. Le problème, c’est que parfois l’autre veut savoir pourquoi ci, pourquoi ça, pourquoi on en est rendu là… Comme toute vie est un tissu de moment complexes et interreliés, il faut raconter des trucs qu’on a marre d’aborder… ou bien alors on garde le silence. Je commence à aimer ça, dans mon histoire, le silence… 🙂

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  5. Donné pour l’usage peut-être mais de reconnaître son créateur est acceptable.

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  6. 🙂
    Ce qui est écrit est donné!

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  7. Merci pour le titre, je retiens et je t’en laisse les droits d’auteur.

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  8. Pour moi, partager son vécu, si je veux le faire avec ce que je vis et ressents aujourd’hui doit s’actualiser. Je ne peux en faire un discours que je présenterai toujours de la même façon. Parce que si je veux continuer à être pertinent pour les gens que je rencontre, je ne peux pas être une cassette qui joue toujours la même rangaine.

    Mon bout préféré, j’en prends note pour moi. Le titre de ce texte devrait être : Comment actualiser son témoignage tout en étant pro-actif. Voilà ce que je retiens de ton texte! Merci!

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