La prison n’est pas un camp de vacances

François Richard | Dossier Journal de Montréal

Une lettre signée par un détenu anonyme a été publié dans Le Journal de Montréal le 6 mars dernier. Dans cette  «confession», l’auteur affirme avoir accès en prison à des services de santé et des installations de loisir d’une qualité qu’une grande partie de la population n’est pas en mesure de se permettre. Il compare même son incarcération à un camp de vacances et affirme que, dans ces circonstances, la peine infligée n’a aucun effet dissuasif sur lui.

La lettre a fait réagir plusieurs lecteurs du Journal de Montréal, indignés des propos de l’auteur ou en désaccord avec lui. Jean-Pierre Bellemare, détenu de la prison de Cowansville qui signe la Chronique du prisonnier dans le magazine Reflet de Société, a souhaité lui aussi répondre à l’auteur de ce texte.

Un prisonnier répond

Je m’appelle Jean-Pierre Bellemare. Je suis prisonnier depuis plus de 22 ans et chroniqueur au magazine Reflet de Société depuis deux ans. Des codétenus, surpris par la confession d’un prisonnier anonyme publiée dans Le Journal de Montréal, m’ont demandé mon opinion.

J’apporte d’abord une correction à ce qui a été décrit dans la «confession». Effectivement, les détenus ont accès aux services décrits. Ce qui n’est pas dit, c’est que tous ceux travaillant en milieu carcéral aussi, qu’il s’agisse de l’équipement sportif, du terrain de tennis, de l’hôpital, etc. Et vous pouvez me croire, lorsqu’un achat d’équipement est fait, ce n’est pas pour satisfaire les caprices des détenus. Notre pouvoir décisionnel est nul.

Pauvreté et mort en prison

De plus, le salaire des détenus est le même depuis plus de 20 ans et cela malgré la fait que les prix aient augmenté et qu’une bonne partie de la population carcérale paie des frais d’hébergement à même son salaire. Si les détenus ont accès à certaines commodités, elles doivent toujours être approuvées par un comité de gestionnaires et de citoyens.

En dernier lieu, plusieurs détenus passeront leur vie entière en prison et y mourront. La comparaison avec les camps de vacances est donc faible puisque l’on paie pour y aller, alors que la prison, on paierait cher pour ne pas y aller.

Regrets pour les victimes de crime

Je veux profiter de la publication de ce texte pour présenter mes regrets, ainsi que ceux de plusieurs de mes codétenus, aux victimes de nos actes. C’est le maximum que nous puissions faire pour l’instant. En terminant, je souhaite rappeler qu’il n’y a pas plus de prisons sur terre que nous pouvons en trouver en nous et que la liberté reste le pouvoir de choisir ses barreaux.

couverture  livre jean-simon copiePoésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois.

Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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