Les junkys face au média

Les junkys face au média

Dossier Toxicomanie        Par Alain Martel

toxicomanie-drogue-1 Voici une histoire qui me fait dresser les poils sur les bras. Par souci de sécurité pour mes collègues travailleurs de rue, je tairai les noms des personnes impliquées et celui de la ville.

Je dois d’abord dire qu’à peu près partout au Québec les travailleurs de rue font partie d’un programme d’échange de seringues. Ils rencontrent des consommateurs, récupèrent leurs seringues usagées, en donnent des propres. Ils s’intéressent également à leur santé et à des aspects plus personnels de leur vie. Ils les côtoient de façon régulière pour leur permettre de s’exprimer sur leur vie. Si les UDI (usagers de drogues injectables) le veulent bien, ce lien leur permet d’améliorer leur qualité de vie. Un pas à la fois.

Donc, mon histoire se déroule dans une ville en région. Une personne est évincée de son appartement. Les propriétaires le vident et mettent les effets sur le trottoir. Des passants regardent dans les tiroirs. SCANDALE! Des seringues. Un paquet de seringues. Des tonnes de seringues dans le tiroir de la commode. Jusqu’à ce moment, rien de surprenant: la drogue existe aussi en région. Mais, ça finit par se compliquer rapidement… On alerte les médias.

Voyeurisme médiatique

Des journalistes veulent aussitôt en savoir plus. Quoi de plus? Je ne le sais pas. Ils poursuivent les travailleurs de rue dans l’exercice de leur fonction pour avoir des informations. Des photographes dans les buissons sont là pour saisir des photos sensationnelles et choquantes de jeunes consommateurs. Des épisodes dignes des meilleurs James Bond.

Les travailleurs de rue sont obligés de cacher ceux qu’ils accompagnent, les dissimulent sur la banquette arrière de leur voiture, font plusieurs détours pour s’assurer que personne ne les suit. Des journalistes essaient de les piéger afin de prendre de meilleures photos, d’avoir le scoop. Comment ces actions servent-elles la santé publique? En quoi ces photos sont-elles d’intérêt public?

Ces photos et ces reportages sont très dangereux pour le travailleur de rue, puisque la confidentialité et l’anonymat sont des éléments essentiels pour sa survie dans le milieu. Ils mettent ainsi en péril la santé de dizaines de consommateurs de drogues injectables qui pourraient ne plus vouloir être en contact avec les travailleurs de rue. Les journalistes révèlent des infor-mations si banales pour la seule petite gloire de se faire remarquer dans leur communauté! Ils mettent ainsi la vie de plusieurs personnes en danger.

Fausse nouvelle

 Apprendre l’existence de la drogue en région n’est pourtant pas une grosse nouvelle! Eh oui, des gens s’injectent ailleurs qu’à Montréal! Oui, les problèmes sont les mêmes dans les régions que dans les gros centres urbains. La seule différence est le nombre de consommateurs, qui est moins grand. Ils nécessitent donc la même attention et la même compassion. La sauvegarde de la dignité humaine est une valeur importante pour les travailleurs de rue. Quand des journalistes agissent ainsi, j’ai peine à croire que leur considération est humaine.

Une fois la crédibilité du travailleur de rue entachée, c’est très difficile pour lui de se relever. C’est un dur combat, parce que sa réputation est à refaire. Le milieu de la drogue est dangereux. La relation du travailleur de rue avec celui-ci repose sur un respect et une confiance réciproques. Les UDI qui utilisent ces services sont aussi en danger. S’ils n’ont plus confiance, ils n’utiliseront plus les services d’échange de seringues.

Savez-vous combien coûte au système de santé une personne atteinte du VIH? Une fortune! Combien de personnes n’auront pas le VIH grâce aux travailleurs de rue?  Alors, au lieu d’encourager des journalistes et des photographes qui ne cherchent qu’à impressionner le public et à le choquer, il faut se réjouir que des travailleurs de rue continuent d’œuvrer auprès des plus démunis et des exclus de la société. Il faut arrêter le jeu de fous auquel se livrent certains journalistes. Il n’y aura jamais de gagnant.

Merci de me lire. Merci de me publier.

autres textes sur alcool  et drogue.

Autres textes sur Toxicomanie

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent « Le Choc des Cultures ». 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Publicités

Une Réponse

  1. Pourquoi les médias devraient se nourrir sur les junkys pour faire un scoupe quand qu’ils peuvent avoir un meilleur scoupe en suivant le gouvernement qui nourrisse les exploiteurs comme la DPJ et de les suivres et voir comment il travaille en kidnappant des enfants de leur famille et faire des recherches sur leur criminalité qui est cammouflé sous silence depuis très longtemps et que les Junkys sont des cibles plus faciles pour eux à la place du gouvernement, car ils ont peur d’avoir des représailles et de voir la vraie réalité des choses et une bonne partie de ses Junkys sont des orphelins qui viennent des centres de la DPJ et qui sont devenus des itinérants grâce à leur lois de compromission d’exploitation d’injustice de cette état sur eux. Au moins il y aura de quoi à enquêter pour une bonne cause et de dénoncer la corruption d’exploitation qui existe et de remettre les pendules à l’heure pour le bien de la vie familiale et de nos enfants qui sont prisent dans la drogue.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :