Journée internationale de la femme

Entretien avec Vivian Barbot: «Ta vie t’appartient»

Dans le cadre du 8 mars, Journée internationale de la femme, Reflet de Société vous présente le texte d’une membre de La Marie Debout, un organisme communautaire dédié à la condition féminine. Sylvie Daneau a rencontré la politicienne Vivian Barbot, une femme pour laquelle elle voue un grand respect.

Sylvie Daneau | Dossier Famille

J’ai connu Vivian Barbot il y a 18 ans. Elle a été ma «prof» au cégep de Victoriaville. En 2002, je l’ai retrouvée à Montréal, alors qu’elle était la présidente de la Fédération des femmes du Québec. Depuis, nous avons gardé le contact. J’ai réalisé cette entrevue pour mieux vous faire connaître la femme profondément humaine derrière la politicienne.

La politique a toujours été présente dans tous les engagements sociaux de madame Barbot et ce, bien qu’elle soit entrée en politique active depuis 2006 seulement. Sa fonction de députée lui permet de se retrouver avec des personnes qui –comme elle– ont à cœur les éléments de changement et d’amélioration de la société. Pour la députée de Papineau, c’est extrêmement important.

«Quand on arrive au Parlement, confie-t-elle, on ne peut pas s’empêcher de penser aux générations de gens qui sont passés avant nous.» D’être l’une des trois cents et quelques personnes qui s’y réunissent, pour une population énorme et diversifiée est, pour Vivian Barbot un privilège. «Cela ne donne pas seulement un sens de l’importance de ce que l’on fait mais aussi du sérieux qu’on doit y mettre. De représenter des gens qui ont mis une petite croix à côté de notre nom, ce n’est pas rien!», s’exclame Vivian, qui trouve cet aspect gratifiant en soi.

Parcours intéressant

Depuis 1967, Vivian Barbot a fait beaucoup de chemin et elle en est très fière. Son parcours de vie, elle le trouve important et significatif  pour la société. «En particulier, précise-t-elle, pour les gens de la communauté haïtienne et les immigrants qui me disent souvent que je leur sers de modèle.» Elle croit qu’il est nécessaire pour les nouveaux venus d’avoir des modèles diversifiés dans le paysage politique québécois.

«Je n’aurais pas pensé, enfant, que je deviendrais députée au Canada.» N’ayant jamais fait de plan de carrière, Vivian Barbot trouve que la vie lui a fait un beau cadeau. «Je dis souvent que l’avantage que j’ai, c’est d’avoir eu une mère qui nous disait : ‘‘La vie, c’est chaque jour. Tu te lèves, tu fais ce qu’il y a à faire et tu le fais de ton mieux.’’ C’est là où cela m’a menée.»

Un boulot exigeant

Dans ce métier où elle travaille tous les jours avec des gens, elle admet, paradoxalement, n’avoir jamais été questionnée sur la solitude qu’elle pouvait parfois ressentir : «On est seul à prendre la décision pour soi, même si on est en groupe. Seul aussi dans les temps où on se déplace d’un lieu à l’autre, pour rencontrer des gens. Cette solitude-là est très présente, parce qu’on n’a ni conjoint, ni enfants, ni famille avec nous. Mais parce qu’on est toujours en action, on n’a pas trop le temps d’y penser.»

La famille passe-t-elle au second plan ? «C’est inévitable», répond la députée, qui apprécie exercer cette fonction maintenant que ses enfants sont grands. C’est un travail sept jours par semaine. Il n’y a pas d’heure. Il faut vraiment y aller selon les priorités politiques», précise-t-elle.

L’exigence du métier laisse peu de place au repos, à la famille et aux amis, du moins pendant la période électorale. Aussi, pour se retrouver parmi les siens, lors d’une semaine plus calme, madame Barbot n’hésite pas à avertir son équipe qu’elle n’est pas disponible cette fin de semaine.

Amour maternel

Fière de sa mère, comme celle-ci l’est de sa fille, madame Barbot se considère chanceuse d’habiter avec elle. Avec admiration, elle raconte : «C’est une femme forte, qui malgré ce que l’on appelle les vicissitudes de la vie, n’a jamais baissé les bras. Elle est toujours restée intègre et nous a légué cela. C’est ce qui nous a permis –à nous ses enfants– de nous accomplir. Et puis, on a eu la chance d’arriver dans un lieu propice, le Québec, qui permet aux gens qui viennent d’arriver de prendre leur place, de se développer. Cela n’arrive pas pour tout le monde, mais moi, j’ai eu cette chance-là. Et j’en suis très reconnaissante.»

Vivian n’a jamais oublié que ses parents l’ont toujours encouragée à se réaliser pleinement dans la vie. Elle cite une phrase que leur père leur disait souvent: «C’est toi qui décides de ce que tu veux faire. Il y a des conséquences si tu choisis une voie plutôt qu’une autre. Mais ta vie t’appartient! En vieillissant, explique Vivian, on apprend à faire la part des choses, mais sans jamais aller à l’encontre de nos principes et de ce que l’on estime être juste et équitable.»

A-t-elle, à son tour, dit à ses enfants «ta vie t’appartient»? «Absolument. Les parents sont là pour guider. Tu ne peux pas savoir où tes enfants vont vivre. Tu ne peux pas savoir quel est leur destin. Ce sont eux qui sont porteurs de ça. On peut guider, mais la décision leur revient.»

«Nous voulons tous que nos enfants se réalisent dans ce qui les intéressent. Qu’ils soient des citoyens honnêtes, par exemple. C’est les principes qu’on leur donne. Puis, avec cela, il faut leur faire confiance. Leur vie ne sera pas la nôtre. Alors, il faut les laisser aller et les laisser découvrir ce qu’il y a autour d’eux. Et qu’ils fassent des choix. Je suis très fière de mes enfants.»

Merci Vivian Barbot.

Autres textes sur Famille 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3D.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009

Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

L’anorexie et Léa Clermont-Dion

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

La question de l’extrême maigreur et de l’image corporelle des femmes dans la publicité, la mode et les médias a non seulement fait couler beaucoup d’encre, mais a aussi amené plusieurs entreprises, organismes et gouvernements à passer à l’action, tant en Europe qu’en Amérique.

Raymond Viger | Dossiers Anorexie et trouble de l’alimentation, Léa Clermont-Dion

Au Québec, Léa Clermont-Dion âgée de 17 ans, s’est rendue à l’Assemblée nationale pour présenter une pétition demandant au gouvernement d’agir sur les causes sociales de l’anorexie et d’intervenir auprès de l’industrie.

En mars 2009, madame Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, confie à un comité de travail le mandat de rédiger une charte d’engagement volontaire et d’en assurer son application.

Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée

L’image corporelle véhiculée dans l’espace public et médiatique a une influence sur l’image personnelle, sur l’estime de soi et, indirectement, sur la santé de la population.

Nous reconnaissons que les idéaux de beauté basés sur la minceur extrême peuvent nuire à l’estime personnelle, particulièrement chez les filles et les femmes.

Nous croyons que les comportements alimentaires et les pratiques de contrôle du poids sont influencés par des facteurs tant biologiques que psychologiques, familiaux et socioculturels.

Nous préconisons l’engagement des partenaires de tous les milieux, gouvernementaux, associatifs et corporatifs pour, ensemble, contribuer à faire diminuer les pressions socioculturelles au bénéfice d’une société saine et égalitaire.

Nous avons la conviction que les secteurs de la mode, de la publicité et des médias peuvent assumer un véritable leadership par leur vitalité et leur créativité afin d’exercer une influence positive sur le public. Nous désirons suivre le courant international du milieu de la mode dans ses initiatives de conscientisation sur les problèmes liés à la préoccupation excessive à l’égard du poids, à l’anorexie nerveuse et à la boulimie.

Nous avons résolu, à l’instigation de la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, de participer collectivement à la rédaction de cette charte et de lancer un appel à l’action pour transmettre, dans notre collectivité, une image corporelle saine et diversifiée.

En conséquence, nous souscrivons à la vision d’une société au sein de laquelle la diversité des corps est valorisée et c’est pourquoi nous, personnes soussignées, dans le cadre de nos missions respectives, nous engageons à :

  1. Promouvoir une diversité d’images corporelles comprenant des tailles, des proportions et des âges variés.
  2. Encourager de saines habitudes autour de l’alimentation et de la régulation du poids corporel.
  3. Dissuader les comportements excessifs de contrôle du poids ou de modification exagérée de l’apparence.
  4. Refuser de souscrire à des idéaux esthétiques basés sur la minceur extrême.
  5. Garder une attitude vigilante et diligente afin de minimiser les risques d’anorexie nerveuse, de boulimie et de préoccupation malsaine à l’égard du poids.
  6. Agir à titre d’agents et d’agentes de changement afin de mettre de l’avant des pratiques et des images saines et réalistes du corps.
  7. Faire connaître la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée auprès de nos partenaires, de nos clientèles et de nos relations professionnelles tout en participant activement à l’adhésion à ses principes et à leur respect.

Le magazine Reflet de Société est fier d’adhérer à la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée et espère que tous ses lecteurs et partenaires feront de même. La Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée fait maintenant partie intégrante de notre politique en matière d’achat publicitaire dans le magazine Reflet de Société. Une entreprise qui ne voudrait pas y adhérer, ne  pourrait pas avoir l’avantage d’obtenir une publicité dans notre magazine.

Politique publicitaire de Reflet de Société

Reflet de Société favorise et encourage la publicité responsable. C’est pourquoi toute publicité faisant la promotion du jeu, de l’alcool ou du  tabac, sous quelque forme que ce soit, est refusée. De plus, une publicité venant d’un annonceur qui aurait une conduite reprochable notoire dans les domaines de l’environnement, de la famille et de la société ne serait pas publiée.

La Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée fait partie intégrante de notre politique en matière d’achat publicitaire dans le magazine.

Pour plus de transparence, Reflet de Société refuse, en outre, de publier une publicité lorsque l’annonceur fait l’objet d’un article dans le même numéro.

Le contenu publicitaire ne doit en aucun temps excéder 25% du magazine.

Autres textes sur Anorexie

Autres textes sur Santé

Autres livres pouvant vous intéresser

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle. Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel   

Rap chrétien et spiritualité Hip hop

Le rap religieux, nouvelle vision du Hip hop

Louanger Dieu avec des termes comme « C’est messed u p» ou « J’m’en fous », est-ce possible? Il semble bien que oui! Bienvenue dans l’univers du hip-hop chrétien. Entrevue avec le rapper Minister G.

Murielle Chatelier | Dossiers RapReligion et spiritualité et Hip-hop

hip-hop-chretien-spiritualite-spirituel-rap-music «En tant que personnalité publique, je suis conscient de représenter un modèle pour les jeunes. J’ai donc une responsabilité envers eux quand je chante et c’est ce qui me distingue des rappeurs plus mainstream», dit le chanteur Minister G., anciennement connu sous le nom de Gundei.

En avril 2007, lors du Gala de la musique urbaine, il a reçu le prix du Meilleur album anglophone pour son œuvre Ghetto Gospel, aux côtés d’artistes comme Manu Militari, Accrophone et le groupe CEA. Figure connue dans le milieu du hip-hop québécois, il ne chante pourtant que des morceaux évangéliques. Pour Minister G, il est clair que le populaire gangsta rap, qui vante les «bienfaits» de la drogue, du sexe, de l’alcool et du banditisme, véhicule des messages plus destructeurs qu’autre chose. L’artiste croit tout de même que cette forme d’art a sa place dans la société, à l’instar du sien.

«Chaque artiste provient d’un milieu différent et ce qu’il véhicule dans ses messages, c’est ce qu’il vit au quotidien. On peut difficilement empêcher qui que ce soit de parler de son vécu. C’est d’ailleurs ce que je fais moi-même : témoigner de ma réalité.», raconte le jeune homme.

Élevé par des parents chrétiens, Minister G. n’a pas toujours respecté les principes qui guident aujourd’hui ses pas. À l’adolescence, il évoluait dans un environnement criminalisé où les vols et les invasions de domiciles étaient monnaie courante. Mais à 33 ans, ce passé est loin derrière lui. Il se consacre maintenant à promouvoir un rap positif, où la parole de Dieu prend toute la place.

Vrai ou faux rap hip-hop?

religion église spiritualité spirituel croyances valeurs foi religieux Loin de se définir comme une chrétienne, Marième Ndiaye, membre du groupe hip-hop québécois CEA et animatrice de l’émission Les Arshitechs du son à Canal Vox, une revue hebdomadaire couvrant l’actualité de la culture hip-hop québécoise et internationale, est catégorique: il n’existe pas de vrai ou de faux hip-hop. «Je trouve que c’est une drôle de formulation que les gens, et même les artistes, aiment utiliser. Pour moi, dans la mesure où tu rappes, que tu as un background hip-hop et que tu respectes les sonorités et le rythme qu’il faut, tu fais du hip-hop. Par contre, ce qui existe, c’est le bon ou le mauvais hip-hop.»

Le rap provient d’un contexte de dénonciation d’inégalités sociales et de rébellion. Cette musique, aux propos incendiaires, représente le moyen d’expression des jeunes des ghettos. Marième Ndiaye est d’avis que plusieurs artistes composaient déjà, à l’époque, des morceaux d’un autre acabit, plus festifs. «Il faut être capable de voir qu’il y a d’autres types de rap que le seul traditionnel. Il y a encore des artistes qui militent, comme Imposs, mais le hip-hop s’est beaucoup diversifié depuis ses débuts.»

Le hip-hop et l’Évangile: deux révolutions

D’après le responsable spirituel de l’église Nouvelle Espérance de Rivière-des-Prairies, le révérend Jean Lépine, le hip-hop «va très bien» avec l’Évangile, et c’est sans hésiter qu’il aide les jeunes de son assemblée à promouvoir cette culture urbaine. «Le rap est une musique révolutionnaire qui s’apparente parfaitement à l’Évangile, qui, lui aussi est complètement révolutionnaire. Rappelez-vous, Jésus a bouleversé les pratiques sociales de son époque, notamment en faisant une place aux enfants et aux femmes, alors considérés comme des «choses» négligeables.»

Le cheval de bataille de ce pasteur coloré et mélomane – impossible de ne pas remarquer sa guitare qui trône sur un trépied dans son bureau – est justement de donner une place aux jeunes dans son église. Mais plus que ça, il souhaite les voir mettre en valeur leurs talents naturels.

«Dans notre assemblée, on s’engage à entendre les jeunes, à les aider et à les accompagner. On évite donc d’être des sermonneurs, préférant jouer le rôle d’accompagnateurs ou de grands frères. Et ici, on ne donne pas préséance à un style musical sur un autre.»

Régulièrement, des artistes chrétiens du monde entier se produisent sur la scène de son église, comme le missionnaire Patrice Derrouche, un reggae man de nationalité française vivant en Haïti. Cet ancien toxicomane, dont la vie a radicalement changé «d’une minute à l’autre» lorsqu’il a rencontré Dieu en 1985, était en tournée au Québec au mois d’août dernier.

Ramener les jeunes à Dieu

Pour le révérend Lépine, cette musique originale est un excellent moyen d’attirer les jeunes. Non pas vers lui ou son église, précise-t-il toutefois, mais vers une relation avec Dieu: «S’il y a une société qui a besoin de la présence de Dieu, c’est bien la nôtre. Et les jeunes ont des antennes pour capter si ce qu’on leur dit est véritable ou pas. Si on leur joue la comédie, ils vont s’en rendre compte assez rapidement», croit-il.

«Contrairement aux idées reçues, les jeunes sont formidablement intéressés par la religion», ajoute Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire religion, culture et société, de l’Université de Montréal, et auteure du livre Cultures et spiritualités des jeunes. Et selon la spécialiste, l’Église a été une des premières institutions à encadrer les jeunes.

«Aujourd’hui, les jeunes ont des pratiques religieuses à leur image. La musique est omniprésente dans leur monde et il existe toutes sortes de productions musicales chrétiennes, même du rock!». Elle ne s’étonne donc pas de la naissance du mouvement hip-hop chrétien, affirmant énergiquement que la culture populaire a toujours fait partie de l’Église.

«Les jeunes, c’est un monde en soi, et leurs spécificités appellent à la création de ministères adaptés à leur réalité. C’est vrai que les jeunes ne fréquentent plus vraiment les églises traditionnelles; ils se tiennent plutôt dans des lieux qui leur ressemblent.»

Selon des études récentes, des centaines de groupes de jeunes québécois se réunissent ainsi, dans des cafés par exemple, pour des célébrations religieuses. De plus, Solange  Lefebvre souligne que l’un des événements les plus courus par les jeunes sont les Journées mondiales de la Jeunesse, organisées par l’Église catholique. En 2002, le rassemblement international s’était tenu à Toronto et avait attiré plus de 800 000 jeunes.

Fait intéressant à noter dans cet univers en pleine effervescence: le premier rappeur millionnaire de l’histoire du hip-hop, l’américain Kurtis Blow, s’est lui-même tourné vers la spiritualité et a fondé la Hip-Hop Church, à Harlem. En 2007, il a lancé une compilation de rap chrétien, Kurtis Blow Presents: Hip Hop Ministry. D’autre part, selon le portail Top Chrétien, spécialisé dans la vente de musique évangélique, il y aurait actuellement plus de 40 groupes de rap chrétien en France.

Autres textes sur Religion et spiritualité

livre croissance personnelle bouquin cheminement personnel recueilL’amour en 3 dimensions

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre, au coût de 19,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleAprès la pluie… Le beau temps

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme. Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009

Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Prévisions d’une fin de récession

Et si le prix des maisons ne remontait pas!

La récession est terminée depuis quelques mois, nous dit-on. Ainsi, le prix des maisons va se remettre à augmenter. C’est peut-être même l’occasion de spéculer et d’acheter quelques propriétés que l’on pourra revendre avec un gros bénéfice dans quelques années, pensez-vous?

Jean Gagnon   Dossier Économie

Attention! Ce scénario n’est pas du tout certain. D’ailleurs l’achat d’une maison est même actuellement un placement plutôt risqué.

Depuis plusieurs années, la hausse du prix des maisons a été un moteur important de la croissance économique et de l’augmentation de la richesse des particuliers. Lorsque le prix d’une maison augmente, son propriétaire peut la vendre et en acheter une plus dispendieuse sans  avoir à ajouter d’argent, le gain réalisé sur la première propriété servant de mise de fonds sur la deuxième. Cet effet de levier a permis aux propriétaires de voir la valeur nette augmenter de leurs biens continuellement au cours des dernières années.

L’augmentation de la valeur d’une maison permettait aussi de financer d’autres dépenses de consommation comme l’achat d’une deuxième voiture, un téléviseur HD, etc. Pour certains consommateurs, la valeur de leur maison était devenue une sorte «guichet automatique» d’où l’on retirait l’argent nécessaire au financement d’autres dépenses.

Mais avec la crise économique, le moteur s’est arrêté. Presque partout en Amérique du Nord, les prix des maisons ont baissé, de façon modeste à certains endroits, mais jusqu’à 50 % là où le développement domiciliaire a été réalisé de façon chaotique.

Maintenant que l’on claironne la fin de la récession, peut-on espérer que les prix des maisons remontent? Que la valeur nette de certaines propriétés continue à augmenter au fil des ans? Que le «guichet automatique» se remplisse de nouveau? Ce n’est pas du tout certain.

Des banquiers frileux

Si les prix des maisons ont tant grimpé, c’est qu’au cours des dernières années le secteur était en proie à une intense spéculation. Les taux d’intérêt étaient si bas que l’obtention du crédit nécessaire à l’achat d’une propriété était devenu facile et bon marché. C’est cette ferveur spéculative qui pourrait ne pas reprendre de sitôt.

Actuellement, les banques sont beaucoup moins intéressées à consentir des prêts hypothécaires. Elles ont été forcées de reprendre plusieurs maisons dont les propriétaires n’étaient plus capables de payer les traites hypothécaires et elles ont perdu confiance en la capacité des emprunteurs à rembourser. En fait, elles pensent probablement, elles aussi, que les prix des maisons auront de la difficulté à remonter.

Les taux d’intérêt de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale américaine, sont plus bas que jamais. Ils sont même près de zéro. Mais ne vous y trompez pas: les taux hypothécaires, eux, ont déjà commencé à augmenter. Et cela pourrait continuer.

Si vous songez à investir dans le secteur immobilier, rappelez-vous que le passé n’est pas toujours garant de l’avenir.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ.

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Aide sociale: vivre ou survivre

Ségrégation à l’assistance sociale

Témoignage d’un assisté social sur les perceptions et la ségrégation envers les assistés sociaux

Raymond Viger | Dossier Société

Parce que tu vis de l’aide sociale, on t’abaisse au rang des moins que rien: on te traite de lâche ou de paresseux, tu es méprisé par tout le monde, y compris par ta propre famille.

Parce que c’est déshonorant de fréquenter un BS, tu n’as presque plus d’amis et ceux qu’il te reste, s’ils sont un peu nantis, ont honte de se montrer en public avec toi. C’est vrai que certains assistés sociaux ne veulent pas travailler et que certains fraudent. Devrait-on pour autant tous les mettre au même niveau?

L’Église catholique et l’aide sociale

Même l’Église catholique s’en mêle. Dans un feuillet paroissial paru dernièrement, une courte prière disait ceci: «Nous avons récompensé la paresse et nous avons appelé cela ‘‘l’aide sociale’’». Cette dernière phrase m’a frappé droit au cœur! Où est donc passée la charité chrétienne? Si certains prêtres sont des pédophiles, faudrait-il tous les mettre au même rang? Chère Église, vous venez de perdre un BS à la messe.

Un BS qui a des contraintes sévères à l’emploi, qui ne peut plus travailler pour gagner sa vie et qui reçoit de l’aide sociale n’a que le strict nécessaire pour vivre ou plutôt survivre! Se faire rabaisser, ridiculiser et même bafouer, être considéré comme un criminel: c’est ça, purger une sentence dans la collectivité.

Ces BS-là voudraient volontiers échanger leur santé fragile contre celle des bien-portants et des nantis qui chialent tout le temps.

Pensez aux prestataires du chômage, aux prestataires de la CSST qui ne travaillent pas et vous réaliserez qu’ils ont cotisé! L’employé, qui a travaillé à 110 % en y laissant sa santé et qui est obligé de vivre de l’aide sociale et de devenir un BS, n’a-t-il pas assez cotisé? Les bénéficiaires de la Pension du Canada, et même ceux qui n’ont jamais travaillé de leur vie, ne reçoivent-ils pas de l’aide également? À bien y penser, le supplément du revenu garanti, est une aide de dernier recours, non? Et d’où viennent tous ces revenus? De l’État… tout comme l’aide sociale.

Autres textes sur Société

Autres articles sur la Politique

L’amour en 3 Dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Décrochage scolaire: Entre la rue et l’école

Jeunes et décrocheurs

Marie, 15 ans, a lâché l’école il y a un mois. Ses piètres résultats scolaires, les professeurs qu’elle juge incompétents et le stress l’ont épuisée. «J’avais besoin d’un break», affirme-t-elle. Pour se garder motivée et en attendant d’aller à l’école pour adultes, elle fréquente Entre la rue et l’école, un organisme qui vient en aide aux décrocheurs de 12 à 17 ans.

Annie Mathieu | Dossiers Famille , Éducation

Au premier coup d’œil, il est difficile de s’imaginer que cette adolescente timide peut avoir des troubles de comportement et qu’elle était, jusqu’à tout récemment, la bête noire de ses professeurs.

Au moment de la rencontre, Marie fait des exercices dans son cahier d’anglais secondaire 4. Fort probablement, personne ne les corrigera mais au moins, pendant la période d’aide aux devoirs de l’organisme, elle est occupée. Elle prend volontiers une pause pour discuter de son cheminement.

«J’ai le goût d’être enquêtrice, d’être dans l’action», affirme d’entrée de jeu l’adolescente soigneusement maquillée. Ambitieuse, Marie déclare qu’elle ira faire une technique policière au cégep. «Ça ne me tente pas d’avoir une petite job toute ma vie, renchérit-elle. Retourner aux adultes à 25 ans, ça ne va pas me tenter non plus.»

Pour Marie, l’école est synonyme de stress. «Les profs se concentrent juste sur ceux qui sont motivés. Ils voient bien qu’on a besoin d’aide», reproche-t-elle. «Je dirais que j’avais un prof sur six qui était bon. Le prof que j’aimais, c’était un professeur de français et il préparait bien son cours. Les autres, ils font juste dire «ouvrez vos cahiers» et nous font faire des exercices sans expliquer la matière.»

Responsabilité partagée

Les professeurs sont-ils les seuls responsables du décrochage de Marie? Jointe par téléphone, Chantale Payette, la maman de l’adolescente, met de l’eau dans son vin: «Je veux faire attention à mon jugement. Il y a les deux côtés qui peuvent être coupables, les élèves et les professeurs. Elle admet tout de même avoir été déçue de l’attitude de ces derniers: «Je suis allée à toutes les rencontres de profs. J’ai vu des professeurs blasés qui se foutaient s’ils donnaient ou pas leurs cours», explique-t-elle.

Résultat: les notes de Marie ont chuté de manière catastrophique. Dans les dernières semaines où elle fréquentait les salles de classes, elle obtenait en moyenne 10% dans ses évaluations. «Je n’étais plus capable de me lever à 7 heures le matin pour rien. Je perdais mon temps» explique Marie.

Pour ses parents qui ont vu ses notes dégringoler, il n’y avait plus rien à faire. «Ça ne remontait plus», explique Mme Payette, qui avoue trouver l’épreuve difficile. «À ce qui paraît, c’est très fréquent» avance-t-elle comme pour se rassurer. Ce peu de réconfort n’a pas empêché les parents de l’adolescente de se sentir seuls au monde. «C’est comme un échec en tant que parents», affirme Mme Payette.

Néanmoins, ils ont retroussé leurs manches et cherché, avec l’aide d’amis de la famille et différents intervenants du milieu scolaire, des ressources pour leur fille. «On a fait des recherches par Internet, on ne savait pas par quel bout prendre le problème» explique-t-elle. Ils ont découvert Entre la rue et l’école et immédiatement, une relation de confiance s’est installée: «Ce sont des gens très humains, les parents sont bien accueillis» affirme Mme Payette qui admet que cela donne à son couple le temps de souffler. «Je la sens entre de bonnes mains».

Jacques Cordeau, le père aujourd’hui à la retraite, conduit Marie à la porte de l’organisme tous les jours. Pendant la période d’aide aux devoirs du matin, sa fille utilise ses cahiers d’exercice pour s’avancer un peu dans la matière des cours auxquels elle n’assiste plus, question de ne pas se couper complètement de l’école. Elle ne sera ni notée, ni pénalisée si elle ne progresse pas assez rapidement. Pour Marie, le stress est éliminé, surtout qu’elle peut bénéficier de l’aide aux devoirs donnée par des bénévoles. «Ici, ils sont fins. Ce ne sont pas des vieux qui ne comprennent rien».

Marie a été chanceuse, ses parents sont compréhensifs. «Mes parents savent que mon but, c’est de retourner à l’école. Ils ne sont pas frustrés. Ils m’ont dit ‘‘ok, si t’as besoin d’un break’’. Peut-être qu’en septembre prochain, je vais recommencer à l’école aux adultes, avance Marie. Je travaille mieux de mon propre gré. Je vais peut-être aussi me sentir plus libre.»

Des coupables?

«Coupable» n’est pas le mot à employer, selon Égide Royer, professeur en éducation à l’Université Laval et chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES). Il est plutôt question d’une conjoncture de facteurs lorsqu’il est question de décrochage scolaire.

D’une part, beaucoup d’élèves entrent au secondaire avec un niveau de lecture équivalent à la 3-4e année du primaire, indique-t-il. Les professeurs ne doivent pas laisser filer de tels élèves, croit-il. C’est malheureusement trop souvent le cas. Un faible niveau de lecture entraîne des retards importants dans toutes les matières scolaires, précise-t-il.

Les enseignants, pour leur part, ne manquent pas de bonne volonté. Ils sont souvent très bien formés mais manquent de ressources ou de connaissances pour encadrer ceux qui sont en difficulté, indique Égide Royer. Avec des classes de 25 élèves qui en comptent au moins 5 en difficulté, la situation tend à dépasser le personnel enseignant.

Finalement, M. Royer note une hausse importante de jeunes affichant un comportement d’incivilité, manifestant l’ignorance ou un rejet des règles élémentaires de la vie sociale. Les relations des jeunes avec les adultes se sont profondément modifiées, ajoute-t-il. C’est le problème actuel des enfants rois.

On parle aussi des parents rois qui «prennent fait et cause pour leurs enfants alors que le travail d’un parent c’est de tenir le fort», précise-t-il. Les parents devraient être plus attentifs dans le suivi de l’éducation de leur enfant, croit M. Royer. Ceci commence, par exemple, par la simple lecture d’histoires avant le coucher. Un bon moyen pour initier les jeunes à la lecture et éviter qu’ils accusent un retard crucial au primaire.

Autres textes sur Famille 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3D.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009

Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Procès d’un jeune meurtrier

Mère un jour, mère toujours

Ça fait plus d’un an que je n’ai pas vu mon garçon. Aux dernières nouvelles, ma sœur l’avait vu au centre-ville au coin d’une rue en train de vendre de la drogue. Je suis partie à sa recherche. Je suis revenue complètement bredouille de ma chasse au trésor.

Martine | Dossiers Famille , Chroniques d’un prisonnier 

relais famille mereJe me disais: «Bon Dieu, faites qu’il se retrouve avec les bonnes personnes. Faites qu’il soit encore en vie.»

J’ai une conversation avec une amie. Un acte criminel s’est produit quelques jours auparavant. Elle me demande comment je réagirais si mon fils était impliqué? C’était clair pour moi que je ne pouvais le savoir sans l’avoir vécu.

Fin janvier 2006, je m’installe devant le téléviseur pour écouter les nouvelles. La première image que je vois est celle de mon fils. Il est activement recherché pour meurtre au premier degré.

Sous le choc, je me dis que je suis en train de vivre le pire cauchemar, celui que je redoutais le plus. Est-ce le ciel qui vient de me tomber sur la tête? En tentant de garder mon sang froid, je mets tout en branle pour le retrouver.

L’amour inconditionnel

Pour le moment, juste de penser qu’il peut être impliqué dans ce genre d’affaires m’angoisse. Je suis une mère, et quand on est une mère on doit aimer nos enfants inconditionnellement. Ce soir-là, malgré moi, j’ai su comment je devais réagir.

Je ressentais beaucoup d’impuissance. J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai appelé un journaliste pour lancer un appel en direct à la télévision, pour qu’il se rende aux autorités.

En faisant des téléphones, je réussis à lui parler. Sous le choc et en larmes, il me dit: «Mam, j’ai rien fait… Excuse-moi!» Je lui ai dit: «Je sais, tu n’as pas besoin d’en dire plus, je sais… Tu es encore mon gars et je t’aime… Je veux t’aider, fais-moi confiance.»

Une jeune femme de 17 ans y a laissé sa peau. Elle aurait pu être ma fille. Je ressens une profonde tristesse. Je sors de ma bulle lorsque la sonnerie du téléphone retentit pour la millième fois. J’entends mon gars me dire: «Mam! La police encercle la maison, il faut que je me rende.» J’ai senti la peur et la panique dans sa voix… J’aurais tellement voulu être près de lui. Mais, il fallait que j’accepte la situation. Après avoir raccroché le téléphone, je ressens un grand vide.

Le procès

Puisqu’il est à l’extérieur de la ville, il est transféré à Montréal pendant la nuit. La nuit et la fin de semaine la plus longue de ma vie. Sans nouvelle de lui, le lundi matin, je me rends au palais de justice de Montréal pour assister à sa première comparution devant un juge.

Arrivée sur place, je ne me sens pas à l’aise dans ce milieu. C’est la première fois que j’y mets les pieds. Une vingtaine de journalistes à l’affût de la moindre information s’y retrouvent. Les yeux rivés sur moi, ils sont déjà en train de me photographier. Je ne peux me cacher.

Je me rappelle que je suis là pour mon fils. Je ne veux pas être une victime dans cette affaire. Je ressens des sentiments contradictoires: impuissance, colère, peur et la hâte de revoir mon fils. Je veux que, malgré tout, il sente que je l’appuie. Je suis donc allée m’asseoir dans la salle d’audience.

Quand je vois ce grand gaillard de six pieds et quatre entrer par la porte des accusés, une vague de tristesse et d’amour m’envahit en même temps. Je me dis: «C’est mon gars, mais, qu’est-ce qu’il fait là? C’est tellement surréaliste que je ne comprends pas. Mais regarde-moi, je suis là!» Son regard croise le mien. J’ai senti chez lui une profonde tristesse et une grande honte. J’imagine qu’il se demande ce que je fais là, encore une fois!

Pourquoi ?

Je suis la mise en accusation tant bien que mal. Mon regard fixe mon garçon. Je me demande pourquoi? Il plaide non coupable à l’accusation de meurtre au premier degré. Je sors de la salle. Je me retrouve entouré de journalistes qui voulaient avoir une entrevue. Même que certains me disent pouvoir m’aider. Comme si c’était moi qui avais besoin d’aide.

Étourdie par le flash des caméras et les propos discordants, je m’enfuis par la porte de sortie qui se trouve devant moi. Dure réalité. Je sens que tout cela fait maintenant parti de ma vie, et pour toujours. Alors, mieux vaut vivre avec l’idée que je ne resterai pas dans l’anonymat. Mais, quel triste combat!

Pourquoi ne pas m’en servir positivement? Je prends la décision d’appeler un journaliste et d’offrir une entrevue exclusive sur une chaîne de télé qui a toute ma confiance. En parlant au journaliste, je lui dis que j’ai un message à livrer et que j’ai aussi des condoléances à offrir à la famille de la victime. L’entrevue a eu, sur le moment, un effet thérapeutique.

Je n’ai pas à m’isoler ou à me cacher. Comme parent, je sais que j’ai fait de mon mieux pour élever mon enfant. Loin de moi l’idée de dire que je suis parfaite. Il n’y a personne de parfait. La vie l’a poussé à faire de mauvais choix. Est-ce que ma vie s’arrête là? Mon rôle auprès de mon fils est différent, à mes yeux. Il n’est jamais trop tard pour qu’il prenne le droit chemin. Je garde plein d’espoir. Si ça prend un tel drame pour y arriver, je l’assumerai jusqu’au bout. Mère un jour, mère toujours.

Prendre notre enfant dans nos bras

Il est détenu dans un centre à Montréal. Je vais le voir à l’occasion. On a aussi des échanges de lettres. On a des rencontres riches en émotions. Malgré la vitre qui nous sépare, on se sent plus proches que jamais.

Ma plus grande peine, c’est de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras. Après neuf mois de détention, il est en attente de son enquête préliminaire qui aura lieu au mois de décembre.

En attendant, il se concentre sur son cours par correspondance pour terminer son secondaire 5. Il fait des démarches pour s’inscrire à un cours de musique. Je suis tellement fière de lui. Il fait un beau cheminement et il a les deux pieds sur terre. Comme il me dit, «quand tu sors de ton état de choc, ça fait mal de réaliser ce qui s’est vraiment passé. Je me suis mis les deux pieds dans les plats et je vous ai tous entraînés là-dedans. Je le regrette. Mon seul souhait serait d’avoir la fille devant moi, de la prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je sais que c’est impossible. J’aurai à vivre avec ça sur la conscience toute ma vie. Elle est là la vraie punition.»

La suite des choses

Chacun de notre côté, on se prépare psychologiquement à la suite, c’est-à-dire à l’enquête préliminaire et au procès qui va suivre. Cela va être long et pénible pour nous tous de voir ressortir la nouvelle. Je sais que ce sera très médiatisé.

Avec le temps et avec tous les efforts que je vois qu’il fait pour se garder la tête hors de l’eau, je garde espoir qu’il va s’en sortir grandi et qu’il pourra toujours compter sur sa famille pour l’appuyer.

Depuis le début, je peux compter sur l’appui de mes amis et sur celui de l’organisme Relais Famille, qui aide les familles qui ont un proche qui est détenu. Je me sens moins seule. J’y retrouve des intervenantes formidables et dévouées. J’y trouve aussi des femmes qui vivent la même chose que moi. C’est merveilleux d’arriver à un endroit où tu ne ressens aucun préjugé et où tu peux parler de cette épreuve sans retenue. Chaque fois, j’y retrouve une famille. Le plus beau, c’est qu’elles offrent aussi un programme nommé Machinabulles, adapté aux enfants. Sans ce support, je ne tiendrais pas le coup.

Chaque jour, je me lève en me disant que j’ai une mission à accomplir: parler de mon histoire à ceux que je rencontre. Du même coup, j’aide les gens à s’exprimer à leur tour et à trouver les bons mots pour exprimer haut et fort leurs émotions.

Mon but est de faire tomber les préjugés à l’égard des parents des détenus. Nous ne sommes pas la cause de leurs gestes et surtout pas les victimes de leurs actes. Je veux que, aux yeux de tous, les jeunes qui ont fait de telles gaffes aient droit à une seconde chance.

relais famille mere

Autres textes sur Famille

L’amour en 3 Dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle La relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$. Maintenant disponible en anglais: Love in 3 D

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Autres livres pouvant vous intéresser

%d blogueurs aiment cette page :