Le cinéma amateur à Trois-Rivières

La Kinomanie: La fièvre du cinéma amateur

Les nouveaux artisans du cinéma et des films

«Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, faites-le maintenant!» Telle est la devise qui résume la pensée Kino, un groupe de cinéastes amateurs en devenir.

Steve Bernier, Trois-Rivières | Dossier Cinémas films et vidéos

Le mouvement prend forme dans la métropole en 1998. L’apprenti cinéaste Christian Laurence lance à quelques amis le défi totalement fou de réaliser un court-métrage par mois pendant un an.

Le nom de KINO fut donné au projet en raison de sa racine grecque Kinè qui signifie «mouvement», mais également «cinéma» dans plusieurs langues, dont le russe et l’allemand. En cinq ans d’existence, Kino compte des membres partout au Québec, mais aussi à Paris, Hambourg, Berlin, Bruxelles, Vancouver et en Afrique.

Le mouvement Kino et le cinéma amateur

Le mouvement Kino regroupe des artistes de la vidéo et du cinéma qui se rassemblent dans un lieu de liberté et d’échange où tous peuvent œuvrer sans censure ou contraintes autre que matérielle. Toutes les cellules adhèrent à la même philosophie, mais chaque groupe est indépendant. C’est une tribune publique pour le cinéma. Cette discipline laisse la chance à tous de s’initier à la production de vidéo et du film court-métrage.

Les cinéastes réalisent leurs films avec leurs propres moyens et surtout comme ils le veulent. En échange, la cellule Kino dont ils sont membres s’engage à diffuser le résultat lors des soirées mensuelles de projection. Lors de ces soirées, les sujets de films sont variés: documentaires, reportages, films d’animation, humoristiques… L’ordre de projections est aléatoire et les cinéastes font la présentation de leur film.

Plusieurs raisons les poussent à choisir Kino. Ils le font parce qu’ils sont en quête d’un auditoire ou encore pour la ferveur de relever un défi. Certains le font simplement pour rencontrer du monde et développer des alliances. Les cinéastes recherchent un moment d’évasion et de créativité. Ils font de la vidéo et du cinéma avant tout pour se faire plaisir.

Jeune et moins jeunes

Après quelques mois de représentations, je remarque des cinéastes et un public majoritairement composé de jeunes dans la vingtaine. Toutefois, je suis surpris de voir bon nombre d’adultes participer à l’événement.

Derrière un projet de film, il y a la volonté de créer et la détermination de le présenter en salle. Pour Simon Laganière, l’avènement du numérique permet à Kino de rejoindre une large clientèle. Il n’existe pas d’âge pour créer. Chaque individu a besoin de s’exprimer.

Il reste que Kino a une forte clientèle de jeunes. C’est l’aspect «underground» qui les attire. Les jeunes sont plus actifs et créatifs. Le film est un médium plus accessible et il offre une diffusion plus rapide que de publier des livres. Les jeunes aiment moins lire et écrire. Leur attirance pour la télévision est plus forte. Pour Martin Saulnier, cette situation tend à changer: «Il est vrai que les jeunes sont ouverts à d’autres expériences. Malgré tout, plusieurs adultes s’intéressent à Kino afin de connaître une activité leur permettant de s’évader de la routine.»

Effets positifs

Il existe en Kino un sentiment de communauté et d’appartenance. La possibilité d’être créateur et spectateur. C’est un mouvement sans prétention, accessible à tous et ne coûtant qu’une contribution volontaire. Tous s’entendent pour me dire que Kino a des effets positifs dans notre société. Pour certains l’événement permet de briser l’isolement. C’est une tribune d’opinion publique, sans qu’il en résulte obligatoirement un débat. Les films produits portent des messages qui poussent à réagir et à réfléchir. Kino ne laisse personne indifférent. La cellule Kino de Charlevoix a vu le jour grâce à l’initiative du Carrefour jeunesse emploi qui avait comme objectif de favoriser des projets concrets et motivants.

Kino Trois-Rivières

Mathieu Roy et Martin Saulnier font partie des fondateurs de la cellule trifluvienne. Pour Mathieu: «Ce qui est attirant dans Kino, c’est que chaque représentation est un test. La réaction du public face aux films est instantanée.» Pour sa part Martin avoue que la cellule de Trois-Rivières s’est développée par obligation: «Il y avait trop de membres à Montréal et l’idée de faire des films nous faisaient tripper. Il nous fallait mettre sur pied une nouvelle cellule afin de présenter nos films.»

En ce qui concerne le groupe trifluvien, il est très actif et leur progression est phénoménale. Tout en respectant le moule de Kino Montréal, la Mauricie offre une couleur régionale. Formé au départ d’une douzaine de membres, il en compte maintenant près de soixante-dix.

Cette effervescence est dû aux gens impliqués et passionnés qui compose la cellule. Trois-Rivières est une petite ville avec un solide noyau artistique et culturel et une forte concentration médiatique. Cela favorise sa popularité. Plus de 150 personnes assistent chaque mois à ces représentations. Très rares sont les salles de projection Kino qui sont de style cabaret avec un bar. La salle le Maquisart offre de l’espace et une ambiance chaleureuse qui contribue au succès grandissant de ces soirées.

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Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Découvrir le Burkina Faso

Ouagadougou, Burkina Faso

Cirque du monde : L’art de s’impliquer

J’ai participé à un stage d’initiation à la solidarité internationale avec Jeunesse du Monde à Ouagadougou, au Burkina Faso. L’objectif du stage est de créer des liens avec les gens, découvrir le pays et partager nos connaissances.

Karine Cloutier | Dossiers International, Communautaire

Nous sommes sept Québécois à vivre l’expérience ici. Personnellement, je fais mon stage avec le Cirque du Monde, qui vise la réinsertion sociale des jeunes par les arts du cirque.

Dès mon arrivée, j’ai constaté les nombreuses différences entre le Canada et le Burkina Faso. Tout est différent! Et il nous faut tout simplement l’accepter. Les règles de la circulation, l’organisation du quotidien, la relation au temps, les relations hommes-femmes. Tout quoi!

Accueil au Burkina Faso

Les gens sont très accueillants et souriants. La joie de vivre est présente partout. Les enfants courent en criant «nassara» (la blanche) et nous envoient la main, tout sourire! Je me sens parfois comme une duchesse de carnaval. J’envoie la main et je souris à mon tour, tellement que j’en ai mal aux muscles faciaux.

Ici, impossible de se cacher et de passer inaperçue. Je suis en minorité. Il faut assumer cette différence. La couleur de ma peau correspond à la richesse, pour certaines personnes. Le sourire et le respect pour l’étranger sont toujours présents.

La chaleur au Burkina Faso

La chaleur et la poussière rouge-brunâtre sont constamment présentes dans le quotidien. Les contrastes de richesses sont gigantesques. Je sais que je ne suis pas venue ici pour changer le Burkina Faso, ni l’Afrique et encore moins le monde. En 2 mois 1/2, c’est beaucoup plus sur le plan personnel que le changement se passe.

J’évolue en partageant mon quotidien avec les enfants, les hommes et les femmes burkinabés. Venir ici et vouloir changer le monde, c’est être inconscient de leur réalité. Même avec une baguette hyper puissante, le meilleur magicien du monde ne pourrait y arriver.

Être enraciné au Burkina Faso

Ce que je découvre depuis mon arrivée, c’est un coin du monde où les habitants y sont très enracinés. Tout part de la terre. Ça fait un immense bien de se recentrer et de se refaire des racines. C’est la force de vivre le moment présent qui fait ça. Le sens du sacré, la valeur accordée à la famille et le plaisir de vivre malgré les difficultés financières. L’importance de l’accueil et du partage. Nous sommes toujours invités à nous joindre au repas, même si notre interlocuteur n’a qu’un simple bol de «banga» pour passer la journée. Il se fait un honneur de le partager avec nous.

Bien entendu, je découvre une mini parcelle de cette terre d’accueil. Mon expérience, jusqu’à présent, me bouleverse et m’enrichit en tant qu’humain. J’oserais dire que pour devenir meilleur, chacun d’entre nous devrait vivre un stage au Burkina Faso ou ailleurs dans le monde. Simplement pour constater, pour prendre conscience et pour se repositionner dans sa propre vie par la suite.

Je crois que le Burkina Faso, dont le nom signifie «pays des hommes intègres» m’apprendra beaucoup. Humblement, il ne me restera qu’à mettre tout ça dans mes bagages et rentrer à Montréal. Mais surtout de «laisser le temps au temps».

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Convention internationale graffiti Underpressure

Graffiti et art urbain

Under pressure gonflé à bloc

Charles Messier | Dossiers Graffiti, Hip-Hop, Culture

La 12e édition d’Under Pressure, un des plus importants événements graffiti au Canada, a réuni en août 2007 plus de 90 graffiteurs, 40 DJ et 70 breakdancers pour 5000 spectateurs ébahis par ces artistes de l’underground. Tout a commencé dans un simple loft de la rue Saint-Ambroise, à Montréal, en 1996.

Des DJ s’étaient réunis pour offrir des performances musicales pendant que peignaient 12 graffiteurs. Les organisateurs (Sterling Downey, Flow et Dyske) voulaient promouvoir la dimension artistique du graffiti plutôt que celle décrite par Ville de Montréal et le service de police.

Ils disaient que c’était lié à des gangs, parce que personne ne savait c’était quoi le graffiti, explique Sterling Downey. Ils pensaient que c’était des jeunes de 14 ans qui en faisaient juste pour salir la ville.

Ses compères graffiteurs et lui étaient au début de la vingtaine. Ils n’étaient pas du tout liés à des gangs.

C’était une activité communautaire, positive. Oui, il y avait un côté illégal, mais ça ne voulait pas dire que ce n’était pas artistique, dit le fondateur d’Under Pressure. C’était de l’art, pas du vandalisme.

Promouvoir le graffiti

De 300 spectateurs en 1996, l’événement en attire maintenant 5000 par année. Cette popularité a engendré des profits qui ont permis, en 1999, de publier un magazine bisannuel consacré entièrement au graffiti.

Le but était de faire la promotion à travers le monde des artistes de la bombe aérosol, tant montréalais que canadiens. Le magazine Under Pressure comptait d’abord 24 pages. Il en offre maintenant plus de 70. Il a cependant diversifié les types de sujets traités, les élargissant aux autres intérêts artistiques des graffiteurs, comme le breakdancing et le milieu des DJ.

Le groupe Under Pressure produit également des disques et gère un site Internet, www.underpressure.ca. La dizaine de personnes qui forme le noyau d’Under Pressure est bénévole, comme la quinzaine d’autres collaborateurs qui gravitent autour d’eux.

Autres articles sur le Under Pressure

Autres textes sur le Graffiti

Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_imageOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
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Comment soutenir un fermier face à la crise économique

L’agriculture soutenue par la communauté

Paniers de fruits et légumes

Avec la crise économique qui sévit, Équiterre invite les citoyens à soutenir un fermier du Québec et ainsi recevoir un panier hebdomadaire de fruits et légumes cultivés dans le respect de l’environnement.

Équiterre | Dossiers Commerce équitable, Cartes anniversaire

Avec 390 points de chute et 115 fermes à travers le Québec, le réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) est le plus important du genre au monde. Il permettra, encore cet été, à plus de 32 000 citoyens d’avoir accès à des produits frais, sains et locaux.

Une formule pour faire face à la crise

À toutes les semaines, cinq fermes cessent leurs activités au Québec. Pourtant, si chaque consommateur achetait à chaque semaine 20 $ supplémentaires de produits du Québec, plus de 100 000 emplois seraient créés chez nous. « L’Agriculture soutenue par la communauté est un commerce direct qui permet aux fermes, souvent de petite taille, de bénéficier de 100% du montant investi par les citoyens, et ainsi, de créer ou de conserver des emplois en agriculture », explique Isabelle Joncas d’Équiterre, qui ajoute que près des trois quarts des légumes biologiques consommés au Québec sont importés.

Sans pesticide, 100% québécois

« Lorsque les citoyens deviennent partenaires d’une ferme du réseau, ils s’assurent de recevoir des aliments 100% savoureux, locaux et exempts de pesticides. En ASC, les produits sont récoltés la journée même ou la veille de la livraison; ils ont donc un goût incomparable car ils sont récoltés à maturité.  On redécouvre ce que goûte véritablement une carotte de jardin ! Il faut aussi garder en tête les avantages de manger des aliments sans pesticides. Quand on sait que la quantité de pesticides contenue dans le corps des enfants provient à 80%des pesticides présents dans l‘alimentation, on se rend compte aisément de l’importance de faire les bons choix », conclut-elle.

Une formule appréciée du public

Les gens apprécient connaître la provenance des aliments qu’ils consomment. « Habitant en ville, le lien direct avec le fermier permet à ma famille de garder un contact avec la réalité de la campagne. Étant de nouveau enceinte, je compte renouveler l’expérience des paniers de l’ASC cet été. Ça me rassure de connaître la provenance des aliments que moi et mon bébé consommons. Un corps et une planète en santé, c’est un héritage qui n’a pas de prix », explique Marie-Eve Plamondon partenaire d’une ferme de l’ASC.

Facile d’adhérer à la formule

Le principe de base de l’ASC est que le citoyen s’engage à l’avance auprès de la ferme en achetant au printemps sa « part » de récolte qui lui sera livrée à l’été et à l’automne. Ainsi, le citoyen et la ferme partagent ensemble les risques et les bénéfices de la saison à venir. Différents formats de paniers sont disponibles fournissant chaque semaine aux partenaires entre 6 et 12 variétés de légumes pour une période allant de 12 à 22 semaines. Des viandes d’élevage biologique et autres produits sont aussi disponibles sur demande auprès de certaines fermes du réseau.

Les citoyens qui désirent soutenir un fermier de famille peuvent se rendre sur le site d’Équiterre pour avoir plus d’information et pour identifier la ferme qui livre le plus près de chez eux ou du lieu de travail.

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D’un couvert à l’autre

D'un couvert à l'autre livre bistro le ste-cath journal de la rue Café GraffitiLe livre retrace les 25 ans d’histoire de l’organisme Journal de la Rue, les principaux évènements que l’organisme a traversé et parle avec émotions et réalisme de la réalité de l’intervention auprès des jeunes.

Une section est dédiée au dernier projet de l’organisme, le bistro Ste-Cath, l’histoire quotidienne de ce lieu mais également la relation entre les artistes et le public, notamment Elizabeth Blouin-Brathwaite, Pascal Dufour, Sule Heitner, B.U, Davy Boisvert,…

Une co-publication entre Delphine Caubet et Raymond Viger. Photographies Georges Dutil. Une couverture de l’artiste Geneviève Lebel. Le livre est disponible en édition de luxe (30 pages en couleur) à 24,95$ ou en noir et blanc à 19,95$ (plus 4,95$ taxe et livraison). Aux Éditions TNT. (514) 256-9000.

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Suicide, tentative de suicide et dépression

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Tentative de suicide et dépression

Passages nuageux sur ciel ensoleillé

En 2006 j’ai tenté de me pendre. Contrairement à ce que certains pensent, ceux qui veulent se suicider ne le font pas toujours sur un coup de tête mais y pensent, y travaillent, l’envisagent pendant de longs mois, voire des années, consciemment, patiemment, méticuleusement.  

Sunny Boy | Dossier Suicidesuicide se tuer moyens mourir sans souffrance se suicider suicidaire

Il est particulièrement déplacé de traiter de «con» quelqu’un qui souffre ou de prétendre qu’il tient encore à la vie parce que sinon il aurait déjà tenté de mourir. Désirer se tuer sincèrement est une chose et passer à l’acte en est une autre. Mais la seconde ne vient pas si on ne passe pas par la première.

Quiconque n’a jamais pensé au suicide ne devrait pas être autorisé à faire des reproches et des accusations à ceux qui vivent avec cette idée depuis des années, ou prétendre que la vie est belle. C’est son avis, sa vision de la vie. C’est peut-être sa vie, mais ça n’a rien à voir avec la souffrance de l’autre.

Les mauvais conseillers n’écoutent qu’eux-mêmes et n’essaient pas de se mettre dans la peau de l’autre, de celui qui souffre. L’empathie ne s’apprend pas à l’école.

Mon histoire de vie et de crise

Depuis l’adolescence je pensais à mettre fin à mes jours. Je ne me sentais pas à mase suicider suicidaire moyens se tuer sans souffrance mourir suicideplace. C’est toujours le cas. À la suite de viols répétés commis par un membre de ma famille, j’ai fini par sombrer dans une dépression qui s’est transformée en psychose. Et ce n’est qu’en 2006 à l’âge de 24 ans que j’ai tenté de me pendre. Pendant des mois j’ai cherché les meilleures méthodes.

En même temps, par ambivalence, j’avais peur de l’état dans lequel, si je me tuais, je laisserais ma famille qui n’était pas au courant de ces agression subies pendant des années. Un homme qui passait aux yeux des autres comme quelqu’un de bien, de généreux et qui réussissait. Un homme marié à une femme qui ne pouvait pas être au courant de certaines choses. Je revois cette femme aujourd’hui, cette tante dont le sourire crispé posé sur moi en dit long. Et moi j’étais celui qui sombrait sans qu’on comprenne pourquoi. J’étais le vilain petit canard, posé là, dans des états déplorables. Des semaines sans manger, dans le noir, à dormir, des mois sans hygiène. L’enfer.

La mort de mon agresseur

Le premier cadeau de la vie fût le décès naturel de mon agresseur. Une crise cardiaque. Sur le moment, ce fût des pleurs de soulagement et de colère entremêlés. J’ai pensé qu’il y avait une justice finalement.

Mais les années ont passé et je vivais toujours dans la haine. J’ai fini par pardonner à cet homme, tout en n’arrivant pas, malgré tout, à remonter la pente dans mon cœur. J’ai abandonné les études. J’avais de grandes difficultés à me faire des amis. Je suis agoraphobe. Les seules choses que j’étais capable de faire était peindre, écrire, lire et aller au cinéma, que j’adore. Ces occupations peuvent paraître futiles, mais de nombreuses fois, j’ai pensé ne pas mourir pour continuer mes œuvres. Et plusieurs fois, elles m’ont sauvé la vie. Comme quoi la vie tient à presque rien.

La fuite

J’ai fui de chez mes parents pendant trois ans. J’ai rencontré des hommes et je suis tombé dans la prostitution masculine. J’ai curieusement su éviter l’alcoolisme et la drogue. J’ai vu des choses très sombres autour de moi, j’ai vu que j’avais une grande capacité d’encaisser le mal. J’ai connu la rue.

Un jour mes parents m’ont retrouvé et m’ont ramené chez eux. Ils ont entrepris des démarches pour que je reçoive l’aide sociale que j’avais toujours refusée. Ils m’ont trouvé un thérapeute à l’écoute…

À mon retour chez eux, j’ai tout de même tenté de me pendre. Pour qu’ils aient un meilleur souvenir de moi, j’ai menti sur mes sentiments de désespoir pendant 3 mois. En apparence, je sais très bien montrer de la gaieté. J’ai un côté rayonnant qui peut faire énormément de bien aux autres. À l’intérieur, dans mon esprit, mon âme et mon cœur, c’est l’abattoir, l’horreur et les ténèbres. L’impression de n’être chez moi nulle part sur cette planète. De ne pas être fait pour la vie à moins qu’elle ne soit pas faite pour moi. Je pense que beaucoup de lecteurs me comprennent.

Jouer un rôle

Pendant 3 mois, j’ai joué le rôle de  celui qui reprenait goût à la vie. J’écoutais, je réagissais en fonction de ce qu’on attendait de moi. Rien de plus facile. Je n’arrivais pas beaucoup à sortir mais j’ai tout de même fait semblant d’aller un peu mieux. Un jour, j’ai attendu que mes parents soient sortis. J’ai fait le ménage dans ma chambre, j’ai jeté beaucoup de vêtements, j’ai rédigé une lettre très précise et très courte, qui leur disait, en gros, de ne pas être tristes, que c’était mon choix et que c’était probablement le meilleur que je puisse faire en tant qu’adulte.

La vie est ainsi faite: par le plus grand des hasards, mon grand frère est entré dans l’appartement, alors que ce n’était pas prévu, au moment même où je poussais la chaise et que je n’arrivais plus à déglutir. Une sensation effroyable la pendaison! Il m’a retenu à temps et m’a sauvé la vie. Il était venu à la demande de ma mère pour ne pas que je reste seul ce jour-là. Elle avait un mauvais pressentiment.

L’hôpital psychiatrique

J’ai passé quelques mois à hôpital psychiatrique. Aujourd’hui, je suis toujours enfermé, chez mes parents, qui sont dépassés. Incapable de travailler, de parler, de me lier à quelqu’un. Je le dis avec humour mais, les seuls êtres vivants avec qui je m’entends, ce sont les chiens, les chats et les perroquets, qui d’ailleurs m’apprécient fortement. À croire qu’eux m’acceptent sans discuter dans leur monde. Je suis aussi incapable d’aimer la société et l’avenir de consommateur ou de miséreux qu’elle offre au bout du compte.

J’ai des épisodes psychotiques traités. Je reste lucide dans ces bouffées délirantes. J’envie ces malades qui ne se rendent pas compte.

Le soir, avec ma lunette astronomique je regarde les étoiles dans le ciel, la seule chose qui m’intéresse en ce moment. À force de regarder le ciel, je me demande comment les croyants peuvent penser une seule seconde mériter après leur mort une chose aussi incroyablement belle et immense, une chose aussi réelle que le ciel, aussi belle.

Aujourd’hui le désir de mourir est inhérent à l’air que je respire. Quand je me réveille, je pleure, quand je me couche, je prie n’importe qui de me permettre de partir tranquillement dans mon sommeil. Je n’ai pas très envie de retenter la pendaison, parce que c’est particulièrement douloureux. Je sais qu’il existe des étouffements possibles aidés de somnifères adéquats. Mais mon thérapeute me surveille de près. J’ai beau lui mentir sur mon désir de mort, je vois bien qu’il le perçoit malgré tout.

Y a-t-il un espoir?

Prendre cet espace pour m’exprimer, pour être lu et entendu m’a fait un peu de bien. Merci pour votre écoute et votre soutien. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide.

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

Autres livres pouvant vous intéresser

Le communautaire de Trois-Rivières à la Belgique

Aux trois pivots, La résolution de conflits

Deux intervenantes de l’organisme trifluvien Aux trois pivots se sont rendues en Belgique pour présenter leur approche de résolution de conflits à une soixantaine de Belges. Mandatées par le Regroupement des organismes de justice alternative du Québec (ROJAQ), Denise Caron et Evelyne Leblanc reviennent avec dans leurs bagages des façons de faire progresser la médiation au Québec.

Anne Lamothe, Tour d’y voir | Dossier Communautaire

La ressource en justice alternative Aux 3 pivots existe depuis 1983 et intervient notamment auprès des jeunes de 12 à 17 ans ayant commis des infractions au code criminel. «C’est lorsque l’adolescent a commis une faute grave et se retrouve devant les tribunaux qu’il est important de tenter un rapprochement avec la victime. En Belgique, les ententes entre les jeunes contrevenants et les victimes sont entérinées par les juges. Ici, les juges sont peu sensibilisés à la médiation. Il faudrait faire bouger les choses et impliquer les juges et les procureurs dans le processus, car c’est eux qui sont en première ligne,» indique Evelyne Leblanc.

Au Québec, les membres du ROJAQ sont d’ailleurs très ouverts à l’innovation. À preuve, au cours de la dernière année, les groupes œuvrant en justice alternative ont réajusté leur tir en s’inspirant de la méthode d’intervention de l’américain John Umbreit dont l’approche privilégie d’abord le dialogue. La formation donnée en Belgique était axée sur cette façon de travailler. «L’important pour nous est que les deux interlocuteurs établissent une bonne communication. C’est eux qui choisissent comment régler leur conflit. Notre rôle est de favoriser les rapprochement», poursuit Mme Leblanc.

La résolution de conflits

Les intervenantes québécoises ont invité leurs confrères belges à voir la résolution de conflits avec une autre paire de lunettes. «Nous leur avons présenté une nouvelle approche de résolution de conflit en faisant des mises en situation. En jouant plusieurs rôles, les personnes se rendent compte que l’on réagit différemment en fonction de nos expériences de vie face à un conflit.», affirme Mme Leblanc.

En Belgique, les médiateurs considèrent essentielle la signature d’entente entre les deux parties. Ici, les intervenants préconisent plutôt une communication étroite et les résultats sont concluants, même si les deux interlocuteurs n’ont pas signé d’entente formelle. «Au Québec, nous insistons davantage sur la rencontre préparatoire. Nous nous assurerons d’abord que les deux personnes entreprennent la démarche pour les mêmes raisons.  Nous devons nous assurer qu’ils se comprennent bien, car parfois le niveau de langage est différent d’une personne à l’autre. Nous les incitons à trouver une solution gagnante pour les deux», explique-t-elle.

Cette méthode implique des modifications au niveau du déroulement de la médiation notamment la présence de deux médiateurs n’est plus requise, une seule suffit. «En étant deux, nous pouvions partager nos impressions sur la rencontre, mais certains participants trouvaient plus difficile d’établir le dialogue car ils étaient intimidés», souligne-t-elle.

De Trois-Rivières à la Belgique

Les formatrices de l’organisme trifluvien se rendent en Europe depuis une quinzaine d’années pour échanger avec leurs collègues français, suisses et plus récemment belges. En France, la hiérarchie est beaucoup plus présente dans les différents secteurs d’activité, ce qui influence grandement le travail des intervenants en médiation. «Le principe d’égalité entre les personnes n’est pas respecté et ça crée des embûches et de l’incompréhension. Comme il y a une loi sur la médiation, il y a des médiateurs partout, même dans les hôpitaux. Certaines intervenantes en milieu hospitalier font face à des médecins qui refusent de s’asseoir avec les patients, le rapport de force étant à leur avantage, ils estiment que leurs pratiques n’ont pas à être remises en question», déclare Mme Leblanc.

La boutique de droit et justice alternative

En septembre 2000, l’organisme de justice alternative de Trois-Rivières a mis sur pied La Boutique de droit. Afin de mettre en place cette initiative, Aux trois pivots s’est inspiré de divers projets en cours dans différents pays, puisqu’il n’y avait aucun service de ce genre au Québec, voire même au Canada. Les intervenants de la Boutique offrent des services à la population du grand Trois-Rivières et de la MRC des Chenaux.

La Boutique de droit propose des mécanismes conviviaux de résolution de conflits. Ceux-ci donnent la possibilité aux parties impliquées dans une situation conflictuelle de discuter, de s’expliquer et de participer à la résolution «à l’amiable» de leur situation. Les citoyens peuvent régler leurs conflits de façon constructive avant qu’ils soient pris en charge par les systèmes légaux.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

show_imageOpération Graffiti

Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: www.refletdesociete.com
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Bistro le Ste-Cath

Un restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes. Plus de 260 spectacles gratuits sont présentés annuellement.

4264, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Québec, H1V 1X6.

Automobiles H. Grégoire et la publicité

En décembre 2006, Encan H. Grégoire et un de ses administrateurs, Kriker Haerabedian, ont été reconnus coupables de dix chefs d’accusation de publicité trompeuse. Est-ce H. Grégoire revient à ses activités de publicité trompeuse?

Raymond Viger | Dossiers Protection du consommateur, Publicité

Nouvelle publicité du mégacentre de l’auto H. Grégoire: pour le mois de juillet, épargnez jusqu’à 70% de la valeur d’origine.

Toute une épargne! On te vend une automobile usagé mais pas au prix du véhicule neuf. J’espère! Quand une publicité nous dit que nous pouvons épargner sur un produit, c’est que le prix de la promotion est inférieur au prix normalement vendu pour un cet item. Pas pour le même item quand il était neuf 5 ans auparavant.

Je ne sais pas si l’Office de la protection du consommateur va sévir contre H. Grégoire pour cette publicité. J’espère que oui. Parce qu’il y a une limite à jouer avec les mots dans nos messages publicitaires.

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Ressources

Office de la protection du consommateur du Québec
Montréal: 514-253-6556
Québec: 418-643-1484
Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

Option consommateurs
Montréal: 514-598-7288
Numéro sans frais: 1-888-412-1313

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Rédaction
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L’amour en 3 dimensions

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre, au coût de 19,95$ est disponible.

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