Bénévoles abusés et vol d’idées

Les différentes facettes du bénévolat

Fausses représentations dans le bénévolat

Abus de pouvoir, tyrannie, fausses représentations, « cheap labour », favoritisme… les remises en question du bénévolat.

Par Marie-Hélène Proulx   Dossiers Bénévolat

«J’ai l’impression que mon organisme abuse de ses bénévoles. Pourtant il y a des jeunes qui s’y impliquent de bon cœur et qui auraient besoin de se faire orienter et encourager. Au lieu de cela, ils se font voler leurs idées par quelques tyrans trop habitués à tout contrôler!»  raconte Jojo, pourtant elle-même membre du conseil d’administration. Malgré tout, Jojo continue de participer à son projet. En s’impliquant, elle tâche de réaliser un rêve de jeunesse: des communautés où l’on cherche, pour chacun, une place qui lui convienne.

Des histoires comme celle-là, j’en ai entendu plusieurs. Des pires aussi, comme celles d’organismes privés qui «engagent» des stagiaires compétents pendant des mois pour leur faire plier des enveloppes. Tout cela en échange d’une simple lettre de reconnaissance «d’expérience de travail».

Fausse représentation

Isabelle Lapointe est responsable des services aux organismes pour la  Société des Bénévoles de l’Est de Montréal (SBEM). Elle doit parfois clarifier la situation avec des bénévoles qui rêvent que leur bénévolat se transformera en travail rémunéré. Elle se dit d’ailleurs surprise d’apprendre que certaines entreprises laissent planer de tels espoirs. «Il ne faut quand même pas confondre bénévolat et fausse représentation!»

Dans certains cas, les projets issus du bénévolat permettent de créer des postes d’encadrement permanents et les bénévoles se font dégager de leurs responsabilités.

Plus populaire que jamais

Cette manne de bénévoles est accueillie avec grande joie par les organismes communautaires où les besoins vont toujours en s’accroissant. Cette ressource est trop précieuse pour que les organismes négligent de leur assurer une formation, une écoute et un encadrement appropriés.

La Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO) s’est doté d’un code d’éthique. «Lorsque cela va bien, précise son coordonnateur, Serge Émond, on n’a pas besoin de s’y référer mais c’est lorsqu’on est confronté à un problème qu’il devient utile.»

Pour éviter les positions embarrassantes, le favoritisme ou les malentendus entre salariés et bénévoles ou entre les bénévoles eux-mêmes, le code propose d’établir des règles claires. Il incite à demander aux bénévoles de déclarer les cadeaux, les amitiés avec les bénéficiaires et les rapports qui risquent de dépasser la relation d’aide. La spontanéité, la réciprocité et le hasard ne sont plus régis selon les mêmes règles qu’avant.

Le SBEM établit des balises claires à propos des organismes qui désirent bénéficier de son service de recrutement. Ils doivent s’engager à offrir un bon accueil, un encadrement et un soutien conformément au Code canadien du bénévolat.

Quels devoirs l’organisme a-t-il face à quelqu’un que l’on reconnaît comme vulnérable, qui ne parvient pas à répondre aux attentes de l’organisme ? Sur ce point, les intervenants ne semblent pas s’entendre.

Nouvel environnement

La désinstitutionalisation, le virage ambulatoire et les politiques de gestion des fonds publics ont créé de nouvelles charges pour les aidants naturels et des attentes face au milieu communautaire. Les changements démographiques amènent aussi de nouveaux besoins. La société québécoise doit déjà gérer son ratio de 5 personnes en âge de travailler pour 2 personnes. «Avant, les gens quittaient leur travail vers 67 ans et avaient une espérance de vie de 70 ans. Maintenant, on peut arrêter de travailler à 55 ans et mourir beaucoup plus vieux.»

Claudia Bonenfant est coordonnatrice à Coup de pouce Jeunesse. Elle raconte que plusieurs jeunes en région sentaient qu’à travers le réseau familial ou informel, ils avaient un rôle significatif à jouer. En ville, ils ressentent un certain désœuvrement qui les pousse parfois à chercher un organisme pour les accueillir.

Les besoins des bénévoles

Malgré ces règles, personne n’attend du bénévolat un pur don de soi totalement désintéressé. Au contraire, on s’attend à ce que les bénévoles y viennent pour répondre à des besoins qui leur sont propres. Selon Mme Lapointe, cet élément est essentiel à la continuité d’une activité bénévole. Si quelqu’un ne se sent pas à l’aise dans ce qu’il fait, il y a peu de chance qu’il veuille y rester.

La SBEM aide chaque candidat à clarifier ses besoins. Plusieurs viennent avec l’objectif de redonner un peu de ce qu’ils ont reçu de la vie. «Cependant, derrière cette générosité, on découvre souvent des êtres qui connaissent une période d’isolement, des difficultés passagères ou réalisent que leur travail actuel ne remplit pas entièrement leur vie», rapporte Mme Boucher, qui œuvre également au SBEM.

Nouveau profil

On note un changement dans le profil des bénévoles de la dernière décennie. Ce qui fut autrefois un loisir un peu plus engagé devient aujourd’hui un domaine où les gens ayant ensemble des besoins à combler cherchent des moyens de collaborer. Cela est plus évident dans le cas des jeunes et des chômeurs, qui s’impliquent de plus en plus.

Cette constatation oblige pourtant les organismes à tenir compte du fait qu’ils ne suffit plus de gérer la disponibilité. Il faut assurer la satisfaction d’une partie des besoins des bénévoles.

L’entraide chez les jeunes

Pourtant Coup de Pouce jeunesse, à Montréal-Nord, montre qu’il existe d’autres manières de penser le bénévolat. On y invite les jeunes à collaborer aux activités de groupes ayant des besoins particuliers. Ainsi, ces collaborations permettent de répondre à certains besoins tout en prévenant la délinquance. C’est aussi une façon de réduire les préjugés au sein de ces groupes.

Selon Mme Bonenfant: «Souvent, les jeunes qui veulent le plus changer les choses ont connu intimement une forme de misère, qu’elle soit économique, intellectuelle ou psychologique, et cela nourrit leur ambition de créer un environnement où ils peuvent s’épanouir. Dans certains cas, nous devenons même un complément à la famille.»

En outre, on doit clarifier la situation avec les jeunes qui ont des attentes irréalistes ou non-cohérentes avec la vocation de l’organisme. Sans oublier le choc de la confrontation au spectacle de la souffrance. À Coup de pouce jeunesse, il faut tenir compte des jeunes qui se passionnent pour un projet mais s’en désintéressent parfois rapidement. Les éducatrices doivent recruter d’autres jeunes et intervenir pour dédramatiser les situations où ils se butent à leur inexpérience. Il faut leur laisser exprimer leurs appréhensions et expliquer quoi faire pour gérer la situation de manière plus autonome la prochaine fois.

Claudia Bonenfant admet que la gestion des imprévus, des malentendus et l’apprentissage des méthodes de gestion de conflits font partie du lot quotidien. Les jeunes qui voient les intervenantes agir directement sur le terrain peuvent ainsi bâtir une solide expérience qui leur servira dans le travail.

Remise en question

Quels que soient son âge, sa condition et son niveau d’autonomie, la personne qui s’implique librement dans une organisation garde le devoir de dénoncer ce qui lui semble injuste.  M. Émond met cependant un bémol. «Pour que nous arrivions à bien travailler ensemble, il ne faut pas que chaque nouveau bénévole essaie de bouleverser la structure de son équipe!»

«Le bénévolat, c’est comme la vie, on peut essayer de créer de nouvelles règles, mais encore faut-il se faire accepter dans un poste, avec ses idées», précise Mme Lapointe.

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