L’avortement et le Pape

La religion et les femmes, l’Église veut pardonner l’avortement

Plus d’un million de jeunes catholiques étaient rassemblés à Madrid, entre les 16 et 21 août, pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Les prêtres ont tous reçu pour ces quelques jours, la faculté de pardonner l’avortement, un des pêchés « impardonnable ». Entre doctrine et réalité, il existe un fossé.

Lucie Barras | Dossiers Avortement, Religion et spiritualité

pape-avortement-eglise-avorter-droit-avortement-benoit-xviUne légère brise de modernité a soufflé sur les Journées mondiales de la jeunesse 2011 : les prêtres mandatés pour confesser durant les 6 jours de fête ont reçu de l’archevêché de Madrid l’autorisation de gracier le pêché d’avortement. Le pape en personne a donné la confession. Au même titre que l’inceste ou l’hérésie, l’avortement est encore passible dans la religion catholique d’une « peine » spéciale pouvant aller jusqu’à l’excommunication. Le Vatican considère cet acte comme un meurtre. Alors que plusieurs manifestations pro laïcité ont émaillé les JMJ, ce geste de grâce a ému de nombreux catholiques pour sa tolérance.

En temps normal, seuls les prêtres « autorisés » peuvent pardonner l’avortement. Au Québec, comme dans plusieurs archevêchés du monde, tous les prêtres ont le pouvoir de lever cette peine. Pour la première fois, peu importe leur origine, tous avaient cette autorisation.

L’avortement dans le droit canon

Benoît-Marc Boyer est vice-chancelier et prêtre du diocèse de Montréal. Il nous explique comment fonctionne le dogme qui encadre la question de l’avortement :

« Il y a deux aspects dans la confession. Le pêché, résolu par l’absolution, et la peine. Celle-ci est une sanction bien particulière qui concerne un certain nombre de cas. Depuis 1983 et le nouveau code droit canonique, ce nombre est restreint. Et l’avortement en fait partie.

Mais attention : pour que l’avortement soit passible de cette « sanction », la personne qui l’a provoquée doit avoir agi sobre et être âgée de plus de 16 ans. Elle doit avoir agi sans connaître la portée de son acte et la peine qu’elle encourt dans l’Église. Enfin, elle ne doit pas avoir agi sous l’effet de la peur.

Ce dernier point est crucial dans la question de l’avortement. Combien de jeunes filles se sont fait avorter sous le coup de la panique, de la peur du jugement ?

« J’espère de tout mon cœur que tous les prêtres savent et respectent cela : la peine n’est applicable que rarement. Nous ne sommes pas des juges. Nous sommes là pour renouer ce qui s’est cassé. Nous ne sommes plus au Moyen-âge », précise le père Boyer.

Une doctrine éloignée des réalités

Est-il encore pertinent, de la part de l’Église, de condamner l’avortement? Prêcher l’amour et trier ses pardons ?

Le père Raymond Gravel a souvent été critiqué pour avoir défendu l’avortement. Il a des idées claires à ce sujet : « Je suis contre l’avortement. Mais, je suis surtout contre la condamnation des femmes qui se sont fait avorter. Qui suis-je pour décider qui mérite d’être pardonné et qui ne le mérite pas? Pour remédier à l’avortement, il s’agit surtout de prévention et de responsabilisation. Il faut que les jeunes sachent ce que représente une grossesse. De toutes façons, lors de la confession, le prêtre n’est qu’un intermédiaire. L’affaire ne concerne que l’intéressée et Dieu.

Pour le père Boyer, un bon prêtre est un homme bon avant d’être celui qui fait respecter la doctrine. « Enseignant au séminaire, c’est ce que je répète à mes élèves. Dans la rue, j’ai choisi de porter la soutane. C’est mon choix, d’autres ne la portent pas. Des gens viennent me demander la confession, et ça ne me dérange pas de les confesser au coin de la rue. »

Un pape ambigu

Ce qui s’est passé aux JMJ en a étonné plus d’un : le pape Benoît XVI n’a pas l’habitude de se prononcer à contre-courant de la doctrine. « Aux JMJ, il s’est produit un extraordinaire temps de grâce. Le pape et les archevêques ont dit aux prêtres que des gens viendraient les voir. Pour qu’ils aient le cœur en paix, levez leur peine. » Pour le père Boyer, l’image d’un pape intransigeant est erronée. « C’est une perception extérieure. Mais à l’intérieur, on découvre souvent autre chose. Lorsqu’en 2005, Joseph Ratzinger a été élu pape, pas un seul archevêque n’a été surpris. Ratzinger était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Cette mission consiste à protéger les dogmes. Il a donc véhiculé par sa fonction cette image de juge autoritaire.

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Viols et agressions sexuelles d’une prostituée

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Britanny nous conte son histoire dans le monde de la prostitution. Une histoire qui se termine par le viol et l’agression sexuelle.

Dominic Desmarais | Dossiers Sexualité, Prostitution

viol-abus-sexuel-agression-sexuelle-sexe-sexualiteLa journée de l’entrevue avait bien commencé pour Britanny. Elle était sereine à l’idée de raconter son expérience de la prostitution. Spontanée, articulée et enjouée, elle s’est ouverte sans pudeur  ni censure. Pratiques sexuelles, relations avec les clients et dépendance à l’argent, elle n’éprouve aucun regret.

Les seules fois où Britanny devenait soucieuse c’est en abordant le sujet de sa sécurité avec la police, car elle craignait d’être fichée comme prostituée et surtout avec les clients. Le stress qu’elle vivait à chaque nouvelle rencontre était au cœur de ses préoccupations. C’est ce nouveau client, potentiel agresseur, qui la poussait à consommer davantage et c’est pour éviter ces premiers contacts qu’elle consacrait beaucoup d’efforts à se créer une clientèle régulière. C’est pour éviter les hommes agressifs qu’elle préférait recevoir elle-même les appels afin d’accepter, ou non, un nouveau client.

Prostitution, agression sexuelle et viol

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostitueesDès ses débuts, sa plus grande peur était de se faire agresser. L’acte sexuel, contre rétribution, ne l’indignait pas. Elle n’a jamais culpabilisé d’avoir pratiqué la prostitution. Britanny a commencé dans la rue. Puis, elle a essayé l’agence d’escorte pour, finalement, recevoir les clients chez elle. Mais la rue, c’est le dernier sujet qu’elle a abordé. Car c’est dans la rue qu’elle a vécu le pire moment de sa vie. Un souvenir enfoui bien loin dans sa mémoire et qui, 13 ans plus tard, la chamboule encore.

C’était en août 1997. Alors âgée de 23 ans, Britanny se trouvait sur la rue Ontario. Ses annonces classées et l’agence d’escorte pour laquelle elle travaillait ne lui rapportaient pas suffisamment de clients. Ce n’était pas la première fois qu’elle vivait une accalmie, depuis ses débuts, 5 ans plus tôt et à chaque fois, elle retournait à la rue, son dernier recours.prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues

Prisonnier d’un prisonnier

Elle commence sa nuit de travail à 23h30. Très rapidement, un client en voiture l’aborde. «En ouvrant la portière, j’ai eu des doutes mas je n’ai pas écouté mon instinct. Il avait la fin trentaine, le regard mesquin, les bras pleins de tatouages. Je sentais qu’il avait fait de la prison mais j’avais déjà fréquenté des gars de pénitencier.»

Britanny cesse de respirer un moment. Elle revisite une scène qu’elle avait rayée de sa vie. Elle voit encore distinctement le visage de son agresseur,  revoit son viol avant même de le raconter. La jeune femme s’excuse de pleurer et reprend le fil de son histoire. «J’ai embarqué. Il a commencé à rouler. J’étais nerveuse. Ma main s’agrippait à la poignée. Quand il l’a remarqué, il s’est mis à accélérer», dit-elle la voix tremblotante.

L’homme l’emmène dans le stationnement d’un concessionnaire automobile, à l’abri des regards. Il avait accepté de payer 30 $ pour recevoir une fellation mais, une fois le véhicule immobilisé, il tend un billet de 20 $ à la jeune femme affirmant qu’elle n’aura pas un sou de plus. «Il m’a dit: tu vas faire tout ce que je veux sinon, ne pense même pas sortir vivante de mon char.» Britanny prend une autre pause. Elle s’excuse à nouveau. «Le pire, c’est qu’il m’a payée», dit-elle en sanglotant.

La panique du viol

Britanny est en état de panique. Elle a peur de mourir dans cette voiture. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal. En état de choc, elle se plie aux exigences de son bourreau. Elle est seule, sans défense, prise au piège dans un véhicule et personne pour les remarquer. Elle avait peur de fuir et d’être battue à mort. Elle ne se sentait pas de taille à lui tenir tête. «Il était très agressif. Il n’a pas eu besoin de sortir un couteau ou une arme à feu. Il m’a empoignée par les cheveux et les tirait pour me forcer à lui faire une fellation. Sans condom. J’étais affolée. J’ai pensé le mordre. Mais j’avais trop peur qu’il se déchaîne sur moi.»

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees-erotisme-danseuses-nuesÀ genoux, à se faire arracher les cheveux, Britanny se sent entre deux mondes. Sa peur prend toute la place. Elle ne réalise pas les gestes qu’elle pose tant elle est paniquée. «J’étais là mais j’étais absente», décrit-elle.

Un viol interminable

Britanny poursuit son cauchemar sans s’arrêter. Les images défilent dans sa tête. Des scènes crues, dures. Le bras de son agresseur qui passe au-dessus de sa tête pour atteindre la manette du siège pour l’abaisser et forcer ainsi la jeune femme à s’allonger. «Je savais ce qui s’en venait. Je l’ai supplié de mettre un condom. Il s’est étendu sur moi. Il m’a violé toute la nuit. Pendant 4 heures. C’était interminable», dit-elle encore ébranlée.

La jeune femme a réussi à se sauver alors que son violeur se retirait pour jouir. Elle s’est mise à courir, hystérique, au beau milieu de la rue, tout en se rhabillant. Des conducteurs, apeurés par son état, ont passé leur chemin. C’est un chauffeur de taxi qui a joué les bons samaritains. Il l’a reconduite jusqu’à sa porte gratuitement.

«Il a été très gentil. Il a essayé de me calmer. J’étais toujours en état de choc. Il m’a offert d’aller voir la police. Je ne pouvais pas. La police aurait alors su que je me prostituais. Et on m’aurait dit que rien ne serait arrivé si je n’avais pas fait la rue…»

Britanny sort de son cauchemar. La tension de ses souvenirs retombe. Elle se laisse aller à pleurer. Elle s’allume une rare cigarette pour se calmer. Puis elle replonge 13 ans en arrière.

L’après-viol

«J’ai pris des douches et des bains. Je me suis lavée, lavée. Pour enlever toute cette crasse. J’ai passé des tests pour savoir s’il m’avait refilé une maladie.» Les tests se révèlent négatifs. Mais l’attente de ces résultats s’ajoute au traumatisme d’avoir été sauvagement violée.

«J’ai été traumatisée pendant des mois. J’en faisais des cauchemars. Pendant au moins deux mois, peut-être plus, je ne me souviens plus, je ne recevais que mes clients réguliers. J’avais trop peur. Mais je devais payer mes comptes et mes habitués ne viennent pas me voir toutes les semaines», dit-elle d’une voix résignée.

Britanny ne voit pas d’autre solution. Elle retourne à la rue. «Je ne songeais pas à me trouver une autre occupation,  je ne pensais qu’à survivre.» Sur la rue, elle analyse sans cesse les clients potentiels qui l’abordent.  «J’avais peur des hommes. Même de mes clients réguliers. Je revivais mon viol avec eux. Dès qu’un client me prenait un peu vigoureusement, je l’arrêtais.»

Treize ans après le viol, Britanny reconnaîtrait facilement son agresseur. Mais avec le temps, ce visage ne revient plus la hanter. Elle est parvenue à l’oublier, à l’enfouir très loin. Pas complètement, mais assez pour vivre normalement. Sauf aujourd’hui. Le souvenir est frais. Comme si elle l’avait vécu hier. «Je ne veux plus y penser. C’était d’ailleurs mon dilemme, quand c’est arrivé. J’en parlais pour le faire sortir, mais ça me faisais trop mal car je le revivais.»

La journée de Britanny avait bien commencé. Mais son cauchemar a tout changé. Elle ira travailler dans quelques heures, un emploi légal, avec ces images sur le cœur. Puis, elle remisera ce visage au plus profond de sa mémoire. Jusqu’à la prochaine fois.

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Yanick ne devrait pas être en vie. Victime d’un sévère accident de voiture à 17 ans, les médecins ne lui donnaient pas 24 heures à vivre. Vingt ans plus tard, il regarde tous les obstacles qu’il a eu à franchir après avoir vaincu la mort.

Didier Tremblay | Dossier Santé

cascadeur-accident-cascade-filmRien ne distinguait Yanick des autres adolescents. Doué à l’école au début du secondaire, le divorce de ses parents l’amène à vivre une crise d’adolescence mouvementée qu’il noie dans l’alcool. Sensible comme bien des jeunes de son âge.

Face à face avec la mort

La journée s’annonçait joyeuse. Le 21 décembre 1990, à l’approche de Noël, Yanick et deux de ses amis vont en auto faire leur magasinage des fêtes. Le jeune homme est à l’avant, côté passager. Son ami est à l’arrière. Martin, un de ses meilleurs amis, conduit. Les trois sont de bonne humeur. Ils ne sont pas sous l’effet de l’alcool ou de drogues. La voiture ne roule pas à pleine vitesse. Malgré tout, leur vie bascule en une fraction de seconde.

Ils sont victimes d’un face à face. Sous l’impact, le passager à l’arrière est projeté vers l’avant. «Il n’était pas attaché. Il m’est rentré dedans.» Le cervelet de Yanick, qui régule la fonction motrice de son corps, absorbe le choc. «Plus tard, le médecin m’a expliqué que c’est ce qui contrôle le cerveau et que, dans l’accident, c’est comme s’il avait été dans un malaxeur.»

10 jours de coma

Yanick est emmené à l’hôpital d’urgence. Son état est critique. «Le premier diagnostic ne me donnait pas plus de 24 heures à vivre. Puis, à la fin de la journée, on me donnait 48 heures. Une fois ce délai passé, les médecins n’avaient plus aucune idée. Mais vu l’impact et les dommages à mon cervelet, ils prévoyaient 16 mois de coma. Et plus tu restes dans le coma, plus les séquelles sont graves.»

cascade-accident-cascadeur-film-actionLe 31 décembre, soit 10 jours plus tard, Yanick émerge à la surprise générale et contre toutes les prévisions médicales. «Je ne reconnaissais pas ma mère, mes amis. J’ai reconnu le père d’un de mes amis mais lui, je ne l’ai pas reconnu!» Le jeune homme est confus, désorienté. «Le coma, je ne le souhaite à personne. C’est le néant total. Quand tu te réveilles, tu n’as aucune idée qui tu es. J’ai halluciné mes amis, mon accident. À travers la fenêtre de ma chambre, à l’hôpital, je voyais la neige. Mais je n’en avais pas conscience. Je ne savais pas qu’on était en hiver.»

Réadaptation impossible

Un malheur n’attend pas l’autre. Yanick doit subir une trachéotomie après que le tube qu’on lui mettait dans la bouche pour le nourrir ait touché ses cordes vocales qui ont enflé. Son traumatisme crânien paralyse tout son côté droit qu’il ne peut bouger. «Mon médecin est venu me dire qu’il ne pensait pas que je serais capable de parler et de marcher. Il m’a énuméré plein de choses que je ne pourrais plus faire. Ma paupière droite était fermée, mon bras droit ne levait pas. Alors j’ai levé mon gauche et je lui ai présenté mon majeur.»

Yanick développe une volonté de vivre qu’il ne se connaissait pas. Il puise dans cette énergie pour se battre. «Ma mère était tout le temps avec moi, à l’hôpital. Il y avait souvent des amis qui venaient me visiter. Mais je me sentais seul parce qu’ils ne pouvaient pas se battre pour moi. Quand tu es dans un lit d’hôpital et que la moitié de ton corps ne bouge plus, tu ne sais pas ce qui se passe. J’ai dû me la poser, la question: est-ce que j’abandonne? La réponse la plus facile, c’est oui. Mais je me suis convaincu que je pouvais réussir.»

Le jeune homme est déterminé. Il va faire mentir tous les médecins qui ne croient pas qu’il se relèvera un jour. Il travaille sur son attitude. «Quelqu’un est entré dans ma chambre et je l’ai entendu dire: ‘‘C’est dont de valeur, t’étais si fin.’’ Je l’ai mis dehors immédiatement. Je n’avais pas besoin de ça. D’autres me disaient: ‘‘tu dois être furieux contre Martin qui conduisait.’’ Ben non. Je ne pouvais pas me payer le luxe d’avoir de la haine envers qui que ce soit. Fallait que je me batte pour moi, pour ma survie.»

À l’hôpital Charles-Lemoine, Yanick force son corps à lui répondre. Il doit réapprendre à parler et à marcher. «Je me fâchais souvent! Parce que réapprendre ces choses naturelles, à 17 ans, c’est dur.» Il parcourt inlassablement l’étage sur lequel il se trouve. «J’étais censé être avec une marchette. Mais je n’ai jamais voulu.» Quand il remarque que les infirmières le regardent, il s’accroche à la rampe pour qu’on ne lui impose pas de marchette. Après 3 mois et demi, il obtient son congé de l’hôpital. «Et je suis sorti sur mes deux jambes», dit-il fièrement.

Un survivant

Un an après son accident, la vie de Yanick reprend son cours. Il est en réadaptation pour rééduquer son côté droit, paralysé. Il est de retour à l’école, conduit sa voiture et joue même au rugby. «Je suis retourné voir mon médecin parce que j’avais un problème de crampe à la main. Ça me dérangeait, pour l’école. Le médecin, dès qu’il m’a vu, m’a dit de sortir tout de suite de son bureau : Yanick, tu ne devrais même pas être en vie. Tu devrais au mieux être un légume. Et tu marches, tu conduis, tu vas à l’école. Tu l’as fait tout seul. Alors fais la même chose pour ta main.»

Le jeune homme sort revigoré de cette rencontre. Il réalise à quel point sa volonté est puissante. Il termine son secondaire puis s’inscrit aux HEC. Faute de moyens financiers, il doit quitter avant d’obtenir son diplôme. Ce qui déçoit l’un de ses professeurs qui appréciait sa présence et son implication. «Si ça n’avait pas été de mon accident, je ne sais pas ce que je ferais aujourd’hui. Mais depuis, je ne peux pas me contenter de juste être bon. Il faut que je me dépasse. C’est mental. C’est moi qui me mets cette pression. C’est ce qui m’a fait tripper, avec la réaction de mon prof aux HEC. Je pensais que j’étais juste bon. Mais quand il m’a demandé de ne pas abandonner son cours, j’ai compris que j’étais plus que bon.» Yanick sent que sa volonté peut lui permettre de faire ce qu’il désire. Et comme il a déjoué la mort, il savoure la vie à chaque instant. En chemin pour sa séance de réadaptation, il remarque une agence de casting. «Je me suis dit, tiens, je pourrais faire ça, moi.

Un nouveau départ

Alors je suis allé suivre des cours de cinéma. Quand on me voyait jouer, les gens disaient ‘‘wow!’’ J’ai fait une pièce de théâtre. J’avais le rôle principal. Oui, il fallait que je travaille plus fort pour mémoriser mes textes. Mais j’ai le caractère pour ça.»
Yanick assure qu’il avait plusieurs contrats. Jusqu’au jour où il parle de son accident et de son traumatisme crânien. «J’ai été catalogué: incapable, handicapé. J’ai senti la différence. Alors j’ai fait de la figuration et du doublage.» Yanick n’en veut à personne. Comme pour son accident, il ne dirige pas sa rage vers les autres. Il s’en sert pour se motiver. Il veut être membre de l’Union des Artistes (UDA). Personne ne va l’en empêcher. Plutôt que d’être acteur ou comédien, Yannick développe ses aptitudes de cascadeur. Et c’est au siège social de l’UDA qu’il croise celle qui est devenue sa femme. C’est aussi pour elle qu’il abandonne le métier de cascadeur. «Je n’en fais plus! Parce que, quand tu es cascadeur, ce n’est pas juste au cinéma. Tu le deviens dans la vie!»

Yanick regarde le chemin parcouru ces 20 dernières années. Il n’est pas peu fier. «Qui aurait cru en 1990, alors que j’étais sur mon lit d’hôpital, que je serais devenu membre de l’UDA et marié avec un bijou de femme? Je ne devais même pas survivre! La vie m’a donné une deuxième chance. Et je l’en remercie. Mais j’ai eu des périodes difficiles. C’est fou de voir la réaction des gens une fois qu’ils savent ce qui m’est arrivé. Alors j’en parle rarement. Parce que les gens ne comprennent pas. Même les médecins ne comprennent pas. Je devrais être mort. Ou un légume. Et je veux plus que n’importe qui. Ça dérange. Ça fait chier. Mais ça ne fait que commencer. Je n’ai même pas 40 ans encore!»

Yanick aime la vie. Il touche un peu à tout. Il a travaillé auprès d’handicapés, de gens qui ont vécu un traumatisme crânien. Il fait des conférences de motivation pour expliquer comme la vie est belle et ce que la volonté en chaque personne peut faire. Et il pense retourner aux HEC, pour terminer ce qu’il a commencé. Parce qu’il ne veut pas juste être bon. Il veut être le meilleur.

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois.

Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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Schizophrénie: suis-je fou?

Ai-je les bons comportements sociaux? Mais quelle est la définition de la normalité? Afficher un beau sourire quand on vous diagnostique une schizophrénie? Dire merci quand on vous interne pour la quatrième fois? Être content quand votre beau-frère vous encourage à chercher un emploi pour schizophrène? Faire oui de la tête et s’écraser devant les docteurs qui vous disent d’accepter de prendre des médicaments toute votre vie?

Malick | Dossier Santé mentale

folie-sante-mentale-fou-etre-normal-signes-folie-schizophrenieJe ne crois pas. Je pense qu’il est normal de vouloir être normal. Que les mers tranquilles n’ont jamais fait avancer les voiliers.

Je n’ai jamais accepté ma maladie. Je crois que je ne l’accepterai jamais. Mes amis l’ont accepté.  Ils m’en parlent comme si la maladie définissait ce qu’ils sont. Ce n’est pas plus mal.

Sauf que moi, je veux me battre, distancer mes craintes. C’est pour ça que je suis encore convaincu que je vais un jour avoir une femme, des enfants et un emploi.

Examen de la folie

folie-schizophrenie-sante-mentale-fou-psychiatriqueMaintenant que le pire est passé, je peux raconter la crise existentielle par laquelle je suis passé. Si je retourne dix ans en arrière, je me rappelle la première journée de ma tourmente. C’était la veille du dernier examen du baccalauréat. J’avais les yeux plongés dans le miroir de la bibliothèque de l’université. C’est en m’observant que j’ai eu la conviction qu’une dualité m’habitait. D’une part le démon, un mal au sens biblique, gouvernait mon œil droit. Dans l’autre œil la pureté, le bien. Dérangé par cette révélation, j’entrepris de combattre l’œil malin. Il faut dire que j’avais toujours été fasciné par les histoires de religion. Cette idée donnait un sens à mon existence. C’est donc avec cette certitude que j’ai quitté le monde réel pour m’enfermer dans un autre univers.

Des folies pour vaincre mon œil droit, j’en ai faites. J’ai crié que j’aimais Dieu dans des lieux publics. J’ai marché dans des champs sans m’arrêter. J’ai coupé des arbres en leur demandant la permission. J’ai reçu la clé du paradis des mains de la Sainte Vierge. Je m’en foutais parce que je ne faisais de mal à personne dans ma quête de me libérer du démon. De fil en aiguille, mes théories devenaient de plus en plus complexes et précises. Jusqu’à me convaincre que si tout cela m’arrivait, c’est que j’étais un ange de Dieu qui devait passer par toutes ces épreuves pour évincer le démon en moi et pouvoir accomplir une grande destinée.

L’acte de trop

Et vint le jour où ma vie bascula. C’était en soirée. J’étais monté parler à ma sœur pour la réconforter. Elle me dit que sa vie allait mal et qu’elle avait de la difficulté à regarder l’ours en peluche que son ancien copain lui avait offert. Que ce dernier était possédé et qu’elle en avait peur. Qu’elle se sentait seule et que son chien était comme son psychologue. Elle lui parlait et il était le seul à la comprendre. Le lendemain, je prenais une hache et je tuais son chien. Elle me traita d’assassin, de meurtrier, de monstre. La police s’est  présentée à la maison familiale. Je me suis retrouvé en psychiatrie.

ambulance-ambulancier-premier-repondant-urgence-911Couché dans l’ambulance, attaché avec des sangles, escorté par quatre autos patrouilles. Les choses vont vite. Je me demandais pourquoi tout ce déploiement autour de moi. Étais-je une menace pour quiconque? Je venais de tuer un berger allemand avec une arme  tranchante. Je me sentais comme un meurtrier, quelqu’un qu’il faut craindre. Ce n’est vraiment pas agréable.

L’hôpital psychiatrique

Je passai la nuit avec des gens qui tournaient en rond, qui criaient, qui parlaient de démon et de Satan. Le lendemain, on m’a transféré dans l’aile psychiatrique. J’ai rencontré un psychiatre. Je l’ai vite compris, ce que j’allais dire allait déterminer le temps que j’allais passer enfermé.

J’ai essayé d’expliquer l’histoire en minimisant mon geste et en mettant l’accent sur le fait que c’était un animal. Que jamais je n’aurais fait de mal à un humain. Tout de même, j’ai raconté tout ce que je croyais. J’étais un ange avec un œil bon et l’autre mauvais. Ça m’a fait du bien sauf que cela m’a suivi durant mon séjour en psychiatrie.

Une fois les portes magnétiques de l’aile psychiatrique franchies, il n’y plus de retour en arrière. Vous vivez avec d’autres patients et le personnel médical. Tous les jours vous rencontrez un psychiatre. Vous mangez aux mêmes heures, vous vous couchez avec la fermeture des lumières. Il y a une hiérarchie parmi les malades de longues dates : les plus vieux sont respectés et les plus fous, craints. Il m’est arrivé de rencontrer des assassins qui, plutôt que d’être en prison, purgent leur sentence en psychiatrie. Ils n’ont pas l’air de meurtriers, souvent même ils affichent un beau sourire. Je me suis plutôt bien adapté même si je n’aimais pas être là. Je me suis fait une raison. Je me suis tenu avec ceux qui sont le moins affectés par la maladie.

Faire passer la pilule

A la fin de mon séjour, j’ai intégré un centre en santé mentale où j’ai fait du théâtre, du karaté, de la cuisine pendant un an. C’est là que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon chum de consommation. Durant cette période, j’avais déjà l’habitude de consommer de la marijuana et de l’alcool. Par l’entremise de cet ami, j’ai connu le speed qui, sur le coup m’a paru inoffensif. Sauf que la petite pilule magique est rapidement devenu un baume sur mes plaies.

Avec cette drogue, je me sentais fort et certain. Tranquillement, je me suis mis à consommer régulièrement et à sortir dans les clubs. Ce qui devenait dangereux, c’est que j’en prenais pour me sentir bien. Ma famille le savait et tout le monde en souffrait. Mes parents tentaient de me raisonner sur les dangers de cette drogue. Je n’écoutais pas. Trois fois par semaine, je passais des nuits blanches tout en sachant qu’il suffisait d’une pilule pour devenir légume. En plus je prenais des médicaments. Je faisais attention à ne pas me faire prendre mais j’étais soumis à des analyses d’urine tous les trois mois alors, forcément, le test a fini par se révéler positif.

Centre de thérapie Le Portage

Les docteurs ont donc décidé qu’il me fallait un traitement choc: le centre de thérapie Le Portage.

Mon entrée fut difficile. J’ai dû quitter ma liberté pour entrer au TSTM (Toxicomane Souffrant de Troubles Mentaux). Tous les jours, lever à 6h45, ménage et thérapie, thérapie et thérapie.

Les premiers temps, je pensais mourir. Les cinq premières semaines sans sortie ni téléphone. Mais rapidement, j’ai changé. J’ai accepté le programme. Je m’y suis fait des amis. Je suis devenu chef de la cuisine puis chef de la communauté. J’ai même arrêté de fumer la cigarette.

Même si j’avais beaucoup de réticence à me plier à cette thérapie, elle m’a libéré de mes habitudes. Je me suis rendu compte que je pouvais réussir à être heureux sans drogue. Ils m’ont supporté et m’ont fait travailler mes comportements et la gestion de mes sentiments. Il m’a fallu 13 mois pour franchir les 4 étapes de réhabilitation avant de pouvoir habiter en appartement supervisé et commencer une réinsertion sociale. J’en suis sorti grandi et capable d’être autonome avec un style de vie positif.

Folie de psychiatre

Une fois fiché en psychiatrie, on vous suit, vous observe, vous investigue. Il faut constamment peser ses mots. Parfois, une attitude suffit à inquiéter les médecins.  Pour prévenir une crise, ils vous envoient faire un séjour de 21 jours en psychiatrie.

C’est ce qui m’est arrivé à ma troisième hospitalisation. Cela faisait huit ans qui tout allait bien. Je rencontrais ma psychiatre pour fermer mon dossier. Je ne sais pas pourquoi mais pour moi c’était important. J’avais mis un habit pour la rencontre. Mauvaise idée! J’ai haussé le ton pour expliquer mon habillement. On a appelé un «code blanc» pour moi. Quand un patient semble incontrôlable, le personnel appelle à l’aide. Un autre petit 21 jours à l’hôpital. J’ai retrouvé mes appartements dans l’aile psychiatrique. Maintenant j’en fais des blagues mais, sur le coup… Bref ce fut ma dernière hospitalisation et j’espère la dernière.

Aujourd’hui je me considère comme heureux, j’ai mon petit appartement. Je participe à un programme d’Emploi-Québec. J’écris mon histoire chaque jour avec un peu plus de confiance à chaque réussite. Je n’ai pas changé le système, c’est le système qui m’a changé! Est-ce mieux, est-ce pire?… je reste convaincu qu’un jour les injections vont cesser.

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