Le business de la guerre dans les gangs de rue

Quand les gangs de rue entrent en guerre

Journal intime d’un membre de gang de rue qui veut s’en sortir. Général, membre très actif d’un gang de rue, change son fusil d’épaule et quitte le gang. À travers l’histoire de Général, Reflet de Société raconte la vie dans un gang de rue.

Dominic Desmarais | Dossiers Gang de rue et Criminalité

guerre-gangs-rue-montreal-nord-crips-bloods La vie de Général dans les gangs de rue a commencé au primaire, alors qu’il s’amusait à personnifier ses aînés. Puis, dès le secondaire, il s’identifie aux plus vieux en se bagarrant avec les ennemis de son clan. En vieillissant, Général est initié à la criminalité par le biais de son gang. La guerre prend un nouveau sens. Il ne défend plus une famille mais un butin. À mesure que l’argent entre, les ennemis se multiplient.

Général passe son adolescence à vouer une haine à ses ennemis, les Bleus. Petit à petit, il est embrigadé par les plus vieux qui l’initient au crime: vol, recel, vente de drogue, passage à tabac, incendie de commerces.

La rage dans un gang de rue

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pascal Sa rage se détourne peu à peu de ses rivaux. Il commence à prendre conscience de son goût pour l’argent. Il aime l’indépendance qu’il s’achète et le regard respectueux qui l’accompagne. À 17 ans, il n’écoute plus ses parents et s’éloigne de la maison. Il est un adulte qui gagne fort bien sa vie. Il couvre ses petites amies de cadeaux, s’offre une voiture de l’année, des bijoux, des vêtements. Il a de la classe. Ses amis, avec qui il roule, vivent de la même façon. Quand il les regarde, il voit sa réussite. Un dur au portefeuille bien garni qui a tout ce qu’il désire.

«J’ai remarqué que le danger et l’argent, ça attire le monde. Surtout les femmes! À chaque soir on faisait le party. On préparait nos crimes en chillant.» Le clan de Général compte quelque 70 membres. Le jeune voyou a l’embarras du choix s’il a envie de s’amuser. Et il possède l’argent pour festoyer comme il l’entend. «Je pouvais appeler un ami qui était déjà avec 5 gars. J’en appelais un autre, et c’était la même chose. Finalement, on se retrouvait à 30! On sortait et on ne faisait jamais la file. On pouvait dire n’importe quoi, faire du vacarme, être détestables, prendre toute la place dans le bar, personne n’osait nous dire de sortir. À Montréal-Nord, aucun bar ne pouvait nous refuser.» Général et son gang agissaient comme des tyrans même sur leur territoire. Rien à voir avec la guerre contre les Bleus où ils se posaient en défenseurs de leur quartier. La guerre changeait de visage.

Les Bloods et l’argent

rapper-general-rap-montreal-nord-hip-hopLa famille rouge se soude contre l’ennemi mais agit selon les intérêts de chacun. Il n’y a pas de structures, d’organisation. Les jeunes se rassemblent selon leurs amitiés et leurs affinités. «Il y en a qui veulent juste porter un gun. Ils entrent dans le gang avec leur haine. Ils sont là pour la violence. Ils veulent juste commettre des crimes. D’autres veulent une appartenance. Moi, c’était l’argent. J’étais plus un hustler qu’un trigger happy (gâchette facile). Mon crew, c’était le cash en premier.»

Au début du secondaire, Général se levait le matin pour mater du bleu à l’école. À la fin de son adolescence, c’est au pognon qu’il pense en se réveillant. «Moi je me lève le matin et je me dis: je veux une voiture. Mais si je n’ai pas gagné d’argent de la journée, je n’en dors pas! Ce n’est pas tout le monde qui fait de l’argent. Faut être wise, faut le vouloir. La majorité des membres de gang, je dirais 60 %, est pauvre. Vraiment pauvre. Ils dorment au gaz, ils ne font que traîner. Ils n’y pensent pas jour et nuit. Ils vivent dans la rue, vont dormir d’un appart à l’autre, chez des amis. On est une minorité à avoir un appart, un condo, une maison. Ceux qui traînent dans le métro, les petits revendeurs, ce ne sont pas des leaders. Ils ne sont pas sérieux.» Les centres d’intérêts des membres divergent en vieillissant. Les unions d’hier, la cause, s’effritent.

Le territoire des Bloods

gang-de-rue-montreal-nord-gang-rue-pelletier Le gang de Général cherche un territoire plus vaste à contrôler pour écouler sa drogue. Une drogue qu’il achète toujours aux plus vieux de son clan, la première génération des Rouges. De tous les groupuscules de sa génération, celui de Général roule le plus. «On faisait plus d’argent que les autres. Et on était les plus fous. Ça roulait. Le centre-ville, le West Island, Montréal-Nord. Juste avec 5 gars solides, tu peux contrôler un territoire. Et appeler du renfort au besoin.»

Quand il ne s’occupe pas lui-même de régler tout contentieux, le petit groupe de Général n’a qu’un appel à faire pour dénicher un membre qui peut faire un vol, intimider une personne ou même la descendre. «N’importe qui du groupe peut prendre une décision. Mais on les prend généralement ensemble. On s’appelle.»

Les Bloods au Centre-Ville contre les motards

gang-de-rue-rapper-general-hip-hop-gang Avides, Général et ses amis lorgnent du côté de la rue Saint-Denis, une artère importante à Montréal, pour agrandir leur territoire. «On savait que la rue appartenait aux motards. On y est allé à 20 pour attirer leur attention, montrer qu’on était là.

On vendait notre drogue. Jusqu’à ce que le boss du quartier nous aperçoive. Alors, on le confrontait. Et d’habitude, il n’y a pas grand monde pour s’opposer à lui.» Le groupe utilise un camé pour qu’il appelle son fournisseur et attend son arrivée. Ils l’ont ligoté et appelé son patron devant l’otage. «Si le boss ne voulait pas céder son territoire, on faisait passer notre message en battant son pusher.»

Général n’a pas d’émotion, quand il raconte cette partie de sa vie. Pour lui, c’est business as usual. «Nous, on tapait tout le monde. On s’en foutait, qu’ils aient des patchs. On était un gang, nous aussi. On a tapé deux ou trois de leurs gars. Ils ont dit ok, mais ne touchez pas à la rue Saint-Laurent. Vous abuseriez. Ce sont des guerriers, les motards», dit-il avec respect.

Général et son groupe, en plus de leurs visées expansionnistes, doivent protéger ce qu’ils contrôlent. Ce qu’ils ont fait aux motards, sur St-Denis, d’autres les imitent pour leur voler ce qu’ils possèdent.

La violence attire la violence

general-blood-gang-de-rue-montreal-nord-gangs Si l’un de ses jeunes vendeurs se fait tabasser par des ennemis qui lui envoient un message, Général doit réagir. «Je n’ai pas d’autre choix que de répliquer. Sinon, mon jeune n’aura plus confiance en moi. Et les autres non plus. On devait régler le problème. Dans ce milieu, tu sais qui ne t’aime pas, qui te surveille. C’est facile de faire parler quelqu’un. Si on juge que ça prend une raclée pour se faire comprendre, on le fait. Mais ça peut mal tourner. Car si on débarque dans un endroit et que les gens sont armés, tout peut arriver.»

Général et son gang se battent pour leur business d’abord. Ils marchent sur les plates-bandes des Bleus, des motards et de la mafia. Et leur affiliation aux Rouges les amène aussi à épouser les guerres des autres membres du clan. Les business des uns créent des problèmes à tous. «Les motards n’ont peur de rien. Ils ont des gangs qui existent juste pour tuer. Ils sont aussi salauds que nous. Eux aussi vont tirer dans le tas, peu importe qui est là. Ça a été nos plus grosses guerres. En fait, la guerre avec les motards a duré un an. C’était celle des plus vieux Bloods.» Général parle avec respect de ces ennemis avec qui il a croisé le fer. Mais le ton change quand il aborde le sujet de la mafia.

Mafia, police et politiciens

«Ce sont des peureux! Côté bagarres, ils ne peuvent pas répondre. Ils ont beaucoup plus que nous à perdre. On peut détruire leurs commerces. Eux ils peuvent juste nous tuer. Et ça va leur coûter 50 000$ pour engager un tueur qui va assassiner un seul gars! Nous, ça ne nous prend rien! Pendant la guerre avec les Italiens, en une soirée, on leur a brûlé sept bars! Ils perdent beaucoup. Ce qui les sauve, c’est qu’ils sont partout. Ils ont la police et les politiciens dans leur manche.»

Mais l’ennemi, quand on fait la guerre pour l’argent et le pouvoir, peut prendre les traits d’un ami. Même au sein de la famille, les frictions surviennent. Le meilleur ami de Général, très ambitieux et productif, s’est fait tirer dans la jambe par l’un de leurs bons camarades après que celui-ci lui ait fait comprendre qu’il ne rapportait pas assez d’argent. «Ils sont restés les deux dans le gang mais ils ne se parlent plus. Ça a divisé le groupe. Ils se parlaient dans le dos. Mais on vient de la même clique. Celui qui a tiré, on lui a fait comprendre qu’on n’était pas d’accord avec son acte. Je ne le voyais plus autant, après. Il a pris son trou.»

Le cycle des générations se poursuit. Les amis de Général, avec leur business, vont se distancer de la guerre, mauvaise pour les affaires. Ils vont laisser aux plus jeunes le soin de faire les mauvais coups pendant qu’ils font fructifier leur argent. La violence se poursuit.

Introduction Histoire des gangs de rue

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Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!

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Décès de Did Tafari Bélizaire

Did Tafari Bélizaire; conférencier en prévention du jeu compulsif

Did Tafari Bélizaire s’est investi très fort dans des conférences et devant les médias pour nous raconter les méfaits du jeu compulsif.

Raymond Viger | Dossiers Gambling et jeu compulsif

did-tafari-belizaire-gambling-suicide-jeu-compulsifC’est avec beaucoup de chagrin que j’ai appris le décès de Did Tafari Bélizaire. Did est décédé chez lui vendredi le 25 novembre. Mes plus sincères sympathies à sa famille, ses amis et ses proches.

J’ai eu la chance de travailler à plusieurs reprises avec Did. Un homme rempli de générosité et qui s’est donné corps et âme pour livrer un message aux jeunes sur les méfaits du jeu compulsif.

Reportage de Did Tafari Bélizaire

Notre journaliste, Patrick Alleyn avait publié dans Reflet de Société l’histoire de Did Tafari Bélizaire. Tout récemment, Dominic Desmarais avait fait un autre reportage qui devait être publié en février prochain. Reportage qui ne le sera possiblement pas. Un reportage que nous laisserons mourir tranquillement avec Did.

Did avait participé à notre DVD sur la prévention du jeu compulsif pour les jeunes, aux côtés de Biz de Loco Locass, Éléonore Mainguy et d’autres artistes.

Médias et Did Tafari Bélizaire

did-tafari-belizaire-gambling-suicide-jeu-compulsif-pathologiqueJe ne cacherai pas mon désarroi envers le départ de Did Tafari Bélizaire. Il s’est donné, sans compter, pour livrer son message de prévention du jeu compulsif. Il n’a cessé de faire les médias tel que Tout le monde en parle avec Guy A. Lepage.

Mais dans tout ce travail, qui soutien et paye pour le message qu’il peut livrer? Did Tafari Bélizaire était paraplégique, cloué dans une chaise roulante. Il était pénible pour Did de se déplacer en chaise roulante pour rencontrer, bénévolement, tous ces médias qui ont pu vendre de la copie et entretenir leur côte d’écoute. Souvent Did devait payer de sa poche le taxi pour se rendre bénévole pour livrer un message de prévention du jeu compulsif.

Injustice et amertume

Pendant que les agents de marketing de Loto-Québec sont payés à gros salaire pour nous vendre le jeu, des bénévoles se tuent à l’ouvrage et se retrouvent sans revenu.

Injustice et amertume profonde m’envahissent quand je pense à tout cela.

La famille recevra les condoléances au Complexe Funéraire de la Cité,

1600 Avenue Le Gendre à Ste Foy, Québec G2G 2W5

Vendredi le 2 Décembre de 19 h. à 22 h.

Samedi 3 Décembre de 12 h. à 13 h.30.

Les Funérailles auront lieu à 14 h, à l’Église St Benoit Abbé

3420 Rue Rochambeau, Ste Foy, Québec, G1X 2H1

Textes sur Did Tafari Bélizaire 

Ressources pour le jeu compulsif

  • Gamblers Anonymes et Gam-Anon (514) 484-6664 ou 1-800-484-6664
  • Narcotiques Anonymes (514) 249-0555 ou 1-800-463-0162
  • Nar-Anon (514) 725-9284
  • Alcooliques Anonymes (514) 376-9230

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Un Blood remise son bandeau rouge et quitte le gang de rue

Sortir d’un gang de rue

Les adieux de Général au gang de rue

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Dominic Desmarais | Dossiers Gang de rue et Criminalité

gang-de-rue-gangster-criminalite-criminel-generalGénéral a grandi au sein de la famille des Rouges. À 9 ans, il commence à les représenter. Adolescent, il mène la guerre contre les ennemis jurés de son clan, les Bleus. Puis, avec le temps, le soldat se mue en criminel lucratif. Un séjour en prison pour vol à main armée lui a fait comprendre qu’il est temps de quitter cette famille. Mais briser le lien est difficile. Changer de mentalité aussi.

Général sort de prison à 21 ans. Il vient de passer les trois dernières années de sa vie derrière les barreaux. Et il doit, pour les deux ans à venir, se soumettre à plusieurs obligations. Il est en sursis. Il doit garder la paix, se présenter à son agent de probation, faire des travaux communautaires, se trouver un emploi ou retourner à l’école. Il doit également respecter un couvre-feu qui l’oblige à demeurer chez lui de 22 heures à 6 heures du matin. «J’avais 21 ans. J’étais toujours un hors-la-loi. Je n’ai pas respecté mes conditions. J’ai travaillé pendant trois mois sur des ailerons de voiture. Pour le satisfaire, je donnais des papiers à mon agent attestant que je continuais de travailler. La seule chose, c’est que je devais être là pour recevoir son appel. Il le faisait entre 23 heures et minuit. Dès que je lui avais parlé, je partais. J’allais vendre. Ça ne m’a pas arrêté.»

Des appels, Général en rate plusieurs. Il doit retourner au tribunal s’expliquer. Il est mis à l’épreuve pour une période de 6 mois. «Je ne pouvais plus manquer d’appels et j’ai décidé de retourner à l’école pour terminer mon secondaire. Mais je n’y allais pas souvent. Je ne dormais pas de la nuit. Je vendais.»

Un blood se questionne

gang-de-rue-blood-crips-gangs-criminaliteGénéral continue son business. S’il se fait interpeller par un policier, la prison l’attend illico. Il fait davantage attention, fait  profil bas. Une fois son sursis terminé, il est arrêté pour extorsion. C’est le retour au pénitencier jusqu’au procès. Général y reste six mois avant d’être déclaré innocent. Mais ce deuxième rappel à l’ordre le bouleverse. «Là, j’ai commencé à me poser des questions. Je l’ai gardé pour moi. Je ne voulais plus faire d’activités flagrantes. Quand les gars voulaient faire une action grave et qu’ils m’appelaient, je n’y allais pas. Je ne voulais pas retourner en dedans. Mais j’étais toujours un blood. Je les représentais.»

Général est mal à l’aise. Il nage entre deux eaux. Il continue à frayer avec sa famille Rouge, à pousser pour faire encore plus d’argent. Mais quand il est question de livrer bataille, il se sent comme un étranger. Ce n’est plus pour lui. Il ne se reconnaît plus, lui le premier à vouloir se battre, à être de tous les coups durs.

Intérieurement, il se sent de plus en plus seul. Jusqu’à ce qu’un autre membre lui fasse part de son propre malaise. «J’avais un ami, un arabe, qui se questionnait aussi. On s’appuyait. On avait un emploi tous les deux, alors on restait plus souvent chez nous. Mais on se présentait aux événements et aux réunions du gang. On était moins présents, les autres savaient qu’on travaillait à l’extérieur. Mais on était toujours des membres.»

Fuir le gang de rue

Général décide de prendre ses distances pour quelque temps afin de comprendre ce qu’il vit. «Je suis allé chez ma sœur, à Ottawa. Je voulais m’en sortir. Mais j’avais toujours ma mentalité street.»

Général observe la vie de la rue, à Ottawa. Il remarque qui contrôle la vente de la drogue. Tout naturellement, il se lie avec eux et les relie avec sa famille de Montréal-Nord. «À Ottawa, ça ne joue pas fort comme à Montréal. Ici, on allait tabasser le monde pour dire que c’était nous qui contrôlions le territoire. Ça ne se faisait pas vraiment à Ottawa… avant que je n’arrive!»

Général se bâtit un gang de Rouge dans la capitale fédérale. Il coupe les ponts avec eux aussitôt qu’il revient à Montréal. Une première rupture qui l’aidera plus tard à quitter sa famille de Montréal-Nord.

Pendant son séjour à Ottawa, son gang s’habitue à ne pas le voir dans les parages. Peu à peu, le lien se défait. «Ils me voyaient de moins en moins. Un gang, ce n’est pas comme les motards. On n’a pas de comptes à rendre. C’est plus facile de quitter. On ne me tirera pas parce que j’en sais trop. Quand je suis revenu d’Ottawa, on m’a juste dit Yo Général, t’étais où? J’étais parti habiter chez ma sœur à Ottawa.»

La désaffiliation d’un gang de rue

Général quitte graduellement les Blood et sa mentalité de criminel. Mais il vit seul son processus de désaffiliation. «Je ne l’ai pas dit à mes proches. Quand on me demandait pourquoi on ne me voyait plus, je répondais que j’étais relax. Je ne leur ai pas dit que je voulais partir. Ce n’est pas du monde attentif. Je n’ai pas peur de le dire mais ils ne sont pas réceptifs. Certains ne l’accepteraient pas. Ces dernières années, ils ont vu que j’avais changé. S’il fallait battre quelqu’un, faire peur à du monde, on m’appelait de moins en moins. Je disais que je voulais changer de vibe. Ils le voyaient. Mais certains ne comprenaient pas. Ils agissaient mal avec moi. Général nous laisse tomber? Il se prend pour qui? Dans un gang, tu dois toujours être présent, actif. Je m’éloignais encore plus d’eux.»

Son second séjour en prison le pousse à se questionner. Il n’a pas envie de passer ses jours derrière les barreaux. Il ne veut pas être ce genre de modèle pour ses parents, ses frères et sœurs. «J’en avais marre que le monde autour de moi souffre. Je voulais le meilleur pour ma famille, pour mon petit frère. Plus il vieillissait et plus je m’investissais auprès de lui. Il fallait que je lui montre l’exemple. Ce n’est pas la prison qui me donnerait l’occasion d’accomplir quelque chose.»

Mais changer de mentalité est ardu. Général en souffre. «Ça m’a pris subitement. J’avais peur de me faire prendre, peur du temps que j’avais à perdre en prison. Je «paranoïais»,  je voyais des morts, je vomissais. Je n’étais vraiment pas bien dans ma peau. J’ai réalisé que j’avais une vie devant moi. J’ai pris conscience que si je passais ma vie en dedans, je perdrais ma copine, ma famille et mes amis disparaîtraient.»

Après cette bataille avec la folie, Général reprend le contrôle de sa personne. «Je me suis réveillé un matin et j’ai décidé que c’était terminé. C’est la volonté. Comme un fumeur qui veut arrêter. J’étais tanné. Je ne voulais plus de cette vie. Je m’éloignais du monde qui pouvait m’apporter des problèmes.»

L’exil du gang de rue

Pour se faciliter la vie, Général quitte Montréal. Il accompagne sa petite amie qui part étudier à Sorel-Tracy. Il s’isole avec elle. «J’ai changé de numéro de téléphone. Seuls mes proches l’avaient. Pas de membres du gang. Ma copine allait à l’école et moi je voulais changer d’air. Au début, à Montréal, elle me voyait arriver avec beaucoup de stock. Mais quand j’ai décidé d’arrêter, je ne touchais plus à rien. J’ai fait des démarches pour me trouver un emploi et terminer mon secondaire. Je commençais à être dans ma bulle. Ma copine voyait que j’étais seul, que je ne sortais pas de la maison. J’étais toujours stressé. Couper sec, ce n’est pas facile. Je n’étais toujours pas bien. Je changeais de mentalité et le monde autour de moi ne comprenait pas. Je n’avais pas le goût d’aller voir mes amis parce que je savais que ça finirait mal.»

Général, dans son cocon à Sorel-Tracy, épuise toute sa paranoïa. Il se métamorphose. «C’était dur parce que je devais changer complètement mon mode de vie. Je devais tout changer. Refaire mon cercle social, trouver le moyen de faire de l’argent. Comment j’allais payer les factures? Ça me stressait. Avant, quand j’avais besoin d’argent, c’était facile. Juste à vendre. C’est là que j’ai commencé à m’investir dans la musique. J’y défoulais ma rage. L’énergie que j’ai mise dans la rue, je l’ai mise dans le rap. J’ai commencé la réalisation vidéo. J’ai fait un DVD de musique. Pour faire de l’argent. Et ça n’a pas été long avant que je m’intègre à la communauté hip-hop québécoise. Je sais comment vendre un produit. Je me suis bien débrouillé avec mon DVD. Ma mentalité de revendeur m’a aidé pour vendre ma musique!»

Le rap, sortie de secours à un gang de rue

Après son sevrage du monde, Général sort de l’ombre. Le plaisir qu’il avait de chiller avec les gars de son gang, il le retrouve avec la famille du hip-hop. Il crée des liens qui ne sont pas criminels. Et il se sert de son expérience de la rue pour s’exprimer dans sa musique. «Quand tu veux changer, le bon monde vient à toi. J’avais la volonté de changer, de faire mieux, de passer un message.»

Le passé de Général l’handicape. Il le limite dans ses mouvements. Il ne peut, par sa musique, rejoindre un public hostile à sa vie antérieure. «C’est sûr qu’il y a des secteurs où je ne peux pas aller. Je suis connu. J’ai encore des ennemis. Je suis fraîchement sorti de mon gang. Des jeunes des quartiers Pie-IX et Saint-Michel m’ont demandé d’aller tourner des vidéos chez eux. Je ne peux pas. Mon nom est encore gravé dans la tête de certains. Même si j’ai changé, je ne peux pas aller dans le camp ennemi pour dire que j’ai arrêté. Ils s’en foutent.»

Les remords d’un ancien blood

Général aimerait bien tourner la page de son parcours de blood. Mais pour y arriver, il faut d’abord qu’il fasse la paix avec lui-même. «J’aimerais m’excuser publiquement. Mais j’ai fait trop de mal à certaines personnes pour qu’elles acceptent. Comme pour moi. Je suis rentré à 9 ans dans les Rouges quand j’ai vu mon cousin se faire tabasser devant moi. Mais j’ai tapé du monde devant leurs petits frères et je les ai forcés à choisir leur camp. C’est la même histoire que j’ai vécue. C’est une roue. Je m’en rends compte. La violence engendre la violence. Tous les jeunes ont une histoire qui y ressemble. Ceux qui entrent solidement dans un gang, c’est qu’ils ont une raison sérieuse. Les autres, ils ne font que suivre. Ceux qui m’ont fait du mal, je ne les excuse pas nécessairement. Mais je dois en faire un deuil. Ce qui ne veut pas dire oublier. Ceux à qui j’ai fait du mal, je ne leur demande pas d’oublier. Mais qu’ils sachent que j’ai changé. Que je ne m’intéresse plus à la violence.»

Général sait bien qu’on ne peut réécrire le passé. Avec son expérience des gangs, il se met à rêver de ce qu’il aurait pu accomplir. «Si c’était à refaire, si je pouvais reculer de 15 ans, je ne serais pas entré dans les blood. Plutôt que d’amener des jeunes à faire du business, je les aurais fait rapper. J’en sors des gangs, des jeunes. Je leur montre qu’il y a d’autres manières d’arriver à s’exprimer, à sortir de la rue. Si j’avais fait ça dès le début, plusieurs en seraient sortis.»

Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

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      Au pénitencier fédéral, il y a quelques prisonniers qu’on ne voit pratiquement jamais. Il évite de sortir de leur cellule sauf en cas de nécessité, uniquement.

      Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville | Dossiers Prison, Criminalité, Autisme, Santé mentale

      sexualite-prison-sexe-prisonnier-pénitencierPlusieurs raisons expliquent ce comportement, la plus commune est la peur qu’il porte en eux d’être jugé une seconde fois par un tribunal carcéral qui ne fait dans la dentelle.

      Les auteurs de crime crapuleux qui furent sévèrement invectivés par la population, risque un second traitement plus corsé par leurs codétenus car les corrections finissent parfois en véritables boucheries. En gang, les détenus ont la fâcheuse tendance à la compétitivité dans leur méchanceté.

      Prison et psychiatrisés

      Il existe un autre groupe de détenus qui tentent de passer entre le mur et la peinture, ce sont les psychiatrisés. Ils ne sont pas des auteurs de crimes crapuleux, mais leur crainte incontrôlable de l’univers carcéral les angoisse. Emprisonnés à l’intérieur d’une enceinte de prison, ils en fabriquent une seconde dans leur tête, là ou il est impossible de s’évader.

      centre-jeunesse-prison-dpj-systeme-carceral-prisonnier-penitencierUn reportage dénonçant les conditions de détentions qu’aurait vécu Simon Marshall lors de sa détention au pénitencier résume très bien ce phénomène.

      Simon Marshall

      Solitaire et sans défense Simon fut: battu, volé et agressé de manière presque journalière par ses codétenus. Ce jeune autisme, accusé à tort d’être un violeur en série, fut libéré de toutes accusations après une vérification de son ADN, (très tardive, qui fut exécutée seulement à sa seconde condamnation), ce qui le disculpa de toute accusation criminelle. Il fut libéré d’un pénitencier puis interné en psychiatrie. Il n’y a jamais eu de commission d’enquête sur tous ceux qui avaient participé à cette affaire qui s’est révélé un véritable fiasco judiciaire. Donc, tout est encore en place pour que ce reproduise ce genre d’incident.

      Combien de fois j’ai vu un détenu détourner l’attention de sa petite personne, en ridiculisant ou abusant d’un cas psychiatrisé en l’utilisant comme bouc émissaire. Ils sont des cibles idéales pour des détenus aveuglés par leur propre ignorance.

      Folie et prison

      Qu’il n’en déplaise à l’honorable Pierre-Hugues Boisvenu, plusieurs cas psychiatrisés le deviennent suite à une série d’épreuves qui sont au-dessus de leurs capacités: perte d’emploi, divorce, infidélité, faillite, cancer, deuil, accident. Hé oui! Ces évènements entraînent parfois des gens dans la folie et aujourd’hui la folie est criminalisée.

      Qui voudrait défendre ces condamnés, ils ne rapportent rien aux avocats et encore moins à la société. Quel lobby pourrait subsister avec une clientèle aussi peu recommandable? Pour ceux qui vivent avec une sécurité d’emploi en acier, ainsi qu’une immunité relier à l’exercice de leur fonction… ce sont des concepts qui échappent à leur entendement… j’imagine.

      Gambler et prison

      Il existe aussi ceux qui ont des problèmes de jeux. Ceux-là vivent leur passion jusqu’au bout de leur capacité, mental, monétaire et physique. Ils ne vivent que pour gagner ce qu’ils ont déjà perdu. C’est une course en rond qui ne se termine jamais, semblable au chien courant après sa queue, alors que celle-ci restera inaccessible tant et aussi longtemps qu’il n’acceptera pas de faire la coupure.

      Cette compulsion est aussi puissance et vicieuse qu’une drogue dure avec des conséquences tout aussi tragique. Nous ne les voyons jamais. Il s’enferme dans une salle à carte ou à l’intérieur de leur cellule pour s’abandonner à leur vice. Ils s’endettent en empruntant à tous et chacun, souhaitant de toutes leurs forces récupérées leur mise initiale. Cette mise étant un retour vers l’équilibre restera inaccessible tant et aussi longtemps que leur pari sera placé dans une pensée magique que les loteries exploitent aux détriments des plus pauvres, mais cela est un autre sujet.

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      Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

      Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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      Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

      This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

      Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

      teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

      Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

      This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

      Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

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      Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

      Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.  

      Le temps vu par un prisonnier

      Maudit par les condamnés, louangé par les banquiers et disséquer par les horlogers. Le temps est une notion qui varie au gré des humeurs ou des circonstances qu’on rencontre durant notre passage sur terre.

      Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville | Dossiers Développement personnelPrison

      centre-jeunesse-prison-dpj-systeme-carceral-prisonnier-penitencierLe temps défile en trottant de ses talons aiguilles sur un plateau minute tout en découpant tel un chirurgien, l’espace de notre vie. Celle que nous tentons de remplir de bonnes heures et mal heures selon nos habilités individuelles à l’amélioration, à l’apprentissage des parcours que nous engageons durant notre excursion terrestre.

      On s’inquiète souvent du jour ou nous commenceront à vieillir, pourtant ce jour débute à notre naissance. Il faut pour la plupart, attendre de traverser l’insouciance de nos jeunes années pour qu’on puisse aborder le temps avec la considération qu’il mérite.

      Le temps, éternel

      sexualite-prison-sexe-prisonnier-pénitencierEn vieillissant, on réalise que rien n’est éternel et surtout que personne n’est irremplaçable, en commençant par soi. Les priorités doivent changer pour en améliorer son appréciation. Devenir le meilleur se transforme en devenir le mieux, car le temps passé à tenter d’éblouir les autres assombrit significativement notre relation avec nous même.

      Pour donner un sens à ma vie, j’ai décidé d’observer autour de moi. Ceux que j’ai connus et qui sont partis de reculons avaient tous un point en commun, le regret d’avoir perdu autant de temps à essayer d’en gagner plus ou à impressionner les autres. Ceux que j’ai considérés comme les plus sages, disparaissent sans éclats mais avec une quiétude enviable. Ce qui les distinguait des autres étaient leur relation avec la vie. Ils ont donné à la vie au lieu de tenter de la dévaliser comme moi j’ai fait. Ceux-là sont rares, en presqu’un demi siècle de vie, j’en compte seulement deux. Ils ont frappé si fort mon imagination que je recherche à chaque nouvelle rencontre des traces de leurs passages.

      L’illusion du temps

      Je perdu beaucoup de mon temps pour atteindre des objectifs illusoires. En croyant augmenter ma valeur par des acquisitions matérielles, j’y ai perdu mes valeurs morales et spirituelles. Le bonheur ne s’acquière pas, contrairement à ce que raconte les publicitaires. Il est semblable à une légère brise qui passe à l’improvise en s’invitant sur nos joues pour y faire pousser un sourire contagieux. Qui monte à nos yeux pour y peinturer douceur, tendresse et bienveillance. Hé oui, le bonheur peut ouvrir des cœurs de rocs pour y planter de jeunes et délicates fleurs. Il est insaisissable, il voyage selon le cours des évènements sans qu’on sache ou et quand il s’arrêtera. Il ne faut pas l’attendre à la gare car il est un état et non un arrêt.

      Le temps de notre vie vaut ce qu’il donne aux autres et non ce qu’il prend, et ce indépendamment du résultat escompté. C’est à ma connaissance, la meilleure recette que la voie offre à ceux qu’ils veulent s’empiffrer d’une nourriture qui rassasie. Là ou je donne de mon temps, je reçois la vie en abondance et celle-ci détruit mes envies de compensation par du matérielle de consommation.

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        Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
        4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

        T-shirts et Sweat-shirt graffiti hip hop

        Nouvelles couleurs de T-shirt et Sweat-shirts

        Le Café-Graffiti présente ses nouvelles couleurs de T-Shirts

        Le rouge, rose et vert fluo s’additionnent au noir, bleu, gris et blanc.

        Raymond Viger | Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire,

        t-shirt-personnalise-sweat-shirts-impression-tshirt-tee-shirtsLa collection de T-Shirts et de Sweat-shirts du Café-Graffiti vient de se bonifier de quelques couleurs supplémentaires.

        Pour les T-Shirts, le rose et le vert fluo viennent de faire leurs entrée. Une sérigraphie blanche présente le Café-Graffiti.
        Pour les Sweat-shirts, le rouge est présenté avec une sérigraphie noir, tandis que le rose arbore une sérigraphie blanche.
        Une belle occasion d’augmenter les couleurs de votre garde-robe ou de la débuter.

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        Une co-publication entre Delphine Caubet et Raymond Viger. Photographies Georges Dutil. Une couverture de l’artiste Geneviève Lebel. Le livre est disponible en édition de luxe (30 pages en couleur) à 24,95$ ou en noir et blanc à 19,95$ (plus 4,95$ taxe et livraison). Aux Éditions TNT. (514) 256-9000.

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