Les murales de Fanny Aishaa et les autochtones

Peindre avec la nature

Une muraliste et l’environnement

Fanny-Pier Galarneau adopte le nom d’artiste Aïshaa qui signifie «celle qui vit». Plus jeune, c’est le nom qu’elle pensait donner à sa fille. Fanny Aïshaa est une nomade. Elle voyage à travers le monde avec la volonté de donner vie aux murs qu’elle rencontre et qu’elle partage avec les communautés.

Raymond Viger DossiersPorte-folio, Murales, Vidéos, Autochtones

fanny aïshaa muraliste autochtone environnement muraleFanny Aïshaa voyage pour créer des projets participatifs avec les communautés. L’artiste veut dépasser sa simple perception d’une communauté pour la faire participer à sa création. Une façon bien à elle de partager sa passion d’apprendre, d’écouter les histoires de ceux qu’elles rencontrent.

«Je crois tellement à mon rêve. Tout est magique dans la vie et j’ai besoin de le transmettre. Les médias sont empreints de beaucoup de négativité: beaucoup de mauvaises nouvelles ou encore c’est toujours de la faute du gouvernement, des industries, des autres…

«C’est trop facile de juste être contre. C’est important de développer du positif, des solutions, de montrer où on veut aller et de regarder comment on nourrit ces problèmes politiques et économiques», affirme une Fanny engagée.

Une guerrière pacifique

En plus d’un père qui dessinait avec Fanny en observant la nature, sa mère a été très importante dans son cheminement.

«Elle a été extrêmement malade. Une guerrière qui a combattu 3 cancers et défié les statistiques médicales. On l’appelle le petit miracle. Avec sa force d’esprit, l’amour et ses rêves, elle s’est battue très fort pour nous. Elle m’a toujours enseigné l’importance de l’équilibre intérieur, la spiritualité et l’importance de l’expression de nos émotions, l’art de vivre. Elle a fait de l’art-thérapie aussi durant les épreuves. Son énergie de vivre, malgré qu’elle soit passée proche de la mort aussi souvent, a donné encore plus de valeur à la vie, au besoin de suivre mes rêves et de respirer chaque instant. Créer est une façon de dire merci à la vie à chaque seconde.»

«Mes parents ont valorisé la différence. J’ai été élevé dans une famille d’accueil. J’ai connu plein de jeunes de la DPJ avec des souffrances lourdes. Le regard des gens est le reflet de leurs âmes. Sans que personne ne connaisse leurs histoires, ils vivaient de terribles jugements. C’est pourquoi je peins beaucoup de visages. Différents visages de gens parfois dans l’ombre, mais qui ont de précieuses histoires, des leçons de vie incroyable», nous raconte l’artiste qui a un grand respect des différents peuples qui ont développé des savoir-faire pour vivre en synergie avec la nature.

Terre des Haïdas

fanny-aishaa-murale-graffiti-muraliste-street-art-urbain-culture-hiphopLes animaux et la nature font aussi partie des peintures et des murales de Fanny. «Ils font partie de notre communauté et de l’environnement qui nous entoure. Il faut célébrer la diversité des cultures dans le monde comme un reflet de la diversité de la nature. Les 2 sont indissociables.»

Le talent de Fanny, son amour de la nature et ses projets participatifs avec les communautés autochtones lui ont valu l’obtention d’une bourse pour une résidence d’artiste en plein cœur du Gwaii Haanas National Reserve Park sur Haïda Gwaii (Terre des Haïdas, île de la Reine-Charlotte) en Colombie-Britannique.

«C’est une île qui a survécu à l’époque glaciaire. On y retrouve les plus gros ours noirs au monde, des forêts enchantées, une nature sauvage inimaginable. C’est féérique. On entend les aigles chanter et s’appeler toute la journée. Pendant que je peignais, des phoques sortaient de l’eau pour nous regarder. D’immenses corbeaux dansaient et faisaient la fête sur les toits. J’ai fait de la peinture avec des jeunes et des aînés», nous raconte cette nomade qui, pendant ce voyage, n’arrêtait pas de penser à la nécessité de protéger la beauté précieuse des forêts québécoises et les territoires ancestraux autochtones.

Baie-James

En 2011, avec Sophie Boivin, Fanny se retrouve dans la communauté crie de Wemindji de la Baie-James.

Sur une même murale, Fanny a peint avec des gens de tout âge. Les jeunes ont partagé leurs rêves, leurs idées. Les aînés ont ensuite exprimé à l’artiste leurs rêves pour la jeunesse: que les jeunes restent connectés aux traditions ancestrales. «La sagesse de toutes ces nations autochtones et leur relation étroite et millénaire avec le territoire sont précieuses pour nous tous, peu importe nos origines. C’est fou comment l’art nous a amené dans pleins de communautés, pour y écouter des histoires et apprendre des savoirs précieux», nous raconte une artiste encore émerveillée.

Celle qui rêve d’opérer éventuellement une maison de guérison par l’art en pleine nature montagneuse, proche de la forêt et de l’eau, n’a qu’une mission pour sa continuité: «J’espère ne jamais perdre mon cœur d’enfant. Je vois le monde comme une boule de Noël que l’on secoue. Je regarde la neige briller sans savoir où elle va tomber.

«J’aimerais que les peuples se rencontrent et partagent leurs différences, leurs savoirs dans le respect. Je veux continuer de voir la beauté, la magie du monde naturel et surtout, conserver mon imaginaire, ma créativité et ma liberté.»

Autre texte sur Fanny Aïshaa: Rencontre avec Fanny Aishaa

Fanny Aïshaa a une galerie virtuelle que vous pouvez visiter.

Vidéos murales graffiti:

Autres textes sur Autochtone

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Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

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35 Réponses

  1. Bonjour!

    Comment faites-vous pour recevoir, recruter de tels reportages variés et riches en expressions? Ce témoignage du jour et saisissant et plein de messages sur les valeurs et le respect de la vie.

    Je souhaite que les messages transmis par « Fanny » soient exploités Les expériences qu’elle a eu sont à retenir sans oublier de dire qu’il est dur d’échouer,mais qu’il est pire de ne pas essayer de réussir sachant que chaque jour reste jour une vie! Et puis on peut dire « jouis du jour présent,sans te fier du monde au lendemain (Horace)

    Merci de vous occuper de ce que vous faites par l’intermédiaire de la revue.

    Félicitations très cordialement

    L’auvergnat.

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  2. Bonjour Auvergnat.

    Nous vivons un journalisme terrain très riche en découverte de toutes sortes. Nous vivons depuis 20 ans avec les jeunes et les aidons à prendre leur place, à expérimenter, à s’exprimer…

    Nous ne cherchons pas les sujets de reportage. Nous vivons au milieu d’eux.

    Une aventure extraordinaire.

    Au plaisir,

    Raymond.

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  3. Très bonnes article! Merci Raymond!

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  4. Merci pour votre commentaire et votre présence.

    Raymond.

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  5. […] Les murales de Fanny Aishaa et les autochtones […]

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