Culture autochtone

Normand Charest | Dossier Autochtone

Nous avons pu lire des textes, des discours impressionnants de chefs amérindiens du 19e siècle, comme ceux de Chef Joseph ou de Sitting Bull, la plupart du temps traduits et écrits en anglais par des auteurs blancs. Mais Zitkala-Ša (1876-1938) est une écrivaine sioux, une femme au talent littéraire reconnu en son temps, dont les textes furent publiés, entre autres, dans les magazines Harper’s et Atlantic, de 1900 à 1902. Puis dans le American Indian Magazine dont elle fut la rédactrice en chef de 1918 à 1920.

Histoire des Indiens d’Amérique

Son livre le plus apprécié regroupe des Histoires amérindiennes (American Indian Stories) qui racontent son enfance traditionnelle dans un tipi, habillée de peau de daim et de mocassins, à courir dans les herbes hautes, élevée par une mère qui «ne m’enseignait aucune peur, sauf celle de s’imposer aux autres».

À l’opposé, nous retrouvons la pression, la présence de plus en plus contraignante des Blancs. Son éducation dans une école résidentielle de l’Est, où elle apprit à parler l’anglais, à lire et à écrire cette langue, loin de sa mère et de sa culture.

Nous découvrons la déchirure entre la vie libre, harmonieuse et naturelle de la fillette sioux des prairies de l’Ouest, aimée et respectée parmi les siens… Et la vie rude, froide et cruelle imposée aux enfants indiens dans les écoles blanches de l’Est, où on voulait les transformer.

La tragédie des pensionnats «indiens», dont on entend parler dans l’actualité, était déjà une réalité vers la fin du 19e siècle, et l’auteure sioux nous en offre un des premiers témoignages directs. Le témoignage d’un déracinement.

Papiers de la culture blanche

«Pour les papiers de l’homme blanc [les diplômes qui lui permettront d’enseigner dans des écoles indiennes], j’ai abandonné ma foi dans le Grand Esprit», écrit-elle. «Pour ces mêmes papiers, j’ai oublié le pouvoir de guérison des arbres et des ruisseaux. Parce que la conception de la vie de ma mère me paraissait trop simple, et que je n’en avais aucune, je l’ai délaissée. Je ne me suis fait aucun ami parmi les Blancs qui me repoussaient. Comme un jeune arbre, je fus déraciné de ma mère, de la nature et de Dieu.»

«En établissant ces écoles pour nous éduquer, disait-elle, les Blancs se sont vantés de leur charité envers les Indiens d’Amérique du Nord. Mais peu se sont demandé ce qui se cachait derrière cette prétendue civilisation qu’on nous offrait, la vie véritable ou la mort durable».

Le texte suivant, intitulé «Prière d’une Indienne au sommet d’une colline (printemps 1919)», est un retour aux sources de son enfance et une profession de foi amérindienne.

Grand esprit, pour le don superbe de la conscience individuelle, je remercie d’un cœur débordant! Pour ta grande loi qui protège ma place dans les espaces où s’accrochent la myriade d’étoiles, le soleil, la lune et la terre, je remercie de toute mon âme!

Le long de mon sentier dans les terres sauvages, des rêves terribles m’assaillent la nuit et le jour, et je crains la destruction. Ta puissance m’éveille! Alors, oh alors, je me réjouis de réaliser que les désastres terrestres ne peuvent tuer mon esprit. Je te remercie de m’éveiller!

Pauvre dans une terre d’abondance, sans amis dans une tanière de voleurs. Sans nourriture ni vêtements, malade et fatiguée de la terre… voilà les terreurs de mes rêves, de nuit et de jour. Grand esprit, je te remercie de me réveiller!

Personne ne peut me priver de toi! Et du don de la vie consciente, en esprit!

Au sommet de la colline, je prie, je sens ta présence proche. Ma force est renouvelée comme celle de l’aigle. Un nouveau courage m’apporte sa vision. Je vois l’aube de la justice pour les Indiens, même sur la terre; et maintenant, Grand Esprit, mon cœur est plein de joie!

Zitkala-Sa a fondé le National Council of American Indians en 1926, pour militer en faveur du droit des Autochtones des États-Unis, un organisme qu’elle dirigea jusqu’à sa mort en 1938.

Références

  • Zitkala-Ša (1876-1938), American Indian Stories, Legends, and Other Writings, Penguin Classics.

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Bistro le Ste-Cath

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