Agriculture, relève et souveraineté alimentaire

Politique de souveraineté alimentaire:

Pour soutenir l’agriculture québécoise

réflexions sociales débats sociétéLe 3 juillet, nous avons parlé de la ferme familiale menacée au Québec. Dans son numéro d’été 2013, le magazine Forces publie un reportage sur l’avenir des exploitations agricoles au Québec qui aborde le même thème. D’autre part, la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement québécois offre un espoir d’amélioration.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Agriculture

La relève étouffée par le prix des terres

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On apprend dans le reportage de Forces que plus de 300 fermes familiales disparaissent chaque année chez nous. On a parlé d’une absence de relève et d’une absence de capitaux. La relève n’est pourtant pas un problème réel, puisque les études en agriculture continuent d’attirer un bon nombre d’étudiants.

En fait, beaucoup de jeunes aimeraient reprendre la ferme familiale où ils travaillent déjà depuis leur enfance. Le sentiment d’appartenance au milieu agricole demeure fort et les emplois en ville ont peut-être perdu un peu de leur pouvoir d’attraction.

Mais le père ne peut donner sa terre à ses enfants, puisque sa vente constitue son fonds de retraite ; et comme les fermes peuvent valoir maintenant plusieurs millions de dollars, la tentation de vendre est importante.

Or, le fils n’a pas les moyens d’acheter l’entreprise. Sauf si ses parents la lui donnent, du moins en partie. Les parents peuvent choisir de demeurer actionnaires de la ferme, tout en la vendant graduellement à leurs enfants. Ils sacrifient les millions qu’ils obtiendraient lors d’une vente pure et simple, mais ils assurent d’autre part une relève familiale qui leur tient à cœur.

Une politique de souveraineté alimentaire

Le prix des terres agricoles a augmenté de 400 % depuis 1990 et le danger qu’elles soient achetées par des spéculateurs est bien réel. Le gouvernement québécois réagit à cette menace et travaille en ce moment à modifier dans ce but les lois existantes : la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents et la Loi sur la protection des territoires et des activités agricoles.

Le gouvernement Marois vient aussi de présenter sa Politique de souveraineté alimentaire qui suit quatre « axes », la deuxième étant « L’occupation dynamique du territoire » qui comprend ces deux points : « garantir l’intégrité du territoire agricole pour les générations futures ; assurer l’accessibilité des terres agricoles aux entreprises agricoles et à la relève. »

Au-delà de ces formulations, nous croyons que le gouvernement démontre sa reconnaissance du problème ainsi que sa volonté de protéger l’agriculture québécoise.

Quelques réactions à cette politique

Une brève revue de presse nous montre que cette politique gouvernementale a été en général bien accueillie, et même applaudie. En voici quelques exemples.

À ce propos, Josée Boileau du Devoir écrit :

« Si l’on excepte l’opposition, qui n’a jamais pour vocation d’applaudir le gouvernement, l’Union paysanne, qui ne sera satisfaite que le jour où l’UPA tombera, et le National Post qui, à la une, a ridiculisé le projet en le déformant, François Gendron peut se féliciter. Tout le milieu agroalimentaire québécois a, avec raison, salué sa politique de souveraineté alimentaire. Une avancée, enfin ! »

Et elle conclue son éditorial sur ces mots :

« Ajoutons que les attentes sont énormes en matière agricole. S’y croisent l’économie, l’occupation du territoire, l’environnement, la qualité de vie… et l’alimentation ! Des visions s’affrontent. C’est tout à l’honneur du ministre Gendron que son plan ait été accueilli avec ouverture et accompagné de la création d’une table de concertation où une quinzaine d’organismes des plus divers pourront discuter de sa mise en œuvre. L’agriculture n’est plus sur une tablette. C’est un très heureux changement. »

Cela résume bien la situation.

De son côté, Équiterre se réjouit aussi de cette politique et souligne ces points :

« Le fait de favoriser l’achat local dans le réseau public et les sociétés d’État ;
l’intention de dévoiler une stratégie d’achat local avant la fin de l’année ;
l’inclusion d’une orientation visant à réduire l’utilisation des pesticides ;
l’intention d’accroître la protection du territoire agricole en milieu urbain ;
une reconnaissance du besoin de réduire des gaz à effet de serre, en toute cohérence avec les orientations du gouvernement à cet égard. »

Le journal Les Affaires accueille de manière également positive cette nouvelle et cite les paroles du ministre de l’Agriculture, François Gendron selon lesquelles : « D’autres modifications pourraient être apportées pour mieux protéger les terres contre l’étalement urbain » (en plus des deux lois mentionnées plus haut).

Puis le site de l’Agence Science-Presse (ASP) résume la nouvelle en mentionnant que cette politique

« met l’accent sur la promotion des aliments du Québec dans toute la chaîne de distribution (y compris les hôpitaux, les écoles et les garderies), sur l’importance de la relève de la main d’œuvre et sur la protection des terres agricoles contre la spéculation. De plus, les exploitations serricoles [les serres] bénéficieront de réductions tarifaires sur leur consommation hydroélectrique, ce qui leur permettra de diminuer leurs coûts énergétiques, d’améliorer leur compétitivité et de contribuer au développement durable. »

Nous comprenons qu’il y a beaucoup d’intervenants dans ce domaine et autant de points de vue différents, mais il faut se réjouir du fait qu’on en parle déjà plus (que ce n’est plus sur la tablette, comme l’écrivait Josée Boileau) et que cela devienne un véritable enjeu pour l’ensemble de notre société.

Références : la Politique de souveraineté alimentaire ; puis la revue de presse : Le Devoir, Équiterre, Les Affaires, Science-Presse.

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