Rencontre avec les jeunes représentants du Sommet

Un bain d’enthousiasme et de bonne volonté

Entrevue avec les quatre représentants du Sommet des jeunes, en août 2013: Fatima Diaby et Vincent Quintana de la France, ainsi que Judeisy de Léon et Ursy Ledrich du Québec.

Normand Charest et Ginette Cyr-Charest     DOSSIER Médias, Politique, Jeunes

À la question : « Pourquoi vous êtes-vous impliqués ? », Fatima répond : « Parce que nous avons réalisé que nous vivons la même chose au Québec et en France, en tant que jeunes, et que ce genre de réunion, de Sommet n’existe pas en France. » Judeisy ajoute : « Chaque jeune doit se trouver pour être bien dans sa peau. Et c’est en m’impliquant dans ce projet que j’ai découvert mon intérêt pour les implications sociales. J’ai compris que chaque petit geste compte, que les petites batailles font les grandes guerres. » Puis Vincent : « Ça prend quelqu’un pour commencer les changements, et cela entraîne les autres. C’est comme le berger à la tête du troupeau. » Ursy : « J’étais déjà impliqué dans un projet sur la place des Noirs. Et de là, j’ai réalisé que les jeunes des autres communautés, que tous les jeunes vivaient aussi des problèmes semblables. Les jeunes doivent s’investir dans des actions utiles à la société, et briser ainsi l’image de voyou qu’on nous renvoie trop souvent. »

À la question du racisme, Ursy répond : « On a un peu enterré le passé, à ce propos, on ne veut plus tellement parler de la discrimination, mais les vieilles frustrations demeurent. » Les vieux stéréotypes reviennent facilement, en cas d’incompréhension, et il faut favoriser la communication entre les communautés, sinon chacun se cantonne dans ses préjugés. En France, nous dit-on, le profilage dans les demandes d’emploi est encore bien présent. On vous juge encore selon votre nom et selon votre lieu de résidence. Si vous avez un nom étranger et que vous habitez dans une cité (une banlieue « sensible »), vos opportunités d’emploi sont minces.

Les jeunes voient-ils des solutions à ces problèmes ? 

Selon Fatima : « Les politiciens doivent laisser de la place aux jeunes pour qu’ils agissent dès maintenant dans la société. » Judeisy : « Il faut encadrer les jeunes et leur faire comprendre que “Tu peux devenir ce que tu veux”, mais que tu dois travailler pour y arriver. » Vincent : « Il faut souligner l’importance de l’éducation pour y arriver, pour eux, et pour leur propre avenir. Tout le travail à faire est là. » Ursy : « Dans la région de Montréal, nous avons des Tables de concertation jeunesse, mais ce sont des adultes qui y agissent et les jeunes n’y sont pas représentés. On a refusé du financement pour notre tournée auprès des jeunes de la province, sous prétexte de dédoublement, alors que la tournée gouvernementale reprenait nos idées à nous et qu’elle n’allait pas vers toutes les classes sociales. »

À la question « Comment voyez-vous votre relation avec les plus vieux ? », nous avons été surpris par le respect démontré dans les réponses. Ursy : « On doit le respect aux aînés. Mais ce respect doit être réciproque et sincère, il doit venir du cœur. Si c’est le cas, nous obéirons volontairement aux aînés, puisque ce sont eux qui ont l’expérience. » Judeisy : « Il faut que l’aîné ait de l’espoir en moi. »

Les jeunes et la politique

Notre admiration devant leur maturité et leurs ressources nous amène à leur demander s’ils ne souhaitent pas se lancer en politique. Ursy nous répond : « En tout cas, pas une politique de bas étage, une politique de magouilles (et tous acquiescent en même temps), et seulement si je peux y croire. » Vincent : « Dans mon cas, je ne crois à aucun parti existant. Ils sont tous les mêmes. Alors, je devrais former mon propre parti ! » Judeisy : « Je ne me vois pas dans un parti, mais en tout cas, je veux être militante à vie. »

On leur demande : « Comment voyez-vous votre avenir ? » Et Fatima répond : « Je veux avancer dans la liberté d’expression, dans la liberté d’action. » Vincent : « Je veux aider les jeunes, comme ils n’ont pas beaucoup été aidés, et leur donner ce que nous n’avons pas eu. » Judeisy : « Je m’oriente vers l’humanitaire. En tout cas, je ne veux pas contribuer au capitalisme et à la production. » Ursy : « Je rêve tout haut : je voudrais aider les jeunes Africains, pour qu’ils connaissent leur passé et qu’ils sentent qu’ils ont quelque chose de positif à contribuer. »

Que voulez-vous ajouter à des paroles aussi belles qu’authentiques ?

Ces quatre jeunes seront aussi interviewés par Le Devoir, 24 Heures, TVA, Radio-Canada ainsi que d’autres médias. Et leurs amis les taquineront, en leur disant qu’ils sont maintenant devenus des vedettes. « C’est émouvant ! » nous dira Fatima.

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