Et s’il était possible de contrer la douleur sans avoir recours aux analgésiques ? Les dés-luxations d’épaule, ponctions lombaires ou sutures sont autant d’interventions douloureuses qui ne nécessiteront bientôt plus de médicaments antidouleur. La solution : utiliser la réalité virtuelle pour immerger le patient dans un autre univers.

Un texte de Alexandra Bachot – Dossier Santé

Jardin japonais, forêt peuplée d’animaux ou montagne enneigée sont au rendez-vous des mondes immersifs que l’on découvre en 3D et à 360°. Le patient est ainsi plongé dans le confort et l’apaisement des lieux, à travers des perspectives, textures, couleurs et ambiances sonores. « Nous proposons un mode contemplatif, dans lequel le patient effectue un voyage guidé, et un mode interactif, dans lequel il peut jouer de la musique, faire de la peinture, résoudre une énigme », explique Reda Khouadra, directeur général et concepteur des univers graphiques de la start-up Healthy Mind.

L’idée qui a germé dans la tête de trois jeunes ingénieurs français a rapidement séduit les établissements de santé. Preuve de l’avant-garde de la proposition, le programme leur a valu d’être primés par l’université d’Adélaïde en Australie et de figurer parmi les quinze lauréats, sur 388 candidats, d’un appel à manifestation d’intérêt “Hôpital du futur” lancé par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

L’intérêt pour les technologies dans le milieu de la santé résulte de deux causes principales : l’amélioration et la baisse de prix des casques de réalité virtuelle et l’attention portée à la lutte contre la douleur. « C’est un support qui apporte du confort au patient en permettant une diminution de l’anxiété et des doses d’antalgique », affirme le docteur Olivier Ganansia, chef des urgences de l’hôpital Saint-Joseph, à Paris.

Catherine Bernard, médecin anesthésiste-réanimateur qui pratique l’hypnose depuis sept ans corrobore ce constat : « La diminution des besoins en morphiniques et en narcotiques, qui ont beaucoup d’effets nuisibles, sera la préoccupation majeure en anesthésie dans les années qui viennent. De manière complémentaire à l’hypnose, la réalité virtuelle peut proposer une ‘échappée belle’ passant par une immersion sensorielle ».

Avec la création de nouveaux univers, la prise en compte en temps réel, par le monde virtuel, des paramètres physiologiques du patient fait partie des évolutions sur lesquelles travaille Healthy Mind. « Les possibilités d’améliorations sont sans limites », estime Timothée Cabanne, président de la société en évoquant les perspectives offertes par l’intelligence artificielle.

En complément à Reflet de Société +

Le réalité virtuelle est bien connue dans le milieu du divertissement et des jeux vidéo. Le milieu médical s’y intéresse de plus, notamment en matière de santé mentale. Un reportage d’Arte.

Autres textes sur Santé

Suggestion de lecture

Autres livres pouvant vous intéresser