Une viande 100% créée par l’humain et la technologie serait en passe de voir le jour. Digne d’un épisode de science-fiction ? Pas si sûr. Des start-up américaines se sont lancé le défi de révolutionner la consommation de viande en proposant des alternatives à base de cellules animales cultivées en laboratoire.

Un texte de Alexandra Bachot – Dossier Santé

Le dernier projet en date conçu en Israël par Aleph Farms se nomme SuperMeat. La promesse de la société tient en une phrase : produire des morceaux de poulet à partir de cellules prélevées « sans douleur ». Sur son site, SuperMeat explique davantage son procédé basé sur le slogan « Same meat, different way ». À la suite du prélèvement, les cellules sont reproduites en laboratoire afin de réaliser une viande à l’aide de la technologie 3D.

Avant SuperMeat, c’est le « Frankenburger » qui avait bouleversé le milieu scientifique. Pionnier dans le domaine de l’alimentation artificielle, le premier burger « in vitro » était élaboré à partir de cellules souches de vaches. Depuis, plusieurs start-up ont misé sur ce créneau, notamment Future Meat Technologies qui garantit une production de muscle et de graisse non génétiquement modifiés. A San Francisco, Memphis Meat cultive du bœuf, du poulet et du canard de laboratoire, en utilisant des méthodes similaires à SuperMeat. L’avantage : sa production n’utiliserait qu’environ 10% de l’eau nécessaire à l’agriculture animale classique.

En effet, ces nouvelles start-up ont pour ambition de changer durablement le système de production de la viande en se positionnant sur des enjeux environnementaux. L’objectif premier est d’apporter une réponse à une crise alimentaire jugée inévitable, en limitant l’élevage des animaux.

Ces sociétés avancent également l’argument d’une réduction des émissions de gaz à effets de serre ainsi que l’utilisation moindre de ressources naturelles.

Loin d’être fantaisistes, ces technologies ont le mérite d’attirer de plus en plus d’investisseurs de renom. Memphis Meat est parvenu à convaincre Bill Gates, ainsi que l’homme d’affaires Richard Branson et l’ancien PDG de General Electric, Jack Welch. L’industrie agro-alimentaire voulant s’inscrire dans l’innovation, investit également. C’est le cas du géant américain de la viande Tyson Foods qui a pris des parts dans Future Meat Technologies et Memphis Meat.

Seul problème, le coût de toutes ces productions est encore très élevé et aucun produit n’est disponible à la vente. Cependant, certains spécialistes misent sur une commercialisation dans les cinq ans à venir.

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