Des étudiants du cégep John Abbott ont écrit sur la crise sanitaire de la Covid-19, dans le cadre d’un cours de français portant sur les médias. Plusieurs d’entre eux n’ont pas pu célébrer l’atteinte de la majorité en compagnie de leurs amis. En confinement, ils ont pris conscience des impacts de la pandémie dans la vie de tous. Un regard privilégié sur le quotidien des jeunes isolés depuis beaucoup trop longtemps.

Un texte de Julia Pazdan | Dossier Coronavirus et Famille

Le 4 avril 2020, à deux heures du matin, mon père a été emmené en ambulance à l’hôpital. Nous étions tous atteints de la COVID-19 alors qu’on en savait peu sur le virus. Tout le monde en avait très peur. Pendant plus d’une semaine, mon père a été placé sous respirateur, aux soins intensifs. Il était dans un état critique et ses chances de survie, faibles. 

Ma mère appelait constamment pour s’informer de l’évolution de son état. Tous les scénarios possibles défilaient dans notre tête et nous empêchaient de dormir. La situation se détériorait chaque jour. Ma sœur et moi avons donc décidé d’annuler notre session au Cegep, dans le but de soutenir notre mère le mieux possible. Celle-ci était extrêmement malade; nous-mêmes n’avions pas la force de quitter nos draps. Nous sommes restées alitées pendant deux semaines, affligées par les difficultés respiratoires causées par ce virus. 

La perte de l’odorat, du goût, les crampes musculaires ainsi que de la fièvre comptent aussi parmi les symptômes que nous avons ressentis. Mes grands-parents nous ravitaillaient et laissaient les denrées à notre porte. Je recevais des appels quotidiens de la Santé publique; ils supervisaient notre quarantaine pour s’assurer que notre état était stable et que nous tenions le coup à la maison. 

Ç’a été un moment très difficile qui s’ajoutait à l’inquiétude suscitée par le destin de mon père. Et ça s’avérait d’autant plus pénible, par la suite, de voir des individus négliger les règles de la Santé publique et s’en vanter sur les réseaux. 

Au 10e jour suivant le départ de mon père, bonne nouvelle! Il est rétabli et peut revenir à la maison. Récupérer aura été long pour nous tous. Je n’ai pas recouvré l’odorat avant quelque mois et mes poumons n’ont pas encore atteint leur pleine capacité.  

Même si plusieurs agissent comme si la pandémie n’existait plus, je suggère, jusqu’à l’éradication du virus, une application stricte des règles sanitaires. Votre vie ou celle de vos proches valent bien tous les efforts pour en limiter la propagation.

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