Des étudiants du cégep John Abbott ont écrit sur la crise sanitaire de la Covid-19, dans le cadre d’un cours de français portant sur les médias. Plusieurs d’entre eux n’ont pas pu célébrer l’atteinte de la majorité en compagnie de leurs amis. En confinement, ils ont pris conscience des impacts de la pandémie dans la vie de tous. Un regard privilégié sur le quotidien des jeunes isolés depuis beaucoup trop longtemps.

Un texte de Anas Tatari | Dossier Coronavirus et Économie

Il y a quelques jours de cela, j’ai été engagé comme commis d’épicerie chez Costco.  J’ai suivi une formation pour le poste, avec quatre autres employés. L’un d’eux avait 19 ans. Un autre en avait 28 et un autre, 50. J’ai été surpris que des candidats de ces âges sollicitent un tel emploi et j’ai trouvé étrange qu’on leur offre le même salaire qu’à moi, puisque je croyais qu’on cherchait des étudiants. 

La personne qui donnait la formation nous a demandé de lui décrire notre vie et d’énumérer nos passe-temps, afin de mieux nous connaître. Pour ma part, j’ai répondu que je consacre la majorité de mon temps aux études, ce qui m’en laisse peu pour les loisirs. Les deux recrues de 28 et de 50 ans avaient des histoires intéressantes à raconter.

La première a expliqué avoir voyagé à travers le monde. « Dès que j’ai eu fini l’école, il y a sept ans, je suis devenue agente de bord, et j’ai donc eu la chance de visiter plusieurs pays, dont le Japon et les États-Unis, et ce, toutes les semaines », nous a-t-elle confié.

J’étais fasciné par son histoire et je trouvais dommage que son métier soit tombé à l’eau à cause de la Covid-19. « Depuis le début de la pandémie, la plupart des agents de bord ont été suspendus ou même congédiés. Me retrouvant dans cette situation, j’ai décidé de postuler chez Costco pour gagner un salaire pendant ces temps extraordinaires, souligne-t-elle. Le fait de ne plus pouvoir voyager et de ne plus exercer mon métier m’affecte énormément. Le seul côté positif de ma situation, c’est que la sédentarité me permet finalement de bâtir une famille au Québec. » 

L’employé de 50 ans, lui, nous a expliqué avoir été propriétaire d’une compagnie de bois qui générerait des revenus importants, avant le début de la pandémie. « J’ai travaillé au sein de l’industrie du bois pendant plus de 30 ans. Mon entreprise familiale, comme plusieurs autres compagnies, a été affectée par la Covid-19 au point de faire faillite. Les derniers temps ont été très ardus pour moi et il me semble que les trente ans que j’ai investis pour la compagnie ont été gaspillés. J’ai même dû renvoyer vingt de mes employés. 

Le fait que la pandémie l’ait tant bouleversé m’a vraiment touché. Je ne pourrais m’imaginer dans une telle situation. Qu’il ait dû abandonner une entreprise familiale pour des raisons qui échappent à son contrôle me consterne.  J’ai réalisé à quel point il faut reconnaître ce que l’on a, qu’on ne devrait pas tenir la vie pour acquise, et qu’il faut également apprécier le moment présent. La pandémie a chamboulé la vie de plusieurs personnes et mérite d’être prise au sérieux. Mais, avec tout ce qu’on vit actuellement, il faut par-dessus tout garder espoir.

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