Des étudiants du cégep John Abbott ont écrit sur la crise sanitaire de la Covid-19, dans le cadre d’un cours de français portant sur les médias. Plusieurs d’entre eux n’ont pas pu célébrer l’atteinte de la majorité en compagnie de leurs amis. En confinement, ils ont pris conscience des impacts de la pandémie dans la vie de tous. Un regard privilégié sur le quotidien des jeunes isolés depuis beaucoup trop longtemps.

Un texte de Matthew Hyoeen Kang | Dossier Coronavirus et Racisme

Ce n’est pas la première fois que nous faisons face à une pandémie mondiale. Il y a eu la fameuse grippe espagnole de 1918. Cette fois-ci, nous choisissons de nous distancier socialement pour vaincre la Covid-19. Je ne vais plus à l’école, puisque je peux suivre mes cours en ligne. Je continue néanmoins de me rendre au travail, en portant un masque. Ce qui a changé le plus pour moi, c’est la façon dont les clients me traitent. 

J’ai remarqué que plusieurs d’entre eux, pour la plupart des personnes âgées, commençaient à me jeter des regards étranges. Ils tentaient de m’éviter pour plutôt s’adresser à un autre employé. Je ne prétends pas que je ne m’étais jamais fait regarder malicieusement auparavant, mais je me suis aperçu que ces occasions se multipliaient. Mais ça, ce n’est rien… 

Un jour de travail, durant l’été 2020, on me demande aux caisses pour aider un client. Je me précipite vers l’avant du magasin, puis me présente:

  • Bonjour monsieur, que puis-je faire pour vous, aujourd’hui?

C’était un client en apparence ordinaire, plutôt âgé et qui semblait avoir de la difficulté à parler. Cela n’allait pas l’empêcher, cependant, de répondre en ces mots :

  • Attends, c’est lui tu m’envoies pour m’aider? J’veux pas un Chinois sale à côté de moi. C’est à cause d’eux que je dois porter cet esti de masque, dit le monsieur à la caissière.
  • Excusez-moi, qu’est-ce que vous venez de me dire?
  • T’m’as entendu, je l’sais. Arrête de faire l’con pis va-t’en. Amenez-moi un blanc, je n’veux pas parler à un Chinois. 

Moi, je suis d’origine coréenne. Me faire dire que je suis un sale Chinois ne me plaît pas beaucoup. Mais, devant une telle situation, j’ai su que la meilleure chose à faire était d’appeler le gérant pour qu’il règle le problème. Quand il est arrivé, le client pensait que les choses allaient se passer comme il le voulait, mais mon gérant l’a plutôt expulsé!  Le racisme n’est pas toléré à mon travail : heureusement!

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