Des étudiants du cégep John Abbott ont écrit sur la crise sanitaire de la Covid-19 dans le cadre d’un cours de français portant sur les médias. Plusieurs d’entre eux n’ont pas pu célébrer l’atteinte de la majorité en compagnie de leurs amis. En confinement, ils ont pris conscience des impacts de la pandémie dans la vie de tous. Un regard privilégié sur le quotidien des jeunes isolés depuis beaucoup trop longtemps.

Un texte publié sur Reflet de Société | Dossier Coronavirus et Santé mentale

La maladie mentale durant la pandémie (Antonia Gallo)

Avec la pandémie, plusieurs ont perdu des membres de leur famille ou leur emploi. De nombreux adolescents ont mentionné souffrir de dépression et d’anxiété à cause du confirment. L’histoire de Julia, 19 ans, m’a particulièrement marqué. 

Au début, j’aimais l’idée du confinement. J’avais besoin d’une pause. Par contre, après un mois, j’ai commencé à me sentir très seule. 

À force de passer beaucoup trop de temps ensemble, mes parents et moi avons vu notre notre relation devenir conflictuelle. Pour éviter les disputes, je ne leur parle presque plus. Je reste dans ma chambre la plupart du temps. 

Je n’ai aucune motivation pour mes études. D’ordinaire, je préfère me lever pour aller à l’école. Depuis que l’école est en ligne, je fais suis toutes mes classes cours dans mon lit, et je ne me lève que pour manger. 

J’ai aussi perdu l’intérêt de rester en contact avec mes amis. J’ai Je suis tombé en dépression et j’ai commencé à prendre des antidépresseurs. Je passe mes journées dans mon lit, à penser à ma vie avant la pandémie. J’essaye de retrouver un sens à ma vie, mais je commence à perdre espoir. 

Je me sens extrêmement seule. Je ne sais pas si je vais pouvoir endurer cela longtemps.

La pandémie vue par de jeunes cégépiens

Le jour de la marmotte (Angulo Sanchez)

Le 13 mars 2020, ce qui semblait être un vendredi ordinaire, était en fait la dernière journée ordinaire. Le coronavirus n’était plus un murmure, la bulle venait d’éclater. 

  • Être obligé de rester à la maison après huit heures. 
  • Se sentir comme un prisonnier. 
  • Ne pas donner un câlin à mes amis. 

Je n’ai jamais pensé qu’un geste aussi beau et simple qu’un câlin deviendrait craint et que ma propre maison ressemblerait à une cellule de prison. Ne  pas voir ni mes amis, ni ma famille me rend malade. Ne pas voir ma mère me brise le cœur. 

Chaque jour est la même chose quesemblable à la veille. Je passe de ma chambre à la cuisine et de la cuisine à mon bureau. Je vois les mêmes murs et la même personne tous les jours, mon père, qui travaille de 13h30 à 21h30. Le reste de la journée, je suis seul,; comme un animal en cage. Une boucle sans fin, grise, déprimante et ennuyante, devenue une habitude. 

Mon père m’a dit qu’il ne pourrait pas voir sma mère cette année, tous les vols sont annulés. Ce qui l’attriste le plus, c’est qu’elle a 95 ans, combien de temps il lui reste-t-il à vivre?
J’aimerais avoir la même attitude que ma sœur de 11 ans. La situation est effrayante et triste, mais j’ai pu passer plus de temps avec mes frères. Je me suis améliorée à l’école. La pandémie pousse les gens à changer. Tu as simplement à choisir si tu veux rester figé ou si tu veux avancer.

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Suggestion littéraire

L’art des fous

Ceci est de la littérature brute, non filtrée, extraite le plus souvent en première pression, à chaud. Pas toujours loin de la crise. Les textes sont authentiques, originaux et servis tels que reçus. Ils témoignent de la réalité intime des auteurs, qui ont entre 9 et 35 ans. Pour plusieurs, c’est une première expérience d’écriture qu’ils ont choisi de faire partager. Pour d’autres, c’est leurs failles intérieures et leurs doutes qu’ils exposent, alors même qu’ils les découvrent.

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