À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, le Centre d’éducation et d’action des femmes de Montréal (CÉAF) a organisé une manifestation contre le harcèlement de rue.

Un texte de Camille Cusset publié sur Reflet de Société – Dossier Culture du viol et Société

Une vingtaine de femmes, de tous les âges, étaient réunies mardi 8 mars pour dénoncer le harcèlement de rue dans le quartier Hochelaga, prêt du viaduc situé au coin des rues Ontario et l’Espérance. Une bannière avec l’inscription Le harcèlement de rue, CHAT CHUFFIT!!! a été déployée pour souligner l’exaspération des manifestantes face à cette problématique.

Audrey Simard et Geneviève Guernier, la créatrice de la bannière, ont du retirer la bannière suite à des menaces de citoyens Crédit photo : Camille Cusset

L’organisme rapporte qu’au moins trois femmes ont été agressées par des inconnus  au cours du dernier mois  à proximité de la station de métro Frontenac. « Elles ont été harcelées verbalement, suivies avec insistance, menacées à la pointe d’un couteau ou agressées sexuellement », a déclaré Audrey Simard, organisatrice communautaire et militante au CÉAF.

Harcèlement des mineures

D’après les recherches menées par l’organisme, les jeunes filles sont victimes de harcèlement de rue dès leur plus jeune âge. Cecil Murray se souvient de la première fois qu’elle a été agressée : elle était dans l’autobus et un homme a essayé de passer la main sous sa jupe. Elle était en huitième année.

Pour résoudre ce problème de société, Audrey Simard estime qu’il faut agir dans le milieu éducatif. « On a besoin d’outiller les enseignants et les travailleurs sociaux pour que les jeunes filles soient accompagnées », explique-t-elle pendant la manifestation.

Crédit photo : Camille Cusset

L’organisme réclame des actions politiques afin d’offrir des programmes d’éducation à la sexualité promulgués par des sexologues, pour
« pour parler de consentement et d’égalité entre les genres ».

Action sociale

Sur les solutions, le collectif est unanime : c’est la sanction sociale qui empêchera les harceleurs de récidiver. De plus, la réaction des témoins permettrait de délégitimer les actions commises à l’encontre des victimes.

« Ce qui m’a le plus choquée quand cet homme m’a agressée, c’est que personne n’a réagi », raconte Mme Murray. Par ailleurs, la sanction sociale semble la plus appropriée dans la mesure où la sanction policière n’aboutit que rarement dans le cas du harcèlement de rue.

Le CÉAF est un organisme à but non lucratif fondé en 1972. Son objectif est de  lutter contre l’isolement des femmes et de leur permettre – en collaborant avec d’autres femmes – d’atteindre l’autonomie financière et affective.

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