Exposition autochtone à Frontenac

Femmes autochtones

Exposition à Hochelaga sur les disparues

Le 30 avril 2015 a été inaugurée l’exposition « Oubliées ou disparues: Akonessen, Zitya, Tina, Marie et les autres » à la Maison de la Culture de Frontenac à Montréal. Pour cette exposition, 7 artistes autochtones ont été invitées à représenter la condition de ces femmes.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

Femmes autochtones oubliées, disparuesCette exposition a été un choc pour moi, car il y a peu d’œuvres, mais elles percutent.

Celle qui m’a le plus marqué est l’œuvre d’une artiste anonyme. Sur tout un pan de mur, des tableaux de femmes autochtones sont affichés. Elles sont sensuelles, belles, martyres… En dessous se trouvent des portemanteaux avec des noms de femmes. Dont Loretta.

En relevant la tête, je remarque une affiche avec un texte. C’est une jeune fille décédée qui parle. Elle raconte où elle a été aperçue la dernière fois et comment son corps a été retrouvé à l’intérieur d’un sac.

Mon regard redescend sur le portemanteau de Loretta. Ce n’est qu’à cet instant que je remarque le sac. Un grand sac sale. Comme celui dans lequel Loretta a été retrouvé…

Une œuvre qui au premier abord n’attire pas l’attention, mais qui percute lorsque l’on comprend son sens.

Vue d’ailleurs

Je me suis rendue à cette exposition avec 4 amies. 3 Iraniennes et une Française. La majorité d’entre elles ne connaissaient pas la condition des femmes autochtones au Canada, alors forcement, elles n’ont pas compris les œuvres au premier abord.

Après une mise en contexte sur les maltraitances, les disparitions et l’absence d’enquête sur ces femmes, leur regard a changé.

Mais un questionnement est apparu: elles viennent d’Iran et le Canada les a accueillies. Alors comment se fait-il que ce pays, si pacifique vu de l’étranger, traite les femmes autochtones de cette façon?

Après avoir remarqué l’absence de visage dans la majorité des œuvres, l’une de mes amies est arrivée à une dure conclusion: les femmes autochtones ne sont personne.

Une exposition gratuite à voir dans le cadre du Printemps autochtone d’art deux à la Maison de la culture Frontenac. Du 29 avril au 6 juin 2015.

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Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

La Cour suprême impose de discriminer les autochtones

Discrimination autochtone

Principe et rapport Gladue

Un homme passe devant le juge, ce n’est pas sa 1re comparution. En réalité, il est dans le système judiciaire depuis ses 13 ans, mais ce n’est que maintenant qu’une information importante émerge: il est à demi autochtone. Un rapport Gladue est demandé…

Delphine Caubet dossiers JusticeAutochtoneCriminalité.

Le principe Gladue fait référence à l’alinéa 718.2e) du Code criminel. Selon la loi, les autochtones doivent être confrontés à une discrimination systémique de la part du système judiciaire. Il s’agit d’une disposition réparatrice vis-à-vis des préjudices qu’ont connus les Premières nations par le passé.

Principe Gladue

Concrètement, cela signifie que pour diminuer la surreprésentation des autochtones en prison, les juges sont invités à modifier leur mode de détermination de sentences.

D’après le jugement Ipeelee de la Cour suprême du Canada, «la détermination de la peine est un processus individualisé», et le principe Gladue doit «encourager le juge à aborder la détermination de la peine dans une perceptive corrective.» L’objectif est de protéger la société, tout en réadaptant le contrevenant et en l’aidant à se réinsérer dans la collectivité.

Les juges doivent changer leur pratique de détermination de la peine pour répondre aux besoins des délinquants autochtones et de leur collectivité. Ils doivent porter une attention particulière aux circonstances dans lesquelles se trouve le contrevenant.

Les tribunaux doivent également prendre connaissance des valeurs du délinquant, de sa communauté, de l’Histoire de cette dernière et des traumatismes qu’elle a connus. Car si ces évènements sont anciens, les conséquences sont actuelles avec un faible de taux de scolarisation, de graves problèmes d’alcool, de chômage et de violence.

Dans l’arrêt Ipeelee, les juges de la Cour suprême précisent que «ne pas tenir compte de ces circonstances contreviendrait au principe fondamental de la détermination de la peine.» À noter que d’après ce jugement, rien n’empêche de tenir compte de ces mêmes facteurs historiques et systémiques pour les délinquants non autochtones.

Rapport Gladue

Toutes ces informations concernant le contrevenant sont la responsabilité de son avocat. Elles doivent être dans un rapport, appelé rapport Gladue. Ce document est préparé par l’agent de probation, le conseiller parajudiciaire ou l’avocat de service. Les informations nécessaires au processus de détermination de la peine sont: l’histoire et les circonstances du prévenu, et des mesures pénales de rechange à l’incarcération.

Toutes ces recherches et alternatives autour de la spécificité des autochtones ne réduisent pas nécessairement leur peine.

Lors du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Gladue, les juges précisent que «l’alinéa 718.2e) ne doit pas être considéré comme un moyen de réduire automatiquement la peine d’emprisonnement des délinquants autochtones. Il ne faut pas présumer non plus que le délinquant reçoit une peine plus légère pour la simple raison que l’incarcération n’est pas imposée.» Les juges de la Cour suprême stipulent également dans l’arrêt Ipeelee que la «sanction pénale est le dernier recours.»

Malgré cette théorie, sur le terrain, seul le juge est à même d’utiliser adéquatement le rapport Gladue. D’après Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme de soutien aux communautés autochtones), «il est parfois frustrant de constater l’utilisation du rapport par les juges.»

Ces derniers, de même que les avocats, peuvent être mal informés sur la réalité autochtone et mal comprendre les problématiques. Les sanctions peuvent en conséquence être mal adaptées au contrevenant.

Contexte global

Malgré que la Cour suprême du Canada ait réitéré en 2012 sa volonté de diminuer la surreprésentation carcérale des autochtones, le contexte politique empêche de voir la réalisation de ses volontés.

Le magazine National constate que «le gouvernement fédéral a incorporé dans la loi des peines minimales obligatoires et limité le pouvoir discrétionnaire des juges à imposer des peines d’emprisonnement avec sursis qui permettent aux délinquants de purger leur peine dans la collectivité.»

Concrètement, même si le taux de criminalité est à son plus bas en 40 ans, la population carcérale, elle, augmente. Le jugement Gladue de la Cour suprême du Canada date de 1999, pourtant en 10 ans, le taux de femmes autochtones en prison a augmenté de 90%.

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Voyage dans le Grand Nord pour des jeunes du secondaire

Secondaires du Cégep Sophie-Barat

L’expédition au Nunavik

Les Inuits. Une culture que beaucoup pensent connaître. Certains les appelant plus ou moins péjorativement «Esquimaux», d’autres imaginant des Indiens dans la neige. Pour lutter contre ces préjugés et ces erreurs, des jeunes de 4e et 5e années de l’école Sophie-Barat sont partis 11 jours dans le Nunavik.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneÉducation.

Cégep Sophie-Barat voyage Nunavik

Photos: François Léger-Savard.

Pendant 1 an, ces jeunes ont été éduqués sur l’Histoire des Inuits et des Premières Nations. Aidés et accompagnés de Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et conseils auprès des autochtones), les jeunes ont maintenant une mission: parler des Inuits et de leur Histoire pour ne pas oublier.

Mission

Partir à Kangiqsualujjuaq n’était pas le fruit du hasard. L’organisatrice, Lyne St-Louis, connait bien la région et ce petit village de 800 habitants possède une riche vie culturelle. Pour cette expédition, Élodie, Noé et leurs acolytes y sont allés en journaliste. Enregistreuse en main, ils ont vécu au rythme de la vie locale pour s’intégrer et poser des questions.

Car le plus gros du travail est à leur retour. Au travers de conférences et d’événements, les jeunes partageront leur expérience et leurs connaissances pour sensibiliser la population québécoise aux enjeux des Inuits. «Car il n’y aura jamais assez d’efforts pour sensibiliser», précise Lyne St-Louis, et il faut comprendre comment ils en sont arrivés là.

Comme dans toutes expéditions, certaines craintes peuvent se présenter au départ. Noé, élève en secondaire IV, se posait une question importante: les Inuits sont-ils toujours fâchés après les Blancs?

Durant les mois de préparation, les jeunes ont vu des films tels que We were children ou Echo of the last howl, suivis de discussions pour appréhender la réalité de ces peuples. Ils ont appris l’histoire des pensionnats et du traumatisme collectif, mais aussi de l’abattage des chiens, qui en plus d’être un crime envers ces animaux, a bouleversé le mode de vie de ces peuples.

Mais Noé est vite rassuré. À leur arrivée, leur premier contact sur place est Charlie. Un Inuit qui a marqué autant Noé que son professeur par le calme et la sérénité que dégageait cet homme.

Survie

«Les 3 mots d’ordre de ce peuple sont force, beauté et résilience», annonce Élodie. Les jeunes ont pu observer comment les habitants, avec résilience, travaillent à la survie de leur culture. Noé donne l’exemple de festins communautaires pour illustrer ce phénomène.
Plusieurs fois par an, les habitants se réunissent autour d’un festin composé de nourriture traditionnelle et contemporaine. Dès leur arrivée, les jeunes ont pu assister à celui organisé en l’honneur de la fin de la formation des femmes. Pendant cette soirée, des spectacles ont accompagné le souper, et les jeunes ont eu l’opportunité d’échanger avec les aînés.

Un souvenir agréable pour les apprentis journalistes, bien qu’ils aient gardé une gêne à poser des questions sur les pensionnats et les traumatismes du passé.

Autre exemple de force et de résilience: les cultural classes. Dans ces cours, les garçons apprennent à réparer les motoneiges et à chasser, tandis que les filles apprennent (entre autres) la couture. Toujours dans le but de conserver leur patrimoine.

Alimentation

Pendant leurs 3 jours au parc national Kuururjuaq, les jeunes ont appris à pêcher comme la tradition inuite l’exige, à chasser et à monter une tente. «Comme le répète Éric, notre professeur, il faut garder l’esprit ouvert», précisent les étudiants. Alors, après la pêche vient le repas. Au menu: du poisson cru. Et ils ont adoré ça! À part le cœur qui a laissé un souvenir plus partagé chez les apprentis pêcheurs.

Dans le Nunavik, les Inuits se nourrissent de viande et de poisson crus, tout en intégrant des
aliments plus «occidentalisés». «Mais c’est extrêmement cher», précise Élodie. À quoi Noé ajoute que les prix sont parfois 3 fois plus chers et qu’un sac de chips peut coûter 9,95$.

Pendant ces 10 jours dans le nord, les jeunes n’ont pas fait que regarder. Ils ont aussi participé. À travers du bénévolat, notamment dans les cuisines pour participer à une meilleure éducation alimentaire ou dans les écoles pour aider les jeunes avec le français.

Perte culturelleKangiqsualujjuaq parc nature communauté

Malgré la beauté de ce peuple et leur volonté de conserver leur culture, comme bien d’autres jeunes dans une situation analogue, les jeunes Inuits se trouvent pris entre deux feux. D’un côté, ils vivent dans un village isolé qui ne possède qu’une route pour se rendre à l’aéroport. Ce qui aurait tendance à conserver leur culture.

D’un autre côté, les jeunes Inuits sont eux aussi influencés par la culture américaine. Car bien qu’ils n’aient pas le réseau téléphonique, Internet et le wifi fonctionnent et ils voyagent en métropole. «Ils ont tous un iPod et écoutent Justin Bieber», conclut Élodie.

Étudier?

Comme dans beaucoup de lieux isolés, les étudiants font face à un choix difficile.

Dans le village de Kangiqsualujjuaq, jusqu’au secondaire, les jeunes peuvent rester dans leur famille pour étudier. Quant à ceux qui souhaitent continuer, ils doivent quitter leur village pour se rendre au Cégep. Élodie et Noé expliquent alors que pour beaucoup d’entre eux, ils doivent faire une année de préCégep pour se mettre à niveau.

Jusqu’en 3e année, les Inuits étudient dans leur langue: l’Inuktitut. Un moyen de faire vivre leur culture. Mais à partir de la 4e année, il bascule vers le français. Et forcément, «tu ne peux pas arriver au même résultat», explique Lyne. Les jeunes doivent apprendre simultanément une langue et une matière. Alors, forcément, les élèves ont du retard dans leurs cours.

En plus de ces difficultés linguistiques, le mode d’apprentissage des Inuits n’est pas le même que celui des autres Québécois. D’après Lyne: «Les Inuit ont le même
programme, mais il n’est pas adapté à eux, ce n’est pas assez concret. Déjà qu’en général au Québec c’est difficile… Eux apprennent selon le mode watch and learn. Le programme est trop abstrait pour eux.»

Retour

Depuis leur retour à Montréal, les jeunes ont donné quelques conférences dans les écoles pour sensibiliser la population et lutter contre les préjugés. «Car ce n’est pas vrai que tous les Inuits sont des alcooliques, s’insurge Élodie. Pour ceux qui le sont, il faut comprendre leur Histoire et pourquoi.»

À l’avenir, nul ne peut prévoir les effets de cette expédition sur les jeunes et la communauté du
Nunavik. Une relation s’est créée et les villageois demandent des nouvelles des adolescents. Parmi les apprentis journalistes, Élodie a été particulièrement influencée par ce voyage et elle souhaite désormais devenir infirmière ou ambulancière dans le Grand Nord.

Impact auprès des jeunes

Sur les 18 jeunes faisant partie de l’expédition, environ 5 sont toujours très engagés dans leur mission de sensibilisation. Une réalité, mais aussi une grande déception pour Lyne, «car les jeunes ne réalisent pas toujours le travail qu’ils ont au retour.»

«Mais c’est l’expérience d’une vie, et pour 50% d’entre eux, ce vécu aura un impact.» Si l’engagement sur le long terme de ces jeunes est difficile à évaluer, Lyne St-Louis n’oublie pas de préciser «que c’était un bon groupe», qui s’est bien adapté et a tout essayé.

Sur le court terme, Éric Laforest, professeur d’Éducation physique et de plein air à l’école Sophie-Barat, constate une réduction du bruit de la part de ses étudiants. «On se faisait souvent dire que l’on parlait trop fort», plaisante Élodie. Si Éric constate ce 1er changement, il veut surtout que ses jeunes prennent conscience d’être des privilégiés.

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Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

é et diversité des peuples.

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Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

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Premières nations et justice

Pouvoir judiciaire des autochtones

Les comités de justice

Notre système judiciaire classe les personnes par catégorie: victimes et agresseurs. Mais bien souvent, la réalité n’est pas aussi simple. Si l’on observe le passé des contrevenants, des troubles peuvent s’ajouter. Les agresseurs ont pu être des victimes, et la victime d’aujourd’hui peut être l’agresseur de demain. Autant de mélange et de marasme dans une société qui aime l’ordre et le rangement.

Delphine Caubet dossiers CriminalitéAutochtoneJustice.

Ministère justice collaboration autochtone indiens réservesMais pour les autochtones, la justice prend un autre sens. Alors doucement, certaines communautés tentent de travailler avec les instances officielles pour adapter la justice à leur réalité.

La conception de la justice entre autochtones et allochtones est différente, comme l’explique Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal.

Au Québec, on a une justice punitive, avec une approche contradictoire, basée sur le modèle défense/accusation, et «ça n’a pas de sens», ajoute la professeure.
Au contraire, les autochtones mettent l’accent sur la responsabilisation et la guérison. Il est difficile de généraliser pour l’ensemble des communautés, certaines ayant une conception de la justice plus intransigeante que d’autres. Mais un point commun émerge: nombre d’entre elles émettent le souhait d’assister le système judiciaire.

Vision de la justice

Les comités de justice sont conçus en complément du système judiciaire traditionnel. Ils ne le remplacent pas. Car punir un crime n’est pas suffisant, il faut observer le contrevenant comme une personne, et comprendre comment il a pu en arriver là.

Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, donne l’exemple d’un homme passant devant les tribunaux pour agression. Sa famille n’était pas présente, et lui-même n’avait pas conscience du pourquoi de ses actes. Grâce au rapport Gladue (rapport destiné à éclairer la cour sur l’individu et son passé), il a été dévoilé que le contrevenant fut victime d’agressions sexuelles par le passé. Une simple détention ne résoudrait donc pas son problème.

Philosophie

Les comités de justice ont une approche réparatrice, et la discussion avec la victime et le prévenu y est très importante. Le contrevenant doit accepter la responsabilité de ses actes et réparer ses méfaits.

Pendant les séances, la victime et le contrevenant émettent des solutions et besoins pour résoudre ce conflit. Le comité de justice fait par la suite des recommandations au juge quant à la sanction à donner.
L’idée est de déjudiciariser les autochtones pour les infractions mineures ou d’accompagner le système judiciaire et le prévenu lorsque l’incarcération est inévitable. Les sanctions substitutives font partie des mesures que peuvent recommander les comités de justice.

Infractions

Mais tous les contrevenants ne peuvent pas éviter la détention. Pour les infractions mineures (moins de 5 000$, vol…) l’autochtone est guidé vers la déjudiciarisation. Le juge abandonne les accusations contre des mesures de rechange.

Mais lors de crimes sévères, les comités de justice font des recommandations, tandis que l’avocat du contrevenant peut demander un rapport Gladue pour éclairer la situation de son client, particulièrement s’il a de lourds antécédents.

Cris

Chez les Cris, les comités de justice sont répandus. Actuellement, 9 communautés ont des comités. Donald Nicholls, directeur du Département des services juridique et correctionnel du Grand conseil Cri, explique que la communauté choisit les membres qui représentent le mieux ses valeurs et ses normes pour siéger au conseil, où des formations leur sont offertes. Après quoi, ils peuvent travailler sur des cas de leur communauté.
Les comités de justice veillent à ce que la cour tienne compte de l’Histoire des autochtones. Par le passé, les Cris ont connu des problèmes de violence domestique. Mais d’après Donald Nicholls, grâce aux comités de justice et le panel de services qu’ils offrent, ils arrivent à résoudre eux-mêmes ces problèmes.

Travail d’équipe

D’après Jacques Prégent, du Bureau des affaires autochtones du Québec au Ministère de la Justice, toutes les communautés pourraient développer des comités de justice. Mais en pratique moins de la moitié l’ont fait. Environ 20 communautés sur 54, sans représentation homogène selon les peuples.

Les Innus, par exemple, n’ont pas mis en place de tels comités. Car il faut une volonté de la communauté, explique Jacques Prégent. Peu de ressources sont disponibles, et il faut de bons candidats sur place pour les mettre sur pied. Si tout le monde peut faire partie de ces comités, ils ne doivent en aucun cas devenir politiques.
En plus de candidats, les comités de justice ont besoin de fonds. Comme l’explique Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et de soutien aux communautés autochtones), le fédéral n’a pas augmenté le financement depuis plusieurs années. Donc, même si de nouveaux comités voudraient se former, ils n’obtiendraient que peu ou pas de financement du gouvernement fédéral.

Dernier point pouvant expliquer que moins de la moitié des communautés aient des comités de justice: l’ordre des priorités.

Pour les Innus qui n’ont pas de comité, «ils ont d’autres préoccupations, explique Lyne St-Louis, ils ont des inquiétudes par rapport à leur territoire. Et peut-être qu’à l’époque, ils avaient mal compris de quoi il s’agissait.»

Sur les 2 dernières années, Jacques Prégent fait un constat positif des comités de justice. À quoi il conclut que «c’est un défi pour tout le monde.»

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Premières nations en prison

Autochtones en milieu carcéral

Sanctions substitutives

Les chiffres sont effarants. Au Canada, les autochtones représentent 4% de la population. Une minorité que l’on ne remarque pas au quotidien. Mais en prison, la tendance est tout autre: les Amérindiens représentent 23% des hommes et un tiers des femmes. Une surreprésentation qui ne cesse d’inquiéter et d’augmenter. Preuve étant, en 10 ans, la présence de femmes autochtones en prison à augmenter de 90%.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

sanction substitutives prisonPour lutter contre ce phénomène, le Canada et plus lentement le Québec se dotent d’une politique de discrimination positive envers les peuples autochtones. Cette discrimination est le principe Gladue: elle demande aux juges de modifier leurs sentences et de trouver des sanctions substitutives pour lutter contre cette surreprésentation carcérale.

Explication

Lyne St-Louis est consultante auprès des Premières nations, et des autochtones ayant des démêlés avec la justice, elle en a vu. Son travail est d’accompagner le contrevenant et le système judiciaire pour comprendre le comportement de la personne. Et si possible, de trouver des sentences substitutives pour éviter la prison au contrevenant.

Dans ce plan de réhabilitation, le contrevenant y prend part intégrante en proposant des alternatives. Il y a peu, Lyne suivait une personne ayant des problèmes de drogue: elle avait des démêlés avec la justice et elle risquait la prison. Pendant ses visites, Lyne discute avec elle, et d’elle-même, la contrevenante proposa un plan pour faire des ateliers de sensibilisation dans les écoles. L’objectif était d’éveiller les jeunes à l’impact de la drogue sur l’individu et leur culture. Lyne prend les choses en main, s’adresse à l’école de la communauté, et le directeur est enchanté.

Dans ce type de réhabilitation, le contrevenant n’est pas laissé à l’abandon, il est suivi et aidé. Dans le cas présent, la personne a fait des ateliers en partenariat avec la police et les aînés.

Succès

Lyne St-Louis a constaté que ces sanctions sont plus efficaces que les travaux communautaires. Ces derniers, souvent non effectués, ne prennent pas en considération le contrevenant, ses intérêts et son passé. Les sanctions substitutives sont plus efficaces, car elles prennent en compte le contrevenant en tant que personne. Il est consulté et il propose une sanction adaptée pour lui permettre d’évoluer. Lyne donne l’exemple d’un bon chasseur autochtone condamné à être guide en forêt. L’homme, enjoué par la sentence, va jusqu’à proposer son véhicule personnel et son carburant pour effectuer sa sanction.

D’après l’expérience de la consultante, dans de nombreux cas de sanctions substitutives, il n’y a pas de récidive. La sanction n’est pas le principal moteur de cette réussite, c’est essentiellement l’aide qui se trouve autour. Car certains ne connaissent pas la cause de leur mal-être, et la famille n’est pas toujours présente pour expliquer la situation.

Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal, explique que bien souvent derrière chaque contrevenant, il y a une victime. Il est donc important de regarder le passé, et de comprendre comment la personne en est arrivée là. Les rapports Gladue, que peuvent demander les juges, contiennent ces informations sur le passé de la personne, ainsi que l’impact qu’ont eu sur elle les pensionnats, les politiques d’assimilation… Les jeunes générations n’ont pas vécu ces traumatismes, en revanche, elles peuvent avoir été élevées par des victimes de ce passé toujours présent.

Juges

Selon le lieu où se trouve l’autochtone, les juges n’ont pas toujours la même réceptivité envers le principe Gladue et les traumatismes du passé.

Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, constate que non seulement les contrevenants ne connaissent pas les services à leur disposition, mais surtout, si le contrevenant est jeune, les juges ne tiennent pas vraiment compte des traumatismes du passé.

«Le Québec est à la traîne, explique-t-il, on ne parle que de défense, mais il faut regarder le crime, pourquoi et faire de la médiation.» Alors, lorsqu’il accompagne un autochtone devant la justice, il travaille pour que la cour tienne compte de sa spécificité.

Quant à Lyne St-Louis, elle sillonne la province au gré des besoins des communautés. Et elle constate que les juges immergés dans les communautés sont plus réceptifs à ces sanctions substitutives. En Abitibi, elle a constaté une certaine réticence au commencement, mais face à l’inefficacité de la détention, les hommes de loi se sont ouverts à ces possibilités. Mais comme elle dit, «le Québec est grand», et ce n’est pas vrai que le traitement est le même pour tous. Preuve étant, avec le ressenti de Maurice Bowen en milieu urbain.

Prison

Dans son rapport destiné à Sécurité publique Canada, Mandy Wesley est pessimiste quant à l’avenir des autochtones en milieu carcéral, et plus particulièrement celui des femmes. Elle dit: «Le plan actuel du gouvernement fédéral ne fera qu’augmenter le nombre de détenus et aggraver les injustices criantes que subissent déjà les peuples autochtones en général.»

Si les sanctions substitutives sont un bon départ pour sortir les autochtones de prison, les femmes autochtones se trouvent dans une situation inquiétante. En 10 ans, leur présence en prison a augmenté de 90%!

Dans son article, la professeure Jaccoud explique que les femmes autochtones représentent 45% des femmes purgeant une sentence à sécurité maximale. Ce qui d’emblée les écarte des sanctions substitutives pour éviter l’incarcération.

En théorie, le principe Gladue demande au système carcéral de tenir compte de la spécificité des autochtones. Des programmes tels que le Sentier de la guérison ont été mis en place pour aider les détenus autochtones grâce à des thérapies spirituelles et leur culture. Quelques programmes ont été trouvés au Québec pour les hommes, en revanche, on constate un manque flagrant d’aide pour les femmes détenues.

Les statistiques montrent que 75% des détenus autochtones restent incarcérés jusqu’à la fin de leur sentence, soit 10% de plus que le reste de la population.

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L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Étudier à Montréal pour de jeunes Inuits

Changer sa communauté

Portraits de jeunes Inuits

Par une belle journée d’automne, ça rentre et ça sort dans tous les sens au Cégep Marie-Victorin à Montréal. Dans l’un des bâtiments, des jeunes femmes sortent en trombe des salles de classe tout en plaisantant et discutant. Je tends l’oreille pour comprendre ce qu’il se dit, mais la langue m’échappe complètement. À tel point que je suis incapable d’en reconnaître l’origine. Je me dirige vers mon lieu de rendez-vous, et l’un d’entre eux est là à m’attendre.

Delphine Caubet dossiers ÉducationAutochtone.

Cégep Marie-Victorin étude Inuits

Daniel et Igulik.

Un peu mal à l’aise, il me serre la main et échange quelques mots en inuktitut avec un ami. Lui, c’est Daniel et on va passer l’après-midi ensemble avec 3 de ses collègues pour comprendre la réalité d’un jeune du Nunavik qui a quitté sa communauté pour étudier.

On m’avait prévenue: la culture inuite est une culture de taiseux, et qui plus est mon accent français n’aide pas à la communication. Mais Daniel et Igulik, l’une de ses acolytes, sont bien entourés par 3 membres de la commission scolaire Kativik (commission scolaire du Nunavik administrée pour et par les Inuits).

Profil

Daniel est au Cégep Marie-Victorin depuis août 2013 où il a terminé son année d’intégration-adaptation. Âgé de 22 ans, s’il est encore indécis sur le cursus qu’il choisira, il est bien décidé à terminer le Cégep. Avec un léger rire, il m’explique que d’après lui, «on n’est pas tout seul dans l’univers». S’il ne finira pas nécessairement explorateur de l’espace, le jeune homme a un clair penchant pour les sciences. Dans un mélange de français et d’anglais, il me raconte avec humour comment il travaille sa troisième langue, le français, grâce à des séries télévisées telles que Les parents, qu’il adore.

À côté de lui se trouve Igulik. Jeune femme de 23 ans plutôt timide, elle a un objectif clair: terminer sa technique d’éducation à l’enfance et peut-être rester à Montréal. Il faut dire qu’elle a été à bonne école; sa mère étant directrice de garderie à Kangiqsualujjuaq, Igulik a déjà travaillé auprès de ce jeune public et sait qu’elle aime ça. L’éducation, la famille a ça dans le sang!

C’est à ce moment qu’arrivent en trombe Anita et Jeannie. Micro tempête à langue bien pendue, Anita et Jeannie se refusent dans un premier temps à faire l’entrevue. Une pause de 10 minutes et une cigarette plus tard, elles reviennent d’elles-mêmes auprès de Daniel et Igulik.

Contrairement à leurs camarades, Anita et Jeannie sont très bavardes: «On doit même les faire taire en classe», plaisante Marie-Hélène, conseillère aux élèves.

Si l’un de ces jeunes devait incarner la volonté, ce serait Jeannie. À seulement 17 ans, elle dit être venue à Marie-Victorin pour accomplir des choses et être différente. Il faut dire que malgré son jeune âge, Jeannie en met plein les yeux. «Moi, je mets sur mon CV qu’elle a été mon élève», s’amuse Jacques, conseiller aux élèves.

Il faut dire que la jeune femme a remporté 2 prix pendant l’expo-sciences pancanadienne 2014 pour la construction d’un système de luminothérapie. Rien que ça. Lorsque je lui demande comment lui est venue l’idée, sa réponse est simple: «J’ai demandé à mon professeur ce qui me ferait gagner, et il m’a dit un système de luminothérapie.» C’est dit, c’est fait.

Grâce à quoi, elle est partie un mois en Israël faire un stage d’archéologie supervisé par des scientifiques. La jeune femme originaire de Salluit s’est retrouvée dans la chaleur d’une zone de guerre à dater des os en laboratoire. Les clichés sur les Inuits en prennent un coup.
À sa gauche se trouve Anita. Du haut de ses 19 ans, elle semble la plus mature du groupe. Et pour cause, j’apprends quelques minutes plus tard qu’elle a un enfant de 2 ans et qu’elle étudie pour être éducatrice spécialisée en protection de la jeunesse.

Anita, jeune femme au caractère bien trempé, a établi un plan pour son avenir: prochainement son conjoint ramènera son enfant à Kangiqsualujjuaq pour qu’il soit élevé par sa mère le temps qu’elle termine ses études. Après quoi, elle les rejoindra et fera changer les choses dans sa communauté. Tout un plan.

Vie étudiante

Nunavik quitter communauté

Jeannie, gagnante de l’expo-sciences. Photo: gracieuseté Commission scolaire Kativik.

Étudier à Montréal n’est pas nouveau pour Anita. La jeune mère avait déjà fait une première tentative, mais avait arrêté. «C’était trop dur», explique-t-elle. Si le retard scolaire n’aide pas, l’éloignement de leur communauté finit par en décourager certains.

Mais une fois sur place, dans les résidences du Cégep, chacun doit trouver son équilibre. Daniel est monsieur sociabilité, et depuis plus d’un an à Montréal, il s’est fait des amis de différentes cultures. En tant que jeune homme d’une vingtaine d’années, il plaisante sur les soirées qu’il a passées au centre -ville avec ses amis, où après avoir manqué la fermeture du métro, ils ont dû attendre jusque 6h du matin pour pouvoir rentrer. Raconté sur le ton plaisanterie, le jeune homme apprécie cette liberté, même si elle entraîne des difficultés.

Pendant cet après-midi, Daniel répète plusieurs fois avec humour et fatalisme que le plus dur pour lui est de se lever le matin. À Marie-Victorin, on doit être à l’heure en cours, et il n’y a plus de parents pour aider avec les petites choses du quotidien.

Igulik, qui a essentiellement des amis Inuits, mise sur la solidarité entre membres. Et pour cuisiner, rien de mieux que de le faire entre copines! Les repas sont généralement basiques (les spaghettis en sont un élément clé), et il faut gérer le porte-monnaie.

Lorsque je leur demande ce qu’ils souhaiteraient voir améliorer, ils convergent tous vers un point: la nourriture traditionnelle! Trois de nos quatres jeunes acolytes souhaitent rester à Montréal après leurs études, mais le country food leur manque cruellement. Mais point positif qui leur remonte le moral: les prix! C’est leur réponse spontanée quant aux avantages de la métropole.

Espoir

Daniel, Igulik, Jeannie et Anita sont l’avenir de leur communauté, chacun dans la voie qu’ils choisiront. Leurs conseillers au Cégep, Marie-Hélène et Jacques, parlent de cette quinzaine de jeunes chaque année comme la crème de la crème.

Leur retard scolaire et les difficultés linguistiques sont parmi les plus gros handicaps qu’ils doivent surmonter, mais certains d’entre eux s’accrochent. Et pour ceux qui décrochent, ils bénéficient de cette expérience sur le plan personnel et professionnel pour trouver du travail dans leur communauté.
D’après leurs intervenants, environ 80% d’entre eux repartiraient dans leur village, et seule une faible minorité resterait à Montréal.

Marie-Hélène ponctue cet après-midi en m’expliquant que la plupart de ces jeunes sont là pour aider leur communauté. À noter que ces pionniers sont bien souvent des pionnières avec une large majorité féminine. Une chose est certaine, ce n’est pas la volonté et la résilience qui manque à ces jeunes gens.

D’ici quelques années, peut-être pourra-t-on retrouver Daniel Adams tête dirigeante en recherche de vie extraterrestre, Igulik Emudluk reprendre la garderie de sa mère à Kangiqsualujjuaq au côté de sa petite sœur qui lui manque tant. Non loin de là se trouverait Anita Annanack qui élèverait son fils tout en aidant les jeunes les plus récalcitrants à accepter une main tendue. La jeune femme s’est d’ailleurs taillée une bonne réputation dans ce domaine. Enfin, Jeannie Kakayuk après l’archéologie en Israël poursuivrait ses aventures scientifiques. Et qui sait, peut-être sera-t-elle la complice de Daniel dans ses recherches spatiales.

Vous noterez que je laisse mon imagination s’emballer quant à l’avenir de ces 4 jeunes Inuits, mais après tout, ils ont réussi le plus difficile en venant étudier à Marie-Victorin. Alors pourquoi ne pas leur donner le temps de ces quelques lignes un avenir extraordinaire à l’image du parcours qu’ils ont déjà effectué.

Le retard scolaire au Nunavik

Michel Pruneau est conseiller pédagogique responsable du programme d’exploration et d’intégration pour la commission scolaire Kativik au Cégep Marie-Victorin.

Selon lui, le retard scolaire des Inuits s’expliquerait par la culture et la tradition orale de ces peuples. La réalité scolaire est un phénomène nouveau pour eux, et elle n’occupe pas la même place dans leur esprit. L’école n’est simplement pas en haut des priorités. S’ajoute à cela une culture qui donne à l’enfant sa propre sagesse et qui lui impose peu de choses.

Généralement, les jeunes Inuits ont d’excellentes capacités en anglais (voire meilleures que dans le reste du Québec), mais le français est la discipline qu’ils leur fait le plus défaut. Avant d’entrer au Cégep, la plupart d’entre eux font une année de précollégial (ou préCégep) pour se mettre à niveau. Ceux allant au Cégep Marie-Victorin font une année d’exploration et d’intégration avant de commencer le programme de leur choix.

Marie-Victorin accueille entre 10 et 15 nouveaux Inuits chaque année.

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Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

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Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

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Samian mentor de jeunes autochtones

L’émission : Le Rythme

Samian mentor de nouveaux talents

Un rythme, des voix et beaucoup de volonté. Le rappeur Samian et ses 7 protégés chantent pour faire vivre leur art dans l’émission de télévision Le rythme des nations. Les communautés autochtones ont maintenant leur show pour propulser leurs talents.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCulture.

Samian mentor artistes autochtones Le rythme des Nations

Photo: Gracieuseté Samian

«On veut montrer les talents des communautés», explique Samian.

Si le reste du Québec a La voix, les communautés autochtones ont désormais leur émission de découverte de talents. «Mais ce n’est pas une téléréalité, précise Samian, je n’aime pas ce terme.» C’est une émission. Pendant 13 épisodes, les téléspectateurs d’APTN (Aboriginal Peoples Television Network) pourront suivre le rappeur Algonquin être animateur et mentor pour 7 jeunes artistes.

Concept

Effectivement, Le rythme est loin des émissions de téléréalité. «Avec nous, il n’y a pas d’élimination. Ils sont tous gagnants», ponctue le mentor. Les artistes ont vécu pendant 2 mois dans une maison pour perfectionner leur art et produire une chanson qui figure dans l’album final. Mais loin d’être reclus, les jeunes sont retournés chez eux les fins de semaine, pour se ressourcer et recommencer la semaine d’attaque.

Pendant les 2 mois de formation, ces jeunes ont perfectionné leur écriture et leur composition, mais ils ont aussi appris à prendre conscience de leur talent et à s’accepter. Pour cela, rien de moins que des cours d’estime de soi.

Quand on interroge Samian sur l’incongruité de ce cours, il explique: «Les jeunes des communautés sont très introvertis et timides. C’est dans toutes les communautés autochtones qu’il y a des difficultés à s’exprimer. Mais les jeunes se sont vraiment investis et cela a permis de débloquer des émotions, et de créer à partir d’elles. C’était un outil comme les autres.»

Lancement

Si l’enregistrement de l’émission a été réalisé en automne 2013, ce n’est qu’un an plus tard que la diffusion a lieu. Seul le premier épisode a été diffusé en avant-première. «Et il y a eu d’excellents commentaires, précise le rappeur, c’est d’ailleurs pour ça qu’une deuxième saison est prévue.» Et lui sera toujours présent.

Pour les 7 jeunes artistes, les fruits de l’aventure restent encore à déterminer. «C’était une expérience à essayer, explique Samian, maintenant il faut attendre la diffusion pour voir.» Mais d’ores et déjà, nous savons qu’une participante a quitté l’émission en cours de route et qu’une autre réalise ne pas vouloir entrer dans le monde de la musique. Elle préfèrerait garder son talent pour le plaisir.

C’était le rôle du mentor de répondre à leurs questions et inquiétudes. «J’ai eu le beau rôle, rit Samian, ce n’est pas moi qui avais la pression. J’ai aimé être là et les voir s’épanouir. C’est comme polir un diamant.» Lui avait à cœur de montrer que c’est possible de réussir, même si parfois en tant qu’autochtones, ils se sentent éloignés.

APTN a eu une belle idée pour encourager les jeunes talents des communautés. Kessy, Mélonie, Alex, Anne-Marie, Shaushiss, Marie-Soleil et Kerry ont eu l’opportunité de perfectionner leurs habiletés. Maintenant, leur avenir est entre leurs mains. Si tous ne savent pas s’ils souhaitent évoluer dans le monde de la musique, une chose est sûre, tous sont passionnés par leur art.

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fanny aishaa muraliste peuple autochtone première nation

Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

é et diversité des peuples.

Visitez la boutique de Fanny Aïshaa. Fanny y présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans ses différents projets de création avec les peuples autochtones tout en ayant une

partie de son oeuvre chez vous.

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