Avis: émission d’obligations communautaires

Journal de la Rue

Émission d’obligations communautaires

Pour préparer des projets novateurs pour les jeunes ainsi que la consolidation de ses actions sociales, le Journal de la Rue prépare une émission d’obligations communautaires.

Les obligations, en multiple de 1 000$, peuvent recevoir des rendements variant entre 1% et 6,5% d’intérêts selon le montant et la durée des obligations.

Pour toutes informations concernant l’émission d’obligations communautaires du Journal de la Rue, contacter Raymond Viger

Courriel : raymondviger@hotmail.com Tél. : (514) 256-9000.

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Qu’est-ce qu’une obligation communautaire?

Les obligations communautaires

Pour un financement social équitable et solidaire

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Qu’est-ce qu’une obligation communautaire?

Une façon originale de soutenir un organisme communautaire tout en conservant votre capital. Vous aidez un organisme en économie sociale tout en recevant des intérêts sur votre placement.

Cela est possible parce que l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) exempte les organismes communautaires  du prospectus et des frais de courtiers conventionnels.

Trois organismes ont déjà lancé leur émission d’obligation:

  • Le Grand Costumier de Radio-Canada
  • Le Cinéma du Parc
  • Les Ateliers 7 à nous

Après 25 années d’intervention auprès des jeunes marginalisés, pour consolider l’ensemble de ses actions sociales, le Journal de la Rue, lance une émission d’obligations communautaires. Disponibles en multiple de 1 000$, elles peuvent recevoir des rendements variant entre 1% et 6,5% d’intérêts selon le montant et la durée des obligations.

Pour toutes informations concernant l’émission d’obligations communautaires du Journal de la Rue, contacter Raymond Viger raymondviger@hotmail.com Tél. : (514) 256-9000.

Qui ne devrait pas investir dans des obligations communautaires

  • Les obligations communautaires ne sont pas garanties. Il faut donc être un investisseur capable de perdre de l’argent sans mettre en péril ses finances personnelles.
  • Si vous avez des dettes sur vos cartes de crédit ou autre, commencez par les payer. Une carte de crédit peut vous coûter jusqu’à 29% d’intérêt par année. Aucun placement communautaire ne peut vous offrir un rendement qui pourrait justifier de ne pas payer vos dettes.
  • Il existe des placements de base qu’un citoyen doit envisager avant même de penser à investir dans un organisme communautaire. Un RÉER parce que déductible d’impôt en plus d’être un placement garanti. Il est un véhicule qui doit être priorisé aux obligations communautaires.
  • L’achat d’une maison avec l’avantage de pouvoir RAPPER avec son RÉER devrait passer bien avant l’idée d’investir dans un organisme communautaire.
  • Les banques et les caisses offrent des certificats de dépôt garantis. Jusqu’à 100 000$, votre investissement est garanti à 100% par la Société d’assurance dépôt du Canada.

Recherché, investisseurs particuliers

  • Vous avez payé toutes vos cartes de crédit, votre automobile et autres prêts.
  • Vous êtes propriétaire de votre maison et l’hypothèque à payer est une goutte d’eau dans votre budget.
  • Vous cotisez au maximum dans votre RÉER.
  • Vous avez des certificats de dépôts, pour vous et pour votre conjoint, atteignant les 100 000$ garantis par la Société d’assurance dépôt du Canada.
  • Vous pouvez prendre aisément des vacances à travers le monde même si vous perdez votre investissement communautaire.

Si vous répondez à ces critères très restrictifs, on pourrait envisager d’accepter votre investissement dans une obligation communautaire du Journal de la Rue. Vous pouvez alors me contacter: Raymond Viger (514) 256-9000. raymondviger@hotmail.com

Pour tous les autres, soignez votre santé financière. L’argent ne fait pas le bonheur. Mais il peut éviter de s’arracher les cheveux avec les comptes à payer. Il peut aussi vous permettre de bénéficier d’une belle retraite dans le plaisir et le calme. L’argent est un outil qui doit travailler pour vous.

Si vous préférez faire un don.

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Qu’est-ce qu’une obligation communautaire

Financement d’organismes communautaires

Les obligations communautaires

Par Territoires Innovants en Économie Sociale et Solidaire (TIESS)

Les obligations communautaires sont des titres de créances et ont des caractéristiques semblables à toutes obligations soit : une valeur nominale, une échéance, une rémunération (taux d’intérêt) etc.

Elles sont accessibles à tous mais peuvent être émises uniquement par des organismes à but non lucratif. Elles sont proposées à la communauté sans intermédiaire et constitue un modèle de financement participatif pair-à-pair, qui permet aux citoyens d’investir leur épargne dans des projets qui leur tiennent à cœur. 

Les obligations communautaires sont une opportunité pour les organismes à but non lucratif de mobiliser de nouvelles sources de capitaux privés auprès de leur communauté de soutien, d’assurer leur développement et de renforcer leur ancrage territorial. Elles participent à un mouvement de désintermédiation du financement et d’une volonté d’implication de la communauté.

Elles sont utilisées depuis plusieurs années en Ontario, notamment par le Center for Social Innovation (CSI) à Toronto, et à plus petite échelle au Québec, mais restent encore peu connues et sous-exploitées.

Avis: émission d’obligations communautaires

http://www.tiess.ca/obligations-communautaires-info/

Les 15 ans du Café Graffiti

Le Café Graffiti est-il financièrement autonome?

Constats de notre intervention

Le Café Graffiti, une histoire d’amour avec les jeunes qui durent depuis plus de 15 ans déjà. Le Journal de la Rue, tant qu’à lui, a fêté ses 20 ans!

Raymond Viger Dossiers Graffiti, Porte-folio, Murales, VidéosBreakdance, Rap, Hip-hop

cafe graffiti hiphop graff grafferDes jeunes ont utilisé et utilisent plus que jamais les services du Café Graffiti. Au début, 100 jeunes tiraient profit de notre ressource. Cela est vite monté à 125… puis 144. Au dernier décompte, ils étaient 165!

Notre capacité d’accueil est toujours de 100 jeunes. Nous devons travailler deux fois plus fort pour les accommoder tous, du mieux que l’on peut.

Est-ce que nous avons rendu le milieu de vie autonome?

Malheureusement non. Les jeunes marginalisés ont non seulement encore besoin du Café Graffiti, mais leurs besoins ne cessent d’augmenter. Le Café Graffiti demeure un lieu de passage pour ces jeunes. Ils viennent répondre à des besoins, puis ils continuent leurs chemins.

Même si certains peuvent utiliser notre ressource pendant plusieurs années, voire des décennies, notre intervention est sans cesse à recommencer avec de nouveaux jeunes. Nous rendons des jeunes autonomes mais le milieu de vie qu’ils utilisent demeure un lieu de passage.

Certains ont suggéré de me cloner. Je n’ai toujours pas trouvé la recette miracle.

Le Café Graffiti est-il devenu financièrement autonome?

cafe graffiti stade-olympique skate board skaterNon seulement le Café Graffiti n’est toujours pas financièrement autonome, mais les besoins financiers, pour soutenir les projets des jeunes, n’ont pas cessé de croître.

Les jeunes ont augmenté en nombre. Plus le jeune grandit avec nous et plus les projets qui pourront l’encadrer seront dispendieux et énergivores. Tout cela coûte de plus en plus d’argent.

Le matériel ne peut pas être pris pour acquis. Les ordinateurs reflètent le plus bel exemple de nos besoins financiers. D’année en année, nous avons besoin d’un nombre sans cesse croissant d’ordinateurs pour répondre à la demande. La durée de vie d’un ordinateur est aussi éphémère qu’un tag sur une boîte postale. Cela nous oblige, non seulement à budgéter pour augmenter le nombre d’ordinateurs mais aussi de prévoir leur remplacement.

Le Café Graffiti a-t-il réussi à augmenter le nombre de partenaires pour l’aider?

Tout comme le nombre de jeunes, le nombre de partenaires soutenant le Café Graffiti augmente tous les ans. Chaque partenaire nous permet d’offrir plus de projets et de possibilités aux jeunes. Cela nécessite aussi de prendre du temps pour établir ces partenariats, d’apprendre à les connaître, de faire l’encadrement des jeunes que nous y référons… Les partenaires nous amènent à augmenter le nombre d’intervenants qui peuvent aider et référer nos jeunes dans ces nouveaux projets.

Le Café Graffiti est-il reconnu pour son intervention?

À chaque semaine, nous devons répondre à des demandes provenant des universités, non seulement du Québec, mais aussi d’un peu partout à travers le monde. Les gens veulent connaître notre méthode d’intervention et en importer quelques morceaux dans leurs milieux de vie.

Répondre aux demandes universitaires est important pour permettre de passer nos connaissances et nos acquis aux futurs travailleurs sociaux et animateurs culturels. Répondre à ces demandes pourrait être un poste de travail à plein temps.

Le Café Graffiti dans 15 ans?

À travailler 15 heures par jour, 7 jours sur 7, il m’est difficile de savoir si j’ai l’impression que c’était hier ou si cela fait une éternité que le Café Graffiti a débuté.

Les possibilités sont immenses et exponentielles. Je n’ose même pas me projeter dans un avenir aussi lointain que les prochaines 15 années.

Internet a multiplié les possibilités d’intervention et le nombre de personnes nécessaires pour y arriver. Je me limiterai aux sages conseils des fraternités d’entraide. Vivre une journée à la fois, comme si c’était la dernière journée de notre vie.

Soutenez le Café-Graffiti, affichez vos couleurs!

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Noël, le vrai sens de la fête

Société de consommation

Le vrai sens de la fête, sans être esclaves de faux besoins

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossier Consommation

débats sociaux réflexions sociales chronique sociétéVous souvenez-vous des anciens contes de Noël à « contenu social » ? Celui de Dickens avec « M. Scrooge », et puis « La Petite Fille aux allumettes » d’Andersen. Les deux contes se passent au 19e siècle et décrivent la vie de gens vivant dans une très grande pauvreté.

Dans le premier, une simple dinde fait le bonheur d’une famille pour Noël.  Dans le deuxième, une fillette meurt gelée dans la rue, alors que les gens font leurs emplettes.

Nous sommes à la fois proches et loin de cette époque. Il y a toujours des inégalités sociales entre riches et pauvres et Noël n’est pas un « jour de rêve » pour tous. Mais la consommation a bien changé ainsi que le sens de la fête.

Nous sommes loin de la simple dinde et du petit sapin. On peut même dire que nous sommes loin du sens de la fête, puisque nous vivons maintenant 365 jours par année dans un tourbillon de surconsommation qui ne fait pas vraiment notre bonheur.

D’un côté les « perdants », qui doivent se contenter des friperies et de l’aide alimentaire, de l’autre les « gagnants ». Et entre les deux, la majorité des consommateurs qui sont, trop souvent, les esclaves de faux besoins.

Pourquoi surconsommer ?

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Le conte «La Petite Fille aux allumettes» de H.C. Andersen

Pourquoi consommons-nous trop ? Ne serions-nous pas des esclaves de la publicité, dont chaque produit promet le bonheur ? La réflexion n’est pas nouvelle, mais il plus utile de la faire avant Noël qu’après la tournée des magasins. Une réflexion à faire avant de nous endetter inutilement.

Il y a quelques générations, selon nos aïeuls, les garçons pouvaient jouer au hockey avec une crotte de cheval gelée, dans la rue, la ruelle ou sur une patinoire artisanale. Ensuite, la rondelle de caoutchouc s’est imposée. De nos jours, on ne joue plus sans un équipement coûteux.

On peut considérer l’évolution de toutes les activités de la même manière. Ainsi, on remarque qu’une petite course demande maintenant des vêtements de jogging particuliers, la même chose pour le cyclisme, alors que l’on se contentait autrefois de nos « vêtements de semaine ». Fini la petite pince de métal au pantalon.

Fini la petite boîte noire pour les photos de famille, le téléphone unique dans l’entrée ou la cuisine, la machine à écrire bonne pour la vie, les choses faites pour durer, les vêtements de travail rapiécés, les réparateurs de radio, de grille-pain.

Nous sommes à l’époque du jetable et du pas toujours recyclable. Un vieux téléphone portable, un vieil ordinateur ont maintenant trois ou quatre ans, pas beaucoup plus. On court sans cesse après la dernière version que l’on agite devant nous, comme des chiens après un lapin mécanique.

Pour qui travaillons-nous ?

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Mr Scrooge est le personnage principal du conte «A Christmas Carol» de Dickens

Nous courons, nous nous essoufflons, pour payer des choses dont nous n’avons pas toujours besoin. Alors, pour qui travaillons-nous ? Qui est au service de qui ? Ce qui devait nous faciliter la vie ne l’a pas vraiment fait, parce que toutes les inventions sont vite mises au service d’une économie de surconsommation.

En ce sens, cette sorte d’économie devient comme une idole à laquelle on consacre toutes nos forces. Un monstre, utile à personne, auquel nous nous retrouvons enchaînées.

Noël, fête de quoi ?

Et puis Noël, « la plus grande fête de la consommation », est complètement dénaturé. On oublie l’origine et le sens de cette fête. Un sens spirituel qui ne convient plus à tout le monde, puisqu’il s’agissait de la naissance de Jésus.

Mais on se souviendra de l’Amour qu’il représente. Raison pour laquelle cette fête était devenue celle de l’amour désintéressé, de la compassion. Le fait qu’elle se transforme plutôt en une célébration de la consommation excessive constitue une décadence certaine, peu importe nos croyances.

La vraie fête dont on rêve ne devrait pas coûter très cher. Pour échanger de l’amour, cela demande d’abord de la disponibilité, c’est-à-dire le temps et le désir d’écouter l’autre ; autrement dit, le « don de soi ». C’est dans cette rencontre que réside le vrai sens de la fête. Peu importe ce qui se trouve au centre de la table ou sous l’arbre de Noël.

C’est soi que l’on donne en premier lieu. Et les cadeaux viendront d’eux-mêmes, comme ils le pourront. Ils viendront du cœur et selon nos moyens.

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Luttes sociales de la jeunesse américaine dans les années 60

Marie-Claire Blais, Passages américains

Contre la ségrégation et pour la paix

Retour sur la jeunesse et la révolte des années 1960 aux États-Unis et sur les justes luttes sociales qu’elle a menées.

Normand Charest – chronique Valeurs de société

débats société réflexions sociales socialeLe « printemps érable » de 2012 nous aura montré des étudiants luttant contre la hausse des frais de scolarité et, si possible, pour la gratuité scolaire complète. Sans vouloir diminuer les défis auxquels fait face la jeunesse actuelle, il faut bien constater que chaque génération a connu son lot de difficultés tout aussi importantes.

Dans son essai Passages américains qui vient de paraître, la romancière québécoise bien connue nous ramène à une autre jeunesse, celle des années 1960 qui luttait aux États-Unis contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam, en commençant par ces paroles :

« Ces années étaient des années de révolte et d’illuminations, mais des années, aussi, de grandes souffrances. »

La lutte pour les droits des Noirs

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Martin Luther King

Le livre est divisé en trois parties. La première, intitulée « Lamentation pour un sénateur foudroyé », met en scène le sénateur Robert Kennedy, sa lutte pour les droits des Noirs, son assassinat après celui de Martin Luther King, et brosse un grand tableau, plein de passion et de compassion, de cette époque impressionnante.

« Mais c’est l’esprit que l’on voulait tuer en Martin Luther King, Jack et Robert Kennedy, Malcom X, l’esprit et ses idées de progrès, l’esprit et sa désobéissance à un ordre inéquitable, social ou racial. »

Et Marie-Claire Blais ressort une prophétie que Robert Kennedy avait faite aux Noirs américains, après l’assassinat de Martin Luther King, en la reliant à l’actuel et premier président noir des États-Unis, Barak Obama :

« Oui, il  se pourrait bien que dans quarante ans nous ayons un président noir (« A Negro would be president within forty years »), avait dit le sénateur, dont la vision soudain s’était agrandie, prophétique, jusqu’à ces jours que nous vivons. »

Désobéissances civiles

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Robert Kennedy

La deuxième partie appelée « Désobéissances civiles » raconte la longue Marche pour la paix et la liberté entreprise par des jeunes qui cheminèrent de Québec à Miami en 1963, qui furent menacés de mort par le Ku Klux Klan, puis emprisonnés et maltraités dans le Sud ségrégationniste :

« En ces années 1963-1964, de jeunes manifestants pacifistes partaient sur les routes, c’étaient des étudiants ou des professeurs, des artistes, des femmes, des hommes, qu’ils soient de race blanche ou noire, ils étaient tous frères et appartenaient au même mouvement de l’action non-violente… »

À près de cinq décennies de distance, on reste sidéré par le courage, certes, mais peut-être aussi par l’inconscience de cette jeunesse venue du Nord, de l’Est et de l’Ouest qui croyait que l’on pouvait changer les choses par des manifestations non-violentes. Une jeunesse qui, arrivée dans le Sud des anciens planteurs de coton, se retrouve à la merci d’une minorité blanche prête à toutes les humiliations, et jusqu’au meurtre.

Dans le Sud où le Ku Klux Klan s’affiche encore en toute impunité, de jeunes manifestants non armés sont entourés par des meurtriers armés jusqu’aux dents. Les manifestants réalisent alors, avec horreur, qu’il y a une différence entre des lois théoriques et l’application de ces lois.

« C’est peut-être cette fin du silence de l’esclave qui inquiète le plus les maires et les shérifs de ces villes du Sud, dans la venue des militants du Nord », écrit l’auteur. Et puis : « si on a l’illusion de pratiquer la charité, d’être chrétien, dans cette ville, pourquoi tant de manifestations de haine raciste » ?

Cependant, les jeunes qui ont vu cet enfer de leurs propres yeux continueront à lutter toute leur vie contre la ségrégation et pour les libertés civiles.

« On a tué des enfants innocents »

La troisième partie du livre, plus courte, a été publiée dans le Devoir. L’auteure y relate une manifestation non-violente des étudiants de l’université Kent contre la guerre, en 1970. C’était des jeunes « paisibles, sans armes… échevelés et doux » qui croyaient à la victoire de l’amour sur la guerre, comme leurs pancartes l’indiquaient : Make love, not war.

La Garde nationale viendra briser la manifestation en tirant finalement sur les étudiants, dont quatre seront tués, qui n’avaient que 19 ou 20 ans, des filles et des garçons. « On a tué des enfants innocents », écrit Marie-Claire Blais. Le président Nixon déplorera leur mort, mais en jetant le blâme sur les manifestants, qu’il accuse injustement de violence.

Le combat intérieur

Une telle lecture pourrait réveiller en nous la révolte, et peut-être même la haine, mais ce n’est pas son intention. Il s’agit plutôt d’une invitation à la vigilance, à l’action sociale positive et non-violente dans le but de faire évoluer nos sociétés.

On se rappellera aussi que le combat commence d’abord sur soi, puisqu’il s’agit en premier lieu de se changer soi-même avant de changer les autres.  C’est seulement ainsi que l’on pourra avoir une influence évolutive sur les autres et sur nos communautés.

  • Référence : Marie-Claire Blais, Passages américain, essai, Boréal, 2012.
  • Aussi recommandé : Evan Thomas, Robert Kennedy. His life, Simon & Schuster, NY, 2000.

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Dominic Champagne : pour une nouvelle démocratie

Le gouvernement invisible

Engagement des citoyens et démocratie véritable 

Normand Charest – chronique Valeurs de société, Dossiers Politique, Économie, Environnement

valeurs de société débats sociaux réflexions sociales socialeLe metteur en scène Dominic Champagne a publié un petit livre en août 2012 intitulé Le gouvernement invisible qui commence sur cette formidable citation du président américain Theodore Roosevelt, rédigée en 1906 :

« Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne reconnaît aucune responsabilité. Anéantir ce gouvernement invisible, détruire le lien impie qui relie les affaires corrompues avec la politique, elle-même corrompue, tel est le devoir de l’homme d’État. »

Rien n’a changé

On est surpris de voir, plus d’un siècle plus tard, que la situation n’a pas changé et que les racines du gouvernement invisible et de la corruption sont aussi pérennes et persistantes que celles du chiendent ou du pissenlit.

Comme nous le démontrent en ce moment les histoires d’horreur de la commission Charbonneau, ainsi que toutes les dérives, les patinages de fantaisie et l’impossibilité des politiciens à nous donner des réponses claires. Comme des petits garçons qui ne souhaiteraient pas avouer leurs vols de bonbons ou de monnaie, et qui tenteraient de détourner l’attention des parents.

« Les raisons de nous indigner ne manquent pas », écrit Dominic Champagne, « spoliation de nos ressources, accroissement des inégalités, appauvrissement de la classe moyenne, dégradations de nos milieux de vie, privilèges fiscaux, corruption érigée en système, investissements militaires démesurés, convergence médiatique, perte de démocratie. »

Et cela donne le ton de ce véritable pamphlet.

Pour un gouvernement des citoyens

Dominic Champagne a surtout œuvré au théâtre, comme dramaturge et metteur en scène. Il vient de recevoir, en octobre de cette année, le Prix Gascon-Thomas de l’École nationale de théâtre. En 2006, il a mis en scène le spectacle Love à Las Vegas, basé sur des chansons des Beatles et produit par le Cirque du Soleil en collaboration avec Apple Corps.

Mais c’est « la saga du gaz de schiste » qui l’a « amené à prendre parti sur l’échiquier politique, en faveur des citoyens contre la domination de cette industrie prête à prendre le risque de sacrifier la qualité de vie des gens sur l’autel du développement à tout prix, au profit d’une minorité ». Car « Nous ne vivons pas que de pain », écrit-il. « Nous avons aussi soif de vérité et de justice. »

Dans son livre, Dominic Champagne plaide pour  un retour à la social-démocratie, à une économie qui serve les citoyens et non l’inverse. On a accusé la social-démocratie de tous les maux et prétendu que seul le néo-libéralisme était viable.

Une solution taillée à notre mesure

Mais pourtant, nous dit l’auteur, on parle peu des solutions nouvelles mises de l’avant par la Norvège, la Suède ou la Finlande et des surplus engrangés par ces pays, alors que le reste de l’Europe vit des heures difficiles.

Or, chacun de ces pays a trouvé une solution différente, taillée à sa mesure, adaptée à ses ressources et à ses besoins. Le Québec doit faire de même, nous dit Dominic Champagne, car nous ne manquons ni de créativité, ni de ressources naturelles.

Ce petit livre offre, en moins de 80 pages, une multitude de courts chapitres qui se lisent aussi facilement qu’un journal ou que des articles sur le Web.

Et l’auteur y ratisse large. Le Plan Nord, le gaz de schiste, les régions et les ressources. Éducation, culture. Démocratie. Protection du français, mais aussi diversité culturelle, recherche d’une voie commune avec les anglophones, les allophones et les Premières Nations.

La vigilance et l’implication des citoyens sont essentielles

Mais avant tout, son message souligne qu’il ne faut plus attendre des gouvernements ou des partis politiques qu’ils résolvent tous nos problèmes, puisque toutes ces organisations ont les mains liées par les finances.

La situation actuelle demande plutôt un engagement des citoyens, comme cela s’est fait pour le gaz de schiste. La vigilance et l’engagement constant des citoyens sont essentiels pour parvenir à une véritable démocratie.

Bien sûr, cette publication est un pamphlet, un manifeste dans lequel l’auteur exprime son opinion de citoyen, en se basant sur son engagement et ses expériences personnelles.

D’autres pourraient réfuter ses arguments, mais ces autres trouvent déjà leurs tribunes dans les pages financières et politiques des journaux et des autres médias.

Tandis que cet écrit fait une belle synthèse d’idées intéressantes qui peuvent inspirer notre réflexion et stimuler une plus grande implication sociale.

Cette implication et cette vigilance représentent la meilleure façon de réduire les abus, le laisser-aller et la corruption des administrations. Ou à l’inverse : le désintéressement et le laisser-faire sont les meilleurs moyens de se faire abuser.

Notes

  • Il faut signaler, au passage, une petite erreur en page 51 où il écrit : « Jacques Attali disait que le 21e siècle serait spirituel ou qu’il ne serait pas ». Cette phrase n’est certainement pas de Jacques Attali. On l’attribue généralement à André Malraux, et même dans ce cas, l’attribution est contestée.
  • Autre détail : ce livre est un pamphlet contre le gouvernement libéral de Jean Charest. Depuis sa publication, les Libéraux ont perdu le pouvoir et l’ancien Premier ministre s’est retiré de la vie politique. Mais outre ce détail, tout le reste du livre n’a rien perdu de sa pertinence.
  • Livre cité : Dominic Champagne, Le gouvernement invisible, éd. Tête première, 2012.

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Offrir l’imaginaire en lecture aux enfants

14e édition de la campagne La lecture en cadeau

Offrir l’imaginaire aux enfants en lecture

Du 1er novembre au 31 décembre se tiendra la 14e édition de la campagne La lecture en cadeau de la Fondation pour l’alphabétisation. Cette campagne se charge de récolter des livres neufs pour les redistribuer aux enfants de milieux défavorisés dans le but de prévenir l’analphabétisme et le décrochage scolaire.

Anders Turgeon Dossiers DécrochageÉducation

Lutter contre l’analphabétisme juvénile

« Cherchant à mettre sur pied un projet rassembleur qui aurait un impact pour contrer l’analphabétisme […], Sophie Labrecque, ancienne présidente-directrice générale de la Fondation, a eu l’idée originale de La lecture en cadeau.[1]» Voilà comment a débuté cette campagne qui a vu le jour lors de la crise du verglas en 1998 en collaboration avec différents acteurs du milieu de la littérature : auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, éducateurs et lecteurs.

La lecture en cadeau a contribué à faire entrer la lecture dans les familles défavorisées où l’analphabétisme est plus à risque de se développer. Ciblant les enfants de 0 à 12 ans comme étant les plus à risques de devenir analphabètes, la campagne a permis à ces jeunes d’avoir davantage accès à des livres neufs sans avoir à les payer.

La campagne permet aussi de stimuler la lecture chez les parents n’ayant pas d’habitudes de lecture. Afin de maîtriser cette activité et d’être en mesure d’aider leurs enfants dans leur cheminement scolaire, la Fondation pour l’alphabétisation leur fournit de l’aide via la ligne de référence Info-Alpha.

Le succès des livres neufs depuis 13 ans

Depuis sa première édition en 1999, La lecture en cadeau a permis de rejoindre plus de 286 000 enfants de 0 à 12 ans ainsi que leurs parents. De ce nombre, 30 775 enfants se sont vus remettre un livre neuf lors de la 13e édition de la campagne, de novembre à décembre 2011. Ils ont reçu leur livre par le biais de réseaux de distribution tels que :

  • le réseau scolaire par le ciblage des écoles en milieu défavorisé par le Ministère de l’Éducation;
  • les organismes membres de la Fédération des organismes communautaires Famille;
  • les Centres de la petite enfance (CPE);
  • les autres organismes communautaires ayant obtenu une autorisation de distribution par la Fondation.

Pour les deux derniers mois de cette année, la Fondation pour l’alphabétisation vous donne rendez-vous dans 150 librairies, bibliothèques et salons du livre à travers le Québec dans le cadre de la campagne La lecture en cadeau. Outre le don d’un livre neuf à un enfant pauvre, vous pouvez prendre part à La lecture en cadeau de deux autres manières :

  • faire un don en argent pour permettre la distribution des livres aux enfants;
  • organiser une collecte de livres ou de fonds auprès de vos collègues de travail ou de votre entourage.

En participant à cette campagne, vous vous engagez à fournir un livre jeunesse neuf à un enfant dans le besoin. De plus, vous ne faites pas qu’offrir un livre à un enfant de 0 à 12 ans. Vous aidez des jeunes de milieux défavorisés à acquérir le goût de la lecture. De ce fait, l’imaginaire de ces jeunes est stimulé et ils développent ainsi leur créativité. Ils sont donc moins susceptibles de décrocher et de devenir analphabètes.

Pour plus d’informations

Si vous désirez rejoindre la Fondation pour l’alphabétisation afin d’en connaître davantage sur La lecture en cadeau, vous pouvez consulter la section des enfants sur leur site web ou vous pouvez les appeler sur la ligne Info-Alpha au 1-800-361-9142.


[1] Fondation pour l’alphabétisation. Enfants : La lecture en cadeau. Historique du programme, [http://www.fondationalphabetisation.org/enfants/la_lecture_en_cadeau/historique/] (page consultée le 26 octobre 2012).

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Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

Une boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux. Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti. www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

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