Poésie autochtone au Lion d’Or

Des femmes de la toundra en récital

Le 23 septembre dernier, on offrait au Lion d’Or un récital de poésie féminine autochtone, dont les deux participantes les mieux connues étaient Joséphine Bacon et Rita Mestokosho.

Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers AutochtoneCulture

réflexions sociales débats société L’événement est présenté dans le cadre du 19e Festival international de la littérature. La salle ouvre une heure avant le spectacle, ce qui nous donne le temps de bien apprécier ce vieux cabaret accueillant, avec ses rideaux de scène de velours rouge et ses petites tables. Un décor d’une autre époque. Mais aucun fantôme dans cette salle, que des ombres douces comme dans les contes de Noël. Au milieu d’un quartier aux maisons de briques rouges.

Dans l’assistance, on aperçoit le député d’origine crie Romeo Saganash, souriant et discret. Beaucoup de visages sympathiques. C’est le nom de Joséphine Bacon qui m’a attiré dans l’annonce de cet événement, puisque je connais déjà son œuvre. Son authenticité, sa présence, sa belle voix, son accent unique autant en français qu’en innu m’avaient déjà séduit dans une vidéo au Musée McCord. Cette impression sympathique sera confirmée, ce soir.

Poésie féminine

josephine-bacon autochtone indien premières nations

Joséphine Bacon autochtone indien premières nations

Quatre femmes poètes entrent en scène. Joséphine Bacon, la première, tient la place de l’aînée dans ce groupe. Elle est si petite que parfois son lutrin la cache. Toute en retenue, jamais affectée. Ses textes parlent d’eux-mêmes. Sa présence et ses yeux s’expriment sans qu’elle ait besoin d’en faire plus. Et c’est dans cette discrétion qu’elle est à son mieux.

À ses côtés, Rita Mestokosho apporte beaucoup de force et de cohésion au groupe. Je la découvre ce soir. Elle est pourtant la première femme innue à avoir publié un recueil au Québec. Elle nous offre, également, un chant innu assez envoûtant.

Une agréable surprise : la chanteuse Kathia Rock qui s’accompagne au tambour à main. Sa voix chaleureuse et puissante est impeccable. Elle complète les deux premières poètes. Jusque là, tout est parfait. Sauf pour l’accompagnement à la guitare électrique de Jean-Frédéric Messier qui devrait être plus discret. Accompagner sans dominer, et sans forcer les lectrices à parler plus fort. La guitare acoustique aurait été préférable, à mon avis.

Moins c’est mieux

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Rita Mestokosho indiens autochtone premières nations

Quatre femmes innues sur scène, en incluant la plus jeune, Natasha Kanapé Fontaine. Malheureusement, son interprétation exagérée ne rend pas justice à ses textes, selon moi.

Je mets aussi à part Laure Morali, Française et Bretonne, dont la présence et l’œuvre (comportant des parties en langue bretonne) ne me semblent pas à leur place dans ce contexte innu.

En résumé, le français et l’innu de Joséphine Bacon et de Rita Mestokosho faisaient tout le charme de cette soirée, avec le chant de Kathia Rock. Et j’aurais préféré un mélange plus simple. Sans rien d’exotique ou de mélodramatique pour gâcher le bon goût de toundra des textes et des voix.

___________

Joséphine Bacon

Ses textes sont mis en musique et interprétés par de nombreux artistes, dont Chloé Sainte-Marie, Kathia Rock et le groupe Mentana. Extrait de son premier recueil, Bâtons à messages : « Quand une parole est offerte,/elle ne meure jamais.//Ceux qui viendront/l’entendront. » À paraître en octobre 2013 : Un thé dans la toundra.

Rita Mestokosho

Son premier recueil vient d’être réédité en Suède avec une préface de J.M.G. Le Clézio. « À la saison froide et silencieuse/les aurores boréales s’allument/comme par enchantement/une lumière qui vient d’ailleurs//je caresse du regard/la beauté du monde… »

Autres textes sur Autochtone

Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant resto bonne bouffe où manger est montréalUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

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    Soulignons ce qui va bien, pour se donner de l’espoir

    Soulignons ce qui va bien : pour se donner de l’espoir

    Le square Saint-Louis est beau en ce début d’automne. Il vient d’être rénové, mais on a conservé son charme ancien. Et les plantations d’arbustes, de vivaces et d’annuelles sous les grands arbres se fondent très bien dans l’ensemble. Bref, c’est un succès et on ne souligne pas assez les succès.

    débat société reflexions sociales citoyen social

    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Environnement

    On a beaucoup parlé, à l’époque, des dépassements de coûts pour la construction des stations de métro à Laval. Mais très peu le fait que la Grande Bibliothèque de Montréal ait été réalisée sans déficit et qu’elle est, depuis son ouverture, presque dépassée par son succès.

    Le square Saint-Louis est beau, le parc Amélie-Gamelin a aussi été rénové. On a amélioré le bus en banlieue. On multiplie les voies réservées aux autobus, les pistes cyclables. La ville s’améliore à certains points de vue. Tout ne va pas mal.

    societe réflexion sociale débats communauté citoyenIl faudrait énumérer tous les organismes sans but lucratif, toutes les fondations, les jardins sur les toits, les jardins communautaires, l’agriculture biologique, les petites fromageries, les vins québécois qui s’améliorent, les bonnes moyennes des étudiants québécois en mathématiques, dans les concours d’orthographe.

    C’est un besoin de voir ce qui va bien pour se donner de l’espoir et conserver un certain équilibre psychologique. On ne peut travailler à améliorer les choses sans cet espoir.

    Il ne s’agit pas de fuir les problèmes : ils sont trop apparents pour qu’on les oublie. Mais c’est comme la brasse : il faut sortir la tête de l’eau régulièrement pour respirer, si on veut continuer…

    Autres textes sur Environnement

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    Économie pour tous avec Pierre Fortin

    Le petit Fortin :

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    L’économie du Québec raconté à mon voisin


    L’économiste 
    Pierre Fortin a le don de rendre accessibles à tous les notions apparemment compliquées de l’économie. Le livre Le petit Fortin : L’économie du Québec raconté à mon voisin, regroupe une cinquantaine de ses chroniques parues dans le magazine L’actualité depuis 13 ans. Sa lecture nous concerne tous.

    Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers ÉconomieÉconomie familiale

    L’économie pour tous

    Dans la préface, la rédactrice en chef de L’actualité, Carole Beaulieu, écrit :

    Il est grand, ce Petit Fortin. Il vous redonnera courage. Car l’économie appartient aux citoyens. Pour qu’ils se l’approprient, y contribuent et la transforment, en faisant des choix éclairés, ils doivent commencer par comprendre. Pierre Fortin leur en donne ici les moyens.

    Que l’économie appartienne aux citoyens, cela peut sembler une notion nouvelle. Car on pense souvent trop en fonction d’une opposition entre :

    — d’un côté l’économie, le capitalisme, les gouvernements, le « système » comme une sorte d’ennemi et de grand monstre insaisissable, qui serait coupable de tous les torts ;

    — et de l’autre, la société, le communautaire, le peuple.

    Or, il est facile de rejeter tout le blâme sur le « système », lorsqu’on ne connaît pas les mécanismes de l’économie. Facile d’ignorer toute responsabilité personnelle, alors que le citoyen a, lui aussi, ses responsabilités.

    Le citoyen responsable

    Petit-Fortin-l-actualite-livre-guide-economie-finance-andre-fortinIl est d’abord responsable par les choix qu’il fait. Comme celui de suivre aveuglément des courants sans s’y opposer. En cédant, par exemple, à l’incitation publicitaire qui crée des besoins et le rend esclave de marques. Il est responsable aussi de ne pas faire les efforts personnels nécessaires pour protéger son environnement. Responsable aussi de ne pas s’impliquer socialement.

    Il est aussi responsable de ne pas faire l’effort de comprendre les divers enjeux sociaux qui concernent chaque citoyen : des enjeux économiques, politiques, environnementaux, culturels ou éducationnels. En ce sens, le livre de Pierre Fortin peut l’aider.

    Cela demande un effort d’être un citoyen. Nous réclamons des droits, mais chaque droit implique un devoir et une responsabilité reliés à ce droit. Nous ne sommes pas que des bénéficiaires passifs et irresponsables, en attente du soutien de l’État qui doit régler tous les problèmes à notre place.

    Nos ancêtres prenaient leurs responsabilités sociales à leur manière, et essayaient de comprendre les enjeux de leur temps. Nous devons faire de même et tenter de comprendre le monde « compliqué » dans lequel nous vivons.

    Le livre et les chroniques de Pierre Fortin nous aident à le faire dans le domaine de l’économie.

    L’indice du bonheur

    La deuxième chronique du livre commence ainsi :

    Pierre Fortin L'actualité petit fortin de l'économie livre guide« Les philosophes de l’Antiquité avaient coutume de répondre qu’un minimum de confort matériel était nécessaire, pour manger, se vêtir, se loger et se soigner convenablement. Mais qu’au-delà de ce minimum seules la vie de l’esprit, la pratique du bien et l’harmonie des rapports sociaux permettaient d’atteindre le bonheur. Nous redécouvrons aujourd’hui que ces vieux sages avaient raison. »

    Il est question dans cette chronique d’une enquête mondiale sur les valeurs qui démontre que l’accroissement du revenu moyen ne se traduit pas directement par une augmentation du bonheur. C’est pourquoi on utilise plutôt, maintenant, un « indice du développement humain » qui prend en compte d’autres valeurs que la simple performance économique ; une performance qui « ne mène pas au bonheur », selon Pierre Fortin.

    Cela donne le ton de ce petit livre qui évite les termes techniques et l’abondance de statistiques. Au contraire, l’auteur nous y offre des textes faciles à comprendre, tout en étant agréables à lire et très bien écrits.

    Autres textes sur Protection du consommateur

    Ressources

    Office de la protection du consommateur du Québec
    Montréal: 514-253-6556
    Québec: 418-643-1484
    Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

    Option consommateurs
    Montréal: 514-598-7288
    Numéro sans frais: 1-888-412-1313

    Protégez-vous

    Rédaction
    courrier@protegez-vous.ca
    2120, rue Sherbrooke Est, bureau 305
    Montréal (Québec) H2K 1C3

    Autres textes sur Économie

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    Priorités politiques automne 2013

    Trop nombreuses, on commence par laquelle ?

    Priorités politiques de l’automne

    Dans son édition du 15 septembre 2013, le magazine L’actualité dresse la liste des « Sujets chauds de l’automne politique ». Parmi les quinze sujets énumérés, on ne trouve même pas les dossiers que nous souhaitons suivre. C’est-à-dire, en premier lieu, la Politique jeunesse déjà mentionnée lors du Sommet des jeunes en août, un thème proche de la mission de Reflet de Société. Puis le projet d’autonomie alimentaire du parti québécois, relié à la survie de la ferme familiale, un thème auquel nous avons déjà consacré deux chroniques.

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    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers PolitiqueSociété

    La liste des priorités est tellement grande que les besoins de chacun risquent d’être noyés dans l’ensemble. Qu’il s’agisse :

    … la classe politique a les mains pleines, et aucun parti, aussi honnête soit-il, ne saurait venir à bout de tous les problèmes, tout en faisant plaisir à la majorité des électeurs. Des électeurs dont les élus dépendent pour conserver leur siège à l’Assemblée nationale de Québec, à la Chambre des communes d’Ottawa ou à la mairie.

    Salle_Assemblee_nationale_Quebec gouvernement politique politicien

    Politiciens honnêtes

    D’accord, nous devons veiller à ce que ces élus nous représentent honnêtement. Mais nous ne pouvons nous attendre à ce qu’ils fassent des miracles à notre place. Et qu’ils réussissent à relancer une économie qui repose sur l’exploitation abusive des ressources naturelles, tout en respectant l’intégrité de la nature, avec sa pureté, sa faune et ses espaces verts…

    On ne peut s’attendre à ce que la construction soit florissante sans étalement urbain. Que l’on rénove le réseau routier sans qu’il y ait des problèmes de circulation durant les travaux. Que l’on réduise les taxes tout en améliorant les services. Que l’on rentabilise les fermes familiales, tout en achetant nos aliments aux prix les plus bas…

    Emplois locaux

    Pourtant, on sait déjà que tout ce qui ne coûte pas cher est fabriqué à l’étranger, là où les salaires sont très bas. On comprendra, par conséquent, qu’en achetant ces produits venus d’ailleurs, on contribue à la perte d’emplois chez nous et pour nous.

    Il est facile d’exiger de nos élus qu’ils règlent tous les problèmes. « C’est pour cela qu’on les paye », pense-t-on. Mais par quel problème doivent-ils commencer, ces élus, quand tous les sujets semblent prioritaires ?

    En fait, nous aussi nous devons participer activement à la solution de ces problèmes. D’abord dans les choix de notre vie quotidienne. Et puis chacun à notre manière, selon nos talents et nos possibilités.

    Autres textes sur Politique 

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    Débat sur la laïcité et les valeurs au Québec

    Le débat sur la laïcité et les valeurs au Québec

    Le projet de Charte sur la laïcité et les « valeurs québécoises », au Québec, donne lieu à des débats assez houleux. Les journaux et les sites Web s’emplissent de commentaires dont beaucoup souffrent d’intolérance, tout en qualifiant d’intolérantes les croyances qu’ils dénoncent. L’État québécois a ouvert là une boîte de Pandore.

    Normand Charest – chronique Valeurs de société | Dossiers ReligionPolitiqueAccommodements raisonnables

    réflexions sociales débats de société social communautéOr, sur quoi pouvons-nous nous entendre en tant que société ? Sur le besoin d’un gouvernement laïque, bien sûr. Cependant, nous sommes déjà tous d’accord sur ce point. La séparation de l’Église et de l’État devrait aller de soi depuis longtemps.

    Mais nous sommes contre toute forme de jugement des valeurs spirituelles de l’autre, dans ce débat. Il est inacceptable qu’on les présente comme des croyances moyenâgeuses, par opposition à l’athéisme et au matérialisme qui représenteraient la seule évolution possible. Ceux qui s’expriment ainsi ne réalisent pas qu’ils font preuve d’intolérance.

    L’État fait surement fausse route en voulant parler de valeurs. Il ouvre plutôt la porte à la haine potentielle de certains citoyens moins tolérants. Cela est loin d’élever le débat.

    Si les valeurs spirituelles ne sont pas du ressort de l’État, celui-ci ne doit pas non plus s’y opposer ni agir de manière à nourrir l’intolérance envers ces valeurs.

    Mais puisque le débat est lancé, efforçons-nous tous de l’élever à un niveau plus noble et ne jetons plus d’huile sur le feu du Québec bashing. Pas plus que sur ceux de l’islamophobie ou du matérialisme à outrance.

    Sur le projet de Charte des valeurs : quelles valeurs ?

    Oublions la foi, dans ce débat. Ce n’est pas ce dont il est question. Ne jugeons surtout pas de la foi personnelle de quelqu’un ; ou de la valeur d’une religion par rapport à une autre ou par rapport à l’absence de religion.

    Regardons les choses autrement. Pouvons-nous dire aux gens comment s’habiller ? En quoi une kippa ou un voile qui ne cache pas le visage peut-il nuire ? Avoir peur du prosélytisme est parfaitement ridicule, puisque cela peut très bien se faire sans signes « ostentatoires ». Les vrais prédicateurs qui passent à nos portes ont une présentation irréprochable : complet propre, chemise blanche, cravate, bonne coiffure.

    En quoi puis-je être choqué lorsqu’une jeune femme libre et convaincue porte volontairement le voile ? Cela ne me demande aucun accommodement.

    Si on interdit la kippa et le voile, va-t-on aussi légiférer sur la longueur de la jupe, le décolleté, la transparence des vêtements, la coupe de cheveux, les tailles trop basses… ou même l’agencement des couleurs ?

    Une loi pour interdire le mauvais goût et les parfums offensants qui portent atteinte à ma liberté ?

    On veut se draper dans le voile d’une société aux valeurs que l’on croit plus libres et nobles, dans une laïcité plus proche des pharisiens que des esprits éclairés.

    De quoi a-t-on peur ?

    Comme beaucoup d’autres citoyens, je m’oppose fermement à ce projet de Charte, à ce projet de société dans lesquelles je ne me reconnais pas.

    Autres textes sur Religion

    Autres textes sur les Accommodements raisonnables

    Autres textes sur Média et Communautaire

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    Paris, Belle Époque mais pour qui?

    Musée de la civilisation à Québec

    Paris 1889-1914: la Belle Époque, mais pour qui ?

    Si vous passez par Québec ou que vous y habitez, vous pourriez être intéressés par l’exposition « Paris en scène 1889-1914 », présentée au Musée de la civilisation jusqu’au 23 février 2014. Vous y retrouverez le Paris fin 19e et début 20e siècles, par delà les clichés du Moulin Rouge, des Folies-Bergère et des bourgeois qui allaient y faire la fête.

    débats société réflexions sociales communautaire citoyen

    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers SociétéCulture

    L’occasion nous est donnée, cette fois, de regarder cette « Belle Époque » sous l’angle des classes populaires qui gagnaient chichement leur vie dans les cirques, les foires et même dans la prostitution.

    On pense au roman à caractère social Les Misérables (1862) de Victor Hugo, un auteur immensément populaire, à cette époque. Un million de personnes assistèrent à son cortège funèbre en 1885.

    Misère et divertissement

    Famille_d_acrobate_avec_singe picasso art cultureLe cirque tel qu’on le connaît naît à cette époque, mais il ne fait que poursuivre la tradition des saltimbanques pauvres qui s’exhibaient pour presque rien, de l’enfance à la vieillesse. Toulouse-Lautrec, Picasso, Chagall, Rouault et bien d’autres peintres se sont inspirés des cirques et de la vie triste des saltimbanques.

    Durant cette période, on trouvait quatre cirques permanents à Paris. Ils étaient populaires à cause de leur prix réduit, mais ces bas prix reposaient sur la misère des employés. Même chose pour les foires itinérantes, tout aussi misérables avec ses femmes à barbe, siamois, nains, géants et autres attractions humaines. C’est dans ces foires qu’on a montré les premières « vues animées » et les bouts de film des frères Lumière au nom prédestiné.

    Art populaire

    Grâce à l’évolution des techniques d’imprimerie, il devient moins coûteux d’imprimer en couleur et les affiches publicitaires envahissent les rues. Elles sont l’œuvre de peintres, comme Toulouse-Lautrec. Tout en étant commerciales, elles représentent en même temps une nouvelle forme d’art populaire très apprécié.

    Le progrès ?

    Depuis Napoléon, Paris a été rénovée. Les rues moyenâgeuses, qui servirent longtemps d’égouts à ciel ouvert, sont percées par de larges et clairs boulevards bordés d’arbres. La population grandissante augmente les risques d’épidémies. Mais grâce à de nouveaux aménagements, l’hygiène s’améliore. C’est aussi l’ère des expositions universelles, comme celle de 1889, pour laquelle on a construit la tour Eiffel.

    Parmi les nouveautés, la bicyclette est adoptée par le peuple, tandis qu’on commence aussi à produire des tricycles à moteur (des Dion-Bouton) ainsi que des voitures automobiles (des Renault) et que l’on construit le premier Métropolitain, souterrain et électrique.

    C’est le progrès, on semble riche, mais d’où vient toute cette richesse ? L’Europe la puise dans les ressources de ses colonies, situées aux quatre coins du monde. D’un côté, la beauté fascinante du progrès, accessible en premier lieu aux riches. Mais de l’autre côté se cache une réalité moins reluisante : celle du travail dangereux et abrutissant dans les nouvelles usines, celle de tous les petits métiers comme ceux du cirque, ainsi que l’exploitation des colonies.

    Le plus beau défi

    picasso-periode-bleue art cultureDe nos jours, on a un peu perdu de notre naïveté, devant le progrès et la consommation illimitée des ressources naturelles. On y voit plus clair, en général. Ce n’est plus le magasin de jouets. Mais est-ce vraiment le cas ? Ou choisit-on plutôt de se fermer les yeux devant des problèmes apparemment insurmontables, qui nous démoralisent ? Que de mauvaises nouvelles partout, cela use l’enthousiasme. Or, le plus beau défi, en ce moment, le plus courageux, est de garder l’espoir malgré tout, et d’œuvrer pas à pas à l’amélioration de nos sociétés. Et pas seulement du côté matériel, puisque sans culture et sans véritable vie intérieure, tout n’est que superficialité.

    Musée de la civilisation
    85, rue Dalhousie
    Québec (Québec) G1K 8R2

    • Illustrations : deux tableaux de Picasso qui ne font pas partie de l’exposition, mais qui représentent des saltimbanques.

    Autres textes sur Culture

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    Réinsertion des jeunes par la marche

    Guérison au lieu de répression

    «La réinsertion des adolescents en grande difficulté par la marche à pied»

    Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Famille, Personnes âgées

    Les Autochtones le savaient déjà : la guérison est préférable à la répression. Cela est particulièrement vrai au niveau de la jeunesse. Basée sur ce principe, l’association française Seuil aide les jeunes délinquants par de longues marches. Cet organisme a été fondé par un journaliste français, Bernard Ollivier. 

    débats société réflexions sociales social communauté citoyenÀ 60 ans, Bernard Ollivier est mis à la retraite, mais pour lui cela signifie qu’on le met « à la casse ». Il est veuf, ses enfants ont quitté le foyer : il se retrouve donc seul et, sans son travail, il déprime. Il trouve une solution pour s’en sortir : partir de Paris, traverser le pays à pied et faire le chemin de Compostelle. Par la marche, un pas devant l’autre, par la bonne fatigue et le plein air, ses idées noires et tous ses soucis disparaissent. Il vient de découvrir une nouvelle forme de thérapie, qu’il voudra partager avec d’autres.

    Une nouvelle raison de vivre

    Après Compostelle, il veut continuer, et il prépare le projet d’une très longue marche qui le mènera de la Turquie jusqu’en Chine. Il racontera cette Longue marche en trois livres qui le rendront célèbre et lui procureront un bon revenu. Grâce à ses droits d’auteur et inspiré par l’exemple de la justice belge, il fondera l’association Seuil pour aider les jeunes délinquants. Le principe consiste à remplacer du temps d’emprisonnement par une longue marche, le jeune étant accompagné par un marcheur bénévole qui le prend en charge. Avec ce projet, il vient de trouver une nouvelle raison de vivre en aidant.

    débats de société la vie commence à 60 ans bernard ollivierLa mise sur pied de cet organisme ne se fera pas facilement, car il devra lutter contre une bureaucratie rigide qui n’aime pas les nouveautés, surtout lorsqu’elle ne vient pas de ses ministères et des spécialistes. Les aidants bénévoles sont considérés comme des «amateurs» : «En France, cela ne pardonne pas», écrit-il. «Si notre cause est difficile à défendre face aux interlocuteurs de l’administration, elle rencontre un écho incroyablement favorable auprès de la population.» Ainsi, on l’invite à donner des conférences un peu partout, les salles sont pleines et il recueille des contributions spontanées.

    «Jeter un pont entre jeunes et vieux»

    Tout en étant utile aux jeunes en difficulté, l’association donne aussi une raison de vivre à de nombreux retraités très qualifiés en divers domaines qui peuvent ainsi se rendre utiles de manière valorisante, plutôt que de se laisser aller à l’ennui ou aux loisirs infantilisants et de perdre leurs capacités.

    « Passer de l’adolescence à l’âge d’homme est une épreuve. Je le constate chez ces jeunes que des éducateurs à bout de solutions nous confient. Passer de la vie “active” à la retraite est tout aussi difficile. Dans un cas comme dans l’autre, certains sont déboussolés, surtout s’ils ne peuvent s’appuyer sur des soutiens affectifs solides. »

    Bernard Ollivier nous raconte cette expérience dans un livre intitulé La vie commence à 60 ans (éditions Phébus). Les titres des deux derniers chapitres peuvent d’ailleurs donner une bonne idée du livre : « Jeter un pont entre jeunes et vieux » et « Qui n’a pas de projet est déjà mort ».

    • Voir l’association Seuil sur Internet («La réinsertion des adolescents en grande difficulté par la marche à pied»).

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