Écouter la jeunesse, pour nous autant que pour eux

Écouter la jeunesse, pour nous autant que pour eux

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers Communautaire, Famille

Le lundi 12 août dernier avait lieu la Journée internationale de la jeunesse, telle qu’établie par l’ONU. Nous en reparlerons dans un prochain numéro du magazine Reflet de Société, ainsi que du Sommet des jeunes tenu à Montréal du 12 au 16 août 2013 au collège Ahuntsic.

reflet de société débat reflexion socialeMais nous pouvons dès maintenant souligner l’importance d’être à l’écoute de la jeunesse d’ici et d’ailleurs. Ces « enfants » sont plus que l’avenir de notre société, ils en sont déjà partie prenante et ils représentent le prochain pas de notre aventure humaine.

Écoutons-les. Ne les mettons pas sur un piédestal, mais acceptons-les à part entière. Écoutons-les, écoutons leur enthousiasme sans l’éteindre et transmettons-leur les valeurs qui nous animent.

Mais c’est justement là où ils peuvent nous remettre en question : quelles sont les valeurs qui nous animent ? Avons-nous oubSommet des jeunes jeunesse onulié nos idéaux de jeunesse en cours de route, devant les difficultés de les réaliser, ou avons-nous conservé le courage de les implanter pas à pas, et par petites touches seulement, s’il n’y avait pas moyen de faire autrement ?

Voilà la question que nous devons nous poser, une question salutaire. Et si ce n’était que le seul avantage que pour pourrions retirer de notre écoute des jeunes, ce serait déjà pour nous une grande richesse : une sorte de fontaine de jouvence, pour nos idéaux et nos espoirs qui sont les moteurs de notre évolution, autant collective qu’individuelle.

Autres textes sur les Jeunes

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Écouter pour apprendre

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Humilité – Connaissance de soi

Écouter pour apprendre

« Connais-toi toi-même. Sache que tu n’es pas un dieu », disait le philosophe Socrate. Le conseil de se connaître soi-même était déjà bien répandu dans l’ancienne Grèce. Nous passons tous par ce questionnement, d’abord lorsque nous nous demandons vers quelles études et vers quel métier nous diriger pendant l’adolescence, par exemple.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossier Culture , Croissance personnelle

débats société réflexions sociales citoyenneté citoyenMais la connaissance de soi ne se limite pas au choix de carrière. Elle commence dès que nous commençons, tout petits, à apprendre nos forces et nos faiblesses. D’un côté, nos talents et nos habilités : un enfant reconnaît vite qu’il est le plus fort du groupe, qu’il est habile d’une manière ou d’une autre ; mais il voit aussi ses maladresses et ses faiblesses. Il apprend vite qu’on n’est pas le meilleur en tout, mais qu’une force peut équilibrer une faiblesse (« je suis petit, mais je cours vite », par exemple). Mais il doit aussi apprendre à travailler sur ses faiblesses pour les améliorer.

Humilité

La connaissance dont il est question ici va au-delà des études théoriques, puisqu’elle commence par les expériences que nous vivons chaque jour. Ces expériences nous permettent de reconnaître notre nature, ce qui nous attire, ce qui nous tient à cœur. Elles nous permettent de connaître nos forces, les talents sur lesquels nous pouvons bâtir, mais aussi nos faiblesses et nos défauts. Et nous allons certainement faire des découvertes désagréables, si nous y regardons de plus près.

illustrations normand charest débats société réflexions socialesCes défauts et ces faiblesses que nous n’osons pas avouer aux autres, nous allons d’abord nous les avouer à nous-mêmes. En faisant ce travail d’acceptation de nos limites, nous allons devenir plus humbles. Nous allons réaliser l’utilité du conseil de Socrate, qui nous rappelle que nous ne sommes pas des dieux. La connaissance de nos faiblesses est le premier pas vers l’amélioration, qui passe par l’humilité.

Quand on se croit supérieur, on ne peut rien apprendre des autres. L’humilité, au contraire, rend l’écoute des autres beaucoup plus intéressante. Et c’est l’écoute des autres qui nous permet d’apprendre et d’évoluer.

Tout petit, tout petit…

On se voit alors comme on est vraiment, c’est-à-dire tout petit dans un monde immense où il y a une infinité de choses à découvrir et à apprendre.

Autres textes sur Croissance personnelle

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Autres livres pouvant vous intéresser:

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Hannah Arendt et le nazi Adolf Eichmann

Critique film et cinéma

Hannah Arendt et le mal « ordinaire »

Si vous êtes fatigués des films d’action et des histoires d’amour trop légères, si vous cherchez un film qui a une profondeur historique et qui pose des questions autant sociales que morales… vous aimerez le film Hannah Arendt actuellement à l’affiche du cinéma Excentris.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossiers CinémaCulture

débats société réflexions socialesUn avantage secondaire non négligeable : vous n’y souffrirez pas de longues annonces bruyantes, avant le film. Pas de maïs soufflé, non plus : on passe directement à l’essentiel. Mais le film est en allemand avec des sous-titres français, ce qui ne m’a pas dérangé, dans mon cas.

Le procès d’Eichmann à Jérusalem

cinéma film vidéo cd dvd critique films télévisionL’histoire se passe en 1963. On se prépare à juger l’officier nazi Adolf Eichmann à Jérusalem. La philosophe et professeure réputée, Hannah Arendt propose au magazine New Yorker de couvrir le procès.

Mais plutôt que de faire un simple reportage, elle écrit l’équivalent d’un livre qui sera d’abord publié en cinq parties successives dans le magazine.

Or, la première partie fait déjà scandale, et la communauté juive se tourne contre elle, une juive allemande vivant aux États-Unis, et elle reçoit de nombreuses menaces de mort.

On lui reproche surtout d’avoir mis en cause des chefs juifs, et on refuse de faire porter une partie de la responsabilité par le camp des victimes.

La banalisation du mal

Dans sa série d’articles, rassemblés ensuite en un livre, elle apporte la notion, mal comprise par ceux qui ne la lisent pas (ou alors superficiellement), de la « banalité du mal », bien représentée par le cas d’Eichmann qui refuse toute responsabilité : il ne fait qu’obéir aux ordres, il n’était responsable que du convoi par wagons des prisonniers, et il n’avait pas à se soucier de ce qu’il leur arriverait par la suite, rendus à destination, c’est-à-dire aux camps d’extermination.

cinéma film vidéo cd dvd critique films télévisionC’est cette banalisation du mal qui lui semble le plus terrible. De grandes foules peuvent ainsi participer au mal par petites gouttes, apparemment innocentes, et permettent ainsi aux pires dictatures de régner.

Un film à voir pour réfléchir sur notre responsabilité personnelle et sur le danger de céder au mal si « ordinaire »… Parce que ça ne nous regarde pas, ou parce que tout le monde le fait ou que ça nous avantage.

___________________

— Le film : Hannah Arendt (2013). Réalisatrice : Margarethe von Trotta. En allemand avec sous-titres français. Pays d’origine : Allemagne, Luxembourg, France. — Cinéma Excentris, rue Saint-Laurent, Montréal.

— Le livre : Hannah Arendt, Eichmann in Jerusalem : A Report on the Banality of Evil (1963), Penguin Classics, New York, 2006. Traduction française : Eichmann à Jérusalem : Rapport sur la banalité du mal (1966), Folio histoire n° 32, 1991.

— Les cinq articles : on peut retrouver dans les archives Web du magazine The New Yorker (www.newyorker.com) la série d’articles (de I à V) publiés sous la rubrique « A Reporter at large » en 1963.

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Agriculture, relève et souveraineté alimentaire

Politique de souveraineté alimentaire:

Pour soutenir l’agriculture québécoise

réflexions sociales débats sociétéLe 3 juillet, nous avons parlé de la ferme familiale menacée au Québec. Dans son numéro d’été 2013, le magazine Forces publie un reportage sur l’avenir des exploitations agricoles au Québec qui aborde le même thème. D’autre part, la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement québécois offre un espoir d’amélioration.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Agriculture

La relève étouffée par le prix des terres

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On apprend dans le reportage de Forces que plus de 300 fermes familiales disparaissent chaque année chez nous. On a parlé d’une absence de relève et d’une absence de capitaux. La relève n’est pourtant pas un problème réel, puisque les études en agriculture continuent d’attirer un bon nombre d’étudiants.

En fait, beaucoup de jeunes aimeraient reprendre la ferme familiale où ils travaillent déjà depuis leur enfance. Le sentiment d’appartenance au milieu agricole demeure fort et les emplois en ville ont peut-être perdu un peu de leur pouvoir d’attraction.

Mais le père ne peut donner sa terre à ses enfants, puisque sa vente constitue son fonds de retraite ; et comme les fermes peuvent valoir maintenant plusieurs millions de dollars, la tentation de vendre est importante.

Or, le fils n’a pas les moyens d’acheter l’entreprise. Sauf si ses parents la lui donnent, du moins en partie. Les parents peuvent choisir de demeurer actionnaires de la ferme, tout en la vendant graduellement à leurs enfants. Ils sacrifient les millions qu’ils obtiendraient lors d’une vente pure et simple, mais ils assurent d’autre part une relève familiale qui leur tient à cœur.

Une politique de souveraineté alimentaire

Le prix des terres agricoles a augmenté de 400 % depuis 1990 et le danger qu’elles soient achetées par des spéculateurs est bien réel. Le gouvernement québécois réagit à cette menace et travaille en ce moment à modifier dans ce but les lois existantes : la Loi sur l’acquisition de terres agricoles par des non-résidents et la Loi sur la protection des territoires et des activités agricoles.

Le gouvernement Marois vient aussi de présenter sa Politique de souveraineté alimentaire qui suit quatre « axes », la deuxième étant « L’occupation dynamique du territoire » qui comprend ces deux points : « garantir l’intégrité du territoire agricole pour les générations futures ; assurer l’accessibilité des terres agricoles aux entreprises agricoles et à la relève. »

Au-delà de ces formulations, nous croyons que le gouvernement démontre sa reconnaissance du problème ainsi que sa volonté de protéger l’agriculture québécoise.

Quelques réactions à cette politique

Une brève revue de presse nous montre que cette politique gouvernementale a été en général bien accueillie, et même applaudie. En voici quelques exemples.

À ce propos, Josée Boileau du Devoir écrit :

« Si l’on excepte l’opposition, qui n’a jamais pour vocation d’applaudir le gouvernement, l’Union paysanne, qui ne sera satisfaite que le jour où l’UPA tombera, et le National Post qui, à la une, a ridiculisé le projet en le déformant, François Gendron peut se féliciter. Tout le milieu agroalimentaire québécois a, avec raison, salué sa politique de souveraineté alimentaire. Une avancée, enfin ! »

Et elle conclue son éditorial sur ces mots :

« Ajoutons que les attentes sont énormes en matière agricole. S’y croisent l’économie, l’occupation du territoire, l’environnement, la qualité de vie… et l’alimentation ! Des visions s’affrontent. C’est tout à l’honneur du ministre Gendron que son plan ait été accueilli avec ouverture et accompagné de la création d’une table de concertation où une quinzaine d’organismes des plus divers pourront discuter de sa mise en œuvre. L’agriculture n’est plus sur une tablette. C’est un très heureux changement. »

Cela résume bien la situation.

De son côté, Équiterre se réjouit aussi de cette politique et souligne ces points :

« Le fait de favoriser l’achat local dans le réseau public et les sociétés d’État ;
l’intention de dévoiler une stratégie d’achat local avant la fin de l’année ;
l’inclusion d’une orientation visant à réduire l’utilisation des pesticides ;
l’intention d’accroître la protection du territoire agricole en milieu urbain ;
une reconnaissance du besoin de réduire des gaz à effet de serre, en toute cohérence avec les orientations du gouvernement à cet égard. »

Le journal Les Affaires accueille de manière également positive cette nouvelle et cite les paroles du ministre de l’Agriculture, François Gendron selon lesquelles : « D’autres modifications pourraient être apportées pour mieux protéger les terres contre l’étalement urbain » (en plus des deux lois mentionnées plus haut).

Puis le site de l’Agence Science-Presse (ASP) résume la nouvelle en mentionnant que cette politique

« met l’accent sur la promotion des aliments du Québec dans toute la chaîne de distribution (y compris les hôpitaux, les écoles et les garderies), sur l’importance de la relève de la main d’œuvre et sur la protection des terres agricoles contre la spéculation. De plus, les exploitations serricoles [les serres] bénéficieront de réductions tarifaires sur leur consommation hydroélectrique, ce qui leur permettra de diminuer leurs coûts énergétiques, d’améliorer leur compétitivité et de contribuer au développement durable. »

Nous comprenons qu’il y a beaucoup d’intervenants dans ce domaine et autant de points de vue différents, mais il faut se réjouir du fait qu’on en parle déjà plus (que ce n’est plus sur la tablette, comme l’écrivait Josée Boileau) et que cela devienne un véritable enjeu pour l’ensemble de notre société.

Références : la Politique de souveraineté alimentaire ; puis la revue de presse : Le Devoir, Équiterre, Les Affaires, Science-Presse.

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Toponymie: sexisme dans les noms de rues

Présences féminines cachées dans les noms de rues

Pourquoi donner des noms de personnes à nos rues ?

Dans beaucoup de nos villes, on voit des noms de rue qui ne nous disent absolument rien, souvent même des prénoms sans noms de famille. Une exposition à la Maison de la culture de Longueuil lève le voile sur une partie de ces mystères.

Normand Charest — chronique Valeurs de société — Dossier Culturedébats société réflexions sociales position communauté social

L’exposition Échos/Cité – Mémoires de femmes, paroles de femmes s’interroge sur de la place de la femme dans notre société et notre histoire. La première salle nous dévoile le mystère de certaines rues à prénoms féminins : rue Louise, rue Joséphine, rue Charlotte ; ou dont la présence féminine est cachée sous un nom de famille : rue d’Adoncour, rue Albani, sans parler des nombreuses saintes dont notre histoire a l’habitude.

maison culture art spectacle culturel artistiqueLa rue Louise, modeste et franchement pauvre (du moins lorsque ma famille y a habité dans les années 1960), a été nommée en l’honneur d’une des filles de la reine Victoria. La rue Joséphine, du nom de la première épouse de Napoléon. La rue Charlotte, pour une fille de la famille Le Moyne, qui régna elle aussi sur la baronnie de Longueuil.

Du côté des noms de famille : d’Adoncour était le nom de naissance de l’épouse de Charles Le Moyne, baron de Longueuil. Le nom Albani est plus cocasse, puisqu’il s’agit du pseudonyme d’une cantatrice célèbre du 19e siècle, Emma Albani (1847-1930) (la Céline Dion de l’époque), née à Chambly sous le nom de  Marie-Louise-Céline-Emma Lajeunesse, mais qui prit un nom italien, parce qu’en ce temps-là, l’opéra était une affaire italienne : Verdi et compagnie.

Mais sans ces explications, beaucoup de ces noms ne diraient pas grand-chose à la majorité des gens.

Pourquoi donner des noms de personnes à nos rues et à nos lieux publics?

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photo N. Charest

Du côté masculin, on ne se gêne pas pour donner des noms de personnalités politiques, chefs d’État ou simples maires, à beaucoup de rues et de lieux publics. Et voilà l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau, le parc Jean-Drapeau, les rues ou boulevards Henri-Bourassa, Camillien-Houde, Roland-Therrien, la place Untel…

On se passerait bien de toute cette quasi-idolâtrie,  surtout lorsque le personnage public ne fait pas l’unanimité. Et pourquoi se sent-on obligé de donner aux lieux des noms de personnes ? Je préfère de beaucoup les chemins du Lac, du Moulin, du Rang croche… ceux-là ne risquent pas de se péter les bretelles avec les honneurs qu’on leur faits.

__________________________

L’exposition Échos/Cité, préparée par le Musée de la Femme, à la Maison de la culture de Longueuil jusqu’au 30 août 2013, au 300 rue Saint-Charles Ouest.  

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L’université, du Moyen Âge à aujourd’hui

« Que sont mes amis devenus… »

Université et traditions médiévales

Il n’est peut-être pas surprenant de constater la popularité du médiéval chez les étudiants, puisque la tradition universitaire (y compris son poids social et l’importance de ses manifestations) remonte en grande partie au Moyen Âge.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – Dossier Éducation

débats société réflexions sociales communauté

Rive Gauche au 13e siècle

Ainsi, la Rive Gauche de Paris était déjà dominée par la vie étudiante dès le 13e siècle, et son université offrait un « baccalauréat ès arts », un terme qui a été conservé par les universités de langue française jusqu’à nos jours.

La population étudiante de la Rive Gauche provenait de différents pays européens et ne parlait pas forcément français. En fait, tous les cours étaient donnés en latin à cette époque (la langue du savoir, la langue de la science), et le latin était devenu la langue commune de ces étudiants : d’où le nom Quartier Latin que l’on donnait à ce coin de Paris (et qui a été repris à Montréal, à partir de 1876, pour désigner un quartier étudiant et littéraire, autour de la rue Saint-Denis).

Église Saint-Julien-le-Pauvre, premier siège des assemblées de l'ancienne université de Paris

Église Saint-Julien-le-Pauvre, premier siège des assemblées de l’ancienne université de Paris

La population étudiante dominait la Rive Gauche de Paris, et elle avait une grande influence économique sur la vie de ce quartier. Consciente de son pouvoir et de son nombre, elle y faisait un peu la loi. Les nombreuses grèves (et les beuveries) menaient à des affrontements entre les étudiants et les forces de l’ordre.

Que sont mes amis devenus

En littérature française, les poètes Rutebeuf (1230-1285), lui-même du 13e siècle, et Villon (1431-1463) du 15e, sont de bons représentants de cet esprit estudiantin irrévérencieux. De Villon, on se rappellera la Ballade des pendus (« Frères humains qui après nous vivez, / N’ayez les cœurs contre nous endurcis… ») et de Rutebeuf, sa complainte tirée des Poèmes de l’infortune, adaptée et mise en musique par Léo Ferré sous le titre Pauvre Rutebeuf :

villon université poésie moyen-âge

Villon

Que sont mes amis devenus

Que j’avais de si près tenus

Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a ôtés

L’amour est morte

Ce sont amis que vent me porte

Et il ventait devant ma porte
Les emporta
Avec le temps qu’arbre défeuille

Quand il ne reste en branche feuille

Qui n’aille à terre

Avec pauvreté qui m’atterre

Qui de partout me fait la guerre

Au temps d’hiver

Ne convient pas que vous raconte

Comment je me suis mis à honte
En quelle manière
Que sont mes amis devenus

Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a ôtés

L’amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir

Tout ce qui m’était à venir

M’est advenu
Pauvre sens et pauvre mémoire

M’a Dieu donné, le roi de gloire

Et pauvre rente

Et droit au cul quand bise vente

Le vent me vient, le vent m’évente

L’amour est morte

Ce sont amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte

Les emporta.

Pas de gratuité au 13e siècle

À Paris au 13e siècle, du temps de Rutebeuf, on entrait à l’université vers l’âge de 14 ans et il fallait 8 années d’études pour obtenir son baccalauréat ès arts. Avec une autre année, on pouvait obtenir une maîtrise, ce qui permettait d’enseigner. Toutefois, pour compléter un doctorat (en droit, médecine, philosophie ou théologie), il fallait ajouter 12 autres années d’études.

Tout cela coûtait très cher, et on comprend que seules les familles riches et nobles pouvaient se permettre d’envoyer leurs fils à l’université. Il y avait cependant des bourses qui permettaient à des jeunes gens talentueux des classes populaires d’accéder aux études supérieures. Ces bourses étaient payées par des nobles qui voulaient encourager les talents locaux, ou par le clergé.

Nous étions donc encore loin, au Moyen Âge, de l’université populaire gratuite et accessible à tous, mais le côté festif et contestataire des étudiants était déjà une réalité bien présente.

______________

Sources des informations : Thomas Cahill, Mysteries of the Middle Ages, Anchor Books, New York, 2008 ; le Web et une anthologie de poésie.

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Chihuly, du verre soufflé aux beaux-arts (MBAM)

Musée des beaux-arts de Montréal

Le verre soufflé élevé au niveau d’un grand art

Cette fois, on ne va pas reprocher au Musée des beaux-arts de Montréal d’être trop sérieux et inaccessible. En effet, avec l’exposition «Chihuly, un univers à couper le souffle», il nous offre une explosion de couleurs aussi pures et sans arrière-pensées que celles des enfants. Ce qui domine ici, cette fois, c’est le bonheur simple de la créativité et de l’énergie exprimée par les formes, le mouvement et la lumière.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Culture

Pour les enfants de tous âges

débats société réflexions sociales communautéLes enfants sont nombreux parmi les visiteurs aujourd’hui, et je vois l’émerveillement spontané dans le visage d’un jeune garçon à côté de moi. Comme eux, je suis frappé par la grandeur des œuvres et par l’effet de la lumière sur le verre.

Chihuly, l’artiste au cœur de cette exposition, est comme un enfant auquel on aurait donné de grands moyens et qui les utilise sans barrières, sans théories et sans avoir besoin d’expliquer son travail de manière conceptuelle.

Au lieu d’une feuille et d’une boîte de crayons, il a à sa disposition du verre à souffler de toutes les couleurs, de grands fours et tout un étage de musée pour exposer ses œuvres. Chihuly est passionné par son travail et son enthousiasme est communicatif. Les enfants sont les premiers à le ressentir.

Dès l’entrée, en gravissant l’escalier de marbre de l’ancien édifice, les couleurs solaires du verre nous éclairent. Sur le palier, de hautes tiges bleues font contraste. Dans la plupart des salles, la lumière qui éclaire le verre est mise en valeur par les murs noirs.

«À couper le souffle»

Chihuly art culture musée beaux arts montréalLa première salle où j’entre me jette à terre, comme dit l’expression. Elle compte 28 grands vases, installés à diverses hauteurs, et porte le titre général de «Forêt de Macchia». Ces vases font penser à de grandes fleurs, plissées de manière irrégulière et naturelle. Chacun nous offre des couleurs différentes, dont les nuances n’envient rien aux meilleurs tableaux. Je pourrais rêver longtemps devant un seul de ces vases.

L’expression «à couper le souffle» qu’on a utilisée dans la publicité est parfaitement appropriée et on ne saurait trop souligner la virtuosité, la variété, la beauté des formes, des couleurs et des installations.

Féérique

plafond persan musée beaux arts montréal art cultureUne autre salle, nommée «Plafond persan», nous réserve une belle surprise par son plafond transparent sur lequel on a empilé des vases et des objets de verre aux couleurs variées (une centaine), éclairés par le haut. La lumière traverse les différentes couches de verre coloré, puis descend sur les murs blancs et sur nous de manière totalement féérique. On peut d’ailleurs se coucher par terre pour admirer, puisque l’on a disposé quelques larges coussins pour le faire. Cela nous fait penser à une sieste sous un arbre dont le feuillage est traversé par le soleil d’été.

Chihuly est né en 1941 à Tacona, dans l’État de Washington. Il a étudié le design d’intérieur, la sculpture, la céramique et le verre soufflé qu’il a élevé au sommet des beaux-arts, comme le montre cette exposition. Par les formes il est un fameux sculpteur, mais par son utilisation de la couleur il est un grand peintre. Il écrit d’ailleurs :

Je suis obsédé par la couleur – je n’en ai jamais vu que je n’aimais pas.

On trouvera à la fin de l’exposition l’habituelle boutique de souvenirs : des livres, des cartes, des calendriers pour tous… mais aussi, pour les amateurs sérieux, de véritables vases du studio Chihuly, plus petits que ceux de l’exposition, avec des prix sur l’étiquette dans les trois ou cinq mille dollars.

Expositions permanentes : beauté durable

Le Musée présente aussi plusieurs expositions permanentes gratuites. On peut y voir des tableaux anciens qui ont toujours quelque chose à nous apprendre : que ce soit par leur composition, la touche du pinceau, le dessin ou le jeu de la lumière et de l’ombre. Et peu importe que le tableau soit figuratif ou abstrait.

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«Devoir de mémoire»

À quelques rues de là, sur l’avenue McGill College, le Musée McCord, en collaboration avec la Commission vérité et réconciliation du Canada, présente une exposition en plein air de photos anciennes sur le thème des pensionnats autochtones. C’est à voir. Nous avons déjà beaucoup écrit sur ce thème dans le magazine Reflet de Société et sur le Web, mais le titre «Devoir de mémoire» est très éloquent : il faut se souvenir des erreurs du passé pour en tirer des leçons et ne pas les répéter.

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Chihuly, un univers à couper le souffle, au MBAM du 8 juin au 20 octobre 2013. Entrée : 12 $ pour les 13-30 ans, 20 $ pour les 31 ans et plus (10 $ le mercredi soir). MBAM

Devoir de mémoire – Les pensionnats autochtones du Canada, Musée McCord, sur l’avenue McGill College à Montréal, du 19 juin au 20 octobre 2013.

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