Psychose toxique au Mexique

Un témoignage de Gabriel Julien | Dossier Santé mentale

J’ai consommé de la drogue à l’adolescence et ç’a rendu ma santé mentale plus fragile. En 2007, j’ai fait Occupation Double, puis on m’a appelé pour faire Loft Story en 2009. Une semaine avant le début de Loft Story, ma mère est décédée. J’ai décidé d’y aller quand même, mais ce n’était pas un milieu sain pour moi. J’ai quitté le loft après trois jours. J’avais commencé à perdre le contact avec la réalité.

Quand je me suis retrouvé seul, mon état a empiré. Je n’étais plus certain si j’étais encore dans le loft ou non. J’étais en psychose. Dans cet état, le cerveau devient vraiment hyperactif et fait des liens qui n’ont pas de sens, rationnellement… C’est vraiment épuisant. J’ai été à l’hôpital.

Par la suite, j’ai repris lentement une vie normale, mais j’ai commencé à consommer énormément d’alcool. En 2011, je suis parti en voyage au Mexique avec un groupe de Québécois assez festifs. C’est là que j’ai fait une psychose toxique. On m’a enfermé dans une prison touristique Isolé et seul dans ma cellule, j’ai été en psychose pendant trois semaines.

J’ai eu des hallucinations visuelles et auditives. J’étais persuadé qu’on voulait m’éliminer et me tirer dessus. Je me suis caché dans ma cellule et j’ai perdu la notion du temps.

Ma tante et mon oncle ont finalement réussi à faire venir une ambulance par services aériens et j’ai atterri à l’hôpital pour recevoir des soins psychiatriques. J’ai passé un bon mois et demi en clinique interne. J’ai eu un diagnostic de bipolarité et j’ai reçu mon congé. Puis, une clinique pour jeunes adultes psychotiques m’a pris en main. On avait des ateliers sportifs, de cuisine et de thérapie cognitive comportementale. C’était vraiment aidant, mais j’ai recommencé à consommer de l’alcool… Je n’avais pas appris ma leçon. J’ai refait quatre psychoses. C’est après la quatrième, qui a été particulièrement difficile, que j’ai décidé de faire des choix pour moi.

Maintenant, ça fait presque cinq ans que je n’ai pas eu de psychoses. Si je me sens partir, je peux me faire redescendre plus aisément. Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est de se trouver des points de repère. Par exemple, des endroits et des personnes qui nous sécurisent.

Aujourd’hui, c’est vraiment l’envie d’aider qui me fait vivre. J’ai commencé à arpenter les rues de Montréal en mai 2019 pour sensibiliser les gens à la santé mentale et à l’importance de bouger. Je suis aussi un cours pour être entraineur professionnel. J’aimerais beaucoup entraîner des gens qui ont des problèmes de santé mentale et contribuer à leur rétablissement.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Point de vue d’une jeune sur la drogue et l’alcool
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La guerre contre la drogue
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Génétiquement toxicomane: les rats.
Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont découvert chez certains rats une prédisposition à la toxicomanie.

Site d’injection supervisée: le ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc main dans la main avec le gouvernement Harper
Le ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc vient d’annoncer qu’il dit non aux centres d’injections supervisées. Dossier Alcool, drogue et toxicomanie.

Stockwell Day refuse un programme d’échange de seringues dans les prisons
Un programme de tatou pour diminuer le nombre de détenus qui héritent du VIH-Sida a échoué dernièrement. Maintenant les autorités carcérales refusent un programme d’échange de seringues pour les détenus. Dossier Alcool, drogue et toxicomanie.

Pétition en faveur des sites d’injections supervisées
Nous venons de recevoir du GRIP, une pétition à signer pour sensibiliser le nouveau ministre de la Santé, M. Yves Bolduc sur l’importance de créer un site d’injections supervisées.

Fraternité d’entraide – Quatrième étape
Fraternité d’entraide Ateliers de quatrième étape (inventaire moral). L’abstinence, à elle seule ne suffit pas, il faut changer son caractère, vaincre ses peurs, se débarrasser de ses ressentiments, se découvrir soi-même, apprendre à pardonner et grandir spirituellement. L’inventaire moral : un indispensable outil de libération! Une démarche basée sur les fraternités d’entraide.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.


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Avis de parution : L’héroïne de ma vie

NOUVEAUTÉ 2021 DES ÉDITIONS TNT

AUTEURE : CAROLINE LEBLANC

VOUS POUVEZ COMMANDER

DÈS MAINTENANT

LE LIVRE « L’HÉROÏNE DE MA VIE »

PRIX : 15$ / ESSAI

Description du livre : L’héroïne de ma vie est un livre destiné à comprendre les enjeux auxquels les personnes qui consomment des opioïdes peuvent être confrontées. Il a été écrit à travers les carnets intimes d’un homme aux mille et un rêves. Il ne s’agit pas d’identifier les raisons qui l’ont mené à consommer, mais bien de connaître les motivations qui l’ont encouragé à arrêter, ses difficultés pour y parvenir et les conséquences que son mode de vie a eues sur sa vie. Biographique, émotif, mais aussi informatif, ce livre se veut un ouvrage qui alimentera nos réflexions concernant la dépendance aux opioïdes et le jugement discutable que la société porte envers les personnes qui consomment. Ce livre ne détient pas la vérité absolue, chacun vivant sa dépendance différemment, cela représente l’une des visions, la sienne.

ISBN : 978-2-925002-39-0 / ISBN PDF : 978-2-925002-50-5 / Format : 6 X 9

Caroline Leblanc

L’auteure de ce livre, Caroline Leblanc, est travailleuse sociale, M.Serv.soc, et étudiante au doctorat en santé communautaire à la Faculté de médecine et science de la santé de l’Université de Sherbrooke. Elle est également récipiendaire de nombreux prix, dont la bourse de la fondation Pierre-Elliot-Trudeau, ainsi que la bourse des études supérieures Vanier du Canada. La justice sociale occupe une place au cœur de ses actions, et publier ce livre était une façon de donner une voix à une personne qui lui est chère et qui a toujours voulu être entendue.

Briser les tabous

Dossier Santé mentale

Humain Avant Tout a été fondé durant l’été 2018 par Lysa-Marie Hontoy, doctorante en psychologie à l’Université de Montréal. C’est à travers cet organisme que la jeune femme comble son besoin de faire avancer la cause de la santé mentale au Québec.

Les difficultés psychologiques touchent un grand nombre de personnes qui souffrent en silence par crainte d’être jugées ou rejetées. L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, et inciter les gens à demander de l’aide.

Chaque semaine, l’équipe diffuse sur sa page Facebook des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques (diagnostiqués ou pas) ou des épreuves de vie difficiles (accident, maladie, peine d’amour, deuil).  L’intention derrière ces publications est de briser l’isolement et redonner espoir.

Des hallucinations troublantes

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Auteur : Sonia

J’ai reçu un diagnostic de schizophrénie à 18 ans. Dès l’âge de cinq ans, j’avais des phobies très intenses. J’avais peur que les objets bougent ou qu’ils m’attaquent. C’est aussi à cet âge-là que j’ai eu mes premières pensées suicidaires. Au secondaire, j’avais des hallucinations visuelles et auditives, comme voir des gens mourir ou se faire frapper par une voiture. J’essayais de le cacher parce que j’avais peur de me faire enfermer, c’est ce qu’on voyait dans les films. La solitude face à ce que je vivais, c’était vraiment ça, le plus difficile.

Ma médecin de famille m’a fait commencer à prendre des antidépresseurs. Ça ne fonctionnait pas bien pour moi et elle ne faisait qu’augmenter ma dose. Je ne me sentais pas écoutée. J’ai fait une tentative de suicide pendant cette période-là. À 18 ans, j’ai décidé d’arrêter la médication. J’ai vécu toutes sortes de nouveaux stress et j’ai recommencé à faire plus de crises. Je faisais des psychoses paranoïaques, où je m’imaginais que tout le monde était contre moi, puis des psychoses catatoniques, c’est-à-dire que je perdais le contrôle de mon corps.

Je me suis un jour retrouvée à l’hôpital, en crise. On m’a renvoyée chez moi en me disant que j’étais sur une liste d’attente. Ça a pris des mois avant qu’on ne me rappelle. Puis, j’ai finalement trouvé un nouveau médecin de famille, un miracle qui s’est présenté sur ma route. C’est la personne qui m’écoute et avec qui ça marche. On y est allé graduellement avec la médication et j’ai éliminé des choses qui me stressaient dans ma vie.

Quand ç’a commencé à mieux aller, je me suis mise à avoir plus de projets. J’ai pu entrer à l’université en philosophie. J’ai écrit une dissertation sur cette façon de voir les personnes psychiatrisées comme étant des personnes irrationnelles. Aujourd’hui, je suis en train de rédiger un mémoire de maîtrise sur les injustices en psychiatrie. J’aimerais en faire une conférence accessible au grand public et aux professionnels de la santé. Ça fait 10 ans que ma vie est plus stable. Le jour de mes 30 ans, je me suis regardée dans le miroir en me disant que je n’aurais jamais pensé me rendre là…

Ma bipolarité, une job à temps plein!

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Auteur : Frédéric

Il y a cinq ans, j’ai reçu un diagnostic de bipolarité. Les affaires roulaient bien au travail…J’étais conseiller pédagogique, formateur, conférencier et j’avais une charge de cours à l’université. Mais du jour au lendemain, ça a complètement dérapé. J’ai été hospitalisé pour la première fois à ce moment-là.

Pendant la première année suivant l’hospitalisation, j’ai été en arrêt de travail parce que je vivais une dépression majeure. Je ne voyais pas le bout…je pensais vraiment que c’était fini pour moi. J’ai fait une tentative de retour au travail après deux ans d’arrêt, mais j’ai rapidement dû m’absenter à nouveau. Récemment, j’ai été invalidé par les assurances parce que mes fluctuations d’humeur sont trop rapides et trop violentes. Ça a été un deuil difficile à vivre parce que je m’identifiais beaucoup à mon travail.

À la suite de mon diagnostic, j’ai aussi vécu beaucoup d’anxiété sociale. Pendant plusieurs années, je me suis isolé parce que je ne savais pas comment expliquer mon état aux autres… j’avais honte. J’ai toujours projeté une certaine image de force et de confiance, mais, me sentir à ce point vulnérable, c’était difficile à porter.

Depuis quelque temps, je me permets de parler plus ouvertement de ma maladie et je réalise que ça fait du bien, de passer par-dessus ce tabou qui est tellement pesant. Malgré tout ce que je fais pour garder mon humeur stable – et c’est une job à temps plein –, les idées suicidaires reviennent fréquemment; mais maintenant, je suis capable de me répéter que ça va passer.

J’ai la chance d’être suivi toutes les deux semaines par un psychiatre extraordinaire qui fait preuve de compassion. Ma blonde assiste à toutes les rencontres, elle est là pour moi depuis le début. Mes trois enfants ont aussi été d’une patience et d’une maturité inouïes à travers les années. C’est vraiment ça qui m’a sauvé… ma blonde, mes enfants et mon réseau social.

L’année prochaine, je commence un doctorat en éducation, dans l’espoir de me reconstruire. Selon mon psychiatre, ça fait partie de mon plan de traitement. J’ai aussi envie de contribuer positivement à la société en donnant des conférences sur la santé mentale. Je ne veux plus rester isolé et je n’ai plus envie de me cacher…j’ai le désir d’aider les autres en leur partageant avec eux mon histoire.

Survivre à un viol

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Auteur : Corinne

Quand j’avais 25 ans, pendant que je dormais, quelqu’un est entré chez moi par effraction et m’a agressée sexuellement… Quand ça m’est arrivé, je me suis dit qu’à part la mort, y’avait pas grand-chose de pire. Après l’agression, ça a été une pente descendante. J’ai perdu du poids, j’ai arrêté de manger, de dormir et de travailler … J’étais mal tout le temps. J’ai consommé excessivement parce que je croyais que ça allait m’aider à arrêter d’avoir peur. Toute ma vie était basée autour de ça : la peur d’avoir peur. Ça a déconstruit ma vie et je suis devenue complètement dépendante des autres. Mais, petit à petit, j’ai commencé à remonter la pente et à me faire confiance à nouveau.

Ça fait 15 ans que je suis en thérapie, et j’ai arrêté de consommer il y a bien longtemps. La maternité m’a permis de m’accrocher à la vie et de retrouver une certaine paix intérieure. Mon fils a 6 ans, c’est mon soleil. Il me comble de joie et me ramène à l’essentiel, malgré la solitude d’être une mère monoparentale. La course m’a aussi vraiment aidée et m’aide encore aujourd’hui. Ça me permet de libérer toutes les émotions qui sont bloquées en moi.

Mais, j’ai réalisé cette année que j’avais beau courir trois fois par semaine et faire toutes les thérapies du monde…je ne serai pas capable de tout guérir. Il y a des choses qui restent quand tu subis un choc post-traumatique. Je me sens toujours en état d’hypervigilance et je fais aussi beaucoup d’insomnie. Ça a été vraiment difficile parce que l’agresseur est encore en liberté… ils ne l’ont jamais retrouvé.

Mais, à un moment donné, j’ai arrêté de résister et de vouloir tout régler. J’ai accepté que j’allais être une personne anxieuse toute ma vie. Ça ne m’empêche pas de dire que je me sens heureuse aujourd’hui et que j’ai le sentiment de m’en être sortie. Je suis rendue à un point où je ne suis plus du tout dans la honte, mais plutôt dans l’acceptation et le pardon. Je ne me sens plus comme une victime et je suis fière de la femme que je suis devenue. À mes yeux, c’est mon plus bel accomplissement. Je souhaite que mon témoignage aide d’autres femmes à se libérer de la honte qu’elles peuvent ressentir et à parler de ce qu’elles ont vécu…

Des compulsions pour exorciser l’anxiété

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Auteur : Myriam

J’ai toujours été une personne anxieuse…j’ai vu beaucoup de psychologues et de travailleurs sociaux dès le primaire. Mon anxiété était très reliée à la performance et, au secondaire, j’ai juste explosé. Je faisais du cirque, du violon, du bénévolat, j’allais à l’école…c’était trop intense. J’avais aussi beaucoup de compulsions…ça pouvait me prendre une heure avant d’aller me coucher parce qu’il fallait que je touche à plusieurs objets dans la maison. Je faisais ça parce que ça me donnait l’impression d’être protégée contre quelque chose de grave qui aurait pu m’arriver.

J’ai commencé à me mutiler vers 15 ans et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des antidépresseurs et à aller un peu mieux. Mais quand je suis arrivée à l’université, j’ai réalisé que j’avais juste mis un band-aid sur le bobo et que je ne l’avais pas guéri. À travers les années, j’ai développé des troubles alimentaires…c’était et c’est encore aujourd’hui un symptôme de mon anxiété. Être grosse et avoir un trouble alimentaire, c’est comme impossible dans la tête des gens…c’est souvent très associé à la minceur, qu’on valorise d’ailleurs beaucoup dans la société.

Moi je fais des crises d’hyperphagie quand je sens des bouffés intenses d’anxiété. Je peux manger n’importe quoi en grandes quantités et ça m’apaise, sur le coup. Ça peut être dur à comprendre, mais c’est comme un vide que j’essaie de remplir. Quand ça m’arrive, je me sens super coupable et vraiment honteuse. Avant, je me faisais beaucoup vomir après les épisodes d’hyperphagie, mais maintenant c’est plus rare. Je trouve que l’hyperphagie c’est encore vraiment tabou… les gens peuvent percevoir ça comme de la gourmandise ou quelque chose de stupide à faire, mais c’est plus fort que moi. Des fois, mon corps me dit « go, mange tout ce que tu trouves » et je le fais.

Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de ressources pour m’aider… J’ai quand même été échaudée par le système de santé…même si j’avais des idées suicidaires, on m’a dit qu’il y avait huit mois d’attente. J’ai eu la chance d’avoir un bon médecin de famille qui m’a bien accompagnée pendant cette période-là. Et j’ai finalement vu une psychologue au privé qui a changé ma vie. Elle m’a aidée à comprendre ce que je vivais et tranquillement, je me suis reconstruite.

Des highs et des downs trop intenses

Auteur : Mikaël

Autour de l’âge de 16 ans, j’ai commencé à avoir des moments plus sombres qui alternaient avec des moments où je me sentais pas mal plus enjoué. Je ne me posais pas de questions, j’y allais avec le flow. Mais plus ça allait, plus les highs et les down devenaient intenses. Après 12 ans à rouler comme ça, je me suis ramassé en crise à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et c’est là que j’ai eu un diagnostic de trouble bipolaire de type 1.

Pendant mes highs, j’étais « surconfiant » … j’étais le King. Je me souviens, des fois je me regardais dans le miroir en me disant à quel point j’étais hot…avec le recul, je trouve ça ben drôle (rires). Je parlais avec tout le monde, j’avais 56 000 projets, rien ne m’arrêtait. Quand j’étais vraiment dans mon peak, je perdais la voix parce que je parlais trop vite et trop fort. Mais quand je redescendais, je redescendais en tabarnane. Pendant mes phases dépressives, je me retirais complètement de la map. Je remettais tout en question parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’avais pu le goût d’interagir avec le monde parce que j’en avais peur. J’étais vraiment confus, mes idées n’étaient pas claires et je n’avais plus de repères…j’ai déjà pensé au suicide.

Une chance que mes parents et ma sœur ont été présents et ont cru en moi. L’entourage est tellement important. Si j’avais été dans un autre milieu, je serais peut-être itinérant, aujourd’hui.  Depuis que j’ai été diagnostiqué et que je prends du lithium, j’ai l’impression de vivre ma vie pleinement. Les médicaments m’aident à réguler mon humeur et ça me permet aussi de prendre soin de mes relations…pis ça, c’est vraiment important pour moi. Depuis maintenant un an, je partage ma vie avec ma copine Catherine. Sans cette stabilité, je n’aurais pas pu envisager une relation saine et remplie d’amour. J’aurais envie de dire aux autres de pas avoir peur de demander de l’aide. On est tous humains, on peut tous s’entraider.

Photos prises sur le site internet Humain Avant Tout

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

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S’en sortir et sortir de la rue

Un ex-toxicomane nous raconte son cheminement tumultueux à partir de l’adolescence où il a débuté sa consommation, en passant par la période où il s’est retrouvé dans la rue jusqu’à aujourd’hui, à l’aube de ses 30 ans. Regard sur la drogue par un ex-toxicomane.

Un texte de Annie Dion-Clément publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Toxicomanie

Marqué de plusieurs tatouages, avec son regard vif et son grand sourire, Victor (prénom fictif) raconte avec émotion comment il a débuté dans l’univers de la drogue. Il se souvient que c’est à l’âge de 12 ans qu’il prend sa première bouffée de marijuana. «La drogue est une fuite pour oublier la réalité», explique-t-il.

La suite disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

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Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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L’alcool et le tabac font plus de victimes que les drogues illicites

L’alcool et le tabac sont les substances les plus consommées dans le monde et celles qui font le plus de dégâts sur la santé humaine. C’est le constat révélé par le dernier rapport sur l’usage des drogues licites et illicites paru dans la revue Addiction.

Un texte de Alexandra Bachot – Dossier Toxicomanie 

Les cas de maladies recensés parmi la population adulte sont d’autant plus élevés pour la consommation excessive d’alcool, avec un taux atteignant 18.3%, suivi par le tabagisme quotidien avec un pourcentage de 15.2%. Les substances illicites telles que le cannabis (3,8 %) et la cocaïne (0,35 %) sont quant à elles reléguées au second plan, loin derrière les drogues licites

Géographiquement, des disparités se dégagent. Alors qu’en Europe centrale, orientale et occidentale la consommation d’alcool par habitant et le tabagisme sont prépondérants, les régions canadiennes et américaines affichent, au contraire, les taux les plus élevés de dépendance au cannabis, aux opioïdes et à la cocaïne.

« Les années de vie ajustées sur l’incapacité », une mesure présentée dans le rapport, correspond au nombre d’années de vie en bonne santé perdues à cause d’une maladie, d’un handicap ou d’une mort précoce. Au niveau des dégâts sur la santé humaine, les chiffres sont sans appel : 170,9 millions d’années de vie en bonne santé sont perdues à cause du tabac, 85 millions d’années du fait de l’alcool et 27,8 millions d’années en raison des drogues illicites. Pour résumer, en 2015, l’alcool et le tabac ont coûté à la population humaine plus d’un quart de milliard d’années de vie en bonne santé.

La disponibilité et l’acceptabilité culturelle de  l’alcool et du tabac sont des facteurs essentiels qui expliquent la consommation plus importante de ces drogues. « Leur consommation est culturellement considéré comme parfaitement normale dans les pays occidentaux », déclare Robert West, un des auteurs de l’étude.

Par ailleurs, le taux de mortalité attribuable à ces substances est également le plus élevé pour le tabac (110,7 décès pour 100 000 personnes), suivi de l’alcool et des drogues illicites (33,0 et 6,9 décès pour 100 000 personnes, respectivement). Pour le chercheur, « en Occident, nous aimons penser que nous avons des sociétés civilisées, mais des comportements que nous pensons tout à fait normaux tuent beaucoup plus de gens et causent plus de misère que des choses qui nous bouleversent comme le terrorisme ».

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La consommation, un poids sur les enfants

Ludivine (prénom fictif) tient à parler de drogues. Si elle en a consommé occasionnellement, elle a surtout été percutée de plein fouet par la consommation passée de son père. Aujourd’hui, Ludivine est adulte, mais sa famille et elle paient encore les conséquences de cette ancienne dépendance. «La drogue a des répercussions sur la vie des personnes longtemps après l’arrêt de la consommation», explique Ludivine. Elle a subi celle de son père.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Toxicomanie 

Alors qu’il n’avait que 25 ans et pas encore d’enfants, le père de Ludivine a été un consommateur d’héroïne pendant 3 ans. Tous les jours. À cette époque, il fréquentait déjà sa mère et celle-ci le laissait faire, sans pour autant y toucher. Avant la naissance de ses enfants, le père de Ludivine arrêta l’héroïne pour fonder sa famille. Mais après la naissance de son fils, il troqua une dépendance pour une autre, ce fut le début de la consommation d’alcool.

Dépendances en série

«Il disait à ma mère que la consommation d’héroïne lui faisait du bien. Mon père est un homme angoissé… Quand il a commencé à boire après la naissance de mon frère, je pense que c’était dû à la peur de perdre un tel bonheur», déclare la jeune femme.

Pendant plus d’une décennie, le père de Ludivine boira en cachette sans que ses enfants ne s’en aperçoivent. Alors qu’elle a 14 ans, il sort du placard et l’annonce à toute la famille: il est alcoolique et va aller en cure de désintoxication. Pour la petite Ludivine qui voyait encore son père comme un surhomme, c’est un choc terrible. Alors qu’elle a du mal à saisir et comprendre toute l’ampleur de la situation, son père lui demande expressément de n’en parler à personne. Elle a déjà de la difficulté à mettre des mots sur la situation, et voici que par honte, il cherche à lui mettre un bâillon.

Rechute

Pendant quelques années, le père de Ludivine sera sobre de toute dépendance, exception faite de la cigarette. Exception importante puisque celle-ci va engendrer un cancer de la gorge.

«Les conséquences de sa consommation d’héroïne ne sont venues que plus tard, raconte Ludivine. Il a troqué une dépendance pour une autre. Quand il a eu son cancer à la gorge, il a recommencé à boire.» Ludivine avait alors 17 ans.

Cette période a été destructrice pour ce père et pour ses enfants qui le voyaient dans un tel piteux état. Alors qu’il n’a quasiment plus de voix après son opération, il recommence à boire, prend ses médicaments, le tout le ventre vide. «Il devait d’abord être nourri par sonde, mais quand il a fallu qu’il remange, la rééducation a été difficile. La nourriture venait dans ses poumons et non son estomac. Il a frôlé la mort plusieurs fois à cause de cela. Son estomac a fini par se contracter. Il ne pouvait pas manger beaucoup, et souvent il remplaçait la nourriture par l’alcool.»

Depuis qu’elle est jeune, Ludivine ramasse parfois son père par terre, ivre, pour le coucher. «C’est très difficile d’en discuter le lendemain, car il ne se souvient de rien. Quand j’arrive à lui en parler, il se sent coupable et du coup il boit davantage. C’est un cercle vicieux», explique-t-elle.

Impacts

Cette dépendance, ce besoin d’alléger ses angoisses, a eu des impacts physiques sur le père de Ludivine. «Il est comme ces rockstars qui consomment… ils ont à peine 27 ans et en paraissent le double. Aujourd’hui, avec mon père, c’est pareil. Depuis 6 ou 7 ans, il semble touché d’une régression cérébrale. Il répète souvent les mêmes choses, il est devenu misanthrope. Il a l’air très vieux, même ma grand-mère de 85 ans est plus apte à interagir.»

Aujourd’hui Ludivine a la mi-vingtaine et son père continue de boire. Avec lucidité, elle parle de 5 longues années où elle ne l’a pas côtoyé sans qu’il soit ivre. Bien sûr, elle avait grandi et ne revenait que sporadiquement dans le noyau familial.

Ludivine a plusieurs frères et sœurs et tous ont vécu les évènements de façon différente. Grâce à sa mère, Ludivine a appris à exprimer ses émotions: «Même si ce n’est pas politiquement correct de dire que la dépendance de mon père me fait du mal, ma mère m’a aidée à le dire.» Le résultat se voit, Ludivine est une jeune femme équilibrée avec une grande lucidité sur ses comportements.

Avant de connaitre toute l’histoire de son père, elle avait essayé plusieurs drogues, mais en femme sportive, elle n’en supportait pas les impacts sur son corps. Les lendemains, un sentiment de culpabilité l’envahissait tandis qu’elle se sentait mal pendant plusieurs jours.

Avec réflexion, elle parle de ses expériences: «Sur le moment tu te sens bien, ce qui est le but, mais c’est fake. J’ai déjà été à une soirée où après avoir consommé j’ai parlé à au moins 50 personnes. Le lendemain, j’ai retrouvé une feuille sur laquelle ils m’avaient tous écrit leurs contacts pour se revoir. Sauf que pendant cette soirée, ils n’avaient pas parlé avec la vraie moi… j’avais le sentiment d’avoir trahi ma personnalité.»

Prendre position

Depuis ses expériences d’adolescente, Ludivine ne consomme plus de drogue et elle avoue qu’il est difficile de se positionner sur le sujet. D’un côté, elle ne veut pas juger, mais d’un autre côté, Ludivine ne peut s’empêcher de penser que l’ouverture d’esprit de sa mère a peut-être nui à sa famille…

Mais surtout, si Ludivine a accepté de parler, c’est pour mettre les choses au clair: «L’alcoolisme est une maladie. C’est aussi incontrôlable qu’un cancer. Culpabiliser la personne ne fera qu’empirer la situation.» Elle ne l’a que trop vu avec des proches qui n’ont jamais compris l’état de son père.

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