À la défense du droit de circuler librement, la nuit

Un texte de Jean-Marc Beausoleil – Dossiers Justice, Politique et Société

Fondateur du Bloc Pot, militant acharné dans la lutte pour la légalisation de la marijuana, Marc-Boris St-Maurice refait un tour de piste, remettant en question la légitimité du gouvernement à limiter le droit de circuler des citoyens.

Le mercredi 10 février, Marc-Boris St-Maurice a déposé une requête à la cour supérieure du Québec défiant la validité du couvre-feu imposé par le gouvernement Legault.

Même si le présent couvre-feu sera probablement levé d’ici à ce que la cause soit entendue, à l’automne, la question de savoir à partir de quel moment le gouvernement a le droit d’enfreindre les libertés des citoyens, comme le droit de circuler librement, s’impose.

Une fois la présente pandémie vaincue, la responsabilité demeurera, à savoir comment organiser la société dans l’éventualité d’une nouvelle crise sanitaire – possibilité qui ne pourra éviter de hanter l’esprit de chacun.

S’il est difficile de nier la valeur de l’isolement des citoyens dans leur résidence, ce qu’on appelle le «confinement», au moment où un grand nombre de pays dans le monde adoptent cette stratégie et où tant de citoyens perdent la vie, il est malheureusement impossible de faire abstraction de la question posée par Marc-Boris St-Maurice.

«Nous devons d’établir maintenant les limites raisonnables et respectables de quand le gouvernement a le besoin de rogner les droits garantis par la charte», affirme M. St-Maurice.

Alors que d’autres requêtes allant dans le même sens, soulevant par exemple la question de l’habeas corpus, ont déjà été entendues, M. St-Maurice est convaincu que son approche est la bonne. 

Il souligne qu’il existe déjà une jurisprudence défendant l’Article 7[1] de la charte qui garantit le droit à la liberté : «Le gouvernement doit démontrer l’efficacité de sa mesure.»

M. St-Maurice rappelle que le directeur de la santé publique affirmait qu’il n’y a pas de preuve de l’efficacité du couvre-feu, mais que celui-ci s’inscrit dans une série de petits gestes. 

«Brimer la liberté, ce n’est pas un petit geste», insiste M. St-Maurice.

Le premier ministre, lui, a parlé d’électrochoc, une métaphore peu séduisante.

Si Felipe Morales sera le plaideur dans cette affaire, Marc-Boris St-Maurice a aussi consulté le constitutionnaliste bien connu Alen Young ainsi qu’une firme basée à Ottawa et spécialisée en affaire du genre.

Évidemment, il se dissocie de tous ceux qui nient l’importance de la pandémie et reconnait la gravité de la crise sanitaire mondiale. 

Il avoue aussi que son expérience dans la contestation de la constitution, de ses années de militants pro-marijuana, l’aide énormément.  «Je ne vais pas tomber dans le panneau de l’émotivité.  Je reste académique et juridique.»

Une telle cause, qui a pour but de défendre le bien public, ne se fait pas sans dépense, aussi le militant tente-t-il de couvrir ses frais par une campagne de financement public.

Malgré le sérieux de l’affaire, on ne peut s’empêcher de sourire en voyant l’homme mûr défendre une cause qui aurait séduit le jeune bassiste de Grimskunk, le droit de sortir la nuit. 

«J’aimerais mieux rester chez moi et faire de la musique que de retourner devant les tribunaux», affirme Boris, insistant sur l’importance qu’il accorde à cette question.

À partir de quand est-ce que la menace sanitaire justifie l’atteinte aux droits et libertés garantis par la charte des droits de la personne?  Quelle est la mesure de la menace justifiant une si grave exception?  À partir de quel point de comparaison établir cette mesure, si la présente situation est sans précédent?

Quels sont les mécanismes qui permettent de prendre cette décision?  S’il s’agit d’une rencontre entre la science médicale et la politique, comment s’articule cette nouvelle bioéthique, ce nouveau principe législateur qui affecte la vie de tous les citoyens?

En effet, les sans-abris, les petits commerçants et certaines catégories de travailleurs ne sont pas les seuls affectés par le couvre-feu, mais aussi, de façon générale, le moral de la population, la santé mentale de celle-ci, sans oublier, il faut le répéter, l’enfreinte à la charte. 

Entre autres, un excès de confinement ne peut que se révéler désastreux pour l’économie et pour la génération montante.

L’État Surveillance ne doit pas remplacer l’État Providence.

Il semble y avoir une contradiction logique irréductible, un oxymoron, entre la santé et la sécurité.  Il y a fort à parier que la santé ne peut se passer de risque.

Sans nier la gravité de la présente crise et tout en respectant les consignes de la santé publique, nous nous devons de nous inquiéter de tout ce qui ressemble au mariage entre le pouvoir exécutif et les dérives hygiénistes.

Dans un pamphlet intitulé Ce virus qui rend fou, Bernard-Henri Lévy s’inquiète non seulement de la viralité du virus, mais aussi du discours sur celui-ci.  Il rappelle que Michel Foucault craignait le «grand renfermement» trop favorable au pouvoir.

Lévy parle aussi de l’union incestueuse entre le politique et le médical.  Comme la mondialisation du XXIe siècle semble devoir passer par la Chine, d’où proviendrait le virus, pays souvent critiqué pour son manque de respect pour les droits et libertés, la vigilance s’impose.

«Avant, lorsque les humains vivaient ensemble, ils se donnaient mutuelle satisfaction au moyen de contact physique», peut-on lire dans La possibilité d’une île.

Bref, c’est à la montée du pouvoir médical – «quand la volonté de guérir devient le paradigme de l’action publique» – que semble s’en prendre la requête de M. St-Maurice.  Il sera important de suivre les débats entourant cette question.

Pour participer à la cause : https://www.gofundme.com/f/recours-judiciaire-couvrefeu-covid-quebec?qid=715299141b7cbdc3ca7e849e88b3e537


[1] 7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu’en conformité avec les principes de justice fondamentale.

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De combattants à acteurs sociaux : les policiers aiment-ils leur nouveau rôle?

Ghyslain Vallières compte 22 ans d’expérience dans la police. Il a été patrouilleur, préventionniste et agent spécialisé dans la lutte à l’exploitation sexuelle. Aujourd’hui, il est relationniste à la police de Longueuil, tout en continuant à travailler sur le terrain. Depuis le début de la pandémie, l’agent Vallières a mis à l’épreuve le rôle de policier RÉSO qui incarne bien la volonté de créer une police plus humaine au Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Un texte de Marie-Claude Savard publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Justice

Plutôt que combattant du crime, le policier RÉSO est un acteur social qui veille sur les gens vulnérables de concert avec les organismes d’aide de son territoire. Il travaille dans la communauté près des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, de pauvreté, d’itinérance, de dépendance ou autres. Il apprend à connaître les réalités des différents milieux et crée des liens de confiance. Il identifie les fragilités, évalue les besoins et agit avant qu’il y ait une crise. L’agent Vallières travaille depuis mars auprès des itinérants.

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Liberté – Un sourire intérieur

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Un livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps. Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

Liberté… Un sourire intérieur. Une façon de souligner les 5 000 exemplaires vendus du premier livre Après la pluie… Le beau temps.

Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.

Une police à échelle humaine

Le policier doit se détacher de son rôle de combattant du crime et se rapprocher de ses citoyens. C’est du moins ce que croit le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) qui, depuis plusieurs mois, travaille à implanter une approche plus humaine dans son fonctionnement. De nouvelles équipes d’intervention ont été créées. La plus récente est l’Équipe de soutien en intervention psychosociale (ÉSIP), qui mise sur le dialogue et les solutions alternatives à la judiciarisation.

Un texte de Marie-Claude Savard publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Justice

En 2019, 88 000 appels ont été faits au 911. De ces interventions, 70% n’étaient pas reliées à des infractions criminelles. Ainsi, dans quelque 61 600 interventions, les patrouilleurs ont répondu à des appels relatifs à la détresse humaine plutôt qu’à l’activité criminelle.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

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Travaux communautaires

Au Café Graffiti, pas moins d’une cinquantaine de personnes par an (de tous âges et toutes catégories professionnelles) effectuent des travaux communautaires. Un va-et-vient constant utile pour l’organisme ; mais l’est-il autant pour ces jeunes? Rencontre avec un avocat, un contrevenant et un organisme pour en apprendre davantage. 

Un texte de Delphine Caubet publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Communautaire

Petite note : « On doit distinguer travaux communautaires et travaux compensatoires, ces derniers étant réservés aux personnes dans l’impossibilité de payer une amende », s’exclame David Henry, porte-parole de l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ).

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Autres textes sur Communautaire

Après 25 ans, ma première sortie

Il est 17h30 par un soir de semaine. Le soleil est encore haut dans le ciel — c’est le temps de l’année où les jours sont les plus longs. Quatre d’entre nous attendent au Carrefour, le point central de la prison, sous un puits de lumière aux vitres graisseuses.

Un texte de Colin McGregor, Centre fédéral de formation – Dossier Chronique d’un prisonnier 

Notre chauffeur pour la soirée traverse le hall. Une sortie supervisée. «Êtes-vous prêts?» Oui, pourquoi pas? Je n’ai rien d’autre à faire. Sortir de la prison pour quelques heures et me rendre à une réunion dans une église du centre-ville. Voilà le programme.

Bouche bée, comme un labrador, j’observe le paysage par la fenêtre de la fourgonnette gouvernementale. Que de choses à voir! Cet édifice n’y était pas, à l’époque… celui-là y était… le Stade olympique est entouré de deux grues maintenant, plutôt qu’une seule, qui le surmontait lorsque je suis allé aux Olympiques en 1976… L’état des routes semble plus douteux que jamais… Et pourquoi tous les moins de 30 ans tiennent-ils un bout de plastique noir et brillant devant leur nez? Ah, c’est vrai… nous sommes en 2017.

Nous arrivons à l’église. Le clocher penche toujours autant qu’avant. L’édifice a été construit il y a près de 200 ans sur un marais. La famille responsable de sa construction le voulait près de leur demeure, au bas de la pente du mont Royal. Le clocher est toujours aussi de travers qu’il l’était dans mon enfance, alors que j’allais à l’église deux fois l’an (à Noël et à Pâques, pour des raisons sociales plutôt que religieuses).

Voilà le baptistère, une petite annexe ronde en pierre. Ma mère ne voulait pas que je sois baptisée. Mais en 1961, les femmes n’avaient pas beaucoup de droits. Cette année-là, le premier membre féminin de l’Assemblée nationale québécoise, Mme Claire Kirkland-Casgrain, venait d’être élu. Malgré cela, le mari de Mme Casgrain avait dû signer l’hypothèque de leur maison; elle n’aurait pas pu le faire elle-même.

C’est ainsi que mon père a fait endormir ma mère par un médecin. Puis il m’emmena à cette même église, juste assez longtemps pour y être baptisé par un prêtre, un confrère d’études à McGill. Ce religieux a fini par être renvoyé de l’Église pour indiscrétions conjugales. Ce qui était considéré comme beaucoup plus grave, en ce temps-là, que de droguer des mères pour baptiser en secret leurs enfants. Heureusement, la société a changé.

Nous nous joignons à la réunion. Les personnes présentes sont de tous les âges, silhouettes, sexes et ethnies. Beaucoup sont des prisonniers, ex-prisonniers ou quelque part entre les deux. D’autres sont des membres de la communauté qui souhaitent aider.

Les «civils» sont accueillants, chaleureux, mais à la manière réservée des Anglos. Nous sommes toujours dans le Montréal anglais, comme me le rappellent les fenêtres géantes qui occupent un côté de la pièce où nous sommes.

Les fenêtres donnent sur les murs de pierre rouge richement sculptés d’un édifice ancien. Il y a plus d’un siècle de cela, les navires rapportaient d’Europe cette pierre écossaise utilisée pour la construction des maisons des anglophones, pour leurs commerces, leurs bureaux et les casernes de pompiers. Un matériau fonctionnel, sobre, irradiant la stabilité et le pouvoir. Une pierre facile à sculpter, qui ne se dissout pas dans la neige — au contraire du Stade olympique.

«Tout le monde est là? Bien, nous pouvons commencer.»

Nous faisons un tour de table pour nous présenter. Beaucoup de sourires.

Quelqu’un récite un poème dans lequel on raconte comment c’est bien d’être en prison pour une nuit.

On donne une présentation sur le sujet des Palestiniens de Cisjordanie. Eux aussi habitent une sorte de prison. Ça leur prend des heures à passer des postes de contrôle pour aller travailler à des salaires de misère. Pour chaque litre d’eau utilisé par les Palestiniens, les colons israéliens en utilisent sept. Le taux de chômage est incroyablement élevé. Il existe une carte en damier de la région où tout est divisé, apparemment au hasard, entre les «in» et les «out». On se demande à quoi pourrait ressembler une carte de ce genre pour Montréal. Notre société cache un peu mieux ces frontières. Qui sait laquelle de ces cultures, la leur ou la nôtre, est la plus transparente?

Le présentateur fait partie d’un groupe qui tente d’aider les «out» dans leur malheur par un dialogue pacifique, le travail social et un peu de lobbying politique. En ce moment, il heurte des murs, mais n’a pas l’intention d’abandonner son approche. «La violence n’est jamais une bonne réponse», dit-il. Une bonne leçon.

On remercie le présentateur. Avec envie, je surveille la table derrière lui, que l’on s’apprête à garnir de douceurs et de bouchées diverses. Je calcule le meilleur angle pour m’approcher, le plus nonchalamment possible, de ce banquet gratuit pour m’en mettre plein la bouche.
En chemin, des gens m’arrêtent pour me remercier de mon bavardage autour des tables pliantes. Je me fais prendre par les conversations, toujours reconnaissant d’être traité comme un être humain. Mais j’apprends à dialoguer, tout en m’emplissant les joues de biscuits et de fromage. Ça peut se faire. Avec quelques hochements de tête et un peu de mime.

Chacun fait ses adieux. Nous promettons de nous revoir, quand la loi le permettra. Tous semblent sincèrement heureux de notre présence.

Retour à la fourgonnette, en marchant sur un trottoir où je suis déjà passé des milliers de fois. Une ancienne librairie, un de mes lieux favoris sur Terre, repose maintenant sous une tour de verre; en m’étirant le cou, je peux voir l’immeuble où je travaillais autrefois; et quelque part sous nos pieds, dans le centre commercial souterrain où je ne peux me rendre, se tient ce qui reste de l’entreprise familiale depuis longtemps déchue. C’est peut-être le seul foyer qu’il me reste.

C’est un magnifique soir d’été. Les couples marchent main dans la main; les touristes prennent des photos; une jeune femme contrariée, habillée de noir, crie dans un petit bout de plastique noir. Comment un si petit objet de plastique peut-il agacer à ce point? Ah, c’est vrai, nous sommes en 2017.

Nous nous entassons dans la fourgonnette. Retour à Laval: une ville sur laquelle j’ai déjà refusé d’écrire, lorsque je travaillais comme pigiste au bureau montréalais du Financial Post, en disant au siège social qu’il n’arrive jamais rien d’intéressant à Laval.

Comme au Monopoly: Retourner en Prison. Ne pas passer sur Départ, ne pas recevoir 200$.

Autres textes sur Chronique d’un prisonnier

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Pédophilie, quel humain derrière l’agresseur?

AVERTISSEMENT: Reflet de Société émet une mise en garde pour les lecteurs sensibles à la problématique de la pédophilie. Cet article est destiné à comprendre l’autre versant de cet enjeu, celui des agresseurs. Nous pensons que pour lutter contre la pédophilie, il faut comprendre le comportement de ces hommes et femmes. Toutefois, certaines personnes pourraient être heurtées par sa lecture.

D’aussi loin qu’il s’en souvienne, Thomas (prénom fictif) est attiré par les enfants, par les garçons prépubères précisément. Thomas est pédophile. Au Canada, la pédophilie est considérée comme une déviance sexuelle. Les chercheurs estiment que ces hommes et femmes développent leur intérêt pour les enfants à l’adolescence, au même titre que l’hétérosexualité ou l’homosexualité. En revanche, les pédophiles primaires (qui n’auraient d’intérêt que pour les enfants) sont rares.

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Sexualité

Relation avec les adultes

Thomas a une relation complexe avec les femmes, dont il dit avoir toujours eu des images négatives. Dans sa tête, les choses sont claires: «Je ne pas veux pas quitter le monde des enfants», dit-il. Que ce soit avec sa mère, son ancienne conjointe ou d’autres adultes, Thomas explique ne pas recevoir l’amour dont il a besoin.

Durant toute sa vingtaine, Thomas fera une dizaine de victimes, dans sa famille et chez les scouts. Par deux fois il tentera des thérapies «pour ne pas devenir un monstre.» À 29 ans, Thomas entame la deuxième, qui dure un an et se solde par un échec. «J’y suis rentré de mon plein gré, mais c’était une thérapie policière qui marchait à la menace. Ça a d’ailleurs conduit au suicide d’un de mes amis.» Il entre alors dans une phase de révolte contre le système.

Parallèlement, Thomas voit sa vie d’adulte évoluer et il tombe amoureux d’une collègue de travail. Malgré l’amour qu’il dit ressentir pour cette femme, sexuellement, il est incapable d’interagir avec elle. Ils auront deux enfants, aucun conçu naturellement.

Empathie pour les victimes?

Alors qu’il a conscience de faire du mal aux enfants, Thomas essaie d’expliquer ses actes: «Avant de poser les gestes, c’est comme regarder le monde à travers une meurtrière, on n’a pas conscience de tout. Mais après, tu vois le monde dans son intégralité et tu comprends ce que tu as fait… C’est très souffrant.»

Autant les intervenants que les personnes ayant ces déviances témoignent de la souffrance que vivent également les agresseurs. Katia Lavallée, directrice du Centre d’aide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), explique: «Pendant le passage à l’acte, le point de vue de la victime est balayé ou déformé. Il se dit que si la victime revient, c’est qu’il ne lui fait pas si peur, qu’elle peut être capable de vivre avec. Pendant l’acte, ils ne peuvent pas se mettre à la place de la victime. C’est après que la honte, le regret et la souffrance arrivent.» Description du phénomène appuyée par Thomas.

À quoi la directrice ajoute: «Les pédophiles ne posant qu’une seule fois des gestes sont fréquents. Ce sont les prédateurs, comme dans les films, qui sont rares.» D’après Katia Lavallée, 20% des pédophiles seraient des femmes, mais le sujet serait encore tabou et peu traité. «Les choses commencent à changer, mais les femmes sont encore souvent vues comme des victimes et l’on cherche l’homme derrière. Il y a un double standard envers les hommes et les femmes. La pédophilie féminine est banalisée.»

Souffrance de l’agresseur

Depuis 17 ans, Thomas dit ne pas avoir touché d’enfants. En 1988, il a été condamné à 4 mois de prison pour des attouchements envers ses enfants et celui d’un ami. Depuis, Thomas suit une thérapie et est médicamenté (des antidépresseurs et d’autres molécules pour diminuer ses fantasmes.)

Il n’arrive pas encore à réconcilier les deux parties de lui: celle qui est attirée par les jeunes garçons, et celle qui ne veut pas leur faire de mal. Sa nouvelle piste de solution est de faire du bénévolat et de se faire de nouveaux amis qui connaissent son passé. Il parle notamment de sa nouvelle voisine «qui déteste les gens comme lui», mais qui l’aide. «Elle contribue à ma réconciliation avec le monde des adultes et des femmes.»

L’isolement est une menace supplémentaire pour les victimes et agresseurs. Claire Deschambault, directrice du groupe Amorce, explique: «L’isolement augmente les fantasmes. Ça n’aide pas de ne pas parler. Mais il faut que l’interlocuteur ne cautionne pas les gestes, sinon au contraire, cela pousse à l’acte.»

Pour Thomas, les «crétins» qui écrivent sur internet que les pédophiles doivent mourir ne font que les renvoyer dans l’anonymat et ils deviennent plus dangereux.

Thérapie

D’après Katia Lavallée, l’intérêt sexuel pour les enfants ne disparaîtra pas, mais des thérapies existent pour prévenir les passages à l’acte et contrôler les fantasmes. Pour cela, des intervenants travaillent avec ces personnes pour comprendre pourquoi elles ont commis ces actes.

Ces thérapies misent sur l’identification des situations à risque, pour que la personne garde le contrôle. Dans son centre, Katia Lavallée voit essentiellement des personnes référées par le système judiciaire. Selon elle, les autres n’oseraient pas se présenter par honte et par peur d’être dénoncées à la police.

Enfin, contrairement aux idées véhiculées, les délinquants sexuels font partie des criminels dont le taux de récidive est le plus bas: 17% pour non les traités (à 10% pour les traités), contre 51% pour les autres délinquants. À noter, toutefois, que ces statistiques ne prennent en compte que la minorité de crimes connus par la justice.

Cyberpédophilie

D’après l’Institut national de la santé publique du Québec, il serait difficile de conclure catégoriquement que la consommation de matériel pédopornographique engendrerait des agressions sexuelles. Les experts sur le sujet sont divisés.

Mais la directrice du groupe Amorce, Claire Deschambault, précise: «La consommation de ces images amène une progression: l’âge des enfants diminue, tandis que la quantité de matériel augmente. Et progressivement, ils vont se mettre à regarder les enfants dans la rue et à fantasmer sur eux. La cyberpédophilie banalise les actes.»

D’après le Code criminel canadien, leurrer un enfant par des moyens de télécommunication ou la cyberprédation est punissable criminellement. «Car c’est un crime sexuel comme un autre, c’est une agression sexuelle sans contact», explique Claire Deschambault. Prendre ou diffuser des images pédopornographiques est un crime, mais la possession des clichés (sans en être l’auteur) est tout aussi punissable par la loi.

Le nombre de personnes consultant ces images est extrêmement difficile à évaluer. Notamment dû à l’absence de frontière géographique du web. Plusieurs organismes se sont spécialisés dans la cyberprotection des enfants et reçoivent des signalements de la part des internautes. L’un d’eux, Cyberaide, a annoncé que le nombre de signalements continue d’augmenter avec les années, oscillant à environ 700 par mois.

En complément à Reflet de Société +

Le Centre canadien de la protection de l’enfance a mis en place un site internet dédié à la sensibilisation des parents à la cyberpédophilie. Retrouvez tous leurs conseils sur : ParentsCyberAvertis.ca

Autres textes sur Sexualité

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        Biais9

Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

La Meute, Cyberintimidation et double discours

Plusieurs citoyens québécois s’identifient comme membres de la Meute sur les réseaux sociaux. Ils rejoignent cette bannière, car ils craignent que «la montée de l’islam radical dans le monde vienne perturber la quiétude et la sécurité canadienne». 

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Intimidation

La Meute est décrite comme un groupe xénophobe d’extrême droite par les médias et les politiciens. Régis Labeaume, le maire de la ville de Québec, a même traité le groupe de milice toxique et dangereuse. Pour vérifier la véracité de ces allégations et enquêter sur une histoire de cyberintimidation en lien avec ce groupe, j’ai rejoint le groupe Facebook secret de la Meute (c’est-à-dire qu’on ne peut pas le trouver sur Facebook sans qu’un membre ne nous ajoute) et ce, en m’identifiant comme journaliste.

«Souhaitons la bienvenue à Mélina Soucy dans le clan 06 ». On m’accueille comme tous les autres, avec ce statut Facebook, rapidement commenté par les autres membres, à coup d’émoticônes représentant des têtes de loups.

Cyberintimidation

Le blogue TPL Moms donne la parole aux mères et encourage la diversité culturelle. Lors du scandale de la prière des musulmans au Parc Safari en juillet 2017, le blog s’est prononcé pour la défense de cette communauté. «J’ai lancé le sujet, puis une rédactrice a fait un texte qui reflète très bien nos valeurs d’ouverture», explique Josiane Stratis, rédactrice en chef du blogue.

L’article paru le 5 juillet n’a attisé les commentaires désobligeants que le lendemain de sa publication. «Je m’entraîne le jeudi midi, raconte madame Stratis. Entre le moment où je suis partie du bureau et celui où je suis revenue, ma sœur avait bloqué 40 commentaires. Ça a duré 5 jours.»

Selon la rédactrice en chef de TPL Moms, la majorité des commentaires avaient été rédigés par des membres de la Meute. «C’est facile d’identifier les gens de la Meute. Ils ont souvent le symbole de leur groupe sur leur photo de profil ou leur page Facebook personnelle. Ce sont également eux qui venaient écrire 25 commentaires par heure. Leurs discours commençaient souvent par un argument ouvert d’esprit qu’ils saupoudraient d’éléments racistes.»

Extrait de commentaires reçus sur TPL Moms:

«Cessez de vous applaventrir, la religion pour ce que ça leur fait du bien. Ils veulent être dominés et exploités, on ne peut rien y a faire. Qu’ils le fassent en privé. Cette religion vient de l’an 600 et n’a pas évolué. Revenir en arrière n’est pas un signe d’ouverture, mais plutôt de fermeture. Réfléchissez un peu. Un dieu aurait-il exigé d’enfermer la femme dans un costume avec des trous pour les yeux? Mais pour certains, il faut toujours défendre l’indéfendable. On a été tellement éduqué à faire plaisir aux autres. Tendre la joue gauche si on a reçu une gifle sur la droite, ne serait-ce pas de la lâcheté en fait?»

«T’as bien raison, y a pas de mal à écouter des gens demander à ce qu’on tue les juifs et les chrétiens. Y a pas de mal à les laisser faire leur petite prière dans un coin du parc… C’est pas ça qui va finir par faire comme en Europe où ils sont rendus à bloquer des rues pour prier par milliers au lieu de faire ça dans leur mosquée… On chialera rendu là, mais entre-temps y a aucun problème. Nous avons fait du Québec un état laïc, mais seulement pour les Québécois, les immigrants eux peuvent faire leur religion dans la rue ou dans un parc s’ils veulent. Parce que la laïcité, c’est juste bon pour pitou… vive les lunettes roses.»

Vérification des faits

Le logo de la Meute étant absent des photos montrées sur la capture d’écran. J’ai moi-même vérifié que chacun des individus s’y trouvant étaient bel et bien membre du groupe. C’était le cas.

Josiane Stratis m’avait également informé d’un possible appel à la cyberintimidation de la part de Sylvain Brouillette, chef des communications et membre dirigeant de la Meute. J’ai retrouvé cette incitation à commenter l’article de TPL Moms sur le groupe secret. Monsieur Brouillette avait toutefois modifié son nom pour Facebook, empruntant le pseudonyme de Sylvain Maikan.

Je l’ai ensuite contacté pour avoir son opinion. «J’incitais les gens à ouvrir un débat, défend-t-il. Les gens vivent dans un monde complètement irréaliste. Ils vivent dans une bulle. Ils sont complètement inconscients des dommages que l’islam radical a fait ailleurs dans le monde. Il y a des sociétés qui étaient très enviables il y a quelques décennies qui sont devenues des enfers. À un moment donnée, c’est beau être ouvert et accueillant, mais c’est important de le faire de la bonne façon.»

Sylvain affirme aussi que les commentaires laissés par les membres de la Meute ne sont pas xénophobes et n’ont pour but que d’ouvrir le débat. Donc, quand un de leur membre dit que l’islam «vient de l’an 6000 et n’a pas évolué depuis», ce n’est pas un commentaire discriminatoire. Quand il incite les gens à «réfléchir un peu, car un dieu aurait-il exigé d’enfermer la femme dans un costume avec des trous pour les yeux?», ce n’est pas raciste. «C’est une question de point vue», m’a répondu Sylvain Brouillette.
Comment reconnaître l’extrême droite?

Une fois ma petite enquête terminée, j’ai demandé à un spécialiste si la Meute était un groupe d’extrême droite. Herman Deparice-Okomba, directeur du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, a appuyé ce qualificatif.

«La plupart des groupes d’extrême droite ont toujours eu des discours ambigus, explique-t-il. La Meute n’a jamais eu de discours clairement xénophobes ou homophobes par exemple. Elle ne va jamais le dire clairement, car elle a peur d’être poursuivie, de se faire taxer de raciste. Il faut aller au-delà de cela. Il faut apporter une analyse plus large.»

Le spécialiste en radicalisation donne en exemple le débat autour de la création d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire en juillet 2017. «La Meute lutte contre l’islam radical, souligne M. Deparice-Okomba. Il n’y a pas de lien avec le cimetière musulman et l’islam radical. Ils en créent quand même un. Ils ont un discours public qui est officieux, qui diffère de leur discours privé. C’est pour se faire une image respectable auprès de l’opinion publique.»

Je suis donc partie à la recherche de commentaires qui diffèreraient de leur discours public, discours qui disait seulement que la Meute avait eu un problème avec «l’exercice de la démocratie lors des consultations publiques concernant le cimetière». J’en ai trouvé, bien qu’ils ne s’agissent que de quelques individus, ces commentaires peuvent encourager le racisme et attiser la haine. Ce sont des commentaires en réaction au statut Facebook de Sylvain Brouillette, statut annonçant la victoire du non face à la création du cimetière.

Certains commentaires en dessous de cette publication étaient ouvertement haineux ou racistes. En voici quelques-uns:

«De toute façon, je pense à ça, ils ne sont pas capables de manger non halal, pas capables de respecter nos lois et nos coutumes, pas capables de s’habiller comme nous, pas capables d’être enterrés sur la même terre que nous, pourquoi ils viennent ici alors???»

«J’espère qu’ils ne changeront pas d’avis au Conseil de ville.»
«Si le Conseil de ville change la décision de la population, on a juste à les pendre pour haute trahison.»
«On manquerait de corde.»

«S’ils ne veulent pas s’intégrer de leur vivant, qu’ils s’intègrent au moins dans la mort.»

«Ils iront se faire enterrer chez eux s’ils sont pas contents.»

«Ils se feront enterrer le cul sorti… on fera des racks à bicycle.»

«Qu’on leur vendent un terrain dans les terres, pis qu’ils nous câlissent la paix… cancer de la terre.»

«Attention, car il est reconnu par les experts, que la majorité du temps un accommodement refusé en attire un autre… Exemple; Par le refus d’une burqa, on accepterait plein de voiles, alors qu’ils sont aussi dangereux parce que ce sont aussi les drapeaux et le porte-étendard de l’islam…»

Bien que le groupe ne se considère pas raciste, il attire parfois des gens qui tiennent des propos racistes, comme le prouvent ces captures d’écran. «Ces gens se font mettre dehors du groupe Facebook à l’instant où les administrateurs s’en rendent compte», précise Sylvain Brouillette. Encore une fois, les personnes qui ont écrit les commentaires ci-haut ne sont pas exclues du groupe, au moment où je rédige cet article, plusieurs mois après leur écriture. On voit même Sylvain Brouillette (Maikan) dire qu’«on manquerait de corde» pour pendre le conseil d’administration de la ville de Saint-Apollinaire s’ils venaient à contrer la décision du référendum.

J’ai demandé au chef des communications pourquoi le groupe attirait quand même des racistes malgré sa volonté de filtrer ce type de membre. «C’est en partie à cause de l’image que les médias nous donne que des racistes joignent le groupe», m’a-t-il répondu.

Herman Deparice-Okomba n’est pas du même avis. Selon lui, la Meute est responsable des propos tenus par ses membres. «C’est une pépinière de discours intolérables. Ils disent qu’ils les écartent, mais s’ils les écartent comment ces gens peuvent arriver dans leur groupe? Il y a quelque chose qui les attire».

Monsieur Deparice-Okomba mets en garde la population contre «les discours généralistes de la Meute qui laissent place à l’interprétation. «C’est tellement flou et vaste que les gens doivent eux-mêmes tirer leurs conclusions. C’est là que ça devient dangereux.»

Découvrez le processus de radicalisation d’un individu

Note aux lecteurs – Pour des questions de mise en page et de fluidité du texte, nous avons choisi de reproduire certains commentaires Facebook et de corriger leur orthographe, mais sans en changer le contenu.

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