Restons debout

La violence est apprise, répétée et transmise. Nous devons déconstruire les rôles entre hommes et femmes pour mettre fin à cette dynamique toxique de pouvoir. Les hommes peuvent être vulnérables, ils doivent savoir exprimer leurs émotions sans coups ni blessures. 

Un texte de Geneviève Raymond publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

« Insultes, intimidation, menaces, obscénités et commentaires agressifs pullulent maintenant sur le fil d’actualité des personnalités publiques. Artistes, politiciens et animateurs, tous ont goûté aux messages haineux. À quel moment avons-nous commencé à tolérer ces comportements déviants? Nous devons les condamner haut et fort pour en finir avec la banalisation de la violence», signe-t-elle dans son éditorial.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

Autres livres pouvant vous intéresser

Amour bipolaire : Contrer la violence conjugale en chanson

L’auteure-compositrice-interprète Izabelle ne croyait jamais qu’elle se retrouverait un jour dans une relation toxique teintée par des épisodes de violence conjugale. L’artiste s’est libérée de cette histoire douloureuse en écrivant la chanson Amour bipolaire. La jeune femme souhaite désormais aider d’autres victimes à s’en sortir, notamment avec les textes engagés que propose son premier album Version 2.0.        

Un texte de Frédéric Lebeuf publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Culture

« Ma première impression me prévenait de me méfier de lui. Il semblait avoir tout un caractère. C’est un homme très séducteur. J’ai fini par croire que mon intuition s’était trompée. Je voulais croire que ses crises de colère étaient des cas isolés, un signe de fatigue ou une mauvaise humeur passagère », explique l’auteure-compositrice-interprète.

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Autres textes sur Culture

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Le hip-hop au féminin : Vision du breakdance par des bgirls

Les bgirls, ces femmes qui pratiquent l’art du breakdance, sont de plus en plus présentes sur la scène hip-hop montréalaise et elles le valent bien! Malgré des difficultés d’acceptation dans les années 1990, ces femmes ont su écrire l’histoire du breakdance façon bgirling. Entre l’organisation d’événements hip-hop, les cours de danse et leur pratique personnelle, ces femmes nous racontent leur histoire dans un monde qui semble masculin. 

Dossier Hip-Hop

Kate (bgirl Lynx), Dana Schnitzer (bgirl Radio), Franchesca (bgirl Franchess) et Alexandra Landé ont eu des parcours différents. Elles ont eu besoin de s’exprimer à travers leur corps. Le hip-hop fut pour elles un monde, une passion et une famille. Même si elles ont un grand respect à l’égard de leurs pairs masculins (fondateurs du breakdance), elles n’en oublient pas les difficultés à gagner en crédibilité dans une discipline encore très masculine.

Faire sa place!

Ces femmes ne cherchent pas à être favorisées ou valorisées pour leur sexe. Dans le cypher (cercle de freestyle) où le battle (compétition de breakdance), le sexe ne prime pas! Ce qui compte c’est la performance. Elles aspirent à faire évoluer des mentalités, faire changer la vision des bboy à leur sujet et le langage masculin du breakdance. En plus de devoir être plus performantes que leurs compères masculins, les bgirls doivent également faire face aux regards souvent critiques et sceptiques des bboys.

« Avant c’était mal vu d’être une bgirl. C’était rare de voir des filles faire du breakdance », explique bgirl Radio. Pour Lynx, l’histoire va beaucoup plus loin : « Lors de mes voyages, je voyais que le breakdance féminin n’était pas accepté. Au Vietnam par exemple, ce n’est pas très féminin de voir une fille se rouler par terre! » À Montréal, les mentalités concernant la femme évoluent, ce qui est un avantage. « On est de plus en plus acceptées dans le milieu », précise-t-elle.

Alexandra Landé, chorégraphe hip-hop et organisatrice du désormais célèbre Bust A Move (compétition de breakdance), ajoute que les danseuses hip-hop canadiennes ont beaucoup plus de mal sur la scène internationale (exception faite des États-Unis).

Elle explique également sa vision mitigée du genre dans le hip-hop : « Je ne crois pas en la différence de sexe. Je pense que nous sommes tous passionnés. La différence entre la femme et l’homme se fait dans les valeurs que tu défends à travers ta danse. »

Elle affirme que le plus gros dans le breakdance est physique : « Les bgirls doivent constamment faire face au langage et à la critique des hommes. Dans la danse hip-hop, ça nous sauve, car le seul langage connu, c’est celui du corps, et la discipline est moins physique  », dit-elle. Rappelons que lors de la compétition Bust A Move de 2015, les victoires dans 4 des 6 catégories ont été remportées par des femmes. Par rapport aux années précédentes, c’est une grande avancée.

Déconstruire les préjugés

Le plus dur pour elles, confie Lynx, c’était de trouver quelqu’un pour leur enseigner le breakdance. C’est leurs mentors Radar et Omegatron qui prennent le risque de les former. À l’époque très peu de bboys les poussent à apprendre. « Mon crew (groupe) n’était pas accepté, un groupe de filles qui débarquent dans les battle et s’intéressent au breakdance? Ce n’était pas commun de voir ça! Et les bboys nous l’ont bien fait savoir! Ils ne nous ont pas accueillies très chaleureusement… »

À l’époque, certains voient le breakdance féminin comme une révolution et s’intéressent phénomène. Malheureusement ce qui devait être un moyen de valoriser le bgirling a pris une tout autre tournure. Les bgirls étaient vues comme des profiteuses qui utilisaient le hip-hop pour se faire de l’argent alors qu’elles n’avaient pas eu à se battre pour faire leur place.

Lynx explique avec regret cette expérience : « Les bgirls étant rares à l’époque, on était souvent approchées pour faire des publicités, car c’était vendeur. Très naïves, on a foncé dans le stigmate, ce qui nous a décrédibilisées auprès des bboys. Nous, on voulait  simplement s’amuser et prouver que nous aussi avions notre place. »

Le plus drôle, ajoute-t-elle, ce n’est pas que les MC’s l’annonçaient comme un bboy mais plutôt que certains la critiquaient physiquement : « On essayait de trouver un peu de féminité dans nos mouvements et notre style vestimentaire, ce qui n’était pas du goût de tout le monde. Certains disaient “Tu ressembles à un garçon, arrête de mettre des baggies!” Quand j’y repense, c’était drôle qu’un mec me conseille d’être féminine. Mais je prenais cette critique pour la transformer en énergie positive. »

« Pas fake mais real! » Lynx et Radio seront d’accord sur ce point, « On devait se battre encore plus pour être valorisées. Ce n’était pas gratuit de convaincre les gens. On devait leur montrer qu’on était légitimes. Être autant capables que les bboys », expliquent-elles avec tristesse.

Ouvrir le chemin

Pour les anciennes du milieu comme Lynx, Radio et Alexandra, transmettre leur savoir et l’énergie du hip-hop à la nouvelle génération est essentiel. Après s’être battues pour donner une place et une crédibilité aux bgirls, elles doivent maintenant la partager.

Voir de plus en plus de femmes présentes sur la scène hip-hop pousse la nouvelle génération à se frotter au breakdance. Ellementale 5 (premier groupe de breakdance féminin fondé par Lynx et Radio) et les autres bgirls des années 1990 ont ouvert le chemin aux jeunes femmes d’aujourd’hui.

Certains breakdancers de la précédente génération voient la nouvelle comme des compétiteurs qui ont tendance à oublier les valeurs qui animent le breakdance. Le partage d’énergie, d’émotions et l’entraide sont des principes qui se perdent, bien que l’accès au breakdance pour les femmes et les jeunes soit facilité, notamment par Internet. Ne pas tomber dans l’imitation est d’autant plus difficile!

Franchesca est l’une de ces jeunes. Bgirl depuis presque deux ans, elle débarque dans le milieu avec les bases que son mentor lui a enseignées au Cégep, en plus des heures de répétitions effectuées dans son sous-sol, devant YouTube. Pour elle, l’enjeu est différent. Elle n’a plus à changer les stéréotypes physiques, mais à travailler plus dur pour prouver sa valeur. Elle doit convaincre les bboys et encore plus les bgirls qu’elle a sa place. «Les attentes sont plus élevées pour ces jeunes et la compétition est de plus en plus dure», explique Radio.

« Pour gagner sa place aujourd’hui, il faut beaucoup de motivation et des heures d’entraînement, explique Franchesca. Admettons qu’un bboy me critique sur le fait que je sois une bgirl, je lui dirais “très bien, faisons un battle”. Ça arrive rarement. Quand je danse, on remarque plus mes lacunes que mon sexe. Mais on gagne en maturité et on brise la glace. Et je pense que ce changement de mentalité s’est fait grâce au travail des anciennes bgirls. »

« Pour progresser dans ce milieu, il est primordial d’être entouré d’un groupe. C’est compliqué pour une jeune femme d’en trouver un qui veuille bien t’accepter, surtout quand tu es récente dans le milieu. Il faut faire ses preuves et être présente de manière régulière dans les battle et cypher, » rappelle Franchesca.

Dans cette culture vivante, chacun à sa propre histoire. Mais que l’on soit homme ou femme, la seule chose qui compte, c’est la manière de s’approprier cette culture. Ce qui est sûr c’est que pour y arriver il faut d’abord commencer par se prouver à soi-même qu’on peut le faire et se lancer dans le cypher avec amour et détermination.

Autres textes sur Hip-Hop

« Des professeurs avaient exprimé leur malaise de pouvoir deviner la poitrine des jeunes filles sous leur chandail »

Une chronique de Florence V.Savoie et Estelle Cazelais, sexologues – Dossier Sexualité

Le mouvement des carrés jaunes est né d’une dénonciation des codes vestimentaires, souvent perçus comme sexistes et plus restrictifs envers les filles. Il a été initié par des étudiantes dans des écoles secondaires du Québec, d’abord dans la région de Québec, puis a gagné les autres régions de la province. Un élément déclencheur : plusieurs adolescentes sont renvoyées chez elles parce qu’elles sont habillées de manière jugée indécente : refus de porter un soutien-gorge, épaules non couvertes, shorts ou jupes trop courtes. Or, ce type de sanctions renforce les stéréotypes sexuels qui nous envahissent déjà trop. 

  • L’éducation des filles est moins importante que celle des garçons.
  • Une femme se définit par sa manière de se vêtir.
  • Certaines parties du corps féminin sont taboues alors qu’elles ne le sont pas chez les hommes.
  • Les garçons sont moins bons à l’école que les filles. Ils ont besoin de plus d’encadrement pour se concentrer. C’est pour cette raison que les filles doivent être décentes (quel mot horrible!)
  • Les garçons sexualisent les filles, ils sont des agresseurs de nature.

Des messages tous plus stéréotypés les uns que les autres qui mettent en boîte les comportements attendus des femmes et des hommes dans notre société, excluant du même coup les personnes trans, les personnes au genre non conforme et les personnes non binaire.

Il faut faire appel à notre gros bon sens et rappeler que deviner la poitrine d’une adolescente en dessous de son chandail, mesdames et messieurs, c’est normal ! Oui, parce qu’à l’adolescence, il se produit un phénomène fort intéressant qui se nomme la puberté… Et avec la puberté vient la poussée des seins chez les jeunes femmes (et même chez certains jeunes hommes !). Vient aussi la poussée de la barbe, de la pomme d’Adam et même des muscles – particulièrement l’élargissement des épaules – chez les jeunes hommes. Mais ça, on ne s’en formalise pas. Eh non ! Ça, ce n’est pas indécent, voyons, ce ne sont que les caractéristiques normales d’un adolescent qui grandit. Comprenez bien mon sarcasme, ici ! Un corps de femme qui grandit devrait être perçu aussi positivement que le corps d’un homme qui grandit. Tu deviens un homme, qu’on dira à notre ado de 14 ans aux bras trop grands. Couvre tes épaules et ta poitrine, qu’on dira à notre cocotte qui s’habitue alors à ne pas aimer son corps qui change, parce que tous les jours on lui rappelle qu’elle doit le cacher, que ce soit à l’école, au travail ou dans la rue.

Se choque-t-on de pouvoir deviner la poitrine d’une dame de 75 ans sous son chandail ? La réponse est évidente. Non ! À moins que toutes les femmes ne se mettent à porter continuellement des chandails amples, nous continuerons à pouvoir deviner les poitrines sous les chandails des femmes, qu’elles aient 17, 42 ou 86 ans, comme il est possible de deviner le pénis et les testicules d’un homme dans ses bermudas ou ses jeans. La question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi est-ce que cela dérange chez une adolescente, mais pas chez une femme plus âgée ? J’y répondrais simplement que la sexualisation est dans l’œil de celui ou de celle qui regarde.

On souhaite voir grandir des femmes qui s’aiment et s’estiment, des femmes qui ont confiance en elles. Laissons-leur alors la chance de choisir pour elles-mêmes la manière dont elles souhaitent se présenter – avec ou sans soutien-gorge, avec ou sans jupe à la mi-cuisse, avec ou sans poils. Et apprenons aux adolescent-e-s à se respecter les un-e-s les autres, à ne pas prendre pour acquises les intentions et les volontés d’une autre personne à partir de son style vestimentaire, à accorder plus d’importance à son parcours scolaire qu’à l’épaule de la fille d’à côté.

En complément à Reflet de Société +

Découvrez cette vidéo réalisé par Marine Spaak dans le cadre du concours Ton court pour l’égalité (Centre Huberpine Auclert) qui illustre très la mécanique sexiste. Comme elle l’explique, tout commence par la focalisation autour d’une caractéristique qui en vient à définir la personne.

Autres textes sur Sexualité

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Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

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Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

Linda Spear, femme d’église

Une passion, ça ne se choisit pas. On nait avec et on espère vivre au travers. Pour Linda Spear, la vision de son avenir a toujours été simple: depuis ses 4 ans, elle veut devenir prêtre. Problème, elle est catholique et pour le Pape, une femme prêtre doit être excommuniée. Détail qui n’a pas arrêté cette fervente féministe qui, depuis ses 70 ans, vit sa passion. 

Un texte de Delphine Caubet – Dossier Religion 


Dans une petite ville touristique du sud du Québec, une étrange messe a lieu chaque semaine. L’église anglicane à la sortie de la ville y abrite 2 «hommes» de Dieu. Son propriétaire actuel est pasteur et partage sa maison avec Linda Spear depuis son ordination en 2010. Une collocation atypique et validée par la population qui ravit les 2 protagonistes.

Préparations à la prêtrise

Linda a un long parcours religieux derrière elle. Entre ses années en tant que sœur et son expérience d’universitaire en théologie, son implication dans la foi et la culture catholiques est longue et diversifiée. Son rêve ne s’est réalisé qu’en 2010, mais elle est prête depuis les 1960 à être ordonnée prêtre. À cette époque, l’Église catholique fait un travail de réflexion sur elle-même en s’ouvrant à la modernité: c’est le Concile de Vatican II. Linda est à Winnipeg et l’évêque, comme beaucoup d’autres, est optimiste quant à l’accessibilité des femmes à la prêtrise. «Il nous disait d’étudier, que c’était imminent», explique Linda.

Et elle s’exécuta. L’histoire suivant son cours, le concile réputé pour être l’ouverture de l’Église sur le monde moderne laissa les femmes sur la touche.

Excommuniées

Plusieurs décennies plus tard, Linda découvrit la Roman Catholic Women Priest (RCWP) ou, en français, les Femmes prêtres catholiques romaines. Ce mouvement est né en 2002 en Allemagne par un évêque qui ordonna 7 femmes, celles-ci devenues les fondatrices du RCWP. Aujourd’hui, ces femmes ont été excommuniées par le Vatican, sans pour autant que cela les empêche de poursuivre leur travail. L’évêque ayant lancé le mouvement, lui, reste encore inconnu à ce jour. Il est simplement appelé «Bishop X» et son identité ne sera révélée qu’après sa mort.

En 2017, les femmes prêtres sont plus d’une centaine à travers le monde.

Pour Linda, cette excommunication n’a pas été un choc, car aujourd’hui elle se sent à sa place. Raison pour laquelle elle parle aussi librement aux médias. «Mais d’autres sont moins à l’aise, explique-t-elle, et une personne travaille encore pour l’Église catholique.» Ces femmes sont des bénévoles et n’ont pas de rémunération par les paroissiens ou une organisation supérieure. Un grand nombre de ces femmes ont plus de 70 ans et, grâce leur retraite, elles n’ont plus besoin de s’inquiéter de leur source de revenus. Linda ajoute que ces femmes avaient 20 ou 30 ans au moment du concile de Vatican II… des aspirations qui ne demandaient qu’à se concrétiser.

Idéologie

Parmi les préceptes de ce mouvement, on compte l’égalité entre les genres, bien sûr, mais également le respect de la diversité sexuelle, religieuse et ethnique. Traduction: Linda, est-ce que le RCWP accepte les personnes homosexuelles? «J’espère que oui, car je suis lesbienne», répond-elle dans son flegme anglophone.

Passé l’attrait de la nouveauté d’une femme prêtre, Linda a fidélisé un groupe de 5 ou 6 fidèles qui assistent à sa cérémonie hebdomadaire. Pour Céline, l’une des paroissiennes, assister à la messe de Linda est autant un acte de foi que politique. «Je viens par amitié, pour l’appuyer, et je me sens plus près de Dieu en célébrant avec elle. Et pourquoi pas une femme prêtre?», conclut-elle.

Mais, conséquence de l’excommunication, le RCWP n’est plus à même d’offrir des sacrements reconnus par le Vatican, dont le baptême et le mariage. «Ça ne fait rien pour mes paroissiens, explique Linda, ce sont des personnes déjà en marge de l’Église. Ce sont des paroissiens très œcuméniques».

En effet, certains sont pentecôtistes, d’autres anglicans, catholiques, homosexuels, hétérosexuels, etc. Lors de ses 5 premières années en exercice, Linda a célébré 2 mariages: un gay et un lesbien.

La religion au Québec

En 2017, Linda Spear est la seule femme prêtre catholique du Québec. Elle l’explique que l’accueil a été positif, car la province s’est distancée il y a plusieurs décennies de la religion… ce qui également une plausible explication à son unicité au Québec.

L’un des défis à venir du RWCP sera de maintenir son recrutement pour que l’ordre continue à vivre. L’observation des pays émergents sera d’autant plus intéressante; leur accession à la prêtrise via le RCWP sera un indicateur sur l’évolution du droit des femmes.

En complément à Reflet de Société +

Retrouvez ce reportage de France 24 sur les femmes prêtes au Royaume-Uni.

Autres textes sur Religion

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Voir l’article

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Politique municipale, le combat du congé de maternité

Un texte de Alexandra Duchaine – Dossier Politique

Les femmes aux ambitions politiques doivent-elles taire leur désir d’avoir des enfants pour être élues?

La conseillère municipale de l’arrondissement montréalais Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, le croit et s’en désole. «Dans mon quartier, par exemple, plus on avance dans les échelons, dans les paliers de gouvernement, moins les élues ont d’enfants, moins elles sont mères», évoque la trentenaire.

Émilie Thuillier a 2 enfants. Elle côtoie la députée provinciale d’Ahuntsic-Cartierville Marie Montpetit qui en a un seul, puis la députée fédérale, Mélanie Joly, qui n’en a pas. «Aucune femme ne dira qu’elle a mis de côté sa vie familiale pour sa carrière politique, c’est beaucoup trop tabou, affirme Émilie Thuillier. Sauf qu’on le voit, on ne peut le nier, les élues ont rarement des familles nombreuses», souligne la conseillère en riant.

Aucun soutien

Pour la députée péquiste de Marie-Victorin Catherine Fournier, les femmes ne devraient jamais avoir à choisir entre vie politique et familiale. «Des mesures doivent être mises en place pour qu’être à la fois mère et législateur soit possible», croit l’élue de 25 ans qui désire donner naissance. «Pour l’instant, je ne comprends pas comment je ferais pour avoir des enfants, puisque mes fonctions politiques sont très prenantes», partage la plus jeune députée de l’histoire du Québec.

À l’Assemblée nationale du Québec, les familles ne profitent d’aucun soutien. «Il n’y a pas de salle d’allaitement, pas de garderie et, pire encore, les élus n’ont pas un seul jour de congé parental», souligne Catherine Fournier. Les mères députées doivent se remettre au travail tout de suite après l’accouchement, sinon elles encourent des pénalités financières, voire leur destitution.

Aux dires de la conseillère municipale de l’arrondissement montréalais Villeray–Saint-Michel-Parc-Extension et ex-députée de Laurier-Dorion, Elsie Lefebvre, les législateurs sont les grands oubliés de la politique familiale. «En termes de conciliation travail-famille, le Québec est un modèle, conçoit-elle. Par contre, pour les élus, c’est la préhistoire», dénonce la mère. À ses yeux, si les institutions politiques sont en retard, c’est parce qu’elles ont été trop longtemps entre les mains d’un «boys club» que les femmes commencent à peine à s’approprier.

Ce qu’il reste à faire

Élue enceinte en 2009, Elsie Lefebvre s’est battue pour qu’à l’Hôtel de Ville de Montréal la situation des parents, mais surtout des mères, s’améliore. La mairie qui n’était même pas dotée d’une table à langer est aujourd’hui pourvue d’un salon d’allaitement et d’une halte-garderie. Depuis juin 2016, tous les élus municipaux du Québec profitent même de 18 semaines de congé parental.

Sauf que ce congé reste plus symbolique que pratique. «La plupart des élus n’ont pas le budget pour disposer d’un secrétaire ou d’un remplaçant, explique la conseillère de Ville de Champlain-L’Île-des-Soeurs Marie-Eve Brunet. Si personne ne prend notre relève, à l’accouchement, on n’a pas le choix de continuer à travailler, parce que le citoyen doit toujours être représenté», défend la mère de 2 enfants. Il faut donc qu’un remplaçant soit désigné pour chaque conseiller.

Pour Elsie Lefebvre, tout reste encore à faire pour que la conciliation politique-famille soit possible. «Il faut changer les horaires des consultations publiques, qui se font surtout le soir, commence-t-elle. Il faut rendre possible le vote à distance ou l’enregistrement des assemblées et, plus important encore, il est nécessaire d’offrir des congés parentaux au fédéral et au provincial», énumère-t-elle.

Ailleurs en politique

Au sein de tous les paliers gouvernementaux, les femmes sont minoritaires. Elles occupent 32% des sièges au municipal, contre 27% au provincial et 26% au fédéral. «Si les femmes n’avaient pas à décider entre vie familiale et vie politique, si la conciliation allait de soi, il est certain qu’elles seraient plus présentes dans les espaces décisionnels», plaide Elsie Lefebvre, loin de négliger l’existence d’autres facteurs.

Fait fort révélateur, l’ex-députée de Laurier-Dorion a décidé de quitter le Parti québécois pour tenter sa chance au municipal en 2009 parce qu’elle était enceinte. Impossible pour elle de parcourir le Québec à la rencontre des citoyens ou de multiplier les allers-retours Québec-Montréal un bébé dans les bras. Représenter les habitants de son quartier semblait plus réaliste pour la jeune mère.

Émilie Thuillier, Marie-Ève Brunet, Catherine Fournier et Elsie Lefebvre mènent un combat pour que la politique soit à l’image de la société. «Les élus doivent vivre ce que les citoyens vivent, sinon ça fait des politiques publiques vides et décalées, qui n’ont aucun sens», résume Marie-Ève Brunet. À Ottawa, à Québec et au sein des mairies, certifient les 4 femmes de tête, il faut des mères qui comprennent le casse-tête quotidien des familles et qui légifèrent en conséquence.

Et il faut aussi des pères. Marie-Ève Brunet a dû retourner au travail 5 jours après son accouchement, car à l’époque le congé parental de 18 semaines n’était pas encore mis en place. Elle a pu le faire grâce à son mari, qui a pris plusieurs mois de congé pour la suivre partout où son statut d’élue la menait.

Marie-Ève Brunet le dit haut et fort, si les femmes sont minoritaires à l’Assemblée nationale, c’est en partie parce qu’elles sont encore perçues comme les responsables des petits. «Il faut réfléchir à notre vision collective de la mère, à notre vision du couple et de la répartition des tâches», conclut-elle. Parce qu’avant de moderniser les institutions politiques, il faut d’abord moderniser la famille, rappelle-t-elle.

Autres textes sur Politique

Orgasme féminin : histoire du clitoris

Le court documentaire animé réalisé par la Québécoise Lori Malépart-Traversy a remis au goût du jour un des organes les plus méconnus du corps féminin: le clitoris.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Sexualité

Inspiré de l’ouvrage La fabuleuse histoire du clitoris de Jean-Claude Piquard, le court-métrage partagé sur le web le 18 juin 2017 démystifie l’anatomie du clitoris et retrace la perception du plaisir sexuel féminin à travers les époques. À la fin du documentaire, une question subsiste: le plaisir féminin est-il toujours un sujet tabou aujourd’hui?

«Personne ne peut donner de réponse claire à cela, mais il y a plusieurs facteurs historiques qui expliquent le malaise. Depuis la fin du 18e siècle, le clitoris est devenu moins intéressant, car les hommes ont compris qu’il n’avait aucun rôle à jouer dans la procréation. Une fois que le désir féminin est devenu moins important pour assurer une descendance, il y a eu un changement de paradigme dans la sexualité», explique Julie Lavigne, professeure au département de sexologie de l’UQAM et membre de l’Institut de recherche en études féministes (IREF).

Avant cette découverte, l’orgasme féminin était recommandé, même par l’Église catholique. «Encore là, il y avait un lien avec la procréation. Le plaisir charnel, seul ou à deux, est perçu négativement.

L’Église recommandait cela, car selon elle la femme avait un surplus de sexualité et était beaucoup plus charnelle que l’homme. Si elle assouvissait ses besoins fondamentaux, elle ne tenterait pas autant son partenaire à commettre un péché. Plus tard, lorsque le changement de vision s’est effectué, les dames ont pu dire au revoir au plaisir», renchérit l’experte. Le renversement de paradigme s’illustre par la dissociation du rôle reproducteur et du plaisir de la femme dans la sexualité. «À partir du 19e siècle, la femme est devenue passive. Une fois passive, on n’a plus vraiment besoin du clitoris.

On n’a plus de plaisir, on n’a plus de désir. La psychanalyse a eu un impact majeur.

Si une femme a trop de plaisir, elle bascule automatiquement du côté de la pute. Il y a toujours cette mince ligne sur laquelle les femmes doivent naviguer.

Chez Freud, neurologue autrichien et fondateur de la psychanalyse, toutes les femmes qui continuent à se masturber le clitoris sont considérées masculines, car l’activité de se masturber est masculine. La seule manière de jouir de façon mature c’est par une pénétration phallo-vaginale, selon lui», raconte la chercheuse.

Le désintérêt envers le clitoris se manifeste aussi dans les recherches scientifiques. «La première représentation imagée complète du clitoris date de 1998, la même année où il y a eu l’invention du viagra, ce qui est étonnant. C’est surprenant, car ce qui ne sert pas à la médecine, comme le viagra, n’est pas intéressant à étudier. Même maintenant, comment peut-on justifier une recherche sur le clitoris alors que cela ne répond à aucun problème de santé publique? Il faudrait quasiment qu’il y ait un cancer du clitoris pour que l’on commence à s’y intéresser!», croit la professeure.

Même si on parle de plus en plus de la sexualité des femmes aujourd’hui, les femmes sont toujours stigmatisées. «Elles marchent continuellement sur des œufs. Si une femme a trop de plaisir, elle bascule automatiquement du côté de la pute. Il y a toujours cette mince ligne sur laquelle les femmes doivent naviguer. Ça fait en sorte que l’on parle de façon plus nuancée de la sexualité des femmes. Même les femmes entre elles en parlent de cette façon», conclut-elle.

Photo de couverture : Lori Malépart-Traversy. Extrait du documentaire Le clitoris.

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