Prendre un sérieux coup de vieux

Les racines du vieux français

Déjeuner VS déjeûner

Raymond Viger  Dossiers Francophonie

oeufs eggs dejeuner repas alimentationDès le primaire, on m’a enseigné que le premier repas de l’année s’écrivait déjeuner.

Dans le menu pour le Ste-Cath c’est donc ce que j’ai inscrit.

Un des serveur du Ste-Cath, Marco, me mentionne que j’ai fait une faute de français et qu’elle devra être corrigé.

Convaincu qu’il avait tort et devant son insistance, je fais quelques recherches. Je me rends compte que l’accent circonflexe aurait disparu en 1798!

J’ai pris tout un coup de vieux en apprenant cela. Je savais que j’avais du vécu en arrière de la cravate, mais pas à ce point-là!

Une anecdote que j’adresse à tous ceux qui encore aujourd’hui se plaise à mettre un accent circonflexe dans vos céréales!

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L’amour en 3 dimensions. l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement Roman de cheminement humoristique.

Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Le livre est disponible au coût de 19,95$. Une co-écriture avec le journaliste Colin McGregor a permis de présenter une version anglophone LOVE in 3DPar téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Les gagnants de la voix, la Francophonie et notre culture

Est-ce qu’on vote pour notre culture?

The Voice… in French

Raymond Viger Dossiers CultureTélévisionFrancophonie

la-voix-charles-lafortune-the voice francophonieJe me répète. Je radote.

Un peu comme un parent qui dit à son enfant de faire attention et qu’il répètera pendant des années je suis obligé de répéter.

Parce que c’est la seule façon de protéger notre langue et notre culture.

La Voix ne cesse d’inviter des artistes anglophones. Charles Lafortune les passent en entrevue en anglais sans avoir, majoritairement sans traduction.

Danielle, à mes côtés, ne cessent de fulminer de ne pas comprendre ce qui se passe à l’émission.

L’an dernier, j’avais déjà critiqué la présence d’artistes anglophone Sheryl Crow et de CeeLo Green. Cette année je réitère ma grogne avec la présence du groupe britannique Def Leppard, la première gagnante d’American  Kelly Clarkson, Melissa Etheridge ou encore Brett Kissel. Chansons en anglais, entrevue en anglais.

Et cette année, je suis encore plus frustré. Un des principaux actionnaires de TVA qui présente cette émission, Pierre Karl Péladeau, se présente comme chef du Parti Québécois et, éventuellement comme Premier ministre. Est-ce que la vision francophone de son empire TVA représente sa vision protectionniste de notre langue et de notre culture?

Je me répète… Je radote. Il faut protéger notre langue. La préserver.

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L’amour en 3 dimensions.

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Les outils bilingues sont-ils acceptables?

Survivre aux mondes anglophones

Le français peut-il conserver sa place?

Raymond Viger  Dossier Francophonie

Nous publions cette année le pendant anglophone de notre magazine, The Social Eyes. C’est pourquoi nous avons débuté à traduire certains de nos livres;

Nous avons même publié un roman de Colin McGregor en version originale anglophone, Teammates.

calendrier2_600x400-1Pour présenter nos différents volets artistiques et soutenir le financement de notre organisme, nous avons livré notre calendrier 2015.

Parce que nous débutions en anglais et que notre calendrier est majoritairement visuel, nous avons décidé de faire une version bilingue, pouvant satisfaire les deux cultures dans lesquels nous évoluons.

Nous avons reçu une lettre d’un abonné qui n’a pas apprécié le bilinguisme de notre calendrier. De plus, il nous a aussi reproché d’avoir une orientation politique en ayant publié la présence de Philippe Couillard qui remettait des prix de reconnaissance à 23 jeunes à travers la province.

Cette lettre a souligné deux points importants que je me dois d’éclaircir. Je le fais publiquement parce que si j’ai reçu une lettre soulignant ces points, possiblement que d’autres lecteurs ont pensé à la même chose mais n’ont pas pris le temps de le porter à mon attention.

Défendre le français

Étant un ardant défenseur du français au Québec, le bilinguisme du calendrier touche un point important qui sera corrigé. J’ai fait 5 ans dans l’aviation comme instructeur pilote. À l’époque, un pilote francophone avec un co-pilote francophone parlant à un contrôleur aérien francophone devait le faire en anglais. J’ai fait parti d’un mouvement de contestation et nous nous sommes battu pour avoir le droit de parler en français dans les airs au Québec. Nous avons remporté cette manche pour le respect du français au Québec.

J’ai aussi fait parti de regroupement comme Achetez Québec pour stimuler l’économie et la langue. Parce que la vie économique d’une société influence aussi sa langue. Le droit et l’obligation de faire du commerce en français.

J’ai été à Vancouver pour des séries de reportage sur l’éducation francophone en milieu anglophone. Dans un pays, théoriquement bilingue, les écoles en Colombie-Britannique ont dû aller en cours contre leur gouvernement pour avoir le droit et les moyens d’offrir une éducation en français.

Il est vrai qu’au Québec les francophones peuvent avoir une tendance rapide à « angliciser » leur parler. C’est pourquoi le bilinguisme n’est pas une option à envisager et à soutenir. En février, notre organisme débute la publication  du magazine The Social Eyes, le pendant anglophone de Reflet de Société. Le calendrier étant majoritairement visuel, c’est pourquoi l’équipe avait pris la décision de faire un calendrier bilingue pour pouvoir inclure les nouveaux abonnés anglophones.

L’anglais peut devenir une sorte de maladie qui envahit la langue française. C’est pourquoi, grâce à cette lettre, nous avons décidé, de ne plus créer de produits bilingue. Ils seront soit en français, soit en anglais, mais pas bilingue. Le bilinguisme dans nos outils n’est pas une option.

Notre neutralité politique a aussi été questionné. Notre neutralité, autant politique que religieuse est essentielle à notre fonctionnement. Autant le Parti Québécois que le Parti Libéral ont pu trouver à l’occasion un espace dans nos pages en fonction des occasions de reconnaître leur présence devant les jeunes que nous représentons. Ce n’est pas Philippe Couillard du parti Libéral que nous avons publié dans le calendrier, mais le Premier ministre du Québec qui a remis des prix pour reconnaître des jeunes. Si Mme Pauline Marois avait encore été Premier ministre à la remise des prix, c’est elle qui aurait eu sa place devant les jeunes. C’est avec une grande fierté que les jeunes se sont rendus à l’Assemblée Nationale pour recevoir leur prix et être nommé en chambre. C’est cette reconnaissance que nous avons voulu souligner.

Souvenons-nous de notre magazine de mars 2013. L’organisme venait  de recevoir le prix Droits et libertés. C’était le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud du Parti Québécois qui nous avait remis le prix et qui a eu l’opportunité de se retrouver sur la page arrière de notre magazine.

Je remercie le lecteur qui m’a fait parvenir cette lettre. Un commentaire constructif qui nous permettra de nous remettre en question et de continuer à nous améliorer.

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L’émission La voix et la chanson francophone

Trop de chanson en anglais?

L’émission La voix et la francophonie

Une émission qui attire un très large public et qui atteint ses objectifs… sauf que…

Raymond Viger  Dossier Télévision, Francophonie

la voix marc dupré jean-pierre ferland marie-mai ariane moffatGlobalement, l’émission La Voix présenté le dimanche par le réseau TVA a su atteindre ses objectifs et possiblement les dépassés.

Sous le regard attentif de Charles Lafortune, les 4 coachs de l’émission, Arianne Moffat, Marie-Mai, Jean-Pierre Ferland et Marc Dupré font un excellent travail d’animation. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires de l’émission, les équipes ne sont pas encore complétées.

Malgré ce grand succès et l’attrait incontestable dans le public, une grande tristesse m’envahit devant cette émission. Il y a beaucoup de chansons anglophones. Beaucoup trop à mon goût.

Se battre pour demeurer francophone

la voix ariane moffat jean-pierre ferland marie-mai marc dupré charles lafortuneParce que pour moi, se battre pour sa culture. Se battre pour conserver notre place dans la francophonie est un combat de tous les jours.

Si je laisse les émissions francophones me submerger de chansons anglophones. Si je laisse les artistes francophones se complairent à me présenter à la télévision des chansons anglophones. Qui sera responsable de la mort de la langue française au Québec?

Être francophone est une responsabilité sociale et commune. Nous devons tous demeurer vigilants.

Vous trouvez peut-être que je suis trop pointilleux sur l’importance de demeurer vigilant pour protéger notre langue et notre culture.

J’ai fait 5 ans comme pilote d’avion. À une époque où un pilote francophone avec un co-pilote francophone qui veulaient communiquer à un contrôleur aérien francophone devaient tous parler en anglais. Nous nous sommes battu pour obtenir le Français dans l’air. Et après 5 ans, lorsque nous avons eu gain de cause et que le français est devenu une langue autorisée pour communiquer dans l’aviation, je me suis rendu compte que je n’étais pas capable de le faire. Parce que je l’avais toujours fait en anglais et que je ne connaissais pas les termes français.

Merci à tous de ne pas oublier que le français et notre culture ne sont pas des acquis. Nous devons demeurer vigilant et aux aguets pour conserver les acquis et conserver notre place dans la francophonie.

Merci à Charles Lafortune, Ariane Moffat, Marie-Mai, Jean-Pierre Ferland et Marc Dupré d’être vigilant envers cette culture qui est nôtre. Cette culture si fragile mais que nous aimons tous.

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Des mots venus d’ailleurs

Le français de chez nous

Une mondialisation plus ancienne qu’on ne le croit

Normand Charest – chronique Valeurs de société, dossier Francophonie

Logo_chronique 2 (ajusté)On fêtait en 2012 le centenaire de la Commission de toponymie, qui publie à cette occasion, en collaboration avec l’Office québécois de la langue française, un livre intitulé Parlers et paysages du Québec – Randonnée à travers les mots d’ici, qui souligne la variété du vocabulaire populaire et des noms de lieux du Québec.

On peut déjà ressortir de beaux termes seulement en consultant la table des matières : aulnière, brûlé, bûché, herbé, mitan, ravage, renversis ; baissière, maringouinière, mocauque, plé, vasière ; dégelis, frimassé, rigolet ; barachois, caye, échouerie, marigot ; buttereau, cabourne, morne ; coulée, déboulis, rochière

Métissage culturel : des noms venus d’ailleurs

mappemonde ancienne francophone francophile français histoireCertains de ces termes ont circulé entre les colonies françaises, au 17e siècle, apportés d’un lieu à l’autre par les marins. Ainsi, les termes boucane, coulée, îlet, maringouin, morne, quatre-chemins ne viennent pas de la Nouvelle-France, mais plutôt des Antilles, de l’Amérique du Sud, de La Réunion, etc., et ils étaient souvent empruntés aux langues indigènes. Ainsi, le mot maringouin vient de mbarigui, de la langue tupi-guarani d’Amérique du Sud. Comme quoi le métissage culturel ne date pas d’aujourd’hui !

Samuel_de_Champlain_Carte_geographique_de_la_Nouvelle_France francophone histoireAu Québec, on peut retrouver certains de ces termes dans les noms de lieux Ruisseau de la Boucane, Montagne de la Coulée, L’Islet-sur-Mer, Montée des Quatre-Chemins, par exemple. Les noms de lieux suivants, par contre, ont une saveur typiquement locale : Lac de la Menterie, Lac Magané, Rivière-Qui-Mène-du-Train, sans parler du Lac aux Cinquante-Six-Roches.

Cela donne parfois des noms très poétiques, comme le Rigolet des Abîmes. Et mon préféré, le Trompe-Souris, « un rang où les paysans avaient de bien maigres récoltes ».

Autres textes sur la Francophonie

L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

Comment assurer d’être bien référencé pour votre blog ? Comment fidéliser les internautes ? Comment augmenter son trafic ? Comment interagir avec un Throll qui commente votre blog ?

guide-referencer-blog-referencement-naturel-livre Maintenant disponible, le livre Référencer son blogue, un mot à la fois. Un livre sur l’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé.

Écrire pour un blogue est différent que pour un magazine ou un journal. Comment maîtriser une technique simple et efficace pour que votre billet soit bien référencé par les moteurs de recherche tout en étant pertinent et cohérent pour les internautes? Les techniques d’écriture qu’il faut maîtriser sont expliquées dans ce guide.

Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

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Protégeons le français… mais contre qui ?

L’envahissement de l’anglais

Protégeons notre langue… mais contre qui ?

chronique société presse communautaire média écrit journalismeMais qui est vraiment responsable de cette menace contre notre langue française ? Peut-être bien nous-mêmes…

Normand Charest – Chronique Valeurs de société. Dossier Francophonie

Au Québec, nous voulons protéger notre langue, qui est menacée de toute part par la domination de l’anglais. Or, quand on pense à cette menace, beaucoup l’imagine venir de l’extérieur. Des Anglos qui ne veulent pas reconnaître nos droits, des nouveaux immigrants qui glissent trop facilement vers l’anglais…

Mais si l’ennemi se terrait plutôt en nous, bien caché derrière notre nationalisme et notre fierté fleur-de-lysée, passé le jour de la Fête nationale ?

Un exemple de cela nous est offert par les contre-cultures (souvent associées aux jeunes, mais pas seulement à eux) qui ont souvent été de grandes consommatrices d’anglais. Génération après génération, nous y sommes tous passés.

Menacée de l’intérieur

francophonie drapeau logo francophone francais langue francaise francophileQu’il s’agisse de nos pères ou grands-pères qui prenaient déjà des surnoms anglais, des hippies avec leurs groovy, too much, out of sight, en passant par le chill d’aujourd’hui… nous avons toujours été friands de mots anglais à la mode, toujours influencés sans remords par les cultures anglo-saxonnes.

La situation n’a pas changé de nos jours, et le hip-hop ne fait pas exception. Les pseudonymes anglais des artistes en font foi, les termes spécifiques aussi : battles, writers, graff, old-school, free style ; stump, waacking, krump, popping, breakdance… Et les gens du milieu adhèrent à ces courants sans se poser de questions sur la place de l’anglais dans leur vie.

Au bout du compte, quelle que soit leurs justifications pour agir de la sorte, la soumission à l’anglais y est préoccupante. On se demande bien comment défendre cette anglicisation, tout en imposant aux Anglos une loi sur l’affichage en français.

Reprocher aux autres de menacer notre langue, alors qu’on la mine soi-même de l’intérieur ? Il y a là une contradiction qui devrait nous donner au moins un peu d’urticaire.

Pendant ce temps, chez les « Français langue seconde »…  

Pendant ce temps, dans l’actualité, ce sont des étudiants d’un collège anglophone de Montréal, le collège Vanier, qui ont été choisis pour représenter le Québec au « Goncourt des lycéens » en 2012 (le 4e prix littéraire de France, après le Goncourt proprement dit, le Renaudot et le Femina). Et cela, au grand bonheur de leur professeure de français, Catherine Duranleau.

Des  anglophones qui passent avant des étudiants  francophones ? « Sobering », comme on dit en anglais. Même si certains prétendent qu’il s’agit là d’une exception peu significative.

Le retour de la poésie orale en français par le slam

Sur une note plus encourageante, soulignons le retour de la poésie orale, par le biais du slam. Le slam est d’origine américaine. Mais le bonheur, c’est qu’on le pratique parfaitement bien en français, et avec beaucoup de créativité.

Disons-le franchement, c’est un souffle d’air frais, un souffle de vrai sur la poésie française. Voilà comment la contre-culture peut apporter du sang neuf à la langue, sans faire appel aux termes anglo-saxons.

À ce propos, Grand Corps Malade nous en fournit des exemples éclatants. Si on ajoute à cela son action sociale dans des quartiers difficiles, par le biais de cours de slam offerts à des gens de tous âges et de toutes origines… on peut le saluer bien bas, pour le rôle positif qu’il joue à l’intérieur de la francophonie.

Alors, qui dit que l’on doit s’angliciser pour être dans le coup, pour être de son temps, pour exprimer la réalité urbaine actuelle ? Qui dit qu’on ne peut le faire en français… ou en arabe, en russe, en espagnol, en innu ou en inuktitut ?

  • Voir l’article « Goncourt des lycéens – Un collège anglophone pour représenter le Québec », par Fabien Deglise, dans Le Devoir du 29 septembre 2012.
  • En écrivant ces mots, j’écoutais le CD déjà classique mais toujours inspirant de Grand Corps Malade, Midi 20 (2006).

Autres textes sur la Francophonie

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

poster affiche flyer carte anniversaire cartes souhaits voeux affichage impression t-shirtUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux. Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti. www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

Francophonie: être francophone en milieu anglophone

Isolement des francophones hors-Québec

Les jeunes francophones de Windsor, Ontario

Windsor est une ville ontarienne qui a bien des choses en commun avec le petit village gaulois d’Astérix. En effet, cette petite communauté de francophones hors-Québec, reliée à Détroit par un pont, a une position de résistance de plus en plus difficile à défendre.

Par Martin Ouellet        Dossier Francophonie

Le Festival franco-jeunesse de Windsor en est à sa 10e édition. Le Festival franco-jeunesse de Windsor a pour objectif de favoriser l’estime de soi des jeunes et leur présenter des modèles de gens qui se développent et évoluent dans des milieux francophones.

Pour souligner cette 10e édition, nous présentons ici un reportage de Martin Ouellet réalisé lors de la 1ere édition.

Les arts et la francophonie

De nombreuses activités dont des concerts, des ateliers d’illustration, de création littéraire, de vidéo, de gestion de projets, de croissance personnelle et d’arts visuels étaient au programme. Sarah Hall, artiste-peintre, et Jean Labourdette, graffiteur, ont fait partie des invités du centre communautaire. Ils sont allés rencontrer des élèves finissants de l’école secondaire Lessard pour échanger avec eux, les encourager à poursuivre leurs études en français et les aider à se valoriser à travers la création. Voici le portrait assez particulier de l’endroit qu’ils nous ont dépeint…

Style de vie

À Windsor, ne cherchez pas de films en français à l’affiche dans les cinémas ni de livres francophones dans les libraires, il n’y en a pas. La télévision et la musique parlent anglais aussi. La diversité ethnique est à peu près inexistante. À l’école secondaire Lessard, si les cours et les ateliers se déroulent en français, dès que la cloche sonne pour la pause, on n’entend que de l’English dans les corridors.

Le rythme de vie y est beaucoup plus strict. Chaque matin, on récite une prière en classe, suivie de l’hymne national du Canada et d’une minute de silence! «C’est comme si la vie s’arrêtait! Les retardataires n’osent même pas entrer en classe avant la fin de la minute de silence!», nous confie Jean. Les enseignants sont plus formels et rigides, plus centrés sur le rituel que sur la motivation et la passion des jeunes.

Les finissants du secondaire sont confrontés à un choix: poursuivre leurs études en anglais (à Ottawa, Toronto ou Détroit) ou s’exiler à Montréal pour continuer en français. Pourtant, ces jeunes n’ont pour la plupart jamais eu de contact avec Montréal, qui se situe à plus de dix heures en automobile.

Suicide et drogue

Cette communauté francophone n’a pas réussi à trouver la potion magique qui a fait la force des gaulois d’Astérix… La proportion de suicide chez les étudiants francophones est sensiblement plus élevée et la consommation de drogues est anormalement supérieure aussi.

L’ennemi numéro un: l’ennui. «Les jeunes passent leur temps à travailler dans une shop, à fumer du pot, à se battre, à traîner dans les restos 24 heures et à faire des cascades débiles comme dans l’émission Jackass.», nous dit Jean. «Ils n’ont rien à faire, ils regardent leurs parents démotivés, matérialistes, et ils se résignent à mener une vie sans ambition, comme eux autres.», ajoute Sarah.

Sans automobile, les jeunes restent cloîtrés, dépendants de leurs parents ou du transport en commun déficient. La routine, le manque de motivation et d’exemples positifs en font un milieu propice pour les drogues et la violence.

Immersion

Il existe un sentiment général de fatalité. Les jeunes préfèrent travailler chez un constructeur automobile que de continuer à s’ins-truire. Le travail s’effectue en anglais, que ce soit dans la ville de Windsor elle-même ou aux États-Unis, de l’autre côté du pont. Le travail bien rémunéré en usine procure un confort matériel, ce qui rend l’immersion tentante et plus facile.

Art et culture

Le défi était de taille pour arriver à faire participer ces étudiants réputés pour leur manque d’initiative et leur manque de motivation. Pourtant, les deux animateurs ont rapidement compris qu’il fallait créer un contexte moins formel, amener les jeunes à se sentir libres et créer un lien de respect mutuel, sans rapport d’autorité. «On a créé des circonstances favorables pour les aider à trouver la force du changement en eux-mêmes. On a réveillé une énergie dormante en eux.», explique Jean.

En attribuant les tâches selon les compétences et, après quelques notions techniques, les artistes ont amené les finissants à prendre la place qui leur revenait. Le thème de l’œuvre collective était l’estime de soi. «Ce qui m’a impressionnée, c’est de rencontrer des jeunes en crise et de leur faire réaliser qu’ils peuvent se prendre en main.», mentionne Sarah.

Les professeurs ont été étonnés de voir le travail artistique que Sarah et Jean ont réalisé avec leurs jeunes. Les finissants, perçus comme des délinquants, se sont montrés très responsables. Il n’y a eu aucun vol, pas un tag. «J’ai perdu mon cahier de sketches un moment donné, raconte Jean. Il m’a vite été rapporté. Ils nous ont même amené du café la deuxième journée!».

«Pendant le ramassage, il pleuvait et les jeunes étaient encore dans l’échafaud, à peinturer!», se souvient Sarah. Les animateurs ont prodigué conseils et énergie, aidant les élèves à prendre conscience à quel point les arts et le processus de création peuvent être valorisants, porteurs de réflexion. «On leur a laissé des canettes pour qu’ils puissent continuer leur œuvre et on les a incités à négocier avec leurs profs pour obtenir un mur, un espace de liberté pour créer. On a semé des graines, on espère qu’elles vont pousser…», s’interroge Jean.

«Un lien s’est créé entre nous. On leur a apporté quelque chose, mais eux aussi, en retour, nous ont donné beaucoup: de la gratitude, des remerciements. C’était vraiment enrichissant», conclut Sarah.

Quel message pour les jeunes de Windsor?

Quand je lui demande ses souhaits pour les jeunes de Windsor, Sarah répond spontanément: «Soyez fiers d’être franco-ontariens! Si vous restez à Windsor, essayez d’influencer votre milieu. Si vous vous en allez, partez découvrir autre chose et revenez pour enrichir votre milieu de votre expérience. Vous êtes la relève, ne l’oubliez pas!».

Quant à Jean, il recommande la prise de pouvoir: «Reconnaissez vos talents, vos forces, vos intérêts. Prenez contact avec votre propre personnalité et osez prendre des risques. Ne subissez pas l’avenir, revendiquez-le!».

Selon Charles Castonguay de l’Université d’Ottawa, après une étude de 30 années de statistique: «l’assimilation des francophones hors Québec progresse».

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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