Un portrait des Révélations Radio-Canada 2020-2021

C’est avec fierté qu’ICI Musique a dévoilé le 20 mai dernier la cuvée 2020-2021 des Révélations Radio-Canada. Une nouveauté, une catégorie rap s’ajoute au paysage culturel. À l’honneur, cette année : Clay and Friends (chanson), Carl Mayotte (jazz), Mateo (musique du monde), Raccoon City (rap) et Isabelle D’Éloize Perron (musique classique). Voici un portrait rapide de ces révélations à surveiller.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Clay and Friends, Révélation en chanson

Quand Mike Clay a regardé les noms figurant sur la liste des révélations en chanson au fil des années, il en avait les larmes aux yeux. Comme ses deux parents sont immigrants, il n’a pas consommé énormément de musique en français en grandissant. En écoutant Les Colocs, Jean Leloup et Les Trois Accords, le leader du groupe a réalisé qu’il voulait faire quelque chose en français qui résonnerait assez pour le laisser espérer faire partie de cette culture.C’est la musique qui lui a permis d’en apprendre sur le Québec, sur ses traditions, sur les attitudes sociales qui y prévalent, sur le joual et la façon de voir le monde de ces citoyens : «Si notre musique peut aider d’autres personnes à faire ça et à s’ouvrir au monde, c’est le plus bel honneur.»

Comme la pop et le hip-hop ne font qu’un aux États-Unis et en Europe, Clay pense qu’il est grand temps que le rap et le hip-hop aient leur place dans la pop québécoise : «On parle encore d’une reconnaissance qui commence, je ne pense pas que la majorité des Québécois au-dessus de 30 ans consomme nécessairement du rap québécois. Je suis super content, réjoui et admiratif que Radio-Canada ait fait ce pas en ajoutant une catégorie rap. J’espère que ça donnera encore une plus grande place au rap, que ce soit du rap qui se mélange avec de la chanson (comme ce que nous faisons) ou du hip-hop plus classique», s’exclame-t-il, en ajoutant que c’est selon lui quelque chose qui fait partie de l’actualité et de la trame sonore du monde en ce moment. 

Carl Mayotte, Révélation en jazz

Recevoir la distinction de Révélation Radio-Canada est un signe de réussite pour Carl Mayotte. Cette récompense lui a donné un petit regain d’énergie et il a encore plus le goût de travailler fort, se disant que les gens aiment ce qu’il fait. Le jazzman est heureux de voir se présenter plusieurs possibilités de participation à des projets créatifs aux côtés d’autres artistes.

À l’autre bout du registre où se situe Dominique Fils-Aimé (Révélation Jazz Radio-Canada 2019-2020), Mayotte est bassiste dans un projet de musique instrumentale. L’artiste de 25 ans aimerait ramener ce style musical dans la vie des gens : «La musique vocale, c’est souvent proche des gens, peut-être plus que la musique instrumentale. Sans chanteur, rejoindre les gens passe par trouver une façon différente de vendre sa musique, et même de l’écrire », s’exclame-t-il, en ajoutant qu’il aimerait avoir la chance de collaborer avec sa prédécesseure.

Mateo, Révélation en musique du monde

Un des souhaits de Mateo, c’est de changer l’image que les gens ont des musiques du monde et de la musique latine en général. Les Québécois ont une idée très homogène de ces styles musicaux, selon lui. C’est-à-dire qu’ils percevraient surtout que la musique qu’ils entendent vient d’ici… ou pas.

«Je me sens comme un artiste montréalais, canadien, qui chante en espagnol tout en ayant d’autres racines. J’ai envie qu’on s’approprie ce qui se fait ici, malgré les genres de musique. Ce travail se fait des deux côtés. Pour moi, c’est de donner un produit qui va changer l’image que les gens ont de cette musique-là; mais les médias ont un travail à effectuer, ils doivent participer à l’éducation des gens, afin d’ouvrir l’esprit de la population et la rendre plus apte à reconnaître la provenance d’une musique».

L’artiste originaire de Colombie se considère chanceux de faire partie de cette diversité montréalaise. En récoltant cet honneur, il a l’impression d’être inclus dans la communauté.

Raccoon City, Révélation en rap

Pour la première fois de leur histoire, les Révélations Radio-Canada incluent cette année un volet rap . C’est un honneur pour Raccoon City d’être le premier rappeur à se distinguer dans cette catégorie. Il sent que c’est une avancée pour le rap au Québec : «Je crois que ça va donner plus de visibilité au rap québécois, que ça va aussi lui procurer une reconnaissance beaucoup plus large. On s’est vraiment battu pour que ce soit reconnu dans l’industrie médiatique en général. Avoir l’étampe révélation rap Radio-Canada, ça validera l’importance de la place que le rap occupe depuis tant d’années.»

Raccoon City (Shamyr Daléus-Louis, de son vrai nom) se distingue musicalement par sa saveur, les sujets qu’il aborde et la manière dont il approche la poésie. Il prend bien soin d’incorporer des couleurs variées à sa musique, au gré de ses multiples influences. Ses sonorités diffèrent d’une chanson à l’autre : «C’est un arc-en-ciel, ça va bien aller», dit-il.

Isabella D’Éloize Perron, Révélation en musique classique

Il a toujours été clair pour Isabella D’Éloize Perron qu’elle ferait de la musique ou quelque chose dans le domaine des arts. Malgré qu’elle ait vécu des années turbulentes entre 15 et 17 ans, l’artiste, maintenant âgée de 19 ans, a réalisé qu’elle avait une grande passion pour la musique classique et que c’était aussi une manière de s’exprimer : «J’ai toujours été intéressée à tous les genres musicaux. J’ai toujours exploré, mais le centre de mon attention est maintenant mon violon et c’est à lui que je vais me consacrer lors de ma première année d’université au Royal Conservatory of Music de Toronto.» Avec ce bagage en main, la future élève d’Erika Raum envisage la possibilité de prendre part à d’autres compétitions internationales.

Ce qui pousse la révélation en musique classique à participer à des compétitions internationales, c’est qu’elle adore jouer avec orchestre. Quand elle se produit dans un tel contexte, c’est comme si elle se faisait transporter par de petites vagues, en compagnie des musiciens. Même si elle a connu beaucoup d’anxiété sociale depuis son enfance, elle adore les gens et elle adore connecter avec les humains. Sa récompense ultime serait de voyager (en Europe, par exemple).

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Le StudioFest, un besoin vital pour les festivaliers !

Depuis quelques années, ICI MUSIQUE marche main dans la main avec les festivals et les artistes durant la période estivale. À la suite de la série d’annulations causées par la COVID-19, une initiative est née, avec Philippe Fehmiu comme porte-étendard, pour soutenir autant les artistes qui font vibrer les festivaliers que les organisations qui soutiennent les différents festivals. Soyez au rendez-vous du StudioFest le dimanche 17 mai, dès 14h !

Frédéric Lebeuf Dossier Culture

Que ce soit avec MusiquePlus, ICI Musique ou ICI Première, Philippe Fehmiu parcourt les festivals dans tout le pays depuis 25 ans. Même que l’été dernier, il avait commencé à tourner un documentaire (sur le désir des gens d’être ensemble dans des festivals) , et qu’il devait poursuivre le projet cet été : «Vivre un festival, c’est une espèce de rituel et de goût tribal d’être ensemble. Dans certains cas, ce sont aussi des moments qui nous marquent à vie. Les festivals, c’est la musique … mais ce sont aussi les déplacements, c’est le roadtrip et c’est la liberté.»

Dans le cadre de sa recherche, l’animateur a découvert que pour certaines personnes, les festivals, c’est comme le parvis de l’église : «Les gens y vont pour être ensemble et pour pouvoir vivre des expériences communes». Créer un sentiment de communauté, voilà la raison d’être du StudioFest.

Dès 14 h, Fehmiu animera une émission musicale d’une durée de 6 heures où une dizaine d’artistes présenteront une vingtaine de minutes de matériel chacun. Par exemple, Cœur de pirate chantera quelques succès dont une chanson rassembleuse. De son côté, l’animateur s’entretiendra avec divers organisateurs de festivals afin de savoir comment ils ont fait, dans les dernières années, pour faire de leur festival un rendez-vous incontournable et comment ils ont fédéré des gens autour de leurs idées. De plus, Philippe fera le lien entre les internautes et les artistes : «Ça va être une occasion pour être ensemble et se parler avec un ton moins médiatique. Ça sera comme dans un festival, on jase un peu et on prend une bière ensemble.»

Un besoin vital pour briser l’isolement

«On s’aperçoit que l’isolement est de plus en plus lourd pour plusieurs personnes. On constate aussi que la musique est importante pour l’oxygène et le sentiment d’évasion qu’elle procure. J’ai l’impression que le StudioFest va nous aider à sortir de cette torpeur des deux derniers mois en plus de mettre de la légèreté dans notre dimanche après-midi. On souhaite bien que les internautes et les auditeurs reçoivent ces moments comme un baume qui atténuera le manque créé par l’impossibilité d’être ensemble.», s’exclame l’animateur, particulièrement heureux de la parité homme-femme, de la diversité et de la pluralité de styles musicaux au sein de la programmation de cette journée musicale (incluant des noms comme Émile Proulx-Cloutier, Les soeurs Boulay, Ilam, Dominique Fils-Aimé et P’tit Belliveau).

À la fin de la pandémie actuelle, Philippe Fehmiu souhaite qu’on continue de savourer le temps et qu’on ralentisse la cadence. Dès que le déconfinement sera bien enclenché, il espère qu’on se souviendra qu’on est capable de changer les choses de façon importante. Avec la menace et la peur qui se sont installées dans nos vies, on a d’ailleurs déjà commencé à modifier plusieurs de nos comportements.

Pour participer à l’événement et découvrir la programmation officielle et évolutive, rendez-vous sur le site web du Petit festival d’ICI Musique le dimanche 17 mai dès 14 h, sur le web et à la radio.

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