Dénoncer son agresseur

Le poids de la dénonciation

Être la victime et parler

J’ai voyagé pendant 5 années dans le Grand Nord pour intervenir auprès des communautés inuites. Des épidémies de suicide faisaient rage. Ma mission, former les community workers locaux à intervenir et en arriver à pouvoir former eux-mêmes leur relève.

Raymond Viger   dossiers AutochtoneSanté

Journaliste conférencier auteur intervenantPourquoi ces suicides en série? Pendant de nombreuses années, des séries d’abus envers les femmes inuites ont eu lieu. Les femmes se sont prises en main et ont dénoncé massivement et collectivement les abus qu’elles avaient subis.

Revivre ces horreurs pour certaines victimes et la honte pour les bourreaux a créé un climat fragilisant la communauté. Trop de gens devenant vulnérables en même temps ont provoqué un climat propice pour des vagues de suicide.

Dans un tel état d’esprit et avec les liens de proximité que connaissent ces communautés, le suicide est rapidement devenu une épidémie.

La pire chose qu’auraient pu vivre ces communautés est de faire témoigner devant les médias les victimes à visages découverts pour raconter leurs agressions, leurs idées suicidaires, dénoncer leurs agresseurs… Ça fait vendre de la copie c’est bien évident. Tout le monde va en parler, c’est sûr. Surtout si les accusés se mettent à répondre aux victimes, à se justifier et à en faire un débat public. Parce que tous les gérants d’estrade vont pouvoir prendre position et faire de cinglants débats. Nous ne serons plus à aider les victimes et éviter que les agressions se perpétuent. Nous aurons perdu de vue l’essentiel du pourquoi nous en discutons et nous nous retrouverons dans un débat oratoire stérile qui tournera en rond.

Il est important de favoriser un climat de dénonciation des abus. Parce que nous voulons que ceux-ci cessent. Mais cela ne doit pas se faire au détriment des victimes et du soutien que l’on peut leur offrir. Certains journalistes vont justifier leur travail en disant que cela permettra de mettre de la pression sur les autorités pour obtenir des gains sociaux, des changements.

Médiatiser les victimes est-il la meilleure façon d’agir envers des personnes fragiles et vulnérables? Il arrive régulièrement qu’une victime décide de changer d’idée et de ne pas dénoncer ces agresseurs. Cela fait partie de son processus de guérison. Il faut accepter cette période d’ambivalence. Mais quand on les fait témoigner devant la caméra, elles ne pourront plus reculer. C’est pourquoi certaines victimes peuvent avoir besoin d’aide et d’accompagnement quand elles font face aux médias.

Et les débordements sont faciles. Témoigner d’une agression dont nous avons entendu parler, ça s’appelle un ouï-dire et ce n’est pas recevable. Même si les évènements sont véridiques à 100%, est-ce que la victime dont on parle était prête à le faire devant les médias? Recueillir le témoignage d’une personne sous le choc est délicat. Dans quel état laissons-nous les victimes après un passage médiatique? Comment va-t-elle réagir en voyant le reportage qui en sera fait? Est-ce que cela aura des répercussions sur son entourage?

Et que dire des témoignages de groupe? Plusieurs victimes sont autour d’une table et répondent aux questions d’un journaliste. Ne peut-il pas y avoir un effet d’amplification dans ce cas? Et quand cette direction est prise, difficile de revenir en arrière!

Il ne faut pas se contenter de recevoir un témoignage et le mettre en ligne. Une enquête exige un minimum de validation des témoignages. Et au-delà de la vérification, les victimes sont des personnes sensibles et vulnérables qui ont besoin de protection et d’aide. Il n’est pas rare de voir des victimes dans un tel processus se suicider.

Oui, il faut de dénoncer ces abus.
Oui, il faut que les médias en parlent.
Non, les médias ne peuvent pas parler de sujets sociaux sensibles n’importe comment.

Il y a un processus de guérison qui doit rapidement être mis en place. Et il faut accepter qu’il puisse prendre beaucoup de temps.

La protection des victimes est tout aussi importante que la dénonciation des agresseurs.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Suicide de Robin Williams, traitement médiatique et réseaux sociaux

Mauvaise couverture du suicide de Robin Williams

Dérapage des réseaux sociaux

Raymond Viger Dossier Suicide

intervention crise personnes suicidaires suicide se suicider mourir sans souffranceJ’ai fait parti de ceux qui ont sensibilisé les médias sur l’importance parler du suicide d’une façon responsable et adéquate. Parce qu’en parler n’importe comment risque de créer des mythes autour du suicide qui seront difficiles à défaire par la suite.

Parler du suicide d’une façon positive peut créer des réactions d’imitation, faussement faire croire à des personnes fragiles que le suicide pourrait être une option pour eux.

Le suicide de Robin Williams

Je ne voulais pas prendre position dans le suicide de Robin Williams. Parce que j’ai les yeux cernés par la fatigue. Je travaille 15 heures par jour. 7 jours sur 7. Parce que j’interviens déjà sur Internet auprès de personnes fragiles qui sont envahies par des pensées suicidaires. Parce que je vais écrire ce billet sans avoir le temps de le relire. Compte tenu de l’importance du sujet, j’aurais préféré passer mon tour.

J’ai reçu beaucoup de demandes pour que je prenne position. Même des demandes directes. Malgré tout, j’avais décidé de ne pas en parler. Parce que je fais confiance aux journalistes du Québec de bien couvrir le sujet.

Le traitement médiatique du suicide

quebec-suicide-prevention-handbook interventionNos débats sur la façon de traiter le suicide ont porté fruit. Les journalistes Québécois en font, majoritairement, un excellente couverture.

De temps à autre, je suis obligé de dénoncer quelques fautes éthiques ou morales dans le traitement du suicide. Parfois c’est pour bien faire mais certains producteurs se mettent les 2 pieds dans les plats.

Et tous les gains que nous avions fait auprès des journalistes sont maintenant annulés par la force des réseaux sociaux.

Suicide Robin Williams et les réseaux sociaux

Dans le suicide de Robin Williams, The Academy of Motion Picture Arts and Sciences, les gens qui sont derrière les Oscars, ont mis en ligne sur Twitter une image du suicide de Robin Williams qui valorise le suicide et qui met en danger tous les internautes qui pourraient déjà être dépressif.

Selon le site d’analyse des réseaux sociaux, ont parle de 270,000 personnes qui l’auraient partagées, permettant à plus de 69 millions de personnes d’avoir vu cette très… très… mauvaise description d’un suicide.

Je suis convaincu que les gens de cette académie n’avait pas de mauvaise intention. Mais on dit bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Ça nous a pris 10 ans de travail auprès des journalistes du Québec pour avoir une couverture adéquate. En 10 minutes, un seul Tweet vient tout détruire. Les communications en 2014 sont plus faciles et plus rapides.

Mais pas toujours pour le mieux.

Ressources touchant le suicide

Je profite de cette occasion pour demander à tout ceux qui veulent parler du suicide de laisser, à la fin de leur billet, les cordonnées des ressources pouvant aider et soutenir les personnes qui seraient dérangées par le suicide. Parce que le suicide dérange.

Et n’oubliez pas que sur l’Internet, ce sont des gens de partout à travers le monde qui pourrait lire votre billet. Ne vous limitez donc pas aux ressources locales. Assurez-vous d’inclure des ressources internationales d’intervention auprès de personnes suicidaires. Et n’hésitez pas à les partager pour que nous fassions de même.

Article du Washington Post présentant la mauvaise couverture du suicide de Robin Williams.

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

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Mauvaise couverture médiatique du Suicide

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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La maladie des émotions

Une maladie difficile à guérir 

Blessure de nos émotions

Raymond Viger Dossier Suicide

quebec-suicide-prevention-handbookJ’ai été un intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. J’ai rencontré des gens qui avaient toutes sortes d’histoire, mais souvent la même finalité.

Des femmes qui auraient voulu terminer une relation qui ne les satisfaisait plus. Mais leur dépendance affective les garde prisonnières de cette vie de couple. La seule alternative qu’elles ont trouvé; le suicide.

Un homme a été agressé par un pédophile dans sa jeunesse. Incapable de surmonter cet événement il a tenté de noyer sa souffrance dans l’alcool. Insatisfait d’une vie où il a l’impression de tourner en rond, il veut en finir au plus vite.

Des joueurs compulsifs ayant tout perdu au Casino ou dans les machines gobe-sous. Après avoir tout essayé pour se refaire (emprunter à tout le monde, voler et inventer toutes sortes de magouilles), devant l’incapacité de trouver de nouvelles façons de s’en sortir, face à la honte de devoir affronter leurs responsabilités, l’idée de mourir devient la seule solution qui leur reste.

Le suicide de nos émotions

Et que dire de celle-ci qui mange ses émotions, une autre qui n’ose plus manger pour tout contrôler. Ou encore tenter de trouver une place dans une secte pour se trouver. Quand la fuite dans l’alcool, la drogue, la dépendance affective ou autre ne suffit plus pour engourdir nos souffrances, le suicide peut devenir la seule avenue qui s’offre à nous.

Qu’ont en commun tous ces comportements qui peuvent avoir comme finalité le suicide? Des événements de la vie nous brasse, nous bouscule. Pris individuellement, nous pourrions passer à travers chacun de ces événements. Agression, perte d’emplois, rupture amoureuse, décès d’un proche… Mais quand le nombre d’événements devient trop imposant.

Quand il y a trop d’incidents qui se produisent sur une courte période de temps. Nous pouvons perdre le contrôle de notre vie. Nous avons été émotionnellement blessé. Nous avons tenté de trouver un mode de vie pour survivre face à ces souffrances. Mais ces comportements ont fini par nous blesser encore plus.

Une extrême vulnérabilité

Ces événements nous ébranlent. Le temps et le soutien de nos proches peuvent nous permettre de revenir à notre état stable. Mais quand le temps n’y est pas. Quand le soutien ne l’est plus. Nous devenons vulnérable, sensible.

Ce n’est pas en les moralisant sur leur comportement que nous pouvons en arriver à les aider. Offrons-leur soutien pour trouver de nouveaux choix. De l’écoute. Beaucoup d’amour. Blessés dans nos émotions, c’est par celles-ci que nous pourrons guérir.

Sur notre blog, notre site Internet ou encore dans notre magazine Reflet de Société, vous avez lu les témoignages de personnes qui sont touchés par l’anorexie, la crise suicidaire, le gambling, l’alcoolisme, la toxicomanie ou encore qui ont fait parti d’une secte.

Et si un jour c’était ton tour…

Après avoir lu ces reportages, posez-vous le questions suivantes : tous ces gens sont-ils si différents entre eux? Leur vécu est-il similaire malgré que les chemins qu’ils ont pris soient si différents? Tous ces gens sont-ils différents de ce que nous sommes ? Et si un jour c’est nous qui vivions ces difficultés… quels chemins prendrons-nous ?

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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Forces et faiblesses de l’hypersensibilité

Développement personnel

Confessions d’une hypersensible

Kharoll-Ann Souffrant Dossier Croissance personnelle

croissance personnelle guide cheminement développementPendant mes études d’intervenante psychosociale, on nous a martelé à quel point la profession que nous nous apprêtions à occuper allait nous changer, nous faire grandir et évoluer d’un point de vue professionnel et personnel. J’y croyais, mais n’étant pas encore sur le terrain, cela était flou dans mon esprit. Je ne pouvais pas me douter à quel point cette affirmation est vraie.

Avec quelques années d’expérience professionnelle, je réalise que travailler en relation d’aide, avec une clientèle pas toujours volontaire, me fait découvrir des choses insoupçonnées qui m’ont faît mûrir en un temps record.

Hypersensibilité et vulnérabilité

Ces dernières années, j’ai eu tendance à penser qu’il me fallait rejeter mon côté vulnérable, croyant (consciemment ou inconsciemment) à tort qu’il représentait une menace pour l’équilibre tant chéri que j’ai réussi à acquérir. J’associais vulnérabilité avec faiblesse. Et pourtant, j’acceptais sans jugement celles des autres. Or, je suis toujours beaucoup plus sévère avec moi-même que je ne le suis avec autrui. À mes yeux, il fallait que je sois continuellement forte, que je réagisse toujours de la bonne manière à toutes les situations. J’avais peur de perdre le contrôle si je m’accordais le droit d’être vulnérable.

Puis un jour, une amie française m’a dit que mon côté intuitif et sensible était beaucoup plus fort que mon côté rationnel, même si j’avais tendance à croire le contraire. Je réalise aujourd’hui qu’elle avait raison. Bien que je me sois énormément renforcée et solidifiée au fil du temps, je suis fondamentalement une personne sensible. Une hypersensible. Et bien des gens qui m’ont côtoyée de l’enfance à l’adolescence pourraient le dire. Mon énergie qui allait auparavant dans tous les sens et qui épuisait mon entourage se canalise maintenant vers des objectifs précis. Et ça fait longtemps que l’on m’a dit que j’y parviendrais, même si je n’y croyais pas.

Équilibre et hypersensible

Je réapprivoise cette partie de ma personnalité, et je prends conscience qu’il est possible d’être une personne forte, tout en ayant cette sensibilité. L’un n’empêche pas l’autre, c’est une question d’équilibre. Je réapprends à accepter les moments où je suis touchée, triste ou anxieuse. Je m’accorde le droit d’avoir des mauvaises journées ou des doutes. Et cette amie française qui a toujours les bons mots pour faire réfléchir m’a expliquée que ma sensibilité est une qualité dans mon domaine, et non un handicap. Que je ne devrais pas en avoir honte. Qu’elle fait partie intégrante de qui je suis.

Le fait de travailler avec des familles me fait prendre conscience des mécanismes qui ont régi la mienne, de l’amour inconditionnel que mes parents et autres personnes significatives m’ont porté. Et viscéralement, naît en moi l’envie de transmettre cet amour à d’autres, et plus particulièrement à un enfant. J’ai envie de donner autant que l’on m’a donnée. Et cette pensée, floue par le passé, se précise et devient de plus en plus profonde. Femme de carrière que je suis, la pensée de donner la vie à un être humain commence à rendre moins « essentiel » le besoin de réussite professionnelle que j’ai toujours eu.

Mon travail me fait réfléchir. Jour après jour après jour. Et je sais que ça n’arrêtera probablement jamais. Et c’est bien ainsi, car je ne veux pas que ça s’arrête. Car, c’est lorsqu’on arrête de réfléchir que l’on cesse d’évoluer.

Autres textes sur Croissance personnelle

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueilAprès la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre, au coût de 9,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Croissance personnelle ou prendre soin de soi?

Soigner son âme

Quelques thérapies pour tous

Le terme thérapie vient d’un mot grec qui signifie « soigner ». Or, si l’on a besoin d’être soigné, c’est d’abord qu’on est malade.

Normand Charest – chronique Valeurs de société – dossier Développement personnel

reflet société social débats réflexions socialesLe terme thérapie est surtout utilisé de nos jours dans le sens psychologique, c’est-à-dire pour soigner les maux de l’âme, qui sont nombreux dans un monde dont les carences ne sont pas que matérielles, mais avant tout intérieures.

Au cours du dernier siècle ou à peu près, on a beaucoup travaillé sur l’évolution matérielle. Par exemple, sur l’élimination des microbes, sur l’eau courante, les toilettes intérieures et l’hygiène, sur le chauffage, sur le confort en général. Mais on n’a pas beaucoup avancé en ce qui concerne le bien-être de l’âme et, dans certains cas, on a même régressé à cause d’un mode de vie déshumanisé, trop rapide et trop stressant.

Albrecht Dürer, «Melancholia I», 1514

Albrecht Dürer, «Melancholia I», 1514

On parle de thérapie par les animaux et c’est bien, mais les humains ont toujours retiré du bonheur et du réconfort de leur contact avec des animaux. Que ce soit avec leur bétail, leurs chevaux, leurs chiens, leurs chats ou leurs singes ; ou avec les animaux qu’ils chassaient et qu’ils aimaient en même temps. C’était là une chose naturelle. Et c’est surement parce que la chose n’est plus naturelle qu’on lui donne maintenant le nom plus recherché de « thérapie par les animaux ».

On pourrait dire la même chose de l’art-thérapie, probablement, puisque l’art était jadis un peu partout et à la portée de tous, sans qu’on en parle et sous forme d’artisanat. Puisque tout était artisanal : la fabrication d’une assiette, d’un vêtement, d’un jardin, d’une maison, l’écriture d’une lettre…

Alors que maintenant presque tous nos objets sont devenus impersonnels, parce qu’ils sont de fabrication industrielle. Tandis qu’à l’opposé, l’art est devenu quelque chose de précieux, souvent coupé du quotidien et réservé aux musées. L’art-thérapie, c’est un peu la réalisation que l’art peut être, à nouveau, à la portée de tous. Et qu’il nous fait du bien, tout simplement, sans aucune prétention.

Plus récemment, on a aussi parlé de bibliothérapie, ce qui signifie « thérapie par les livres ». Bien avant que les livres existent, les humains aimaient les histoires, dans lesquelles reposait beaucoup de sagesse orale. On aimait en raconter, et on aimait les écouter. On y revient, d’ailleurs, avec des conteurs comme Fred Pellerin. D’autre part, le rituel de la lecture faite aux enfants avant qu’ils ne s’endorment est encore bien actuel.

Et le livre est lui-même une histoire qui nous attend, un conteur discret qui peut nous parler à toute heure du jour ou de la nuit, dans la foule des transports publics, des cafés, dans la solitude de notre chambre ou même au fond des bois. Pour autant qu’on sache lire, bien sûr, car ce n’est pas là chose évidente, encore aujourd’hui.

À notre époque de haute technologie, le livre demeure la plus simple des machines, la plus performante, la plus durable et la plus recyclable.

réflexions sociales débats société social

NC

Au cinéma, on nous impose des images et des visages, des voix de comédiens, tandis que dans les livres, c’est nous qui inventons les personnages, qui leur donnons un visage. Ainsi, chacun est responsable de son propre casting.

Par le biais des personnages, l’auteur peut nous faire vivre des expériences qui nous enrichissent. On peut y être braves avec les braves, aventureux avec les aventuriers, patient avec les patients et émerveillés par tout ce qui nous est raconté. Cela peut nous aider dans notre traversée des usines, des bureaux et des métros un peu trop gris. Au moins au temps.

Dans la plupart des cas, nous sommes nous-mêmes nos propres thérapeutes. Nous trouvons nous-mêmes les livres, les musiques, les artistes qui nous font du bien.

Mais lire à haute voix pour les autres prend une autre dimension : cela se transforme en don, en un don de soi. Le lecteur à haute voix devient alors un peu thérapeute. La mère l’est spontanément pour ses enfants. On le fait aussi pour les malades, pour ceux qui ne voient plus, qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus lire par eux-mêmes. Nous devenons pour eux la voix du livre. C’est là une belle façon d’aider.

Un bon livre est un jardin que l’on transporte avec soi.

– Proverbe arabe

Autres textes Développement personnel

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Intervenir auprès des jeunes sans tomber malade

La santé des travailleurs

Congé maladie ou Congé santé?

Un organisme d’intervention jeunesse doit tenir compte des limites physiques et émotionnelles de ses employés qui se dévouent sur le terrain.

Raymond Viger Dossier Communautaire

annie-gauvin-regroupement-organismes-communautaires-autonomes-jeunesse-quebec-rocajqMichel St-Gelais, le coordonnateur de l’organisme Service de travail de rue de Chicoutimi a trouvé une façon originale de prendre soin de ses travailleurs de rue. Dans leur convention de travail, au lieu d’avoir droit à un certain nombre de journées maladie, les travailleurs de rue ont le droit de prendre des journées santé.

Pourquoi attendre d’être malade pour prendre une journée pour se remettre en forme? Pourquoi ne pas prendre une journée avant d’être malade, question de rester en santé?

service_travail_rue_chicoutimi_travailleur_de_rue_saguenayLa prévention est toujours mieux que le curatif. De plus, prendre une journée de repos avant d’en arriver à dépasser nos limites est possiblement plus efficace que d’en prendre trois parce qu’on est malade!

Quand vous négocierez vos conditions de travail, au lieu de négocier le droit d’être malade, négociez le droit de rester en santé!

Félicitations à Michel St-Gelais et bonne continuité à l’équipe de travailleurs de rue de Chicoutimi.

Le Service de travail de rue de Chicoutimi est un organisme membre du Regroupement des organismes communautaires jeunesse du Québec (Rocajq).

Sur la photo, nous voyons Michel St-Gelais recevoir le prix Référence jeunesse remis par Annie Gauvin du Rocajq.

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Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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