Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (5 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant, ont dû arrêter de travailler. Voici le cinquième et ultime article d’une série de 5 mettant en vedette Mathilde Recly et Catherine Vezeau.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Lors des cours virtuels, comme l’élève se tient à proximité de son téléphone pour bien voir l’écran ainsi que pour entendre les propos de son enseignant, Mathilde Recly admet qu’elle a du mal à observer la posture de celui-ci. Par exemple, c’est difficile de déterminer s’il engage suffisamment sa respiration (implication du diaphragme et ouverture des côtes) pendant les exercices : « J’y vais donc à l’oreille : par habitude. Je peux dire à peu près quand je sens qu’il doit donner encore plus d’énergie physique ou soutenir davantage du côté de la respiration ; mais j’avoue que l’aspect visuel du corps au complet me manque un peu, pour conseiller l’élève le mieux possible. » 

Mathilde Recly et Catherine Vezeau

Étant donné que la grande majorité des répondants sont également des chanteurs professionnels, plusieurs s’inquiètent de leur avenir musical. Les deux métiers de Catherine Vezeau se voient extrêmement touchés par cette pandémie : « J’ai tellement hâte de remonter sur une scène et de regarder le public. Je sais que ça ne reviendra pas tout de suite comme avant, c’est ce qui m’angoisse. Je m’accroche à l’écriture et à la création de nouveaux extraits. Cela fait du bien au moral. Cela me permet de mettre mon énergie à 100 % dans la composition. »

Pour clore le débat, voici une petite pensée d’Olivier Chagnon : « Nous offrons un service, pas un produit. Il y a donc des limites à ce que nous pouvons faire. »

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Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (4 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant ont dû arrêter de travailler. Voici le quatrième article d’une série de 5 mettant en vedette Catherine Vezeau, Olivier Chagnon, Annie Comtois, Francis Lacelle et Florence Théoret.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Catherine Vezeau, Olivier Chagnon et Annie Comtois

En ce qui a trait au retour « à la normale », Catherine Vezeau suggère de rouvrir les écoles de chant en septembre prochain, tout comme les autres écoles : « Pour le moral, c’est la meilleure solution ». Étant donné que les activités culturelles et de loisirs reprendront plus tard que les autres, Olivier Chagnon proposerait au premier ministre de débloquer un fonds d’urgence pour les entreprises de ces secteurs : « S’il n’y a pas de reprise pendant un certain moment, certains établissements spécialisés en musique fermeront leurs portes. De toute façon, il y aura une baisse d’inscriptions. » Puisqu’ils apportent du bien-être avec leur pratique, Annie Comtois aimerait que le gouvernement considère les coachs vocaux comme un service essentiel.

Francis Laceille et Florence Théoret

Est-ce que la clientèle continuera de suivre ses activités de formation ? C’est la question que se pose Francis Lacelle. Malgré tout, il est encouragé puisqu’un bon nombre d’étudiants ont repris leurs cours à distance. Même constat pour Florence Théoret qui souligne par contre que certains élèves lui ont dit qu’ils n’auraient pas les moyens de poursuivre leurs apprentissages : « Je sais que certains éprouvent des difficultés financières. Donc, ils ne pourront plus s’offrir ces leçons. »

Prochain (et ultime) article :  Vendredi 5 juin avec Mathilde Recly et Catherine Vezeau

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Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (3 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant ont dû arrêter de travailler. Voici le troisième article d’une série de 5 mettant en vedette Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Même si le premier ministre autorisait la réouverture des écoles de musique, Marie-Pierre Leduc hésiterait pour des raisons familiales : « Je vis dans une maison intergénérationnelle. Je ne veux pas mettre mes parents en danger, il n’y a pas de risque à prendre en ce qui concerne leur santé. Et c’est difficile d’envisager des formations en ligne ou avec le port du masque », souligne-t-elle.

Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire

Selon Marie-France Lemaire, il est possible d’appliquer les normes sanitaires dans le cadre de sa profession. Alors, elle aimerait que le gouvernement Legault fasse confiance aux enseignants : « J’ai le plus grand respect pour ma clientèle. On peut reprendre les leçons de chant en toute sécurité. La musique incarne le bonheur. C’est bon pour l’âme et pour le cœur. Elle favorise l’équilibre mental et permet d’exprimer des émotions par la voix. C’est bien triste de devoir nous en priver, surtout en ces temps difficiles. »

Voici quelques conditions de travail proposées pour le déconfinement :

Un local adapté ; une distanciation de deux mètres ; un nettoyage du local et du matériel entre chaque étudiant ; accès à des produits nettoyants ; un désinfectant pour les mains ; le port du masque ; un écran protecteur entre l’enseignant et l’étudiant ; une seule personne à la fois ; aucune salle d’attente ; aucune manipulation de matériel ; aucun échange de matériel ; l’élève se tient dans un angle de 90 degrés par rapport au professeur (pour éviter des projections de gouttelettes lorsqu’il chante) ; le paiement par carte de débit ou de crédit ; un enseignement virtuel privilégié.

Prochain article : Jeudi 4 juin avec Catherine Vezeau, Olivier Chagnon, Annie Comtois, Francis Latreille et Florence Théoret.

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Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (2 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant ont dû arrêter de travailler. Voici le deuxième article d’une série de 5 mettant en vedette Annie Comtois, Véronique Lemay et Cynthia Harvey.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Voyant la période de confinement se prolonger, Annie Comtois a contacté ses étudiants pour leur proposer la formule virtuelle. Certains ont choisi de reprendre les cours habituels lorsque ça sera de nouveau possible et d’autres ont eu le désir de vivre l’expérience à distance : «J’ai donc recommencé graduellement le coaching à distance en apportant quelques ajustements à ma pratique. En raison de la pandémie, j’ai réfléchi et je me suis questionnée aussi sur mon métier. J’ai décidé de me réinventer. Je suis actuellement en train de construire une formation de groupe avec un volet personnalisable. » Puisqu’elle aime bien cette alternative, elle a envie de viser un développement sur le Web pour le futur : « Je voulais faire le virage sur le Web depuis longtemps, mais là, la situation m’a amenée à passer à l’acte. »

Annie Comtois, Véronique Lemay et Cynthia Harvey

Après avoir monté un programme d’enseignement en ligne – un mois avant le Québec soit mis sur pause. Véronique Lemay ne s’attendait pas à un tel dénouement. Sauf exception, elle ne compte pas reprendre physiquement. De plus, puisque le gouvernement suggère fortement aux professeurs de chant de travailler virtuellement, Cynthia Harvey, elle, croit qu’il devrait fournir le matériel à ceux qui n’en ont pas. Puisqu’au trimestre d’automne 2020, les CÉGEPS et les universités ont majoritairement choisi de donner les cours à distance, cette femme originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean envisage même un retour aux études pour effectuer un changement de carrière. En ce moment, elle ne voit pas de lueur d’espoir dans son métier.

Prochain article : Mercredi 3 juin avec Marie-Pierre Leduc et Marie-France Lemaire.

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Professeur de chant, une profession « oubliée » durant le confinement ? (1 de 5)

Quand le coronavirus a frappé de plein fouet le Québec en mars 2020, la culture et les loisirs ont été relégués aux oubliettes — ou presque. Et pourtant, plusieurs personnes vivent de cette passion pour les arts. Parmi elles, les professeurs de chant, qui ont dû arrêter de travailler après une certaine confusion initiale. Voici le premier article d’une série de 5 mettant en vedette Mathilde Recly, Olivier Chagnon et Florence Théoret.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

« Pour vous donner une idée, cela a pris plusieurs jours après l’annonce de la fermeture des écoles par le premier ministre François Legault pour que l’établissement où j’enseigne décide de suspendre ses activités. La direction se défendait de ne pas avoir 30 étudiants par classe à l’instar des écoles “classiques” et positionnaient l’école comme une petite PME plus qu’un lieu d’étude. J’ai eu du mal à trouver des ressources pour justifier ma volonté d’arrêter d’enseigner au début de la crise, car nous sommes souvent des “oubliés du gouvernement», s’est exclamée Mathilde Recly, qui enseignait à 30 personnes par semaine en moyenne dans la région métropolitaine.

Mathilde Recly, Olivier Chagnon et Florence Théoret

Si ça se passe bien en général pour ceux qui ont repris les cours de façon virtuelle, certains avouent que les applications de vidéoconférence ont leurs limites : « Les élèves sont heureux de pouvoir continuer à suivre des leçons à distance. Ça les occupe. Cependant, cela demande beaucoup d’ajustements. Ce ne sont pas tous les étudiants qui arrivent à recevoir une formation de qualité, ce n’est pas fait pour tous», souligne Olivier Chagnon.

Seulement deux élèves de Florence Théoret ont décidé de poursuivre l’aventure durant la pandémie. Comme elle les accompagne au piano, elle confie que c’est impossible à reproduire en direct à cause de l’effet de décalage dû à leurs connexions internet respectives. Alors, elle doit soit fournir des enregistrements préparés préalablement, ce qui représente un investissement de temps, ou soit leur envoyer des trames de karaoké qui ne sont pas toujours adaptées à leurs voix : « Toutefois, ça sera difficile de donner des leçons de pianos puisque je dois être assise à côté d’eux.»

Prochain article :  Mardi 2 juin avec Annie Comtois, Véronique Lemay et Cynthia Harvey.

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