La traite humaine

Prostitution, trafic d’organes et travail forcé

Le cas de la Moldavie

La Moldavie fait peu les manchettes. Quand c’est le cas, le thème de la traite humaine revient souvent: des cas de prostitution, mais aussi de trafic d’organes et de travail forcé. Sortir du pays à tout prix? C’est le risque encouru par bien des jeunes femmes moldaves, parfois au péril de leur vie. Mais qu’est-ce qui les pousse au bord du gouffre? Notre journaliste a enquêté.

Marie-Josée Richard. Dossier Prostitution

Une piste d’atterrissage d’asphalte sur fond de gazon, le tout entouré de collines verdoyantes, c’est ce qui frappe lorsque l’on atterrit à Chisinau, la capitale. Puis au centre-ville, le gris du béton domine, lui donnant un air morne et triste. Un autre contraste nous attend une fois sur Stefan cel Mare, le boulevard principal: des kiosques à journaux et de boissons jouxtent des boutiques Tommy Hilfinger, Adidas et bientôt un Apple Store. Sur la route, de vieux véhicules de l’ère soviétique, comme des Lada ou des trolleybus, côtoient des voitures de luxe.

Pour le voyageur averti, c’est le signe que les activités illicites prospèrent. «Avec un revenu moyen de 250$ à 300$ par mois, avoir une voiture tout court est déjà du luxe», m’explique Andrea, un Moldave résidant désormais à Montréal. «Je peux toucher jusqu’à 500$ par mois, me confie un chauffeur de taxi de Chisinau… à condition de travailler 6 à 7 jours par semaine.» Nouvellement papa, il a du mal à payer les couches de son bambin. Avec un taux de chômage endémique, il est conscient qu’il a de la chance d’avoir au moins un travail.

Dans un tel contexte, pas étonnant que la majorité des Moldaves rêve de travailler à l’étranger de façon temporaire ou immigrer: le quart de la population active travaille en dehors de ses frontières, le tiers quittant dans l’illégalité pour l’Italie, le Portugal, l’Espagne, la France, la Grèce ou la Russie. Comme des milliers d’autres Moldaves, Valéa a voulu tenter sa chance.

La lune promise

En 2009, elle n’a que 20 ans lorsqu’une amie lui parle d’une offre de travail comme serveuse et danseuse dans un bar de Chypre, dans la section turque. Où elle habite, un village de 2000 âmes, situé dans l’État de Criuleni, à une trentaine de kilomètres à l’est de Chisinau, le travail se fait rare. Un homme venu d’une région voisine recrute: il promet 2000€ à 2500€ par mois (environ 3000$-3500$ canadiens), soit bien plus que le salaire moyen annuel. Quelques rencontres plus tard, séance de photos et formulaires complétés pour l’obtention du visa, on lui donne rendez-vous à l’aéroport. Ses billets d’avion, elle les remboursera à son employeur en travaillant.

Quand arrive le jour J, les douaniers interceptent la jeune brunette. «Comme je ne pouvais dire avec précision où je m’en allais et qui je devais rencontrer, on a trouvé ça suspect», dit-elle en jouant nerveusement avec l’une de ses boucles d’oreilles. L’avion a décollé sans elle. Selon toute vraisemblance, elle allait se jeter tout droit dans la gueule du loup: Valéa aurait été obligée de se prostituer. Or, la Turquie figure au premier rang des destinations les plus fréquentes pour le trafic humain en provenance de la Moldavie, avec près du tiers des victimes. Ceci aurait dû lui mettre la puce à l’oreille…
Même si Valéa avait déjà été mise en garde contre les méthodes de recrutement des trafiqueurs, elle ne s’en était pas préoccupée outre mesure. «Je pensais que ça ne pouvait arriver qu’aux autres», se confie-t-elle naïvement. Et avant de partir, elle avait rencontré des jeunes femmes de son village employées par cet établissement… mais elles lui avaient caché la vraie nature de leur travail.

Chose certaine, le cas de Valéa n’est pas exceptionnel. Comme la majorité des jeunes femmes tombant dans le panneau en Moldavie, elle s’est fait rouler par une connaissance, en qui un proche avait confiance. Elle tombe pile dans le profil type des victimes: elle est une femme de moins de 25 ans, sans emploi, résidente d’une zone rurale. Ce qui diffère de plusieurs autres destins: son histoire finit bien.

Si Valéa l’a échappé belle, c’est grâce à un contrôle douanier plus serré, mesure mise de l’avant il y a trois ans. Mais toutes les jeunes femmes n’ont pas cette chance. Valéa raconte que certaines de ses voisines, parties quelques mois plus tôt pour Chypre, en sont revenues invalides, peu après l’épisode de l’aéroport. «Handicapées, après avoir été sauvagement battues», m’explique mon traducteur, un ex-policier devenu homme d’affaires.

Mieux vaut prévenir…

«La situation est beaucoup plus contrôlée qu’il y a dix ans, notam-ment à cause de la prévention», affirme Irina Todorova, coordonnatrice prévention et protection de l’Organisation internationale de la migration (OIM) de Chisinau, un organisme intergouvernemental ayant pour mission de faire la promotion d’une saine migration. Ceci se traduit principalement par des ateliers d’informations, qui ont lieu à Chisinau et dans les différentes régions du pays.

Mais l’OIM ne peut agir seul. L’unité policière antitraite de Moldavie et différents OSBL au pays font partie de leurs proches collaborateurs. Une chose est certaine: pas de doublons! «On tient à ce que nos rôles soient complémentaires», insiste la coordonnatrice.

Quand les rêves s’écroulent

Alors qu’elles pensaient s’enrichir, ces jeunes femmes (prises dans les griffes d’un proxénète) en finissent par devenir l’esclave sexuelle d’une dizaine de clients par jour, battues et/ou violées à répétitions, séquestrées, parfois sous-alimentées et droguées… Certaines tourmentées par la honte d’avoir été trahies par leur petit ami, qui les aura vendues à leur insu lors d’un voyage qui se voulait romantique.

Vendre une jeune Moldave? Plusieurs sont tentés par l’’appât du gain: elle peut valoir 400$ au pays. Et sur le marché noir en Italie, la transaction peut grimper à environ 3500€, soit près de 5000$ canadiens, des chiffres avancés par le chercheur Siddirth Kara dans son livre Sex trafficking – Inside the business of modern slavery(2009)… une véritable mine d’or pour un Casanova sans scrupule.

Et le recrutement se déroule aussi sous le nez des autorités. Le Makler, un quotidien russophone distribué partout au pays, publie tous les jours des annonces d’agences promettant des emplois ou des opportunités d’études à l’étranger. «Mais plusieurs sont des pièges, commente Viorela Rusu, cofondatrice de la mission de La Strada – Chisinau, un centre d’aide pour les victimes et leurs proches. On doit se méfier de celles qui prétendent que l’on peut partir en moins de dix jours, ou celles qui promettent de verser une importante somme d’argent pour un travail ne demandant pas de qualifications particulières.»

L’organisme publie chaque jour sur Internet une liste des agences jugées sécuritaires, ayant fait l’objet d’une brève enquête.

Illusion du moindre mal

«Depuis deux ans et demi à trois ans, le défi est d’arriver à identifier les victimes», raconte Irina Todorova, cette femme aux longs cheveux noirs. Les trafiqueurs ont assoupli leurs méthodes, poursuit-elle. En donnant plus de liberté aux jeunes filles et en leur allouant des petites sommes d’argent, 100 à 200 $ par mois à envoyer à leur famille, ceci leur renvoie une fausse image de bien-être…»

«Ça n’est pas si mal, disent certaines, au moins ici, j’ai de quoi manger, déplore la coordonnatrice, dans un anglais bien maîtrisé. Le résultat est navrant: des jeunes femmes victimes d’abus sexuels, de prostitution ou encore de travail forcé en viennent à ne plus demander d’aide.

«La plupart des jeunes femmes se faisant enrôler dans les réseaux de traite étant aussi victimes de violence familiale, elles sont généralement plus tolérantes face aux mauvais traitements», explique Victoria Dochitcu, psychologue et responsable de la Hot Line à la Strada, une ligne d’urgence à la disposition de la population. «Certaines jeunes femmes en viennent même à défendre leur pimp … ou retournent sous sa gouverne quand on leur en donne l’occasion.» Ceci donne du fil à retordre aux différents intervenants, qui voient que les trafiqueurs sont passés maîtres dans l’art de la manipulation.

La Moldavie

Une nation à peine plus grande que la Belgique, la Moldavie est coincée entre la Roumanie et l’Ukraine. Mais elle est surtout connue pour être la nation la plus pauvre d’Europe; près de 65 % de ses 3,8 millions d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté.

Classé au 117e rang sur 182 de l’indice de développement humain, tout juste avant le Vietnam et après la Guinée équatoriale, le pays a un PIB équivalent à celui du Soudan.

En devenant indépendante de l’URSS en 1991, la République de Moldavie fait face à une importante crise économique: sa monnaie, le leu moldave, plonge. La marche est haute pour qui passe d’une idéologie communiste à une idéologie capitaliste. Vingt ans plus tard, le pays peine toujours à remonter la pente. La majorité de ses revenus est siphonnée par le remboursement de ses dettes, laissant une maigre pitance aux employés de l’État… et ouvrant la voie à des abus de toutes sortes.

Ce reportage a été réalisé à l’été 2011 dans le cadre de la bourse Nord-Sud de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), grâce aux fonds de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Témoignages de Prostituées.

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres pouvant vous intéresser:

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Ne pas légaliser la prostitution ou la garder illégale?

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Légal ou illégal la prostitution?

Malgré tout ce qui a déjà été dit, parfois un commentaire vient donner une nouvelle orientation au débat sur la légalisation de la prostitution.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-internet-escorte-web-proxenetisme-proxenete-legalisation-pour-contreDepuis 20 ans, le débat sur la prostitution fait partie de nos écrits. Nous avons eu la chance de recevoir différents commentaires de prostituées, de clients de prostituées, de féministes, de pro-prostitution… En opposition les uns des autres, plusieurs commentaires se rassemblent derrière des idées et des valeurs qui leurs sont communes. Suite à mon dernier billet sur la légalisation de la prostitution, j’ai reçu un commentaire de Dael soulignant des questions intéressantes et qui méritent qu’on s’y attarde plus attentivement.

Je vous présente en gras les points que j’ai soulevé dans mon billet sur la légalisation de la prostitution de la semaine dernière. Suivi, en citation, du commentaire de Dael et, finalemement, de ma réponse.

Certains pensent pouvoir régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution

À mes yeux, le but premier de la légalisation, ce ne serait pas de régler quoi que ce soit; ce serait de ne pas s’arroger le droit de décider pour autrui de ce qu’il peut faire ou pas (dans la mesure où cette personne ne porte pas elle-même atteinte aux droits d’autrui). Je ne me reconnais aucune autorité morale à cet égard, et je n’en reconnais donc pas non plus à l’État en mon nom.

pour-contre-legalisation-prostitution-domicile-escorte-agenceQuand on parle de prostitution, est-ce que le droit de choisir existe vraiment? Même si elles ne sont pas toutes dans le même panier, certaines personnes se prostituent avec des problèmes de santé mentale, d’autres avec des problèmes de santé psychologique ou encore avec de fortes dépendances. Et pas seulement aux drogues. La luxure peut aussi être une grande dépendance.

Le droit de choisir ou non la prostitution suppose qu’on a des choix. Combien de personnes se prostituent par manque de choix?

La liberté de choisir ou non de se prostituer implique qu’il n’y a aucune pression de la part d’un parent, d’un conjoint ou d’un pimp pour que la personne ramène de l’argent.

Que nous dit la définition de liberté? La liberté est l’état d’une personne qui ne subit aucune contraintes, soumissions ou servitudes exercées par une autre personne qui n’est ni prisonnière ni sous la dépendance de quelqu’un. La liberté c’est l’autonomie et la spontanéité d’une personne douée de raison. La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté dans la mesure où l’on ne porte pas atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionPrendre position contre la légalisation de la prostitution n’est pas une ingérence dans le droit individuel de décider pour sa vie. Se positionner contre la légalisation de la prostitution c’est permettre à des personnes qui n’ont pas le choix d’être mieux protéger contre un environnement qui peut leur être hostile.

D’autres disent que nous avons diminué les conséquences de l’alcool en la légalisant en 1919 ou en légalisant le jeu en 1969. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains.

C’est de la légalisation de la prostitution dont on parle? En quoi la prostitution est-elle plus un être humain que l’alcool ou le jeu? Par ailleurs, quand on parle d’alcool et de jeu, il y a aussi des humains en question, non?

Il est vrai que pour l’alcool et le jeu il y a un être humain qui consomme le produit. Mais quand on parle de prostitution, il y a un être humain qui en consomme un autre. Ce n’est plus une simple relation entre un humain et un produit mais la marchandisation d’un être humain au profit d’un autre. En légalisant l’alcool en 1919, nous avons mis des bouteilles d’alcool sur les tablettes. En légalisant la prostitution, ce sont des humains qui se retrouveront sur les tablettes.

En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état!

La légalité, c’est le fait de ne pas risquer de subir les persécutions de l’État (de droit). Il ne découle pas de la légalité qu’on doive s’enregistrer auprès de l’État. Cet enregistrement relève de notions ou de principes complètement différents. Il est légal de faire plein de choses (pour lesquelles nous ne risquons donc la persécution de l’État de droit) pour lesquelles aucun enregistrement n’est nécessaire. Certes, on considère dans notre société que l’Administration publique doit être informée du travail des gens (pour déterminer combien d’argent ils doivent lui donner), mais cette idée, avec laquelle il est d’ailleurs tout à fait possible d’être en désaccord, est distincte de celle de la simple légalité.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitution-légaliserRegardons les chiffres différemment. Quand l’Allemage a décidé de légaliser la prostitution en pensant pouvoir régler tous les problèmes, 99% des personnes qui se prostituaient ont continuées à le faire dans l’illégalité. La légalisation de la prostitution non seulement n’aura rien réglé mais elle aura augmenté l’isolement d’un très grand nombre.

Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je ne suis pas du tout sûr de comprendre ce que vous voulez dire ici. Vous dites qu’une prostituée malade ne trouverait pas d’emploi de prostituée? Mais qu’elle continuerait de se prostituer sans employeur, directement dans la rue? En outre, il faudrait expliquer en quoi vous estimez que l’illégalité aide les prostituées.

Légaliser la prostitution ce n’est pas une absence de législation. Légaliser c’est autoriser en donnant des normes, des critères, une législation qui définit dans quel contexte c’est légal et ce ne l’est pas. Et la grande question qui est trop souvent éludée demeure entière. Certains pronent la légalisation de la prostitution pour protéger les plus faibles et les plus démunis. Mais ce sont justement ces personnes qui subiront le plus de conséquences d’une légalisation de la prostitution.

Incapable de rencontrer les normes mises en place pour légaliser la prostitution, elles n’arrêteront pas pour autant. Elles vont continuer dans des endroits encore plus clandestins, à la merci de mauvais clients ou de pimps abusifs.

Quelques prostituées, disant parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue.

L’avez-vous, ce soutien de la majorité? Vous l’avez-vous obtenu comment? Une majorité des prostituées et prostitués du Québec se sont prononcés en faveur du maintien de l’illégalité? Même si c’était le cas, le maintien de l’illégalité serait tyrannie pour les autres prostituées. La tyrannie peut être décidée par une majorité. Et les majorités peuvent être décrétées de bien des façons…

Voici une nuance très importante à souligner. Se positionner contre la légalisation de la prostitution ne veut pas dire conserver le statu quo. Nous proposons une augmentation des services et des ressources offerts aux personnes qui se prostituent. Nous croyons qu’une société doit aussi offrir un accès à un travail décent à ses citoyens pour leur permettre de faire leur choix sans contraintes.

Après plusieurs décennies de travail terrain auprès de personnes prostituées, elles sont unanimes à dire qu’elles ont subi la prostitution et que cela n’aura pas été un choix valable. Nous en avons retrouvé plusieurs, mortes d’épuisement et de l’accumulation des conséquences physiques et psychologiques qu’elles avaient subies. Et pour celles qui ont réussi à s’en sortir, nous avonss pu voir la fièreté qu’elles témoignaient.

Quand nous abordions le débat sur la légalisation de la prostitution, aucune ne voulaient en faire un débat politique, aucune ne voulaient endosser une telle position.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Témoignages de Prostituées.

Illustrations Mabi

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Prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Les enjeux de la prostitution

Dans le Journal de Montréal, Lise Ravary signe un texte sur les enjeux touchant la prostitution. Un débat qui ne cesse de revenir dans l’actualité depuis des décennies mais dont nous devrons éventuellement trancher.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionSuite à l’essai de Réal Ménard de parker les prostituées d’Hochelaga-Maisonneuve sur un terrain vague pour y tolérer la prostitution, le 21 juin dernier, Lise Ravary, dans son blogue du Journal de Montréal, se positionne sur la légalisation de la prostitution.

Lise Ravary fait un excellent résumé de l’état de la situation. Des positions que nous décrions depuis des décennies. Les points soulevé par Lise Ravary ont déjà fait parti de nos écrits depuis longtemps. Il est intéressant qu’ils soient maintenant accessibles à un plus grand nombre. Mais je m’attriste que nous ayons à répéter si souvent et si longtemps les argumentaires pour en arriver à faire le débat social sur la prostitution.

Légaliser la prostitution?

Je suis toujours sidéré de lire des commentaires de gens qui pense régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution. Comme la légalisation de  l’alcool en 1919 ou encore du jeu en 1969, certains diront. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains. On ne peut pas mettre une personne qui se prostitue sur le même pied d’égalité qu’une bouteille de bière!

Les gens qui sont en faveur de la légalisation de la prostitution ne semblent pas lire les rapports provenant des pays qui l’ont fait. En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état! Mme Ravary souligne aussi très bien les augmentations du nombre de prostituées de rue provenant de la légalisation de la prostitution.

Témoignages de prostituées

En tant que travailleur de rue et intervenant, j’ai accompagné plusieurs prostituées dans leur cheminement. Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je suis aussi navré d’entendre quelques prostituées parler du  »travail du sexe » et de vouloir en faire un travail comme les autres. Ces quelques prostituées, qui disent parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue. Quelles sont leurs réelles motivation dans ce débat politique?

Illustration Mabi. Blogue de Lise Ravary.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

 Témoignages de Prostituées.

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Prostitution et Ville de Montréal; un vrai bordel

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

Réal Ménard et la police de Montréal

La prostitution tolérée?

Après que Réal Ménard eût fait l’annonce d’une zone toléré dans l’arrondissement d’Hochelaga-Maisonneuve, il se fait rappeler par la police qu’un maire d’arrondissement ne peut pas légaliser la prostitution.

Raymond Viger    Dossiers Prostitution, Ville de Montréal

D’un côté, Ville de Montréal tasse les prostituées vers Hochelaga-Maisonneuve. De l’autre, Réal Ménard se plaint de ne pas avoir eu les moyens pour intervenir auprès d’elles. Depuis fort longtemps, Réal Ménard cherche une solution à la prostitution.

Comment intervenir auprès des prostituées?

Pour éviter de reprendre le scénario de Ville de Montréal et de tasser à nouveau les prostituées dans un autre secteur, Réal Ménard autorise un secteur dans Hochelaga-Maisonneuve pour tolérer la prostitution. Malgré ce que Réal Ménard avait avancé, la police dément le tout. Il n’y aura aucune tolérance pour la prostitution ni dans Hochelaga-Maisonneuve, ni ailleurs.

Depuis des décennnies, plusieurs organismes communautaires réclament un lieu pour accueillir les prostituées, leur offrir un instant de répit. Une façon d’être présent auprès des prostituées et de créer une relation pour en arriver à les soutenir dans leur cheminement.

Le financement de l’intervention auprès des prostituées

Puisque Ville de Montréal nous « refile » leurs prostituées, qu’on leur fasse parvenir la facture pour faire une intervention adéquate. Et si Ville de Montréal ne veut pas payer, qu’on amène le débat devant les tribunaux.

L’histoire d’une prostituée,

1ere partie: Une escorte se raconte

2e partie Agence d’escorte à domicile

3e partie Agence d’escorte et prostitution à domicile

Autres textes sur la Prostitution.

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Viols et agressions sexuelles d’une prostituée

Spectacle hip hop au Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo)

Prostitution

Viol et agression d’une prostituée

Britanny nous conte son histoire dans le monde de la prostitution. Une histoire qui se termine par le viol et l’agression sexuelle.

Dominic Desmarais  Dossier Sexualité, Prostitution

viol-abus-sexuel-agression-sexuelle-sexe-sexualiteLa journée de l’entrevue avait bien commencé pour Britanny. Elle était sereine à l’idée de raconter son expérience de la prostitution. Spontanée, articulée et enjouée, elle s’est ouverte sans pudeur  ni censure. Pratiques sexuelles, relations avec les clients et dépendance à l’argent, elle n’éprouve aucun regret.

Les seules fois où Britanny devenait soucieuse c’est en abordant le sujet de sa sécurité avec la police, car elle craignait d’être fichée comme prostituée et surtout avec les clients. Le stress qu’elle vivait à chaque nouvelle rencontre était au cœur de ses préoccupations. C’est ce nouveau client, potentiel agresseur, qui la poussait à consommer davantage et c’est pour éviter ces premiers contacts qu’elle consacrait beaucoup d’efforts à se créer une clientèle régulière. C’est pour éviter les hommes agressifs qu’elle préférait recevoir elle-même les appels afin d’accepter, ou non, un nouveau client.

Prostitution, agression sexuelle et viol

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostitueesDès ses débuts, sa plus grande peur était de se faire agresser. L’acte sexuel, contre rétribution, ne l’indignait pas. Elle n’a jamais culpabilisé d’avoir pratiqué la prostitution. Britanny a commencé dans la rue. Puis, elle a essayé l’agence d’escorte pour, finalement, recevoir les clients chez elle. Mais la rue, c’est le dernier sujet qu’elle a abordé. Car c’est dans la rue qu’elle a vécu le pire moment de sa vie. Un souvenir enfoui bien loin dans sa mémoire et qui, 13 ans plus tard, la chamboule encore.

C’était en août 1997. Alors âgée de 23 ans, Britanny se trouvait sur la rue Ontario. Ses annonces classées et l’agence d’escorte pour laquelle elle travaillait ne lui rapportaient pas suffisamment de clients. Ce n’était pas la première fois qu’elle vivait une accalmie, depuis ses débuts, 5 ans plus tôt et à chaque fois, elle retournait à la rue, son dernier recours.prostitution-escorte-prostituées-danseuses-nues

Prisonnier d’un prisonnier

Elle commence sa nuit de travail à 23h30. Très rapidement, un client en voiture l’aborde. «En ouvrant la portière, j’ai eu des doutes mas je n’ai pas écouté mon instinct. Il avait la fin trentaine, le regard mesquin, les bras pleins de tatouages. Je sentais qu’il avait fait de la prison mais j’avais déjà fréquenté des gars de pénitencier.»

Britanny cesse de respirer un moment. Elle revisite une scène qu’elle avait rayée de sa vie. Elle voit encore distinctement le visage de son agresseur,  revoit son viol avant même de le raconter. La jeune femme s’excuse de pleurer et reprend le fil de son histoire. «J’ai embarqué. Il a commencé à rouler. J’étais nerveuse. Ma main s’agrippait à la poignée. Quand il l’a remarqué, il s’est mis à accélérer», dit-elle la voix tremblotante.

L’homme l’emmène dans le stationnement d’un concessionnaire automobile, à l’abri des regards. Il avait accepté de payer 30 $ pour recevoir une fellation mais, une fois le véhicule immobilisé, il tend un billet de 20 $ à la jeune femme affirmant qu’elle n’aura pas un sou de plus. «Il m’a dit: tu vas faire tout ce que je veux sinon, ne pense même pas sortir vivante de mon char.» Britanny prend une autre pause. Elle s’excuse à nouveau. «Le pire, c’est qu’il m’a payée», dit-elle en sanglotant.

La panique du viol

Britanny est en état de panique. Elle a peur de mourir dans cette voiture. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal. En état de choc, elle se plie aux exigences de son bourreau. Elle est seule, sans défense, prise au piège dans un véhicule et personne pour les remarquer. Elle avait peur de fuir et d’être battue à mort. Elle ne se sentait pas de taille à lui tenir tête. «Il était très agressif. Il n’a pas eu besoin de sortir un couteau ou une arme à feu. Il m’a empoignée par les cheveux et les tirait pour me forcer à lui faire une fellation. Sans condom. J’étais affolée. J’ai pensé le mordre. Mais j’avais trop peur qu’il se déchaîne sur moi.»

prostitution-escorte-call-girl-prostituee-prostituees-erotisme-danseuses-nuesÀ genoux, à se faire arracher les cheveux, Britanny se sent entre deux mondes. Sa peur prend toute la place. Elle ne réalise pas les gestes qu’elle pose tant elle est paniquée. «J’étais là mais j’étais absente», décrit-elle.

Un viol interminable

Britanny poursuit son cauchemar sans s’arrêter. Les images défilent dans sa tête. Des scènes crues, dures. Le bras de son agresseur qui passe au-dessus de sa tête pour atteindre la manette du siège pour l’abaisser et forcer ainsi la jeune femme à s’allonger. «Je savais ce qui s’en venait. Je l’ai supplié de mettre un condom. Il s’est étendu sur moi. Il m’a violé toute la nuit. Pendant 4 heures. C’était interminable», dit-elle encore ébranlée.

La jeune femme a réussi à se sauver alors que son violeur se retirait pour jouir. Elle s’est mise à courir, hystérique, au beau milieu de la rue, tout en se rhabillant. Des conducteurs, apeurés par son état, ont passé leur chemin. C’est un chauffeur de taxi qui a joué les bons samaritains. Il l’a reconduite jusqu’à sa porte gratuitement.

«Il a été très gentil. Il a essayé de me calmer. J’étais toujours en état de choc. Il m’a offert d’aller voir la police. Je ne pouvais pas. La police aurait alors su que je me prostituais. Et on m’aurait dit que rien ne serait arrivé si je n’avais pas fait la rue…»

Britanny sort de son cauchemar. La tension de ses souvenirs retombe. Elle se laisse aller à pleurer. Elle s’allume une rare cigarette pour se calmer. Puis elle replonge 13 ans en arrière.

L’après-viol

«J’ai pris des douches et des bains. Je me suis lavée, lavée. Pour enlever toute cette crasse. J’ai passé des tests pour savoir s’il m’avait refilé une maladie.» Les tests se révèlent négatifs. Mais l’attente de ces résultats s’ajoute au traumatisme d’avoir été sauvagement violée.

«J’ai été traumatisée pendant des mois. J’en faisais des cauchemars. Pendant au moins deux mois, peut-être plus, je ne me souviens plus, je ne recevais que mes clients réguliers. J’avais trop peur. Mais je devais payer mes comptes et mes habitués ne viennent pas me voir toutes les semaines», dit-elle d’une voix résignée.

Britanny ne voit pas d’autre solution. Elle retourne à la rue. «Je ne songeais pas à me trouver une autre occupation,  je ne pensais qu’à survivre.» Sur la rue, elle analyse sans cesse les clients potentiels qui l’abordent.  «J’avais peur des hommes. Même de mes clients réguliers. Je revivais mon viol avec eux. Dès qu’un client me prenait un peu vigoureusement, je l’arrêtais.»

Treize ans après le viol, Britanny reconnaîtrait facilement son agresseur. Mais avec le temps, ce visage ne revient plus la hanter. Elle est parvenue à l’oublier, à l’enfouir très loin. Pas complètement, mais assez pour vivre normalement. Sauf aujourd’hui. Le souvenir est frais. Comme si elle l’avait vécu hier. «Je ne veux plus y penser. C’était d’ailleurs mon dilemme, quand c’est arrivé. J’en parlais pour le faire sortir, mais ça me faisais trop mal car je le revivais.»

La journée de Britanny avait bien commencé. Mais son cauchemar a tout changé. Elle ira travailler dans quelques heures, un emploi légal, avec ces images sur le cœur. Puis, elle remisera ce visage au plus profond de sa mémoire. Jusqu’à la prochaine fois.

L’histoire de Britanny, 1ere partie: Une escorte se raconte

2e partie Agence d’escorte à domicile

3e partie Agence d’escorte et prostitution à domicile

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Illustration Marie-Gabrielle Dion et Zek

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Agence d’escorte et prostitution à domicile

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

La prostitution sous tous ses angles

Britanny s’est prostituée de différentes façons. Elle a accueilli des hommes à son domicile en offrant ses services dans les journaux. Elle s’est déplacée chez des clients lorsqu’elle offrait son corps par l’entremise d’une agence d’escorte.

Dominic Desmarais   Dossier Prostitution

prostitution-escorte-prostituee-travailleuses-du-sexe-bordelMais Britanny a commencé dans la rue. C’est sur la Sainte-Catherine et la rue Ontario qu’elle a fait ses premiers pas dans ce qu’elle nomme la jungle.

Avant d’en faire son gagne-pain officiel, Britanny avait goûté au sexe contre rémunération à 17 ans, alors qu’elle vivait dans un centre jeunesse. En sortie les fins de semaines, des amis lui présentaient des hommes intéressés à coucher avec elle. Britanny, en lorgnant les bénéfices – des vêtements, du rouge à lèvre – n’y voyait que des bons côtés.

Quitter le centre jeunesse

Quand elle quitte le centre jeunesse, à 18 ans, elle est confrontée à la dure réalité d’une vie autonome. Le loyer ne se paie pas tout seul, l’électricité et la nourriture non plus. Encore moins le linge et les sorties. Un luxe, pour une jeune femme sans ressources qui aspirait à une vie de star. Elle voulait de l’argent facile, vite fait. Ce que la prostitution lui permettait. Ses quelques expériences, à l’adolescence, ne l’avaient pas rebutée, au contraire.

Britanny n’a pas commencé dans la rue de force, poussée par le désespoir. La jeune femme, forte de caractère, avait choisi ce moyen pour satisfaire ses besoins de vivre dans le faste. «Je voulais goûter aux grands plaisirs: les bons restos, les bijoux, les beaux vêtements. J’avais un énorme besoin d’affection que je comblais avec de l’argent. C’était une solution temporaire à un problème permanent», dit-elle avec lucidité.

Prostitution et luxure

La jeune femme recherchait la grande vie et s’affichait. «J’ai toujours apporté une attention particulière à mon apparence. C’était important pour moi. Pas juste pour racoler les clients.»

Britanny est fidèle à ses priorités. Elle a commencé à se prostituer pour s’offrir des grandes marques, pour se faire belle. Les visites au salon de coiffure, la manucure et le linge passent avant tout le reste.

Ensuite viennent l’épicerie, les comptes et pour finir, la drogue. «C’est sûr que j’avais un budget pour la drogue. J’en avais besoin. C’était mon carburant. J’étais gelée mais ça ne paraissait pas. Je n’avais pas l’air d’une morte.»

Prostitution et consommation

Quand elle se prostitue sur la rue, Britanny consomme un peu de tout. Cocaïne, mescaline, speed, pot ou alcool. Elle en a besoin pour enlever une partie de son stress. Mais elle fait attention de ne pas trop consommer car elle veut rester alerte et ne pas attirer l’attention des policiers ni tomber sur de mauvais clients.

Peu lui importe que les gens du quartier, ses voisins, la remarquent sur le trottoir. «C’est sûr que je croisais des gens que je connaissais. J’allais quand même plusieurs rues plus loin de chez moi. Et je ne restais pas plantée à un coin de rue, immobile. Je marchais beaucoup. Ça passait mieux. Ma préoccupation, c’était la police et les clients sur qui j’allais tomber. Être reconnue par les gens, je n’y pensais même pas», assure la jeune femme. «Ça ne m’a jamais scandalisée d’être une prostituée. J’en étais une! Sauf que j’avais de la classe. Je n’étais pas un déchet.»

Se prostituer dans Hochelaga-Maisonneuve et le Centre-Sud

prostitution-agence-escorte-domicile-prostituée-agences-escortesDans les quartiers crades d’Hochelaga et du Centre-Sud de Montréal, Britanny détonait avec son style glamour. Au milieu de filles abusées, aux prises avec des maladies mentales, de gros problèmes de drogues, elle se sent comme une rose entourée d’épines. «Beaucoup de clients m’ont dit qu’ils ne m’auraient jamais embarquée si j’avais été une junkie, si j’avais eu l’air d’une morte. On m’a aussi demandé à plusieurs reprises si j’étais dans la police! J’étais trop belle dans le secteur.»

Britanny voit les autres filles à moitié nues marcher au beau milieu de la rue pour accoster les conducteurs. Elle les entend offrir leurs services sans discrétion. «J’en ai vu qui obligeaient les voitures à s’arrêter. Ouvrir la portière côté passager puis la refermer violemment avec un coup de pied rageur  parce que le chauffeur ne voulait rien savoir. Une fille en manque, tout ce qui l’intéresse c’est de faire un client pour aller aussitôt chercher son crack. Elle va prendre n’importe qui et pour presque rien. Moi, mes clients, je les choisissais. Je voulais gagner de l’argent. Pas me payer ma dose.»

La vie entre prostituées

La cohabitation avec les autres prostituées n’a pas toujours été facile mais Britanny ne semble pas en avoir été troublée. «Je n’ai jamais eu de gros problèmes avec les autres filles. Je ne me mêlais pas, ne leur parlais pas. Il est arrivé qu’elles me crient après pour que je change de coin de rue. J’étais une menace à leurs yeux. Elles sont sur le crack et voient une fille qui pogne plus vite», raconte la jeune femme en soulignant que la rue est une jungle où chacune doit prendre sa place pour survivre. Britanny ne se gênait pas pour leur répondre. Mais comme elle préférait marcher, elle poursuivait son chemin ou les abandonnait en montant dans une voiture.

Britanny se faisait sa place sans l’aide de personne. Elle n’avait pas de souteneur. «Moi, donner mon argent et dire merci, ça ne m’intéressait pas.» Grande de taille et dotée d’un tempérament volcanique, elle n’a jamais ressenti le besoin d’être protégée. Aucun souteneur n’est venu l’aborder pour la forcer à travailler pour lui. «Je n’en ai jamais vu. Je ne sais pas comment ils fonctionnent.»

L’art du racolage

Britanny se déhanche en marchant jusqu’à ce qu’une voiture s’immobilise à sa hauteur. En s’approchant, elle demande au conducteur si elle peut l’aider. Elle attend qu’il aborde le sujet, lui demande ses tarifs pour telle ou telle faveur sexuelle. Si elle soupçonne qu’elle est en présence d’un policier ou si le client ne lui dit rien de bon, elle prend ses distances en prétextant ne pas être une prostituée. Sinon, elle l’informe de ses exigences monétaires et demande à être payée d’avance.

Si le client est d’accord, Britanny monte dans la voiture. Ils se dirigent soit chez elle, soit vers un endroit isolé dans un secteur industriel, soit ils restent à l’intérieur du véhicule. «La plupart des clients refusaient de venir chez moi, ils disaient s’être fait faire les poches par d’autres filles, alors le plus souvent, ça se passait dans leur auto», explique la jeune femme qui faisait la rue uniquement de nuit. «C’était plus discret. Le jour, tu vois des femmes se promener avec leurs enfants. Je n’aurais pas pu supporter leur regard méprisant.»

Prostitution de rue

Dans la rue, la clientèle est bien différente de celle qui a recours aux services d’une escorte. «C’est beaucoup plus dégueulasse», juge Britanny, sans préciser davantage. Les prostituées qui acceptent n’importe quoi attirent des clients aussi désespérés et ringards qu’elles. C’est pourquoi Britanny refusait plusieurs clients et préférait les plus âgés. «Les 50, 60, 70 ans. C’est moins excitant que des jeunes mais plus sécurisant. En général, ils ont plus de respect. Les jeunes ne veulent pas payer, ils négocient sans arrêt, demandent des extras. Les personnes âgées s’en tiennent au contrat passé.»

Quand elle faisait la rue, Britanny s’arrêtait parfois prendre un verre dans un club. Elle y racolait d’autres clients. «Je m’assoyais au bar, dansais un peu. Quand un homme m’approchait, m’offrait un verre, je lui faisais comprendre que je travaillais. Je ne prenais pas le temps de flirter. S’il n’était pas intéressé je ne m’attardais pas. J’étais en quête d’argent. J’avais toujours en tête: client, client, client.»

Prostitution, argent et amour

À cette époque, Britanny ne pense pas vraiment à l’amour. Elle veut de l’argent. «C’est dommage parce que je suis passée à côté de bons gars qui auraient pu être mes chums. J’ai perdu plusieurs occasions. Mais je n’étais pas dans ce mood là. Je n’avais pas le temps pour l’amour. Pour moi, le sexe, c’était pour faire de l’argent, pas pour le plaisir. Quand je n’étais pas avec un client, c’était du temps que je prenais pour moi.»

Son besoin d’affection, elle le comble avec les billets qui remplissent son portefeuille et lui permettent de dépenser son bonheur. Et Britanny a le regard de nombreux hommes pour sentir qu’elle est belle. «Oui, ça me remontait le moral. Ça me rassurait dans mes insécurités de savoir qu’on me trouvait belle. Plusieurs clients sont d’ailleurs tombés en amour avec moi», dit-elle amusée. Avec les moyens financiers de se gâter et les regards admiratifs des hommes, Britanny s’est enfermée dans ses illusions: elle avait tout ce qu’elle désirait, elle vivait son conte de fée.

La réalité de la prostitution

Mais aujourd’hui, Britanny reconnaît que sa sexualité est fuckée. Elle doit réapprendre à vivre une relation saine, dans un cadre sain, «Avec quelqu’un de normal, pas pour de l’argent», assure-t-elle. Le défi est de taille. Après avoir rencontré autant d’hommes avec des exigences à satisfaire moyennant de l’argent, sans égard pour celle qui leur offrait ses services sexuels, elle doit aussi apprendre à faire confiance.

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La personne qui s’est fait traiter de salope par ce policier est une employée du magazine Reflet de Société. Celle-ci s’en allait travailler. Arrivée au bureau, elle était encore toute bouleversée de cette façon peu cavalière que la police l’avait traité.

Est-ce que d’être une belle femme et habillée sexy veut dire que je fais le trottoir pour autant? Et même si ça avait été le cas, est-ce que de la pointer du doigt et de la traiter de salope est une façon adéquate d’intervenir auprès des prostituées?

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