Un portrait des Révélations Radio-Canada 2020-2021

C’est avec fierté qu’ICI Musique a dévoilé le 20 mai dernier la cuvée 2020-2021 des Révélations Radio-Canada. Une nouveauté, une catégorie rap s’ajoute au paysage culturel. À l’honneur, cette année : Clay and Friends (chanson), Carl Mayotte (jazz), Mateo (musique du monde), Raccoon City (rap) et Isabelle D’Éloize Perron (musique classique). Voici un portrait rapide de ces révélations à surveiller.

Frédéric Lebeuf | Dossier Culture

Clay and Friends, Révélation en chanson

Quand Mike Clay a regardé les noms figurant sur la liste des révélations en chanson au fil des années, il en avait les larmes aux yeux. Comme ses deux parents sont immigrants, il n’a pas consommé énormément de musique en français en grandissant. En écoutant Les Colocs, Jean Leloup et Les Trois Accords, le leader du groupe a réalisé qu’il voulait faire quelque chose en français qui résonnerait assez pour le laisser espérer faire partie de cette culture.C’est la musique qui lui a permis d’en apprendre sur le Québec, sur ses traditions, sur les attitudes sociales qui y prévalent, sur le joual et la façon de voir le monde de ces citoyens : «Si notre musique peut aider d’autres personnes à faire ça et à s’ouvrir au monde, c’est le plus bel honneur.»

Comme la pop et le hip-hop ne font qu’un aux États-Unis et en Europe, Clay pense qu’il est grand temps que le rap et le hip-hop aient leur place dans la pop québécoise : «On parle encore d’une reconnaissance qui commence, je ne pense pas que la majorité des Québécois au-dessus de 30 ans consomme nécessairement du rap québécois. Je suis super content, réjoui et admiratif que Radio-Canada ait fait ce pas en ajoutant une catégorie rap. J’espère que ça donnera encore une plus grande place au rap, que ce soit du rap qui se mélange avec de la chanson (comme ce que nous faisons) ou du hip-hop plus classique», s’exclame-t-il, en ajoutant que c’est selon lui quelque chose qui fait partie de l’actualité et de la trame sonore du monde en ce moment. 

Carl Mayotte, Révélation en jazz

Recevoir la distinction de Révélation Radio-Canada est un signe de réussite pour Carl Mayotte. Cette récompense lui a donné un petit regain d’énergie et il a encore plus le goût de travailler fort, se disant que les gens aiment ce qu’il fait. Le jazzman est heureux de voir se présenter plusieurs possibilités de participation à des projets créatifs aux côtés d’autres artistes.

À l’autre bout du registre où se situe Dominique Fils-Aimé (Révélation Jazz Radio-Canada 2019-2020), Mayotte est bassiste dans un projet de musique instrumentale. L’artiste de 25 ans aimerait ramener ce style musical dans la vie des gens : «La musique vocale, c’est souvent proche des gens, peut-être plus que la musique instrumentale. Sans chanteur, rejoindre les gens passe par trouver une façon différente de vendre sa musique, et même de l’écrire », s’exclame-t-il, en ajoutant qu’il aimerait avoir la chance de collaborer avec sa prédécesseure.

Mateo, Révélation en musique du monde

Un des souhaits de Mateo, c’est de changer l’image que les gens ont des musiques du monde et de la musique latine en général. Les Québécois ont une idée très homogène de ces styles musicaux, selon lui. C’est-à-dire qu’ils percevraient surtout que la musique qu’ils entendent vient d’ici… ou pas.

«Je me sens comme un artiste montréalais, canadien, qui chante en espagnol tout en ayant d’autres racines. J’ai envie qu’on s’approprie ce qui se fait ici, malgré les genres de musique. Ce travail se fait des deux côtés. Pour moi, c’est de donner un produit qui va changer l’image que les gens ont de cette musique-là; mais les médias ont un travail à effectuer, ils doivent participer à l’éducation des gens, afin d’ouvrir l’esprit de la population et la rendre plus apte à reconnaître la provenance d’une musique».

L’artiste originaire de Colombie se considère chanceux de faire partie de cette diversité montréalaise. En récoltant cet honneur, il a l’impression d’être inclus dans la communauté.

Raccoon City, Révélation en rap

Pour la première fois de leur histoire, les Révélations Radio-Canada incluent cette année un volet rap . C’est un honneur pour Raccoon City d’être le premier rappeur à se distinguer dans cette catégorie. Il sent que c’est une avancée pour le rap au Québec : «Je crois que ça va donner plus de visibilité au rap québécois, que ça va aussi lui procurer une reconnaissance beaucoup plus large. On s’est vraiment battu pour que ce soit reconnu dans l’industrie médiatique en général. Avoir l’étampe révélation rap Radio-Canada, ça validera l’importance de la place que le rap occupe depuis tant d’années.»

Raccoon City (Shamyr Daléus-Louis, de son vrai nom) se distingue musicalement par sa saveur, les sujets qu’il aborde et la manière dont il approche la poésie. Il prend bien soin d’incorporer des couleurs variées à sa musique, au gré de ses multiples influences. Ses sonorités diffèrent d’une chanson à l’autre : «C’est un arc-en-ciel, ça va bien aller», dit-il.

Isabella D’Éloize Perron, Révélation en musique classique

Il a toujours été clair pour Isabella D’Éloize Perron qu’elle ferait de la musique ou quelque chose dans le domaine des arts. Malgré qu’elle ait vécu des années turbulentes entre 15 et 17 ans, l’artiste, maintenant âgée de 19 ans, a réalisé qu’elle avait une grande passion pour la musique classique et que c’était aussi une manière de s’exprimer : «J’ai toujours été intéressée à tous les genres musicaux. J’ai toujours exploré, mais le centre de mon attention est maintenant mon violon et c’est à lui que je vais me consacrer lors de ma première année d’université au Royal Conservatory of Music de Toronto.» Avec ce bagage en main, la future élève d’Erika Raum envisage la possibilité de prendre part à d’autres compétitions internationales.

Ce qui pousse la révélation en musique classique à participer à des compétitions internationales, c’est qu’elle adore jouer avec orchestre. Quand elle se produit dans un tel contexte, c’est comme si elle se faisait transporter par de petites vagues, en compagnie des musiciens. Même si elle a connu beaucoup d’anxiété sociale depuis son enfance, elle adore les gens et elle adore connecter avec les humains. Sa récompense ultime serait de voyager (en Europe, par exemple).

Autres textes de Frédéric Lebeuf

Le StudioFest, un besoin vital pour les festivaliers !

Depuis quelques années, ICI MUSIQUE marche main dans la main avec les festivals et les artistes durant la période estivale. À la suite de la série d’annulations causées par la COVID-19, une initiative est née, avec Philippe Fehmiu comme porte-étendard, pour soutenir autant les artistes qui font vibrer les festivaliers que les organisations qui soutiennent les différents festivals. Soyez au rendez-vous du StudioFest le dimanche 17 mai, dès 14h !

Frédéric Lebeuf Dossier Culture

Que ce soit avec MusiquePlus, ICI Musique ou ICI Première, Philippe Fehmiu parcourt les festivals dans tout le pays depuis 25 ans. Même que l’été dernier, il avait commencé à tourner un documentaire (sur le désir des gens d’être ensemble dans des festivals) , et qu’il devait poursuivre le projet cet été : «Vivre un festival, c’est une espèce de rituel et de goût tribal d’être ensemble. Dans certains cas, ce sont aussi des moments qui nous marquent à vie. Les festivals, c’est la musique … mais ce sont aussi les déplacements, c’est le roadtrip et c’est la liberté.»

Dans le cadre de sa recherche, l’animateur a découvert que pour certaines personnes, les festivals, c’est comme le parvis de l’église : «Les gens y vont pour être ensemble et pour pouvoir vivre des expériences communes». Créer un sentiment de communauté, voilà la raison d’être du StudioFest.

Dès 14 h, Fehmiu animera une émission musicale d’une durée de 6 heures où une dizaine d’artistes présenteront une vingtaine de minutes de matériel chacun. Par exemple, Cœur de pirate chantera quelques succès dont une chanson rassembleuse. De son côté, l’animateur s’entretiendra avec divers organisateurs de festivals afin de savoir comment ils ont fait, dans les dernières années, pour faire de leur festival un rendez-vous incontournable et comment ils ont fédéré des gens autour de leurs idées. De plus, Philippe fera le lien entre les internautes et les artistes : «Ça va être une occasion pour être ensemble et se parler avec un ton moins médiatique. Ça sera comme dans un festival, on jase un peu et on prend une bière ensemble.»

Un besoin vital pour briser l’isolement

«On s’aperçoit que l’isolement est de plus en plus lourd pour plusieurs personnes. On constate aussi que la musique est importante pour l’oxygène et le sentiment d’évasion qu’elle procure. J’ai l’impression que le StudioFest va nous aider à sortir de cette torpeur des deux derniers mois en plus de mettre de la légèreté dans notre dimanche après-midi. On souhaite bien que les internautes et les auditeurs reçoivent ces moments comme un baume qui atténuera le manque créé par l’impossibilité d’être ensemble.», s’exclame l’animateur, particulièrement heureux de la parité homme-femme, de la diversité et de la pluralité de styles musicaux au sein de la programmation de cette journée musicale (incluant des noms comme Émile Proulx-Cloutier, Les soeurs Boulay, Ilam, Dominique Fils-Aimé et P’tit Belliveau).

À la fin de la pandémie actuelle, Philippe Fehmiu souhaite qu’on continue de savourer le temps et qu’on ralentisse la cadence. Dès que le déconfinement sera bien enclenché, il espère qu’on se souviendra qu’on est capable de changer les choses de façon importante. Avec la menace et la peur qui se sont installées dans nos vies, on a d’ailleurs déjà commencé à modifier plusieurs de nos comportements.

Pour participer à l’événement et découvrir la programmation officielle et évolutive, rendez-vous sur le site web du Petit festival d’ICI Musique le dimanche 17 mai dès 14 h, sur le web et à la radio.

Autres textes sur la Culture

 

Et si on fermait Télé-Québec?

Pour sauver Radio-Canada

La télévision d’état

Raymond Viger Dossiers Conflit d’intérêtMédiasTélévisionFrancophonie

télé-québec journalisme télévision d'état médiaLe fédéral ne cesse de couper dans les budgets de Radio-Canada. Radio-Canada ne réussit plus à faire des miracles avec les faibles budgets disponibles. Il existe aussi Télé-Québec, une autre télévision d’état… mais d’un autre état.

Avons-nous les moyens de soutenir le financement de ces deux télévisions?

radio-canada société d'état journalisme médiaDevrions-nous choisir entre ces deux télévisions?

Quelle mission de ces télévisions doit-être soutenue?

Le débat est ouvert! Merci de commenter et de prendre position.

Autres textes sur la Francophonie

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Coupures à Radio-Canada

Cri du coeur pour une télévision d’état

Culture et francophonie sont menacées

Raymond Viger Dossiers Conflit d’intérêtMédiasTélévisionFrancophonie

10150739_628069227270633_3683143264006736609_nLes journalistes de Radio-Canada, malgré leur devoir de réserve, se présentent en public. Pages Facebook, lettre ouverte au président de Radio-Canada, présence à Tout le monde en parle… Tous les moyens sont bons pour se faire entendre.

On ne cesse de couper dans le budget de Radio-Canada. Des émissions d’intérêt public vont bientôt disparaître ou encore ne plus avoir les moyens pour faire l’excellent travail qui a fait leur renommée.

Les enquêtes de Radio-Canada ont permis des débats motivant la commission Charbonneau, de faire reculer Loto-Québec dans leur offre de jeu de hasard, de réouvrir des enquêtes frauduleuses qu’on avait enterré…

Et Radio-Canada, c’est encore plus que cela. Radio-Canada en français, c’est le bastion de résistance de la francophonie en Amérique du Nord. Radio-Canada rassemble les francophones et les francophiles en les aidant à partager leur culture.

Ils étaient neuf journalistes vedettes à prendre la parole dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle. Neuf journalistes qui veulent éviter que l’on perde notre culture et les acquis chèrement gagnés dans le dernier demi-siècle.

Merci pour le respect de la francophonie

Merci à ces neuf valeureux journalistes présents à l’émission Tout le monde en parle: Michel C. Auger, Céline Galipeau, Anne-Marie Dusseault, Charles Tisseyre, Pierre Craig, Alain Gravel, Emmanuelle Latraverse, Patrice Roy et Marie-Josée Turcotte.

Merci à tous les autres journalistes qui signent la lettre adressée au président de Radio-Canada, que vous soyez de Radio-Canada ou d’un autre média.

Merci à tous les artisans de Radio-Canada, techniciens, caméraman, secrétaire, hommes d’entretien ou de maintenance… qui font parti de cette grande famille.

Merc à tous les citoyens qui soutiennent notre culture et la francophonie en appuyant cette démarche pour préserver Radio-Canada.

Pour ceux qui ont manqué le cri du coeur des journalistes de Radio-Canada à l’émission Tout le monde en parle. Pour laisser vos commentaires sur Facebook la page Je suis Radio-Canada.

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La cabane à Gilles Vigneault et les subventions du gouvernement

Une histoire à faire pleurer le patriote en moi

Notre patrimoine tombe à l’eau

Raymond Viger Dossiers Culture, Conflit d’intérêtTout le monde en parle

Gilles_Vigneault_Chant auvent_Natashquan art cultureC’est la larme à l’oeil et le coeur gros que j’écris ce billet. Gilles Vigneault représente une importante partie de notre patrimoine et de notre histoire. Une histoire qu’il n’a pas encore terminée d’écrire et de nous présenter.

Il y a quelques semaines, Gilles Vigneault a été reçu par Guy A. Lepage à son émission Tout le monde en parle. Gilles Vigneault nous parle de cette histoire qui a très mal tournée.

Un musée pour Natashquan

L’histoire avait pourtant débuté sur une bonne note. Le gouvernement du Québec octroie 750 000 $ pour restaurer et mettre en valeur la propriété de la famille Vigneault et le site historique des Galets, à Natashquan. Cette subvention permettait de faire plusieurs choses. Radio-Canada en fait la description:

Le projet comprend la restauration extérieure et intérieure de la maison natale de Gilles Vigneault, la maison de Mon’onc Claude où ont habité le grand-père puis l’oncle du poète, ainsi que les trois autres bâtiments de la propriété de la famille Vigneault. L’agent de développement culturel à la Municipalité de Natashquan, Guillaume Hubermont, précise que cette subvention servira également à mettre sur pied une résidence d’artistes et un musée. De plus, un chargé de projet sera embauché pour assurer la réalisation des travaux et mettre en valeur les 12 baraques de pêche, appelées les Galets, protégées depuis 2006 en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

magasins_du_Galet,_Natashquan gilles vigneault art cultureFinalement, pour 750 000$ il y avait beaucoup de choses qui étaient réalisées. Mais certains médias ont voulu faire du sensationnalisme avec la nouvelle. Même Radio-Canada qui pourtant publiait une bon texte sur la réalité de cette subvention nous donnait un titre qui déformait la réalité:

750 000 $ pour restaurer la propriété de la famille Vigneault

Avec un tel titre et sachant que beaucoup trop de gens ne lisent que les titres, il est facile de partir une rumeur voulant que Gilles Gigneault recevait 750 000$ pour rénover… sa cabane. Mais comme le disait si bien l’article, il y avait aussi les 12 galets, un musée, une résidence d’artistes…

Le sensationnalisme de Radio-Canada

Le brasse camarade que tout cela a causé a fait reculer Gilles Vigneault. Et c’est ici que j’ai dû prendre un temps d’arrêt avant de continuer. Mes larmes m’ont empêchées de pouvoir écrire d’un jet ce billet. Des rumeurs… des légendes urbaines… des médias qui ont mal titré leurs textes avec un titre sensationnaliste… et possiblement une série de gérants d’estrade qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux. Cette tempête a fait reculer un homme de coeur qui ne voulait pas se battre pour cette cause.

Et mon coeur demeure blessé devant une telle injustice. Une partie de notre histoire et de notre patrimoine ne pourra pas être présenté adéquatement dans le long terme. Parce que dans le court terme, les loups ont criés inutilement.

Le pays de Gilles Vigneault

J’avais un rêve. Un rêve que je mijote depuis longtemps. Découvrir Natashquan. Visiter le pays de Gilles Vigneault. Cet homme qui a su m’enseigner patience, persévérance et la recherche du bon mot à la bonne place. De bien grandes choses que je ne mets pas assez souvent en application mais qui ont forgé ce que je suis. Gilles Vigneault, un homme que je cite si souvent dans mes ateliers et mes conférences.

Ce projet de musée et de centre d’interprétation aurait pu être une belle occasion de réaliser ce rêve. Mais les légendes urbaines auront eu raison d’une vraie légende, celle de Gilles Vigneault.

Article de Radio-Canada sur Gilles Vigneault.

Autres textes sur Cinéma et télévision

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

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Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

L’intimidation ne se vit pas seulement à l’école

Un journaliste peut-il survivre en région?

Journalistes intimidés à Shawinigan

L’info lettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), nous présente un texte d’Alain Gravel sur un cas d’intimidation de journalistes en région. L’intimidation est un dossier que nous avons documenté avec plusieurs exemples provenant de différents milieux. Le texte d’Alain Gravel nous présente un bel exemple de cas d’intimidation professionnelle. Je vous présente ici le texte d’Alain Gravel dans sa version intégrale, tel que publié par la FPJQ.

Texte d’Alain Gravel publié dans l’édition électronique du 30 et sur son blogue sur Radio-Canada.

Dossiers Intimidation, Médias

Cataractes
J’ai travaillé pendant quelques années en région au début de ma carrière. Il n’est pas toujours facile de rester indépendant comme journaliste lorsqu’on vit en région.

On croise le maire au dépanneur. On est assis au restaurant à une table voisine du président de la chambre de commerce, etc. Lorsqu’on critique un peu trop sévèrement les autorités, les pressions peuvent être vives sur les dirigeants des médias pour faire changer les choses.

Je peux donc facilement me mettre dans la peau de mes collègues de la Mauricie, le journaliste Hugo Lavallée et le réalisateur Pierre Marceau, qui ont signé récemment à notre émission une enquête sur le nouvel amphithéâtre de Shawinigan et son financement public.

Ce qu’on retenait essentiellement de leur enquête, c’est que l’histoire de cet aréna était un cas typique d’un financement public où le privé empochait les profits à travers d’une OSBL (organisation sans but lucratif).

Évidemment, les dirigeants de la ville et des Cataractes ne sont pas contents.

Et ils ne se sont pas gênés pour le communiquer à Hugo, un jeune journaliste qui a beaucoup d’avenir.

Le président des Cataractes, Réal Breton, a décidé de se plaindre directement au journaliste en lui disant au téléphone que « le dossier ne restera pas comme ça, soyez certains de ça. Vous ne salirez pas notre nom en faisant des reportages comme ça. (…) Je ne répondrai plus à aucune de vos questions, et je ne vous donnerai plus jamais d’entrevue.

En général, une personnalité publique se doit de répondre à toutes les questions et n’a pas à faire le tri des « bons » et des « mauvais » journalistes. Même lorsque ça chauffe.

Ce n’est pas tout. Le maire de Shawinigan, Michel Angers, qui a donné une entrevue à notre journaliste durant son enquête, est allé jusqu’à exercer des pressions pour qu’on reprenne le tout, n’étant pas satisfait de sa performance.

30 minutes après que notre équipe eût quitté l’hôtel de ville, il a personnellement téléphoné à celle qui dirige les services français de Radio-Canada dans la région de la Mauricie, Nancy Sabourin, pour lui demander de tout reprendre à zéro.

Le lendemain, il lui a laissé de nombreux messages à cet effet.

Mme Sabourin a accepté que l’entrevue soit reprise, mais que la première ne soit pas effacée et puisse être utilisée.

Mais ça va plus loin. Le maire Angers a tenu une conférence de presse le lendemain de la diffusion du reportage en déclarant qu’il était « pathétique que deux journalistes régionaux, M. Marceau et M. Lavallée, dépeignent [comme ça] la ville de Shawinigan sur tout le réseau français de Radio-Canada. […] Décidément, y’a des gens qui ne vivent pas sur la même planète que nous. […] C’est triste, pathétique et, à la limite, mesquin. »

Depuis quand le mandat d’un journaliste est de donner une bonne image de sa région? Notre rôle comme journalistes d’enquête n’est-il pas de réclamer des comptes, de poser des questions sur la gestion des fonds publics. Comme le disait mon patron, Jean Pelletier, dans une lettre ouverte au Nouvelliste : « L’information rend libre même si elle peut déplaire en certains milieux »

Les dirigeants de Shawinigan n’ont en outre pas aimé les images de pauvreté de leur ville que nous avons diffusées. Pourtant, elles correspondent à la description qu’en fait Statistique Canada dans son dernier recensement sur la fréquence du faible revenu dans une communauté. Cet indice le plus révélateur du taux de pauvreté place Shawinigan au 145ième rang sur 149 parmi les régions métropolitaines de recensement du Canada.

Ce qu’il y a aussi d’étonnant, c’est que le président des Cataractes, Réal Breton a finalement accepté durant cette même conférence de presse de dévoiler des chiffres qu’il ne voulait pas donner publiquement durant la confection de notre reportage.

D’ailleurs, le ton de toute cette conférence de presse a été très agressif.

On le voit, notre équipe a été la cible d’une certaine forme d’intimidation, par des menaces à peine voilées.

Ça ne s’arrête pas là. Des commerçants de Shawinigan ont indiqué leur intention de boycotter Radio-Canada dans l’achat de leur publicité. Et la Chambre de Commerce locale a organisé une manifestation dans les rues de Shawinigan pour protester contre notre reportage.

Dans des grandes villes, il est arrive que des pressions soient exercées sur des journalistes ou les directions des salles de nouvelles de grands médias, mais rarement aussi directement.

À la place, les gens qui ne sont pas contents de notre travail déposent des plaintes à l’ombudsman de Radio-Canada, ou au conseil de presse du Québec ou carrément nous poursuivent en Cour.

On le voit, en région ça se fait parfois différemment. Là où ça dépasse les bornes, c’est lorsqu’on tente d’intimider un journaliste pour la seule et bonne raison qu’on n’a pas aimé son reportage.

Surtout qu’à ce jour, personne n’a encore contesté les faits exposés dans l’enquête de Hugo et de Pierre.

Un texte d’Alain Gravel publié dans l’édition électronique du 30 et sur son blogue sur Radio-Canada.

Autres textes sur Intimidation

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Danseurs recherchés pour télé-réalité à Radio-Canada

Audition pour des danseurs à Radio-Canada

Nouvelle émission de danse à Radio-Canada

Raymond Viger Dossiers, Télévision, Culture, média,

breakdance-breakdancer-bboy-danseRadio-Canada lancent un concours pour recruter 10 danseurs pour une nouvelle émission Ils dansent.

Pendant les 13 émissions de la série, les danseurs recevront une formation de haut niveau sous la supervision de Nico Archambault avec Street Parade.

À chaque semaine, les danseurs apprendront un style de danse différent.

Avec des chorégraphes reconnus et des professeurs compétents, les danseurs offriront à chaque semaine un chorégraphie en milieu urbain.

Radio-Canada nous promet des lieux originaux pour la présentation des chorégraphies. En utilisant les réseaux sociaux, Radio-Canada voudraient inviter le public pour des rassemblements culturels en plein coeur de la ville.

La finale sera un grand spectacle de danse qui permettra d’apprécier le cheminement de chaque danseur.

Critères de sélection pour l’audition

Être un homme âgé entre 18 et 30 ans.

Référence et inscription

le formulaire d’inscription

les règlements

le formulaire d’inscription

Retournez-nous le formulaire par courriel, au plus tard le 9 mai 2011.

Informations originales de Radio-Canada pour les auditions.

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Quand vieillesse rime avec breakdance

Les différents styles de breakdance

Geneviève Guérard, Andrée Waters et le Breakdance

Entrevue avec Johnny Skywalker

Lazy Legz, Luca Patuelli: haute voltige sur béquilles

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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