Le graffiti fait son entrée au Château Frontenac

Street art et culture urbaine

Des graffiteurs au Château Frontenac

Monk-e1, Hubert Therrien et Patrick, 3 graffiteurs exposent au Château Frontenac. Est-ce qu’être présent à ce vernissage méritait les 5 heures de route et les 75$ d’essence?

Raymond Viger Dossiers Hip-hop, Culture, Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos

château frontenac vernissage graffiti mercure monk-e1 Hubert therrienSans équivoque, Danielle et moi et sommes très satisfait d’avoir fait la route pour être présent à ce vernissage des plus spécial et original.

Le Château Frontenac, malgré que ce soit un lieu historique et classique, est prêt à s’impliquer auprès des artistes émergents du Street art. Une belle reconnaissance qui mérite d’être souligné. Lors du vernissage, le directeur du Château Frontenac, M. Mercure, a lancé le défi à l’artiste et organisateur, Hubert Therrien d’en faire un événement annuel.

Avec plus de 2 000 visiteurs pour cette exposition, tout le monde était ravi des résultats.

Ce fût un grand plaisir de revoir Patrick, un des graffiteurs que le Café Graffiti avait envoyé au Brésil avec Monk-e1 pour représenter le Québec dans une convention internationale graffiti en 2002. Il a été plus que plaisant de les revoir ensemble participer au même vernissage. Une belle complicité règnait entre les 2 artistes.

Avec Danielle, j’ai été cherché une grande énergie et plusieurs idées pour de nouveaux projets à venir. Pas moyen de prendre un temps d’arrêt sans que de nouveaux projets s’enflamment dans ma tête.

chateau frontenac street art graffiti monk-e1 graffiteur exposition culture urbaine hiphopCe vernissage a été une belle occasion de rencontrer des internautes avec qui j’ai eu plusieurs échanges sur les réseaux sociaux ainsi que des lecteurs du magazine Reflet de Société.

Félicitations aux 5 artistes qui ont participé à ce vernissage. Bonne continuité dans votre carrière et votre continuité.

Merci à M. Mercure et au Château Frontenac pour votre ouverture aux artistes émergents et au Street Art.

M. Mercure a lancé une invitation à Hubert Therrien pour une 2e édition d’une exposition graffiti l’an prochain. J’ai lancé l’invitation à Monk-e1, Hubert Therrien et Patrick de participer au vernissage sur l’environnement qui aura lieu au Café Graffiti les 28, 29 et 30 septembre prochain. Les toiles présentées par les 3 artistes entrent parfaitement dans le thème de l’exposition que nous organisons pour  les Journées de la Culture.

Au plaisir de vous les présenter ainsi que leurs oeuvres.

1ere photographie Annie Beauregard. 2e photographie fourni par Monk-e1. Photographie de Monk-e1 François Laplante Delagrave.

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Graffiti et suicide dans le Grand Nord

Iqaluit, suicide et graffiti

Prévention du suicide dans le Grand Nord

Pendant 5 ans, j’ai eu l’opportunité de former des Inuits dans le Grand Nord pour intervenir et prévenir le suicide. J’ai ensuite former des community workers à pouvoir former eux-même des intervenants. Après avoir assuré l’autonomie du projet, j’ai pris ma retraite du Grand Nord en 2000. Mais je n’ai jamais oublié ces Inuits que j’y ai rencontré et avec qui j’ai travaillé pendant 5 ans.

Raymond Viger Dossiers Suicide, Hip-hop, Graffiti,    Porte-folio, Murales, Vidéos

murale Kangiqsujuaq Youth House graffiti grand nord inuitPendant mon mandat dans le Grand Nord, j’ai créé avec Danielle le projet Café Graffiti dans Hochelaga-Maisonneuve. Je ne voyais pas encore le lien entre le graffiti, le Grand Nord et le suicide. En 1995, j’avais photographié un tag sur un bâtiment Inuit. Je me disais que c’était peut-être le premier tag Inuit! Je ne m’attendais pas que le graffiti puisse se développer dans cette région nordique. Les canettes aérosols ne peuvent pas fonctionner adéquatement par temps glacial!

Par hasard, sur Facebook, je découvre un ancien graffiteur qui avait passé par le Café Graffiti. Patrick Béland. En reprenant contact avec lui, il me fait parvenir les photos de murales graffitis qui ont été réalisé pour la maison des jeunes de Iqualuit. Patrick mentionne qu’il travaille sur des projets positifs avec Jonathan Cruz.

Les murales qu’on peut voir qui ont été réalisées dans le Grand Nord montre bien que le graffiti est maintenant partout. Il est aussi intéressant mural Kangiqsujuaq Youth House graffiti grand nord maison des jeunes muralesde voir l’implication positive qu’il en est fait.

Patrick m’a laissé ce lien sur un vidéo en prévention du suicide pour les Inuits.

Merci Patrick pour les informations. Content de voir l’implication communautaire qui prend sa place dans le Grand Nord et d’y voir des murales qui sortent de l’ordinaire.

Ressources intervention et prévention suicide:

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Les campagnes se meurent

La ruralité a-t-elle encore un avenir?

Les régions en arrachent

De nouvelles réalités de plus en plus pénibles touchent drastiquement les régions rurales et les campagnes.

Raymond Viger Dossiers ÉconomieRégionsFamille, Communautaire

Plusieurs médias ont récemment couvert les difficultés appréhendés pour les régions vis-à-vis le Plan Nord du gouvernement Libéral. Les développements rapides attirent drogue et prostitution. Les autorités locales vont-elles avoir le temps et les budgets pour se préparer à de nouvelles réalités qui viendront rapidement les envahir?

Une grande quantité d’emplois disponibles rapidement au même endroit implique que certaines localités vont perdre leurs mains d’oeuvres. Moins de services seront disponibles dans ces villages avoisinant qui subiront l’arrivée de nouveaux méga-centre.

Une discussion avec des intervenants en région soulignent qu’il n’y a pas que le Plan Nord qui vient affecter les villages. Actuellement, plusieurs événements viennent mettre en péril la survie même de ces villages.

Fermeture des églises

Le noyau social de ces communautés a été longtemps les églises. Chaque village avait jadis son église. L’abandon des fidèles de celles-ci a forcé la fermeture de plusieurs.

Fermeture des Caisses Desjardins

Au début du 20e Siècle Alphonse Desjardins avait implanté des caisses dans plusieurs villages du Québec. C’est ainsi que les Caisses Desjardins offraient un service rural délaissé par les Banques. Ce qui a fait la marque de commerce des Caisses Desjardins est en train de disparaître. Question de rentabilité les Caisses Desjardins ont débuté la fermeture de plusieurs de leurs caisses au profit d’une centralisation dans les grands centres.

Plusieurs citoyens ont manifesté contre les fermetures des caisses Desjardins sans succès.

Fermeture des comptoirs de Postes Canada

Encore pour des raisons de rentabilité et de rationnalisation, Postes Canada a à son tour emboîté le pas avec des fermetures dans plusieurs villages.

Fermeture de CLSC

Maintenant c’est le tour des CLSC de fusionner et déplacer ses services vers les grands centres. Pour ne donner qu’un exemple, quand le point de service du CLSC Châteauguay à Sainte-Martine a fermé ses portes en 2012 et obligé les citoyens à se rendre à un autre point de service situé à 27 minutes en automobiles, la population vieillissante de Sainte-Martine en a subi un contre-coups important.

Et les CLSC des grands centres qui doivent couvrir plus d’habitants reçoivent-ils plus de budget pour répondre aux besoins des populations? Quand on doit couvrir plus de service en santé, on coupe dans les services sociaux. C’est donc dire moins de prévention.

Impact de ses fermetures

Les églises, les caisses Desjardins, les bureaux de Postes et les CLSC étaient des endroits de socialisation pour les gens du village. Plusieurs y allaient à pied. En profitaient pour rencontrer les voisins et discuter de tout et de rien. C’était une occasion de faire son épicerie ou d’utiliser d’autres services locaux. Si maintenant vous devez vous déplacer dans les grands centres et que vous commencez à y faire votre épicerie et autres services, les marchands des villages avoisinants n’auront plus qu’à fermer leurs portes.

Dans les grands centres, vous devenez anonymes dans la foule. Fini les grandes discussions sur le perron de l’église.

Et sans automobile, impossible d’aller dans les grands centres. Certaines personnes âgées deviennent ainsi isolées d’un milieu de socialisation et dépendante pour avoir accès à leurs services.

La rentabilité financière de ces fermetures compensera-t-elle les conséquences sur la qualité de vie des citoyens?

Si ça continue comme cela, à part du bar de danseuses nues ou d’une taverne, que va-t-il rester dans nos villages?

Autres textes sur les Régions

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Terrain gratuit et avantages sur les taxes

St-Louis de Blandford donne des terrains

Ville à la recherche de citoyens

Fort de ses 996 habitants, le Maire de St-Louis de Blandford, Gilles Marchand, donne des terrains et une partie des taxes pour attirer une relève à sa ville.

Raymond Viger Dossier Famille, Communautaire

logo st-louis de blandford rivière bécancourTous les moyens sont bons pour attirer de nouveaux habitants vers la grande ville de St-Louis de Blandford.

La municipalité Saint-Louis-de-Blandford est située dans les Bois-Francs, à proximité de l’autoroute 20, en bordure de la rivière Bécancour.

St-Louis de Blandford est reconnue pour ses cultures de canneberges.

St-Louis de Blandford est une municipalité où il ne faut pas rire. Pas de caricatures! Sinon, mise en demeure, menace et harcèlement. Le Maire de St-Louis de Blandford réagit au quart de tour comme cela avait été le cas avec la communauté musulmane avec les caricatures de Mahomet.

Et si vous ne voulez pas faire de bénévolat, St-Louis de Blandford est la ville toute indiquée. Parlez-en aux bénévoles du journal communautaire le Réveil de St-Louis de Blandford qui se font intimider par les officiers de la municipalité.

Autres textes sur Presse Communautaire et Intimidation

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Des immigrants anglophones pour travailler chez McDonald

Des immigrants anglophones pour Sept-Îles francophone

Pénurie de main d’oeuvre chez McDonald

S’il n’existe aucun Québécois francophone prêt à aller travailler au McDonald de Sept-Îles pourquoi faire immigrer des anglophones?

Raymond Viger Dossier Francophonie

Le 20 avril dernier, l’agence QMI publiait dans le Journal de Montréal un article soulignant que le restaurant McDonald de Sept-Îles devait faire immigrer des anglophones provenant des Philippines pour trouver du personnel.

Les hauts salaires des mines laissent peu d’habitants de Sept-Îles pour travailler au McDonald du coin! Je peux comprendre. Ce que je ne comprends pas c’est que lorsqu’on cherche du personnel pour faire le service à des francophones on ne cherche pas à faire immigrer des francophones!

Autre point que je ne comprends pas. Si les gens de Sept-Îles sont tous occupés à travailler dans les mines, pourquoi ne pas offrir les emplois aux francophones des autres régions du Québec?

Qui doit payer pour être servi en français?

Autre question qui me turlupine: dans l’Ouest du pays, la forte pression sur les salaires à cause des emplois dans le secteur du pétrole forcent les restaurants à offrir des salaires de beaucoup supérieurs au salaire minimum. Pourquoi le McDonald ne s’adapte-il pas à l’offre et la demande et n’augmente-il pas ses salaires comme ils l’ont fait dans l’Ouest du pays?

C’est vrai qu’en augmentant les salaires pour le restaurant McDonald de Sept-Îles, une entreprise privée, soit le propriétaire du McDonald de Sept-Îles, soit la pauvre entreprise que représente McDonald devrait couper dans ses profits.

Autre solution, si on doit augmenter les salaires chez McDonald de Sept-Îles parce que les salaires sont très hauts dans le secteur minier, qu’on vende les Big macs un peu plus cher pour compenser les augmentations de salaire au personnel.

Et si le bureau chef de McDonald, possiblement situé près d’un paradis fiscal, souligne qu’ils ont une politique d’avoir le même prix d’un restaurant à l’autre à travers le Québec, c’est parfait! Que McDonald paye pour leur politique de prix et que McDo compense le propriétaire de Sept-Îles.

Autres textes sur Francophonie

Bistro In Vivo est maintenant fermé et fait place au Bistro le Ste-Cath.

Autres textes sur restaurants

L’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé, le livre!

Comment assurer d’être bien référencé pour votre blog ? Comment fidéliser les internautes ? Comment augmenter son trafic ? Comment interagir avec un Throll qui commente votre blog ?

guide-referencer-blog-referencement-naturel-livre Maintenant disponible, le livre Référencer son blogue, un mot à la fois. Un livre sur l’art d’écrire un blogue et d’être bien référencé.

Écrire pour un blogue est différent que pour un magazine ou un journal. Comment maîtriser une technique simple et efficace pour que votre billet soit bien référencé par les moteurs de recherche tout en étant pertinent et cohérent pour les internautes? Les techniques d’écriture qu’il faut maîtriser sont expliquées dans ce guide.

Le guide est accessible à tous et facile d’utilisation. Il est une bonne référence autant pour la personne qui veut débuter un blogue que celle qui travaille pour un média et qui veut augmenter son trafic et son rendement.

Pour commander le livre, par Internet aux Éditions TNT, par téléphone au (514) 256-9000 au coût de 9,95$ ou encore pour les dates des prochaines formations.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Radiothérapie et cancer du sein en région

Service de radiothérapie

De Mont-Laurier à l’Outaouais

Suzie nous a fait parvenir un cri du coeur sur une injustice qu’elle vit pour le transport de sa mère de 70 ans qui demeure à Mont-Laurier et qui doit suivre ses traitements en radiothérapie pour un cancer du sein dans l’Outaouais.

Dossier Santé

Ma mère doit subir des traitements en radiothérapie pour un cancer du sein. Elle a 70 ans et demeure à Mont-Laurier. Moi je suis de l’Outaouais. Ces traitements n’étant pas donné à Mont-Laurier, elle a donc choisi de se faire traiter dans l’Outaouais.

J’ai fais une demande pour de l’aide au transport. Ma mère n’a pas de voiture, (mon père doit rester à Mont-Laurier) pour les 16 jours de traitements. Même si elle en n’a pas vraiment les moyens, elle devrait débourser +/- 400$ pour le service. Un service gratuit n’est offert qu’aux personnes handicapées, immigrantes, autochtones, assistées sociaux et bien sûr aux prisonniers avec escorte.

NON MA MERE EST JUSTE UN QUÉBÉCOISE DE 70 ANS QUI A TOUJOURS HABITÉE LE QUÉBEC. DOMMAGE.

Il y a un service de bénévolat qui coûte 25.00$ par transport. Je trouve cela bien correct. Mais c’est la différence entre nous et tous les autres qui ME CHOQUE.

Autres textes Santé

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Le rap du Lac-St-Jean

Rap et Hip hop en région

Dali, un rapper du Lac-St-Jean

Dali est un jeune rappeur originaire du Lac Saint-Jean qui tente de percer dans le hip-hop québécois. Son parcours vers la reconnaissance est semé d’embûches.

Dominic Desmarais Dossiers Hip-HopRap

rap-lac-st-jean-rapper-region-hiphop-chanteurDali ne se destinait au rap. Né de parents voyageurs et hippies qui habitent La Prairie, en Montérégie, il suit sa mère au Lac Saint-Jean à la séparation du couple.

Dali a 5 ans. Sa mère, affectée par cette rupture, est hospitalisée. Dépressive et bipolaire, elle retourne au bercail vivre avec ses parents et son frère. «J’adorais ça, vivre chez eux! Ma grand-mère supportait ma mère dans son rôle, auprès de moi. On me parlait de ses problèmes. Je voyais ses hauts et ses bas. Mais elle était quand même présente pour moi», se rappelle le jeune homme qui, plus que l’état de santé de sa mère, était préoccupé par l’absence de son père.

Chez ses grands-parents, Dali est entouré d’amour. Il s’y sent chez lui. Puis, un an et demi plus tard, sa mère va mieux. Elle refait sa vie avec un autre homme. Un autre déménagement pour le jeune Dali qui quitte le Lac Saint-Jean pour le Saguenay.

raper-dali-lac-st-jean-rap-region-hip-hop-rappeurDe cette union, qui dure trois ans, Dali reçoit en cadeau un demi-frère. Il affectionne son beau-père. Mais l’idylle tourne au vinaigre. Sa mère apprend que son amoureux la trompe. Dali prend parti. «J’étais fâché contre lui. Je sentais la frustration de ma mère.» Autre rupture, autre hospitalisation pour sa mère. La sensibilité à fleur de peau, elle rechute. Dali et son demi-frère l’accompagnent à Alma, dans le giron familial. Dali a 10 ans. Il doit à nouveau quitter pour une autre école.

Rencontre avec le Hip hop et Dubmatique

Dali n’a pas coupé les ponts avec son père. Il lui rend visite de temps à autre, les fins de semaine ou lors des vacances scolaires. Son père qui habite Montréal, l’accueille à bras ouverts.

dali-rap-lac-st-jean-hiphop-region-rapper-chanteur-hip-hopC’est en visite dans la métropole que Dali tombe en amour avec le hip-hop, qu’il ne connaît pas. «C’est avec la sortie de La force de comprendre du groupe Dubmatique, un album fort du hip-hop québécois qui a permis au rap de sortir de l’underground que je me suis intéressé à la culture.» Dali a 10 ans. Avec son père, il va voir des spectacles et des événements hip-hop. Il achète toutes les revues qui parlent de cet art et des vêtements associés.

Lors de ses escapades chez son père, Dali s’accroche les pieds au Café-Graffiti. «Je ne savais pas dans quelle branche du hip-hop me diriger. J’ai suivi quelques cours de breakdance. Mais j’ai finalement opté pour le rap. Ça me libérait de ce que je vivais. J’avais besoin de prendre la parole pour dire que j’existe. J’aimais faire de la musique mais je n’avais pas d’argent. Pour le rap, tu n’en as pas besoin. Ça prend seulement du papier et un crayon. Et avec de la pratique et de la volonté, chacun peut développer son talent.»

Les premiers pas d’un rapper

Dali fait figure d’extraterrestre à Alma. La culture hip-hop n’a toujours pas pénétré la contrée des bleuets. Avec son accoutrement de rappeur, il fait rire. «C’était dur. Au Lac Saint-Jean, il n’y en avait pas de hip-hop. Je me faisais écoeurer à cause de mon style marginal.»

Ses amis lui enregistrent des musiques instrumentales sur CD pour qu’il y rajoute ses propres textes. «Mes amis ne connaissaient pas ça, ce sont des rockers», dit-il en esquissant un sourire amusé. Dali faisait ses premiers pas comme rappeur en tâtonnant. «J’ai commencé à écrire. Mais ça ressemblait plus à de la poésie parce que je ne savais pas comment on faisait du rap. J’écrivais des textes introspectifs ou sur mon amour du hip-hop.»

Les années passent et la passion de Dali, devenu adolescent, grandit à vue d’œil. Le hip-hop n’était pas un amour de passage, une mode. Il perfectionne son style, continue à s’informer de tout nouveau développement au sein de la communauté hip-hop québécoise. Principalement lors de ses virées montréalaises.

Sans-Pression, Muzion, Yvon Krevé…

Puis arrive dans son univers une éclosion de talents qui l’interpellent. Alors que le précurseur Dubmatique utilisait un français international, les Sans-Pression, Muzion et Yvon Krevé montrent qu’il est possible de rapper en québécois. «À ce moment, le rap joual commençait. Ça m’a inspiré. Je pouvais rapper dans ma langue. Et j’ai voulu qu’il y ait du rap chez nous, au Lac Saint-Jean. Ça m’a motivé à écrire encore plus et à faire des spectacles.»

En 2003, à 15 ans, Dali s’apprête à faire le grand saut. Pour la première fois de sa vie, il monte sur les planches lors du Secondaire en spectacle, un show amateur où les élèves de son école expriment leur talent. «J’ai bien aimé ça. Ça m’a montré que j’étais capable! Et ça m’a donné envie d’en faire d’autres. Même si j’ai eu un blanc de mémoire majeur. J’ai oublié ma chanson! Il a fallu que je fasse reprendre l’instrumental 2 fois!» Une prestation imparfaite qui brise la glace et lui donne confiance. Il en reçoit une mention honorable parce qu’il est le seul à avoir composé les paroles de sa chanson, qui aborde ses difficultés familiales et sa vision de la société.

L’engouement de Dali est à son paroxysme. Il veut se donner en spectacle. «Je voulais faire des shows à l’école, dans des festivals. La Maison de jeunes d’Alma m’a aidé à en organiser. Je ne voulais pas monopoliser la scène pendant 2 heures. C’est rare un spectacle hip-hop d’un seul artiste. Et je voulais créer des opportunités pour d’autres jeunes à prendre de l’expérience de la scène.» Si au Lac Saint-Jean le hip-hop tarde à prendre sa place, le Saguenay est déjà dans le train du rap. Dali invite des groupes de Chicoutimi à se produire dans les spectacles qu’il organise avec la Maison de jeunes d’Alma, au Belvédère.

Rejeté par sa mère

Le monde de Dali s’effondre en mars 2004, alors qu’il est âgé de 16 ans. En rentrant de l’école, il est attendu devant la maison par son beau-père des six dernières années. Il a un message pour lui. «T’habites plus ici à partir de maintenant. On se revoit dans une couple d’années.» L’homme lui remet une pièce de 2$ en lui disant, tout bonnement: «Arrange-toi.» Dali a trop peur pour aller chercher ses effets personnels. Il appelle son oncle qui accepte de l’héberger et, plus tard, d’aller récupérer ses vêtements pour lui.

Dali se sent rejeté par sa mère. Mais il ne se sent pas coupable. Il n’a jamais été un enfant à problèmes. «Je ne me suis jamais battu, je n’ai jamais volé quoi que ce soit. Moi, je voulais faire des spectacles, une carrière. Je ne voulais pas de problèmes qui m’empêcheraient de faire ce que je veux.»

Le conflit avec son beau-père couvait depuis des années. Au début de la relation, en 1998, Dali était bien heureux pour sa mère. D’un naturel ouvert et accueillant, héritage de la culture hippie de ses parents, Dali voyait d’un bon œil le nouveau mé-nage de sa bien-aimée mère. Mais, peu à peu, le nouveau venu montre ses tendances manipulatrices et possessives. «Il a commencé à avoir des problèmes avec la famille de ma mère. Je voyais qu’il ne voulait pas être dérangé dans leur relation. Dès que quelqu’un de la famille se mêlait de leurs affaires, il le barrait. Ç’a commencé avec mon oncle, celui qui m’a accueilli quand j’ai été mis à la porte. Puis, ce fut au tour de ma grand-mère, quand elle a voulu sa-voir pourquoi il avait coupé les ponts avec mon oncle. Elle a été barrée. Finalement, c’est toute la famille de ma mère qui a été coupée. Ça s’est fait un par un.»

Pour l’adolescent, la situation familiale était difficile à vivre. Sa mère ne voulait plus voir les membres de sa famille qui l’avaient aidée lors de ses épisodes de dépression. Dali, lui, ne s’empêchait pas de rencontrer ses grands-parents. «Mais mon beau-père m’en voulait de continuer à les voir. Pour lui, j’étais du bord de la famille, pas du sien et de ma mère. Mon demi-frère était parti vivre avec son père. Il a été barré lui aussi. Je n’ai pas eu de nouvelles de lui pendant longtemps.»

Peu avant la rupture définitive d’avec sa mère, Dali est témoin de l’agressivité de celui qu’il appelle le manipulateur. «Mon père est venu nous rendre visite. Le chum de ma mère lui a sauté dessus. Il lui a ouvert le visage. Mon père a eu 6 points de suture. Après, il est devenu agressif envers moi. C’est pour ça qu’il a fallu que je parte.»

La DPJ s’en mêle

Dali termine son année scolaire en habitant chez son oncle. Puis, à la fin des classes, son bon samaritain lui apprend qu’il ne peut le garder plus longtemps. Comme son père est à l’extérieur à travailler sur un navire marchand, il n’a personne pour le garder. La DPJ est saisie. «J’ai revu ma mère en mai. Elle a clarifié la situation avec la DPJ. Son chum et elle ont dit qu’ils avaient un conflit avec la famille et que je continuais de les fréquenter contre leur volonté. Et ils ont dit que le temps était venu pour moi d’aller vivre avec mon père. C’aurait été correct si ça s’était passé à la fin de l’année, mais ç’a été brusque. Ma mère ne voulait pas me reprendre. Il fallait me trouver une famille d’accueil d’ici à septembre, quand mon père serait de retour.»

C’était il y a sept longues années. Et depuis, Dali n’a plus jamais parlé à sa mère. «Je trouve ça difficile. Je l’aimais, avant. Mais là, c’est comme si elle était morte, pour moi. Ça me frustre. Mais je ne lui en veux pas. Elle est libre de ses choix. Mais tant qu’à la voir avec cet homme, renfermés comme ils sont, j’aime mieux ne pas y aller.»

Avec le recul, Dali est conscient que l’abandon de sa mère lui a fait mal. «Je me rends compte que j’ai de la difficulté à approcher les filles. C’est inconscient, mais j’ai peur d’être rejeté. Je suis moins confiant.»

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