La décriminalisation pour mieux protéger les prostituées

« C’est moi qui risque d’aller en prison, alors tu vas faire ce que je te dis. » Des phrases comme celle-là, Joannie Blouin, travailleuse du sexe (TDS), en entend de plus en plus de la bouche de ses clients. Car depuis 2014, au Canada, les hommes et femmes qui ont recours à des services sexuels ou tiennent une conversation à cette fin s’exposent à une amende salée et à une peine d’emprisonnement de cinq ans.

Un texte de Anne-Frédérique Hébert-Dolbec publié pour les abonnés de RDS. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Prostitution

La Loi C-36 sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation vise notamment à « protéger les personnes qui offrent leurs propres services sexuels moyennant rétribution et à réduire la demande de prostitution ainsi que son incidence. » Autrement dit, ce sont les clients, et non les TDS qui sont punis.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Prostitution

Autres livres pouvant vous intéresser

Rentrée scolaire en temps de pandémie

Dossier Santé mentale 

L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, briser l’isolement, redonner espoir et inciter les gens à demander de l’aide. L’organisme diffuse des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques diagnostiqués ou non. Voici celui de Elliott.

À cause de la COVID, je n’ai pas pu finir mon secondaire comme je l’avais envisagé, je n’ai pas eu mon bal et je n’ai pas fait mon entrée au cégep comme je l’avais prévu dans ma tête, ça m’a déboussolé. J’étudie en relation d’aide, c’est pas pour être dans mon lit sur Zoom! La première session a été rough, c’est complètement un autre monde. J’ai un trouble d’anxiété généralisée et les rentrées scolaires m’ont toujours causé beaucoup d’anxiété. Mais on s’adapte et on se trouve des moyens. Je me suis fait des amis, même si c’est à distance. Et on est tous dans le même bateau au cégep. Je sais que je vais être capable de continuer à y faire face et je me dis que ça peut juste aller en s’améliorant. Je ne pense pas qu’on peut s’habituer à un manque de présence humaine, mais je pense qu’on apprend à vivre avec en ce moment, même si c’est très dur. C’est une année de résilience et d’adaptation.

En tant que personne trans, c’est une épreuve de vivre ça au quotidien en pandémie. J’ai eu la chance d’être hormoné avant la pandémie et mes changements légaux sont faits, mais ma mastectomie est retardée. En étant toujours chez moi, je n’ai pas le choix de faire de l’introspection…On n’a pas le choix de se regarder dans le miroir et de se demander « Moi je suis qui, qu’est-ce que je veux, qu’est-ce qui me motive, qu’est-ce qui est important pour moi? ». Ça fait souvent réaliser qu’on ne se connait pas assez soi-même. Je pense que c’est important de prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres…

Je vis encore avec mes parents et mon frère. Être ensemble 24h sur 24, c’est intense, mais dans les moments difficiles, on a tous été là l’un pour l’autre. Je pense qu’on va s’en sortir plus grandi et plus fort en s’entourant des bonnes personnes et en tentant d’être reconnaissant de ce qu’on a. Au début, on se disait que c’était temporaire, mais après 10 mois, c’est sûr que ça devient lourd. C’est vraiment pas un moment agréable, mais on va passer au travers.

Ce témoignage a été parrainé par Sophie Maffolini, contributrice de notre campagne de financement participatif. Photo prise sur le site internet Humain Avant Tout

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Combattre la sextorsion par l’éducation

Les experts sont unanimes : la meilleure arme contre la sextortion, c’est la prévention. « Il faut s’adresser directement aux ados. Dans le scénario idéal, le jeune irait se confier à un adulte de confiance. Mais dans les faits, ce n’est pas ce qui se passe dans la plupart des cas. Ils ont peur, honte, et veulent se débrouiller seuls », constate René Morin, porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance.

Un texte de Takwa Souissi publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

Depuis quelques années, l’organisation observe d’ailleurs une augmentation marquée des signalements venant de jeunes de 12 à 17 ans. Face à la complexité du problème, elle a décidé de créer plusieurs ressources éducatives pour les jeunes, les familles et les écoles.

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Ressources sur le suicide

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Funbusy

Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Elle s’est découvert une passion pour l’écriture dès son jeune âge, mais ce n’est que depuis 2001 qu’elle écrit sur une base régulière.

Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

Prix : 9,95$

Sextos et enjeux scolaires

Qu’est-ce que c’est, un sexto?  Il existe plusieurs formes de sextos. Il est possible d’envoyer des messages, des images ou des vidéos à caractère sexuel. La plupart du temps, on envoie les sextos via un cellulaire à l’aide d’applications : SMS, Facebook Messenger, Instagram, Snapchat, WhatsApp, etc. On séduit et on est séduit en retour à l’aide de ces nouvelles technologies de l’information; c’est merveilleux! C’est génial pour explorer sa sexualité, ses limites personnelles et sa confiance en l’autre. Par contre, bien malheureusement, certaines personnes n’utilisent pas positivement cet échange. Certaines personnes utilisent les sextos à des fins de chantage, d’exploitation et même de harcèlement.

Dossier Sexualité

Une chronique de Florence V.Savoie et Estelle Cazelais, sexologues – Dossier Sexualité

Comment utilise-t-on les sextos quand on est adolescent-e-s? 

Chères adolescentes et chers adolescents, sachez qu’il est, à ce jour, illégal pour vous d’envoyer des images et des vidéos à caractère intime à d’autres personnes, adolescentes ou adultes, et que ces vidéos soient partagées par Snapchat (un média sur lequel les photos ne restent, en théorie, que 10 secondes!) ou quelque autre média!

Si les adultes peuvent quant à eux partager des images ou vidéos intimes d’eux-mêmes, les adolescents n’ont pas ce même droit, et le partage d’images intimes de personnes mineures (que ce soit deux mineurs qui s’envoient des photos ou un mineur qui envoie ses photos à un adulte) est considéré comme de la production et du partage de pornographie juvénile! Ça semble bien sérieux lorsqu’on en parle comme ça, et ça l’est!

Les adolescents ont néanmoins le droit de s‘envoyer des messages écrits à caractère sexuel. Il faut cependant s’assurer que les deux partenaires aient bien consenti. Hé oui, le consentement, c’est partout, tout le temps!

Le double standard d’être exposed.

Le groupe d’amis de Mathéo partage les photos intimes que Camilia lui a envoyées. Ils les envoient par Snapchat à d’autres élèves de leur école.  

Se faire « exposer », c’est quand une autre personne partage nos messages, photos ou vidéos intimes sans notre consentement. C’est un geste violent! Malheureusement, ce geste est trop souvent perçu différemment selon le sexe de la victime.

En bref, quand une fille se fait exposer, elle perd son statut d’innocence et de bonne fille. Ses amies peuvent la rejeter, ses parents vont être choqués en ayant certaines réactions comme « on pensait jamais que notre fille ferait ça! »

On la perçoit désormais négativement! C’est le paradoxe classique de la vierge et de la putain. Alors qu’en fait, elle apprenait à faire confiance à une autre personne en testant ses limites, c’est SA confiance qui a été brisée, et c’est envers elle qu’un immense manque de respect a été commis.

L’adolescent qui est exposé, lui, est perçu comme un bouffon! On mettra de l’avant ses qualités de mâle avec un grand M. Eh! un gars qui ose, qui est aventureux! Et puis, de toute façon les gars, surtout à l’adolescence, ça ne pense qu’au sexe (sentez-vous le sarcasme?)… Alors qu’en vrai, les filles comme les gars peuvent vivre de la détresse psychologique suite à ce genre d’événement, celle-ci sera particulièrement banalisée chez les garçons et les jeunes hommes!

Quelles sont les responsabilités des écoles quand des élèves commettent des délits les uns envers les autres ? 

  1. Faire de la prévention pour éviter que ce type de comportement se produise : ateliers, conférences avec des experts : les sexologues!
  2. Se doter d’une politique contre les violences sexuelles: oui, c’est de la violence sexuelle!
  3. Réfléchir à qui vit les conséquences des actes : les agresseurs ou les victimes des actes criminels commis ?
  4. Reconnaître que ce sont les victimes qui vivent les conséquences et agir en ce sens : punir, suspendre ou même expulser les agresseurs. Le droit des victimes à s’instruire dans un environnement sécuritaire devrait prévaloir sur celui des agresseurs.
  5. Cesser de justifier les comportements des agresseurs (« Elles ont envoyé les photos », « Elles étaient habillées sexy ») et protéger les victimes.

Enfin, vive la culture du consentement! Parce que le consentement devrait se demander, partout, tout le temps, même en ligne et dans les applications virtuelles, qu’on soit adulte ou adolescent!

Autres textes sur Sexualité

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Suggestion de lecture

Vanessa… Voyages dans les Caraïbes

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Le ministère de l’Éducation a fait plusieurs coupures qui font mal. Les enseignants ont maintenant la responsabilité de parler de sexualité pendant les cours réguliers. Certains enseignants sont démunis devant l’objectif à atteindre et ont besoin de nouveaux outils pour les soutenir.

Est-ce que nous voulons que nos jeunes s’initient à la sexualité par la pornographie ou encore un chef de gang? Beaucoup de documents existent et traitent de sexualité. Mais combien sont des outils de discussion, de réflexion dans le respect sans être moralisateur? L’humour est une approche attrayant et aide à dédramatiser les situations

Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

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Sur le chemin de l’amour durable et véritable

Défi grandiose, mais combien passionnant, que d’aimer avec autant de fougue et de conviction que nous aimerions être aimés. Mais comment réussir à bien faire ressentir à l’autre l’amour qui nous habite?

Un texte de Guillaume Tremblay publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

De quelle manière pouvons-nous lui transmettre toute l’ardeur de notre sentiment d’affection et d’attachement profond ? Quels sont donc ces langages d’amour que nous utilisons entre nous, que nous adoptons  comme moyens d’expression émotive? C’est à ces questions que nous avions tenté de répondre lors des ateliers de discussion qui ont eu lieu au Bistro Ste-Cath.

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Le roman

Le roman permet d’entendre le témoignage autant de victimes que d’abuseurs, des jeunes en quête de leur identité sexuelle. Il aborde la sexualité sous différents angles tout en dédramatisant le sujet : relation d’amitié, relations amoureuses, sexualité, abus, harcèlement, homosexualité… Il permet aux adolescents dans leur quête sexuelle, aux personnes vivant des difficultés touchant la sexualité, aux enseignants et parents qui doivent parler de sexualité avec les jeunes de s’y retrouver tout en découvrant des moyens pour les aider et les soutenir dans leur cheminement.

Les jeunes ont des pratiques et des activités sexuelles sans équivoque. Nous n’en sommes plus à feutrer nos mots pour parler de sexualité, les jeunes peuvent en parler possiblement plus ouvertement que nous sommes capables de le faire.

Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

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Une application de rencontres, c’est risqué?

Misant sur l’instantanéité et la simplicité des interactions, les applications de rencontre amoureuses telles Tinder sont de plus en plus populaires. Mais une application de rencontres, est-ce vraiment sécuritaire? À travers un processus aussi rapide, peut-on réellement savoir à qui l’on s’adresse? Une ancienne utilisatrice qui a un jour cherché l’amour en ligne nous donne son avis.

Un texte de Justine Aubry publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Sexualité

Le plaisir féminin est-il toujours un sujet tabou aujourd’hui? Voici la réflexion amenée par le documentaire. «Personne ne peut donner de réponse claire à cela, mais il y a plusieurs facteurs historiques qui expliquent le malaise», explique Julie Lavigne, professeure au département de sexologie de l’UQAM et membre de l’Institut de recherche en études féministes (IREF).

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Le nouveau Q à la mode

Qu’ont en commun Gaétan Paré et Tina Satter? D’abord,  ils sont tous les deux des artistes multidisciplinaires accomplis. Ensuite, les deux créateurs s’identifient comme queer.

Un texte de Mélina Soucy | Dossier Sexualité

Ce mot («queer») a soulevé bien des interrogations au cours des deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» de «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbiennes, gais, bisexuels, trans et queers). Ce n’est toutefois qu’après le coming out de Cœur de pirate comme queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando que les médias québécois se sont intéressés au sujet.

À l’occasion de la deuxième édition du Queer Performance camp, un événement montréalais qui regroupe spectacles, ateliers, résidences et performances, Reflet de Société a rencontré ces deux artistes pour mieux comprendre.

Origine du terme

Queer est un terme américain. « Ça signifie étrange ou peu commun, selon Gaétan Paré, artiste multidisciplinaire montréalais. À l’origine, c’était utilisé comme une insulte contre les gens non hétérosexuels ou dont l’identité sexuelle différait de l’identité biologique. »

C’est vers la fin des années 1980 que les gens ont commencé à s’approprier l’insulte et l’ont transformée en expression positive. Les queers étaient des gens marginalisés par leur identité, toutes orientations sexuelles confondues, et regroupés sous une même bannière.

Le terme queer comporte donc deux aspects: une identité personnelle d’une part et un mouvement politique qui rejette l’existence des catégories d’identité de genre et d’identité sexuelle imposées par le système patriarcal. « Il est toutefois difficile de donner une définition claire à  “queer” , renchérit Tina Satter, artiste new-yorkaise œuvrant dans le milieu du théâtre. Le mot revendique en lui-même l’absence de catégorisation. Il permet aux gens qui trouvent les mots “gay” ou “trans” trop limitatifs, entre autres, de se définir avec un mot qui n’a pas de frontières rigides ».

Gaétan Paré: s’identifier comme queer

À l’aube de ses 39 ans, Gaétan Paré s’identifie comme queer : « Quand j’avais 18 ans environ, je savais que j’étais différent, confie-t-il. Ce sont les écrits de Michel Foucault, un philosophe français homosexuel, qui m’ont d’abord ouvert les yeux sur les notions de genre, d’orientation et d’identité sexuelle ».  

À cette époque, Gaétan ne s’identifiait pas encore comme queer. « C’était déjà compliqué de dire que j’étais gai, je ne pouvais pas m’identifier comme queer en plus. Même si j’avais une amie qui étudiait en sexologie qui m’a clairement expliqué que la façon dont je parlais de mon identité était queer », précise-t-il.

Ce n’est qu’au début de 2017, en même temps que le début de la conception de son spectacle Opera omnia – je suis venu te dire, que Gaétan a commencé à s’identifier clairement comme queer.

« J’ai contacté Jean-François Boisvenue, un bon ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps, car j’avais vu son travail cinématographique et je voulais travailler avec lui, raconte l’artiste. En parlant de mes idées pour ce projet, il a fini par m’arrêter en me disant : t’es complètement queer, il faut faire ce spectacle dans le cadre du Queer camp! » À partir de cet instant, Gaétan a commencé à se revendiquer queer. « C’est devenu une obligation, un geste politique », affirme-t-il.

Le spectacle, coécrit et réalisé par les deux amis, était construit à partir du personnage de Médée de la tragédie grecque écrite par Pierre Corneille. « Gaétan était obsédé par Médée, rapporte Jean-François. Médée, c’est un personnage de femme issu de la mythologie grecque, connue pour avoir tué ses enfants pour punir son mari Jason de l’avoir répudiée. D’habitude les gens trouvent que Médée est (une criss de) folle. » Gaétan, lui, l’admire.

Gaétan ne voit pas ce meurtre au premier degré. « Je le vois comme un attentat au patriarcat, explique-t-il. Elle retire à Jason son pouvoir parental, sa possibilité d’être père. C’est une castration. Dans le monde hétéronormatif dans lequel on vit, la reproduction fait partie du patriarcat. Lui enlever le fruit de cette reproduction est un attentat à ce pouvoir masculin. Médée c’est le véhicule des dieux pour semer la pagaille dans le patriarcat. »

Tina Satter : intentions artistiques

De son côté, Kristina Satter s’identifie comme queer depuis ses études universitaires. « Quand j’étudiais avec Jess Barbagallo, une actrice et scénariste lesbienne, j’ai vécu ma première expérience queer romantique et artistique, raconte-t-elle. C’était une étape charnière pour moi. »

Depuis, Tina veut montrer des situations qui vont à l’encontre de l’hétéronormativité. « Enfant, j’écoutais beaucoup la télévision, relate-t-elle. On y montrait toujours les mêmes situations sociales. Un garçon rencontre une fille. Une fille rencontre un garçon. Je veux montrer des situations où il est difficile de déterminer le genre de l’acteur, où des personnages masculins, comme un coach de football, sont joués par des lesbiennes, bref où on transgresse les normes. »

Son dernier spectacle, Ghost Rings Unplugged, met en vedette un groupe rock imaginaire composé exclusivement de femmes. « Ce show est basé sur la relation que j’avais avec ma sœur lorsque nous étions adolescentes, rapporte l’artiste. Les frontières entre amour et amitié sont parfois très proches l’une de l’autre. Je n’entends rien d’incestueux par là, mais cette imprécision, ce flou ressemblent beaucoup au sentiment d’être queer

Queer peut donc également traduire un sentiment d’étrangeté, de différence, de singularité par rapport au système. Il y a cependant moyen de ne pas s’isoler, comme l’explique Tina: « Dans ma jeunesse, j’avais beaucoup d’amis transgenres et j’assistais à leur lutte constante avec la société, se rappelle-t-elle. Pour éviter de tomber dans ce dur combat, j’ai fait le nécessaire: j’ai trouvé la communauté queer la plus près de moi, j’ai trouvé des mentors et j’ai lu beaucoup de littérature queer. J’ai trouvé des endroits de confiance pour m’exprimer ».

Lexique des termes queer

Patriarcat: Système social hétéronormatif dans lequel le masculin domine dans tous les domaines (politique, économique, familial et religieux) par rapport aux autres genres.

Hétéronormativité: Pensée qui pose l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle possible ou comme supérieure aux autres.

Genre: Construction politique et sociale de la différence entre les sexes. Le genre se construit par les comportements sociaux adoptés par un individu. Ces comportements sont associés au masculin ou au féminin. Simone de Beauvoir disait d’ailleurs qu’«on ne naît pas femme [mais] qu’on le devient», par nos interactions sociales.

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Le roman

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Le roman reflète cette nouvelle réalité. Il est attrayant et descriptif pour les jeunes qui veulent découvrir leur sexualité et en parler.

Suite à de nombreux comité de lecture, le roman de 292 pages a été réécrit à plusieurs reprises. Un travail qui a duré plus de 15 ans.

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